Magistro Beta

Switch to desktop Register Login

Rebâtir l'Europe, mais sans ses fossoyeurs
 
Les européistes, fous de rage après le Brexit, ne voient-ils pas l’image affligeante qu’ils donnent d’eux-mêmes ? En crachant sur les "populistes", les "petits blancs", les "crétins", j’en passe, ils se comportent comme des fascistes, des racistes, des imbéciles heureux. La morgue des beautiful people, dont Bernard-Henri Levy a revendiqué ces jours-ci d’en porter haut le drapeau, résume à elle seule la fin de cette époque superficielle, narcissique, sermonnaire. C’est un retour aux valeurs oubliées de la démocratie et de la liberté qu’ont imposé les Anglais en votant à 51,9% pour le retrait de la Grande-Bretagne de l’Union européenne. La perspective de désagréments économiques, brandies par ces "européens" ayant une carte de crédit à la place du cœur, n’a pas effrayé un peuple soucieux de retrouver d’abord sa souveraineté. Cet idéal, qui met fin à des décennies de mépris obligé pour les nations, les traditions et les sentiments d’appartenance, est appelé à faire l’histoire tant il est exemplaire et courageux. Ceux qui hurlent, insultent, refusent le verdict des urnes sont les incendiaires qui ont mis l’Europe sans âme dans ce délabrement. Celle-ci est à reconstruire ; en tournant le dos à l’UE des castes, des marchés, des aéroports, des happy fews arrogants et autres fossoyeurs des fragiles identités nationales.
"Européen : celui qui a la nostalgie de l’Europe", écrit Milan Kundera.
C’est l’Europe européenne, celle de la culture, de l’humanisme et des peuples souverains, qui doit être rebâtie avant de penser à celle des places financières et des taux de croissance. Mais elle ne pourra l’être par ceux qui l’on saccagée, c’est-à-dire les Merkel, Juncker, Schulz, Moscovici et autres prêcheurs ou technocrates qui, enfermés dans leur Cité interdite, se sont montrés incapables d’écouter les protestations des oubliés.
Depuis vendredi, j’entends les politiques français promettre d’associer les peuples aux débats sur la reconstruction. Encore faudrait-il admettre ce que disent les gens : ils ne veulent plus de cette Union soviétoïde, omnipotente et intrusive, ni de sa politique d’immigration de masse, ni de son multiculturalisme xénophile, ni de sa complaisance envers les pays islamiques de l’OCI. C’est bien cette UE qu’il faut d’abord détruire, avant de pouvoir édifier autre chose. Repousser l’échéance d’autres référendums ne serait qu’une fuite supplémentaire des "élites" devant le peuple en marche. La France ne pourra faire l’économie de la révolution, démocratique et pacifique, que les Anglais viennent de lancer en reprenant superbement leur destin en main.

blog.lefigaro.fr/rioufol, 27 juin 2016
Publié dans Du côté des élites
Écrit par
En savoir plus... 0
L'Union européenne tombera d'un coup
 
Comme toutes les œuvres humaines, de la tour de Babel aux empires coloniaux, l'Union européenne aura un jour fait son temps.
Les craquements que l'on entend aujourd'hui : crises de l'euro, vagues migratoires hors de contrôle, guerre en Ukraine, récession, peuvent laisser présager que cette échéance est proche. Quel facteur sera fatal à l'édifice dont les bases, jetées dans le courant des années cinquante, semblent vermoulues : crise économique ou événement militaire ou encore l'élection d'une majorité hostile dans un grand pays membre ? On ne sait.
Ce que l'on peut affirmer en revanche sans crainte de se tromper, est que cette chute se fera d'un coup, comme celle de l'Union soviétique.
Même si l'Union européenne n'a, bien entendu, jamais généré à ce jour les horreurs du système communiste (1), elle n'en est pas moins elle aussi un système idéologique, d'une sorte différente. On pourrait dire un système utopique ou encore, selon l'expression de Hayek, constructiviste. De Gaulle disait une "chimère".
 
Des effets contraires aux buts poursuivis
Pour le décrire, nous pourrions commencer par ses effets : toujours le contraire de ceux qui sont recherchés. Lénine avait promis "le pain, la paix, la liberté", l'URSS eut la famine, une économie de guerre et l'esclavage. Les promesses des pères fondateurs de la construction européenne : la prospérité, une influence mondiale, la fraternité, la paix sont les unes après les autres démenties. La récession, la désindustrialisation, la crise agricole ; la vassalisation au sein de l'OTAN, l'ignorance de plus en plus grande des cultures et des langues des partenaires (au bénéfice du basic english ) disqualifient chaque jour ces promesses. Il n'est jusqu'à la guerre en Yougoslavie et en Ukraine, où la Commission de Bruxelles, comme l'a dit Helmut Schmidt (2), a eu sa part de responsabilisé, qui ne démente l'idée que la construction européenne pourrait être une entreprise de paix. On ajoutera : pensée pour contrôler l'Allemagne, elle lui a assuré la suprématie.
Il en résulte un sentiment d'absurdité suscité non seulement par ces contreperformances mais aussi par l'accumulation de règles qui paraissent arbitraires (et qui ont conduit, par exemple, par pur dogmatisme, au démantèlement d'EDF), un sentiment qui n'est pas sans rappeler celui qui prévalait au sein du système soviétique. Les ancien dissidents de ce dernier (Soljenitsyne, Zinoviev, Boukovski) furent d'ailleurs unanimes à souligner les ressemblances. Chez les nouveaux adhérents de l'Est, les mêmes qui soutenaient le communisme sont devenus les meilleurs partisans de l'intégration européenne et ceux qui résistaient résistent toujours.
 
On pourra trouver notre tableau noir. Ceux qui ont étudié le processus idéologique ont abouti à un constat sans appel : il n'en sort jamais rien de bon. Ce qui semble prospérer et qu'on met de manière fallacieuse sur le compte de l'Europe de Bruxelles s'est en réalité développé en dehors, sous la forme d'une coopération naturelle sans caractère idéologique : Airbus, Ariane, l'OCCAR (3). A l'inverse, Galileo, pur produit de l'Europe de Bruxelles ne sort pas des limbes.
 
Un principe unique
Le processus idéologique a été défini par Hannah Arendt (4) ou Jean Baechler (5) : il consiste à gouverner à partir d'une idée simple, trop simple, et par là fausse, réductrice du réel, dont toutes les conséquences y compris les plus folles sont tirées (puisque aucune idée concurrente ne vient se mettre en travers). Le communisme disait : les hommes sont aliénés par la propriété, supprimons la propriété et ils seront heureux. Les partisans d'l'Europe supranationale disent : la guerre a ravagé l'Europe, c'est la faute des Etats-nations, supprimons les Etats-nations pour ne faire qu'un seul Etat continental, ce sera la paix perpétuelle et par la grâce de la concurrence et de la monnaie unique, la prospérité. Tout le reste en découle. On ne se demande pas si la guerre ne proviendrait pas plutôt des idéologies que des nations.
Ceux qui fondent leur politique sur une seule idée pensent qu'elle est géniale et qu'elle apportera le salut. Si elle s'oppose à certaines tendances naturelles de l'homme (le sens de la propriété, le sens national), il faut passer en force, au besoin contre les peuples : le jeu en vaut la chandelle. On le voit : chez les idéologues de l'Europe supranationale, la confiance ne règne pas; ils se sentent assiégés par le chauvinisme, le protectionnisme, le nationalisme, le populisme assimilés depuis peu au racisme. D'où le déficit démocratique (Junker : "il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens" (6), l'intolérance à toute opposition, la pensée unique, la bureaucratie et il faut bien le dire le centralisme (l'Europe qui s'est construite, en particulier depuis l'Acte unique de 1987, est tout sauf fédérale).
Les idéologues pensent que l'idée simple qu'ils professent doit transformer la condition humaine ; ils diviseront dès lors l'histoire entre un avant fait de guerres, d'affrontements, de fanatisme et un après plus ou moins paradisiaque.
Mais si cette entreprise, fondée sur une idée, est bonne pour les Européens, elle le sera pour les autres hommes. Toute entreprise idéologique a une vocation universelle. Le socialisme ne pouvait s'établir dans un seul pays. L'Europe de Bruxelles doit répandre son idéal dans toutes ses périphéries : l'Ukraine, la Turquie et pourquoi pas demain le Maghreb et le Machrek ? Elle fait déjà la morale à l'Afrique. Idéaliste, elle est de fait impérialiste.
 
Méfiante de la nature (où subsistent les instincts mauvais), l'idéologie se méfie aussi de la culture. Produit d'un passé rempli d'horreurs, que l'on veut précisément dépasser, elle est suspecte. On ne dit pas à Bruxelles "du passé faisons table rase" mais la politique culturelle et éducative qui y est promue, à base de repentance et de promotion du libéralisme libertaire (gender, ultraféminisme), tend à dévaluer les immenses richesses que ce passé a produites. Par méfiance du passé, et parce que toute idéologie est, de fait, une religion séculière concurrente, l'idéologie ne pouvait qu'être hostile à la reconnaissance des racines chrétiennes de l'Europe. Des racines chrétiennes dont un ami agnostique nous disait que leur négation est contraire à la laïcité puisque la laïcité est fondée sur le respect de la vérité, scientifique ou historique.
 
Un château de cartes
Ce que porte le mot de "construction"(du socialisme, de l'Europe) est une entreprise prométhéenne dont la preuve du bienfondé est non point le bon fonctionnement mais la marche en avant. Elle est donc irréversible. Comme la bicyclette, elle chute si elle s'arrête, un principe qui a été opposé à satiété aux opposants des traités soumis à référendum en France en 1992 et 2005 : ne pas aller plus loin, disait-on, c'est mettre en danger tout l'édifice. Cette marche en avant signifie à la fois l'approfondissement ("vers une union toujours plus étroite" comme le dit le traité) et l'élargissement.
Le principe d'irréversibilité, qui s'appliquait déjà au socialisme est le talon d'Achille de l'entreprise, un facteur de vulnérabilité. On peut prendre une autre comparaison, celle du château de cartes où il suffit d'en enlever une seule pour qu'il s'effondre. C'est pourquoi tout a été fait pour maintenir Chypre puis la Grèce dans la zone euro, malgré le peu qu'ils représentent dans l'économie du continent (respectivement 0,1 et 1,2 % du PIB européen). L'enjeu n'était pas économique mais idéologique.
C'est pourquoi le Brexit qui pourrait résulter du référendum britannique de juin 1996 engage l'avenir de la construction européenne. Techniquement elle pourrait continuer sans le Royaume-Uni qui n'est pas partie prenante aux deux politiques les plus importantes (la monnaie unique et la libre circulation). Mais dès lors que l'Europe de Bruxelles est une construction idéologique qui doit toujours aller de l'avant, cet échec lui serait insupportable et pourrait précipiter la fin : qui osera, après une sécession britannique, imposer quoi que ce soit à la Grèce, quand se produira la prochaine crise monétaire ?
Il faut donc s'attendre à ce que les pressions les plus fantastiques soient exercées sur le peuple britannique d'ici juin. A moins que les promoteurs de l'utopie aient cessé d'y croire, comme le pouvoir soviétique au temps de Gorbatchev. Tout était alors allé très vite. Il faut espérer dès lors que l'Europe qui est déjà tombée bien bas n'ait pas à subir encore dix ou quinze ans d'ère Eltsine, avec tous les désordres que cela suppose, avant de repartir de l'avant, les égarements surmontés, sur des bases assainies, c'est à dire libérées de toute idéologie.
 
(1) Mais l'Union européenne peut encore déclencher une guerre continentale
(2) Bild, 16 mai 2014
(3) Organisation de coopération conjointe en matière d'armement dont le siège est à Bonn
(4) Hannah Arendt , Le système totalitaire, Seuil , Collection Points, 1972
(5) Jean Baechler Qu’est-ce que l’idéologie? Idées-Gallimard, 1976
(6) Le Figaro, 29 janvier 2014

Paru sur Causeur
Publié dans Avec l'Europe
Écrit par
En savoir plus... 0
Pas de panique chez les chefs d’entreprise d’ETHIC face au Brexit

Les chefs d’entreprises du mouvement ETHIC (Entreprises de Taille Humaine Indépendantes et de Croissance) réagissent au référendum qui a vu les Anglais choisir de quitter l’Union Européenne. Beaucoup d’experts, d’économistes et de politiques se sont succédés aujourd’hui pour donner leur avis, ce sont maintenant à ceux qui vont être directement impactés par cette décision de s’exprimer sur leurs craintes du Brexit par rapport à leur entreprise.

Nombreux sont les chefs d’entreprises d’ETHIC qui ne sont pas réellement inquiets des possibles répercussions qu’entrainera la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne. Il n’y a, pour eux, "aucune panique à avoir".

Michel Barbier de la Serre, Président d’Aluthea services, ne se dit "pas du tout inquiet pour l’avenir de son entreprise". Les variations de la livre sterling "n’améliorent pas la situation par rapport à la zone britannique mais [mon activité] est plus concernée par la zone euro".
Antoine d’Espous, PDG du Groupe C.A. conseils et services, se dit quant à lui très "positif" et voit la décision de nos voisins comme la première étape de la "destruction créatrice", citant le célèbre économiste Joseph Schumpeter. Il a trop souvent vu des "maires complètement submergés par des règlements européens trop nombreux, inefficaces et parfois stupides".
#Lien Vital : Jacques Gounon, Président du groupe Eurotunnel, a exprimé toute sa confiance dans le fait que les échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et le continent continueront. Il a rappelé que la concession du Tunnel sous la Manche est régi par un traité international signé entre deux Etats souverains et n’ayant donc pas de lien avec l’Union Européenne. "Le trafic ne devrait en aucun cas être affecté par le référendum britannique et les prévisions de croissance demeurent sensiblement les mêmes. La vocation d’Eurotunnel, qui est de proposer une offre de transport performante et compétitive, n’est en rien remise en cause par la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union Européenne." Jacques Gounon reste donc très confiant dans l’avenir de l’entreprise.
"Les PME françaises ne seront pas impactées" selon Arnaud de Langautier, Président d’Amplegest.
"Il fallait quelqu’un pour donner un coup de pied dans la fourmilière. Messieurs les Anglais ont tiré les premiers !" selon Didier Riahi, PDG de Juste à Temps.

Autres réactions :

"L’Europe se réformera peut-être que par des sursauts révolutionnaires. A long terme, je n’y vois que des avantages pour ma boite".
"C’est très inquiétant pour nos filiales qu’il va falloir gérer autrement, avec probablement plus de pesanteur".
"Voilà peut-être une excellente raison de supprimer l’ISF pour faire rentrer immédiatement les entrepreneurs et fortunes réfugiées à Londres !"
"De toute façon, c’est tous les matins qu’il faut sauver sa boite devant les menaces législatives, Brexit ou pas" selon Claude Goudron, Président d’A3G.

Communiqué de presse d'ETHIC, 24 juin 2016
Publié dans En France
Écrit par
En savoir plus... 0
Signification du débat sur le Brexit
 
"Les Anglais n’ont aucun problème avec les réalités. Ils ont de grosses difficultés avec les idées"  Winston Churchill
 
Vendredi prochain, nous allons enfin connaître le résultat du vote Britannique et je n’ai jamais fait mystère de mon souhait : j’espère que la Grande-Bretagne va sortir de cette Union Soviétique molle qu’est devenue l’Union Européenne et que cette sortie remettra un peu les pendules à l’heure à Bruxelles. Il va falloir qu’ils réapprennent que le Souverain est le peuple et non pas leur médiocres personnes.
Nous nous approchons en effet du dénouement de ce qui pourrait bien être la crise de l’Europe Technocratique et comme d’habitude les Anglais sont appelés à faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Explications.
 
J’ai passé une grande partie de la semaine dernière à Londres pour rendre visite à mes clients Anglais. Je connais certains d’entre eux depuis trente ans ou plus et je dois dire que j’ai été un peu abasourdi par l’état d’excitation dans lequel je les ai trouvés. Ayant vécu 25 ans à Londres, je les croyais assez flegmatiques. Je me souviens en particulier du Krach de 1987 qui avait eu lieu exactement en même temps qu’une gigantesque tornade qui avait dévasté tout le sud de l’Angleterre. En début de semaine, pendant que les marchés boursiers s’effondraient, la seule chose qui les intéressait était de savoir combien d’arbres multi centenaires avaient été détruits. Parler du Krach, dont tout le monde savait que personne n’en parlerait plus quelques années après était donc… vulgaire. Pensez, des arbres centenaires …. Et donc, tout Anglais convenable dans la City ne montre jamais la moindre excitation quand il s’agit d’argent et il est de bon ton de parler des arbres quand tout va mal et non pas d’actions, d’obligations ou de son métier (comble du vulgaire).
Or, et comme je l’ai déjà dit, aujourd’hui ils sont tous dans un état d’excitation très peu Britannique et cela n’est pas normal.
 
Ce débat sur l’Europe touche donc à quelque chose de vital et de très profond chez tous les sujets de sa Majesté.
Ce qui m’amène à une première réflexion : ce vote n’a rien, mais rien à voir avec l’économie, puisque pour eux l’économie est tout à fait contingente et sans grande importance.
Ce débat fait donc à l’évidence remonter à la surface quelque chose de très profond qui touche à ce que j’aimerais appeler "l’âme" de la Nation (Anglaise) si cette notion d’âme d’une Nation n’avait pas été galvaudée pendant une grande partie du XIXème et du XXème siècle. Mais le fait que cette notion ait été mal utilisée par le passé ne veut pas dire qu’elle est fausse. Elle existe, et existera toujours.
Et donc la première question que tout observateur doit se poser est la suivante : qu’elle est cette "chose" qui est en train de remonter à la surface en Angleterre ? Et cette première question en appellera automatiquement une deuxième. Est-ce que "cela" est aussi en train de remonter ailleurs ? Et ici, je voudrais revenir une fois de plus à Renan, qui expliquait qu’une Nation, c’était une volonté de vivre ensemble, et que cette volonté s’ancrait dans une histoire-légende que tout le monde partageait. Et cette histoire-légende en Grande-Bretagne est intimement liée au développement de la Démocratie en tant que système politique.
 
Depuis la "Magna Carta" octroyée par Jean sans Terre il y a plus de 800 ans, à "l’élection" de l’ancêtre de la Chambre des Lords présidée par Simon de Montfort (celui-là même qui fut tué devant Toulouse au moment de la Croisade contre les Cathares), à la glorieuse révolution de 1689 en terminant avec la suprématie des "Communes" sur les Lords au XIXème, l’arrivée du suffrage universel, le vote des femmes… le mouvement a toujours été vers plus de démocratie. Or ce mouvement a été très nettement interrompu depuis la ratification du Traité de Lisbonne bien que les électeurs Français et Hollandais l’aient rejeté sous son nom précédent de Constitution Européenne. Et ce Traité entérine des abandons de souveraineté considérables en particulier dans les domaines de la Justice et de la prépondérance du Parlement Britannique sur les directives de la Commission Européenne. Qu’il ait été imposé à tous les pays faisant partie de la Communauté alors même qu’il avait été refusé par les deux peuples à qui l’on avait demandé leur consentement pour les Anglais était tout simplement incompréhensible.
 
Et donc deux choses ont choqué les Anglais dans ces évolutions initiées à Bruxelles.
Le premier fût que ce texte, refusé par les peuples Français et Néerlandais leur soient imposé quand même, et à tout le reste de l’Europe en plus, en utilisant la bonne vieille méthode de Jean Monnet. Les non élus présentent les textes leur donnant de plus en plus de pouvoir sans aucun contrôle démocratique, et souvent ces textes sont rejetés par les peuples comme cela a été le cas pour la Constitution Européenne. Qu’à cela ne tienne, nos "élites" présentent et représentent le même texte sous des formats différents et un jour il est accepté, de guerre lasse. Et de ce jour, il devient intangible et éternel comme les Dix Commandements.  C’est ce qu’il est convenu d’appeler le "cliquet" Monnet, le mouvement ne peut avoir lieu que dans un sens -de plus en plus d’Europe- et les erreurs ne peuvent donc être corrigées comme on le voit tous les jours avec l’Euro. Que le Président Sarkozy ait été à l’origine de cette forfaiture le disqualifie à mon avis à tout jamais pour occuper à nouveau la fonction présidentielle. Cet homme ne respecte pas le Peuple.
 
La deuxième fut la mise sous tutelle de la Justice Britannique par la Justice Européenne. S’il y a une idée à laquelle les Britanniques sont attachés, c’est bien d’être jugés par leurs pairs et en fonction de Lois qui ont été rédigées sous le contrôle de leurs représentants puisque c’est cela l’essentiel de ce qu’ils avaient obtenu avec la Magna Carta. Or tout cela n’existe plus.
La démocratie, depuis le Traité de Lisbonne, a reculé en Grande-Bretagne un peu comme elle l’avait fait au moment du rétablissement des Stuart et cela s’était mal terminé… pour les Stuart  Et j’en arrive à ce qui me parait essentiel : Tout le XIXème et une partie du XXème ont été marqués par l’émergence d’une notion essentielle qu’il est convenu d’appeler "le Droit des Peuples à disposer d’eux-mêmes".Or, toute la politique de Bruxelles revient à annihiler ce qui avait été obtenu au prix de guerres et de révolutions sanglantes.
Et donc ce qui est en train de remonter des profondeurs, c’est simplement ce Droit des Peuples à disposer d’eux-mêmes que Bruxelles, lentement mais surement a pour ambition ultime de faire disparaitre. Et tous les totalitarismes ont comme ambition de faire disparaitre cette notion. Et n’importe quel survol historique montre que cela n’a pas très bien marché dans l’histoire récente comme on l’a vu avec l’effondrement de l’union Soviétique, suivi de la réémergence de nations que chacun croyait avoir disparu depuis longtemps.
Et j’en arrive au deuxième point, cette réalité qui arrive des profondeurs est en train de remonter partout en Europe.
 
On le voit en Hongrie, en Pologne deux pays qui comme la Grande- Bretagne ont le bonheur de ne pas faire partie de l’Euro et donc ont gardé une certaine souveraineté. On l’a vu en Autriche où nous saurons bientôt si des fraudes électorales ont permis aux partis pro-Bruxelles de rester au pouvoir de façon illégitime. 
On commence à le voir aussi en Espagne, où les déficits budgétaires et donc les dettes explosent et où Podemos risque de l’emporter.
On le voit au Portugal, le pays le plus endetté au monde et qui crève sous le joug de Bruxelles et de l’Euro.
On le voit en Italie où la montée du mouvement des cinq étoiles semble se confirmer, aux dépens encore une fois des pro-Bruxelles. 
Quant à notre pays, je constate avec stupéfaction une totale déliquescence de l’Etat sans que l’opposition "officielle" réagisse en identifiant le vrai problème dont souffre la France. Et ce problème est le suivant : nous avons perdu la maitrise de notre destin et ce qu’il est convenu d’appeler la Droite de gouvernement ne nous propose que des recettes de cuisine pour redresser l’économie. Redresser l’économie quand on a perdu le contrôle de la politique budgétaire, de la monnaie et de ses frontières est une aimable plaisanterie.
 
Bref, nous sommes en train d’assister à l’échec du coup d’Etat organisé par les hauts fonctionnaires français à la suite de la réunification de l’Allemagne.
A l’époque, dans mon livre, "Des Lions menés par des Anes", j’avais écrit que ces hommes allaient détruire l’Europe de la diversité et de la subsidiarité dans leur rêve fou de créer un Etat Européen dont personne ne voulait sauf eux. Nous y sommes. Et si par hasard, les Anglais votaient pour rester dans l’Union Européenne, alors c’est là que les choses commenceraient à aller mal partout ailleurs. Les Anglais se révoltent en général dans l’ordre. Les révoltes des autres peuples Européens contre ceux qui veulent les assujettir, par contre, sont rarement paisibles.

institutdeslibertes.org, 20 juin 2016
Publié dans Avec l'Europe
Écrit par
En savoir plus... 0
Brexit : c'est l'immigration qui a fait la différence
 
Inutile de se voiler la face : c'est l'immigration, et rien d'autre, qui a fait pencher la balance en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne.
 
Dans les derniers jours qui ont précédé le vote des britanniques, certains commentateurs français s'étaient émus de la dernière campagne d'affichage de l'Ukip (United Kingdom Independence Party). Sur ses affiches, l'UKIP affirmait que les écoles britanniques étaient submergées, avec 25 % d'élèves d'origine étrangère. Et nos commentateurs d'affirmer que même le Front national n'aurait jamais osé sortir de telles affiches en France ! La précédente campagne d'affichage de l'UKIP, plus sobre, mais tout aussi explicite, montrait une colonne de migrants barrée des mots "Breaking Point".
Bien entendu, l'UKIP n'a pas emporté le morceau seul, en faisant campagne sur le danger de l'immigration. Les tabloïds anglais, largement critiqués et conspués de ce côté-ci de la Manche, bien qu'ils dépassent largement le million d'exemplaires vendus tous les jours, n'ont eu de cesse, au cours de ces derniers mois, de traiter sans complexe les conséquences de l'afflux de migrants en Europe et en Grande-Bretagne.  Les images des migrants massés à Calais, et tentant l'impossible pour rejoindre la Grande-Bretagne au péril de leur vie, images largement diffusées sur les chaînes d'inforrmation continue anglaises, ont fait le reste.
 
Ceux qui n'ont pas vu que le Brexit pouvait arriver, et que le problème de l'immigration en Europe pouvait faire pencher la balance en sa faveur, avaient pourtant été prévenus ! Les élections présidentielles autrichiennes, en mai, avaient largement annoncé la couleur. Comment ? Le chef d'un parti ouvertement xénophobe, eurosceptique, arrivait très largement en tête de l'élection présidentielle d'un petit pays européen, avec 15 points d'avance sur son improbable challenger, un candidat écologiste sans panache ?
Oui, c'était le coup de semonce, et le score serré du second tour, installant finalement le candidat soutenu par l'ensemble de la classe politique autrichienne, unie contre le candidat du FPÖ, a créé un précédent en Europe. Car en effet, si le candidat du FPÖ a fait un tel score au premier (et au second) tour de la présidentielle, c'est parce que... lui aussi a largement fait campagne sur le thème de l'immigration et, plus précisément, sur le problème posé par l'accueil de millions de migrants en quelques mois.
 
Si les Anglais (contrairement aux Irlandais du Nord et aux Écossais qui, eux, ont voté en faveur du maintien du Royaume-Uni dans l'Union Européenne) ont voté massivement en faveur du Brexit, c'est parce qu'ils ont eu peur. Sachant que l'Allemagne qui, de par sa position centrale en Europe, n'a pas eu d'autre solution que d'accueillir 1,2 million de migrants l'an passé et pourrait en accueillir un million de plus cette année, se retrouvait seule face au problème, abandonnée par ses partenaires européens, les Anglais ont eu peur. Car ils savent que la Grande-Bretagne est la véritable destination préférée des migrants ! La langue, l'anglais, beaucoup la pratiquent déjà un peu, et elle est bien plus facile à apprendre que l'allemand. Mais surtout, en Grande-Bretagne, existent déjà des communautés installées de Syriens, Libyens, Irakiens... Pas en Allemagne. Mais grâce à sa place particulière en Europe, seul État européen avec l'Irlande, protégé par une frontière naturelle quasiment inviolable, à savoir, une mer, la Grande-Bretagne a pu gagner du temps. Sans Calais, sans la Manche, l'Angleterre aurait été submergée, comme l'Allemagne.
 
Pour reprendre l'attaque de cet éditorial, ne nous voilons pas la face une seconde fois : demain, d'autres pays européens vont demander à sortir de l'Union Européenne, pour ne pas être contraints d'accepter que Bruxelles décide à leur place en matière d'immigration et d'accueil. Vous voulez la liste ?
D'abord, l'Autriche. Le 6 juillet prochain, la cour constitutionnelle va dire si le second tour de l'élection présidentielle est valide, ou non, sachant que le candidat du FPÖ a formé un recours, arguant d'irrégularités dans le dépouillement, de nature à avoir modifié le résultat du scrutin. Dans un pays où tricher et mentir est culturellement inconcevable, le fait qu'un tel recours ait été déposé démontre ab absurdo qu'il y a effectivement probablement eu des choses pas très catholiques dans certaines circonscriptions, comme par exemple, des bureaux de vote avec 100 % de taux de participation... Si la cour constitutionnelle autrichienne invalide les élections, le résultat de la prochaine élection présidentielle est connu d'avance. À défaut, le FPÖ fera monter la pression, pour que les élections législatives de 2018 soient avancées.
 
Ensuite, les Pays-Bas. Dans ce pays, les questions d'immigration ne sont pas taboues et la classe politique néerlandaise est majoritairement opposée à l'accueil des migrants. Si Bruxelles n'infléchit pas sa position, la perspective d'un référendum sur la sortie de l'UE y est plus que probable. Enfin... enfin, la liste pourrait être longue. Car le fait qu'un pays, un grand pays, démocratique, ait accepté de poser la question à ses citoyens de son maintien dans l'Europe, et que la réponse "non" l'ait largement emporté, va créer un précédent ! Quel homme politique, quel chef d'État normalement constitué (si c'est possible) peut oser considérer comme illégitime les demandes de référendum sur la sortie de l'UE dans son pays ? 
 
Désormais, l'avenir de l'Union Européenne dépend de la réponse à une seule question : l'Europe peut-elle continuer à se construire contre les peuples qui la constituent, contre les pays membres qui désapprouvent la politique menée par la Commission Européenne, gouvernement technocratique mais si peu démocratique ?  Si l'Union ne remet pas très rapidement à plat ses institutions par l'élaboration d'un nouveau traité européen, elle risque tout bonnement de disparaître, soit en se disloquant (on parle d'effet domino), soit en explosant, plus personne n'obéissant du jour au lendemain à Bruxelles.

Paru sur www.economiematin.fr - 24 juin 2016
Publié dans Avec l'Europe
Écrit par
En savoir plus... 0
Quand les peuples bousculent la politique
 
Que dit l’air du temps ? Que les peuples, constitutifs de la démocratie, veulent reprendre le contrôle de leur destin.
Dimanche, à Rome, c’est la candidate du Mouvement cinq étoiles (M5S), Virginia Raggi, qui a été triomphalement élue à la mairie avec 67,15 %, des voix.
A Turin, la représentante du même mouvement antisystème conduit par Beppe Grillo, Chiara Appendino, a également gagné la ville avec 54,56 % des voix.
Pour le monde politique italien, la claque est violente. Le chef du gouvernement, Matteo Renzi (Parti Démocrate), a accusé le coup, ce lundi, en reconnaissant une défaite "amère, brûlante". La société civile est, partout, amenée à s’imposer ainsi dans le débat public sclérosé. C’est dans ce sens que souffle le vent de l’histoire, à mesure que les 'élites' et leurs castes se révèlent incompétentes et éloignées des réalités.
Aux Etats-Unis, l’imprévisible Donald Trump est porté par un semblable rejet de l’establishment et une envie de se libérer du politiquement correct.
Ce contexte est également favorable aux partisans britanniques du divorce avec l’Union européenne (Brexit). Le référendum, organisé jeudi, tranchera une question sur laquelle beaucoup d’Européens se retrouvent. En France, 61 % des gens ont une opinion négative sur l’Europe (sondage Pew Research Center de mai dernier). L’assassinat, jeudi, de la députée travailliste Jo Cox par un extrémiste raciste, a redonné néanmoins l’avantage, dans les sondages, aux partisans du maintien. Si le oui à l’Europe devait l‘emporter, la déception serait grande chez les démocrates souverainistes, dans les rangs desquels je me range. Mais l’erreur pour l’UE serait alors de crier victoire en oubliant trop vite le vent du boulet.

Les délires apocalyptiques annoncés par les européistes en cas de Brexit rappellent, en France, les propagandes à gros sabots des "ouistes" contre les "nonistes", lors de la consultation populaire de 2005 sur la Constitution européenne. 55% des Français avaient alors fait un bras d’honneur au Système, avant que Nicolas Sarkozy ne viole leur vote en réintroduisant le texte rejeté par le biais du traité de Lisbonne.
C’est ce mépris pour la démocratie qui entache l’Union européenne, confisquée par des technocrates et des commissaires populophobes et xénophiles. A cette première raison, qui avait suffi à faire s’écrouler l’Union soviétique, s’ajoute une constante fascination de l’UE pour l’immigration de peuplement qui devient de plus en plus problématique. Pour elle "l’immigration est une caractéristique permanente de la société européenne". Un document de 2004, cité par Michèle Tribalat dans un livre paru en 2013 (1), affirme même : "Si le flux d’immigration (…) est géré correctement et méthodiquement, les Etats membres seront gagnants sur de nombreux plans. L’économie sera plus forte et la cohésion et le sentiment de sécurité seront plus grands, sans oublier l’avantage que représente la diversité culturelle". Or cette même stupidité persiste encore aujourd’hui. La Commission Juncker explique que, pour elle, "la migration est une des dix priorités politiques". C’est, à l’évidence, une autre Europe qu'il faut construire.
Pour cela, il faut laisser les peuples raisonnables décider de leur propre sort.

(1) Assimilation, la fin d’un modèle français

blog.lefigaro.fr/rioufol - 20 juin 2016
Publié dans Avec l'Europe
Écrit par
En savoir plus... 0
Brexit : pourquoi les Français auraient voté comme les Anglais
 
Maxime Tandonnet rappelle qu'un récent sondage montrait que 61% des Français étaient eux aussi réservés envers l'Europe. Il voit dans le Brexit le désaveu d'une Europe technocratique et un plébiscite pour la démocratie.
 
Tout le monde le sait mais personne ne le dit : un référendum en France donnerait lui aussi des résultats largement favorables à la sortie de l'Union européenne. Un sondage récent montrait les Français encore plus réservés envers l'Union européenne que les Britanniques : 61% des Français, contre 48 % au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne (Pew research center juin 2005). Il faut y voir le désaveu d'une vision de l'Europe bulldozer qui avance à coups de directives, de règlements et de jurisprudences dans l'indifférence envers les sentiments populaires. La crise grecque, les coups de force de Mme Merkel et de M. Juncker sur les migrants puis sur la Turquie, jouant l'avenir du continent dans le plus absolu désintérêt envers les attentes et inquiétudes des peuples n'ont fait qu'aggraver la méfiance envers Bruxelles.
 
La victoire du Brexit est une réponse à l'aveuglement des élites politiques dans leur quasi-totalité, économiques, médiatiques européennes qui depuis le début des années 1990 et l'adoption du traité de Maastricht, tiennent toujours le même discours face aux réticences des citoyens : plus d'Europe, c'est-à-dire plus de fédéralisme, plus de bureaucratie bruxelloise, plus de majorité qualifiée, plus de directives et de règlements, plus de sanctions de la cour de justice. Il faut comprendre ce vote comme un acte de refus d'un diktat et de condamnation du mépris permanent affiché par les cercles d'influence sur la population exaspérée. Les menaces de séisme économique et d'isolement, proférées par les plus hauts dirigeants de la planète, de l'Europe, voire de ministres français n'ont pas eu raison d'un peuple britannique qui en a vu bien d'autres…
 
Les Français ne sont pas si différents des Britanniques. Ils sont les premiers à avoir voté "non"au centralisme européen et à la négation des démocraties nationales en 2005 à 54%, lors du référendum sur la Constitution européenne. La seule différence aujourd'hui, c'est que les dirigeants du Royaume-Uni, qui croient en la démocratie, ont pris le risque de poser la question au peuple. Au fond les Britanniques se sont exprimés au nom de l'ensemble des peuples européens. On imagine d'ores et déjà les commentaires et les réactions de la classe dirigeante et des médias français. On va tenter d'assimiler le vote britannique au "populisme" et à "l'extrême droite". Dans la ligne habituelle de la fuite en avant et du réflexe de Pavlov, on va promettre, en réaction, plus "d'Europe" et plus "d'intégration". Les mêmes classes dominantes vont dès aujourd'hui marteler l'idée que la sortie du Royaume-Uni est «une chance pour l'Europe fédérale». Bref, le discours officiel sera une fois de plus au rebours du sentiment populaire. Mais jusqu'où ce grand écart entre les cercles dirigeants et la volonté populaire peut-il se poursuivre?
 
Le message profond du vote britannique, qui aurait tout aussi bien pu être un vote français, sera en effet probablement occulté. Le Royaume-Uni a vu naître la démocratie parlementaire, le pouvoir d'un Parlement souverain. En votant pour le Brexit, il a voulu empêcher l'étouffement de cette démocratie par l'impérialisme de la bureaucratie bruxelloise. Sans doute ne faut-il pas se méprendre sur le sens de l'exaspération des peuples européens, qui vient de s'exprimer dans le vote britannique. En aucun cas il ne faut y voir un retour au nationalisme agressif de jadis, même si les caricatures ne vont pas manquer et si la récupération par les partis qui se revendiquent du nationalisme agressif et de l'isolationnisme, dans toute l'Europe, est vraisemblable. Les Britanniques, comme les Français et les autres peuples européens sont parfaitement conscients de la solidarité de fait qui unit les peuples européens, leur histoire et leur culture commune, leur intérêt à s'unir dans un monde en pleine tourmente.
Ce qu'ils rejettent n'est pas l'Europe, c'est-à-dire l'existence d'une unité intrinsèque et fondamentale des Européens, mais le sentiment croissant d'un diktat venu de l'extérieur, qui leur impose ses règles, ses normes, ses décisions fondamentales, en particulier sur les frontières et l'immigration, sans tenir le moindre compte de leur opinion et de leur avis. Le vote britannique doit être compris comme un plébiscite en faveur de la démocratie. Les événements en cours sont une fois de plus un immense hommage aux vues prophétiques de Philippe Séguin, lors de son célèbre discours sur le traité de Maastricht en 1992 : "Il n'y a aucune place pour des nations vraiment libres dans un Etat fédéral". Le malheur de l'Europe aujourd'hui est la conséquence du mépris affiché à cette époque par la classe politique envers son message visionnaire.

Figarovox, 24 juin 2016
Publié dans Avec l'Europe
Écrit par
En savoir plus... 0
Toilet or not toilet
 
Les Turcs étaient aux portes de Constantinople, le concile discutait du sexe des anges. Maintenant que le terrorisme islamique sévit dans tout le monde libre et chrétien, en particulier aux Etats Unis – souvenons-nous du massacre d’Orlando – on y discute du sexe des toilettes. Le problème qui depuis quelque temps agite l’opinion américaine est de savoir quelles toilettes doivent utiliser les "transgenres", minorité cependant minuscule.
Les parlementaires de Caroline du nord avaient voté en urgence le 23 février une loi obligeant les usagers à utiliser les toilettes correspondant à leur "sexe biologique". L’objectif de cette loi était de contrer un décret adopté la veille par la municipalité de Charlotte qui permettait aux transgenres d'utiliser les sanitaires du sexe auquel ils s'identifiaient.
 
Après la défaite enregistrée par les conservateurs sur la question du mariage homosexuel, une nouvelle ligne de front a été ouverte sur l’usage des toilettes. Alors que les gouverneurs républicains du Dakota du sud et de Géorgie choisissaient de bloquer cette législation jugée restrictive, le gouverneur de Caroline du sud, Pat Mc Crory, décidait de valider la loi votée par les élus de son Etat, suivi par son homologue du Mississipi. Comme de bien entendu, le choix du gouverneur de Caroline du Nord a été dénoncé par des artistes : Bruce Springsteen, Bryan Adams, Cindy Lauper ou encore le Cirque du Soleil ont annulé des représentations en représailles. Des entreprises ont fait de même, PayPal a renoncé à la création de 400 emplois à Charlotte, deutsche Bank 250 autres. McCrory a réagi en limitant la portée de la loi aux établissements publics, un geste jugé insuffisant par ses détracteurs et les autorités fédérales qui demandent sa suppression.
 
Pour dramatiser encore la question, Loretta Lynch, ministre de la justice établit un parallèle avec les discriminations raciales : "Cette action a une portée dépassant nettement le cadre des toilettes, a-t-elle estimé. La dignité et le respect de nos concitoyens sont en jeu (…). Cette loi revient à infliger davantage d'indignité à une communauté qui a déjà souffert bien plus que son dû."  Rien moins. Si la justice suit madame Lynch et considère que la loi votée en Caroline du Nord est discriminatoire, l’Etat risque de perdre les milliards de dollars versés par l’Etat fédéral à l’Etat du sud.
Les partisans d’un usage libéral des toilettes, autorisant les "transgenres" à utiliser les toilettes correspondant au sexe auquel ils se sentent appartenir, seraient maintenant faiblement majoritaires, au point que Donald Trump le futur candidat républicain fait preuve d’ouverture sur la question.
 
Le gouvernement Obama, affirme que l’accès aux toilettes et aux vestiaires publics doit se faire selon le sexe auquel un élève s’identifie et non selon son sexe de naissance. Ces recommandations ne concernent que l’enseignement public, des écoles aux universités. Elles n’ont pas force de loi mais avertissent les autorités locales de l’enseignement public qu’elles risquent de perdre leurs subventions fédérales si elles ne s’y conforment pas.
Il n’empêche : une civilisation qui se mobilise pour un problème aussi trivial apparaît bien proche de disparaître. Comme Constantinople.

dejudasatartuffelettresaumonde.hautetfort.com
Publié dans Du côté des élites
Écrit par
En savoir plus... 0
Situation en Ukraine

Petro Porochenko et François Hollande doivent se rencontrer ce mardi 21 juin. Que peut-on dire aujourd'hui, alors que les chefs d'Etat français et ukrainiens se retrouvent, de la situation en Ukraine ? Quelles sont les évolutions ?

L’Ukraine est dans une situation déplorable, ses dirigeants sont incompétents, son économie est au plus bas en dépit des sommes d’argent injectées par les Occidentaux (Europe et Etats-Unis), son armée se révèle inefficace face aux indépendantistes du Donbass, malgré l’aide étrangère et l’engagement de milices d’extrême-droite ayant commis des atrocités dont la presse pro occidentale ne parle jamais.
Surtout, Porochenko et son gouvernement, aveuglément antirusses, ont été incapables de stabiliser la situation intérieure et d’entamer un dialogue avec ceux qui ne souhaitent pas continuer à faire partie du pays, refusant de reconnaître leur droit à parler d’autodétermination alors même que l’Europe a autorisé un référendum en Ecosse et semble prête à le faire pour la Catalogne.
Je crois que nous devons reconnaitre que notre politique vis-à-vis de l’Ukraine et de la Russie a été totalement erronée et qu'il convient de la reconsidérer. Mais je doute fort que le président Hollande ne le fasse.
 
A l'occasion d'une interview accordée à la chaîne de télévision ukrainienne Inter, Anders Fogh Rasmussen (conseiller de
Porochenko et ancien de l'OTAN) a insisté sur la nécessité pour l'Ukraine de remplir sa partie des accords de Minsk. Qu'en est-il aujourd'hui ?

C’est un comble ! On entend les Occidentaux se référer aux accords de Minsk ou à l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord, alors même qu’ils refusent de reconnaitre le droit à l’autodétermination des Ukrainiens de l’Est (ce qu’ils ont pourtant fait en Bosnie et au Kosovo), qu’ils ont violé les accords établis avec Moscou à la fin de la Guerre froide et qu’ils ont validé le renversement d’un régime élu sous les auspices de l’OSCE (Ianoukovitch).
Mais venant de Rasmussen, cela n’a rien d’étonnant, cet homme totalement inféodé à Washington et un ardent auxiliaire de la politique américaine. Faut-il donc toujours rappeler que ce n’est pas Moscou qui a envahi illégalement l’Irak en 2003 en dépit du veto de l’ONU, qui soutient une des branches d’Al-Qaida en Syrie (le Front Al-Nosrah) contre le régime de Damas, qui espionne le monde entier et qui a rétabli la torture et organisé Guantanamo... Il est temps que nos contemporains ouvrent les yeux sur les réalités ! Oui l’URSS était une menace mortelle pour l’Occident pendant la Guerre froide ! Oui les pays d’Europe de l’Est ont eu terriblement à souffrir du joug russe pendant cette période ! Oui c’est grâce aux Etats-Unis que nous avons pu maintenir notre liberté ! Mais la situation est totalement différente aujourd’hui : la politique américaine, de plus en plus unilatérale ne sert que ses intérêts et non ceux des Européens. Elle présente un réel danger pour la paix et la stabilité mondiales.
 
Frank-Walter Steinmeier, ministre allemand des affaires étrangères, a récemment critiqué ouvertement la politique de l'OTAN aux frontières de la Russie. Faut-il craindre une montée des tensions dans ces régions ? Le fantasme d'une guerre froide de retour est-il réaliste ou s'agit-il seulement d'une crainte de journalistes ?
M. Steinmeier a déclaré à très juste titre que les Occidentaux devaient "éviter d’envenimer la situation avec des cris guerriers et des bruits de bottes". L’ex chancelier Gerhard Schröder a tenu des propos similaires : c’est le bon sens même. Jacques Attal a aussi récemment déclaré "l’intérêt de l’Europe n’est pas de se lancer dans un affrontement avec la Russie. Mais au contraire de tout faire pour intégrer notre grand voisin de l’Est à l’espace de droit européen". IL ne s’agit pas ici de défendre la politique ou les dirigeants russes. Mais Moscou n’a pas de politique expansionniste ! C’est une vue de l’esprit. Si tensions il y a, ce sont bien les Occidentaux qui en sont à l’origine. Imaginons un instant que Moscou ait soutenu une révolution au Canada ou Mexique: que pensez-vous qu’aurait été la réaction de Washington ?
Il est important de rappeler que la Russie ne compte que 140 millions d’habitants, que son budget de défense ne se situe qu’au 4e rang mondial (derrière les Etats-Unis, la Chine et l’Arabie saoudite) et qu’il est vingt-cinq fois inférieur à celui des Etats-Unis ! (Trends in World Military Expenditures 2015, www.sipri.org, avril 2016). En faire un Etat menaçant et expansionniste est totalement erroné.
 
Moscou ne fait que réagir à l’avancée agressive de l’Occident sur ses marges, laquelle est un facteur préoccupant de déstabilisation.
De plus la pression militaire imposée à la Russie conduit Moscou à accroitre ses dépenses militaires au détriment du redressement de son économie… ceci n’est pas anodin !
Rappelons que Washington a savamment utilisé cette pseudo montée en puissance de la "menace" russe pour amener le Congrès à voter le budget de modernisation de son arsenal nucléaire : le Pentagone a besoin de 700 à 900 milliards de dollars à cette fin. Et si Washington modernise son arsenal, alors les autres puissances nucléaires atomiques seront conduites à faire de même pour ne pas être distancées. Donc, la Russie accroîtra à son tour prochainement son budget en ce domaine… et cela sera de nouveau présenté comme une menace "insupportable" pour l’Occident. C’est de la manipulation totale des faits...
 
Jusqu'où l'Ukraine représente-t-elle encore une région clef dans le rapport de force OTAN/Etats-Unis-Russie ? Quelles sont les autres régions du monde susceptibles d'occuper une telle place ?
L’Ukraine incarne le point à partir duquel Moscou a décidé de ne plus laisser impunément voir bafouer ses intérêts. La réaction de la Russie me parait, depuis le début de la crise Euromaidan en tout point légitime, même si la présentation des faits par la presse Mainstream occidentale en donne une vision différente, voire déformée. La diabolisation systématique de Poutine, ses soi-disant intentions belliqueuses n’ont qu’un but pour Washington et ses plus proches alliés : faire accepter la politique de rattachement de l’Ukraine au camp occidental en dépit des engagements pris à l’égard de Moscou lors de la désintégration de l’URSS.
 
Rappelons que nous avons bafoué toutes les règles du droit international : Ianoukovitch avait été élu régulièrement en présence d’observateurs de l’OSCE qui avaient validé le scrutin ! S’il était indéniablement corrompu (comme tous ses prédécesseurs et ses successeurs), son reversement était totalement illégal et l’Occident a soutenu cette "révolution" alors que dans le même, temps nous critiquions l’action du général Sissi en Egypte qui chassait les Frères musulmans du pouvoir à la demande du peuple.
 
Cette crise Ukrainienne sert donc d’abord les intérêts des Etats-Unis, puisqu’elle accroit la demande de soutien et donc de vassalité des pays d’Europe de l’Est, pour lesquels l’OTAN compte plus que l’Union européenne. D’ailleurs, à l’exemple de la Pologne, ils achètent systématiquement de l’armement américain et non européen. Si leur histoire les a amené souvent à souffrir de l’expansionnisme russe, ils sont aujourd’hui tellement jusqu’au-boutistes à l’égard de Moscou qu’ils en deviennent dangereux, entrainant l’Europe de l’Ouest dans une direction qui ne sert en rien nos intérêts. Cette crise amène aussi les pays scandinaves à se rapprocher de l’OTAN, voire à envisager de le rejoindre, comme y réfléchit la Suède.
Ainsi l’Europe parait de plus en plus liée aux Etats-Unis, n’a plus ni indépendance de vue, ni politique propre. C’est consternant !

Paru sur Atlantico
Publié dans De par le monde
Écrit par
En savoir plus... 0
Totalitarisme gastronomique

Décidemment, mes petits séjours parisiens me donnent de plus en plus l’impression d’être un candide provincial qui s’étonne de tout ce qu’il découvre dans la capitale. Cette fois-ci, à peine arrivé dans le métro, j’aperçois une grande affiche publicitaire montrant une belle tête de bovin charolais. Ah ! me dis-je in petto, quelle joie de voir ainsi vanter à Paris l’un des fleurons de notre agriculture, l’élevage d’une des plus belles races à viande du monde, fruit du labeur de plusieurs générations d’agriculteurs français.
 
Hélas, en lisant le texte de l’affiche, je découvre qu’il s’agit en réalité d’une opération de propagande végétarienne (ou végétalienne ?...) visant à interdire la consommation de viande. C’est assez mal fait, et la rhétorique est pour le moins vaseuse. Jugez plutôt : la photo du bovin est placée sur le côté droit de l’affiche. Sur le côté gauche, on peut lire le texte suivant : "Vous vous en sortez très bien ! Sans côte de bœuf." Sous ce texte, dans une bulle sortant des lèvres du bovin, la réponse suivante : "Moi pas."
La déduction logique est donc que les consommateurs de viande prélèvent des côtes sur des animaux vivants pour satisfaire une monstruosité gastronomique. Après avoir assouvi leur voracité abjecte, ils laisseraient donc les pauvres bovidés finir leurs jours sans côtes… c’est tellement débile que l’on a peine à imaginer comment un groupe de pression a pu concevoir pareille idiotie et comment la RATP a pu accepter de l’afficher.
Pour parachever l’ouvrage, un texte placé en bas de l’affiche invite les grands malades qui s’adonneraient encore à la consommation de viande à contacter une adresse Internet : "La viande, trouvez la porte de sortie sur  vegan-pratique.fr". Là, quelque gourou les prendra sans doute en charge pour les rééduquer conformément à des normes gastronomiques totalitaires.
 
Ce type de propagande sectaire et dictatoriale est insupportable. Je n’empêche pas les végétariens ou les végétaliens de manger ce qu’ils veulent. En fait, je m’en fiche complètement. Alors, qu’ils laissent les autres manger ce qui leur plait. Comme disait ma grand-mère (qui était une femme de bon sens) : "si vous n’aimez pas ça, n’en dégoutez pas les autres !"
 
Pour mémoire, l’homme est omnivore, et c’est peut-être la raison pour laquelle, à la différence du lapin, il possède des canines qui lui permettent, éventuellement, de manger de la viande. Personne n’est obligé de consommer de la nourriture carnée, mais c’est une liberté que l’on doit préserver. C’est aussi un ensemble de secteurs d’activités qui mérite notre estime et notre considération pour tout ce qu’il a apporté de positif à l’humanité, pour le magnifique patrimoine paysager qu’il entretient, pour le régal qu’il offre à nos papilles, pour la santé et le développement que la viande rouge a apportés à des millions d’êtres humains sur tous les continents…
 
En haut à droite de l’affiche apparaît un logo : "éthique animaux L214". Quand on se réclame de l’éthique, on lui témoigne un minimum de respect. Alors, on évite d’employer des mensonges absurdes sur les pratiques alimentaires des autres. Ne soyons pas naïfs, au delà de ces querelles gastronomiques affligeantes (et montées en épingles par la RATP), c’est plus qu’une coutume alimentaire, c’est un pan entier de notre agriculture (et de notre culture tout court) qui est attaqué sous couvert de "bons sentiments" envers les animaux. Le combat peut paraître secondaire au regard d’une actualité tragique, mais soyons vigilants : ce sont autant de petites agressions qui peuvent pervertir des âmes sensibles et causer, à la longue, de réels dégâts dans une société en train de perdre tous ses repères.
Publié dans A tout un chacun
Écrit par
En savoir plus... 0

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

Top Desktop version