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Arrêtons l’invasion
 
L’invasion de l’Europe occidentale a commencé dès le VIII° siècle, quand l’Islam eût conquis le Maghreb. Arrêtés en 732 à Poitiers, il fallut près de huit siècles pour chasser les musulmans d’Espagne.
Mais la guerre en Méditerranée fut constante, attaques de Constantinople, piraterie, razzias sur les côtes européennes, et bien-sûr les croisades à partir de la fin du XI° siècle.
Jusqu’au milieu du XX° siècle, l’Europe chrétienne arriva à contenir l’Islam, finissant par coloniser le nord de l’Afrique, de l’Egypte au Maroc
Et puis vint la saison des abandons, de la mauvaise conscience, et des indépendances conduisant généralement aux troubles politiques, aux persécutions religieuses, et au sous-développement.
 
Depuis 40 ans une immigration continue, encouragée, puis supportée et maintenant mal tolérée, a introduit en Europe des millions de musulmans, venant du Maghreb, de Turquie, du Moyen orient, d’Afrique noire.
Maintenant c’est le déferlement, l’Afrique se déverse sur nos côtes envoyant des populations pour la plupart inassimilables en quête de sécurité ou d’un eldorado européen rêvé.
Il faut dire que depuis les décolonisations, l’Afrique connaît une démographie galopante et des conflits, ethniques, religieux, tribaux ou économiques et, quoique certains la disent en pleine croissance, est en train de sombrer dans le désordre et le sous-développement.
Il faut dire aussi que depuis la malheureuse opération à laquelle la France a largement participé pour abattre Kadhafi qui malgré tout tenait la Libye, ce pays a sombré dans le chaos, divisé en clans et en ethnies et que personne ne contrôle plus les frontières.
 
Les "migrants" s’ajoutent aux millions d’immigrés, qui ne veulent pas s’assimiler et adopter notre façon de vivre mais imposent de plus en plus des exigences, vestimentaires, religieuses, alimentaires, qui suscitent dans toute l’Europe un rejet de plus en plus marqué.
L’Europe bien pensante mais de mauvaise conscience qui n’accepte plus l’idée de la guerre, ou exige une guerre zéro mort, se sent coupable devant le naufrage de centaines d’immigrés, certes exploités par des criminels mais partis en mer en connaissance de cause, et n’ose pas prendre les mesures propres à arrêter cette invasion mortifère.
Elle fait appareiller ses bateaux non pour essayer d’endiguer l’invasion mais pour sauver les naufragés de la noyade et les conduire là où ils voulaient aller. Et quand ils sont en Europe, aucun pays ne veut les accueillir sachant bien qu’ils sont là pour rester, que ce ne sont pas des réfugiés provisoires appelés un jour à rentrer chez eux.
 
L’Italie avait organisé l’opération maritime "Mare nostrum" dont le but était le sauvetage en mer et qui n’a fait qu’accroître l’afflux d’immigrés venus de Libye vers Lampedusa, la Sicile et Malte.
L’organisation Frontex chargé de la défense des frontières de l’Europe a pris la suite avec l’opération "Triton" dont le rôle ambigu se partageait entre le sauvetage en mer et la police.
L’Europe dans l’urgence vient certes de décider de multiplier ses moyens par trois, il sera déjà difficile de trouver les bateaux nécessaires, mais tant qu’on n’aura pas pris collectivement les décisions qui s’imposent et qu’on ne mènera pas les actions qu’il faut, cela reviendra à vider la mer avec un seau.
Menacée d’invasion l’Europe est en guerre.
 
Certes la solution à long terme passe par la stabilisation politique du Proche-Orient et de l’Afrique notamment de la Libye, et par le développement économique de l’Afrique.
Il y en a pour des décennies et il n’est pas possible d’attendre.
D’ici là il faut combattre les organisations criminelles qui s’enrichissent dans le trafic des migrants. De tels mouvements nécessitent des organisations complexes utilisant, agences de voyage, moyens de transport, réseaux bancaires, corruption de fonctionnaires. C’est un travail de renseignement et de police et éventuellement d’intervention, qu’il faut mener dans les pays de départ.
Il faut mettre en place une organisation permettant le tri des véritables réfugiés contraints par la menace de quitter leur pays, en particulier les chrétiens victimes de persécution, cette organisation pourrait être non nationale mais européenne et délivrerait des visas.
 
Patrouiller non aux frontières de l’Europe mais le long des côtes des pays de départ, éventuellement sans se préoccuper des règles internationales, il y a là un cas de force-majeure et d’agression. Les bateaux servant au transport seraient coulés et les passagers ramenés à leur point de départ. C’est ce qui a été fait par Atalante en Somalie, la destruction des bateaux des pirates s’est révélée très efficace.
Bien entendu il n’est pas question de s’affranchir des règles de sauvetage en mer, mais les naufragés recueillis seraient systématiquement ramenés à leur point de départ. Il est vrai que jusqu’à maintenant la Cour européenne des droits de l’homme interdit le principe du refoulement des clandestins. La situation ne permet plus une telle contrainte. Les djihadistes cherchent à déstabiliser l’Europe et très certainement y introduisent déjà des terroristes.
L’Europe informerait la communauté internationale des dispositions qu’elle prend et rechercherait avec les pays riverains des accords pour obtenir le contrôle efficace de leurs côtes. Nous sommes sous le coup d’une menace majeure, il n’est pas justifié de s’en tenir aux règles de temps de paix.
 
Federica Mogherini à la tête de la diplomatie européenne, devrait être motivée en tant qu’Italienne, pour rechercher un mandat de l’ONU pour intervenir si nécessaire en Libye, mais en cas de refus pour s’en passer.
L’Australie refoule systématiquement les migrants, après avoir créé des centres de détention à Manus (Papouasie-Nouvelle Guinée) et à Nauru ou proposant une installation au Cambodge avec lequel elle a des accords. Depuis 17 mois il n’y a plus eu aucun noyé.
Autre exemple, Mayotte, où une départementalisation irresponsable a porté les frontières de l’Europe, les migrants venant surtout d’Anjouan, la Comore voisine, sont systématiquement interceptés par les gendarmes et reconduits immédiatement à leur point de départ.
Tous les ans on en expulse plus de 20 000, il s’en noie aussi beaucoup pendant la traversée et ce depuis vingt ans sans que cela préoccupe grand monde. C’est loin.
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Maryvonne, victime d’une vraie saloperie française
 
Voilà quelque chose que je n’ai jamais pu comprendre ni admettre.
La loi française prévoit qu’au bout de 48 heures, des individus ayant squatté un logement après y être entré par effraction deviennent ses occupants légaux, disposent du droit de s’y maintenir au même titre que des locataires  et ne peuvent plus être expulsés sans une lourde procédure judiciaire qui peut prendre des mois.
Les victimes, comme Maryvonne, sont souvent des personnes âgées ou en situation de précarité.  On a du mal à le croire. Vous êtes propriétaire d’une maison. Vous vous absentez. Des squatters se sont installés chez vous et ils ont le droit de s’y maintenir sans que vous ne puissiez rien faire ou presque dans l’immédiat. Cela arrive souvent et j’ai moi-même connu des proches ou des voisins qui ont eu à subir ce genre de situation.
Cela provient d’une loi socialiste de 1991 qui visait à obtenir les faveurs d’associations dites humanitaires. Aux bonnes âmes bienpensantes, qui y voient une belle invention, je demande d’imaginer la situation pour elles-mêmes: vous vous absentez avec vos trois enfants pour une raison quelconque et à votre retour, votre appartement ou votre maison est occupée par un groupe de gens qui ont changé les serrures et qui cassent tout à l’intérieur, sans que vous ne puissiez rien faire. Vous ne pouvez plus entrer chez vous. Votre logement, vos biens, vos meubles sont sous occupation. Et la loi vous interdit d’entrer, vous n’êtes plus chez vous… Vous n’avez plus qu’à aller à l’hôtel avec votre marmaille et entreprendre une action en justice qui va durer cinq ou six mois…  
Cela peut arriver à tout le monde, à toi aussi, Ducon, qui te dis en me lisant : ce type-là est vraiment un sale réac. Cette disposition que le monde entier nous envie – quand j’en parle à des amis britanniques ou allemands, ils refusent de me croire – la droite au pouvoir n’a jamais été capable de l’abroger. Par frousse des réactions, de paraître ceci, ou cela… Là, franchement, ce n’est pas la faute de l’Europe, ni de la mondialisation, ni du capitalisme financier… Alors, après 2017, aurons-nous le courage de mettre fin à cette belle loi sociale, cette belle loi socialiste, cette aberration nationale ?

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Petits trafics culturels entre amis...
 
Une enquête publiée en début d’année par l’ONG humanitaire Human Rigths Watch (HRW) dénonce l’exploitation de milliers de travailleurs d’Abu Dhabi, ceux qui construisent le Louvre des sables, piloté par la maison-mère parisienne mais aussi un Guggenheim et un National Muséum en partenariat avec le British Muséum.
L’émirat compte 80% d’immigrés et des entrepreneurs qui ont la manie de confisquer le passeport de leurs employés ; ceux-ci, payés au bon plaisir de leurs maîtres, sont renvoyés à la moindre plainte. La France a vendu l’usage du prestigieux patronyme "Louvre" alors qu’elle n’est pas maître d’ouvrage : Jean Nouvel fut choisi par les émiratis qui gardent la main sur ces chantiers pharaoniques. Pas de syndicats, ni d’accès à la justice ; des travailleurs expulsés par centaines après la grande grève de 2013, des "frais de recrutement" perçus par des filières d’immigration ou les employeurs et donc des ouvriers endettés avant d’avoir touché un salaire… "Tout cela donne un cocktail toxique qui facilite le travail forcé et le trafic humain" a rappelé un des responsables d’HRW (1).
Du côté des fonctionnaires culturels européens qui collaborent à ces opérations, le discours est lénifiant : ils laissent entendre qu’ils profitent des chantiers pour influencer discrètement les responsables émiratis, vers plus d’humanité, de social et de démocratie. Mais peut-on dire à Abu Dhabi "faites ce que je dis et pas ce que je fais" ?
 
Ainsi, à Londres, en février 2015, plus de la moitié des chargés de sécurité à la National Gallery ont fait grève contre la privatisation des fonctions d’accueil et de surveillance du musée. Selon la direction, ces changements compenseraient la baisse de subventions publiques mais "aucun emploi ne sera supprimé". Cependant, un gardien ayant choisi de travailler en musée risque de se retrouver à garder un supermarché, si la société gestionnaire le juge bon. Une employée a déjà été mise à pied : prenant trop à cœur la défense du service public, elle avait divulgué les conditions financières du marché d’externalisation, et donc "violé le (sacro-saint) secret en matière commercial". En fait, les musées britanniques multiplient les emplois précaires ou externalisent allégrement leur personnel comme le War museum ; la Tate Gallery de Liverpool mais aussi le Victoria and Albert museum raffolent des fameux "contrats zéro heure" obligeant un salarié à venir travailler à la demande, convoqué par simple SMS, sans assurance d’un quelconque volume horaire… bref, une forme d’esclavage branché (2). Comment les musées européens peuvent-ils éduquer leurs homologues orientaux à des "bonnes pratiques" dont ils se délestent ?

En France, on peut même se demander si les mœurs des monarchies pétrolières ne sont pas en train de déteindre. Ainsi l’émir du Pas de Calais, pardon le président PS de la région, a vu "très démocratiquement" sa propre fille Elvire Percheron recrutée au Louvre Lens pour superviser la communication et le développement des publics. Depuis le début du mois la polémique enfle jusque dans le camp de l’élu. Un hourvari semblable avait éclaté en 2012 lorsque sa fille avait déjà tenté d'entrer au Louvre-Lens mais Henri Loyrette, alors président du Louvre, avait stoppé l’opération. En 2013, même tollé quand la dame avait été pressentie pour le poste qu'elle occupait à la région avant de postuler pour le Louvre-Lens. Une fille qui n’arrive pas à s’éloigner de son papa, c’est émouvant (3). Le Louvre-Lens défend un choix rationnel. "Nous avons auditionné six candidats pour ce poste (…). Elvire Percheron était nettement au-dessus du lot", c’est gentil pour les autres. En apparence, les règles sont respectées ; la candidate a master et DESS idoines mais les membres du jury ne seraient-ils pas proches du Président du Conseil Régional ? La décision finale a été prise par Jean-Luc Martinez président du Louvre et du conseil d'administration de Lens, mais elle est peut-être liée au déménagement des réserves du Louvre à Liévin, une opération nationale mais bizarrement payée par … la Région du Pas de Calais. (4)

Autrefois, un élu se faisait gloire de n’être soupçonnable en rien et surtout pas de népotisme : les temps ont bien changé. Quand ils entendaient le mot culture, certains sortaient un revolver, personnellement je sors mon agenda ; mais dans un bassin minier où le chômage règne, certains pourraient être tentés de dégainer le bulletin de vote…(5)
http://www.sourgins.fr

(1) Le Monde, 13 février 2015, p. 21.
(2) Le Monde, 10 février 2015 p. 27
(3) On se rappellera l’indignation soulevée contre le président Sarkozy qui voulait placer son fils à la tête de l’EPAD à La Défense, il y a quelques années : le tapage fut tel que le président recula.
(4) Il est question de transférer les réserves du Louvre à Liévin pour échapper à l’inondation de la Seine ; mais le site choisi semble… inondable ( ?) Cette externalisation des réserves serait une catastrophe majeure selon la Tribune de l’art, certains évoquant même "la fin de l’idée de "musée"" sic.
(5) Dernier petit trafic culturel : Agnès Saal, après avoir travaillé à Beaubourg, dirige l’INA, elle se voit reprocher 40 000 euros de notes de taxi en dix mois.
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Retraite… mon beau souci…
 
Le droit à la retraite –bien gagnée et méritée– est un droit magnifique. Il ne faut ni l’abîmer, ni le falsifier, ni le dévoyer. Il faut le protéger, avec bonté et intelligence. Ce qui semble inatteignable par ceux censés mener notre barque. On dirait un peu le France devenant radeau de la Méduse. Gouvernants, syndicalistes, économistes, journalistes et médias ne cessent de nous dire qu’il n’y a que 2 voies possibles : celle de l’allongement du temps de travail et celle de l’augmentation des cotisations (de toutes les cotisations). C’est un raisonnement très limité, étriqué et improductif, sans  imagination du devenir social, et avec une sidérante méconnaissance des mécanismes socio-économiques.
 
En premier lieu, la question de l’alimentation financière des retraites (car c’est ce dont il s’agit) aurait dû être traitée depuis au moins 40 ans, depuis le début des années 70. A l’époque, n’importe quel crétin pouvait calculer que tous nos étudiants auraient 60 ans et plus aux alentours de 2010 et que ce serait la plus importante population de retraités jamais atteinte en France, dans un  contexte économique toujours incertain. Or aucun gouvernement, quel qu’il soit – hormis quelques superficiels ajustements - n’a géré la question, par crainte, notamment, de contrarier ces fameux syndicalistes qui campent sous la tente bétonnée de leurs "droits acquis" Or un droit n’est jamais définitivement acquis dans un monde fugace. Notre célèbre système de "répartition" plein de symbolisme fraternel est dépassé et devra être sérieusement épaulé par un système de capitalisation. Certains secteurs y sont déjà mais cela reste parcellaire, peu coordonné,  inavoué, car en France dès que le mot "capital" apparait, Karl Marx sort de son tombeau londonien.
Nos gestionnaires, entretenus par une mentalité ENA ultra conservatrice, continuent d’être imprégnés d’un ouvriérisme à la Proud’hon et de méthodes datant de la Libération. De plus, il serait aussi cruel qu’improductif, voire économiquement suicidaire, de vouloir prolonger indéfiniment le temps de travail de  ceux auxquels il avait été promis un Eldorado de vieux jours. Certes, pas mal de pays sont déjà passés au poteau des 70 ans (c’est d’ailleurs ce que nous devrions faire, compte tenu de l’allongement moyen de la durée de vie) mais nous ne sommes ni les USA, ni le Japon, ni la Chine de Mao, et encore moins Nordiques, donc nous avons le devoir de trouver une "formule française" convenable et non pénalisante, pour les générations actuelles et à venir.
 
Aborder la question des retraites uniquement par le biais financier est une erreur, un cul de sac philosophique : la véritable solution consiste à recréer un équilibre social par LA JEUNESSE, et non s’appesantir sur les "vieux", reprendre le slogan des pays fonctionnant bien : "la jeunesse est notre richesse"… notre vieillesse aussi. La retraite n’est qu’un résultat des années de travail, et non un évènement en soi, autonome : c’est par ce biais là qu’il faut la considérer : par le début du travail – donc l’enseignement et la formation – et sa gestion. Afin de garder les retraites telles qu’elles sont, ou presque, on doit permettre aux jeunes citoyens  d’entrer plus tôt dans le travail avec énergie et satisfaction. Malheureusement, ces mêmes gouvernements qui n’ont à peu près rien fait pour les retraites, n’ont parallèlement cessé d’allonger les cycles d’études, même pour les métiers les plus simples, afin de protéger les emplois occupés : un étudiant coûte moins cher qu’un chômeur et reste le plus souvent à la charge de sa famille. On en est arrivé à des études interminables en tous domaines, à des demi-années réelles, elles-mêmes persillées de répétitives vacances. Ah ! Ces fameuses "vacances" françaises ! On ne pense qu’à cela dès le plus jeune âge : la France est un pays recouvert de vacanciers, de chômeurs et de retraités… Il y a aussi quelques ahuris qui continuent à travailler afin de financer tout cela… et ceux qui s’expatrient en nombre, surtout s’ils ont un projet, car les ubuesques réglementations gouvernementales et les grèves syndicalement décidées paralysent les intentions les plus constructives.
 
En bref :
1° Notre système scolaire date de Mathusalem. De la maternelle  aux doctorats et autres diplômes de Grandes Ecoles. Un ministre ambitieux avait décidé de "dégraisser le mamouth", il s’est fait laminer par les puissantes organisations d’enseignants qui jettent dans la rue 1 million de personnes dès que l’on veut réformer quoi que ce soit. Notre "école" a peu évolué : elle est lente, sotte, répétitive, de plus en plus dispensée par des responsables mal formés. L’Education nationale n’a toujours pas réalisé que les enfants actuels sont précoces, très éveillés, bien informés, en bonne santé, beaucoup plus qu’au temps de Jules Ferry. Ceux qui "larguent l’école" - ils le disent tous – c’est "parce que ce qu’ils s’ennuient trop" et n’y trouvent pas ce qu’ils cherchent.
Le remède – le vrai –serait de "raccourcir" les cycles d’études : 1 an en primaire, 1 an en Collège, 1 an en Secondaire : cela mènerait à des "vrais" bacheliers de 16 ans la tête bien pleine, avec des horaires bien adaptés (9H/15H maximum), un nombre plus important de jours de classe, (disons 200)  et moins d’interruptions : un cerveau "intelligent" fonctionne tout le temps et non pas entre deux tranches de vacances et de télé. De cette manière, dans les pays qui fonctionnent "bien", (Nouvelle Zélande, Canada, Singapour, Corée, Norvège), les étudiants commencent très tôt à occuper des emplois à mi-temps, pourvus de salaires corrects, et cotisent dès ce moment, certes modestement, mais cela leur permet de cumuler très tôt les quelques 40 années requises ; puis une fois pourvus de leur viatique et leur situation établie, il leur est possible d’acheter des points supplémentaires, sans devoir envisager de travailler jusqu’à épuisement. 70% des cours universitaires ont lieu le soir après 17 heures, parfois jusqu’à 22  heures, ou selon des horaires aménagés de manière à pouvoir cumuler les 2 activités. Les bibliothèques sont ouvertes 24 heures sur 24 et gérées par les étudiants eux-mêmes. Pour que cela arrive en France il faudrait que nos enseignants acceptent de ne plus rentrer dare-dare chez eux dès 17 heures, s’abritant derrière une "recherche" aussi illusoire qu’absente, et surtout soient mieux formés afin de recouvrir à la fois prestige, autorité… et salaire décent. 
Il y aurait beaucoup à développer sur tous ces points, mais l’idée de base reste cotiser plus tôt, cumuler répartition et capitalisation afin d’envisager la retraite sans cloisonnement mental, et surtout "compter sur soi-même" et son propre talent à aménager sa vie, en arrêtant de tout attendre d’un Etat qui a de moins en moins de compassion et d’ambition pour ses citoyens.
 
2° Le Code du Travail français est un monstre (2000 pages, contre 170 en RFA) plus personne n’y comprend rien. Sauf peut-être, vaguement, quelques types à Bercy, afin de rogner quelques tunes destinées à financer les plateaux repas de Fleury-Mérogis. Le travail en France a un besoin urgent d’être réformé. Il faut cesser de le cloisonner, réglementer, enfermer dans des interdits aussi inextricables que contradictoires, une interminable paperasse ; et surtout de le rendre plus coûteux qu’il n’est sensé rapporter. "L’initiative privée" est bloquée par des craintes datant du 19ème siècle abusif, d’un stalinisme de 4ème République complètement révolu. Nos syndicats ne rendent service à personne, ni aux travailleurs qu’ils sont sensés défendre, ni à la Nation à laquelle ils font perdre des millions d’heures de travail, des sommes folles à chaque grève aussi inefficace que décalée. Il faudrait peut-être aussi accueillir les "jeunes travailleurs" avec sympathie et les concevoir comme indispensables, mieux considérer le travail à temps partiel, ne pas ergoter à l’infini sur les classifications du travail et des rémunérations.
Embaucher-défiscaliser : ce sont les 2 objectifs à réaliser, surtout pour les petites et moyennes entreprises : réduire les charges de moitié permettrait d’employer 2 personnes au lieu de "pas du tout". d’un autre point de vue, le recours aux machines et robots, si chers à la RATP, SNCF, EDF etc… et autres services publics, croyant en cela réduire leurs problèmes de charges sociales, confine les citoyens dans un isolement désastreux, et génère d’autres maux tel le terrorisme dans les transports urbains : dans les contrées modernes, l’usage des machines (qui évite la circulation de l’argent) n’a supprimé ni l’aide humaine, ni la surveillance.
 
L’intérêt général ne doit pas être confondu avec le recours permanent à l’Etat : c’est une confusion bien française : notre centralisation d’Etat depuis Louis XIV, puis le centralisme républicain, auquel on rajoute un communisme distributif pactole de l’après 2WW font de l’économie française une sorte de Goldorak bureaucratique environné d’élus et de citoyens irresponsables. Ce ne sont pas les petits pansements et infusettes de l’équipe gouvernementale actuelle qui vont améliorer quoi que ce soit : le chômage a encore augmenté en mars, aucun déblocage visible n’est à espérer. Tout le monde a les yeux rivés sur 2017 (qui changera quoi ?) alors qu’il faudrait agir à horizon 2050 et plus.
Car la vraie réflexion est là : de quoi vivront nos jeunes "assistés insouciants chômeurs" lorsqu’ils auront 70 ans ? Prendre la question des retraites par le mauvais angle témoigne  à la fois de l’aveuglement le plus obstiné, et de l’impuissance à faire évoluer notre système social. Un déséquilibre tenaillant nous accable : charger encore plus la mule "classe moyenne salariée" est une manœuvre catastrophique, de même que le mulet capitaliste (ou supposé tel) car de tous temps et dans n’importe quel système, les riches ont nourri les pauvres ("quand le riche maigrit, le pauvre meurt", vieil adage chinois ou arabe). Et il faut aussi des patrons (ou leaders) pour qu’il y ait des salariés. D’ailleurs qu’est-ce qu’un "riche" ? A partir de quelle épaisseur de compte en banque est-on riche ? Un "riche" Européen est "pauvre" par rapport aux fortunes orientales, musulmanes ou américaines. Et en France où la richesse historique a été balayée par les Révolutions successives, ceux qui ont quelque magot l’ont en général gagné par leur travail et leur esprit d’innovation.
 
Continuer avec une Nation recouverte d’étudiants aussi prolongés qu’ignares, de chômeurs à plein temps, de grévistes professionnels, de syndicalistes imaginaires (dixit Finkielkraut), de SDF, de rentiers de la Sécu, et de retraités anticipés, relève du suicide collectif. La tâche la plus urgente serait de "revaloriser" le travail ou de le valoriser, tout simplement, après toutes ces années d’abandon, de mépris, de rejet, de paresse et de dénigrement. Les fallacieuses promesses du marxisme léninisme puis du socialisme (embourgeoisé et bureaucratique) ont terriblement gangrené les relations des Français avec le travail. Or le travail bien préparé, bien mené, construit et accepté rend heureux : il est non seulement indispensable et source de revenu, mais il est valorisant, donne dignité et respect de soi même et d’autrui (il permet aussi de préserver nos fameuses "vacances"). Le travail réglementé sans excès, bien réparti et correspondant aux besoins de la collectivité, permet une retraite correcte, préparée et envisagée sans angoisse.
 
P.S. Nouvelles réjouissantes du Far East :
Au Japon dans les grandes villes, les vieux repris de justice ne veulent pas sortir de prison ; de même de vieux messieurs très bien se font délinquants pour pouvoir y entrer (le truc est : tabasser un restaurateur, voler dans un magasin). "On est mieux en prison que tout seul dans un taudis : on s’occupe de vous, de votre santé, on y est nourri, logé, blanchi ; on y a des copains et "on y fait des rencontres intéressantes" ?
Les vieilles dames en Corée, au japon, à Singapour n’hésitent plus à demander le divorce, même au bout de 40 ans de mariage : 6% en 1988 et 23% maintenant. Elles ont travaillé, ont donc une retraite, même modeste et se débrouillent avec un petit emploi supplémentaire. En général, elles s’installent avec une copine, ancienne collègue de bureau, et "ont la paix".
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Le petit président de la Vème République
 
Le quinquennat est fini. Le Président est redevenu candidat. Soignant son image sur Canal+, devant la jeunesse de la "diversité", ou dans des journaux "branchés". Il ne gouverne plus ; il cible des clientèles. Il a en tête la campagne de François Mitterrand pour sa réélection de 1988, entre conversations "chébran" avec Yves Mourousi et "Tonton, laisse pas béton" entonné par le chanteur Renaud. Discours "républicain" et positionnement centriste. Hollande est entre la pâle imitation et la parodie. Il lui manque la prestance monarchique de son prédécesseur et le temps.
Le quinquennat a déséquilibré la Ve République. Le mandat du Président français a été abrégé sur le modèle américain. Deux ans de campagne (avec les primaires), deux ans (trois en France) de pouvoir, deux ans de campagne. Le court-termisme, plaie de notre époque, mine aussi nos institutions. L’erreur du quinquennat est encore aggravée par le tempérament de Hollande, qui a toujours été tacticien plus que stratège. Quand il était premier secrétaire du PS, il réagissait au jour le jour en fonction des dépêches de l’AFP et des émissions de télévision. Passé de la Rue de Solferino à l’Elysée, son horizon ne s’est guère élargi. Il compte sur la conjoncture - son fameux "alignement des planètes" avec baisse du prix du pétrole, baisse de l’euro, et politique accommodante de la BCE - pour lui donner un bilan présentable. Et vogue la galère !
Chirac, Sarkozy, Hollande : c’est l’ère des Présidents qui ne sont que de bons candidats. Davantage doués pour les campagnes électorales que pour l’exercice du pouvoir. Qui poussent les défauts de la démocratie à l’extrême.
 
La Ve République gaullienne avait été instaurée pour les corriger. Elle donnait la souveraineté au peuple par l’élection du Président au suffrage universel et le référendum ; mais elle accordait au pouvoir exécutif la cohérence et la durée. Avec l’Europe, la souveraineté nationale doit se soumettre "au respect des traités" ; avec le quinquennat, le Président est en campagne permanente.
Ces institutions étaient faites pour résister aux temps épiques où l’Histoire souffle fort. De Gaulle était hanté par la défaite de juin 1940, qui vit le président Lebrun désemparé et impuissant : "Il avait tout pour faire un chef d’Etat ; encore eût-il fallu qu’il fût un chef et qu’il y eût un Etat !" La cruauté gaullienne nous a rattrapés. Nous avons détruit son chef-d’œuvre au moment même où l’Histoire pleine de bruit et de fureur frappe de nouveau à nos portes. Nous n’avons à lui opposer que des petits présidents qui ne feront qu’un court mandat de cinq ans où ils n’auront eu que le temps de décevoir. C’est la nouvelle malédiction française.
Le Figaro Magazine, 1er mai 2015
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Impressions de voyage en pays d’immigration
 
Invité à passer, pour la première fois de ma vie, quelques jours aux Émirats Arabes Unis, je partais avec la joie d’y retrouver des êtres chers, mais aussi avec un certain nombre de préjugés et d’appréhensions. N’allais-je pas entreprendre un long voyage pour me retrouver devant l’équivalent du quartier de La Défense entre mer et désert ? Cela valait-il la peine ? Mon épouse allait-elle devoir se voiler ? Bref, sans de solides raisons personnelles, je n’aurais jamais eu l’idée, ne serait-ce que de m’y arrêter. Depuis des années, à chacun de mes voyages en Asie ou dans l’Océan Indien, j’avais toujours évité l’escale obligatoire à Dubaï, imposée par certaines compagnies aériennes avec un temps de transit interminable qui me rebutait. La démesure, la qualité du service et l’esthétique de l’aéroport de Dubaï m’avaient pourtant été vantées par de nombreux amis. On m’avait même dit qu’il était possible d’aller faire du ski dans un centre commercial, entre deux avions…
 
Effectivement, dès l’arrivée on est frappé par la dimension des lieux, ou tout bêtement par le nombre de guichets de douane où l’on passe en quelques minutes devant d’aimables fonctionnaires coiffés du traditionnel Keffieh. Que dire du gigantisme de la salle de réception des bagages, des immenses ascenseurs de verre ou encore de la beauté des murs d’eau et de verdure qui jalonnent le passage des voyageurs ? On reste bouche-bée…
 
La ville sait, en plus, ménager ses effets : je débarquais au beau milieu d’une forte tempête de sable qui recouvrait la cité d’un voile jaune impénétrable. Une poussière plus fine qu’une poudre s’insinuait partout. Quelques kilomètres en voiture ne laissèrent strictement rien apercevoir jusqu’à ce que le rideau se lève, comme au théâtre. Et là, c’est vraiment un choc. Alors que quelques minutes avant vous voyiez à peine la voiture de devant, vous découvrez soudain que vous êtes en pleine ville, sur une autoroute qui compte au moins six voies dans chaque sens. Les bas-côtés sont d’immenses parterres de fleurs multicolores et de gazon d’un vert intense. Les échangeurs sont phénoménaux et presque pimpants. Ils sont agrémentés de jets d’eau, de verdure, de mosaïques. C’est d’une propreté et d’une esthétique inimaginables en France. Comme on est loin de la laideur, de la crasse et de la pollution du périphérique parisien en débarquant de Roissy ou d’Orly… On a visiblement ici une autre conception de la voirie et de l’urbanisme. Et cela s’étend sur plus de cinquante kilomètres du nord au sud : alternance de quartiers d’affaires en oasis de gratte-ciels, de centres commerciaux auprès desquels la Part-Dieu est une arrière-boutique, d’immenses quartiers résidentiels dont beaucoup sont d’un luxe inouï…
 
Le nouvel arrivant a l’impression d’être tombé tout droits dans la maquette d’une cité futuriste. C’est presque surréaliste. Le métro aérien aux superbes stations ovoïdes vous plonge dans un univers à la "Star Wars". On s’attend à voir Maître Yoda apparaître au détour d’un tapis roulant.
 
Tout semble conçu pour l’automobile. Il serait incongru de circuler à pied sur des boulevards entourés d’une végétation superbe et d’immeubles gigantesques qui font l’effet d’avoir surgi subitement du désert. Et, encore une fois, tout cela est tellement propre : pas un tag sur les murs, pas d’affichage sauvage, pas un papier gras ou un sac plastique à terre… comment est-ce possible ? On n’ose même plus en rêver chez nous. Et il y a encore plus de chantiers de construction que d’immeubles achevés. On voit des centaines de tours aux formes extravagantes, aux volumes invraisemblables, en épis, en spirale, en pyramide, en coque de bateau, en copie de Big Ben ou du Chrysler Building… et l’on voit toujours plus de grues tout autour. Dans le quartier de la Marina, un seul complexe immobilier de luxe, en front de mer, compte quarante tours de plusieurs dizaines d’étages, toutes identiques. C’est, à la limite, angoissant. La Défense à côté de ça ? Mais, c’est à peine un village !
 
Ici, tout est gagné sur une nature hostile, sur le désert et sur la mer, avec une imagination et une ingéniosité extraordinaires, des moyens colossaux, un travail phénoménal. Et tout semble posé là presque provisoirement. Que les artifices de l’eau et de l’électricité viennent à manquer quelques heures ou quelques jours, et l’on se dit que la nature reprendra vite ses droits. Irrémédiablement. Au sud de la ville, ce que j’ai pris tout d’abord pour des raffineries de pétrole sont, en fait, des usines de désalinisation de l’eau de mer. Il n’y a plus de pétrole à Dubaï. La seule source de revenus est le fait d’être une plaque tournante financière et commerciale. En 2009, Dubaï aurait disparu dans une banqueroute si l’émirat voisin d’Abu Dhabi n’était venu à son secours. Aussi, le luxe paroxystique qui se déploie de façon insolente paraît-il terriblement éphémère. C’est Monaco à la puissance mille, mais construit sur du sable, au propre comme au figuré : désert et paradis fiscal. Seul le port maritime semble reposer sur quelque chose de concret qui rappelle ce que l’on voit chez nous. Sauf que l’on y compte apparemment plus de cargos que dans le port de Marseille (çà, ce n’est pas difficile).
 
Comme à Marseille, l’immigration est massive, mais elle n’est pas exactement de même nature. C’est une immigration de travail. Les "expatriés" représentent de 85 à 90% de la population. Les 10 à 15% de "natifs" sont aisément reconnaissables à leur tenue vestimentaire : Abaya noire et voile (intégral ou non) pour les femmes. Kandoura blanche et Keffieh pour les hommes. Cette tenue est le signe apparent d’une identité culturelle très forte. Lors d’une visite de mosquée, il nous fut bien expliqué que cette coutume vestimentaire est strictement culturelle, et nullement une obligation religieuse. Dans un pays totalement ouvert à la finance internationale, au commerce, aux travailleurs de toutes origines et au tourisme sans visa, l’affirmation décomplexée de l’identité culturelle locale ferait passer les "identitaires" français pour de gentils xénophiles.
 
Dubaï est un des sept émirats de la Fédération des Émirats Arabes Unis. Le père fondateur de cette jeune patrie fédérale (1971) est Zayed Ben Sultan Al Nahyane (1918-2004), originaire de l’émirat d’Abu Dhabi. Sa mémoire est vénérée et ses portraits géants ornent partout l’espace public.
 
À Dubaï, les impôts sont réduits à leur plus simple expression : frais de création d’entreprise, taxe sur les biens fabriqués en zone franche et exportés, taxe d’habitation comprise dans les factures d’eau et d’électricité. Quelques péages routiers sont payables par badge. Bientôt une simple application de téléphone portable permettra de payer les stationnements en ville. Un salaire est net de toutes charges. Les assurances sociales, les cotisations de retraite et de santé sont libres, volontaires et personnelles (d’ordre privé), jamais obligatoires. En matière de conditions d’immigration de travail, le nouvel arrivant doit payer d’avance six mois ou un an de loyer (selon les propriétaires). Quand on sait que les loyers sont équivalents à ceux de Paris, voire plus chers, on imagine ce qu’il faut débourser avant même de commencer sa première journée de travail à Dubaï.
 
On est en présence d’une immigration choisie, hyper sélective, triée sur le volet… et néanmoins massive ! De quoi en tirer quelques leçons… Il y a bien une pompe aspirante, mais c’est celle de la défiscalisation, pas celle des allocations. Les allocations pour étrangers n’existent pas… Un monde à l’envers, du point de vue de l’actuel modèle français.
 
Un expatrié témoigne ainsi : "Le contexte d’immigration massive aux émirats est différent du contexte européen. Le pays s’est retrouvé du jour au lendemain assis sur un tas d’or, mais sans main d’œuvre ni savoir-faire. Leur modèle de développement ne peut que reposer sur l’immigration massive, pour tous les niveaux de qualification. Leur situation géographique entre l’Asie, l’Afrique et l’Europe, est excellente. Mais leur développement ne pouvait passer que par des conditions fiscales très favorables. Sans quoi ça n’aurait été qu’un carrefour.  À noter aussi qu’il n’y a aucune intégration possible ni de volonté d’intégration des expatriés de la part du gouvernement. On parle d’ailleurs d’expatriés et non d’immigrés. Le message est le suivant : venez travailler, vivez avec votre de mode de vie, tout en respectant le nôtre (alcool, cochon,…) et rentrez chez vous. Il n’est pas possible de se faire naturaliser, sauf pour une femme étrangère qui épouserait un natif et qui serait depuis plus de 10 ans sur le territoire."
 
Quelques exemples de respect du mode de vie local : la consommation d’alcool est interdite, même dans les restaurants, sauf dans les hôtels dotés de restaurants (nuance subtile). L’achat d’alcool est réservé aux résidents encartés, et il est circonscrit à quelques boutiques discrètes aux vitrines occultées et aux portes doublées de rideaux noirs. On a l’impression d’entrer dans un lieu de plaisir coupable… l’achat de viande de porc (et ses dérivés) est également circonscrit à des pièces spéciales dans certains supermarchés.
 
La médaille possède évidemment son revers. Les conditions d’installation d’étrangers très bien payés sont assez draconiennes, nous venons de le voir, mais elles sont tout de même attrayantes pour des dizaines de milliers d’expatriés. Il existe aussi une classe intermédiaire de petits employés d’origine asiatique (Inde 51%, Pakistan 16%) qui ne semblent pas rouler sur l’or mais bénéficient malgré tout de conditions de vie décentes. Au bas de l’échelle, il y a un sous-prolétariat que l’on voit à peine, sauf sur les chantiers et dans les cars qui les ramènent le soir à leurs cités dortoirs, et là, l’occidental amateur de repentance aurait de quoi s’auto-flageller pendant des siècles… Il est difficile de dénoncer quoi que ce soit sans preuve formelle, mais on dit que ces ouvriers (asiatiques pour la plupart) se voient confisquer leur passeport pour la durée de leur séjour, qu’ils sont logés et nourris dans des conditions discutables, et qu’ils n’ont aucune ressource ni aucun recours légal si leur employeur fait faillite, ce qui arrive parfois… Notons tout de même qu’ils sont attirés à Dubaï par des salaires très supérieurs à ce qu’ils trouveraient dans leur pays d’origine. En termes de conditions de vie déplorables, nous avons nos camps de Roms, nos "Français de souche" abandonnés à l’insécurité et la misère, nous avons nos cités de non droit, ils ont leurs camps de travailleurs déplacés. Qui peut se permettre de faire la leçon à l’autre en matière de droits de l’homme ?…
 
En somme, nos chers repentants, nos fanatiques de l’immigration de peuplement et du "grand remplacement", nos interventionnistes à tout crin, nos écologiste en chambre et nos humanitaristes bobos feraient bien d’aller voir comment se passent les choses dans un pays d’Islam profondément ancré dans ses traditions mais aussi extraordinairement ouvert au monde extérieur et à la modernité. Au moins pour s’inspirer de ce qui y marche bien, car il y en a, des choses qui marchent bien… Quand chez nous, la moindre association de défense des coléoptères peut empêcher la construction d’un barrage, d’une déviation routière, d’une voie ferrée ou d’une piste d’aéroport, Dubaï construit des villes titanesques sur la mer et creuse des lacs bordés de gazon en plein désert. Ces gens nous prouvent tout simplement que les rêves les plus fous sont toujours réalisables par l’homme. S’il existe encore une "nouvelle frontière", elle est peut-être là-bas.                   
 

 
 
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SOS clandestins perdus en Méditerranée : faut-il se résoudre à l’impuissance européenne face à la pression migratoire ?
 
Aujourd'hui à quel degré d'impuissance est réduite l'Union européenne ?
Le contrôle des flux migratoires aux frontières Schengen était déjà difficile avant l'opération Mare Nostrum, commencée le 18 octobre 2013 et qui s’est étalée tout 2014, pour éviter des drames en Méditerranée. Depuis, ce contrôle est encore plus difficile car cette opération Mare Nostrum fait terriblement penser à la formule de Pascal "Qui veut faire l’ange fait la bête".
En s’engageant à venir au secours de bateaux en difficulté en Méditerranée, ce qui partait de bons sentiments, l’opération Mare Nostrum a encouragé les passeurs à exploiter davantage encore les migrants et à prendre davantage le risque de les voir se noyer.
Leur seul objectif est d’encaisser le produit de leur intermédiation auprès de migrants clandestins. Peu leur importe s’ils fournissent des bateaux en fort mauvais état ou s’ils les surchargent. Au contraire, de tels bateaux ont encore plus de chances d’être secourus par d’autres navires ou par l’opération Mare nostrum ou ses suites.
 
L’UE a ainsi accru le risque des drames.
Toujours selon la même expression de Pascal "Qui veut faire l’ange fait la bête", des pays européens se sont crus en situation de libérer la Libye, puis la Syrie de leur dictature. En Libye, l'opération franco-britannique de 2011s'est arrêtée au milieu du gué. Les nombreux armements accumulés par Kadhafi n'ayant pas été détruits, ils sont tombés dans les mains de personnes qui ont pu contribuer à déstabiliser la Libye, puis d'autres pays du Sahel, comme le Mali. Et les "talibans" libyens se sont promis de déstabiliser l’Europe en envoyant des migrants.
En Syrie, la tentative consistant à faire renverser le régime de Bachar al-Assad a concouru à installer une guerre civile que certains pays européens continuent d’autant plus à entretenir qu’ils n’ont nullement essayé et n’essaient guère de décourager des pays de la région à attiser la violence. Et l’Europe semble toute surprise que ses erreurs géopolitiques voient des centaines de milliers de personnes chercher à fuir des pays en guerre !
 
Face à l’immigration illégale, l'Union européenne s'est réduite à l'impuissance ; elle a décidé de mettre en place une libre circulation des personnes à l’intérieur de son ensemble géographique sans pour autant se donner les moyens de contrôler ses frontières extérieures.
Contrairement à l'Union européenne, tous les pouvoirs souverains dans le monde considèrent que leur premier rôle est de contrôler leurs frontières afin d'assurer la sécurité sur leur territoire.
De son côté, l'Union européenne a fait preuve d'une certaine naïveté en s’élargissant (1) à des pays qui n'avaient pas un système administratif et les moyens financiers de surveiller les frontières extérieures communes ou qui, compte tenu de leur géographie, se trouvent dans l'incapacité de pouvoir le faire. Les îles grecques situées dans la mer Égée de Lemnos, Lesbos ou Chios sont à une encablure de la Turquie, pays avec lequel la coopération est devenue très aléatoire du fait d’une méfiance généralisée de part et d’autre. Pourtant, ces îles sont les frontières de l'espace Schengen, donc à la fois les frontières de la Grèce et celles de tous les pays de l’espace Schengen
 
Certains pays occidentaux hors Europe attirent également les immigrés, mais ont cependant une géographie plus favorable au contrôle des flux migratoires. On peut penser à l'Australie (île) ou aux Etats-Unis (une seule frontière sensible). Cela se répercute-t-il dans leur gestion migratoire ?
Quelles sont les différences avec l'Europe ?

Le Canada, l'Australie et les Etats-Unis sont historiquement des pays de développement démographique et économique par l'immigration ; depuis toujours, ils considèrent qu'ils ont besoin d'arrivées de population pour apporter du dynamisme à leur économie.
Le Canada et l'Australie ont mis en place des politiques systématiques d'immigration choisie.
Au Canada, le ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration présente chaque automne au Cabinet des ministres et fait approuver ses propositions de cibles annuelles d'immigrants devant être admis.
Le Plan d'immigration, dûment approuvé, est par la suite déposé au Parlement par le ministre et rendu public comme stipulé par la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés (LIPR). Par exemple, selon le "Plan d’immigration pour l’année 2015", le Canada accueillera entre
260 000 et 285 000 nouveaux résidents permanents. Le Plan est présenté sous formes de cibles exprimées en fourchettes, par catégories (économique, regroupement familial, personnes protégées, autres) et par sous-catégories. Ce plan des niveaux d’immigration pour 2015 découle de la stratégie du gouvernement visant à favoriser la croissance économique en palliant les pénuries de main-d’œuvre et de compétences, et à réunir les familles plus rapidement. La catégorie de l’immigration économique représentera la plus grande composante du plan des niveaux d’immigration de 2015, soit près de 65 pour cent de toutes les admissions. Les autres 35 pour cent seront composés d’immigrants entrant dans la catégorie du regroupement familial, de réfugiés et d’autres personnes admises pour des motifs d’ordre humanitaire. Ainsi, le Canada organise-t-il une régulation des flux migratoires définissant les niveaux d'entrées selon les besoins du marché du travail.
De même, en Australie, les conditions d’immigration sont basées sur les compétences professionnelles ou la capacité à investir.
En conséquence, l’Australie et le Canada disposent d’un système "avancé" de contrôle des entrées sur le territoire, avec un réseau d’agents d’immigration à l’étranger et un réseau d’agents de liaison auprès des compagnies aériennes.
 
En matière de contrôle de l'immigration clandestine, l’Australie et le Canada sont favorisés par leur géographie. La seule frontière poreuse du Canada est celle que ce pays partage avec les Etats-Unis. Et l’enjeu est minime dans la mesure où la majorité des migrants préfèrent ces derniers au Canada.
Mais ces deux pays ont aussi une volonté de contrôler les flux. Par exemple l’Australie, compte tenu du développement des transports et de l'eldorado que représente ce pays pour nombre de pays d'Asie du Sud-Est, est soumis à une forte pression migratoire. Cette volonté politique australienne se traduit par une politique très contraignante, conduite sans états d’âme, pour écarter les flux indésirés.
 
Aux Etats-Unis, l'immigration fait partie de la mythologie nationale. Par exemple, en 1958, le futur Président John Kennedy publie un livre intitulé A nation of immigrants (Une nation d'immigrants) (2) où il écrit notamment : "L'immigration fournit les ressources humaines (de la terre américaine). Mieux encore, elle inspira à ce pays un désir fervent d'horizon lointain et de nouvelles frontières et entretint de la sorte l'énergie et la vitalité de l'esprit pionnier, qui est celui de la vie en Amérique, de l'esprit d'égalité et d'espérance. En réalité, les Etats-Unis ont également une politique d'immigration choisie, mais partielle. Conformément au
Legal Immigration Reform de 1990, La politique d’immigration fixe chaque année un cap, par exemple de 675 000 entrées, et détaille son contenu, soit par exemple 480 000 immigrants family sponsored (basés sur la relation à un parent de citoyenneté américaine), 140 000 immigrants basés sur un emploi et 55 000 immigrants divers. Même le système de loterie ou de visa pour les personnes à haute qualification est assez sévère puisqu’il se fonde sur un nombre maximum de visas délivrés, établi en fonction de décisions du Congrès.
En outre, l' Immigration Act de 1990 offre un statut provisoire aux personnes sans papiers venant de pays faisant face à des conflits armés ou à des catastrophes naturelles, fixe le nombre de personnes autorisées à obtenir un visa de travail temporaire, précise les conditions requises pour la naturalisation, impose de nouvelles restrictions légales contre les étrangers reconnus coupables de crimes, et indique les motifs d'exclusion.
 
Mais, aux Etats-Unis, la situation est paradoxale. La politique migratoire précisée est votée chaque année par le Congrès et est appliquée sur le terrain par la Border Patrol (Patrouille de Frontière) qui a pour mission la détection et la prévention de fraudes à l'entrée d'étrangers illégaux sur le territoire américain, avec une responsabilité première dans les ports de débarquement. Mais, compte tenu de la mauvaise gouvernance des voisins et des besoins de main-d'œuvre peu qualifiée des Etats-Unis, notamment dans les services et dans les emplois saisonniers, beaucoup de migrants se trouvent en situation irrégulière une fois leur contrat de travail terminé ou suite à une migration clandestine. Les Etats-Unis estiment à environ 10 millions le nombre d'immigrés illégaux sur leur territoire. Mais cela n'a rien à voir avec la situation en Europe. Nombre d’illégaux le sont au sens de la réglementation fédérale, mais non dans l'Etat où ils vivent : ils y travaillent, peuvent avoir un compte en banque, créer une entreprise... La plupart d'entre eux exercent une activité économique alors qu'en France le taux de chômage de la population immigrée est nettement plus élevé que la moyenne nationale. Compte-tenu de la dérégulation du marché du travail, l'immigration illégale est donc utile, sinon nécessaire, à l'économie des États-Unis.
L'UE, quant à elle, n'a pas de politique de régulation migratoire, c'est le laisser-faire qui prime (3).
L’UE se situe à l'opposé de ces deux pays qui ont défini des politiques migratoires et qui les appliquent.
 
D'autres pays, comme le Canada ou la Norvège font d'avantage d'efforts sur l'accueil et l'intégration des immigrés, on pense notamment au fameux "multiculturalisme" canadien. Quelles sont ici les réussites qui pourraient inspirer les pays de l'UE ?
La réalité est plus complexe. Chaque pays a son histoire propre.
Le fameux "multiculturalisme" canadien a d’abord consisté à raboter une réalité sociale très inégalitaire qui se caractérisait par une domination par les Britanniques des fonctions décisionnelles et prestigieuses, au détriment des autres catégories, dont les Canadiens français, qui occupaient le bas de la hiérarchie.
Ensuite, il est plus aisé de déployer des pratiques culturelles dans un pays déjà binational et qui choisit son immigration que dans des pays européens qui additionnent porosité des frontières et non-régulation des flux migratoires.
En outre, ce qu’on appelle le "multiculturalisme" canadien doit être compris compte tenu de deux éléments essentiels. D’une part, le principe des libertés et droits individuels prévaut sur tout autre trait culturel. D’autre part, les allégeances et les identités collectives peuvent certes être multiples, mais sans porter atteinte à l'allégeance à l'État canadien.
Aux Etats-Unis, la naturalisation passe par le serment d'allégeance au pays dont on acquiert la nationalité, serment dont le contenu a des effets juridiques. Ce sont des pratiques qui n'existent pas en Europe.
Certaines personnes sont de nationalité française mais, par leur comportement par exemple vis-à-vis de l’État islamique, ne semblent pas reconnaître les valeurs de la République.
 
Autre exemple, au Canada, tout immigré légal sur le sol québécois doit connaître ou apprendre la langue française.
Le Plan d’immigration du Québec pour l’année 2015 précise qu’il vise à : "porter progressivement à 50 % la proportion des requérants principaux de la catégorie des travailleurs qualifiés détenant une formation dans des champs de compétence correspondant à des besoins exprimés sur le marché du travail; maintenir majoritaire la proportion de personnes connaissant le français dans l’ensemble des admissions; augmenter le niveau de connaissance du français chez les candidats de la catégorie des travailleurs qualifiés ; maintenir annuellement entre 65 % et 75 % la part des personnes de moins de 35 ans dans l’ensemble des admissions ; maintenir annuellement à un minimum de 65 % la part de l’immigration économique dans l’ensemble des admissions ; atteindre une stabilisation relative du volume des admissions pendant la période 2012-2015, de manière à ce qu’en fin de période, soit en 2015, la moyenne annuelle des admissions s’établisse à 50 000 personnes". (4).
 
Contrairement au Québec, en France, les dernières décisions prises depuis 2012 ont consisté à abaisser le niveau de français requis pour la naturalisation et la dernière réforme scolaire annoncée en avril 2015 va dans le même sens. Et le niveau ci-dessus est beaucoup plus faible par exemple que celui requis en Allemagne. Et cela a un impact sur les taux de chômage. Il est plus difficile d'avoir accès au marché du travail lorsqu'on ne possède qu'une faible connaissance de la langue d'un pays.
Pour ce qui est de la Suède, longtemps considérée comme un idéal, on s'est rendu compte qu'il y avait des problèmes d'intégration lorsque, en mai 2013, pendant quatre nuits consécutives, des émeutes ont secoué des banlieues de Stockholm en brûlant des voitures, en s’opposant à la police, et en mettant le feu à des bâtiments.
Il faut également rappeler que les types d'arrivées migratoires sont différents selon les pays. La Suède accueille beaucoup d'Irakiens chrétiens, l'Allemagne des Turques, etc. Ces éléments sont fondamentaux car les problèmes rencontrés en matière d'intégration sont donc fort différents selon les pays européens
 
A l'inverse, certains autres pays, quoique riches et potentiellement attrayants pour les migrants, peuvent sembler hermétiques : le Japon ou la Corée du Sud dont la culture peut sembler fermée à l'étranger, et où le racisme est largement répandu. Ce type de trait culturel peut-il avoir un impact sur l'immigration ?
L'attitude de plus ou moins grande ouverture d'un pays vis-à-vis de l'immigration a un impact sur les candidats, qui jaugent le niveau d’attirance selon les pays.
Celui qui envisage de migrer au Japon sait qu’il aura un statut juridique inférieur à celui des nationaux et qu’il lui sera quasi impossible d'acquérir les droits équivalents à ceux des nationaux, d'une manière ou d'une autre.
Aussi, les candidats à la migration, lorsqu’ils le peuvent, choisissent plutôt des pays où, une fois la frontière franchie, ils pensent qu’ils obtiendront des droits plus larges. Ainsi, on ne voit pas les arabes mécontents de leur sort au Maghreb se précipiter pour migrer dans les riches pays arabes de la péninsule arabique où les droits des immigrants sont très restreints.
En revanche, ils savent qu’ils peuvent avoir des droits sans équivalent en France. Et ils entendent des discours les confirmant dans la certitude de droits pérennes et accrus puisqu’une partie de la classe politique et des associations ne cessent de demander le droit de vote sans condition des étrangers.
Une demande qui symbolise une quasi-égalité des droits entre le Français et l’étranger dans l’Hexagone, situation beaucoup plus attirante que celle des régimes liberticides de Corée du Nord ou à Cuba où les immigrants risquent d’être maltraités dès leur arrivée. Toutes ces décennies, les Haïtiens, appauvris par une mauvaise gouvernance, ne se sont pas précipités dans l’île voisine si proche de Cuba, mais surtout vers des territoires de liberté : Etats-
Unis, Guadeloupe, Martinique ou Guyane française.
La nature humaine étant intelligente, les migrants choisissent autant que possible les pays dans lesquels ils vont avoir la situation la plus favorable
 
On peut également mentionner l'aide publique au développement, dont le but est d'aider les pays moins riches, ce qui pourrait avoir comme effet de faire en sorte que les citoyens quittent moins leur pays pour des raisons économiques. La Grande-Bretagne, par exemple, est l'un des plus grands donateurs au monde. Cette attitude a-t-elle un effet ?
Après plusieurs décennies de mise en œuvre, le bilan de l'aide publique au développement n’est guère positif. On ne constate aucune corrélation entre l'importance de l'aide perçue et le niveau de développement des pays. Compte tenu du fait que la France a surpayé pendant des années les hydrocarbures achetés à l’Algérie, ce pays a reçu la plus forte aide au développement. Pourtant, cela n’a guère enrichi les Algériens.
Dans beaucoup de pays, l'aide publique au développent s’est trouvée et se trouve laminée par des systèmes de corruption.
Encore aujourd’hui, la distribution de l'aide publique des Etats ou des ONG passe souvent d'abord par des bakchich d’où il peut résulter, ensuite, qu’il ne reste plus assez d'argent pour satisfaire la totalité du projet de développement initialement prévu.
Dans ces cas fréquents, l’aide publique encourage les systèmes locaux de corruption et l’assistanat. En outre, les systèmes de corruption privent également ces pays d'un système financier fiable, ce qui nécessite des systèmes coûteux de transfert d’argent. Bref, tout le contraire de la "société de confiance", pour prendre la formule d’Alain Peyrefitte, qui permettrait un bon développement.
Le développement n’est pas d’abord dépendant de moyens financiers, mais de la qualité de la gouvernance. La grande nécessité est donc l'amélioration de la gouvernance des pays d’où viennent les immigrés du Sud. Ces pays ne sont pas des pays pauvres, mais des pays mal gérés et qui, en conséquence, font insuffisamment germer leur potentiel.

Les politiques étrangères européennes ne doivent pas encourager les pouvoirs corrompus.
Malheureusement, souvent, au nom d'une soi-disant stabilité politique dans les pays du Sud, on ferme les yeux. La Tunisie est un cas d'école en la matière. Il suffisait de lire les lois économiques tunisiennes pour comprendre qu'elles étaient conçues pour permettre à la famille Ben Ali de contrôler les richesses du pays, non pour y développer l’économie au service de tous.
Certes, l’UE a déployé une politique communautaire de coopération, formule de partenariat entre le Nord et le Sud, par les Conventions de Yaoundé (1963 et 1969), de Lomé (1975, 1979, 1984 et 1989 révisée en 1995) et de Cotonou (2000), créant un cadre institutionnel permanent et paritaire accompagné par des mécanismes d'échanges spécifiques. L’ensemble des partenariats entre l’Union européenne et les pays ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique) représente donc de multiples échanges privilégiés depuis un demi-siècle. Mais leurs effets se trouvent limités, d’une part, par la qualité inégale (et parfois désastreuse) de la gouvernance selon les pays et, d’autre part, par des conflits civils qui minent tout véritable développement, comme en Somalie, pourtant signataire des premiers accords en 1963 (5). Pourtant, l'UE n'est pas réduite à l'impuissance, mais souvent aveugle face aux faits, d’où des politiques dont les résultats ne sont guère efficaces
 
Quand on sait ce que les uns et les autres mettent en place, avec les contextes qui s'y rattachent et l'efficacité que l'on sait, qu'est ce qui pourrait s'appliquer à l'Europe ?
Sous la présidence Sarkozy, ce qui avait été envisagé pour la France était d'appliquer une politique d’immigration à la canadienne et à l'australienne, c'est-à-dire une politique d'immigration choisie. Les tentatives de mise en place d’une telle politique n’ont guère abouti et le système migratoire français est inverse de celui de ces deux pays : émigration choisie et immigration non choisie.
L'émigration française, qualifiée, choisit de quitter la France pour Londres, l'Amérique de Nord, l'Australie ou encore les pays émergents. L’immigration non choisie voit venir des migrants peu qualifiés ou moins entreprenants. Ainsi une thèse, due à un Sénégalais, a bien montré que les Sénégalais les plus dynamiques partent aux États-Unis et les autres en Europe (6). Résultat, la France appauvrit ses ressources humaines. D'ailleurs, d’un point de vue purement comptable, la France n'aurait pas besoin d'immigration car sa population active continue d'augmenter et sa marge pour augmenter son taux d’emploi est considérable. En revanche, on comprend que d'autres pays européens, comme l’Allemagne, souhaitent afficher une volonté d’ouverture migratoire car la baisse de leur population active le requiert.
La politique commune de l'Union européenne (7), dont la stratégie semble sous contrainte et non choisie, consiste à dire qu'elle doit être ouverte à l'immigration comme la solution à ce que j’ai appelé "l’hiver démographique", c’est-à-dire une fécondité durablement et nettement abaissée en dessous du seuil de simple remplacement de générations. En réalité, certains pays ont besoin de migrations de remplacement, mais d'autres non. La politique migratoire de l’UE est communautaire, mais elle devrait appliquer le principe de subsidiarité
 
François Fillon a proposé dans une interview au Point la définition d'une immigration par quotas votés annuellement par le parlement. Que penser d'une telle méthode ?
La politique d'immigration de la France n'est effectivement pas suffisamment transparente. Selon les idées que j’avais fait reprendre dans le rapport Mazeaud (8), Il faudrait préciser chaque année dans un rapport du Parlement, comme cela se fait au Canada et aux Etats-Unis, ce que la France est prête à accueillir comme immigration. Se fixer un objectif chiffré permettrait également d'anticiper les besoins d’accueil de la population immigrée. Le mot "quotas" est en revanche un mot politique car il serait très difficile à appliquer notamment compte tenu des conventions internationales signées par la France.
Il convient en effet de faire évoluer la perception que se fait le public de la politique migratoire. Trop souvent appréhendée en termes juridiques, quand elle n’est pas purement et simplement prisonnière de réflexes idéologiques, voire de fantasmes, encouragés, il est vrai, par le manque de transparence de ces dernières décennies, la réception de cette politique par l’opinion doit aussi s’ouvrir aux aspects économiques, sociaux et humains.
En démocratie, il est logique que les représentants de la Nation s’expriment, dans l’enceinte parlementaire, sur le nombre de migrants à accueillir et sur les conditions et modalités de cet accueil. Au-delà, la France pourrait définir sa politique migratoire sur la base d’objectifs chiffrés indicatifs. Une loi de programmation en fournirait le cadre pluriannuel. Cette procédure permettrait de clarifier la politique migratoire de la Nation et de sortir de l’hypocrisie qui a trop longtemps régné avec le dogme de l’immigration zéro. La présentation d’objectifs chiffrés permettrait de spécifier et de quantifier les besoins. Assortis d’indicateurs destinés aux principaux acteurs de la politique de l’immigration, ces objectifs seraient un guide utile à nos ambassades, consulats et préfectures.
 
(1) Cf. Par exemple, Dumont, Gérard-François, Cagiano de Azevedo, Raimondo, "Les migrations internationales face aux nouvelles frontières de l’Europe", Population & Avenir, n° 709, septembre-octobre 2012.
(2) Harper and Row, New York.
(3) Sur l’effet frontière de ce laisser-faire, cf. Dumont, Gérard-François, Pierre Verluise "Quelles frontières pour l’Europe ? Une question révélatrice des enjeux et incertitudes de l’UE”, Diploweb.com, 29 mars 2015.
(4) Plan d’immigration du Québec pour l’année 2015, Ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion.
(5) Dumont, Gérard-François, Verluise, Pierre, Géopolitique de l’Europe, Paris, Armand Colin - Sedes, 2014.
(6) Kanté Seydou, Géopolitique de l'émigration sénégalaise en France et aux Etats-Unis, Paris, L’Harmattan, 2014.
(7) Dumont, Gérard-François, "La politique d’immigration de l’Union européenne : une stratégie volontaire ou contrainte ?", dans : Berramdane, Abdelkhaleq, Rossetto, Jean (direction), La politique européenne d’immigration, Paris, Karthala, 2009
(8) Pour une politique des migrations transparente, simple et solidaire (rapport Mazeaud), Paris, La Documentation française, 2008

Paru sur Atlantico, 19 avril - envoyé par l'auteur
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Les victimes françaises du terrorisme depuis 2001
 
 
Entre le début des actes terroristes djihadistes lancés par Oussama Ben Laden et Al-Qaïda contre l’Occident, le 11 septembre 2001, et le 19 mars 2015, date du dernier attentat dans lequel des Français ont perdu la vie, notre pays a eu à déplorer 102 victimes en 13 ans et 6 mois, dans 34 actions (3 en France et 31 à l’étranger), qu’elles aient été dirigées ou non contre notre pays. Cela nous donne la triste moyenne de 7,5 morts par an et ce décompte macabre ne prend pas en compte les nombreuses autres attaques dans lesquelles certains de nos compatriotes ont été blessés.
En conséquence de l’importance de la menace et de son imprévisibilité, nous vivons constamment depuis 2001 dans la crainte de telles attaques, tant en raison des intentions et de l’action psychologique des groupes terroristes, que du relais que leur accordent nos médias, complices inconscients qui diffusent leur propagande et publicisent leurs actions.
Certes, la menace est une réalité et la barbarie des actes terroristes bien réelle. Ces attaques et ces victimes sont trop nombreuses. Toutefois, il n’est pas inutile de relativiser ce danger qui apparaît (trop) souvent au premier rang de nos préoccupations.
Dans cette perspective, il convient de pouvoir considérer cette triste réalité en creux et la comparer avec d’autres chiffres, afin de mesurer statistiquement l’impact réel que de tels actes ont sur notre pays et ses habitants. Bien sûr, nous sommes conscients que les chiffres sont sans âme et qu’ils ne rendent compte que d’une partie de la réalité, mais leur analyse n’est pas dénuée d’intérêt.
 
Analyse des actions terroristes
       Les attentats empêchés
Aucun attentat islamiste n'a touché la France sur son sol entre 1996 et 2012.
Il est régulièrement évoqué que les services de sécurité intérieurs auraient empêchés près de 70 attentats depuis 2001, sans que plus de précisions soient données. Parmi les projets d’attentats qui ont échoué en France, grâce au travail préventif des services, ou du fait de la vigilance de la population, quelques cibles peuvent être rappelées :
- la coupe du monde de football en 1998 ;
- le marché de Noël à Strasbourg, en décembre 2000 ;
- l'ambassade des Etats-Unis, à Paris, à l’automne 2001 ;
- un avion reliant Paris aux Etats-Unis, en décembre 2001 ;
- attentat chimique, contre la représentation russe à Paris en 2002.
- attentat chimique en décembre 2002 dans le métro et un aéroport parisiens ;
- île de la Réunion en 2003 ;
- le siège de la DST en septembre 2005.
        
Depuis août 2013, la Direction centrale du renseignement intérieure (DCRI) a déjoué cinq projets d'attentats et démantelé une dizaine de filières dans l'Hexagone.
En 2014, des djihadistes ont cherché à organiser des attentats dans les villes de Lille, Nice et en Ile-de-France (Val de Marne).
Le tableau ci-dessous permet de mesurer que le nombre d’attentats empêchés par nos services est largement supérieur au nombre d’attaques réalisées, en France et à l’étranger.
 
LES ACTES TERRORISTES CONTRE LA FRANCE OU DES FRANÇAIS
Nombre d’actions dans lesquelles des Français ont été tués ou blessés                                                             41
Nombre d’actions dans lesquelles ont été tués des Français en France                                                               3
Nombre d’actions dans lesquelles ont été tués des Français à l’étranger                                                            31
      Dont opérations dirigées contre la France ou des Français                                                                         23
      Dont opérations ne ciblant pas la France                                                                                                  18
Nombre d’attentats à l’étranger ciblant la France ou des Français n’ayant pas fait de victimes françaises               5
Nombre d’attentats en France ciblant des Français n’ayant pas fait de victimes                                                   2
Nombre d’attentats empêchés en France                                                                                                       70 (estimation)
Nombre d’attentats empêchés à l’étranger contre des Français                                                                        Non connu

LES VICTIMES FRANÇAISES DU TERRORISME (EN FRANCE ET A L’ETRANGER : 2001-2015)
Chiffres établis sur la période 11 septembre 2001 – 19 mars 2005.
Bilan d’attaques et d’attentats hors opérations de combat des forces françaises.

 
Année / Nombre de victimes :
2001/5 - 2002/17 - 2003/5 - 2004/2 - 2005/1 - 2006/- - 2007/8 - 2008/4 -2009/2 - 2010/3 - 2011/11 - 2012/12 - 2013/9
- 2014/3 - 2015/20 (1er trimestre) - TOTAL : 102
Moyenne annuelle 2001-2015 : 7,5

      Les victimes françaises du terrorisme djihadiste 2001-2015
En dressant la liste exhaustive des victimes française du terrorisme depuis 2001, nous voulons saluer nos compatriotes disparus ou blessés et avoir une pensée pour ceux qui ont perdu un proche dans ces attentats ou ces enlèvements.

2001 (5)
- 11 septembre, New York : 5 français parmi les victimes des attentats.
2002 (17)
- 11 avril, Djerba (Tunisie) : attentat-suicide contre la synagogue de la Ghriba. 2 victimes françaises parmi les 21 personnes tuées.
- 8 mai, Karachi : 11 ouvriers et techniciens français de la Direction des constructions navales de Cherbourg-Octeville sont tués dans un attentat.
- 12 octobre, Bali : triple attentat à la bombe tuant 202 personnes et en blessant 209 autres. 4 français trouvent la mort dans ces attaques : Guillaume Breant, Lionel Erisey, Manuel Mordelet etAnthony Underwood.
2003 (5)
- Nuit du 15 au 16 mai, Casablanca : 5 attentats-suicides dans plusieurs endroits de la ville. Douze kamikazes provoquent 33 morts, dont 3 Français.
- 19 août, Bagdad : attentat au camion piégé contre le quartier général de l’ONU en Irak. 22 morts dont Jean-Selim Kanaan, un diplomate français de l’ONU.
- 16 novembre, Afghanistan: Bettina Goislard, une employée française du Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) des Nations Unies est tuée lors d’une mission.
2004 (2)
- 11 mars, Espagne : Attentats de Madrid.
 Parmi les très nombreuses victimes, on compte une jeune française, Marion Subervielle.
- 26 septembre, Arabie Saoudite : Laurent Barbot, un expatrié français, est exécuté au volant de sa voiture à Djeddah.
2005 (1)
- 7 juillet, Londres : Attentats dans la capitale britannique (56 morts et de 700 blessés). Parmi les victimes figure un jeune ingénieur français de 24 ans, Ihab Slimane.
2007 (8)
- 26 février, Arabie Saoudite : trois couples d’expatriés français et leurs enfants sont attaqués en plein désert près de Médine. Les trois maris sont assassinés et un adolescent décédera le lendemain.

- 24 décembre, Mauritanie : 4 touristes français sont tués dans une attaque à l'est de la ville d'Aleg.
2008 (4)
- 28 janvier, Somalie : un véhicule de Médecins sans frontières est détruit par l’explosion d’une bombe actionnée à distance. Un logisticien français de MSF perd la vie dans cet attentat.
- 8 juin, Algérie : deux attentats à la bombe font 13 morts dans la ville de Lakhdaria, dont un ingénieur français, Pierre Nowacki, travaillant pour le groupe de BTP Razel.
- 26 au 29 novembre, Inde : une dizaine d’attaques terroristes ont lieu à Bombay. 166 personnes sont tuées, parmi lesquelles 2 Français : Loumia Hiridjee et son mari Mourad Amars.
2009 (2)
- 22 février, Egypte : une jeune touriste française de 17 ans, Cécile Vannier, est tuée dans un attentat à la bombe au Caire.
- 10 avril, aux large de la Somalie : Florent Lemaçon, le capitaine du navire de plaisance Tanit, est mortellement touché par un tir français lors de l’intervention de libération des otages.
2010 (3)
- 25 juillet, Mali :  Michel Germaneau, pris en otage en avril 2010 dans le nord du Niger par une cellule d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), est assassiné.
- 7 décembre, Inde : une bombe explose dans la ville sainte de l’hindouisme, Bénarès, faisant un mort et 38 blessés, dont deux Français.
2011 (11)
- 8 janvier, Mali : deux jeunes Français, Vincent Delory et Antoine de Léocour, enlevés la veille dans la capitale du Niger, sont tués lors de l’intervention militaire franco-nigérienne pour les libérer.
- 28 avril, Maroc : explosion d'une bombe dans un café à Marrakech. 17 morts  dont 8 français
- 19 octobre, Somalie : Marie Dedieu, Française de 66 ans enlevée dans sa maison, au Kenya le 30 septembre 2011, décède en captivité.
2012 (12)
- 20 janvier, Afghanistan : sur la base de Gwam, un soldat afghan ouvre le feu sur un groupe de militaires français en plein exercice sportif. 4 hommes sont tués sur le coup et 14 sont blessés, dont certains grièvement.
- 27 mars, un cinquième soldat, le capitaine Schnetterle, décède suite à ses blessures.
- 11 au 22 mars, Toulouse et Montauban : 7 meurtres sont perpétrés par Mohamed Merah contre des militaires français et une école juive.
2013 (9)
- 11 janvier, Somalie : Denis Allex, membre de la DGSE detenu depuis 2009 par les Shebab est exécuté alors que se déroule une opération pour le libérer. Au cours de l’intervention, 2 membres du commando de la DSGE perdent la vie.
- 18 janvier, Algérie : attaque terroriste contre le site pétrolier d’In Amenas. Un français Yann Desjeux, trouve la mort.
- 15 juillet, Mali : Philippe Verdon, enlevé en novembre 2011 par AQMI, est assassiné par les terroristes.
- 2 novembre, Mali : Ghislaine Dupont et Claude Verlon, deux envoyés spéciaux de Radio France International sont enlevés à Kidal, puis exécutés par AQMI.
- 21 septembre, Kenya : attaque terroriste contre le centre commercial de Nairobi. 2 victimes françaises, Corinne et Anne Dechauffour.
2014 (3)
- 22 avril, Mali : Gilberto Rodrigues Leal, enlevé en novembre 2012, est assassiné par  le Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO).
- 24 septembre, Algérie : Hervé Gourdel, enlevé trois jours plus tôt, est assassiné par le groupe djihadiste Djound Al-Khilafa.
- 22 décembre, Nantes : un déséquilibré fonce sur la foule avec son véhicule, provoquant une victime et 10 blessés.
2015 (20)
- 7 janvier 2015, Paris : attentat au siège parisien de Charlie Hebdo, à Montrouge et Porte de Vincennes, 17 victimes dont deux policiers.
- 19 mars, Tunis : attaque terroriste contre le musée du Bardo. 3 Français parmi les victimes.

      Attentats à l’étranger ciblant la France ou des Français n’ayant pas fait de victimes françaises (5)
- 6 octobre 2002 (Yémen) : un attentat en mer contre le pétrolier français le Limburg cause la mort d'un de ses membres d'équipage et blesse douze personnes.

- 21 septembre 2007 (Algérie) : attentat à la voiture piégée contre le groupe français de BTP Razel. L’explosion a fait neuf blessés : deux Français, un Italien et six Algériens.
- 8 août 2008 (Mauritanie) : un attentat-suicide près de l'ambassade de France à Nouakchott fait un mort et trois blessés légers, dont deux gendarmes français.  
- 23 avril 2013 (Libye) : un attentat à la voiture piégée détruit partiellement l’ambassade de France à Tripoli. 2 gendarmes français blessés.
- 24 mai 2014 (Djibouti) : attentat dans restaurant prisé des expatriés. Un mort, 20 blessés, dont sept Français.
 
      Attentats en France ciblant des Français n’ayant pas fait de victimes (2)
- 20 décembre 2014 : un homme de 20 ans récemment converti à l'islam pénètre dans le commissariat de Joué-Lès-Tours. Il agresse des policiers avant d'être abattu.
- 21 décembre 2014 : un conducteur criant "Allahu Akbar" fonce volontairement sur des piétons avec sa voiture à Dijon, blessant 13 personnes.

LES VICTIMES FRANCAISES DU TERRORISME PAR PAYS (2001-2015) 

Pays
 
Nombre
 d’attaques
[1]
Nombre de victimes
France 5[2] 25
Maroc 2 11
Pakistan 1 11
Mali 5 7
Somalie 4 6
Afghanistan 2 6
Tunisie 2 5
Arabie saoudite 2 5
Etats-Unis 1 5
Inde 2 4
Mauritanie 2[3] 4
Indonésie 1 4
Algérie 4[4] 3
Kenya 1 2
Egypte 1 1
Espagne 1 1
Royaume-Uni 1 1
Irak 1 1
Djibouti 1 -
Libye 1 -
Yémen 1 -
Total 41 102


[1] Ciblant ou non la France ou des Français.
[2] Dont deux sans victime. Nous considérons tous les meurtres de Merah comme une seule attaque.
[3] Dont une sans victime.
[4] Dont une sans victime.

Entre 2001 et 20015, la France ou les Français ont été les cibles ou les victimes d’attaques terroristes dans 20 pays étrangers, en plus de celles ayant eu lieu sur le territoire national. Nous avons eu à déplorer 77 victimes dans 17 pays étrangers (76%), contre 25 en France (24%). Mais la moyenne des victimes par attaque en France (5) est plus élevée qu’à l’étranger (2,1).
 
Analyse comparée
     Les principales causes de décès en France et leur importance
Au cours de l’année 2013, notre pays a eu à déplorer 25 500 morts  violentes, réparties entre 94% de morts accidentelles et 6% d’homicides. Ces chiffres sont similaires à quelques % près à ceux des années de la décennie précédente et représentent donc une moyenne pour la période 2001-2015.

LES HOMICIDES EN FRANCE (2013)

Nature Nombre de victimes
Meurtres 682[1]
Morts d’enfants battus 730
Femmes décédées sous les coups
de leur conjoint(e)
121[2]
 
Hommes décédés sous les coups
de leur conjoint(e)
25[3]
 
Total 1 558
 
 
LES MORTS ACCIDENTELLES EN FRANCE (2013)

Nature Nombre
Morts dans le cadre d’accidents domestiques 20 000
Morts par noyade (hors suicide) 495
Morts dans des avalanches 21
Décès par accidents de la route 3 268
Décès accidentels ou en opération de militaires français[4] 157
Total 23 941


[1] Soit un taux d’homicide de 1 pour 100 000 habitants, un des plus bas du monde.
[2] Soit 1 décès tous les 3 jours.
[3] Soit 1 décès tous les 14 jours.
[4] Le Bilan social des armées ne permet pas de distinguer les deux catégories.

      Enseignements
De septembre 2001 à janvier 2015 , sur 27 semestres, en France et l’étranger, 102 de nos compatriotes ont perdu la vie, soit une moyenne de 7,5 victimes par an. Certes cela est trop, surtout pour les familles concernées. Mais à l’échelle de la nation, cela montre que les actions terroristes n’ont jamais atteint l’ampleur de celles qui se sont produites aux Etats-Unis, en Espagne ou au Royaume-Uni et que notre pays est loin d’avoir été déstabilisé par les djihadistes, malgré leurs imprécations haineuses.
Surtout, il nous faut accepter, même si cela est difficile, que de temps à autre, des terroristes parviennent à passer entre les mailles du filet et à commettre des attentats. Il faut être réaliste, la sécurité à 100% est une utopie. Une nouvelle fois, rappelons le faible impact humain de leurs attaques comparé aux accidentés de la route (3 388 en 2014), aux décès d’enfants sous les coups de leurs parents (730 par an), de femmes sous ceux de leur conjoint (121 par an), au nombre annuel de meurtres (682 par an) ou à celui des victimes françaises du Tsunami de 2004 (95 morts).
Si l’on prend le chiffre moyen global annuel de décès par mort violente en France (24 499, hors terrorisme), le chiffre moyen des victimes du terrorisme 2001/20015 (7,5) représente un peu moins de 0,03% de ce total. Et si l’on prend le chiffre annuel moyen des homicides en France (1 558, hors terrorisme) le chiffre moyen de victimes du terrorisme 2001/2015 (7,5) représente un peu moins de 0,5% de cet autre total.
Ces chiffres parlent d’eux-mêmes. Ils ont pour but de relativiser l’importance de ces attaques et de mettre en lumière la sur-réaction des médias à l’occasion de ces événements. Les terroristes mènent donc bien d’abord une guerre psychologique et il importe de ne pas tomber dans ce piège en entretenant la peur et la psychose. Nous devrions tous y réfléchir, car un terrorisme sans échos médiatiques est une cause quasiment perdue.

Centre Français de Recherche sur le Renseignement, avril 2015 - envoyé par l'auteur
 
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Français, redressez-vous !                                    
 
Jean-Claude Trichet, président de la Banque Centrale Européenne (BCE) de 2003 à 2011 a prononcé le 22 avril à Singapour, une conférence organisée par la Chambre Européenne de Commerce dans le cadre plus global d’un grand Meeting Bancaire et Financier réunissant les représentants d’environ 200 gouvernements. J-C.Trichet a démontré avec brio la remarquable réaction de la BCE à la terrible "crise" de 2008 ainsi que la rapidité éclairée de sa réaction quasi immédiate : en moins de 5 jours, la BCE a englobé le problème dans son filet de mesures, et cela a été d’autant plus louable que la conjoncture n’avait jamais été vécue. Il a largement repris les péripéties qu’il avait déjà exposées en mars dernier à Paris dans les cadre de l’Académie des Sciences Morales et Politiques de l’Institut de France, en compagnie de son ami Jacques de La Rosière  (ancien directeur du FMI).
 
Il a souligné que cette crise était "la pire jamais vécue par les économies avancées depuis la fin de la 2WW" mais que l’on pouvait être totalement rassuré : le matelas bancaire européen est tout à fait solide, désormais protégé par un ensemble coordonné  de mesures efficaces. C’est très important, car l’Union Européenne représente un des plus gros marchés mondiaux, et se situe comme le second partenaire économique de l’Asie du Sud Est.
Une autre grande dépression sera "impossible" : il a néanmoins souligné les défauts qui continuent de "plomber" l’économie européenne : la zone euro a été initialement mise en place sans que les politiques monétaires des différents partenaires aient été unifiées. Le marché du travail et les politiques fiscales sont restées à l’initiative des différents Etats ce qui a créé des "gouffres" d’inégalités, tout en ayant une monnaie unique. Par ailleurs les pays "faibles" continuent de poser problème mais cet aspect devrait être résolu par de fermes négociations ; la dette grecque n’est plus un véritable risque pour l’Euro dont le taux a été fort opportunément baissé et qui est une monnaie solide.
Jean Claude Trichet préside maintenant le "Groupe des Trente" chargé de proposer les  indispensables  réformes monétaires, financières et fiscales de l’Union pour que cette dernière ait un mode de fonctionnement assaini et plus lisible.
La réunion du Fullerton Center fut très relevée : outre le Premier Ministre de Singapour Mr Lee Hsien Yang et son ministre des finances, étaient présents de nombreux présidents des plus grands banques mondiales, plus de 200 ambassadeurs ou chefs de gouvernements, ainsi que le président de la Chambre européenne de Commerce et Michael Puech l’ambassadeur de l’Union Européenne.
 
Qu’est-ce que cela veut dire ? D’abord que l’Europe a décidé de reprendre la main en Asie en dehors des Américains. Qu’elle se sent forte et solide et que les alarmistes professionnels peuvent aller se rhabiller. En second lieu, cela veut dire aussi que la France est fortement incluse dans cette politique et que les "vraies et bonnes" décisions seront désormais européennes et pas prises par Bercy. Sauf, évidemment, si on veut couler notre beau pays. D’ailleurs cela a été clairement exprimé : "la reprise est là ; maintenant les politiques doivent faire leur travail". Dans le schéma européen la France de la finance est importante par la solidité de ses banques, ses antennes mondiales ; elle a aussi de nombreux talents, appréciés dans le monde entier, d’uniques savoir-faire, des entreprises performantes. Même si elle ne sait pas toujours bien "se vendre". Donc, au plan international, on peut être rassuré.
Cette intervention de Jean Claude Trichet se situe également deux jours avant l’ouverture à Jakarta de l’énorme Sommet Afrique-Asie et en bénéficie : ce second Sommet est très particulier : il commémore le 60ème anniversaire de la Conférence de Bandoeng d’où sortit le principe des "pays non-alignés" et à partir de laquelle de nombreux nouveaux Etats fraichement indépendants tracèrent leur route, jusqu’à devenir, aujourd’hui des "émergents", voire des puissants, des "lions" ou des "dragons" avec lesquels l’économie mondiale doit compter.
Les Asiatiques avouent ressentir une stagnation plus ou moins importante ; ils tournent les yeux vers l’immense ensemble africain qui représente à la fois un marché potentiel gigantesque si l’Afrique arrive à décoller économiquement et un réservoir de main d’œuvre assez inépuisable remplaçant opportunément celle en train de devenir trop couteuse en Asie.

Il y a une certaine grisaille : la Chine et Singapour ont ralenti, le japon patauge toujours dans une longue stagnation malgré quelques signes de récupération, la Malaysie et l’Indonésie restent brouillonnes bien que riches, le Myanmar incertain, la Corée (Séoul) bien que prospère s’inquiète de ses turbulents voisins, le malaise est réel à Hong Kong d’autant que les élections ne lâchent rien sur une transition démocratique. L’insouciante euphorie des décennies précédentes n’est plus de mise.
L’Afrique est une réelle obsession chinoise ; elle a déjà pris fortement pied dans des pays anglo ou francophones avec succès, par exemple en Ethiopie où elle sort des régions entières de la pauvreté en installant des fabriques et des fermes d’agriculture fruitière. Les programmes sont de long terme et recèlent de bonnes espérances. Les Chinois sont riches, souvent ne savent plus que faire de leur argent, donc ils peuvent investir avec un peu d’aventurisme. Ils peuvent toujours tenter cette expérience : les ex-colonisateurs ont fait tellement de sottises, que les Africains "sérieux" se tournent vers un partenaire qui leur semble chargé d’innovation même s’il est tout autant rapace. Mais ils savent maintenant négocier et se protéger. Sur le terrain africain, la France reste présente, parfois incontournable, par ses entreprises et son tissu financier ; elle peut utilement conseiller, surveiller et séduire.
 
Ce Sommet de Jakarta est important : le président indonésien Joko Widodo l’a ouvert en annonçant qu’ "il a pour ambition d’ouvrir une nouvelle ère économique dégagée des pesantes prescriptions du passé et qu’il est le prélude à de nouvelles et bienfaisantes alliances". Tout le monde est là : même les Iraniens qui se réinsèrent ainsi dans l’économie internationale, les Palestiniens, les Princes du Moyen Orient, les Nigérians, l’Afrique centrale qui a tellement besoin d’air. Tout le monde se serre la main, a mis les antagonismes de pure politique au placard. C’est très intéressant car cela peut préfigurer un nouveau découpage des forces, au-delà de la toute-puissance nord-américaine dont les diktats (embargos, sanctions) sont ressentis comme de plus en plus insupportables.
 
Au-delà de leurs vieux antagonismes Shinzo Abe et le président Xi se sont serrés la main et longuement entretenus. Le Times du 24 Avril titre "Et si la Chine devenait N°1 ?" Dans une longue interview télévisée J.C. Trichet a souligné la nécessité pour la Chine "d’apprendre des mœurs économiques plus convenables", tout en soulignant son dynamisme et ses capacités d’adaptation. L’Europe est son 2ème partenaire économique, un conseiller permanent où la France a un rôle clef.
Cette dernière laisse les Asiatiques perplexes, non pas sur le plan économique et financier (ils la connaissent bien), mais sur le plan social et structurel : ils ne comprennent pas pourquoi, avec tous ses talents, elle refuse de jouer la carte du libéralisme économique, comment elle conserve un marché du travail englué dans des règles d’outre-tombe et un cadre social qui ne convient plus du tout.
Le manque de courage de nos politiques les sidère alors que banquiers et entrepreneurs sont si fiables.

"L’esprit de Bandoeng est là" et ne demande qu’à ressusciter. Reste à savoir si c’est un pieux vœu diplomatique ou s’il continuera de rencontrer une adhésion aussi sincère en Afrique. Il est en tous cas très net que "quelque chose est en train d’évoluer" : on ne sait pas encore trop quoi, ni ce que cela va donner mais l’effet "mondialisation" change la donne de manière évidente. Il faut garder en tête aussi l’extrême fragilité de systèmes technologiques destructibles, les alertes terroristes lourdement régressives et les habituelles zizanies de voisinages.
Restons pour l’instant dans l’orbite de l’optimisme Trichet. Bouquet final : dans les métros de Séoul et de Singapour, d’immenses affiches montrent Zinedine Zidane posant dans un blouson en jean de Mango : Il est splendide. Mango est espagnole, Zidane est Français : si on ne s’en souvient plus, le monde entier connait son énigmatique beau visage. Longue vie à Zizou !
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Baisse des naissances au premier trimestre 2015
 
 
L’INSEE vient de publier le chiffre des naissances en France métropolitaine pour le mois de mars 2015. On dispose ainsi des données pour le premier trimestre : la baisse par rapport aux années précédentes est trop sensible pour que l’on ne signale pas cette évolution.
Jean Legrand, qui depuis des décennies joue un rôle de vigie dans ce domaine, a tout de suite fait le calcul du taux de fécondité qui en résultera si le reste de l’année est à l’avenant : 1,9 enfant par femme au lieu de 2 (plus ou moins 0,2) au cours des 7 années précédentes. En chiffres bruts, corrigés pour les années bissextiles, la France métropolitaine en est à 183 100 naissances au premier trimestre 2015, contre 191 800 sur la même période 2014, et une moyenne de 190 900 pour les années 2008 à 2013.
 
Pour comprendre l’importance du phénomène, regardons ce qui en résultera, toutes choses égales par ailleurs, en matière de production.
Un être humain né en France crée en moyenne environ 70 000 € de richesse chaque année pendant 40 ans. Pour le total de sa vie active, cela fait 2,8 millions d’euros. 10 000 naissances en moins, c’est donc quelque chose comme 28 milliards d’euros de PIB en moins dans les décennies à venir. Hélas, nos cerveaux sont ainsi formatés qu’un manque à gagner de 28 milliards les impressionne nettement plus qu’un "manque à naître" de 10 000 bébés.
 
Quid des causes de ce déclin de la natalité ? Il est difficile d’affirmer péremptoirement que les atteintes portées à la politique familiale (au niveau du quotient familial, des prestations, et des droits familiaux à pension), sont la cause principale. Mais il l’est encore plus de prétendre avec assurance que ces coups de canif dans le budget des familles, et indirectement dans la considération qui leur est due, ne joue aucun rôle. Si bien que le principe de précaution conduirait tout gouvernement responsable à remettre la pédale d’accélérateur dans la position où elle se trouvait avant qu’il ne lève le pied.
 
Et si nous rêvions au point d’imaginer des hommes politiques capables de percevoir le lien étroit qui lie la procréation et les retraites conformément au théorème de Sauvy ("Nous ne préparons pas nos retraites par nos cotisations vieillesse, mais par nos enfants"), alors nous nous dirions que le moment est venu pour eux de lancer le chantier d’une véritable réforme des retraites par répartition. Pas une nouvelle réformette comme en 1993, 2003, 2010 et janvier 2014, mais une révolution copernicienne liant enfin l’attribution des droits à la retraite aux investissements réalisés dans la jeunesse, comme Arnaud Robinet et moi le proposons dans La mort de l’Etat providence ; vive les assurances sociales (les Belles Lettres, 2013).
Le Conseil d’orientation des retraites est aujourd’hui condamné à réactualiser d’année en année des projections conçues comme si l’avenir était prévisible 30 ans à l’avance, autrement dit à ronronner pour conforter les pouvoirs publics dans leur procrastination. Pourquoi ne pas le charger de préparer enfin une belle réforme ?
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