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L'impôt ne rentre plus et le déficit public file vers les 4 % voire sans doute plus, peut-être... 4,4 % ! Comme le gouvernement ne se résout pas à tailler dans les dépenses publiques sérieusement, il ne lui reste plus qu'une solution : augmenter la TVA. Pourquoi la TVA ? Parce que c'est le seul impôt auquel personne ne peut se soustraire. Pour consommer, il faut la payer. Je vous entends d'ici : "si l'on augmente la TVA, la consommation va chuter". Oui, en théorie ! Mais dans les faits, probablement non, ou très marginalement.

Cela fait en effet des mois que l'inflation stagne. Elle n'est que de 0,5 % depuis le début de l'année, à tel point que Christine Lagarde, la patronne du FMI, affirme que ses économistes s'inquiètent d'un risque de déflation en Europe. Je passe sur le cours d'économie, mais retenez que la déflation est un sacré fléau. Il complique le remboursement de l'emprunt (l'emprunt public, comme votre crédit immobilier), anesthésie l'économie, et surtout, enferme tous les acteurs du système dans une spirale infernale. On parle d'ailleurs de spirale déflationniste. Autant dire qu'il faut tout entreprendre pour l'éviter.
 
Non, si la TVA augmente, l'impact sur la consommation sera marginal. D'abord, parce que la hausse des prix ne sera dans la plupart des cas que faiblement perceptible. Les produits alimentaires de base, aujourd'hui taxés à 5,5%, ne devraient théoriquement pas voir leur taux augmenter. C'est justement pour préserver les achats essentiels que le taux qui les frappe est faible. Seuls les produits et services taxés aujourd'hui à 20 % passeraient à 23 %. Ainsi, la petite veste en jean aujourd'hui proposée à  39,99 euros passerait à 41,19 euros. Indolore. Ou bien encore, le magasin décidera de maintenir son prix, psychologique, à 39,99 euros. Ou bien d'en absorber une partie, par exemple pour atteindre 40,99 euros.
Le choix d'un exemple de prix dans l'habillement n'est pas dû au hasard : c'est bien l'un des secteurs dont les ventes ont déjà bien chuté depuis la crise de 2008, et l'on peut raisonnablement penser qu'un point bas a été atteint. Même chose dans l'automobile : après des années de chute, le marché se stabilise. Les concessionnaires offrent des options à gogo, quand ils n'offrent pas tout simplement... la TVA, ce qui revient à consentir une remise de 20 %. En fait, une hausse de la TVA de quelques pourcents est tout à fait possible, car l'immense majorité des biens et des services soumis au nouveau taux augmentera ses prix, ou décidera de les maintenir, sans pour autant faire fuir les consommateurs après des mois de stagnation,
 
L'idée d'augmenter la TVA n'est pas nouvelle : nous en parlions encore le 11 juillet dernier, appelant le président de la République à l'augmenter de 5 %. Peut-être que 5 % est un peu violent, mais à terme, une TVA à 25 % aurait du sens, pourvu que les charges qui pèsent sur le travail et aussi sur l'épargne baissent proportionnellement. 
C'est très exactement ce que propose Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand, qui avait aussi présidé une commission portant son nom sous le mandat de Nicolas Sarkozy, commission qui déjà à l'époque avait recommandé la hausse de la TVA. Hausse décidée et votée début 2012 pour être instaurée en 2013... et annulée par la gauche à son arrivée au pouvoir.  Autant dire que deux années, voire trois, ont été perdues bêtement, par pur dogmatisme et aveuglement.
Ce n'est pas la panacée, comme tout impôt, mais elle a de nombreux mérites tout de même, à commencer par son immense simplicité, et son exceptionnelle efficacité. 
 
La hausse de la TVA est une mesure quasi inéluctable. Elle peut être décidée maintenant, avec un impact limité sur la consommation, et de probables excellentes conséquences sur l'économie du pays, pour peu qu'elle soit accompagnée d'une baisse symétrique des charges pesant sur les salaires et sur l'épargne. 

Paru sur Economiematin.fr, 19 août 2014
Publié dans En France
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Un sondage IFOP-JDD révèle que 85% des Français ne font pas confiance à la politique économique du gouvernement.
Or, aucun redressement, aucune sortie de crise n’est envisageable sans la confiance.
C’est un constat historique, les grands rétablissements de l’histoire ont toujours reposé sur la confiance : Raymond Poincaré en 1922 et 1926, Antoine Pinay en 1952 et 1958 (avec Jacques Rueff), Raymond Barre en 1976. Les entreprises investissent et recrutent quand elles sont portées par une confiance générale dans l’avenir, un climat d’ensemble qui n’est pas seulement économique d’ailleurs, mais lié à la solidité des institutions, la stabilité et l’unité du corps social, la sécurité internationale, un environnement rassurant.
Cette confiance, il incombe aux dirigeants politiques non seulement de l’inspirer, mais aussi de l’incarner.
Or, les hommes qui représentent aujourd’hui le pouvoir souffrent d’un discrédit qui n’a sans doute pas de précédent historique. Ils se voient confrontés à une contradiction fondamentale : en attente d’une "croissance" que leur seule présence à la tête de l’Etat rend impossible. Pire, aucune alternative ne semble poindre à l’horizon, ni de visage nouveau, ni de programme crédible du côté de l’opposition empêtrée dans ses querelles névrotiques. Personnellement, je suis fasciné par la médiocrité de la "relève" qui me paraît tellement insipide, terne, transparente. Une notable exception, celle de Laurent Wauquiez avec lequel j’ai dîné le mois dernier : intègre, gentil, ouvert, lucide… Que demander de plus ? Il en faudrait une vingtaine comme lui pour ouvrir une brèche d’espérance.

http://maximetandonnet.wordpress.com/
Publié dans Devant l'histoire
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1. Vivons-nous le commencement de la fin de la toute-puissance américaine ?
Avec elle, l’idée de la mondialisation individualiste et libertaire reculerait-elle ? Les nationalités renaissent dans un monde à nouveau multipolaire. La puissance impériale se décompose dans une fuite en avant contre la faillite et la révolution sociale. Ses institutions démocratiques, autrefois moteur du rayonnement et du dynamisme américains, se dissolvent dans une oligarchie financière. Certes, son système de pouvoir semble encore irrésistible : collaboration des oligarchies locales, contrôle des institutions internationales remplaçant les souverainetés nationales, crédit illimité via la monnaie de réserve mondiale, contrôle des médias et d’internet, menace de la première force militaire… Et pourtant, tous les empires finissent par s’user, car bien plus que sur leurs propres forces, ils reposent sur le sentiment de leur légitimité, qu’ils inspirent ou non aux peuples qu’ils gouvernent.

2. Aurons-nous la paix ou la guerre ?
L’empire américain saura-t-il abdiquer sans violence, comme l’Union soviétique en son temps ? Sa politique reste agressive, démesurée. Sa ploutocratie est lancée dans une fuite en avant, pour éviter de devoir rendre des comptes.

3. Ce qui suivra la fin de l’empire sera-t-il forcément meilleur ?
La disparition des règles individualistes et ploutocratiques, et celle d’un pouvoir mondial dominant, créera un vide immense. Cela ne peut-il déboucher sur une anarchie internationale, des guerres nombreuses et une nouvelle lutte pour l’hégémonie ? Avons-nous les modèles économiques, culturels et politiques de remplacement ? Avons-nous un projet de concert des nations civilisées ?

4. Une révolution sociale égalitaire peut-elle avoir lieu aux États-Unis ?
Une collaboration est-elle possible avec les forces démocratiques de ce pays ? Car le peuple américain souffre des mêmes maux que le nôtre, en pire. Comment réformer sans le faire en même temps sur les deux rives de l’Atlantique ? Comment abolir l’oligarchie idéologique, restaurer une démocratie fonctionnelle, la nation et la souveraineté ? Comment rebâtir l’industrie et rendre un avenir économique à la jeunesse ? Comment rompre avec la culture libertaire et restituer aux peuples leur identité culturelle ?

5. Sommes-nous mûrs pour une révolution culturelle ?
La fin de l’empire marquera la fin de l’Union européenne actuelle, et la venue au pouvoir, en Europe, de forces politiques à la fois nationales, démocratiques et potentiellement autoritaires. Toutefois, sans révolution culturelle profonde, cette alternance ne ferait que troquer des mondialistes libertaires pour des nationalistes libertaires ; ou bien des financiers libertaires pour des néo-communistes libertaires. La démocratie libertaire vaudra-t-elle mieux que l’oligarchie libertaire ? La montée des nationalités, pour ne pas mener au chaos, doit voir ces nations tourner le dos à la culture libertaire.
La révolution sexuelle s’est dégradée en vieillissement de la société, en dictature de lobbies libertaires, en constitution d’une "biocratie". Michel Foucault appelait ainsi une tactique de défense d’un pouvoir de classe par la structuration des instincts dans la masse. La ploutocratie biocratique ne peut être vaincue que par un immense élan libérateur, de portée plus que politique. Nous ne rendrons justice à notre peuple, et liberté à nos nations, qu’en cessant de faire comme si Dieu n’existait pas, comme si l’Homme-Dieu n’existait pas, lui, matrice de l’humanisme européen, axe de notre Histoire, source d’amour et de liberté – le Christ.

6. Sommes-nous capables de faire surgir un pôle de puissance en Europe au service de l'équilibre mondial ? 
Les Etats-Unis tentent d'élever un rideau de fer entre l'Europe et la Russie, afin de diviser pour régner. Mais si l'Europe, sans défense, se contentait de faire corps avec une Eurasie russo-chinoise, ne serait-ce pas troquer une domination pour une autre ? Que deviendrait alors la France, qui doit aussi être ouverte sur les mers, l'Afrique et l'Océan ? Si l'OTAN, dans sa forme actuelle, doit disparaître, ne faut-il pas une force militaire solide en Europe, par l'alliance entre plusieurs nations d'Europe, avec comme intérêts communs la paix, le développement économique et l'indépendance stratégique ? Cette alliance, refusant les aventures à l'Est, ne devrait-elle pas maintenir, si possible, une relation militaire transatlantique, établie cette fois sur un pied de stricte égalité ?

7. Comment bâtir une vraie majorité de remplacement ?
Dans la période de recomposition politique qui s’annonce, comment mobiliser le soutien électoral durable et massif requis pour des réformes immenses ? Une telle majorité populaire ne doit-elle pas inclure les immigrés d’origine africaine, du Nord et du Sud ? Si ce n’est pas le cas, alors manqueront aussi à l’alliance les Français plus idéalistes, choqués de voir qu’on exclut certains. Faute d’une alliance suffisamment large, la montée des forces nationales n’est-elle pas qu’un vase d’expansion où se déverse le mécontentement ? Un simple stabilisateur du système ?

http://www.henrihude.fr/
Publié dans En France
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La question écologique et les réformes dites de société nous imposent de penser les limites à l’action humaine. Jamais cette interrogation n’a été aussi cruciale.
Un bel ouvrage de Gaultier Bès vient de sortir qui s’intitule "Nos limites – pour une écologie intégrale".
Les ressources désormais sans fin de la technique permettent à l’humanité de détruire la nature censée nous survivre, qui devrait demeurer le monde des générations futures. Mais elles permettent aussi d’engendrer des monstres, ce que sont à leur excès les dites réformes sociétales. Qu’est-ce qu’un monstre ? L’effort principal du moment contemporain consiste à nous faire croire que cela n’existe pas, que c’est une notion périmée datant des religions, qu’en réalité tout est possible et par conséquent tout est "normal" puisque rien ne l’est. Nous ne pourrions plus être "dénaturés" puisqu’il n’y a pas de "nature". Il n’y aurait pas de limite à nos désirs, puisque la technique nous permet tout et puisque les religions ne nous interdisent plus rien…

C’est le contraire.
Plus nous avons de moyens pour produire des humains au lieu de les procréer, pour brouiller les générations et les filiations, pour engendrer de l’aberrant et du bizarre, plus nous avons besoin de penser les limites.
Les deux totalitarismes proviennent, il vaut mieux ne pas l’oublier, de la terrible certitude que "tout est possible". Notre sagesse doit venir au secours des abus de notre pouvoir. Faute de quoi c’est l’horreur qui nous attend. Chose que nous sommes capables de comprendre pour l’écologie tout court, mais pas encore pour l’écologie humaine.
Ne croyons pas une seconde que ce sont les religions et seulement elles qui sauvegardent les limites. Ce que Dostoïevsky exprimait par son célèbre "Si Dieu n’existe pas, tout est permis". Quelle que soit l’admiration qu’on peut avoir pour l’auteur de Crime et châtiment, il n’y a rien de plus faux que cette affirmation.
Les limites humaines sont d’abord sauvegardées par le sens commun qui fait la coutume, et les religions s’installent dans ces habitacles coutumiers qu’elles parent et institutionnalisent. N’importe quel peuple ancien nous le montrerait. Les Grecs anciens à partir des lois coutumières pensaient la loi naturelle, à tel point que l’une et l’autre se distinguent peu dans l’histoire d’Antigone. Sénèque écrit dans son Phèdre : "Même chez les sauvages cela ne se fait pas, cela ne s’est jamais vu – Regarde – Les Huns vagabondent sans feu ni lieu – Les Turcs égorgent les voyageurs – Les Russes errent sans foi ni loi – Mais tous interdisent l’inceste".

La liberté ouvre toutes les portes. Les Grecs, qui ont inventé la liberté, inventèrent aussi le nihilisme. Diogène le cynique, récusant les interdits sociaux, récuse aussi les limites les plus profondes en prônant l’inceste- et c’est ainsi qu’il est dit le chien (le cynique), retourné à l’état naturel, en réalité hors-humain.
Pour les Grecs, les limites ne proviennent pas des interdits divins, ou plutôt ceux-ci ne font qu’assumer la nature. Si l’on sort de l’équilibre où peuvent vivre les humains, alors le monde peut trembler. Il suffit de relire l’histoire de Médée, la criminelle récidiviste, la monstrueuse dont Sénèque dit qu’elle profane l’ordre du monde. Les actes de Médée, qui ne recule devant rien – un sadisme à l’ancienne -, sont reliés par le dramaturge aux désordres perpétrés par les hommes dans la nature. Au moment où les Atrides se livrent à toutes sortes d’infamies, en même temps ils rompent et transgressent les barrières de l’espace, dévorent les limites géographiques et terrestres soumises à leur caprice. Se rejoignent le chaos sur la terre et le chaos dans la société des hommes.
La raison de tout cela ?
L’orgueil humain et sa démesure. La folle volonté de tout maîtriser, bientôt commuée en folie destructrice, car la réalité est là : nous ne pouvons pas tout maîtriser. Et comme le dit Fabrice Hadjadj dans une belle analyse qu’il fait de Sénèque le tragique "si tu ne parviens plus à faire face à la tempête, deviens toi-même tempête". L’orgueil de la démesure engendre le crime.
Nos lois "sociétales" sont en train de glisser sur cette pente fatale.
Nos contemporains, et surtout les Français, s’imaginent qu’en tournant le dos aux religions ils se sont rendus maîtres du destin, et capables de dépasser la finitude humaine. Raisonnement typique des modernes : ce sont des dieux inventés par les puissants qui nous ont fait croire, pour nous rabaisser, que tout ne nous était pas possible… Soyons laïcs, et tout redeviendra possible… Nous pourrons louer des ventres de femmes, produire des enfants aux filiations défoncées, faire croire à l’opinion émerveillée qu’un couple d’hommes attend un enfant, et j’en passe.

Ce ne sont ni les Pouvoirs ni les religions qui décrètent nos limites. C’est la conscience inquiète de chaque époque. Si par orgueil nous cessons de nous poser la question des limites, nous quittons notre humanité.

Paru dans Le Figaro, août 2014
Publié dans A tout un chacun
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Le Conseil constitutionnel ayant censuré la diminution des cotisations salariales pour les salariés qui gagnent moins de 1,3 SMIC, la CFDT veut trouver un autre moyen, par exemple fiscal, de "donner du pouvoir d'achat aux salariés". Mais le seul véritable moyen consiste à investir dans la déréglementation pour augmenter la production et l'emploi.
Après avoir cherché à diminuer artificiellement le coût du travail pour les entreprises, en réduisant les cotisations salariales puis en octroyant le CICE, grâce au déficit des finances publiques, les pouvoirs publics ont voulu augmenter tout aussi artificiellement le pouvoir d'achat des salariés les plus modestes en jouant sur les cotisations salariales. Mais les artifices ne donnent jamais les résultats escomptés, le niveau insoutenable du déficit étant une cause majeure de la mauvaise santé de l'économie, donc du sous-emploi, donc de la concentration des prélèvements sur un nombre réduit de travailleurs, donc d'un accroissement du taux des prélèvements, et donc finalement d'une réduction du pouvoir d'achat des travailleurs.

Pour augmenter le pouvoir d'achat des salariés, la solution consiste à répartir les prélèvements sur davantage de salariés travaillant en moyenne plus qu'aujourd'hui. Concrètement, cela veut dire à la fois embaucher massivement et augmenter la durée moyenne du travail (nous payons encore les conséquences des 35 heures payées 39).
Autant dire que la solution dépend des employeurs, et donc principalement des entreprises. Mais encore faut-il que les employeurs et les personnes susceptibles de le devenir aient le cœur à l'ouvrage ! Le Président du MEDEF l'a assez bien expliqué, mais il a eu le grand tort de rentrer dans le jeu des bureaucrates en se laissant enfermer dans la négociation d'un pacte de responsabilité qui consiste à accepter plus d'ingérence gouvernementale et syndicale dans les affaires des chefs d'entreprise (les fameuses "contreparties") en échange de subventions à l'emploi qui ne peuvent être financées que par le déficit public.

Il faut en fait se concentrer presque exclusivement sur le démantèlement des carcans qui pèsent sur l'entreprenariat. L'allègement des différents codes qui compliquent inutilement la vie des entreprises devrait être l'objectif numéro un. L'objectif numéro deux pourrait être l'allègement de la négociation collective, notamment au niveau des branches, car elle crée en sus du carcan législatif et réglementaire un carcan conventionnel dont la nocivité n'est pas mince. L'objectif numéro trois serait la recherche de la vérité des prix. Par exemple, les entreprises implantées en zone urbaine pâtissent depuis longtemps de taxes transport, et voici que la récente loi ferroviaire va créer pour les autres une taxe analogue destinée cette fois à financer les TER : laissons plutôt les utilisateurs payer le prix des transports en commun !  
 
Quelques autres objectifs de même inspiration pourraient être énoncés, mais soyons bref : rien de coûteux pour les pouvoirs publics ne doit être réclamé, hormis les investissements qui dépendent d'eux ; et tout doit être fait pour libérer les énergies aujourd'hui bridées par une multitude de contraintes inutiles et dès lors nocives. Le déclin de l'investissement et de l'emploi vient de cet environnement compliqué à l'extrême, et souvent même hostile à l'activité. Notre environnement normatif a été pollué bien plus gravement encore que notre environnement physique ; sa dépollution est la condition pour progresser en matière d'emploi ... et de niveau de vie des salariés.

Paru sur Le Cercle Les Echos, repris par Atlantico, août 2014
Publié dans En France
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On se massacre en République centrafricaine mais à Paris la solution a été trouvée : donner un Premier Ministre musulman à ce pays où notre manque de clairvoyance a empêché l'intervention française au moment où les colonnes armées ont commencé à arriver du Nord, en janvier 2013.
On se massacre au Proche-Orient ; les représailles succèdent aux représailles. Des centaines et des centaines de morts, quelque 10 000 maisons détruites à Gaza.
On se massacre en Libye.
On continue à se massacrer en Syrie.
En Ukraine, l'Armée nationale organise le siège de Donetsk.
On massacre au Moyen-Orient, en Irak. Méthodiquement, devant le monde entier, "l'Etat islamique"s'emploie à éliminer les populations chrétiennes et yazidi.

Que fait la France ?
Elle a envoyé des troupes en Centrafrique, trop tard, en trop petit nombre et en limitant à la fois leur mission et leurs moyens d'action.
Avec les Américains et les Anglais, elle a provoqué la chute de Kadhafi mais n'a pas mesuré les conséquences de son intervention comme les Américains n'avaient pas mesuré les conséquences de leur action contre Saddam Hussein. L'après-Kadhafi n'a pas été organisé. Comme la Somalie, le pays est désormais sans Etat et l'armement considérable que possédait le leader libyen se trouve disséminé de l'Afique occidentale et centrale à l'Asie.

Bien que fort tenté, notre pays n'est pas intervenu en Syrie. Heureusement, Obama n'a pas tenu ses promesses ! Les populations auraient souffert un peu plus encore. Mais des armes ont été envoyées, des armes qui ont immédiatement été utilisées contre les Chrétiens et qui le sont encore aujourd'hui. Bachar el-Assad n'est pas tombé. Il se pourrait bien que l'Occident ait, sous peu, besoin de lui.

Le jeune gouvernement ukrainien conforté par Bruxelles s'est lancé à l'assaut des Ukrainiens russophones. C'est insensé ! En 1914, le grand Lyautey, ulcéré, s'écriait qu'une guerre entre la France et l'Allemagne, entre Européens, était une guerre civile. Cent ans après, pourtant, on fait mieux : une véritable guerre, avec armes lourdes, entre membres d'une même nation européenne. On parle déjà d'un "nouveau Stalingrad" sur le territoire de l'Ukraine ! 

Dans quelques jours, après de terribles souffrances, les Chrétiens du nord de l'Irak et les Yazidi risquent d'avoir tous disparu et les fanatiques, peut-être, se seront rendu maîtres de l'ensemble du Kurdistan irakien et auront atteint Bagdad. A l'ouest, si Damas s'effondre, le Liban ne pourra résister et l'Etat islamique aura atteint la frontière turque.

Entre-temps, plusieurs autres millliers de migrants, abandonnés aux mains de "passeurs" sans aucun scupule, auront gagné le continent européen.
Nous contenterons-nous de nous donner bonne conscience ? En Irak, les avions américains bombardent, mais pour quelle efficacité ? On parachute des vivres, c'est bien, évidemment, mais cela permettra-t-il de sauver la vie des populations si gravement menacées. Ailleurs, on négocie ou on "facilite" des négociations, pour quel résultat ?
Il y a le feu à nos frontières et extrême urgence à agir, efficacement. Inconsciente, l'Europe qui se prétend "faiseuse de paix" n'a encore pas montré ce dont elle est capable hors de ses frontières. Loin de là. Et il est possible de prévoir que massacres et exodes de masse continueront.              
 
 
Publié dans De par le monde
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Cela arrive hélas de plus en plus souvent en matière de politiques publiques : la réforme territoriale projetée par le gouvernement Valls part de présupposés qui sont tous faux.

Nos régions seraient trop petites par rapport à celles de nos voisins européens ? La population moyenne de nos 21 régions métropolitaines (la Corse exclue) est de 2,9 millions d’habitants ; celle des 20 régions italiennes de 2,9 millions aussi. Celle des 17 communautés  espagnoles de 2,5 millions.
Reste l’Allemagne : en moyenne, ses 15 länder ont 5 millions d’habitants, mais comme ils sont très inégaux, sait-on que 8 sur 15 sont plus petits que la moyenne française ? Et si l’on ne considère que les 6 länder de l’ancienne Allemagne de l’Est, découpés après la réunification, leur moyenne est de 2,5 millions seulement.  
On peut aller plus loin : aux Etats-Unis, 20 Etats sur 50 ont moins de 3 millions d’habitants sans qu’il soit question de regrouper quoi que ce soit !

La France aurait surabondance de niveaux administratifs ?
Le fameux "millefeuille français" répété en boucle depuis 25 ans sans que personne, apparemment, ne se soit avisé d’aller voir ailleurs !
La vérité : l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne ont, comme nous, des conseils locaux élus sur trois niveaux : un landstag, un conseil régional ou de communauté, un conseil de district (kreis) ou provincial, et des conseils municipaux. Seule particularité française : nos conseils communautaires qui ont pris de l’importance très récemment aux dépens des conseils municipaux sans être arrivé (et heureusement !) à s’y substituer. Cette complication, la seule  résulte de la loi Joxe de 1992 qui visait… à simplifier ! 
Quant à  l’Angleterre, elle a 4 niveaux (régions, comtés, districts, paroisses) mais la région rajoutée par Tony Blair est embryonnaire et la paroisse résiduelle : seuls comptent les 148 bourgs (urbains) ou comtés (ruraux), sensiblement plus nombreux, on le voit, que nos départements.

Au départ : quelques idéologues fumeux
Cette affaire ridicule de réforme territoriale est en fait sortie d’un tout petit groupe d’idéologues socialistes en mal d’idées et germanolâtres, comme le sont beaucoup de nos compatriotes, surtout de gauche, qui, depuis vingt-cinq ans, font une campagne insensée pour regrouper les régions et supprimer le département.
Esprits superficiels, ils sont partis d'une illusion : le hasard a fait que les plus grosses entités de nos voisins, en Allemagne (Rhénanie Nord-Westphalie : 17, 8 millions d’habitants, Bade-Wurtemberg : 10,7 , Bavière 12,5), en Italie (Lombardie : 9,8 millions), en Espagne (Catalogne : 7, 5 millions) - à comparer d’ailleurs avec l’Ile-de-France :  11,8 millions) ne sont pas loin de nos frontières. Et on n’est pas allé voir plus loin…
Tous nos voisins ont en revanche veillé à respecter les solidarités historiques. Si la Bavière est un gros land, ce n’est pas parce qu’en Allemagne tout est kolossal, c‘est parce que la Bavière a une histoire, comme l’Alsace, comme le Limousin, comme la Picardie.

Ceux qui découpèrent nos régions en 1964 eurent le même souci de retrouver le contour des anciennes provinces, conscients que si la Franche-Comté et la Bourgogne sont deux petites régions, l’histoire leur a donné un caractère différent (1). On ne refait pas un travail de ce genre tous les cinquante ans surtout s’il a été bien fait. Et que dire des coûts ? Quand le ministre Vallini annonce de 15 à 25 milliards d’économies à attendre, on est en pleine fantasmagorie. Le précédent de l'intercommunalité : [200 000 fonctionnaires de plus ! (2)] n'est pas encourageant. Sait-on qu'en matière de gestion publique, à la différence du secteur privé, les fusions de services entraînent toujours des coûts supplémentaires (3) ?
La réforme projetée sera non seulement inutile et coûteuse mais inhumaine : les misères plus profondes se trouvent aujourd'hui non pas en banlieue parisienne mais dans le Massif central, et on priverait ce dernier de ses deux capitales régionales !

Alors pourquoi ce branle-bas ? Les idéologues dont nous parlions ne se sont pas contentés d’agiter le thème des grandes régions dans des centaines de colloques, de commissions, de tribunes jusqu’à ce que cette absurdité soit prise au sérieux. Ils sont aussi allés à Bruxelles, à l’OCDE, au FMI, dénoncer inlassablement nos régions trop petites et le prétendu millefeuille français. A force, on les a crus. Et quand M. Valls veut donner à l’Europe l’illusion qu’il fait de vraies réformes, il met en branle le big bang territorial, en attendant que nos interlocuteurs européens s’aperçoivent que, à son habitude, il leur aura vendu du vent. 
 
(1) Seule erreur à notre sens dans le découpage de 1964 : la division entre Haute et Basse Normandie qui n’a pas lieu d’être.
(2) Sans diminution des effectifs des communes, bien entendu
(3) Les exemples abondent : Pôle Emploi, DGFP, France-Télévision, rapprochement Police-Gendarmerie. Il ne s'agit pas de coûts provisoires mais durables.

Paru dans Marianne, août 2014
Publié dans Du côté des élites
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Chacun sent bien que l’explosion se rapproche et que les efforts déployés par la classe dirigeante pour nous rassurer et nous endormir sont de plus en plus inefficaces.
L’absence totale actuelle de vision d’un futur compréhensible rappelle l’histoire des Hébreux dans le désert lorsque Moïse était parti sur le Sinaï et que le peuple désespérait de le voir revenir.
Le peuple, voyant que Moïse tardait à descendre de la montagne, s’assembla autour d’Aaron, et lui dit : "Allons ! Fais-nous un dieu qui marche devant nous, car ce Moïse, cet homme qui nous a fait sortir du pays d’Egypte, nous ne savons pas ce qu’il est devenu"… Et tous ôtèrent les anneaux d’or qui étaient à leurs oreilles, et ils les apportèrent à Aaron. Il les reçut de leurs mains, jeta l’or dans un moule, et fabriqua un veau en or. Et ils dirent : "Israël ! Voici ton dieu, qui t’a fait sortir du pays d’Egypte". (Ex 32,1-4)

Deux remarques jaillissent de ce passage de la Bible.
La première est que lorsqu’un peuple n’a plus de vision, plus de perspective, il s’invente une idole à qui il attribue les pouvoirs des disparus qu’il a aimés. Au début du paragraphe c’est Moïse qui les a fait sortir d’Egypte, quelques lignes plus loin, c’est le veau d’or. Le peuple sans perspective attend tout de son idole puisque c’est son idole qui a déjà tout fait.
La seconde est que l’idole coute très cher et que, pour se rassurer, un peuple sans vision achète à grand prix l’idole à laquelle il se confie. Tout leur or y passe. Le "faire croire" coûte toujours très cher et toutes les idoles appauvrissent.

Aujourd’hui nous sommes comme les Hébreux dans le désert, sans visions, sans perspectives avec une classe dirigeante parfaitement conforme à notre médiocrité perdue. Avec elle nous avons créé trois idoles que nous alimentons de notre or en espérant d’elles un futur radieux qu’elles ne donneront évidemment jamais.

La première idole est la croissance que nous nous présentons comme une création de richesses à nous partager alors qu’elle n’est que l’augmentation de notre dépense que les économistes appellent consommation ou investissement selon leur désir de jouissance immédiate ou de jouissance différée. A la question "Comment dépenser plus quand on n’a pas d’argent ?", cette idole répond "Emprunte" car elle ne sait pas que l’argent n’est que de l’énergie humaine stockée qui ne peut se multiplier que par la procréation et le travail utile. Mais comme nous suivons notre idole, cela nous coûte très cher.

La deuxième idole est la démocratie que nous nous présentons comme le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple alors qu’elle n’est que l’achat fort couteux par les Puissants de l’affect du peuple. Les Puissants se sont toujours cooptés entre eux. Ils se sont longtemps servis de Dieu pour se maintenir au pouvoir et ont maintenant fabriqué leur idole en faisant croire que l’avis majoritaire de la foule définit l’intelligence. Mais la réalité est que l’avis majoritaire de la foule donne le pogrom, la ruée et le lynchage et qu’il faut donc beaucoup d’argent pour faire croire à l’idole qu’ils appellent suffrage universel. Ils s’en octroient beaucoup mais n’en ont jamais assez et ont toujours besoin d’un "Urba" ou d’un "Bygmalion" pour toujours mieux acheter l’affect du peuple. A la question "Comment vérifier la liberté, la compétence et l’engagement des votants, bases indispensables de leur responsabilité, donc de l’intérêt de leur avis ?", cette idole répond "Tais-toi et vote, il est très vilain de s’abstenir ou de ne pas s’inscrire" car elle sait que ce système est le seul qui permet aux Puissants de garder un pouvoir dont ils ne savent que faire. En suivant cette idole cela nous coûte très cher.

Mais ces deux premières idoles s’effondreraient d’elles-mêmes si la troisième idole, la formation, n’était pas la plus idolâtrée. Il est d’ailleurs à la mode de la voir "tout au long de la vie". Il s’agit en fait de formatage pour tenter sans aucun espoir de fabriquer des "agents économiques performants", sujets respectueux de la croissance et de la démocratie, à qui l’on va faire croire que ce qu’on leur raconte va les aider à s’intégrer à un monde incompréhensible et donc évidemment incompris. Tout ce qu’on leur apprend à grand frais n’est quasiment jamais filtré par l’expérience et les malheureux sortent chaque année de nos universités par fournées entières de plus en plus importantes avec la conviction qu’ils sont prêts pour être reconnus alors qu’ils vont enfin découvrir l’expérience que ce qu’ils ont appris ne leur sert à rien et qu’ils vont devoir s’humilier en acceptant d’être livreur de pizzas, vendeurs de fringues ou gardiennes d’oies. Subir le système ou en devenir complice va rapidement devenir leur seul et abominable choix. A la question "Pourquoi l’instruction universelle ne se limite-t-elle pas à lire, écrire et compter ?", cette idole devrait répondre si elle était honnête "Il faut beaucoup de temps pour formater les jeunes à croire à la croissance et à la démocratie et ce temps leur est agréable car il leur en laisse beaucoup pour se distraire et s’évader". Mais Dieu que cela coûte cher !

Dans la Bible Moïse réagit avec une extrême violence au veau d’or.
Et, comme il approchait du camp, il vit le veau et les danses (aujourd’hui les danses s’appellent le foot, la télé et la française des jeux). La colère de Moïse s’enflamma ; il jeta de ses mains les tables, et les brisa au pied de la montagne. Il prit le veau qu’ils avaient fait, et le brûla au feu ; il le réduisit en poudre, répandit cette poudre à la surface de l’eau, et fit boire les enfants d’Israël. (Ex 32,19-20)
Moïse se plaça à la porte du camp, et dit : A moi ceux qui sont pour l’Éternel ! Et tous les enfants de Lévi s’assemblèrent auprès de lui. Il leur dit : Ainsi parle l’Éternel, le Dieu d’Israël : Que chacun de vous mette son épée au côté ; traversez et parcourez le camp d’une porte à l’autre, et que chacun tue son frère, son parent. Les enfants de Lévi firent ce qu’ordonnait Moïse ; et environ trois mille hommes parmi le peuple périrent en cette journée. (Ex 32,26-28)

Le Coran raconte la même histoire du veau d’or mais Moussa (Moïse en arabe) réagit avec plus de douceur et convainc le peuple de se repentir.
Et nous que devons-nous faire ? Réagir comme Moïse ? Réagir comme Moussa ? Rester idolâtres de nos trois veaux d’or ? La réponse appartient à chacun et elle est loin d’être simple.
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Ce n’est pas un détail ! Comme voudrait le faire croire un gouvernement qui devant un projet retoqué par le Conseil Constitutionnel (excusez du peu), estime seulement qu’il suffit de trouver une autre recette de cuisine. Le sage montre du doigt, l’imbécile regarde le doigt et les Français ne sont pas tous des imbéciles !
Les chefs d‘entreprises en particulier sont donc effondrés par ce témoignage de non professionnalisme émanant du Ministère de l’Economie et des Finances appuyé dans son incompétence par le Ministère des Affaires Sociales et de la Santé.
Comment, en effet, peut-on concevoir que depuis 6 mois les experts de Bercy n’aient pas été capables de se rendre compte que la répartition des charges sociales prévue dans le cadre du Pacte de Responsabilité, était irrecevable puisque ces exonérations rompaient le principe d’égalité entre les salariés Français ? Il faut toutefois remarquer que cette irrégularité n’a pas échappé à tout le monde puisqu’une partie de la classe politique a été lucide. Ce sont les Députés de l’opposition qui ont saisi le Conseil Constitutionnel.
Ce qui est grave pour un Gouvernement socialiste c’est que cela impacte la partie "solidarité" et non pas la baisse des charges pour les entreprises, or les entrepreneurs se soucient beaucoup du pouvoir d’achat de leurs salariés (qui avait déjà été mis à mal par les heures supplémentaires refiscalisées).

Le manque de confiance qui mine notre pays tout entier et étouffe notre croissance se trouve à nouveau alimenté par ce qui témoigne d’une véritable incompétence ; un amateurisme d’autant plus incompréhensible pour des chefs d’entreprises qui sont tous les jours victimes de la complexité de tout ordre qu’ils subissent. Comment ce dernier (?) épisode peut-il ne pas démotiver les entrepreneurs ? Comment y croire ? A quoi peut-on croire ? Ce n’est pas "un revers du gouvernement" auquel on assiste mais à un nouveau revers pour la France.

Ce qui est encore plus irritant que tout le reste, c’est que, comme d’habitude, absolument personne n’est responsable. Le Ministre est aux fraises, le cabinet va essayer de les vendre pendant que Bercy les met en barquettes… Mais personne n’était donc chargé de valider cette diminution des charges salariales pour une certaine catégorie de salariés ? Personne, par simple bon sens, n’a pensé que ce n’était pas "juste", personne au sein d’un Gouvernement socialiste n’a pensé à la notion d’égalité ? Sur un millier de fonctionnaires à Bercy, n’y en avait-il pas un seul pour consulter la validité de la mesure auprès du Conseil Constitutionnel ? Et comme à la SNCF, aujourd’hui, on ne s’inquiète pas de savoir ce qu’on aurait dû faire.
C’est une Administration irresponsable et pourtant supposée être parmi les plus talentueuses du Monde !

Cette légèreté, cette indifférence devant la faute, ce refus d’incriminer qui que ce soit terrifie les Français que nous sommes. Un chirurgien qui rate une opération peut aller devant un Tribunal. Le restaurant qui intoxique un client doit fermer ; le conducteur qui fait un excès de vitesse dépassant 5% de la vitesse autorisée, va payer ; le salarié qui fera une faute lourde sera licencié… oui, mais pas l’Administration Française et ceux qui nous gouvernent.
Alors, rêvons un peu… Si j’étais Présidente de la République devant la énième mesure retoquée pour inconstitutionnalité, je demanderais au(x) Ministre(s) concerné(s) de nous dire précisément qui n’a pas fait son travail et pourquoi, et "normalement" il me remettrait sa démission que j’accepterais probablement car le symbole est très fort devant un amateurisme que la société ne tolère nulle part et dans aucun domaine.
Et il se trouve que c’est justement la même administration responsable mais jamais "coupable" qui contrôle les commerces, les PME, les travailleurs indépendants, les professions libérales… et qui punit les autres sans état d’âme. 

Paru sur Atlantico, 8 août 2014
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SNCF, voyager autrement voire dans une autre galaxie : après la grève, le congé de sortie de grève
 
Dans son journal interne, le syndicat SUD-Rail s'offusque de s'être vu refuser par la SNCF une période de congé pour les grévistes de juin "souhaitant ne pas retravailler immédiatement afin de se reposer et de prendre un peu de recul", sans considération pour "les agents éreintés par la grève (qui) ont donc été forcés de rester en grève afin de pouvoir reprendre un peu leur souffle".
Jean d'Ormesson (il n'y a que lui qui puisse se permettre de ricaner sans s'attirer une bronca médiatico-politique) ne croyait pas si bien dire lorsqu'il expliquait récemment avec malice mais non sans sagacité : "les syndicalistes ont tellement l'habitude de ne rien faire, que lorsqu'ils font grève ils appellent ça une journée d'action".

Nous avons tous vécu, chacun à sa façon, les jours de grève, majoritairement préventifs devant la peur que perdent un jour "le statut de cheminot" ceux qui ne sont pas encore fonctionnaires et qui ne savent même pas encore qu'ils le seront peut-être un jour ! Bel exemple de solidarité intergénérationnelle, du mois de Juin. Les cheminots faisaient grève avec énergie pour différents motifs dont celui du refus de fusionner la SNCF et RFF (Réseau ferré de France) sachant qu'ils avaient fait grève quelques années auparavant pour que les deux entités fusionnent ; mais il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis disent les girouettes.
Vous vous demandez où je veux en venir ? Car il n'est pas donné à tout le monde, la veille des vacances, de se plonger dans le journal SUD RAIL. C’est pourtant instructif et c'est là que j'ai appris avec stupéfaction qu'il s'était négocié avec la SNCF un "arrêt" supplémentaire (c'est le cas de le dire !). Lesdits cheminots épuisés à juste titre par un non-travail harassant, se sont trouvés en cette période estivale plus fatigués que de coutume par leurs "journées d'action" reconduites (les plus éprouvantes sont celles qui sont reconduites) du mois dernier.
 
Ils ont donc légitimement souhaité et revendiqué sans ciller, des jours de congés exceptionnels et supplémentaires, souhaitant ne pas retravailler immédiatement afin de, je cite, "se reposer et prendre un peu de recul ". Remarquons toutefois que le recul pour l'instant c'est la trésorerie de l'entreprise qui le subit du fait du manque à gagner lié aux jours chômés.
La direction de la SNCF inconsciente du traumatisme, voire du préjudice vécu par les grévistes avait décidé de reprendre le service normal dès le lendemain de la fin du conflit.
Toutefois, nous venons donc de vivre un précédent historique, celui de la création potentielle du "congé de sortie de grève". Comme il faut s'attendre à tout en matière de progrès social, habituez-vous a cette idée, même si la SNCF n'a pas marqué la considération souhaitée pour ces agents éreintés. Cette indifférence a été mal comprise et le syndicat SUD dans "la vie du rail" s'offusque de ce refus. On n'est pas loin de la mise en place de la cellule d'assistance psychologique, pas pour ceux qui entassés comme du bétail ont continué de se rendre héroïquement sur leur lieu de travail... mais pour ceux qui refusaient de les transporter. Logiquement l'action du gréviste pourrait, si on poursuit le raisonnement, être considérée comme une maladie professionnelle ? Un frisson vous saisit probablement comme moi : imaginons que SUD refasse grève parce qu’on leur refuse ce repos compensatoire qui s'inscrit certainement dans la droite ligne de la pénibilité ? De nouvelles journées d'action pourraient alors voir le jour et en toute logique les épuiseraient à nouveau ! et la demande de congés supplémentaires s'allongerait d'autant... et ainsi de suite.
Au moment où j'écris ces lignes dans le TGV Atlantique bondé, l'angoisse me saisit : et si j'étais condamnée à être otage ? ! Prise du syndrome de Stockholm, je tends mon billet au contrôleur devant moi avec mon plus grand sourire et une grande compassion, guettant sur son visage des traces de fatigue. Ouf ! Il a poinçonné normalement.
 
NB : pour info, l'âge moyen du départ à la retraite du privé est de 62,1 ans ; et de 54,1 ans pour les agents SNCF
Publié sur Atlantico le 28 Juillet 2014
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