|
"Il semble que, si le despotisme venait à s'établir chez les nations démocratiques de nos jours, ... il serait plus étendu et plus doux, et il dégraderait les hommes sans les tourmenter. (...) Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs dont ils emplissent leur âme. (...) Au-dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. (...) Il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre. Il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages. Que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ? (...) C'est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l'emploi du libre arbitre (...) Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l'avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société toute entière; il en couvre la surface d'un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes (...) et il réduit enfin chaque nation à n'être plus qu'un troupeau d'animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger. (...) Alexis de TOCQUEVILLE (1805-1859) – De la démocratie en Amérique - T2 - Quatrième partie, chap. VI, Quelle espèce de despotisme les nations démocratiques ont à craindre
MAGISTRO Dans un monde qui se déstructure, confus et brouillé, gavé d'informations ("toujours plus d'infos" !) mais frappé d'amnésie, simplifié et déformé par des clichés et des slogans, façonné par la pensée unique, ... l'homme est domestiqué pour ne plus devenir qu'un consommateur passif, infantilisé, déraciné, ... un "supporter", un zombi, ... contraint par la pression croissante de la "norme", de la mode, du "correct" ! Dans une démocratie "médiatique" sensible par nature à la manipulation, alors que la fonction politique cède à langue de bois, à la loi marchande de l’offre et de la demande, s'abaisse au niveau des ambitions personnelles, se mêle au monde du spectacle et du "n'importe quoi" pour privilégier l'immédiat, la "pub", l'image avec ses pièges, l'émotion, les sondages du moment, les "petites phrases" et le "scoop", ... il devient urgent de lutter contre "l'esprit de ruche", de retrouver autonomie et esprit critique, de discerner l’accessoire et l'important, l'instant et le temps plus long, le virtuel et le réel, l’apparent et le vrai, ... de nous persuader que notre avenir se détermine aujourd'hui autour de la vraie ligne de fracture de quelques fondamentaux, - enjeu de civilisation - bien au-delà de la "politique" des politiciens, dits de droite, dits de gauche ou d'ailleurs.
Pour cela, MAGISTRO donne la parole à des personnalités de conviction et à l'esprit libre, de toutes origines, de toutes générations, de toutes confessions, de toutes professions, - à l'exclusion des "idéologues" et des "professionnels" captifs de leurs petits arrangements partisans et/ou de leur intérêt personnel - réunies ici du seul fait de leur attachement au bien commun, de leur adhésion personnelle à des fondamentaux validés par la raison et par l'histoire, de dire le vrai, pour apprécier, sans concession de langage - et indépendamment les unes des autres - les évènements présents ou passés. Leurs études, leur métier, leur expérience, leur confèrent l'autorité nécessaire pour fixer des repères et appréhender le monde tel qu'il est, sans céder au rêve, au mensonge ou à l'utopie.
Les Fondamentaux de MAGISTRO Un choix de civilisation "Notre civilisation passe par un moment terrible. Nous avons tout perdu. En période de crise, il faut se référer aux valeurs fondamentales qui ne sont pas si nombreuses. Donc, en revenir à l’essentiel, par exemple, au message du Christ qui, mieux et plus profondément que n’importe qui, a rendu à l’homme sa propre transparence. Par exemple, il nous a enseigné que la loi est faite pour l’homme et non l’homme pour la loi. Une découverte révolutionnaire qui n’avait jamais été appliquée : l’homme comme fin et non comme moyen. Si notre civilisation est à l’agonie, c’est parce que nous avons oublié cette vérité toute simple" Roberto ROSSELLINI – à propos de son film "Le Messie" (1985) * de la personne humaine, principe des institutions, libre donc responsable, pleinement reconnue dans ses devoirs et dans ses droits, et dans toutes ses dimensions (physique, intellectuelle, morale, spirituelle) * de sa liberté d'entreprendre, du travail (fonction structurante de l'homme) * de la famille, comprise comme l'union durable d'un homme et d'une femme, centrée sur l'éducation de leur(s) enfant(s) * des réalités nationales * de la fonction subsidiaire d'un Etat régalien, maître de son autorité, impartial, digne d'exemple * d'une vision de l' Europe constituée par son histoire commune, respectueuse de ses origines, à la géographie définie, consciente de son appartenance, créatrice d'une culture * de l'existence objective du beau, du vrai (GRD)
|