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ROUSSEAU Michel

ROUSSEAU Michel




Economiste


Docteur en Économie et Administration des entreprises (La Sorbonne).
Ecole des ingénieurs de la ville de Paris
Institut d'administration des entreprises
 
Créateur de la
Fondation Concorde (1997)
     'think-tank' qui cherche à enrichir le débat politique en suggérant des propositions novatrices aux décideurs politiques.
     Rassemble plus de 2500 membres, elle joue également un rôle d’animation et de relais auprès de l’opinion publique sur différents sujets.  
     Sa particularité est de faire travailler ensemble hommes et femmes d’entreprise, universitaires et élus.
Directeur des publications "Nouvelles visions" de la Fondation Concorde :
     40 fascicules ont été publiés - consultables sur le site de la Fondation Concorde.
 
Nommé contrôleur général économique et financier
     au ministère de l'Economie et des Finances (2006)
S'est vu confier une mission sur les réseaux au service des PME
     par le Secrétaire d’Etat Hervé Novelli
     à la suite de la mission confiée à Edouard Balladur concernant les collectivités locales.
 
Recherche et enseignement à Paris-Dauphine (1982) puis professeur en 1987
Directeur du service des études de la Mairie de Paris
      mis à la disposition de la Commission du rapport et des études du Conseil d’État
 
 
Maire de Gallardon (3 500 habitants)
puis élu maire de Saint-Denis-des-Puits (Eure-et-Loir) en 1989
     commune rurale dont il est toujours le premier magistrat.
 
Ouvrages
A publié plusieurs ouvrages
dont le dernier sur
les réseaux et le management des économies locales (2006)
 
Distinctions
Chevalier de la Légion d'honneur
Officier dans l'ordre national du mérite.

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2017 : dernière chance ...

Publié dans En France
2017 : dernière chance de sauver notre industrie

Le Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) institué par François Hollande n'a pas suffi à assurer un renouveau de l'industrie française. Il y a urgence, s'inquiète le président du think-tank Fondation Concorde, Michel Rousseau.
 
Les experts de la Fondation Concorde demandent depuis de longues années les mesures efficaces pour le redressement de l'industrie et la réduction de la dépense publique, sans laquelle rien n'est possible. Difficile, pourtant, de sortir de l'ornière où des personnalités influentes ont enfermé la France en imposant l'idée que, pour créer des emplois, le secteur des services devait prédominer dans notre économie !
En regardant l'évolution des chiffres depuis trois décennies on ne peut éviter un malaise : de 24 % en 1980 la part de l'industrie dans le PIB est tombée en trente ans à 11,8 % ; un résultat qui nous place entre Malte et Chypre ! L'externalisation de certaines fonctions dans les services n'explique pas totalement ce décrochage. Inutile de citer les conséquences de cette défaillance industrielle : appauvrissement de nos territoires, déficit des systèmes sociaux, explosion de la dette, découragement progressif d'une partie de nos jeunes compétences.
La détérioration de notre balance commerciale au rythme des usines qui ferment ou se délocalisent aurait dû faire réagir nos décideurs politiques. Seule une réforme radicale pourra changer la trajectoire de notre économie. Or aucune mesure en faveur du secteur industriel n'apparaît encore chez les candidats à la primaire de la droite et du centre, qui heureusement n'ont pas encore bouclé leurs projets. Du refus d'appliquer des politiques sectorielles aux précautions prises pour éviter des conflits avec nos partenaires européens, les fausses excuses ne manquent pas.

Pourtant des décisions fortes doivent être prises pour mettre un terme à ce désastre industriel. Celles-ci seraient basées sur des mesures spécifiques profitables au secteur productif, qui comprend aujourd'hui environ 400 000 entreprises directement exposées à la concurrence internationale et qui représentent environ 3,5 millions d'emplois. Agir pour elles, c'est renforcer notre croissance et notre balance commerciale - soit 40 milliards de déficit annuel, dont les deux tiers perdus au profit de nos partenaires européens.
Ce périmètre des entreprises exposées éligibles aux mesures spéciales a été âprement discuté entre économistes. Il part du principe que ce sont les entreprises de production qui créent la richesse et qui tirent les autres activités. Pour se battre à égalité avec leurs concurrentes européennes, elles doivent bénéficier d'une exonération des taxes sur la production, ce qui rendrait le secteur plus compétitif et attractif pour les jeunes compétences. Nous avons évalué le coût de cet effort à 9,5 milliards d'euros. Osons aussi appliquer les exonérations de charges non plus sur les bas salaires mais sur l'ensemble des salaires. Concentrées sur les bas salaires, les exonérations de charges bénéficient très peu à l'industrie.
Adoptons également des mesures non spécifiques au secteur productif mais essentielles pour relancer les investissements : arrêter un taux de prélèvement unique sur le capital (évalué à 25 % par nos experts) afin de revenir dans la moyenne européenne ; supprimer l'ISF ; accepter la possibilité d'amortir en deux ans des investissements pour impulser un renouvellement des équipements ; réinstaurer la déductibilité fiscale des intérêts d'emprunt et baisser le taux d'impôt sur les sociétés à 25 %.

Ces mesures doivent s'accompagner de la création d'écosystèmes locaux favorables à la production et à la création d'emplois en mesure d'accueillir les relocalisations et la naissance des industries nouvelles qui consolideront nos territoires.
Avec une productivité six fois supérieure aux autres secteurs d'activité, un effort coûte que coûte sur l'industrie nous ramènera rapidement au-dessus des 2 % de croissance, ce qui résoudra beaucoup de nos problèmes.
Nous attendons le décideur politique qui viendra dire à la nation : "Je ne veux plus voir de pneus brûler à la porte de nos usines en faillite, je ne veux plus voir les salariés en pleurs avec leurs familles désespérées par la perte de leur travail, et des régions entières sinistrées. Je vous propose des mesures fortes, pour faire de notre pays une terre de production attractive et sortir de la résignation."
Paru dans Le Figaro, 22 mars 2016

Patron expatrié recrute salarié

Publié dans En France
Des expatriés sont patrons de plus de 10 salariés
 
Près de 6 % des expatriés français sont patrons d’une entreprise de plus de 10 salariés. Ce ratio, issu d’une ­enquête de la Maison des Français de l’étranger, est dix fois plus élevé que pour les Français résidant en France. Rapporté au nombre d’expatriés - que l’on peut estimer à environ 2 millions -, cela signifie que 100 000 Français dirigent, hors de nos frontières, des ­entreprises de plus de 10 salariés. La comparaison avec les quelque 200 000 entreprises de cette catégorie que compte le territoire ­national nous montre l’étonnante réussite de nos compatriotes lorsqu’ils développent leurs activités sous d’autres cieux. Bien sûr, ces ­activités n’auraient pas pu être toutes créées sur le territoire national ; néanmoins, si l’on considère que ces sociétés n’ont que 10 salariés, 1 million d’emplois ont été créés par nos compatriotes à l’étranger.
Comment expliquer ce phénomène ? Notre économie s’affaiblit car notre fiscalité, qui détermine le comportement des entrepreneurs, des investisseurs et des compétences, contribue à nous vider lentement mais régulièrement de nos forces. En cause, une fiscalité du capital parmi les plus élevées au monde, des taxes, charges et contraintes sur les entreprises devenues insupportables. Ainsi, le cumul de l’ISF avec une fiscalité du capital alignée sur celle du travail, l’absence de prise en compte de l’inflation et du risque peuvent aboutir à des taux d’imposition réels supérieurs aux revenus ! Les investisseurs qui agissent rationnellement ne peuvent pas résider en France. Leur départ réduit logiquement la capacité de financement de nos entreprises et empêche le renouvellement de notre tissu de PME.
Il devient donc urgent de remettre à plat la fiscalité du capital, intégrant la suppression de l’ISF et la mise en place d’une "flat tax" sur le capital à 25 %, si l’on souhaite endiguer l’exil de nos capacités entrepreneuriales et voir le nombre de sociétés de plus de 10 salariés implantées sur notre territoire augmenter.

Paru dans Le Figaro Magazine, 12 février 2016

Le coût du programme du FN

Publié dans Du côté des élites
120 milliards € : le coût du programme du FN
 
Sortie de l’euro, taxe sur les importations, augmentation des salaires, ­mises en place d’un revenu parental, etc. : le Front national, qui se veut être une alternative aux partis "traditionnels", ­propose un programme qui, paradoxalement, poursuit en pire la politique économique menée ces trente dernières années.
Ainsi, en combinant augmentation de certains impôts et prélèvements, notamment pour les grandes entreprises, augmentation des salaires (environ 200 €) inférieurs à 1,4 smic, mise en place de mesures protectionnistes illusoires et dangereuses pour notre industrie à travers des droits de douane, et sortie de l’euro, la politique économique du parti d’extrême droite rappelle trois expériences catastrophiques :
1) Le programme de relance économique de 1981. Les causes devraient avoir les mêmes effets : la relance de l’économie par la hausse du pouvoir d’achat s’était traduite en 1981 par une hausse des importations et donc l’aggravation du déficit commercial, un creusement du déficit public, un emballement de l’inflation et la sanction des marchés financiers.
2) Le choc fiscal de 2012/2013 du gouvernement Ayrault, avec une taxation accrue des grandes entreprises qui s’est traduite par la délocalisation de certaines de leurs activités et une taxation accrue du capital qui prive l’économie de financements.
3) La politique de dévaluations monétaires de l’Argentine, avec une stratégie de repli économique "autarcique".
 
Au total, le programme du Front national coûterait 120 milliards d’euros par an en régime de croisière, soit une augmentation du déficit de 6 points de PIB ; les mesures les plus coûteuses étant : le renchérissement du coût de la dette dû à la sortie de l’euro (30 Mds €), la ­revalorisation des retraites (19 Mds €), l’augmentation des salaires (18 Mds €) et des allocations ­familiales (12 Mds €).
Avec le programme économique du FN, nous passerions du déclin de notre économie à son effondrement et à son isolement.

Paru dans Le Figaro Magazine, 26 septembre 2015

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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