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MONTETY de  Etienne

MONTETY de Etienne

Né le 2 mai 1965
Marié – 5 enfants
 
Journaliste,

Ecrivain
 

Maîtrise de droit et sciences politiques
DESS de sciences politiques
 
Directeur adjoint de la rédaction du Figaro
Directeur du Figaro littéraire (depuis 2006)
Dirige également les pages "Débats Opinions" du quotidien depuis 2008
Anime une chronique quotidienne intitulée "Encore un mot".
 
Ouvrages
- Thierry Maulnier (biographie) (1994) -  Salut à Kléber Haedens (1996) - Honoré d’Estienne d'Orves, un héros français (2001)     Prix littéraire de l'armée de terre - Erwan Bergot en 2001 - Des Hommes irréguliers (2006) - L’Article de la mort (2009) - Encore un mot : billets du "Figaro" (2012) - La Route du salut (2013) -

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Jeanne d'Arc, femme de l'année 2012

Publié dans En France

Vendredi, le président de la République s'en est allé à Domrémy présenter les hommages du pays à Jeanne d'Arc. Une héroïne de 600 ans, au visage et à l'héritage intacts. Par quelque aspect que l'on prenne la vie de la Pucelle, son enfance, ses exploits en armes, son attitude à son procès, que l'on retienne ou non l'acception spirituelle du mot, Jeanne est la "patronne" de la France.
Gambetta, Jaurès, Michelet, Péguy, de Gaulle, Anouilh s'en sont faits, chacun à sa manière, les chevaliers servants. Et c'est la IIIe République, celle des lois anticléricales, qui vota un jour de fête nationale en son honneur: la Grande Guerre était passée par là et le besoin d'union sacrée.
Qu'est-ce qui peut frapper nos contemporains dans le destin exceptionnel de cette jeune fille ? L'irruption d'une figure nouvelle, surgie de nulle part et s'imposant en quelques mois pour retourner le sort en faveur de la France. Dans un pays à l'identité en crise (le XVe siècle, quel maelström), une Antigone en chair et en os se prévalait de saint Michel plutôt que de Cauchon, c'est-à-dire du Ciel. Une nouvelle fois, le salut venait d'une femme.
Dans un pays où une partie des élites avaient trahi, compromises et discréditées, une petite bergère montrait le chemin du redressement, en "gouvernant d'un seul mot le rustre et le soudard". Elle en remontrait aux hommes. Les faits d'armes parlaient d'eux-mêmes. Plus troublant : devant le tribunal, elle parlait à ses juges, des experts, avec une lucidité surnaturelle. Elle faisait croire aux miracles.
Les minutes de son procès l'attestent : elle avait du courage et de l'insolence. Ce sont des vertus qu'il faut cultiver sans cesse.
"Aucun parti, dira Barrès, n'est étranger à Jeanne d'Arc et tous les partis ont besoin d'elle. Pourquoi ? Parce qu'elle est cette force mystérieuse, cette force divine d'où jaillit l'espérance."
Jeanne d'Arc, femme de l'année 2012.

Paru dans Le Figaro, 7 janvier 2012

Noël, fête premium ?

Publié dans Au delà

"Je n'aime pas Noël. Vivement que la période soit passée."
Que se passe-t-il ? Que n'aime-t-il pas dans Noël, notre contemporain grincheux ? Le caractère obligé de la fête annuelle, alors que les jours sont courts et maussades ? Peut-être. La dégoulinade d'offres commerciales qui lui donnent la nausée avant même d'être passé à table ? La surenchère des cadeaux ? On le comprend.
En réalité, ce que notre homme ne goûte pas, c'est la représentation moderne de Noël. Que signifie une fête si, au fond, on ne sait pas pourquoi on la fait ?
On peut fêter Noël pour la joie de se retrouver en famille ou entre amis. Pour voir les yeux des enfants briller devant le sapin et les cadeaux empaquetés. Dans l'émerveillement de leur progéniture, les adultes attendris retrouvent en ces moments quelque chose de l'enfant qu'ils furent.
Mais si Noël ça n'est "que ça", alors si l'on n'a pas de famille, ou que l'on n'est pas d'humeur à la voir, que vaut cette tradition ? Serait-elle donc réservée à quelques-uns, des happy few, des VIP dotés d'un niveau de vie permettant de festoyer, entourés d'une famille unie et d'enfants aimants ? Noël, fête premium ? Ce serait un scandale.
Car le sens de Noël est ailleurs. Noël est - qui s'en souvient ? - la célébration perpétuelle d'un événement survenu il y a quelque deux mille ans à Bethléem : la naissance d'un enfant, le fils de Dieu. Les premiers témoins de ce fait inouï ne furent ni des journalistes ni des hommes politiques, mais, précise l'Évangile, d'abord des bergers des environs - le tout-venant - et ensuite des mages "venus d'Orient" : autant dire "le monde entier" de l'époque. Qui ne se réjouirait de la naissance d'un enfant, et plus encore s'il vient pour le salut des hommes ? La joie de Noël est offerte à tous. Les raisons d'être sombre sont assez nombreuses pour ne pas la repousser.

Paru dans Le Figaro, 23 décembre 2011

Benoit XVI chez Luther

Publié dans De par le monde

Ainsi donc Benoît XVI s’en est venu à Erfurt, la ville du moine Luther. Pour un pape souvent présenté par la vulgate comme fermé, intransigeant, le geste est à saluer. Il s’y est présenté comme "évêque de Rome" - le titre n’est pas neutre et dit assez l’humilité et le grand sens diplomatique du chef de l’Église catholique. Qu’a-t-il dit aux représentants de l’Église réformée ? Il y a fait l’éloge de celui qui rompit violemment au XVI° siècle avec son prédécesseur, Léon X, et souligné sa passion d’un "Dieu miséricordieux" : "Qui aujourd’hui se préoccupe de ça, même parmi les chrétiens ? "a demandé le Pape à une Allemagne en proie à une crise spirituelle profonde et ancienne. Il a également exalté à plusieurs reprises le patrimoine commun existant entre les chrétiens de confession catholique et protestante : la foi en un Dieu trinitaire. Comme si les différends sur la présence réelle ou la Vierge Marie, pour capitaux qu’ils soient, ne devaient pas empêcher l’engagement des croyants côte à côte, pour le bien de l’homme. Aux yeux de Benoît XVI, ces "grandes choses que nous avons en commun" fondent un "ethos chrétien".C’est pourquoi il a tendu la main à ses hôtes pour relever ensemble ce qu’il estime être l’immense défi lancé aux "Églises confessionnelles historiques" D’abord le pullulement des nouvelles formes de religiosité, des sectes chrétiennes "de faible densité", "avec peu de bagage rationnel et encore moins de bagage dogmatique" et qui déferlent sur l’Afrique et l’Amérique latine. Ensuite le sécularisme. Sur cette terre de prospérité qu’est l’Allemagne, le Pape a dénoncé "l’hybris du pouvoir", "la corruption des grands", "l’addiction à la jouissance". "Comme chrétiens, a encore dit le Pape, nous devons défendre la dignité inviolable de l’homme, de la conception à la mort". En Allemagne comme en France, ces mots parlent à ceux qui les entendent. Au cours de cette journée à Erfurt, Joseph Ratzinger n’a pas hésité à utiliser une image, celle des martyrs du nazisme, catholiques et protestants, unis jusqu’au sacrifice dans la lutte contre le totalitarisme païen. En Allemagne, cette référence n’est pas anodine. Aurait-il voulu frapper les esprits, insister sur l’urgence de la mobilisation pour sauver un monde malade, qu’il n’aurait pas parlé autrement.
Paru dans Le Figaro, 24 septembre 2011

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