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PINTON Michel

PINTON Michel

Né le 23 décembre 1937
 
 
 
 
 

Ecole Polytechnique
École nationale de la statistique et de l'administration économique (ENSAE)  

Fonctions diverses de direction d’entreprises
Maire de Felletin (Creuse) (1995 - 2008)
 
Fondateur, Délégué général puis Secrétaire général de l’Union pour la Démocratie Française (UDF)
Député au parlement européen
 
A titre bénévole,
Fondateur, Vice-président puis Président de France-initiative (réseau d’aide à la création d’entreprises)
   
      
 

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L’honneur de la France

Publié dans Devant l'histoire
L’honneur de la France
 
Dimanche dernier, le Président de la République a commémoré l’arrestation, les 16 et 17 juillet 1942, de treize mille Juifs par la police parisienne, leur internement au Vel d’Hiv et leur livraison à l’occupant allemand. Il est juste que les plus hautes autorités de l’Etat manifestent par leur présence, le regret et la douleur de la nation devant cet acte cruel. Nous savons aujourd’hui que ces déportés ont presque tous péri dans les camps de concentration nazis.
Mais Emmanuel Macron a cru bon de faire plus. Reprenant un thème initié par Jacques Chirac en 1995 et développé par François Hollande en 2012, il a affirmé que la responsabilité de la sinistre rafle retombait exclusivement sur notre peuple. Il a fustigé une salissure indélébile sur notre honneur national : "C’est bien la France qui organisa la rafle puis la déportation". "Pas un seul Allemand n’y prêta la main".
     
Dans le demi-siècle qui a suivi la guerre, cette interprétation ignominieuse de l’événement en question a été repoussée par tous les responsables de l’Etat. De Charles de Gaulle à François Mitterrand, ils ont fait la distinction entre la France, qui s’opposait à l’occupant, et quelques Français dévoyés qui collaboraient avec lui. Une autre génération est aujourd’hui au pouvoir. Elle se croit meilleure juge de notre histoire que ceux qui l’ont faite. Elle affirme s’appuyer sur les recherches historiques les plus récentes pour rétablir la vérité.
Si faible que soit ma voix, je veux dénoncer ce qui est aujourd’hui un mensonge officiel. Il m’est insupportable que quiconque et surtout le chef de notre propre Etat, porte des coups à la dignité de la France. Certes, comme l’a dit le même Macron, un peuple se grandit quand il reconnaît les fautes qu’il a commises. L’Allemagne nous en donne l’exemple. Mais imputer à notre patrie un crime dont elle est innocente, c’est l’humilier et l’abaisser.
Pour prouver la culpabilité nationale, le Président nous présente un raisonnement simple. Les ordres d’arrestation sont venus de Vichy. Or "Vichy était le gouvernement de la France". Donc la France est responsable de la rafle.
       
Jusqu’en 1995, pareille énormité aurait scandalisé l’opinion publique. Jacques Chirac avait veillé à en atténuer l’effet en proclamant l’existence de deux France, l’une à Vichy, l’autre à Londres, l’une mauvaise, l’autre bonne. L’héroïsme de la seconde ne rachetait pas le crime de  la première mais il lui était une sorte de contrepoids. Sarkozy et Hollande ont repris cette thèse embrouillée et contradictoire sans rien y changer.  Macron ne s’embarrasse plus des précautions de ses trois prédécesseurs. Il choisit d’aller droit à ce qu’il considère comme une vérité "implacable". Pour lui, il n’y a jamais eu qu’un seul Etat français et une seule France : celle dont le chef s’appelait Pétain. Certes le régime a eu des adversaires : "ceux qui s’étaient engagés dans la résistance intérieure et extérieure" et ceux qui ont sauvé des Juifs. Mais ils n’étaient pas la France. Ils ne constituaient même pas une force significative. La preuve ?  Vichy "a pu compter sur toutes les forces vives du pays pour mener sa politique de collaboration". De glissement en glissement, le régime de Vichy retrouve aujourd’hui sa légitimité et la "France libre" perd la sienne.  Macron offre aux maudits de notre passé une revanche éclatante. Je ne sais pas s’il en est conscient.         
        
Comment explique-t-il que la vérité officielle de notre temps n’ait pas été admise par les survivants de la guerre ? Emmanuel Macron répond à nouveau sans détour. Il écarte les explications confuses de François Hollande, pour qui "l’époque (de 1945 à 1995) était à l’indifférence". "La France ne voulait ni voir ni savoir" et elle cachait le massacre "sous une chape de plomb". Notre Président refuse d’insinuer que ses deux grands prédécesseurs, Charles de Gaulle et François Mitterrand, ont été indifférents ou timorés. Il sait que personne n’y croit. Il leur accorde une excuse de nature politique : s’ils ont choisi d’être "mutiques" c’est parce qu’ils "ont fait primer l’apaisement et la réconciliation" des Français sur la vérité.
Mais cette "vérité irrévocable" est-elle aussi prouvée que Macron le proclame ? Examinons les faits. Qui exerçait le pouvoir à Vichy en juillet 1942 ? Exprimait-il la volonté libre de notre peuple ? Quatre mois plus tôt, Pétain, Chef de l’Etat en titre, s’était résigné, sous la pression de l’occupant, à nommer chef du gouvernement un homme qui n’avait pas sa confiance : Pierre Laval. "Pour avoir cédé aux intrigues de quelques Français et aux chantages des Allemands" écrit l’historien Robert Aron, le vieillard "a été forcé de couvrir de son autorité la politique de Laval sans pouvoir la modifier ni y mettre fin". Pitoyable "potiche" (l’expression est de Laval lui-même), Pétain a signé en avril un "acte constitutionnel" qui stipulait que "la direction effective de la politique extérieure et intérieure de la France est assumée par le chef du gouvernement", c’est à dire par un politicien honni par l’opinion publique, imposé par l’ennemi et engagé dans une "collaboration" que les Français vomissaient dans leur immense majorité. Qui peut, de bonne foi, prétendre que ce personnage, c’était la France ?
       
Fin juin 1942, les émissaires nazis exigent une "action" générale contre les Juifs, qu’ils soient français ou étrangers, résidant en zones libre ou occupée. Faute de quoi, ils menacent de faire subir à notre pays le sort de la Pologne martyrisée. Laval essaie, selon sa politique constante, de "finasser" sans s’opposer. Il arrive à une "transaction" : les Allemands ne déporteront pas les Juifs français de zone occupée ; en échange, la police française recevra de lui l’ordre d’arrêter les Juifs étrangers qui s’y trouvent, notamment à Paris. Laval décide seul, sans l’approbation d’aucune "force vive". Marché déshonorant, qui flétrit la mémoire de son auteur et de ses complices actifs, comme le sinistre Darquier de Pellepoix, commissaire aux affaires juives, ou passifs comme Benoît-Méchin, secrétaire d’Etat chargé des relations franco-allemandes. C’est accorder à de tels individus un honneur bien étrange que de proclamer aujourd’hui qu’ils étaient la France. Ils faisaient horreur à leurs contemporains qui les ont condamné à mort comme traîtres à la patrie. Et personne, a l’époque, n’a osé dire que de Gaulle avait tenté de les soustraire à la justice au nom de je ne sais quelle priorité à "l’apaisement et à la réconciliation".
      
La bonne question, n’est-ce pas alors de nous demander pourquoi nos dirigeants actuels s’acharnent à travestir les faits et à imposer une "vérité" outrageante ? La réponse tient en peu de mots : notre classe dirigeante déteste secrètement Charles de Gaulle et son œuvre. Elle ne supporte pas ce rebelle, qui a mis la souveraineté française plus haut que tout, a contesté l’ordre international organisé par Washington et a montré peu de tendresse pour les possédants. Elle voit en lui, à juste titre, un reproche constant à sa politique de souverainetés partagées, de solidarité atlantique à tout prix et de respect religieux de la liberté des marchés financiers. Le meilleur moyen de se débarrasser de ce gêneur, c’est de lui retirer toute légitimité. Macron s’y emploie avec l’ardeur d’un débutant. C’est pourquoi il est tant applaudi par la France d’en haut.      

Envoyé par l’auteur, Michel Pinton, Ancien député au Parlement européen, 19 juillet 2017

A propos de la loi Veil

Publié dans Du côté des élites
A propos de la loi Veil
 
Il est inhabituel qu’un article de Magistro commente un autre article, publié sur le même site. Je vais cependant m’y risquer. Le sujet abordé et la manière dont il a été traité soulèvent des questions trop importantes pour ne pas appeler leur approfondissement.
    
Dans la dernière livraison de Magistro, Chantal Delsol a présenté son point de vue sur la loi Veil. L’auteur eest à juste titre considérée comme une représentante éminente de la pensée catholique contemporaine. Je ne pense pas déformer ses propos en les résumant comme suit : en 1974, une part majoritaire de l’opinion publique réclamait la dépénalisation de l’avortement. Giscard, alors président de la République et Simone Veil, ministre de la Santé publique, ont constaté que, "la France n’étant plus en chrétienté", il "devenait illégitime de lui imposer de vivre selon une loi" qui avait été "inspirée par l’autorité ecclésiale". Ils ont choisi de laisser aux consciences individuelles des femmes la responsabilité de décider si, oui ou non, elles devaient poursuivre leurs grossesses. La loi Veil est, pour cette raison, une "loi juste". Les catholiques ont eu le tort de s’y opposer. Ils ont manifesté une "jactance" et une "cruauté" inadmissibles qui ont "engendré des désirs de vengeance".
 
J’ai été témoin direct du processus qui a conduit à la dépénalisation de l’avortement. J’aurais beaucoup de réserves à apporter quant aux vœux supposés de l’opinion publique à cette époque et aujourd’hui encore. Je me limiterai ici à une observation. Ni Giscard ni Simone Veil n’ont pensé en termes de "rupture de civilisation". Ils savaient parfaitement que "l’autorité ecclésiale" avait été abolie en France depuis près de deux siècles et ils ne s’en souciaient nullement. L’un et l’autre étaient acquis à ce qu’ils appelaient la modernité, c’est à dire au libre choix des femmes en matière d’avortement. S’ils ont placé devant cette liberté le modeste obstacle d’un délai de huit jours entre le dépôt d’une demande à l’hôpital et l’exécution de l’acte par les médecins, ce n’était pas pour que "les consciences individuelles puissent peser gravement le pour et le contre. En citant cette phrase, Chantal Delsol ne fait que reprendre un argument de propagande. En réalité, Giscard redoutait la colère de l’électorat catholique. Il a voulu l’apaiser en donnant à la loi Veil l’apparence d’un compromis prudent et équilibré entre les camps opposés : l’avortement serait limité à des situations d’extrême détresse auxquelles personne ne pouvait refuser sa compassion, surtout si elles étaient confirmées par huit jours de réflexion. Dans les faits, l’interruption volontaire de grossesse est vite devenue le phénomène massif qui était prévisible et le législateur s’est peu à peu débarrassé des hypocrisies de la loi de 1974. Aujourd’hui il ne parle plus d’exceptions malheureuses mais de droit fondamental. Le "renversement d’intention" contre lequel Chantal Delsol proteste, n’a jamais existé. Jamais Simone Veil ni Giscard n’ont dénoncé les modifications qui auraient "fait de l’I.V.G. le contraire exact de ce qu’elle était" avec eux.
      
Cette divergence entre la philosophe et les deux responsables politiques étant exposée, il reste que tous trois se retrouvent pour affirmer leur attachement aux valeurs judéo-chrétiennes. Mais elles ne concernent que leurs personnes privées. Ils ont établi, l’une dans ses raisonnements, les deux autres par leurs actes, une séparation rigoureuse entre leurs comportements individuels et leur participation à la vie publique. Ils n’hésitent pas à trouver juste une loi qui bafoue leur morale personnelle. Ils ont renoncé à l’idée selon laquelle le christianisme a un prolongement politique et social. Ils sont d’accord pour que leur religion organise des œuvres caritatives de nature privée mais tiennent pour dépassée et blâmable l’aspiration de certains catholiques à donner un caractère légal à la morale chrétienne.
Ils ne sont pas seuls. Beaucoup de croyants pensent comme eux. C’était en 1974 le point de vue du philosophe Maurice Clavel. Il n’hésitait pas à traiter de "canaille" le cardinal archevêque de Paris au motif que le prélat s’opposait publiquement à la loi Veil.
Leur dualisme, qui fait un partage très inégal entre ce qui est dû à Dieu et ce qui est dû à César, est une application moderne de vieilles idées gnostiques, hérésie maintes fois anathémisée par l’Eglise. Mais ils ne semblent pas en être conscients.
     
S’il ne s’agissait pas que d’un problème doctrinal, il conviendrait de l’abandonner aux théologiens, profession à laquelle je n’appartiens pas. Mais le point de vue des intellectuels dont je parle, et leur forte influence sur la masse des croyants, ont d’importantes conséquences pratiques. Elle interdit que les catholiques examinent en quoi la loi Veil affecte le bien commun des Français. Si, en effet, l’avortement n’est qu’une question de choix privé sur lequel l’Etat et la société n’ont rien à dire, il devient impensable d’envisager des mesures légales qui en restreindraient l’exercice, même si ce dernier a des répercussions sur notre devenir national. J’en donne deux exemples : notre peuple peut-il tenir pour négligeable la blessure qui lui est infligée chaque année depuis près d’un demi-siècle, par la suppression de deux cent mille vies humaines ? L’affaiblissement démographique qui en résulte a des effets considérables sur notre prospérité et notre rang dans le monde. L’immigration massive que nous devons accepter, le compense mal et contient des risques graves. Ensuite, est-il vrai que la loi Veil ait égalisé la condition des femmes devant l’interruption volontaire de grossesse ? La réponse est évidemment oui sur le plan formel. Mais un examen, même sommaire, de la réalité sociale, montre qu’elle a accentué les inégalités entre les femmes riches et diplômées et celles qui appartiennent aux milieux défavorisés. Les premières y ont gagné en émancipation professionnelle et aisance financière ; les secondes se sont trouvé plus dépendantes des choix égoïstes des hommes. Ce n’est pas par hasard si la catégorie la plus pauvre, la plus broyée de la population française est constituée, dans son écrasante majorité, de femmes seules, chargées ou non d’enfants.
 
Giscard et Simone Veil ont délibérément écarté les questions que la liberté d’avortement pose à notre bien commun. Leurs successeurs se sont obstinés dans le même refus, quitte à nier des réalités de plus en plus dérangeantes. Il se trouve des intellectuels chrétiens, depuis Maurice Clavel jusqu’à aujourd’hui, pour leur apporter une caution morale. C’est dommage pour le catholicisme français et c’est une grande perte pour le débat public dans notre pays.
Envoyé par l'auteur, Michel Pinton, Ancien secrétaire général de l’UDF       

Un bouleversement politique ?

Publié dans Du côté des élites
Un bouleversement politique ?
 
Comment faut-il comprendre la victoire de Macron à l’élection présidentielle et celle de ses partisans aux élections législatives qui ont suivi ? La plupart des observateurs s’accordent à les analyser comme un changement majeur, encore qu’indistinct, de notre vie nationale. François Bayrou, vétéran des combats du dernier tiers de siècle, est plus catégorique : "les moments que nous vivons" affirme-t-il en toute simplicité "figureront dans les livres d’histoire au même titre que les bouleversements politiques de la Libération ou de 1958". Selon lui, "une vague de confiance est en train de se lever". "La débâcle des partis qui exerçaient le pouvoir depuis des décennies" nous fait entrer dans "une période d’optimisme et de volonté". Les chefs des factions vaincues ne sont pas loin de penser qu’il a raison.
Bayrou ne nous indique pas les faits sur lesquels il a construit ses certitudes. Mais la "vague de confiance" qu’il voit se lever n’apparaît pas dans les statistiques électorales. Les Français ont été moins nombreux à voter en ce printemps "d’optimisme" que pendant "la période de pessimisme et de découragement" qui a porté à l’Elysée, Sarkozy d’abord et Hollande ensuite. Les électeurs "macronistes" eux-mêmes ont montré peu d’ardeur à confirmer leur choix dans les scrutins législatifs : un quart d’entre eux a boudé les urnes le 11 juin. Si l’on devait résumer en un mot  l’état d’esprit de nos compatriotes tel que les consultations électorales nous le montrent, les termes de passivité ou à la rigueur d’attentisme seraient plus adaptés que celui de confiance.
Le président du Modem rapproche audacieusement le quinquennat qui commence  avec les secousses de la Libération et les débuts de la Vè République en 1958. Il n’est pas prouvé que Macron et son gouvernement envisagent une rénovation politique et sociale d’ampleur comparable. Leurs intentions apparaissent plus modestes. En tout état de cause, les grands changements de notre passé ont été marqués par des élans populaires visibles et mesurables, notamment dans les consultations électorales. La "République en marche" est soutenue par moins d’un Français sur six et elle a été, jusqu’à aujourd’hui, incapable d’élargir son assise. Elle n’a pas les moyens de l’ambition dont Bayrou la revêt.
             
Elargissons notre horizon.
Le cycle électoral qui s’achève peut être aisément comparé aux deux qui l’ont précédé en 2007 puis en 2012. Le premier, dans lequel Sarkozy et Royal se sont affrontés au nom de la droite et de la gauche, a passionné les Français. 16 % seulement des électeurs n’ont pas participé au premier tour de scrutin et les deux candidats arrivés en tête ont réuni ensemble près de la moitié du corps électoral. Le cycle suivant, en 2012, a montré un début de désenchantement et de confusion : les abstentionnistes ont été plus nombreux (20 %) et les deux finalistes, Sarkozy et Hollande, n’ont attiré que 43 % des Français. L’élection présidentielle de 2017 ne fait que poursuivre et amplifier le déclin des dix dernières années. L’abstention croît encore (22 %) et les électeurs se dispersent davantage entre des candidats dont aucun ne parvient à mobiliser un Français sur cinq. Ensemble, les deux premiers, Macron et Marine Le Pen, rassemblent péniblement un tiers du corps électoral. Celui qui l’a emporté, doit sa victoire à des circonstances fortuites autant qu’à ses propres mérites. Le processus d’affaiblissement des grandes coalitions de droite et de gauche a commencé avant la "République en marche" et ce qui lui succède n’est pas une recomposition historique des forces partisanes mais un éclatement entre des allégeances fragiles, étroites et instables.
Telle est la réalité politique avec laquelle Macron devra gouverner. Elle est l’image d’un peuple profondément divisé. Les habitants de nos grandes villes voient l'avenir national tout autrement que les ruraux ; le même antagonisme oppose les zones de vieille industrie et les pôles d’activité numérique ; les partisans du multiculturalisme et ceux qui mettent en avant leur attachement identitaire ; les enrichis et les appauvris de la mondialisation ; les euroenthousiastes et les eurosceptiques. Macron porte les attentes de certains groupes ; il suscite la méfiance des autres. Il ne rassemble pas.
                    
 
L’Amérique de Trump, l’Angleterre de May, l’Italie de Renzi et même l’Allemagne de Merkel sont tiraillées par les mêmes forces irréconciliables, paralysées par les mêmes mouvements d’opinion flous et changeants, menacées par la même instabilité politique. Notre pays mériterait d’être appelé exemplaire et le moment présent d’être qualifié d’historique si ceux qui nous dirigent savaient surmonter nos divergences, dépasser nos contradictions et nous unir dans une recherche renouvelée de notre bien commun. Nous en sommes loin. Quel que soit l’enthousiasme de Bayrou pour le quinquennat qui commence, nous ne sommes pas plus avancés que les autres nations d’Europe et d’Amérique. Sauf fait nouveau, notre gouvernement va donc trébucher autant que les autres.

Michel Pinton, Ancien secrétaire général de l’UDF

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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