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REY Dominique

REY Dominique

Né le 21 septembre 1952
 
 
Evêque de Fréjus-Toulon
(nommé par le Pape Jean-Paul II, 16 mai 2000)
 
 
 
Licence en théologie et un diplôme en droit canonique.
Doctorat en économie fiscale
Maîtrise en économie politique à Lyon
Ecole nationale des impôts à Clermont-Ferrand
 
 
Coopérant au Tchad, au ministère des finances comme conseiller fiscal (1975 à 1976)
Enseigne le droit à l’université de N’Djaména.
 
De retour en France,
Au ministère des finances à la direction générale des impôts, et à la direction de la prévision
 
Chez les Dominicains (couvent de l’Annonciation)
     dans le cadre d’une maison de formation de la Communauté de l’Emmanuel.
A l’Institut catholique de Paris
     Licence en théologie et diplôme en droit canonique (1979)
 
 
Ordonné prêtre pour le diocèse de Paris le 23 juin 1984
Membre de la Communauté de l’Emmanuel

Successivement
Aumônier du lycée Stanislas (1984-1985)
Vicaire à la paroisse Sainte-Marie des Batignolles à Paris 17ème (1985-1986),
Supérieur des chapelains à Paray-le-Monial dans le diocèse d’Autun (1986-1988)
     et directeur des pèlerinages de ce sanctuaire (1986-1988)
     création du festival artistique Magnificat qui réunit des centaines d’artistes, chrétiens ou non, et plus de 20 000 personnes,
     Prêtre accompagnateur des séminaristes et des prêtres de l’Emmanuel (1988-1995).
Lance les rencontres sacerdotales "Demain, quel(s) prêtre(s) ?" (1992)
     réunissant chaque année plusieurs centaines de prêtres à Paray-le-Monial.
Curé de la paroisse de la Sainte-Trinité, Paris 9ème nommé par Mgr Lustiger (1995 à 2000)
     Directeur du Centre Trinité (centre de formation à la vie chrétienne : 2 800 auditeurs) et responsable du Bistrot du Curé, à Pigalle.
Nomme évêque de Fréjus-Toulon par le Pape Jean-Paul II (16 mai 2000)
Ordonné évêque par le cardinal Lustiger (17 septembre 2000)
     Le diocèse de Fréjus Toulon coïncide avec le département du Var et l’île de Lérins "St Honorat" -
     compte 1 007 303 habitants (... et près de neuf millions de touristes chaque année),
     plus de 254 prêtres en activité (233 incardinés et 125 de moins de 55 ans), 22 diacres permanents, une vingtaine de laïcs salariés et une soixantaine de séminaristes.
     196 paroisses et plus de 70 réalités différentes de vie consacrée.
 
Publications 
Diffusion de la Lettre Pastorale L’actualité de la Mission  (2001) 
Diffusion de la Lettre Pastorale Servir dans l’Eglise (2002) 
 
Ouvrages
Les Rencontres de Jésus, Emmanuel, Paris, 2006 - Peut-on être chrétien et franc-maçon ?, Salvator, Paris, 2007 - Les Mystères du rosaire, Emmanuel, Paris, 2008 - L’insolence de l’évangile, Onésime, 2008 - Le Prêtre, Tempora, 2009 - Laïcs dans l’Eglise aujourd’hui, Salvator, 2010 - Qui enverrai-je ? Artège, 2010 - Urgence éducative, Salvator, 2010 - L’héritage et la promesse, Editions RCF Méditerranée, 2011 - Peut-on être catho et écolo ? Artège, 2012 - Confidences, Editions Onésime, 2012 - Paroisses, réveillez-vous ! Editions de l’Emmanuel, 2012 - De l’adoration à l’évangélisation, EdB 2013

URL du site internet:

"... égorgé pendant la messe"

Publié dans En France
"Un prêtre a été égorgé pendant la messe" 

LE FIGARO. - Quels sont vos sentiments après l’assassinat du père Jacques Hamel, égorgé dans son église, près de Rouen ?
Mgr Dominique REY. - Quand nous avons appris la nouvelle, nous nous retrouvions à Cracovie avec cette foule de pèlerins pacifiques et joyeux, rassemblés pour les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) dans un esprit de paix et de prière. J’ai été bouleversé par la violence du choc entre cet événement douloureux qui touche la France et ce qui se dégage de l’événement international autour du Saint-Père.
Avec ce crime perpétré au cœur d’une église, nous passons à des faits d’un ordre supérieur et franchissons un degré supplémentaire dans le fanatisme. La violence, qui était auparavant une violence gratuite soutenue par une volonté de dispenser la haine, s’en prend aujourd’hui directement au religieux et au christianisme.
Pour tout chrétien, c’est un acte d’une immense violence puisque les deux criminels se sont attaqués directement au signe sacré de la manifestation de la présence de Dieu dans un lieu de recueillement, de prière et de paix. Un prêtre a été égorgé pendant la messe. Au cœur de l’Eucharistie, il a célébré sa propre Pâque. L’Eucharistie prend toute sa beauté au cœur de cette atrocité. Le père Jacques Hamel a ainsi payé de son sang et de sa vie son attachement au Christ, dont il célébrait les mystères. Cet acte offense non seulement l’image de l’homme, mais il atteint le visage même de Dieu.
 
L’attentat a été revendiqué par l’État islamique. Les chrétiens sont-ils devenus des cibles de choix du terrorisme islamiste en France ?
Cet acte se veut de nature religieuse et se présente comme un acte antichrétien. Face à un acte qui est dans son essence déraisonné jusqu’à être violent et meurtrier, la première réponse est de conserver absolument un esprit raisonnable, qui fasse qu’on recherche les moyens d’endiguer la violence et non de l’alimenter.
Pour nous, chrétiens, la foi en un Dieu qui n’est qu’amour nous presse de conserver cet esprit. Mais cela ne sera possible que s’il y a d’abord un effort considérable de justice, qui passe par des mesures de sécurité adaptées aux terribles menaces terroristes qui pèsent sur notre pays, sans toutefois remettre en cause le droit de chacun de pouvoir penser, croire et exprimer sa foi.
Le profil des agresseurs, apprentis djihadistes déjà repérés par la justice, témoigne d’une faille dans notre système de sécurité. Il faut aussi répondre à ces questions de sécurité pour pouvoir conserver notre esprit de raison. Il faut ensuite trouver des chemins de dialogue pour endiguer la violence irraisonnée : nous confessons un Dieu qui s’est fait logos, c’est-à-dire qui s’est fait à la fois dialogue et raison, comme l’avait si bien dit le pape Benoît XVI en 2006 dans son discours de Ratisbonne. Ce dernier, comme Jean-Paul II avant lui et le pape François aujourd’hui, a insisté avec force sur cette promotion d’un véritable dialogue, respectueux de l’autre, permettant, malgré nos divergences et nos dissensions, de pouvoir rechercher ensemble une vision commune du bien et de la paix. Car faut-il répondre à la violence par une autre violence ? Évidemment non, il faut au contraire répondre par la justice, par le dialogue, par la recherche commune de la paix.
 
Comment l’Église catholique peut-elle, en France, mener un dialogue franc avec les représentants des musulmans ?
Nous devons trouver un terrain commun de dialogue, même avec des personnes qui ne pensent pas comme nous. Ce dialogue doit être mené avec toutes les autres communautés religieuses, mais il existe une difficulté avec l’islam dans la mesure où il n’y a pas de magistère commun et que des sensibilités divergentes s’opposent. Trouver des partenaires suffisamment crédibles pour l’ensemble d’une communauté divisée est une gageure. Si nous ne pouvons pas mener ce dialogue avec l’islam en tant que tel, nous le devons avec le plus grand nombre de musulmans, ce que nous faisons déjà. Il ne faut pas nous dérober à notre tâche, car je crains que la haine de la foi de l’autre ne fasse tache d’huile. Le dialogue est nécessaire pour sortir du risque de l’invective irraisonnée qui engendre la violence. Je ne veux pas assimiler les faits et les actes de tel ou tel groupe salafiste avec ce que vivent et pensent beaucoup de musulmans.
 
Vous êtes fortement impliqué en faveur des chrétiens d’Orient. L’assassinat du père Jacques Hamel fait-il écho aux tourments subis par les chrétiens au Levant ?
C’est certain. Saint-Étienne-du-Rouvray nous renvoie à l’image sombre des minorités chrétiennes martyrisées au nom d’un fanatisme musulman. Mais là encore, la question des chrétiens d’Orient nous invite, nous, chrétiens d’Occident, à être des ponts entre les différentes communautés, comme ceux-là ont été des médiateurs en Orient dans la rencontre et le dialogue entre les groupes religieux. Les chrétiens d’Orient nous invitent aussi à assumer notre claire identité chrétienne, ce qui est notre plus grand défi.
 
Nul ne doute que les Français présents aux Journées mondiales de la jeunesse vont prier pour le père Jacques Hamel. Mais comment peuvent-ils se préparer à relever les défis que vous venez d’évoquer ?
Face à ce geste abominable, dans sa cruauté, dans sa gratuité, toutes les délégations françaises réunies en Pologne autour du Pape pour les Journées mondiales de la jeunesse vont s’adresser au Seigneur pour qu’il mette la paix dans nos cœurs.

Propos recueillis par Alexis FEERTCHAK
Paru dans Le Figaro, 27 juillet 2016

Proposition de loi Claeys Leonetti

Publié dans A tout un chacun
Proposition de loi Claeys Leonetti

Qu’est-ce que la proposition de loi Claeys-Leonetti ? Qu’en pense l’Eglise ?
Ce texte vise à modifier la législation française sur la fin de vie. La conférence des évêques de France a exprimé ses réserves par la voix d’un groupe de travail. Deux éléments principaux sont problématiques : la question de l’hydratation et de la nutrition, la sédation profonde et continue jusqu’à la mort.

Quels sont exactement les enjeux qui touchent la nutrition et l’hydratation ?
La nutrition et l’hydratation sont des besoins vitaux. La proposition de loi les considère comme des traitements, et non comme des soins. Aux derniers instants de la vie, la poursuite de la nutrition cause parfois de grandes souffrances et peut être interrompue dans une démarche de soins palliatifs. En revanche, refuser d’hydrater un minimum une personne revient à hâter sa mort.

Pourquoi la sédation profonde et continue pose-t-elle problème ?
La proposition de loi prévoit que les patients en fin de vie puissent être endormis jusqu’à leur mort. Une sédation profonde est parfois nécessaire selon les médecins, mais elle doit être réversible. La sédation profonde et continue jusqu’à la mort est une forme d’euthanasie lente et déguisée.

Que faire lorsqu’on ne peut pas lutter contre la douleur d’un patient en fin de vie ?
Même si tout doit être fait pour la diminuer, la souffrance suscite l’angoisse. Elle nous semble absurde. Il faut en retrouver le sens. Elle est un chemin de conversion. Elle touche le cœur de Jésus. Elle participe à sa douleur sur la Croix. Notre rôle est d’accompagner les patients et leurs familles par notre compassion, notre prière et notre foi. C’est l’attitude de Marie, silencieuse au pied de la Croix. Le sacrement des malades, reçu en pleine conscience, aide à préparer sa mort.

Pourquoi l’Eglise s’oppose-t-elle à l’euthanasie volontaire et au suicide assisté ?
Le discours ambiant est passé du slogan "mon corps m’appartient" à "ma mort m’appartient". Sans préjuger de la sincérité de ceux qui y ont recours, l’euthanasie directe est une offense à la vie, une faute morale. Le suicide assisté est contraire au juste amour de soi. Attenter à la vie d’un être détruit les fondements du vivre-ensemble, c’est-à-dire l’acceptation de l’autre. En termes religieux, c’est un péché grave.

Qu’est-ce que les chrétiens proposent pour répondre à tous ces défis ?
La force du lobby pro-euthanasie est gonflée par la faiblesse des soins palliatifs. En 1999, une loi a consacré le droit d’avoir accès aux soins palliatifs. Un grand effort doit encore être fait pour obtenir leur développement sur tout le territoire, dans les hôpitaux, les EHPAD et à domicile. Nous devons retrouver le sens de la dignité humaine. Rien ne peut justifier qu’on remette en cause la sacralité de la vie.
Paru sur l'Observatoire sociopolitique - diocèse de Fréjus-Toulon, 26 janvier 2016

Un déficit d'identité

Publié dans A tout un chacun
La peur de l'islamisation de l'Europe marque un déficit d'identité des chrétiens
 


Vous êtes le premier et le seul évêque français à vous être rendu en Syrie, aux côtés des Chrétiens persécutés. Qu'avez-vous vu là-bas ?
J'ai été accueilli en Syrie par le patriarche grec catholique Grégoire III du 22 au 26 août. Nous avons visité un certain nombre de sites où se trouvent les communautés chrétiennes. L'impression de base que m'a donné ce pays, c'est celle d'un double martyre : martyre de la pierre, martyre de la chair. Martyre de la pierre avec ces quartiers (chrétiens et musulmans) saccagés, ces rues impraticables, ces églises détruites… Martyre de la chair surtout, avec ces milliers de drames humains, de persécutions explicites, d'exodes forcés, de familles ayant vu les leurs massacrés sous leurs yeux.
On a la vision d'un pays en ruines, sans avenir, d'une terre de désolation, qu'il faut fuir. Beaucoup de gens là-bas m'ont dit "aidez-moi à partir", même si les responsables religieux appellent à rester sur place. Parmi les chrétiens, certains, dont le martyre particulier s'ajoute au drame commun, ont décidé de rester, faisant preuve d'une résistance morale et spirituelle exemplaire.
 
S'il y a plus d'un an que l'exode des Syriens a commencé, le choc des photos a mobilisé le monde entier autour d'un enfant mort noyé. Que vous inspirent ces terribles images ? L'émotion est-elle un piège ou au contraire un catalyseur nécessaire à l'action ?
Ces images violentes et crues nous obligent à sortir de notre léthargie. Nous ne pouvons plus rester dans l'inaction, dans une inertie confortable qui nous tient lieu de politique depuis des mois. Notre stratégie ne peut se réduire à mettre en place des barbelés et multiplier les contrôles aux frontières ! L'urgence humanitaire exige de mobiliser notre compassion mais aussi notre détermination dans l'action. Il y a un point d'équilibre à trouver, où le cœur et la raison doivent parler de concert. Le cœur doit nous engager à répondre à l'urgence humanitaire. La raison nous oblige à trouver des solutions de long terme. Notre devoir moral, surtout en tant que chrétiens, est d'accueillir toutes les personnes en souffrance, en particulier nos frères chrétiens, dont certains ont fui la persécution. Le pape François nous y invite avec force.
Les frontières territoriales doivent rester essentielles pour protéger l'identité d'un pays. Les flux doivent être régulés. On ne peut pas accueillir dans n'importe quelles conditions. Nous ne voulons pas d'une globalisation brouillonne qui gommerait les identités. Il faut accompagner les nouveaux venus sur le chemin de l'intégration culturelle et sociale, afin qu'ils puissent intérioriser et enrichir aussi l'identité du pays qui les accueille.
 
Que dites-vous à ceux qui agitent le spectre d'une "invasion" et craignent pour l'identité chrétienne de l'Europe ?
Que nous le voulions ou non, nous sommes dans un monde globalisé et ouvert. Nous ne pourrons pas empêcher l'arrivée de réfugiés et les brassages de population qui relèvent de facteurs économiques, géopolitiques, écologiques et religieux très complexes. Ces mouvements démographiques doivent être encadrés par une vraie politique migratoire. Par ailleurs l'altérité due à l'arrivée de personnes issues d'autres univers culturels interroge notre propre identité, et nous engage à nous réapproprier notre héritage national, marqué en Europe par ses racines judéo-chrétiennes.
Certains s'inquiètent d'une islamisation de la France, qui serait accélérée par la venue de ces nouveaux migrants. Tout en éradiquant les groupes islamistes fondamentalistes et le trafic d'êtres humains, il faut absolument mettre en œuvre une culture du dialogue, qui favorise un modus vivendi avec les communautés d'origine musulmane. Il faut aussi déployer une démarche pastorale, qui conjugue accueil et annonce. Pour sortir ou de la confrontation belliqueuse, ou au contraire, de l'indifférence, nous nous devons comme chrétiens, de construire des liens humains de proximité et de solidarité pour que notre société ne devienne pas une nouvelle tour de Babel individualiste, fracturée entre communautés qui ne communiquent plus entre elles.
Face à cette peur de l'islamisation de l'Europe, je constate souvent un déficit d'identité des chrétiens, ils ne doivent pas craindre d'affirmer avec conviction le témoignage de leur foi en Jésus-Christ, même auprès des musulmans. C'est une leçon que j'ai retenue de mon séjour en Syrie.
 
Une conférence de l'ONU sur les minorités persécutées par l'Etat islamique se tient le 8 septembre à Paris. Qu'attendez-vous de la communauté internationale ?
J'attends beaucoup de cette conférence. La France et les grandes puissances doivent former une coalition internationale pour garantir durablement la paix. Le statu quo en Syrie et en Irak n'est plus tenable. La paix est la seule solution pour maintenir les populations sur place.

Figarovox, 7 septembre 2015

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