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RIOUFOL Ivan

RIOUFOL Ivan

Né le 12 septembre 1952
Marié – 2 enfants
 

Journaliste


Université de Nantes
Diplôme d"études approfondies (DEA) de droit maritime et aérien
 
Au Figaro:
            Grand chroniqueur et Membre du comité éditorial (depuis 2000)
            Rédacteur en chef - informations générales (1995-2000)
Rédacteur en chef adjoint (1992-1994)
Chef de service (1990-1992)
Responsable de la rubrique Confidentiel (1988-1990)
Grand reporter (1985-1987)
Correspondant du Quotidien de Paris (1976-1984)
                        Du Journal du Dimanche
                        De Forum international
Journaliste à Presse-Océan
 
Ouvrages
La Tyrannie de l'impudeur (2000) - La République des faux gentils (2004) - Chroniques d'une résistance (2005) - La fracture identitaire (2007) - Où va la France ? (2008) - Chronique d’une année de crise (2009) - La démocratie d’apparence (ouvrage collectif) (2009) - Allez-y sans nous (ouvrage collectif) (2009) - De l'urgence d'être réactionnaire (2012) - A la recherche du peuple perdu (2011) -  Touche pas à ma France (2014) - Poings sur les i (2015) - La Guerre civile qui vient (2016) - La nouvelle révolution française (2016) -

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L'Espagne... son drapeau

Publié dans Avec l'Europe
L'Espagne n'a plus honte de son drapeau
 
Les Espagnols, à leur tour, passent outre les éructations de ceux qui, depuis des lustres, traitent de fachos les patriotes. Beaucoup de braves gens ne se sentent plus honteux d’être attachés à leur nation et à leur drapeau. Une inhibition idéologique est tombée là-bas, comme elle tombe en France et ailleurs en Europe. Il suffit d’écouter les témoignages de l’Espagne silencieuse, ces derniers jours dans les reportages, pour se convaincre d’un réveil de la nation unifiée. Ceux des Catalans qui militent pour l’indépendance de leur région ont probablement perdu leur combat. Ils ne peuvent reprocher à l’Espagne ce qu’ils s’apprêtaient à faire dans l’illégalité : affirmer l’identité d’un peuple autour d’un Etat. Mardi soir, le leader séparatiste, Carles Puigdemont, a reconnu sa position de faiblesse en se contentant d’annoncer une indépendance symbolique. Cet aveu d’échec risque de conforter Madrid dans son intransigeance légaliste. La manifestation monstre de dimanche, qui a fait descendre des mil
liers d’anti-indépendantistes dans les rues de Barcelone, a libéré l’expression d’un sentiment d’appartenance, naguère interdit par le terrorisme intellectuel né en réaction au nationalisme franquiste. La monarchie pourrait bien être le grand vainqueur de ce bras de fer : c’est la fermeté inattendue du roi Felipe VI, mercredi dernier, qui semble être à l’origine de ce sursaut collectif.
 
Pour ceux qui persistent à considérer les questions identitaires comme marginales, la Catalogne et l’Espagne leur apportent en tout cas deux spectaculaires démentis. Ce sont les idéaux et les passions élevées qui font descendre les gens dans les rues, et non les réclamations sur le dégel du point d’indice ou la suppression du jour de carence : ces dernières revendications des fonctionnaires français ont récolté, mardi, le fiasco mérité. Les grandes manifestations que la France a connues ont toutes été motivées au nom de grands principes immatériels, mis au service de l’Ecole ou de la Famille. La Nation est un thème qui peut, demain, tout pareillement mobiliser. De ce point de vue, Laurent Wauquiez a tort quand il s’oblige, ce mercredi sur RTL, à marquer des distances avec Sens Commun, émanation de la Manif pour Tous au sein des Républicains. Le futur probable président LR a pris cette position de retrait pour s’opposer au président de Sens Commun, Christophe Billan, qui s’est dit prêt, dans L’Incorrect, à une "plateforme" politique avec Marion Maréchal-Le Pen, ex-députée FN. Cette figure obligée de Wauquiez risque de replonger la droite dans le formol d’un conformisme dont les Espagnols, libérés des tabous, tentent enfin de s’échapper.

Paru sur blog.lefigaro.fr/rioufol, 11 octobre 2017

L'égalitarisme, ce mal français

Publié dans En France
Fiscalité : l'égalitarisme, ce mal français
 
Le mal français demeure l’égalitarisme, ce plombant héritage de la Révolution française. C’est au nom de ce communisme non avoué que l’Ecole s’est effondrée en supprimant la sélection des élèves. C’est en son nom que la nation n’ose plus hiérarchiser le citoyen et l’étranger, la majorité et la minorité. C’est en son nom que se créée une société ouverte, indifférenciée et remplaçable qui pousse à s’emparer de ce qui appartient aux riches pour rapprocher ceux-là des pauvres : une absurdité qui pousse évidemment les plus aisés à quitter le pays. De ce point de vue, l’Impôt sur la fortune a été comparable à la révocation de l’Edit de Nantes en favorisant l’exil des entrepreneurs et des talents. Ces quinze dernières années, l’ISF a fait fuir 15 000 contribuables, qui représentent 35 milliards d’euros de capital, selon les chiffres rappelés ce mercredi dans Libération par le premier ministre, Edouard Philippe. Il est loisible d’applaudir à la décision du gouvernement de supprimer partiellement cet impôt rageur et ravageur, en faisant sortir les biens mobiliers de la sur-imposition. On peut néanmoins regretter la décision de maintenir l’imposition sur les biens immobiliers : ce choix confirme la méfiance que porte le macronisme aux enracinements et aux héritages, au profit d’un court-termisme fluide et bougiste.
Reste que la passion égalitaire, travers français, est en train de rendre inefficace la timide percée du pouvoir contre l’ISF. Devant les protestations de la gauche pavlovienne, qui dénonce un cadeau fait aux riches, le gouvernement a donné son accord de principe à une taxation supplémentaire des "signes extérieurs de richesse" des biens meubles comme les bateaux et les voitures de luxe ou les chevaux de course. Outre qu’il est difficile de déterminer ce qu’est le début d’un signe ostentatoire, l’imposer encore plus ne réglera évidemment rien de la condition de ceux qui sont dans le besoin. Pire : une telle décision sera comprise comme un message négatif pour ceux qui envisageraient un rapatriement de leur fortune. Il n’y a plus que 79 yachts de plus de 24 mètres à être immatriculés en France. Il y en aura encore moins demain si une telle mesure imbécile devait être votée par les parlementaires pour tenter de calmer les jalousies sociales. Car c’est bien ce sentiment peu glorieux, la jalousie, qui est le ressort de l’égalitarisme français. Alors que l’Anglais, l’Italien, l’Allemand respectent et applaudissent la réussite économique et son émulation, le Français se laisse caricaturer dans l’envie et le ressentiment. La "révolution" macronienne est en marche... arrière.

Paru sur blog.lefigaro.fr/rioufol, 4 octobre 2017

La presse s'égare en politique

Publié dans Du côté des élites
Quand la presse s'égare en politique
 
Trop de journalistes français entretiennent avec le pouvoir politique des proximités malsaines, inutiles, dévalorisantes pour la profession. L’indépendance de la presse ne sort pas grandie des connivences et courbettes qui s’observent dans le petit monde politico-médiatique. Celui-ci vient même d’officialiser son concubinage, puisque des ténors rejoignent ces jours-ci des éditorialistes sur des plateaux de radios ou de télévisions (je vais moi-même connaître ce cas de figure à RTL, où j'interviens à On refait le monde). C’est le cas d’Henri Guaino, Jean-Pierre Raffarin, Julien Dray, Aurélie Filippetti, Gaspard Gantzer, Raquel Garrido, Roselyne Bachelot, etc. Jean Messiha, qui représentait le FN, vient d’ailleurs d’être écarté par Europe 1 au prétexte, notamment, qu’il avait qualifié l’islam "d’incompatible avec la République". C’est bien dommage, car il n’y a aucune raison que le FN ne soit pas, dès lors, représenté tandis que l’est le parti de Jean-Luc Mélenchon. En réalité, il est à craindre que ces personnalités en quête de reconversion n’aggravent la pression du politiquement correct. En effet, elles n’ont jamais brillé, sinon Guaino, par leur résistance au conformisme de la pensée lisse. La nomination, mardi, de Bruno Roger-Petit, journaliste à Challenges, comme porte-parole de l’Elysée, est une autre illustration des liens qui existent entre les pouvoirs médiatique et politique. En juillet, c’est le directeur de la rédaction d’Europe 1, Nicolas Escoulan, qui avait rejoint le cabinet de Benjamin Griveaux, au ministère de l’Economie et des Finances.
 
Ces sortes de "outing" jettent la suspicion sur les informations jusqu’alors diffusées.
Les embrigadements médiatiques en faveur d'Emmanuel Macronconfirment ce que fut, durant la campagne présidentielle, la mobilisation de la presse pour l’enfant chéri. Pierre Bergé, actionnaire du Monde, avait félicité publiquement un de ses éditorialistes pour "son remarquable papier qui prédit la victoire de Macron". Dans un communiqué, la société des journalistes de Challenges, hebdomadaire économique, avait déjà dénoncé "la fréquence des articles de Bruno Roger-Petit et de Maurice Szafran (…) qui annihile totalement la tentative de rééquilibrage", qui avait consisté à embaucher des journalistes "de droite". La chaîne d’Info LCI avait préféré supprimer de son site le replay d’une émission (Médiasphère) jugée trop critique contre le leader d’En Marche ! A la veille de l’élection, le Syndicat national des journalistes (SNJ) et 34 sociétés de journalistes, dont celles du Figaro, avaient pour leur part multiplié les mises en cause de Marine Le Pen, pour valoriser d’autant le jeune candidat. Pour ma part, je suis convaincu depuis toujours que les médias se fourvoient à vouloir mimer les politiques, au point de devenir parfois leurs obligés. Les filets d’eau tiède que produisent ces alliances pantouflardes n’apportent rien au journalisme. Ce dernier a tout à gagner à consolider sa distance avec un monde politique qui tourne en rond et est attiré par la facilité des idées toutes faites.
Paru sur blog.lefigaro.fr/rioufol, 30 août 2017

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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