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ROUX de BEZIEUX Geoffroy

ROUX de BEZIEUX Geoffroy

Né le 31 mai 1962
Marié – 4 enfants

Chef d'entreprise
Vice-président du MEDEF


École supérieure des sciences économiques et commerciales (ESSEC)

Président de l'UNEDIC (depuis 2008)
Membre de la Commission pour la libération de la croissance française
     (Commission Attali)
Président de l'Association Alternative Mobile
Administrateur
       d’International Metal Service,
      de PARROT,
      de PSA Peugeot-Citroën,
      de SELOGER.COM,
      de VIRGIN STORES.
Président de Croissance Plus (2005-2008)
Directeur général Europe de Carphone Warehouse (2000)
Président fondateur de The Phone House et d’OMERTélécom
     (Virgin mobile et Breizh mobile)

Chez L'Oréal (1986-1996)
     Directeur marketing en Angleterre
     Directeur du groupe en Pologne

Ouvrages
Salauds de patrons (2007)

URL du site internet:

La compétitivité aujourd'hui et la confiance demain

Publié dans En France

Le débat sur la compétivité, ouvert il y a quelques mois par le MEDEF, semble maintenant se focaliser sur l’opposition entre la compétivité des coûts et la compétivité hors coûts. Comme si les deux éléments n’étaient pas intimement reliés : c’est parce que nos entreprises souffrent d’un coût du travail plus élevé que leur principaux concurrents que leurs marges sont plus faibles, et c’est parce que leurs marges sont plus faibles que leur capacité d’investissement et d’innovation est inférieure. Il faut se rendre à une évidence : Le retour de la croissance passe par un double choc de compétivité et de confiance. Le choc de compétitivité, c’est à la fois la mise en place d’une flexibilité des organisations dans les entreprises et le système de "double hélice", fléchant le transfert de cotisations sociales vers la CSG d’une part, et la TVA d’autre part à hauteur de 50 Mds d’€. Ce double choc reste indispensable pour retrouver de la compétitivité et créer des emplois. De même, la mise en place d’une politique réelle de réduction des dépenses publiques reste à faire.

A cette demande, on oppose souvent le risque d’aggraver la récession en ralentissant la consommation. On peut comprendre le souci du politique de préserver le pouvoir d’achat, mais c’est une préoccupation qui ne peut relever d’une politique 'court-termiste'. Que disent les chiffres : de 1999 à 2008, la demande intérieure a progressé de près de 40% et a tiré la croissance. Mais dans le même temps la production manufacturière n’a progressé que de 5% ! Sur la même période les importations ont explosé de plus de 50%. C’est pour cela que sur les 25 produits de grande consommation les plus vendus à la rentrée 2012, aucun n’était fabriqué en Europe. La conclusion est claire : préserver la demande pour ne pas pénaliser la croissance  aboutit au bout de quelques années au résultat inverse. Mais ce choc de compétitivité doit s’accompagner d’un choc de confiance, justement sur la compétivité hors coûts. Car la baisse du cout du travail ne relancera la croissance que si les entrepreneurs de ce pays retrouvent la confiance tant il est vrai que c’est le ressort de l’économie de marché. Hors la banque mondiale, qui vient de publier son classement "doing business 2013" sur la facilité d’exploiter une entreprise dans 185 pays, nous  y classe à la 34
ème place !
Pour rétablir la confiance, le gouvernement peut acter des décisions à coût nul qui relèvent de sa propre volonté permettant d’ouvrir des perspectives de compétitivité et démontrant ainsi une attitude pro-entreprises. Il peut acter trois grands principes : la fin du principe de précaution, la mise sous tension de l’interface administrations/état et le droit à la non-ingérence de l’état dans la vie des entreprises.

Le principe de précaution inscrit dans la constitution depuis plusieurs années commence à laisser des traces sérieuses dans la vie économique, que ce soit dans le ralentissement des projets, l’interdiction de lancement de nouvelles activités existant partout dans le monde ou encore le renchérissement des coûts d’exploitation des entreprises. Le sujet le plus emblématique est aujourd’hui l’énergie, avec l’interdiction de rechercher et de forer des gaz non conventionnels et le coup de poignard sur notre industrie nucléaire.


L’hyper-réglementation est devenue un handicap très sérieux, qui ralentit la capacité des entreprises à réagir, à se développer et qui pénalise au quotidien les comptes d’exploitation. Indépendamment de la mise en place des adaptations de son organisation et des réductions de coûts ou d’effectifs, L’Etat et les collectivités territoriales peuvent et doivent montrer l’exemple en matière de compétitivité de son offre de services aux entreprises. Il faut engager un chantier de réduction drastique de l’interface administrative pour les entreprises ; le gouvernement peut mettre en place un principe simple : l’interdiction pour l’administration d’opposer pour une même problématique plusieurs interlocuteurs, que ce soit au niveau national et au niveau local.


Enfin, la non-ingérence de l’état dans la vie des affaires s’exprime par une confiance réelle aux partenaires sociaux et consiste à rendre aux entreprises certaines missions que l’Etat s’est accaparé au fil des années. Par exemple, on peut s’interroger sur l’existence d’un ministère et d’une administration du commerce extérieur alors que les entreprises sont les plus en capacité à définir et implémenter des actions de conseil et d’entraide. Au-delà d’un souci d’efficacité, il s’agit d’envoyer un signal de confiance et de responsabilisation de la communauté des entreprises pour dynamiser nos ventes à l’export.

On ne peut regretter que le débat politique ait opposé compétitivité coût et hors coût car la réalité des entreprises et l’énergie des entrepreneurs vaut bien plus et bien mieux que cela.

Les entrepreneurs manquent de visibilité

Publié dans En France

Les entrepreneurs manquent cruellement de visibilité sur ce que sera la politique économique du gouvernement. Or, ils ont besoin de savoir quel sera le cap tenu. Ce n'est que dans un climat de confiance que l'on pourra faire redémarrer la croissance.
Après avoir stigmatisé les patrons, parfois à outrance comme dans le cas de PSA cet été, le gouvernement a changé son fusil d'épaule et il affiche désormais un soutien plus affirmé à l'égard des chefs d'entreprise. Lors du discours qu'il a prononcé à l'occasion de l'université d'été du Medef, la semaine dernière, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a ainsi ouvert quelques pistes évoquant notamment une possible remise à plat du mode de financement de la Sécurité sociale, essentiellement supporté, actuellement, par les entreprises. Mais pouvons-nous nous contenter de vagues promesses ? Du discours aux actes, il y a souvent, hélas, un grand pas !
Pour l'heure, je ne peux que regretter deux décisions très négatives prises par ce gouvernement : la suppression du "zéro charges" pour les petites entreprises et l'abandon du projet de TVA sociale qui aurait permis d'alléger le coût du travail et de créer un vrai choc de compétitivité.
L'annonce de la suppression du dispositif ISF PME est également une très mauvaise nouvelle pour les PME, de même qu'une éventuelle taxation de l'outil de travail à l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Heureusement, ce dernier projet semble écarté.
En revanche, la taxation à 75 % des revenus supérieurs à 1 million d'euros a toutes les chances d'être mise en place, car c'est un engagement fort de la campagne de François Hollande. Seules quelques dizaines de patrons seront concernées, certes, et ce ne seront pas des patrons de PME, dont la rémunération est loin d'atteindre ces niveaux. Mais je reste profondément choqué par l'idée que certains, comme les footballeurs ou les chanteurs, soient exonérés de cette taxe … et pas les patrons. L'utilité sociale de ces derniers serait-elle perçue comme moins forte ?

Paru dans Le Figaro Magazine, 7 septembre 2012

Patriote à 75% ?

Publié dans En France
Depuis que Francois Hollande a créé la surprise la semaine dernière en proposant de taxer les revenus au-delà de un million d’euros à soixante-quinze pour cent, de nombreuses choses ont déjà été dites sur cette proposition, qui va d’ailleurs toucher plus de footballeurs que de patrons : mesure symbolique et démagogique, encouragement à l’exil fiscal, découragement de l’esprit d’entreprise… Bien que je ne sois pas concerné par cette mesure, je voudrais cependant ajouter ma contribution au débat en m’attardant sur la phrase que le candidat a prononcé juste après avoir annoncé cette mesure : payer cet impôt sera "faire acte de patriotisme". Curieusement personne n’a relevé ce terme qui semble en creux mettre en doute le patriotisme des patrons qui rechigneraient devant cet impôt confiscatoire.

Pour ma part, je pense que Francois Hollande a parfaitement raison : payer ses impôts est en effet un acte patriotique ! Mais créer et développer son entreprise en France c’est également un acte patriotique. Messieurs les hommes politiques, sachez-le, la très grande majorité des entrepreneurs sont patriotes. D’abord, parce que l’entrepreneur reste un citoyen quand il passe la porte de son entreprise. Pas plus, mais pas moins citoyen que les autres ! Contrairement à ce que semblent croire certains, l’entrepreneur n’est pas un robot apatride sans foi, ni loi. Il cherche un équilibre entre ses sentiments personnels, les intérêts de ses actionnaires, de ses clients et de ses employés, les trois piliers sans lesquels il n’y a pas d’entreprise et donc pas d’entrepreneur.

Les entrepreneurs français sont des patriotes, surtout parce qu’ils ont choisi d’entreprendre en France où – le moins que l’on puisse dire –, est que l’environnement qu’il soit fiscal, juridique ou même culturel ne leur est pas favorable ! Beaucoup des entrepreneurs que je croise, en particulier dans la technologie, ont la capacité d’entreprendre dans le monde entier. S’ils ont choisi de le faire en France, c’est qu’ils aiment leur pays et que leur façon de le prouver c’est d’être des professionnels de la création d’emploi en France. Ces entrepreneurs aiment la France, mais il n’est pas évident que ce soit réciproque. Le premier acte de patriotisme économique consiste en effet à créer ou développer son entreprise en France, à payer ses charges sociales même si l’on ne se verse pas de salaire, à se battre avec la complexité d’un code du travail de plus de 2000 pages quand on embauche ses premiers salariés, à découvrir les "effets de seuil" à 20, à 50 puis à 250 salariés…  Enfin, quand vient éventuellement une certaine forme de réussite matérielle, "l’entrepreneur patriote" paye son IRPP, sa CSG, son ISF… et ainsi contribue par la redistribution fiscale au bien-être de ses concitoyens (ou du moins est-il en droit de le croire !) Bref, comme Monsieur Jourdain, les entrepreneurs français font du patriotisme sans le savoir, par les salaires qu’il versent ou les impôts qu’ils payent ! Car la différence fondamentale entre un patron et les autres formes de très hauts revenus visés par la taxe Hollande (traders, footballeurs…) c’est la capacité des premiers à créer de la richesse, qui sera ensuite redistribuée.
On pourrait objecter que l’immense majorité des entrepreneurs n’est pas concernée par cet impôt à 75%. C’est exact. Mais cette mesure a volontairement un caractère symbolique et exemplaire : au-delà d’un certain seuil la réussite matérielle doit être confisquée. Les arbres ne doivent pas monter jusqu’au ciel ! Hors un entrepreneur, par définition, ne fixe jamais de limites à  ses ambitions. Ce plafond de 75%, qui n’est pas de verre, c’est bien l’inverse de l’esprit d’entreprise ! Qu’on ne se méprenne pas : je consens à l’impôt quand il est un facteur d’équité et de cohésion de la société. L’impôt est consubstantiel de la démocratie. Mais à 75% (en réalité prés de 90% avec la CSG), il ne s’agit ni de cohésion, ni d’équité mais de spoliation.
Monsieur Hollande, nous sommes des patriotes à 100% mais pas à 75% !

Paru dans Le Figaro, 8 mars 2012

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