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SOURGINS Christine

SOURGINS Christine



Historienne de l'art
Essayiste


Etudes d'Histoire de l’Art en Sorbonne
Ecole du Louvre (Diplômée en muséologie )
Maîtrise d’Histoire.

Christine Sourgins connaît bien les musées pour y avoir travaillé, les artistes et le grand public par son engagement
     dans les structures associatives.
Son parcours lui a procuré un poste d’observation des réalités de la vie artistique en France,
     ainsi qu’une indépendance de pensée et d’expression.

Ouvrages
Les mirages de l’Art contemporain, La Table Ronde, (2005)
      Prix Humanisme Chrétien de l'Académie d’Education et d’Etudes sociales (AES) (2007)
Contribution à l’ouvrage collectif  Lettres à mon libraire, éditions du Rouergue, (2009)
 
Nombreuses publications
Conflits actuels, Liberté politique, Artension, Catholica, Képhas, La Nef, Commentaire,
Appartient au comité de rédaction de Commentaire et de Ecritique
 
Sur le net
sourgins.fr

Chroniques radiophoniques
Dans le cadre du "Libre journal de Aude de Kerros" (Radio Courtoisie)

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Peinture machinée ...

Publié dans Du côté des élites
Peinture machinée en salle des ventes

Après la machination de Bansky qui a autodétruit une toile de l’artiste chez Sothby’s, sa concurrente, Christie’s, se devait de réaliser une première mondiale. Ce fut fait à New York, le 25 octobre, avec la vente d’une toile peinte grâce à une intelligence artificielle (IA). Le collectif parisien Obvious (évident en anglais) en est l’auteur. L’œuvre fut d’abord proposée à la vente sur eBay pour 10 000 euros, son acquéreur s’est empressé de la revendre chez Christie’s, qui l‘a adjugée à 432 500 dollars, environ 380 000 euros.

Cette toile, le Portrait d’Edmond Belamy, représente "un homme vêtu à la mode du XIXème siècle, dont le visage est particulièrement flou, ce qui donne un aspect inquiétant à la toile". C’est surtout très moche et prouve qu’une intelligence artificielle peut peindre aussi mal que le commun des mortels sauf que l’auteur d’une croûte n’a pas le culot de signer d’une formule mathématique. L’algorithme si ! Cette peinture sans pinceaux ni pigments, est une impression sur toile, grâce aux “r éseaux contradictoires” qui coordonnent deux algorithmes opposés. L’un puise dans une banque d’images de 15 000 peintures pour en créer une nouvelle, tandis que l’autre, "a permis d’affiner les propositions" autrement dit ce cafouillage sur le visage, vu mille fois dans les ateliers, quand le peintre, déçu, essuie rageusement sa toile d’un coup de chiffon. Ce portrait fait partie d’une série de 11 tableaux, appelée "La Famille de Belamy", nommée en hommage à l’inventeur des GAN,
"réseaux contradictoires génératifs", Jan Goodfellow (en français Bellamy). Il va être content M. Bellamy : toutes ces tronches en son honneur !
 
Le problème ce n’est pas l’intelligence artificielle, mais l’humain derrière elle, incapable de comprendre ce qu’il a créé ; une sorte de Frankenstein du portrait qui horrifie même les algorithmes, tentés d’effacer leur monstre. L’informaticien, aux chevilles gonflées, ne voit rien d’autre que son ambition "de redéfinir la place de l’artiste dans un mode où l’intelligence artificielle est de plus en plus omniprésente". Enivrés, les membres d’Obvious, s’autoproclament "artistes"
Mais de quoi je me mêle ! Y-a-t-il une nécessité sociale ou économique à l'application de l’IA à l’art ? Est-ce qu’on serait en manque d’artistes ? Rien qu’en France, des dizaines de milliers émargent à la Maison des artistes et nombre d’entre eux… pointent au RSA. Mais que veut ce collectif : mettre encore plus de galère dans la vie de milliers gens ? L’utilité du progrès est de faciliter les taches humaines pénibles. Or si la peinture est difficile, parfois, elle n’a jamais été considérée comme un travail à la mine ! Evidence qu’Obvious a oubliée.
Le produit de la vente de ce tableau servira à faire avancer la recherche collective sur la création par algorithme et à financer la puissance de calcul nécessaire à la production de ce type d’œuvres. Parce qu’en plus de coûter de la matière grise, l’affaire siphonne de l’argent !
La planète surchauffe, les abeilles meurent de pesticides, les plastiques saturent les océans mais à Paris, 3 geeks de 25 ans, des as des maths, au lieu de mettre leur cervelle au service de la planète et de l’humanité, ne pensent qu’à entrer dans le livre des records. A l’époque, révolue, des humanités chrétiennes, ne pas faire tout le bien dont on est capable se payait très cher, au jugement dernier.

Sous couvert de progrès, une pleine régression : il s’agit "évaluer les similarités et les distinctions entre les mécanismes du cerveau humain, tels que le processus créatif, et ceux d’un algorithme" autrement dit mesurer l’homme à la machine. Cet homme dont la machine devient
le mètre étalon, n’était-ce pas le rêve de certains systèmes totalitaires au XXème siècle ?
L’acheteur a souhaité rester anonyme ; il y a de quoi…

Envoyé par l'auteur, paru sur www.sourgins.fr, 6 novembre 2018

Les tulipes du déshonneur

Publié dans Du côté des élites
Les tulipes du déshonneur
 
Le nouvel adjoint à la maire de Paris, Christophe Girard, vient d’annoncer que la Ville de Paris a enfin trouvé où planter
les encombrantes tulipes de l’artiste américain : dans les jardins aux alentours du Petit Palais. Toute l’affaire est résumée sur le site de Contrepoints : cliquez
Pour les lecteurs des précédents Grains de Sel, soulignons ce qu’il y a de nouveau dans ce rebondissement : le cadeau payant de Jeff Koons nous est présenté désormais comme un cadeau forcé. Continuer de le refuser friserait l’incident diplomatique. L’amitié franco-Américaine serait menacée car les tulipes ont le soutien de l’ancienne ambassadrice des Etats-Unis en France, Jane Hartley.
La servilité de la mairie de Paris relève-t-elle alors d’une forme de colonisation culturelle ? C’est ce que pensent certains observateurs qui rappellent qu’autrefois le colonisateur envoyait ses soldats cachés derrière les missionnaires mais qu’aujourd’hui, il missionne des hommes d’affaires dissimulés en artistes, ce dont Koons semble la caricature vivante. Sous couvert de bienfaisance, le colonisateur s’installe en terrain conquis et y prodigue ses valeurs en remplacement de celles du colonisé ; en France, les cadeaux sont  gratuits et on n’a jamais vu un homme offrir un bouquet et exiger qu’il soit placé au milieu du salon. Koons, tout sourire, nous rééduque à rebours. Enfin, le colonisé finit souvent content de l‘être, il échange tous ses biens contre de la pacotille ; dans les cas extrêmes, le colonisé se colonise tout seul… Or ici, l’ancienne ambassadrice Jan Hartley n’appartenant pas à l’administration Trump, aucun risque de voir le bouillant président américain s’émouvoir. La Ville de Paris déploie donc un zèle que personne ne lui demande.
 
Franck Riester, le nouveau ministre de la Culture, spécialiste de l'audiovisuel, du numérique et de la loi Hadopi, a commencé son règne en inaugurant la Fiac. Après Aurélie Filippétti (2012-14), Fleur Pellerin (2014-17), Audrey Azoulay (2017-16),  Françoise Nyssens (2017-18) … il est le 5ème ministre en 6 ans ! Un poste hautement instable. C'est pourquoi le ministre, le voudrait-il, n'a guère le temps de changer les choses : les ministres passent, l'administration demeure, or elle est acquise à l'AC (1) , qui est, en France, un "art bureaucratique"…

(1) Art contemporain

Envoyé par l'auteur, paru sur www.sourgins.fr, Grains de sel, 22 octobre 2018

Pollution et Art contemporain

Publié dans Du côté des élites
Pollution et Art contemporain
 
A Bruges, à l’occasion de la Triennale 2018, le cabinet d’architectes New-Yorkais Studiokca a réalisé une baleine de 5 tonnes pour sensibiliser le public à une noble cause, celle de l’environnement : nos déchets plastiques sont en train d’asphyxier les mers. Jusque-là tout va bien mais le résultat, une baleine géante en plein quartier historique, tout près de la statue de Van Eyck, transforme Bruges en annexe de Disneyland, ou pire, en pseudo Marineland, alors que ces derniers sont dénoncés par les défenseurs des animaux. Fallait-il ériger, à cet endroit, une baleine constituée de déchets plastiques retrouvés dans les mers ? Autrement dit, pour dénoncer la pollution des mers, faut-il polluer visuellement le patrimoine qui n’y est strictement pour rien ?
Vous me direz, "c’est pour la bonne cause", mais remarquez que les mêmes procédés sont utilisés par l’AC : pratiquer ce qu’on dénonce… Et ceci devrait nous mettre la puce à l’oreille. L’écologie doit être cohérente ou elle n’est pas : on ne peut dénoncer une pollution par une autre… à moins d’être le faux-nez d’intérêts pas vraiment écologistes. Pour comprendre ce qui se cache derrière ce cétacé, il faut avoir en mémoire les révélations de Cash Investigation… le magazine de France 2 du 11 septembre dernier : "Plastique, la grande intox". Ce reportage a mis en lumière que de respectables associations mobilisant de généreux bénévoles, donnant temps et énergie, sont en fait financées… par les industriels du plastique et ceux qui utilisent cannettes et récipients en cette matière. Les journalistes ont remonté au siècle dernier et aux USA pour trouver l’origine de cette pratique. N’allez pas croire à un remord ou à une conversion sur le tard : ces lobbys industriels tentent ainsi de détourner l’attention du public de leurs activités lucratives et dévastatrices, afin de faire porter la responsabilité de la catastrophe écologique au seul consommateur.
Or notre baleine brugeoise, comme n’importe quel objet d’AC, est porteuse d’un discours… accusateur : les fautifs seraient les utilisateurs des "sacs, bouteilles d’eau, produits ménagers, gobelets"… Autrement dit, la pétrochimie ne fait que produire des objets vertueux qui peuvent même accéder à la dignité d’œuvre d’art, ils sont simplement mal utilisés par un public de sagouins. Les charmants jeunes gens qui composent Studioka, ce tandem d’artistes/architectes, sont-ils liés à un circuit semblable à ceux mis en lumière par France 2 ? En quelques clics les liens apparaissent. Leur projet Vortex -
cliquez - est réalisé au bénéfice de Green up Vermont une association écologiste 'mécènée' par - cliquer - entre autres, l’american Chimestry council, bref l’industrie chimique américaine !
 
Sinon, les affaires reprennent. Un rapport de la Cour des comptes, révélé par Le Canard enchaîné, impute à Jean-Paul Cluzel, patron du Grand Palais de janvier 2011 à janvier 2016, des notes de taxis excessives et la location d’une "limousine" pour plus de 410 000 euros en cinq ans. Il est vrai qu’Agnès Saal, mise en cause pour des faits similaires, vient d’être réintégrée haut fonctionnaire “à l’égalité, à la diversité et à la prévention des discriminations”, auprès du secrétaire général du ministère de la Culture.
Et pendant ce temps, faute de moyens, le patrimoine agonise comme la mythique Grande Chaumière menacée par une opération immobilière avec mise en vente aux enchères le 16 octobre prochain. Gauguin, Bourdelle, Léger, Foujita… Garouste ou Zao Wou-Ki y ont travaillé et on y vient encore du bout du monde. Vous pouvez signer la pétition - 
cliquez

Envoyé par l'auteur, paru sur www.sourgins.fr, 25 septembre 2018

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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