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SOURGINS Christine

SOURGINS Christine



Historienne de l'art
Essayiste


Etudes d'Histoire de l’Art en Sorbonne
Ecole du Louvre (Diplômée en muséologie )
Maîtrise d’Histoire.

Christine Sourgins connaît bien les musées pour y avoir travaillé, les artistes et le grand public par son engagement
     dans les structures associatives.
Son parcours lui a procuré un poste d’observation des réalités de la vie artistique en France,
     ainsi qu’une indépendance de pensée et d’expression.

Ouvrages
Les mirages de l’Art contemporain, La Table Ronde, (2005)
      Prix Humanisme Chrétien de l'Académie d’Education et d’Etudes sociales (AES) (2007)
Contribution à l’ouvrage collectif  Lettres à mon libraire, éditions du Rouergue, (2009)
 
Nombreuses publications
Conflits actuels, Liberté politique, Artension, Catholica, Képhas, La Nef, Commentaire,
Appartient au comité de rédaction de Commentaire et de Ecritique
 
Sur le net
sourgins.fr

Chroniques radiophoniques
Dans le cadre du "Libre journal de Aude de Kerros" (Radio Courtoisie)

URL du site internet:

L'épopée de "Face à l'Art"

Publié dans A tout un chacun
L'épopée de "Face à l'Art"
 
2018 se termine sur la nomination de Jean de Loisy à la tête de l’Ecole nationale des Beaux-arts de Paris. Echec, donc, de la  bronca organisée par ceux qui désiraient voir les générations se renouveler… en leur faveur. La place n’est pas de tout repos : l’école est déchirée par des affaires de harcèlements et de racisme qui vont finir au pénal, au point que le précédent directeur fut enfariné par ses étudiants ! Du côté des méga-collectionneurs : perfectionnement des réseaux. Le groupe Les Echos-Le Parisien (qui détient Connaissance des arts), pôle média du géant du luxe LVMH que préside Bernard Arnault, vient de créer sa maison d’édition de livres d’art "In fine"… Les méga-mécènes aiment détenir le plus de maillons possibles dans la chaîne de promotion de leurs poulains artistiques…
 
Mais l’année se termine aussi, hélas, par la disparition du site "
Face à l’Art" né en 2000 ; ce salon virtuel était géré par une association de peintres (1) qui sortaient, grâce à internet, d’un isolement né dans les années 70 après le fameux "retour à l’atelier" : à l’aube des réseaux sociaux, tous les espoirs étaient permis. L’originalité de Face à l’Art fut d’organiser un partenariat critiques/peintres sous forme d’une cooptation croisée et de faire office de lanceur d’alerte, directement ou par l’action personnelle de ses membres, dont certains publièrent des livres sur l’état déplorable de la Peinture en France (2). Non contents de se prendre en main, de s’impliquer dans des expositions, (il appartiendra à une nouvelle génération de suivre cet exemple) ces artistes montèrent des colloques comme celui d’ARTSENAT en 2003 avec exposition à l’Orangerie et dans les jardins du Sénat ; des tables rondes sur l’exclusion des peintres réunirent des personnalités du monde de l’art (3) ce que résume bien la petite vidéo de Claude Yvans (Cliquez ici).
 
A partir de 2006, Face à l’Art animera un blog de discussion, autour de l’interventionnisme étatique dans la création, des soi-disant “retours de la Peinture”, ou du discrédit de celle-ci dans les écoles nationales, ou encore des dérives d’un Art financier chéri par la mondialisation. Un dernier colloque au Sénat, en 2013, porta sur "Trente ans de création dirigée par l’État, constat, conséquences et perspectives, 1982-2013" (4). Mais les politiques ne se saisiront pas du dossier, laissant la bureaucratie continuer son travail de sape.
 
De Face à l’Art, il nous reste toutes les peintures créées envers et contre tout et le projet d’une œuvre collective étonnante, "Collection privée" (2002). Elle consistait à enfermer des toiles peintes, de la Peinture donc, entre deux panneaux de béton pour manifester l’occultation de la Peinture en France. Bizarrement, on se demande bien pourquoi, cette magnifique installation n’a pas séduit les officiels de l’Art français ; il est vrai que cette œuvre conceptuelle était porteuse de sens. En matière d’art conceptuel, les artistes de l’œil et de la main ont souvent des idées épatantes. Le sculpteur René Letourneur suggéra, dès 1958, en réponse à Yves Klein, d’exposer une salle vide avec la signature de l’artiste au sol "à l’endroit où doit se trouver le visiteur après sa chute, un fil de nylon invisible étant tendu au ras du seuil" (5). Une belle idée d’art corporel, une chouette performance que pourraient reprendre certains étudiants des Beaux-Arts… pour accueillir leur nouveau directeur ?
Sur cette pirouette se termineront les Grains de sel… qui reprendront début 2019, après des fêtes qui, j’espère, vous rendront heureux !

 
 (1)  Franck Longelin et Marie Sallantin furent les initiateurs, rejoints par Pierre-Marie Ziegler, Augusto Foldi , Tania Bruzs etc. Face à l’Art se fera aussi l’écho, par de nombreux liens et commentaires, d’analyses ou d’initiatives diverses.
(2)  Sallantin et Ziegler font partie des auteurs de "1983-2013, Années noires de la Peinture : Une mise à mort bureaucratique" édition Pierre-Guillaume de Roux, 2013.
(3) le sénateur Yann Gaillard, le critique du Monde Philippe Dagen, les sociologues Nathalie Heinich et Alain Quemin, l’écrivain Jean-Philippe Domecq ou Patrick Barrer, auteur d’essais polémiques sur l’Art contemporain et créateur d’Europ’art, ainsi que le  peintre  Cremonini etc,
(4)   Intervenants: Noël Coret, Laurent Danchin, Jean Philippe Domecq, Raphaël Jodeau, Aude de Kerros, Pierre Lamattie, Roland Lienhart, Marie Sallantin, Jérôme Serri, Pierre Souchaud, Christine Sourgins, François de Verdière, Ariane Warlin… Plus d’infos
cliquez
Envoyé par l'auteur, paru sur www.sourgins.fr, 18 décembre 2018

Du “dégagisme” dans l’Art

Publié dans Du côté des élites
Du “dégagisme” dans l’Art dit contemporain
 
Cet automne contestataire ébranle même les gloires de l’AC.
Sa majesté Koons vient d’être détrôné : l’œuvre d’un artiste vivant la plus chère n’est plus son "Balloon Dog" vendu 58,4 millions de dollars en 2013, chez Christie’s à New York mais une toile du peintre britannique David Hockney, "Portrait of an Artist" plus connu comme "Piscine avec deux figures" : dire que les officiels français croient morte la peinture ! Or, si le chien de Jeff a coulé à pic dans cette piscine très pop à 90,3 millions de dollars, pas un sou n’ira au peintre qui n’avait retiré de ce tableau que 20.000 dollars en 1972 : le monde anglo-saxon ne connait guère le droit de suite…
Comme un malheur n’arrive jamais seul, Koons a été condamné le 8 novembre, pour la contrefaçon d’une publicité (pour voir les débuts de l’affaire
cliquez) : l’artiste, sa société, le Centre Pompidou exposant de l’œuvre en 2014, et l’éditeur Flammarion ont été condamnés à verser 148 000 euros au plaignant. Cependant, rien de catastrophique : la justice française n’ordonne pas la confiscation de l’œuvre et inflige une amende dérisoire relativement aux profits faramineux de l’Art financier. Jeff a reçu en outre le renfort du Monde et de Philippe Dagen critiquant cette décision de justice qui s’approcherait dangereusement de la censure et menacerait tous les artistes "appropriationnistes". Or l’appropriation est un des ressorts de la financiarisation du monde. Pour que les grandes multinationales puissent s’approprier les ressources ou le savoir-faire de populations démunies, il est important de légitimer ce "concept" en lui donnant un vernis culturel.
 
Autre grande pointure en difficulté, Jean de Loisy, un de ces hommes orchestres qui sont commissaires d’expo, critiques, directeurs de grandes institutions publiques ou privées, animateur radio etc. Depuis trente-cinq ans la vie culturelle française est dominée par ce carrousel qui prend les mêmes et recommence. Qu’on en juge : Loisy figura à 26 ans, en 1983, dans la promotion Lang, qui, en une journée, créa les responsables des Fracs. Il fut en poste au ministère de la Culture, chargé de la création contemporaine dans les monuments historiques. Puis responsable des expositions au Carré d’Art de Nîmes, conservateur à la fondation Cartier, puis au Centre Pompidou avant d’être président du Palais de Tokyo depuis 2011. Le commissariat de la prochaine Biennale de Lyon lui était promis en 2019 mais voilà qu’il briguerait aussi le poste de directeur de Beaux-arts, puisque Bustamante, empêtré dans des affaires de harcèlements, n’a pas été reconduit. A quand Jean de Loisy à l’Académie, où Othoniel vient d’être élu ?
Certes, il est de tradition qu’un fonctionnaire bouge, change de poste pour éviter la création de baronnies, de collusions qui sclérosent un milieu en vase clos. Hélas, ce principe est contreproductif dans le domaine de l’AC : bouger permet d’élargir son carnet d’adresse et de mailler son réseau plus serré. Mais les temps seraient-ils en train de changer ? Dans une
lettre ouverte
publiée le 8 novembre sur un blog lié à Mediapart, des artistes et personnalités du monde de l’art, parmi lesquels Dominique Gonzalez-Foerster, ou Bruno Serralongue ou encore Françoise Vergès ou Elisabeth Lebovici (longtemps critique d’art et journaliste à Libé) appellent Jean de Loisy à renoncer. Ils ne voient pas en lui "une personnalité représentative (…) de la diversité", porteuse d’un "projet émancipateur". Les signataires s’inquiètent de l’opacité des recrutements dans les institutions artistiques et culturelles publiques, ainsi que de la "concentration des pouvoirs dans les mains des mêmes"...
Envoyé par l'auteur, paru sur www.sourgins.fr, 20 novembre 2018

Peinture machinée ...

Publié dans Du côté des élites
Peinture machinée en salle des ventes

Après la machination de Bansky qui a autodétruit une toile de l’artiste chez Sothby’s, sa concurrente, Christie’s, se devait de réaliser une première mondiale. Ce fut fait à New York, le 25 octobre, avec la vente d’une toile peinte grâce à une intelligence artificielle (IA). Le collectif parisien Obvious (évident en anglais) en est l’auteur. L’œuvre fut d’abord proposée à la vente sur eBay pour 10 000 euros, son acquéreur s’est empressé de la revendre chez Christie’s, qui l‘a adjugée à 432 500 dollars, environ 380 000 euros.

Cette toile, le Portrait d’Edmond Belamy, représente "un homme vêtu à la mode du XIXème siècle, dont le visage est particulièrement flou, ce qui donne un aspect inquiétant à la toile". C’est surtout très moche et prouve qu’une intelligence artificielle peut peindre aussi mal que le commun des mortels sauf que l’auteur d’une croûte n’a pas le culot de signer d’une formule mathématique. L’algorithme si ! Cette peinture sans pinceaux ni pigments, est une impression sur toile, grâce aux “r éseaux contradictoires” qui coordonnent deux algorithmes opposés. L’un puise dans une banque d’images de 15 000 peintures pour en créer une nouvelle, tandis que l’autre, "a permis d’affiner les propositions" autrement dit ce cafouillage sur le visage, vu mille fois dans les ateliers, quand le peintre, déçu, essuie rageusement sa toile d’un coup de chiffon. Ce portrait fait partie d’une série de 11 tableaux, appelée "La Famille de Belamy", nommée en hommage à l’inventeur des GAN,
"réseaux contradictoires génératifs", Jan Goodfellow (en français Bellamy). Il va être content M. Bellamy : toutes ces tronches en son honneur !
 
Le problème ce n’est pas l’intelligence artificielle, mais l’humain derrière elle, incapable de comprendre ce qu’il a créé ; une sorte de Frankenstein du portrait qui horrifie même les algorithmes, tentés d’effacer leur monstre. L’informaticien, aux chevilles gonflées, ne voit rien d’autre que son ambition "de redéfinir la place de l’artiste dans un mode où l’intelligence artificielle est de plus en plus omniprésente". Enivrés, les membres d’Obvious, s’autoproclament "artistes"
Mais de quoi je me mêle ! Y-a-t-il une nécessité sociale ou économique à l'application de l’IA à l’art ? Est-ce qu’on serait en manque d’artistes ? Rien qu’en France, des dizaines de milliers émargent à la Maison des artistes et nombre d’entre eux… pointent au RSA. Mais que veut ce collectif : mettre encore plus de galère dans la vie de milliers gens ? L’utilité du progrès est de faciliter les taches humaines pénibles. Or si la peinture est difficile, parfois, elle n’a jamais été considérée comme un travail à la mine ! Evidence qu’Obvious a oubliée.
Le produit de la vente de ce tableau servira à faire avancer la recherche collective sur la création par algorithme et à financer la puissance de calcul nécessaire à la production de ce type d’œuvres. Parce qu’en plus de coûter de la matière grise, l’affaire siphonne de l’argent !
La planète surchauffe, les abeilles meurent de pesticides, les plastiques saturent les océans mais à Paris, 3 geeks de 25 ans, des as des maths, au lieu de mettre leur cervelle au service de la planète et de l’humanité, ne pensent qu’à entrer dans le livre des records. A l’époque, révolue, des humanités chrétiennes, ne pas faire tout le bien dont on est capable se payait très cher, au jugement dernier.

Sous couvert de progrès, une pleine régression : il s’agit "évaluer les similarités et les distinctions entre les mécanismes du cerveau humain, tels que le processus créatif, et ceux d’un algorithme" autrement dit mesurer l’homme à la machine. Cet homme dont la machine devient
le mètre étalon, n’était-ce pas le rêve de certains systèmes totalitaires au XXème siècle ?
L’acheteur a souhaité rester anonyme ; il y a de quoi…

Envoyé par l'auteur, paru sur www.sourgins.fr, 6 novembre 2018

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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