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SOURGINS Christine

SOURGINS Christine



Historienne de l'art
Essayiste


Etudes d'Histoire de l’Art en Sorbonne
Ecole du Louvre (Diplômée en muséologie )
Maîtrise d’Histoire.

Christine Sourgins connaît bien les musées pour y avoir travaillé, les artistes et le grand public par son engagement
     dans les structures associatives.
Son parcours lui a procuré un poste d’observation des réalités de la vie artistique en France,
     ainsi qu’une indépendance de pensée et d’expression.

Ouvrages
Les mirages de l’Art contemporain, La Table Ronde, (2005)
      Prix Humanisme Chrétien de l'Académie d’Education et d’Etudes sociales (AES) (2007)
Contribution à l’ouvrage collectif  Lettres à mon libraire, éditions du Rouergue, (2009)
 
Nombreuses publications
Conflits actuels, Liberté politique, Artension, Catholica, Képhas, La Nef, Commentaire,
Appartient au comité de rédaction de Commentaire et de Ecritique
 
Sur le net
sourgins.fr

Chroniques radiophoniques
Dans le cadre du "Libre journal de Aude de Kerros" (Radio Courtoisie)

URL du site internet:

Si la presse française avait un minimum de curiosité, si elle avait tant soit peu de courage, c’est une petite révolution qui se prépare au château de Vascoeuil en Normandie (à 20 kms de Rouen), cette demeure où vécu Michelet héberge en ce moment, et jusqu’ au 29 juin, de quoi ébranler les certitudes de l’esthétiquement correct, cet Art dit contemporain, l’AC. Or le nom de l’exposant, Daniel Druet, est pourtant loin d’être aussi célèbre  que ses œuvres qui ont, mondialement, défrayé la chronique.

Comme tout le monde, vous croyez sans doute que l'artiste américain Maurizio Cattelan a réalisé lui-même ses pièces. Prenons son célèbre "Jean-Paul II écrasé par une météorite", l’œuvre est "belle" tant le visage exprime une souffrance digne. Pour un peu, vous allez penser : voilà un plasticien d’AC qui a du métier ! Quelle méprise ! Car si vous souleviez la robe de Jean-Paul II vous verriez que cette œuvre est signée…Daniel Druet. Hé oui, Cattelan semble avoir quelques difficultés à tenir ne serait-ce qu’un crayon. Tandis que Daniel Druet, (deux fois Grand Prix de Rome de Sculpture en 1967 et 1968 ; lauréat-pensionnaire de la Casa Vélasquez à Madrid de 1969 à 1971) a portraituré moult célébrités de Coluche à Mitterrand, en passant par Lino Ventura, Dutourd ou Anouar El Sadate… Seul problème, peu de gens commandent aujourd’hui leur buste, à la différence du XIXème siècle où c’était mode ; le portraitiste doit donc avoir un second métier, par exemple réaliser des mannequins de cire pour le musée Grévin, ce qui fut le cas de Daniel Druet qui en créa 200. Or un jour, Cattelan lui commanda un Jean-Paul II ; Druet livra une effigie du Pape comme il l’aurait fait pour Grévin. Cattelan s’en empara, la flanqua par terre et rajouta une grosse pierre… Suivront, de 1999 à 2006, d’autres pièces, toutes connues comme l’œuvre du "génial" Cattelan : une grand-mère par ci, un Kennedy par là et le petit Him, ce si troublant Hitler en premier communiant…

Question : qui des deux est vraiment l’artiste ? Celui qui ordonne et finance ou celui qui travaille de ses mains ? Dans le monde de l’AC, ne compte et n’a droit aux projecteurs que le conceptuel, qui méprise cordialement le praticien, un "vulgaire" manuel. Et Daniel Druet, vu les pratiques américaines du droit d’auteur, n’arriva pas à obtenir du Guggenheim la mention de sa paternité lors de la rétrospective Cattelan. Il a cependant tiré plastiquement les leçons de sa collaboration avec ce dernier : il a réalisé un vrai-faux Cattelan qui représente l’artiste d’AC en coucou, un drôle d’oiseau qui fait son nid dans celui des autres, façon de suggérer que l’artiste d’AC fait son œuvre dans l’œuvre d’un autre…

A Vascoeuil, vous pourrez voir également l’œuvre personnelle du sculpteur Daniel Druet mais aussi la réédition de toutes les piècesqu’il a produites pourCattelan : vous pourrez même les acheter, à des prix raisonnables, comparés aux millions d’euros qui "consacrent" la valeur des Druet-Catellan en salle des ventes. Il va sans dire que  ces fortes rétributions sont allées dans les poches du "conceptuel" aux dépens du "manuel"… mais, pour le malheur de ce dernier, le fisc français a eu du mal à comprendre la différence des revenus de l’un par rapport à l’autre : pour les impôts, Druet serait bien l’auteur des pièces de Cattelan !
Alors, à quand Druet invité sur les plateaux télés ? Dans une grande radio ? L’exposition Daniel Druet est aussi un test pour mesurer l’atonie de nos grands médias : auront-ils à cœur de démentir que l’information, désormais, s’est réfugiée sur le net ?
http://sourgins.over-blog.com/

Parce que j'étais peintre

Publié dans Devant l'histoire
Le film de Christophe Cognet "Parce que j’étais peintre" est le documentaire que l’on attendait sur la peinture dans les camps d’extermination : que n’a-t-on pas dit contre la Peinture et sa supposée inutilité, sa ringardise, son inefficacité face à la barbarie.

Dans ce film, les historiens sont présents, certes, mais discrètement, pour mieux laisser la parole aux artistes déportés encore vivants et confronter les œuvres à ce qu’il reste des lieux concentrationnaires aujourd’hui, sans pathos (pas de "sauce" musicale qui engluerait le propos par exemple). Le film enquête sur ces croquis et dessins réalisés clandestinement, et pose d’emblée la question de la Beauté : avait-elle sa place dans les camps ?

Même s’il n’y a pas de réponse unique, certains peintres, eux-mêmes plongés dans l’enfer des camps, ont répondu et répondent encore oui. Le peintre slovène Zoran Music (déporté à Dachau), dont une citation sert d’exergue au film, exprime une "nécessité intérieure absolue" de représenter ce qu’il voit y compris les exécutions de masse. Témoigner est une exigence irrépressible pour un artiste. Mais se posent aussi les problèmes du statut de l’œuvre et du droit d’auteur : Dinah Gottliebova dont les aquarelles furent retrouvées dans les papiers de Mengele, réclamera en vain la restitution de ses œuvres considérées comme archives.

Le va et vient entre l’image et son texte est aussi exploré : les dessins étaient souvent annotés pour préciser les lieux, les dates, les faits. Beaucoup d’artistes ont écrit sur ce qu’ils dessinaient "pour qu’il n’y ait pas de doute" : l’image seule ne suffit pas à convaincre de sa véracité. Certains dessins ressemblent alors à des bouteilles jetées à la mer ainsi le carnet d’Auschwitz retrouvé caché dans les fondations de baraquements. Ces conditions extrêmes de survie et de création en disent long sur l’art en général et ce film lave l’Art des accusations portées contre lui, à la suite des déclarations d’Adorno : "écrire un poème après Auschwitz est barbare".

"Parce que j’étais peintre" montre que dessiner était un acte de résistance car c’est un geste, aussi infime et fragile soit-il, profondément humain. Il le reste d’ailleurs.
(Le film est diffusé dans un petit nombre de salles mais sortira sans-doute prochainement en DVD).
http://sourgins.over-blog.com/

L'art Robotique

Publié dans A tout un chacun
La Cité des Sciences de Paris présente depuis le 8 avril une monumentale exposition sur l’art Robotique. Le site digitalarti en propose un avant-goût avec l’étrange ballet du mille-pattes de Theo Janse : la robotique se conjuguerait-elle plus facilement avec la poésie qu’avec le conceptualisme officiel ?
Les portraitistes regarderont avec intérêt un robot essayer de dessiner un portrait de visu… le résultat, pour l’instant, n’est pas trop probant...
 
On peut se demander si la robotisation de l’Art conceptuel, n'est pas une bonne solution en ces temps de restriction des crédits affectés à la Culture. Le ministère achèterait une fois pour toutes un robot programmé pour proposer des détournements sur Tout : on sait que depuis les ready-made de Marcel Duchamp, depuis la roue de bicyclette et l’urinoir, tout, absolument TOUT, peut devenir de l’art, être détourné, investi et réapproprié. Cette programmation est tellement basique que même un robot peut la comprendre : on l’appellerait Marcelino le Robot… il délivrerait aux accros de la transgression leur dose, disons hebdomadaire, de propositions ébouriffantes, renversantes, éructantes avec la logorrhée verbale idoine. Le robot nous épargnerait les caprices de divas des egos duchampiens surdimensionnés et le citoyen ferait l’économie de lourdes subventions.
 
Moyennant quoi on pourrait financer des écoles d’art où l’on apprendrait non plus la provoc, le réseautage ou le marketing (Marcelino s’en chargerait) : mais on apprendrait à dessiner, à peindre, à graver, à sculpter… bref à rouvrir les yeux au lieu de conceptualiser avec une frénésie mécanique …
Le blog de Christine Sourgins - Le grain de sel

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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