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SOURGINS Christine

SOURGINS Christine



Historienne de l'art
Essayiste


Etudes d'Histoire de l’Art en Sorbonne
Ecole du Louvre (Diplômée en muséologie )
Maîtrise d’Histoire.

Christine Sourgins connaît bien les musées pour y avoir travaillé, les artistes et le grand public par son engagement
     dans les structures associatives.
Son parcours lui a procuré un poste d’observation des réalités de la vie artistique en France,
     ainsi qu’une indépendance de pensée et d’expression.

Ouvrages
Les mirages de l’Art contemporain, La Table Ronde, (2005)
      Prix Humanisme Chrétien de l'Académie d’Education et d’Etudes sociales (AES) (2007)
Contribution à l’ouvrage collectif  Lettres à mon libraire, éditions du Rouergue, (2009)
 
Nombreuses publications
Conflits actuels, Liberté politique, Artension, Catholica, Képhas, La Nef, Commentaire,
Appartient au comité de rédaction de Commentaire et de Ecritique
 
Sur le net
sourgins.fr

Chroniques radiophoniques
Dans le cadre du "Libre journal de Aude de Kerros" (Radio Courtoisie)

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Mécénat ou OPA ?

Publié dans Du côté des élites
En avril 1814, Fontainebleau avait vu l’abdication de Napoléon ; ce château, en avril 2014, semble devenu le théâtre de l’abdication des élites républicaines. Inspiré de celui de Marie-Antoinette à Versailles, le théâtre impérial construit par Napoléon III est devenu le "théâtre Cheikh Khalifa bin Zahed al-Nahyan", suite aux 5 millions de pétrodollars déboursés par l’émir d’Abu Dhabi, pour financer des travaux de restauration. Laissons de côté les commentaires désobligeants relatifs à la nationalité et à la religion du financier, concentrons-nous sur les faits.

L’affaire s’est enclenchée sous Nicolas Sarkozy dans la foulée de l’accord historique conclu avec les Émirats, sur le Louvre Abu Dhabi. C’est M. Renaud Donnedieu de Vabres qui, en 2007, a accepté cette "contrepartie". Or s’il y a contrepartie, il ne s’agit plus de mécénat : le mécène est, par définition, un homme aussi riche que généreux, qui ne marchande pas son aide. Il est normal de le remercier, par des discours, des cérémonies, d’apposer une plaque sur un mur, bien en vue, rappelant son geste méritant. S’il y a une vraie "contrepartie" du mécénat, elle est dans l’estime que la population et de tous les amoureux de l’art, d’où qu’ils viennent, portent au bienfaiteur ; bref, en ce qu’autrefois on nommait "la Renommée".
Or ici, puisque l’émir achète un nom, il ne s’agit plus de mécénat mais d’une vile OPA, déguisée en mécénat. Cette offre d’achat, ici, n’est même pas publique : c’est une offre d’achat privatisant un bien public. Or acheter le nom de Napoléon pour (à terme) 10 millions d’euros, c’est brader le patrimoine historique … Le patronyme de Napoléon a donc été soldé, vitam aeternam, pour moins de la moitié du salaire annuel d’un sportif parisien, tel Zlatan Ibrahimovic qui a gagné 23,5 millions d'euros en 2013.

On a peine à croire qu’un ministre ait si mal conseillé l’émir car, pour ce qui est de renforcer la renommée d’Abu Dhabi, c’est raté : la bronca va bon train et une pétition circule pour exiger le maintien du nom d’origine. Mme Filippetti va-t-elle rattraper cette bévue ? On pouvait l’espérer, tant M. Hollande, homme de gauche, s’est employé à défaire les œuvres de son prédécesseur, homme de droite. De plus, on se souvient que, lors de la campagne présidentielle, la future ministre de la culture avait publiquement regretté que le nom de l’entrepreneur lorrain, Wendel, soit inscrit sur les murs du centre Pompidou Metz. Wendel, qui a reçu en 2012 la distinction de "Grand Mécène de la Culture", n’avait pourtant pas demandé qu’on baptise le centre "Pompidou-Wendel". Ce genre d’achat de nom, travesti en mécénat, est courant en Amérique du Nord, pas en France, ainsi que le déclare Gilles Fuchs créateur de l’Adiaf (1): "je pense que le mécénat se caractérise avant tout par la générosité et la discrétion" (2). 
Mais la collusion des fonctionnaires de la Culture avec le marché et la finance a sournoisement engendré la servilité des hommes de l‘Etat : le prestige de servir le Bien public leur est apparu fort terne, face aux plaisirs (et aux avantages sans doute) de complaire à l’oligarchie financière. La ministre a donc mangé son chapeau, pour venir, tout sourire, inaugurer le théâtre de Fontainebleau, avec Cheikh Sultan Bin Tahnoon al-Nahyan, membre de la famille royale.  

Que faire ? Il y a peu de chance qu’on débaptise le théâtre ; des complications diplomatiques seraient en vue. Peut-être faudrait-il plutôt pétitionner pour qu’un projet de loi interdise explicitement de vendre nos appellations d’origines contrôlées. D’ailleurs celles-ci ne sont-elles pas inaliénables au même titre que n’importe quel patrimoine culturel de la France ? N’y-a-t-il pas, là, une grave infraction au principe d’inaliénabilité, caractéristique du droit français ? Les descendants de l’Empereur vont-ils attaquer en justice pour défendre les droits d’auteur de leur ancêtre, Napoléon III, constructeur du théâtre ? Ce serait tout à leur honneur… et à leur avantage si on se souvient des précédents exploits de M. Renaud Donnedieu de Vabres.

Ainsi, quand le bâtiment du ministère de la Culture, rue Saint-Honoré à Paris, a été emballé d’une résille en métal qui dénaturait les lignes de l’édifice initial, celui de l’architecte Georges Vaudoyer, ses héritiers attaquèrent l’Etat. Le tribunal administratif de Paris condamnait, en 2007, le ministère à leur payer un euro symbolique tout en déclarant irrecevable la demande de dépose de la résille. Mais il laissait ouverte la voie d’une demande gracieuse devant le ministre, celle-ci étant susceptible de recours. Afin d’éteindre tout risque de poursuite du contentieux, Renaud Donnedieu de Vabres a signé aux héritiers Vaudoyer un chèque de 300 000 euros... contre l’avis du comptable de son propre ministère. Selon le site du Nouvel Obs (3), la Cour des Comptes note que "la convention conclue à cette occasion, par laquelle l’État a contracté une dette qui n’existait pas, suscite d’importantes réserves".

On notera les coïncidences de dates des deux affaires (2007) et le "contracté une dette qui n’existe pas" ! Ainsi marche l’affairisme culturel : distribution dans l’urgence de chèques pour colmater des brèches que le ministère crée lui-même par impéritie et non-respect des lois (du droit moral en particulier ); puis, les caisses étant vides, recours flagorneur au premier carnet de chèques venu… plus quelques hausses d’impôts et le bal peut continuer….. Est-il admissible que l'autorité de tutelle ait laissé Mme Baldassari déraper de 30 à 52 millions d’euros, pour rénover le musée Picasso ? 
Les relations de l'Etat et de la Culture ne sont affaire de convictions ni de gauche, ni de droite : c'est une affaire d'intérêts financiers...

(1) Association pour la Diffusion Internationale de l'Art Français
(2) Martine Boulart, "Artsistes et mécènes" Ellipse, 2014, p.384. 
(3) http://rue89.nouvelobs.com/2010/02/14/avec-donnedieu-des-ayants-droit-touchent-300-000-fois-la-mise-138147

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Où sont les femmes ?

Publié dans A tout un chacun
Dans une publication récente, Annette Messager déclarait : "Comme Aurélie Filippetti, je déplore qu’il n’y ait pas une seule femme à la direction d’un musée de France…. ". C’était raté pour le nouveau directeur du Louvre, et pour prendre à la tête du centre Pompidou…. encore raté : toujours des hommes.  Or voilà que la Ministre  révoque une des rares femmes, Mme Baldassari, qui dirigeait un grand musée, le musée Picasso … Cherchez l’erreur.
Le communiqué du ministère ne met pas en cause les compétences de cette dernière, loin de là. Par respect pour le travail scientifique accompli, le ministère lui a proposé de réaliser l’accrochage de la collection pour la réouverture du musée ! Cela ne frise-t-il pas la goujaterie ? Ou bien "rien ne va plus avec la directrice" et on l’évince ; soit on la garde jusqu’en 2015, fin de son mandat. Mais que signifie cette sanction accompagnée de la réalisation du plus important aux yeux du public, l’accrochage ? On imagine l’enthousiasme de la directrice, virée et sommée de continuer son travail. A l’encontre de Mme Baldassari, "on" évoque un climat stressant, les employés du musée seraient au bord de la crise de nerf. Soit, mais Ariane Warlin avait révélé un climat similaire au Louvre…et personne n’a débarqué Mr Loyrette. Parce que c’est un homme ? (voir le Monde du 14 mai 2014)

Les temps sont durs pour les femmes dans l’AC nouveau genre que les institutions nous concoctent. Voir la mésaventure arrivée à Dominique Poncet, samedi dernier lors de la Nuit des musées. Le Palais de Tokyo multiplie spectacles et performances, ouvrant les lieux "à toutes les richesses de la banlieue" d’où des piles de pneus ( à brûler ?) ; la journaliste de France 3, n’est pas très à l’aise dans l’agitation générale. Lâchée au milieu d’une troupe d’improvisation, elle est goulument embrassée ( ?) agressée ( ?) par un jeune très décomplexé. "Respect" est pourtant un terme sur lequel les jeunes sont très chatouilleux en banlieue. Devant cette pratique de la "femme en libre-service", le journaliste, bien à l’abri en studio,  s’empresse de rigoler : "C’est ça la culture !" ; présent, Jack Lang, ex ministre de cette Culture, approuve et trouve cela "très drôle"
Ceci venant après Conchita Saucisse (c’est la traduction de Wurst), parodiant lors de l’Eurovision une femme à barbe, forgeons d’urgence un néologisme car, bien sûr, si les femmes ne rient pas, c’est qu’elles n’ont pas d’humour…  Proposons "drôlement  correct". Ce n’est pas pour rien que l’Art très contemporain, l’AC, vit sous l’emprise de l’urinoir Duchampien, objet autant potache que machiste…

Et pour conclure cette semaine en apothéose, voilà que la comédienne iranienne, Leila Hatami, membre du jury du Festival de Cannes s’attire les foudres des mollahs de Téhéran… pour avoir fait la bise à Gilles Jacob, le président du Festival, lors de la cérémonie d’ouverture.
Bref, quelque soit la "culture" de la mondialisation, celle des coincés ou celle des décomplexés, la femme est toujours à disposition...
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Si la presse française avait un minimum de curiosité, si elle avait tant soit peu de courage, c’est une petite révolution qui se prépare au château de Vascoeuil en Normandie (à 20 kms de Rouen), cette demeure où vécu Michelet héberge en ce moment, et jusqu’ au 29 juin, de quoi ébranler les certitudes de l’esthétiquement correct, cet Art dit contemporain, l’AC. Or le nom de l’exposant, Daniel Druet, est pourtant loin d’être aussi célèbre  que ses œuvres qui ont, mondialement, défrayé la chronique.

Comme tout le monde, vous croyez sans doute que l'artiste américain Maurizio Cattelan a réalisé lui-même ses pièces. Prenons son célèbre "Jean-Paul II écrasé par une météorite", l’œuvre est "belle" tant le visage exprime une souffrance digne. Pour un peu, vous allez penser : voilà un plasticien d’AC qui a du métier ! Quelle méprise ! Car si vous souleviez la robe de Jean-Paul II vous verriez que cette œuvre est signée…Daniel Druet. Hé oui, Cattelan semble avoir quelques difficultés à tenir ne serait-ce qu’un crayon. Tandis que Daniel Druet, (deux fois Grand Prix de Rome de Sculpture en 1967 et 1968 ; lauréat-pensionnaire de la Casa Vélasquez à Madrid de 1969 à 1971) a portraituré moult célébrités de Coluche à Mitterrand, en passant par Lino Ventura, Dutourd ou Anouar El Sadate… Seul problème, peu de gens commandent aujourd’hui leur buste, à la différence du XIXème siècle où c’était mode ; le portraitiste doit donc avoir un second métier, par exemple réaliser des mannequins de cire pour le musée Grévin, ce qui fut le cas de Daniel Druet qui en créa 200. Or un jour, Cattelan lui commanda un Jean-Paul II ; Druet livra une effigie du Pape comme il l’aurait fait pour Grévin. Cattelan s’en empara, la flanqua par terre et rajouta une grosse pierre… Suivront, de 1999 à 2006, d’autres pièces, toutes connues comme l’œuvre du "génial" Cattelan : une grand-mère par ci, un Kennedy par là et le petit Him, ce si troublant Hitler en premier communiant…

Question : qui des deux est vraiment l’artiste ? Celui qui ordonne et finance ou celui qui travaille de ses mains ? Dans le monde de l’AC, ne compte et n’a droit aux projecteurs que le conceptuel, qui méprise cordialement le praticien, un "vulgaire" manuel. Et Daniel Druet, vu les pratiques américaines du droit d’auteur, n’arriva pas à obtenir du Guggenheim la mention de sa paternité lors de la rétrospective Cattelan. Il a cependant tiré plastiquement les leçons de sa collaboration avec ce dernier : il a réalisé un vrai-faux Cattelan qui représente l’artiste d’AC en coucou, un drôle d’oiseau qui fait son nid dans celui des autres, façon de suggérer que l’artiste d’AC fait son œuvre dans l’œuvre d’un autre…

A Vascoeuil, vous pourrez voir également l’œuvre personnelle du sculpteur Daniel Druet mais aussi la réédition de toutes les piècesqu’il a produites pourCattelan : vous pourrez même les acheter, à des prix raisonnables, comparés aux millions d’euros qui "consacrent" la valeur des Druet-Catellan en salle des ventes. Il va sans dire que  ces fortes rétributions sont allées dans les poches du "conceptuel" aux dépens du "manuel"… mais, pour le malheur de ce dernier, le fisc français a eu du mal à comprendre la différence des revenus de l’un par rapport à l’autre : pour les impôts, Druet serait bien l’auteur des pièces de Cattelan !
Alors, à quand Druet invité sur les plateaux télés ? Dans une grande radio ? L’exposition Daniel Druet est aussi un test pour mesurer l’atonie de nos grands médias : auront-ils à cœur de démentir que l’information, désormais, s’est réfugiée sur le net ?
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Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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