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SOURGINS Christine

SOURGINS Christine



Historienne de l'art
Essayiste


Etudes d'Histoire de l’Art en Sorbonne
Ecole du Louvre (Diplômée en muséologie )
Maîtrise d’Histoire.

Christine Sourgins connaît bien les musées pour y avoir travaillé, les artistes et le grand public par son engagement
     dans les structures associatives.
Son parcours lui a procuré un poste d’observation des réalités de la vie artistique en France,
     ainsi qu’une indépendance de pensée et d’expression.

Ouvrages
Les mirages de l’Art contemporain, La Table Ronde, (2005)
      Prix Humanisme Chrétien de l'Académie d’Education et d’Etudes sociales (AES) (2007)
Contribution à l’ouvrage collectif  Lettres à mon libraire, éditions du Rouergue, (2009)
 
Nombreuses publications
Conflits actuels, Liberté politique, Artension, Catholica, Képhas, La Nef, Commentaire,
Appartient au comité de rédaction de Commentaire et de Ecritique
 
Sur le net
sourgins.fr

Chroniques radiophoniques
Dans le cadre du "Libre journal de Aude de Kerros" (Radio Courtoisie)

URL du site internet:

AC, vers une reconversion...

Publié dans Du côté des élites
Art contemporain, vers une reconversion de l'Eglise ?
 
Dans ses relations avec l’Eglise, l’Art contemporain est loin de s’assagir : à la Biennale de Venise 2015, Christoph Büchel a transformé l’église désaffectée de Santa-Maria della Misericordia en mosquée … En novembre, Abel Azcona posa nu, de dos, profanant 248 hosties consacrées pour former le mot "Pédérastie" sur le sol d’une salle d’exposition, naguère cédée par le diocèse de Pampelune à la mairie ; sous condition que les activités organisées y soient strictement d’ordre culturel, éducatif ou artistique…
L’Art contemporain est régulièrement un jeu de dupe où le catholicisme, avec ses deux mille ans d'images à détourner, offre aux conceptuels un terrain de jeu plus fertile que celui des religions méfiantes envers l’art et l’image. Cependant Abel Azcona avait, fait notable, lors d’une autre "performance", mangé un Coran …
Habituellement, c’est de manière plus insidieuse que les sanctuaires chrétiens sont investis, enrôlés dans des opérations commerciales habilement dissimulées en mécénat. Prenez un petit bijou d’église romane du XIème siècle, qui fait accourir des milliers amateurs de par le monde, Anzy le Duc, et parachutez là un peintre flanqué d’un "généreux" mécène et le jeu est reparti. Un peintre me direz-vous, c’est
sympathique, avec une peinture colorée en plus ! Bon d’accord, elle vire à l’illustration décorative depuis un moment mais, que voulez-vous, Gérard Fromanger vieillit. En tout cas, rien à voir avec les affaires de Venise ou de Pampelune… sauf que la provoc, ici, cède le pas au parasitisme.
D’abord le "généreux" mécène ne veut pas dire son nom …. ce qui n’annonce pas une opération d’une grande transparence financière.
D’autant que Gérard a toujours eu le bras long (il est soutenu par le groupe Edouard Leclerc, entre autres). Qui dit mécénat dit défiscalisation que les contribuables, in fine, compenseront, du gratuit payant en somme. Or l’Art financier contamine toute la sphère artistique et les stratégies marketing mises au point à Versailles et au Louvre (patrimoine public au service d’intérêts privés) s’exportent en province : les œuvres contemporaines y captent l’aura, l’histoire du monument puis leur cote enfle aux enchères. Gérard n’a fait aucune recherche dans ses projets de vitraux, aucune adaptation au lieu, pas la moindre petite croix, pas une aile d’ange ne frémit, aucune concession à l’Eglise qui d’ailleurs n’a rien demandé : juste des personnages bigarrés qui marchent par groupes, environnés de pastilles colorées. Bref, Gégé nous refile sa marque de fabrique, son schème mille fois répété. Sur la page d’accueil de plusieurs galeristes, des œuvres du même type sont, sans surprise, à vendre. Le destin d’Anzy ? Un showroom permanent. Aujourd'hui, cliquez (
http://www.sourgins.fr/?email_id=46&user_id=370&urlpassed=aHR0cDovL3d3dy5zb3VyZ2lucy5mci93cC1jb250ZW50L3VwbG9hZHMvMjAxNS8xMi9Bbnp5LWF1am91cmRodWkuanBn&controller=stats&action=analyse&wysija-page=1&wysijap=subscriptions) ; demain, cliquez (http://www.sourgins.fr/?email_id=46&user_id=370&urlpassed=aHR0cDovL3d3dy5zb3VyZ2lucy5mci93cC1jb250ZW50L3VwbG9hZHMvMjAxNS8xMi9EZW1haW4uanBn&controller=stats&action=analyse&wysija-page=1&wysijap=subscriptions)
Gérard aime peindre les foules : celles qui déambulent dans les rues ou consomment lors des soldes (dans ses tableaux des années 70, c’était, non une allusion à l’ami Leclerc mais une critique sociale), après le troupeau qui partouze (sur 9 m 20 de long, svp), la suite, le voilà qui pérégrine… Et les pastilles colorées se sont émus des paroissiens, inquiets d’une future ambiance plus dancing que priante ? Ce signe iconique, très inspiré des pastilles colorées de Buren au Grand Palais, est volontairement minimaliste, autorisant toutes les interprétations pour mieux rafler les consentements, un principe de l’AC qui a essaimé en peinture. Les pastilles seront donc, au choix, des astres (dixit Gégé, tiens on ne savait pas Rome versé dans l’horoscope) mais elles pourraient être un lancer d’auréoles ou d’hosties avec une décoiffante théologie du confetti ; ou plutôt les très mercantiles points de couleurs qui signalent les œuvres "réservées" ou "vendues"… Comme vous voulez, la seule chose que l’œuvre veut : occuper le terrain et donner une visibilité à l’artiste pour le plus grand profit de ses collectionneurs. Surtout qu’en 2016, une expo Fromanger est prévue à Beaubourg : oh, le joli plan com !
D’où l’attitude du "mécène" (qui pourrait bien être pluriel ) : aider Anzy ? Mais quand les fresques anciennes en capilotade (
http://www.sourgins.fr/?email_id=46&user_id=370&urlpassed=aHR0cHM6Ly9zLW1lZGlhLWNhY2hlLWFrMC5waW5pbWcuY29tL29yaWdpbmFscy8xYy8zMy9kNC8xYzMzZDQ1NTVjYTA2MjMyMzJiYjkzMmRjZmVlMGMwYS5qcGc%3D&controller=stats&action=analyse&wysija-page=1&wysijap=subscriptions
) sont signalées par les paroissiens inquiets de leur délabrement, le "mécène" n’en a cure, ce qu’il veut, c’est son Gérard. Or il y a déjà une trentaine de vitraux dans l’Eglise, qui, dans leur sobriété, s’harmonisent parfaitement avec ce monument classé : ceux du chœur ont été intégralement restaurés il y a moins de 10 ans, aux frais de l’Etat ; ceux de la nef étant entretenus, seuls trois nécessitent une réparation. Se contenter des 3 de reste ? Que nenni : le mécène veut imposer son Gégé sur tous les vitraux !
Le gaspillage des deniers publics intéressera "Contribuables associés" ; les laïcistes se frotteront les mains : accepter un décor qui conviendrait aussi bien à un bistrot ou une salle des pas perdus, c’est favoriser, plus tard, la reprogrammation du sanctuaire en salle polyvalente… Les historiens d’art noteront la constance avec laquelle l’Eglise renonce à encourager une création authentiquement chrétienne pour faire le jeu des puissants. Moralité : "je crains les grecs quand ils font des cadeaux".

Paru sur www.sourgins.fr

Désastre des politiques culturelles

Publié dans En France
Derrière les chiffres, le désastre des politiques culturelles françaises
 
A l’approche de la Fiac, Artprice avait publié son rapport annuel qui souligne que l'art contemporain s'est imposé comme la locomotive du marché de l'art, avec un produit de ventes global de 7,6 Mrd et 1 800 % de croissance ces 15 dernières années : pendant celles-ci, il s’est construit plus de musées dans le monde que tout au long des XIXème et XXème siècles réunis. Plus de 700 nouveaux musées par an, alimentés pour partie par les 49 000 artistes contemporains recensés aux enchères. Or 68 % des recettes globales de l’art contemporain reposent sur 100 artistes, 35 % sur 10 artistes et trois (Jean-Michel Basquiat, Christopher Wool et Jeff Koons) totalisent même 18%, soit 320,5 m$, (presque 10 fois le résultat d’une année de ventes d’art contemporain en France, 35,6 m$). C’est dire si le marché est concentré ! La Chine vient de ralentir au profit des USA qui reprennent la première place, loin derrière on trouve Allemands (10,8 % du marché) et Britanniques (10,7%), au fond du classement : Italiens (2,6 %), Japonais (2 %), Indiens (1,5 %), Suisses (0,9 %), Brésiliens… à égalité avec les Français (0,8 %).
 
Artprice n’hésite pas à écrire que "la France peine cruellement à faire exister ses artistes dans l’univers hyper-compétitif du marché" ou que "l’offre manque de panache en France", ce qui n’est pas près de s’arranger avec la Fiac (173 galeries, dont 42 françaises) qui n’a cure de présenter aux visiteurs étrangers "le vivier français" (1). Même un Daniel Templon, pilier de la Fiac depuis 40 ans, se plaint de la direction impulsée par une Jennifer Flay qui préfère "dérouler le tapis rouge aux poids lourds internationaux" : "si nous avons si peu de crédit hors de nos frontières, cela résulte du mauvais sort qu’on nous réserve chez nous" dit-il. Le problème ne date pas d’aujourd’hui mais il s’accroît tellement que ceux qui se croyaient à l’abri sont touchés. Des galeristes parisiens ulcérés par les positions privilégiées octroyées aux galeristes étrangers, tentent de faire scission… mais le mal est fait : "n’achète pas un artiste français s’il n’est pas acheté par les américains" conseille un grand patron de la mode…. De fait, même un courant historique comme le Nouveau Réalisme dont on nous vante le grand retour, voit ses œuvres phares, à l’exception de celles d’Yves Klein, valoir moins de 10% du prix d’une œuvre pop américaine comparable (2).


D‘autres chiffres (3) cernent les conditions de vie, non des happy few de l’AC, mais du peuple des invisibles, les peintres et sculpteurs occultés. Les professionnels de la culture représentent 2,2 % de la population active… et perçoivent 23 700 euros en moyenne par an. Ces revenus d’activité sont inférieurs de 26% à ceux des autres actifs, avec une forte disparité homme/femme (19% au profit de la gent masculine). Encore cette rétribution repose-t-elle sur le cumul de plusieurs activités, et concerne tous les arts dont le spectacle vivant. Si on se recentre sur les plasticiens, le secteur est sinistré : en 2012 la moitié des artistes affiliés à la Maison des Artistes gagnent moins de 10 880 euros par an. Le déséquilibre homme/femme s’y creuse davantage : les hommes gagneraient en moyenne 50 % de plus que les femmes !
Or il est un chiffre du rapport Artprice que nos élites artistiques se gardent bien de nous seriner puisque la bureaucratie culturelle a choisi le conceptualisme : dans les ventes aux enchères, ailleurs dans le monde, la Peinture représente 61,2 % de part de marché de l’art contemporain !!!

(1) Comme le rapporte l’article du Figaro du 22 octobre 2015.
(2) Le Monde, 13 octobre 2015, page 10.
(3) Le Monde, 18 août 2015, p.13

"chaises musicales" de l'été...

Publié dans Du côté des élites
La valse des "chaises musicales" de l'été...
 
Eric de Chassey n’est plus à la tête de la Villa Médicis. A sa place, une femme, la première nommée directrice de la Villa : Murielle Mayette qui auparavant s’était illustrée à la Comédie française… pour avoir été contestée par la majorité de la troupe de Molière. Au moins  a-t-elle l’expérience du théâtre et ça tombe bien : la Villa Médicis accueille, pour deux ans, vingt-cinq pensionnaires, dans une dizaine de disciplines, qui vont de la musique à la cuisine, mais justement il n’y a pas de théâtre. Voyez si on est logique au ministère.
Depuis qu’il n’y a plus de concours pour entrer à la villa, mais une cooptation pure, tous les délices du copinage sont permis. Cette réputation tenace de la Villa, Eric de Chassey s’était donné mission de la combattre d’où ses propos parus dans la revue l’Oeil (de mai 2014 p.59) "L’idée que la villa serait un endroit dispendieux qui serait juste une sinécure pour les amis du président de la République avec des pensionnaires qui seraient des amis d’amis, si elle était vraie serait insupportable. Je comprends que recevoir des pensionnaires qui n’ont pas l’obligation de produire pendant leur séjour, ne soit pas dans l’air du temps" sic.
Génial, la villa Médicis : on ne vous demande rien à l’entrée, rien à la sortie; il serait plus juste de rebaptiser ces séjours "Vacances Médicis", (payées par la République, le prestige en plus)…Mais Eric de Chassey terminait par "en revanche les réformes devraient conduire à ce que le travail se fasse". Ce qui n’a peut-être pas plu à certains pensionnaires qui sont peut-être, finalement, des amis d’amis. Car Mme Mayette est soupçonnée d’affinités politiques avec un certain Manuel Valls. D’où un tollé : il faut sauver le soldat Eric de Chassey. Plusieurs dizaines d’artistes, des universitaires, ont signé une lettre ouverte pour demander son maintien. Selon eux, M. de Chassey aurait fait entrer l’institution dans le XXIe siècle ; ils n’ont pas été entendus.
 
Autre coup de théâtre, en juillet, le limogeage surprise de Nicolas Bourriaud qui était à la tête de l’Ecole des Beaux-Arts (Ensba) de Paris depuis 2011. Ce cofondateur du Palais de Tokyo en 2000, est aussi le penseur de "l’esthétique relationnelle" : quand Tirananija monte une baraque à moules dans un musée c’est de l’esthétique relationnelle, parfaite pour obtenir des subventions car, qui dit relation, dit lien social, donc art-citoyen, donc subvention… Nicolas Bourriaud avait incommodé des professeurs et des étudiants en mettant l’établissement public au service d’intérêts privés (au profit de la marque Ralph Lauren notamment ). Ceux-ci lui reprocheraient aussi de communiquer difficilement, cerise sur le gâteau, pour le chantre de l’esthétique relationnelle ! En juillet, on murmurait que pourrait le remplacer… Eric de Chassey (encore juché sur le siège éjectable de la villa Médicis). Se déclenche une pétition, encore une, pointant le népotisme et le "fait du prince" car l’épouse d’Eric de Chassey serait proche de Julie Gayet, la "confidente" de François Hollande. On attribue à N. Bourriaud le protectorat (désormais inutile) de Montebourg, (d’où le précédent repêchage de Nicolas par Aurélie Filippetti, ex-ministre de la culture et confidente du bel Arnaud). Cela doit être faux, car Nicolas Bourriaud n’aurait pas le front de parler de "République bananière" dans un entretien, non ?
Fleur Pèlerin, pour calmer le jeu, a nommé un professeur des Beaux-Arts, l’artiste Bustamante, célèbre pour avoir présenté un camion dans une chapelle et tenu des propos que lui-même a reconnu "limites" : "La femme, dès qu’elle a trouvé son territoire, elle y reste… Les hommes sont toujours dans la recherche de territoires vierges etc.". Bref, la femme est plan-plan et l’homme seul est un conquérant novateur (le palmarès des stars de l’AC illustre cette affirmation : l'AC minimise le rôle des femmes, tout en se targuant d’être le miroir du monde). Depuis, M. Bustamante est fâché avec une partie de la critique au point qu’Elisabeth Lebovici a annoncé sa promotion d’un avis de décès : "Les féministes ont la douleur de vous faire part de la nomination de Jean-Marc Bustamante à l’Ecole des beaux-arts..". Bustamante est à deux ans de la retraite : un choix pour patienter ?
 
Stéphane Corréard fut un temps candidat à la direction  des Beaux-Arts car ce commissaire artistique du Salon de Montrouge vient d'être remercié par les édiles. Ce Salon fut rebaptisé par Nicole Estérolle "Salon du schtroumpf émergent" car spécialisé dans la détection des jeunes loups d’un art contemporain plutôt transgresseur et promis à une carrière internationale rentable. M. Barak est nommé … le communiqué de presse est dithyrambique : "le Salon entame un profond renouvellement en faisant appel à l’analyse esthétique rigoureuse d’Ami Barak. Ancien directeur du Frac Languedoc-Roussillon… (où il avait été remercié, car il était très dynamique mais moins rigoureux semble-t-il sur les dépenses, ce que le communiqué ne dit pas). Le Salon de Montrouge veut favoriser son rayonnement à l’échelle nationale et internationale"… Le mot clé est lâché : M. Corréard n’était pas assez international, or l’art contemporain dans sa version officielle et financière, c’est l’art de la mondialisation. Difficile de faire carrière dans l’AC, on trouve toujours un plus pur qui vous épure : plus transgresseur, plus copinard, plus mondialiste, plus, plus, plus… A suivre...

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