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TEYSSIER Arnaud

TEYSSIER Arnaud

Né le 22 décembre 1958
Célibataire

Haut fonctionnaire
Historien


Ancien élève de l’Ecole normale supérieure et de l’ENA

A publié plusieurs ouvrages sur l’histoire politique de la France, ainsi que des essais biographiques.
Il travaille sur l’histoire du pouvoir et de l’Etat en France, en particulier depuis la Révolution, ainsi que sur les rapports complexes qu’entretiennent l’administration et la société politique depuis deux siècles.
 
Créateur et directeur de la collection Histoire politique de la France chez Pygmalion.

Ouvrages
- La Vème République (1995)
- Le Premier Empire (2000)
- La Troisième République (2001)
- Le dernier septennat (2002), essai.
- Les enfants de Louis-Philippe et la France (2006)
- Lyautey (2004) réédition Tempus 2009
- Richelieu, la puissance de gouverner (2007)
- Charles Péguy (2008)
- Louis-Philippe, le dernier roi des Français (2010)
- Richelieu. L'Aigle et la colombe (2014)

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Verdun et les poilus

Publié dans Devant l'histoire
Verdun et les poilus, début de notre XXe siècle
 
Les grandes questions du XXe siècle pour la France sont contenues dans la bataille emblématique de la Grande Guerre, explique l’historien (1).
 
Dans la mémoire collective des Français, Verdun a longtemps occupé une place à part. Dès l’origine, Barrès, à qui Romain Rolland reprocha injustement d’avoir été le "rossignol du carnage", en avait saisi la dimension singulière. Le 9 novembre 1916, il rapportait ce propos du Kronprinz aux premiers jours de l’épreuve : "Nous allons prendre Verdun, cœur de la France, et quand nous l’aurons pris, la France se mettra à genoux." Tel semble bien avoir été le calcul du haut commandement allemand après dix-huit mois de guerre : remporter une victoire marquante, porter un coup mortel à l’armée française, à ses forces vives et à son moral. Pilonnés par une concentration d’artillerie sans précédent, soumis à une pression inouïe, les poilus tinrent bon, grâce un flux de ravitaillement planifié avec rigueur - la "Voie sacrée" - et, surtout, une relève des troupes soigneusement organisée. Lorsque la bataille s’acheva, la France avait perdu plus de soldats que l’Allemagne, mais le front avait, dans l’ensemble, tenu.
 
Car, au-delà, le plus extraordinaire fut bien cela : la force, la solidité d’une société dont l’unité avait été forgée par la IIIe République, régime institutionnellement faible mais capable de porter un vaste mouvement d’énergie collective ; une république livrée à l’instabilité ministérielle, mais apte à conduire un peuple vers une guerre sans merci de plus de quatre années. Le symbole de la résistance de Verdun allait être, pendant plusieurs décennies, le fils d’un paysan de l’Artois : Philippe Pétain, considéré en son temps comme le général républicain par excellence, celui qui, avant 14, dans ses cours de l’École de guerre, s’inscrivait en faux contre les thèses dominantes, soutenait que "le feu tue", qu’il fallait être économe de la vie du soldat et que la victoire, dans les conflits modernes, appartenait à celui qui tenait physiquement et moralement le plus longtemps.
Par une curieuse rencontre des choses, un jeune officier de 25 ans, le capitaine de Gaulle, avait été blessé aux premiers jours de la bataille de Verdun et emmené en captivité en Allemagne.
Pétain, de Gaulle : deux figures qui ont porté, de manière fort différente, l’imaginaire de Verdun. Car, en l’espace d’une seule génération, la guerre revient et effraie ceux qui ont tant donné de leurs souffrances et de leur sang. Nul ne peut comprendre le refus de la guerre, la grande tentation pacifiste des années 1930, Munich, la débâcle, Vichy, s’il ignore ce réflexe naturel d’un peuple physiquement et moralement épuisé par l’immense effort. Le souvenir de Verdun explique à lui seul le prestige et la popularité de Pétain en 1940. Il est l’homme qui a ménagé le sang des poilus, qui s’est fait respecter des Allemands et dont on espère qu’il protégera les Français des tourments humiliants de l’Occupation… Une grande faiblesse collective prend ainsi la relève du vaste mouvement d’énergie de 1916.
 
Pour de Gaulle, dès 1932, lorsqu’il écrit Le Fil de l’épée, les guerres sont "les instruments de la barbarie", mais elles ne sont pas que cela. Elles sont aussi porteuses d’idées, de réformes, de force religieuse. Lorsqu’il crée et incarne la Ve République, cette vaste construction institutionnelle qui consacre un exécutif fort soutenu par une administration puissante, il tente de redonner à la France cette ressource collective, cette aspiration à la grandeur que la faible IIIe République avait mystérieusement réussi à porter. Le 29 mai 1966, il est à l’Ossuaire de Douaumont pour célébrer le cinquantième anniversaire de la bataille de Verdun. Dans le discours qu’il prononce ce jour-là, de Gaulle est présent, tout entier. Il rend hommage au "vainqueur de Verdun".
Le fondateur de la Ve République tire trois leçons de la grande bataille, qu’il propose aux Français en ce milieu des années 1960 : la première est politique et morale, car "sur ce champ de bataille, il fut prouvé qu’en dépit de l’inconstance et de la dispersion qui nous sont trop souvent naturelles, le fait est qu’en nous soumettant aux lois de la cohésion, nous sommes capables d’une ténacité et d’une solidarité magnifiques et exemplaires" ; la seconde "s’adresse aux deux peuples dont les armées furent aux prises si chèrement et si courageusement dans une Europe qui doit se réunir tout entière après d’affreux déchirements" ; la troisième "concerne nos rapports avec tous les peuples de la terre. Notre pays ayant fait ce qu’il a fait, souffert ce qu’il a souffert, sacrifié ce qu’il a sacrifié, ici, comme partout et comme toujours pour la liberté du monde, a droit à la confiance des autres." Cohésion nationale, action commune en Europe pour qu’elle redevienne le foyer de la civilisation, enfin redressement de la France dans sa dimension universelle.
 
Si l’on regarde, quelque deux ans plus tôt, le film de la cérémonie du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon, on y observe de Gaulle, en uniforme, au premier rang, écoutant Malraux, mais empêtré de son grand corps, empreint d’une certaine gaucherie et voué au silence. La si belle et grande histoire que raconte la voix hachée de l’écrivain est celle des temps troublés, dont de Gaulle, ici chef de l’État, fut l’acteur de premier plan. Il y fut un individu d’exception pris dans la tourmente d’une action difficile, au milieu des divisions et rivalités, des tourments, des fractures morales. À Douaumont, en revanche, de Gaulle est à l’aise, il est pleinement lui-même. Parce que cet homme pourtant si orgueilleux se souvient qu’alors il ne fut qu’un des innombrables combattants d’un immense et solidaire effort. Il se fond dans la masse, mais il comprend d’autant mieux ce qu’elle est et signifie. Il voit la chaîne du temps, qui impose le refus du renoncement : "La France vient du fond des âges. Elle vit. Les siècles l’appellent. Mais elle demeure elle-même au long du temps." Il ouvrira ainsi ses Mémoires d’espoir, après son départ mélancolique du pouvoir.
 
Ces cent ans qui nous séparent désormais de la bataille de Verdun, c’est somme toute peu de chose. Le sacrifice des poilus peut nous paraître vain et inutile, si, comme nous y sommes si souvent invités ou portés, nous perdons le sens de la durée et de l’Histoire, de notre histoire commune et de notre civilisation. Mais il peut aussi nous rappeler la portée et l’utilité de l’effort dans sa dimension la plus élevée : c’est le cœur de la France. Par les temps qui courent, ce n’est pas une réflexion inutile, sauf si nous avons définitivement admis que "nous sommes des vaincus", comme l’écrivit un jour Péguy, qui, lui, ne s’y résolut jamais.

Paru dans Le Figaro, 20 février 2016
 
(1) Ancien élève de l’École normale supérieure et de l’École nationale d’administration. Auteur de plusieurs biographies saluées par la critique, Arnaud Teyssier a notamment publié "Charles Péguy. Une humanité française" (Perrin, coll. "Tempus", 2014, 384 p., 9,50 €) et "Richelieu. L’aigle et la colombe" (Perrin, 2014, 526 p., 24,50 €).

Retrouver le sens de l’État

Publié dans En France
Retrouver le sens de l’État : une ardente nécessité pour la droite !
 
A mesure que s’approche l’élection présidentielle, petites phrases, prises de position, esquisses de programme commencent à se multiplier, notamment à droite. Mais si l’on a beaucoup parlé ces temps derniers de la "République", personne ne parle bien volontiers de "l’État". Enfin personne, ou presque… Ce n’est pas un hasard si le Front national est aujourd’hui le seul mouvement politique à dessiner l’ombre d’une pensée programmatique sur le sujet : jour après jour, il enrichit son fonds de commerce de quelques fondamentaux du gaullisme, que l’UMP, avant même les Républicains, a depuis longtemps sacrifiés sur l’autel de "l’union" - entendez la lente ingestion conceptuelle de la droite par le centre -, ainsi qu’aux nécessités d’une machinerie vouée exclusivement à faire élire le héros du jour.
 
Or s’il est vrai que l’élection présidentielle est "la rencontre d’un homme et d’un peuple" - et non d’ailleurs celle d’un parti et d’un peuple, comme on en prend le chemin avec la primaire -, elle n’est pas que cela. Il arrive que de Gaulle soit cité, mais de manière tronquée. S’il évoquait volontiers son propre personnage historique, c’est parce qu’il inscrivait son action dans l’Histoire, c’est-à-dire dans la politique réelle : en somme, dans la vie. Il suffit de lire la première page des Mémoires d’espoir pour voir quel est son véritable héros : "Aussi l’État, qui répond de la France, est-il en charge, à la fois, de son héritage d’hier, de ses intérêts d’aujourd’hui et de ses espoirs de demain." Pour lui, l’État et la République, l’État et la France, c’est la même chose. Et quand il parle de l’État, il parle de choses concrètes : il pense à l’administration, aux fonctionnaires… Il en parle avec respect, mais sans complaisance. Il est celui qui commande, et non celui qui flatte ou qui flétrit. Il n’est pas conservateur : nul n’a plus courageusement réformé l’État que lui ; mais il l’a fait avec une vision : une vision positive, entraînante, mobilisatrice.
 
On parle peu de l’État, mais beaucoup de l’ENA, symbole facile à dénoncer et que l’on se propose sans cesse de rénover, voire de supprimer, sachant qu’ainsi on se montrera libéral et réformateur à peu de frais, sans jeter personne dans la rue. On oublie que lorsque de Gaulle créa l’ENA, en 1945, il inscrivit cette nouvelle institution dans un projet beaucoup plus vaste : une réforme de l’État en profondeur, d’où il devait tirer tout le bénéfice politique et le ressort pour l’action après 1958. Nécessités de la reconstruction d’après-guerre, dira-t-on aujourd’hui. Mais désormais, nous dira-t-on encore, la France est décentralisée, dérégulée, européanisée, multiculturelle, et il est temps que cent fleurs s’épanouissent… L’État n’est plus qu’un boulet, dénoncent ceux qui confondent, sans toujours le mesurer, l’État régalien et les excès de l’État-providence : nous avons, à dire vrai, davantage démantelé le premier que le second - Churchill dirait que nous avons "tué le mauvais cochon".
Seulement voilà : les choses ne semblent pas aller si bien. Dans des sociétés étrangères naguère présentées comme des modèles de désétatisation, la puissance publique revient ; dans d’autres, on déplore la faiblesse de l’État ou son absence : parce que l’ensemble de nos démocraties sont menacées de déséquilibres majeurs, liés à l’instabilité financière mondiale. Parce qu’une démocratie n’est pas seulement un système, mais aussi une société, chaque nation tente de répondre au désordre du monde avec ses armes propres, en tenant compte de sa tradition historique.
En France, l’État a été pendant deux siècles une force structurante sans égale. Même s’il est aujourd’hui affaibli, il occupe toujours une place considérable dans la substance de notre nation, et même dans son inconscient. Cela mérite peut-être quelque réflexion.
Car enfin, une fois élus, il faudra bien que les nouveaux princes gouvernent. Et pour gouverner, il faut à l’évidence un État, et il faut à l’évidence des fonctionnaires à qui l’on sache adresser quelques propos fermes et mobilisateurs. Le slogan du "non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux" est d’une pauvreté accablante, d’autant plus accablante que personne, en réalité, n’y croit une seconde. Où est la vision ? Conspuer l’État, dénigrer les fonctionnaires est l’alibi de ceux qui ne veulent ni les orienter ni les diriger.
 
Il serait temps que la droite française, si elle ne veut décidément plus du gaullisme, se réfère du moins aux vrais maîtres de la pensée libérale. Osera-t-on même suggérer qu’elle lise Margaret Thatcher, qui écrivait en 2002 dans Statecraft, bien avant la crise de 2008 : "Si vous écoutez les commentateurs, vous croiriez que la globalisation sonne le glas de l’État tel que nous l’avons connu à travers les siècles. Ils ont tort." Ou qu’elle s’inspire d’auteurs plus anciens, comme Prévost-Paradol, qui écrivait en 1868 dans La France nouvelle : "On prend volontiers pour une marque de progrès ce qui est un signe d’affaiblissement", et disait qu’une démocratie doit s’affranchir des "préjugés nés de l’ignorance ou de l’histoire mal comprise". Les difficultés "d’imagination" ou d’opinion, écrivait Prévost-Paradol, sont parfois plus tenaces que les difficultés "réelles". Il est temps de s’affranchir des "difficultés d’imagination" et de repenser enfin l’État, profondément et sans le honnir, en le réarticulant avec le système de décision politique, pour mieux affronter les très réelles difficultés qui s’annoncent ; pour conjurer en somme "ce mortel découragement et cette lassitude profonde qui semblent aujourd’hui devenus le tempérament même de la France".
Prévost-Paradol savait le sens des mots : ministre de France à Washington, il se suicida le 20 juillet 1870 lorsqu’il apprit la stupide déclaration de guerre à la Prusse et comprit que son pays allait vers le gouffre. Pour ce libéral, la France était un peu plus qu’une idée vague, et la politique un peu plus qu’une machine à slogans. C’est dire combien il était en avance sur son temps. Et sur le nôtre.

Paru dans Le Figaro, 21 septembre 2015
La droite française à l’ère du vide
 
"La véritable école du commandement est la culture générale", disait de Gaulle. Cette formule vient d’être mise en exergue par un sociologue, François Dupuy, qui analyse la "crise de la pensée managériale" dans les entreprises et l’inculture montante, porteuse de désastres futurs, qui la caractérise.
En politique, le processus est similaire : nous assistons à une profonde crise de notre culture générale, celle des institutions. Gouverner, ou aspirer à gouverner, suppose de connaître un peu l’histoire et de posséder assez de sens commun, assez d’esprit critique et de recul avec les choses pour comprendre l’usage et la portée des institutions sans se limiter à la communication pure et à la surinterprétation des sondages. Il faut ce "coup d’œil", en somme, dont Frédéric II de Prusse faisait la clef de toute tactique militaire : du bon sens, de l’expérience, de la pratique régulière des choses, mais pas nécessairement du génie…
 
C’est pourtant dans ce bouillon d’inculture institutionnelle que s’ébroue la droite française. Aux États-Unis, les primaires sont soigneusement organisées, articulées avec le dispositif constitutionnel et se jouent dans le cadre de formations puissamment structurées. Les États-Unis sont un régime présidentiel authentique : pas la France. La France, on ne sait d’ailleurs plus quel est son vrai système : semi-parlementaire, semi-présidentiel, "présidentialiste" ? Après tant de cohabitations contre nature, après la désastreuse di ssolution de 1997, après la mise au rancart du référendum - parce qu’il était devenu trop dangereux pour des politiques qui ne savaient plus s’en servir -, enfin après la très confuse révision constitutionnelle de 2008, nos institutions sont devenues, il est vrai, d’un usage délicat. En bonne logique, la droite poursuit la descente aux enfers dont elle a elle-même posé les jalons par ses mauvaises pratiques institutionnelles successives. Les primaires, chez nous, ne serviront - peut-être - qu’à départager les candidats rivaux dans une relative confusion et dans des conditions de légitimité douteuse. Encore le parti socialiste a-t-il obtenu quelque résultat, grâce à une forte et ancienne tradition d’organisation en courants et tendances. Mais la droite ? Sa force, du moins pour la tradition gaulliste, venait de son unité et du refus de tout esprit partisan. Le principe était de faire choisir, le jour venu, et d’où qu’ils vinssent, les électeurs par leur vote. Le principe était qu’on n’était pas un parti, mais un rassemblement. Qu’on n’élisait pas un chef de clan, mais un chef d’État. Le second tour, de toute manière, tranchait.
 
Ce discours permanent sur l’organisation des primaires a une autre conséquence, et des plus fâcheuses : il entretient le sentiment d’une absence totale de "ligne" en matière politique. Chacun des candidats en puissance tient à faire entendre sa propre chanson sur les sujets d’actualité, à moduler l’intensité de sa colère ou de son indignation dans le grand climat compassionnel du moment. Il serait infiniment plus précieux de refonder une pensée forte et structurée sur l’État, qui est au cœur de notre construction nationale et peut être, s’il est intelligemment réformé - et donc renforcé là où il doit l’être -, le garant d’une réelle et forte société de liberté.
 
Enfin, le "nom". Il est certain que, depuis l’origine, le sigle UMP est pauvre et sans ressort. Au départ, il signifiait "union pour la majorité présidentielle". C’était, si l’on peut dire, tout un programme… Aujourd’hui, on ne sait même plus ce qu’il signifie. Il faut donc en changer. Mais pour que l’opération ait un sens, il faut que se dessinent une unité, un programme, une vision, une ambition : en somme, tout ce qui permettrait de réinvestir l’espace politique tenu autrefois par le gaullisme, aujourd’hui évidé par la montée en force du Front national. La seule logique possible est celle du rassemblement. Or on ne rassemble pas en organisant des combats de coqs.
Alors, "les Républicains" ? Il n’y a certes pas matière à hurler. Mais au vrai, quel est le sens, la vision, l’ambition portée par une appellation si vague et générale ? Ce mot appartient à tous, donc il n’appartient à personne. Et en lui-même, il ne définit aucune vision politique. Il rappelle ce propos de Marguerite Yourcenar sur le déclin de l’Empire romain : "La survivance de la forme cache la disparition du fond ; le jargon des formules républicaines contentant ainsi ceux pour qui l’apparence compte plus que la réalité, c’est-à-dire à peu près tout le monde." Si elle veut renaître et gouverner durablement, la droite n’a d’autre issue que de renouer avec l’esprit et la culture de la Ve République, avec les principes qui lui ont donné naissance. Si l’on n’y prend garde, les élections vont devenir des ventes aux enchères et, comme le prédisait Renan il y a plus d’un siècle, la France cessera lentement d’être une nation pour ne plus être qu’une société d’actionnaires dont on finira par demander la liquidation.

Le Figaro, Champs libres, 20 avril 2015

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