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TILLINAC Denis

TILLINAC Denis

Né le 26 mai 1947
Marié – 4 enfants
 

Ecrivain


Institut d'études politiques (IEP) de Bordeaux
 
PDG des éditions de La Table Ronde (1990-2007)
Membre du Haut Conseil de l'Education
Membre du Haut Conseil de la Francophonie
Représentant personnel du Président de la République Française
     pour la Francophonie (1995-1998)
Enseignant à l'Ecole Supérieure d'Aéronautique
     Histoire moderne, à Toulouse (1999)
Enseignant à l'Institut supérieur
     de management public et politique (ISMAPP) (2008-2009)
 
Journaliste à La Dépêche du Midi (1974-1980)
Critique littéraire à La Dépêche du Midi (1980-1990)
Chroniqueur aux Nouvelles littéraires
Collaboration et éditoriaux à Madame Figaro (1983-1990)
Chroniqueur à R.T.L. (On refait le monde), à Canal + (Pascale Clarke)
Co-animateur (avec Michel Cardoze) de Double Page sur T.M.C.
     (émission littéraire) (2003-2004)
Intervenant dans Le Contrat sur la chaîne parlementaire
     (émission politique) (2006)
Collaborations à Valeurs Actuelles, Le Figaro Magazine,
     Madame Figaro, La Dépêche du Midi, La montagne,
     Marianne, Famille chrétienne, …
 
Ouvrages
Le Rêveur d'Amériques (1980) - Le Mystère Simenon (1980) - Le Bonheur à Souillac (1983) Prix de la Table Ronde française - L'Eté anglais (1983) Prix Roger Nimier - Spleen en Corrèze – Journal  d'un localier (1984) - A la santé des conquérants (1984) - L'Ange du désordre : Marie de Rohan, duchesse de Chevreuse (1985) - La Tour des îles : Spleen à Daumesnil (1985) - L'Irlandaise du Dakar (1986) - Vichy (1986) - Maisons de famille (1987) Prix Kléber-Haedens - Le Dakar (1988) en collaboration avec yann Arthus-Bertrand - Un léger malentendu (1988) - Le Bar des Palmistes (1989) - La Corrèze et le Zambèze (1990) - Prix Chardonne, Grand Prix de Littérature du tourisme Les Corréziens (1991) en collaboration avec Pierre Dauzier - L'Hôtel de Kaolack (1991) - Le retour de d'Artagnan (1992) - Rugby Blues (1993) Prix Populiste, Grand Prix de la Littérature sportive - Elvis, Ballade sudiste (1993) - Le Jeu de la chandelle (1994) - Spleen en Corrèze (1996) - Dernier verre au Danton - Don Juan (1998) - Je me souviens de Paris (1998) - Les Masques de l'Ephémère (1999) Prix Paul Léautaud - Boulevard des Maréchaux (2000) - Chirac le Gaulois (2002) - En désespoir de causes (2002) - Le Mystère Simenon (2003) - Incertains désirs (2003) - Le dieu de nos pères – Défense du catholicisme (2004) - Le Venin de la mélancolie (2004) Prix du Livre politique, Prix des Députés - La pluie sur les carreaux dessine des fantômes (2005) - Je nous revois (2006) - Dictionnaire amoureux de la France (2008) - Rue Corneille (2009) - Sur les pas de Chateaubriand (2009) – Dictionnaire amoureux du Catholicisme (2011) - Retiens ma nuit (2015) -
 
Grand Prix de l'Académie française
     Prix de littérature Henri Gal attribué par l'Institut de France (2005)
 
Pour la télévision
Evocation de Francis Jammes
     Réalisateur Jacques Tréfouel
     Produit par FR3 Bordeaux-Aquitaine (1981)
Les Caprices de Marion
     Réalisateur Jacques Tréfouel, avec Agnès Soral
     Produit par FR3 Bordeaux-Aquitaine (1983)
Une colonne à la cinq (feuilleton)
     Réalisateur Pierre Neel
     Co-production FR3 Aquitaine et FR3 Limoges (1985)
Le Train du soir (court métrage)
     Réalisateur Eric Bertheret (1991)
     Adaptation d'une nouvelle de Denis Tillinac
Le Bois du Pardoux - France 3 (2000)

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L'opposition, c'est lui !

Publié dans Du côté des élites
Le ministre de l’Intérieur a commis un abus de pouvoir en orchestrant la curée zemmourophobe à coups d’amalgames qui rappellent les pratiques des staliniens d’antan. Ou des fascistes, comme on voudra. La plupart des journalistes et chroniqueurs l’ont relayé servilement, et pour cause : Zemmour leur fait de l’ombre. Sa culture historique, son talent de plume, sa dextérité verbale et surtout son indépendance d’esprit le désignent naturellement à la vindicte de la caste médiatique. Faute d’arguments plausibles, on le diabolise comme on s’y efforça avec Finkielkraut lorsqu’il publia son Identité malheureuse.
 
Le plus choquant dans cette traque hystérique, c’est le silence apeuré de la mouvance UMP. À de rares exceptions près, aucun dignitaire de ce parti n’a défendu, non pas les thèses de Zemmour, mais simplement sa liberté d’expression dans l’espace public. L’UMP eût été dans son rôle, et accessoirement se serait refait la cerise, en initiant une grande manif pour sommer le pouvoir et sa domesticité de respecter cette liberté. Certes, Zemmour est plus gaulliste que libéral à l’anglo-saxonne, plus conservateur au sens churchillien du terme que bobo, et très moyennement convaincu des bienfaits de la machinerie bruxelloise. En quoi il séduit l’infanterie de l’UMP, tout en offusquant son état-major.
 
En vérité, le diagnostic qu’il porte dans son Suicide français sur le délabrement mental de notre pays embarrasse l’opposition "officielle". Ses politiciens ne s’intéressent pas aux sujets dits improprement "sociétaux" pour en minorer le sens : la mémoire longue de la France, ses mythes fondateurs, sa psychologie collective, ses traditions, ses fractures, ses hantises. Ils s’en tiennent au sondage du moment, et au bruitage médiatique. Peu leur importe que la France sombre corps et âme s’ils croient avoir réussi leur singerie "chez" Apathie ou Bourdin.
Leur opposition au socialisme ne passe jamais le cap des rengaines d’usage sur le matraquage fiscal, l’assistanat et l’insécurité. Rengaines d’autant plus usées qu’au fond, la droite au pouvoir n’a guère corrigé ces méfaits qu’à la marge. Et encore. Ignorant les ressorts de l’idéologie qu’ils prétendent combattre, les ténors de la droite s’interdisent d’enraciner une réforme économique dans un projet politique étayé par une réflexion sur le malaise d’un peuple las d’être dépossédé, et méprisé par surcroît.
 
Grâce au ciel, de vrais opposants s’invitent en clandestins dans l’arène politique et osent dresser à voix haute un état des lieux pas très reluisant. Tel Zemmour, excommunié par la meute inquisitoriale mais plus populaire que Sarkozy, Juppé, Fillon, Le Maire et leur suite. D’autres contestataires, moins connus mais influents dans leur sphère, participent d’une rébellion polymorphe dont l’ampleur n’a pas eu d’équivalent depuis l’effervescence de Mai 68. Personne ne les soutient à l’UMP. Personne ne s’en inspire. Personne ne s’avise qu’aucune réforme ne tient la route si elle n’est, de prime abord, intellectuelle et morale.
Les socialistes, eux, le savent. C’est pourquoi ils dénigrent Zemmour.
On a le droit de désapprouver certaines de ses positions, il a tendance à systématiser et parfois succombe avec une gourmandise enfantine aux commodités de la polémique. Reste que ce bretteur intrépide et futé incarne désormais l’opposition à l’idéologie dominante depuis un demi-siècle.
 
Le vrai chef de la droite, en tout cas son inspirateur et son porte-étendard, c’est lui. Les politiciens de l’UMP constatent que leurs bavardages convenus derrière le petit écran ou devant le micro ont moins de prise sur l’opinion que le moindre solo de Zemmour. En quelque sorte, il les néantise : mauvais cas pour leur ego. Ils pourront peut-être se passer de lui pour battre un socialiste à la future présidentielle. Ils n’auront pas de quoi lui opposer une vision alternative tant soit peu cohérente et se borneront à bricoler des réformettes de technos. Elles seront comme d’habitude inopérantes, et ce coup-ci le peuple exaspéré pourrait bien montrer les dents. La politique, c’est d’abord un combat sur le champ des idées. Zemmour mène ce combat. Que la soi-disant droite UMP ne l’y rejoigne pas risque de la vouer à l’insignifiance.

Paru dans Valeurs actuelles, 1er janvier 2015

Des lâches

Publié dans Du côté des élites
L’agressivité des lâches
 
Etranges accès de talibanisme en Vendée et à Béziers où l’on a saisi la justice pour chasser de l’ "espace public" une crèche de Noël qui offusque des bigoteries laïcardes. Étrange magistrature qui fait glander le justiciable ordinaire des années durant, et croit devoir se prononcer illico au lieu d’invoquer le bon sens pour éconduire des plaideurs de mauvais guignol.
 
La tradition de la crèche remonte à saint François d’Assise et s’inscrit indéniablement dans le giron de la culture catholique. Pour lui faire un sort définitif, les ayatollahs de la "libre-pensée" devraient exiger la démolition manu militari des dizaines de cathédrales, des milliers d’églises et de chapelles, des dizaines de milliers de calvaires érigés sur nos routes par l’ "obscurantisme" de nos ancêtres. Ils devraient militer pour l’interdiction des pèlerinages, rogations et autres processions qui infestent la voie publique.
Quand le clocher de mon village sonne l’angélus de Millet, il pérennise la scansion catholique du temps ; il faudrait lui clouer le bec pour effacer jusqu’à la mémoire d’une piété plusieurs fois centenaire, et débaptiser par la même occasion la pléthore de villes qui portent le nom d’un saint du calendrier.
 
Il faudrait lobotomiser le cerveau humain pour "émanciper" notre affectivité de ses liens immémoriaux avec les figurations de l’invisible.
La Terreur a essayé : elle n’a su enfanter qu’un avorton grotesque, le culte de l’Être suprême, et grâce au Ciel il n’a pas fait recette dans les cœurs. On rappellera aux sectateurs de la froide raison que les deux totalitarismes du XXe siècle, celui de Lénine et celui de Hitler, ont proclamé pareillement la mort de Dieu et persécuté les chrétiens. Pas de crèche chez les héritiers rouges ou bruns de Robespierre, dont les surgeons tardifs présentent les mêmes symptômes d’hystérie éradicatrice.
 
Philippe de Villiers est donc parfaitement fondé à dégainer ce gros mot — totalitarisme — pour qualifier un fantasme idéologique visant à fabriquer ex nihilo une humanité hors-sol, sans transcendance, sans intériorité, sans refuge sentimental — un simple agrégat d’individus livrés en toute nudité psychologique à la déraison des ultras du rationalisme. L’"homme nouveau" en somme. Pas celui de saint Paul ; l’autre, celui des utopistes fous de la Renaissance (Campanella, etc.) et de la fin du XIXe siècle (Fourier, etc.).
 
Certes, les adeptes d’une irréligion unique et obligatoire ne sont pas nombreux et les partisans d’une laïcité raisonnable estiment à juste titre qu’ils ridiculisent leur cause. Personne en France ne songe à mettre en cause le distinguo entre pouvoir spirituel et temporel. Surtout pas les clercs de l’Église. Il en résulte que l’anticléricalisme maquille par lâcheté sa hantise de l’islam radical en bouffant du curé à la mode de 1905. Mais si l’on rapproche ces recours en justice de certaines velléités pédagogiques à la Peillon ou à la Vallaud-Belkacem, on retrouve la même obstination à raboter les points d’appui de la sensibilité en dévaluant les ancrages de notre culture. Lesquels ont à voir avec la catholicité.
Ce n’est pas un hasard si, à Bruxelles, des cinglés ont bastonné la Vierge d’une crèche. Rien de plus essentiel en effet, sur la trame de notre civilisation, que l’impact du culte marial ; il a sculpté au plus profond de notre imaginaire les formes variables d’une féminité dont témoigne notre histoire de l’art, surréalistes y compris.
 
Noël approche. Décorons le sapin et apprêtons la crèche comme jadis et naguère avec l’Enfant Jésus sur son lit de paille, Marie et Joseph, les Rois mages, l’âne et le bœuf, les bergers alentour.
Envoyons paître ces "libres penseurs" qui loin d’être "libres" sont captifs d’un nihilisme de basse saison. Défions si nécessaire leurs complices dans l’appareil judiciaire : aucune légalité ne vaut à l’aune d’une légitimité d’essence spirituelle, enluminée par des traditions qui fondent l’identité des peuples occidentaux.

Avec l'aimable autorisation de Valeurs actuelles, décembre 2014

"Le monde rêvé ...

Publié dans A tout un chacun
La théorie du genre - le monde rêvé des anges.
Un vade-mecum de l'insoumission


Quoi que prétendent leurs inspirateurs et les médias à leur botte, des initiatives pédagogiques visant à relativiser l'identité sexuelle sont bel et bien à l'œuvre dans notre Education nationale. C'est sous l'autorité d'un ministre de droite, Chatel, qu'a débuté cette ineptie ; ses successeurs de gauche, Peillon et Vallaud-Belkacem, en ont rajouté.
Match nul dans tous les sens du terme.
 
Pour comprendre les ressorts d'une mise en berne de l'altérité fondatrice de l'aventure humaine, il faut lire la théorie du genre de Bérénice Levet. Sous-titre éclairant : le monde rêvé des anges. Autrement dit une aspiration à l'androgynat.
L'auteur n'est pas une intégriste catho ni une adepte de la réclusion de la femme entre le berceau, la cuisine et la buanderie. Philosophe de son état, spécialiste de Hannah Arendt, cette jolie quadra au profil romantique a cru comme d'autres que les fameuses gender studies étaient l'apanage exclusif d'un féminisme radical issu du protestantisme made in USA.
 
Comment imaginer qu'au pays du roman courtois, de Marianne, des égéries de notre romantisme et des incarnations variables de notre "éternel féminin" - Coco Chanel, la môme Piaf, Brigitte Bardot -, un fantasme aussi lugubre puisse susciter autre chose qu'un gros rire rabelaisien ? Or, ce fantasme a traversé l'Atlantique en s'acoquinant avec le vaste chantier de "déconstruction" des valeurs et des ancrages entrepris à partir des années cinquante dans nos sphères intellos.
Avec beaucoup de pénétration, mais sans la moindre outrance polémique, Bérénice Levet dévoile le fond de sauce idéologique commun aux pionnières américaines du gender, au féminisme brut de décoffrage de Simone de Beauvoir et aux avatars des utopies "libertaires" issues de Mai 68.
En lisant cet essai solidement étayé, mais très accessible, on perçoit le fil d'Ariane d'un projet qui vise ni plus ni moins à éradiquer Eros en décrétant aléatoire et contingent ce qui, émanant de l'évidence biologique, a orchestré toutes les civilisations depuis la préhistoire. L'auteur ne nie pas les brutalités du sort jadis endurées par la femme, y compris sous nos latitudes.
 
Mais l'égalité juridique et la maîtrise de la procréation étaient des faits acquis, le féminisme du gender a quitté le champ d luttes sociales légitimes (suffragettes, etc.) pour prôner l'avènement d'une humanité hors nature où l'unisexe, le "bi" ou le "trans" auront aboli les noces immémoriales de l'animus et de l'anima. Une humanité neutre, titubant sans boussole vers l'horizon sans soleil ni lune d'un désir sans répondant. Car enfin, la Bible, Homère, les tragiques grecs et, dans leur sillage, l'intégralité de notre héritage spirituel, moral, mythologique, esthétique et érotique ont discerné le rôle du masculin et du féminin.
 
De même, les civilisations orientale, africaine, précolombienne : partout ici-bas, la religiosité, la fécondité, la hiérarchie des prestiges, ls connivences affectives, la création artistique ont brodé le destin de l'homme sur la trame de l'altérité des sexes. Du même et de l'autre.
Partout.
 
Bérénice Levet conceptualise pertinemment la barbarie d'un univers où Narcisse risque de rejoindre Frankenstein dans un délire onaniste. Son live doit devenir le vade-mecum de l'insoumission à l'ordre inhumain envisagé par des inquisiteurs qui haïssent les chatoiements de la différence, leur traduction dans les arts de vivre, d'aimer, de poétiser le monde. Ils sont aussi obscurantistes que les Torquemada de jadis ou les djihadistes du temps présent, et d'autant plus pernicieux qu'ils avancent les pions de leur nihilisme en invoquant l'égalité dans un domaine où ce mot tricheur n'a aucun sens.
 
"On ne nait pas femme, on le devient", écrivait Simone de Beauvoir.
Bérénice Levet lui rétorque que l'on naît femme et qu'on le devient, en apprenant les us de la féminité, chacune dans le giron de sa culture.
Ma remarque vaut évidemment pour les hommes.
Avec l'aimable autorisation de Valeurs actuelles, 27 novembre 2014

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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