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TRANCHANT  Marie-Noelle

TRANCHANT Marie-Noelle

Née le 22 décembre 1951
Célibataire
 
Journaliste culturelle


Lettres classiques (hypokhâgne et khâgne)
Ecole du Louvre
Maîtrise de Lettres modernes à la Sorbonne, Paris IV
(mémoire Baudelaire et Thomas de Quincey)


Enseignement
Français, latin, grec, dans des écoles privées hors contrat (1972-80)

Journalisme
Journaliste culturelle et critique de cinéma au Figaro depuis 1981
Critique à l’émission Ecrans et Toiles de Victor Loupan sur Radio Notre-Dame
Auteur avec Laurent Terzieff de "Seul avec tous",
          parcours biographique et spirituel du grand comédien (Presses de la Renaissance, 2010. Préface de Fabrice Luchini)


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Confidences d'Emma Thompson

Publié dans A tout un chacun
Les confidences d'Emma Thompson
 
INTERVIEW - L'actrice britannique se confie à l'occasion de la sortie du captivant My Lady, dans lequel elle incarne une juge aux affaires familiales. Elle évoque l'obligation du débat et de l'engagement.

Elle est le charme et l'intelligence incarnés. Un mélange délicieusement anglais de Monty Python, de Shakespeare, de Jane Austen et de Nanny McPhee. La drôlerie extravagante lui va aussi bien que le sérieux, la raison que les sentiments. Depuis près de quarante ans, Emma Thompson séduit et subjugue. Avec My Lady, de Richard Eyre, elle revient dans un registre grave et vibrant en interprétant un très beau personnage de juge. "Elle parvient à exprimer ce trait de caractère tellement anglais qui consiste à éprouver des sentiments profonds mais à faire en sorte qu'ils ne soient jamais visibles", dit Ian McEwan, auteur du roman et du scénario.
 
LE FIGARO. - D'où vient cette histoire ?
Emma THOMPSON. - C'est la question que j'ai posée à Ian McEwan. Il a fréquenté des juges et lu beaucoup de jugements de la Haute Cour sur des affaires familiales. Il m'a dit : "Dans ces histoires, on trouve toute la condition humaine." Celle de Fiona Maye est extraordinairement complexe, pleine d'ambiguïtés qui ne cessent de se révéler et d'interférer. Ce qu'elle traverse, professionnellement et personnellement, est passionnant à incarner.
 
Elle apparaît comme isolée, retirée en elle-même
Au début, on la trouve dans un endroit très éloigné de tout le monde. J'ai rencontré beaucoup de femmes juges des affaires familiales qui ont ce retrait. Elle a créé une sorte de mur entre elle et la souffrance qu'elle rencontre chaque jour, pour ne pas se laisser submerger. Elle se protège même de son mari. Elle voit son mariage s'effondrer mais elle ne s'autorise même pas à y penser car elle doit garder non seulement ses forces mais son cœur pour son travail, des vies en dépendent. C'est qu'elle prend sa responsabilité très au sérieux. Elle représente la justice, ce n'est pas rien. Elle est presque une allégorie de la Justice. C'est un défi intellectuel très subtil, qui exige de doser la rigueur, l'honnêteté et l'attention à ce qui se passe émotionnellement.
 
Elle doit décider s'il faut imposer une transfusion sanguine à un adolescent leucémique contre le choix de ses parents, Témoins de Jéhovah. Comment avez-vous abordé ce dilemme ?
J'ai beaucoup écouté le magistrat qui a jugé le cas réel. Il a voulu rendre visite au jeune malade à l'hôpital et m'a expliqué pourquoi : souvent, on traite les Témoins de Jéhovah avec mépris, les considérant comme secte. Lui, le juge, a voulu montrer du respect pour le jeune homme et sa famille, les prendre au sérieux pour que l'impartialité de son jugement ne soit pas contestée. La pensée qui est derrière l'acte, voilà ce qui importe, et c'est cela qui m'a fascinée.
 
Quelle pensée avez-vous découverte ?
A priori, refuser la transfusion sanguine nous paraît aussi bizarre que professer que la terre est plate. On s'attend à ce qu'un juge puisse distinguer intellectuellement entre savoir et croyance, et considère le refus de transfusion sanguine comme une marque d'ignorance. Mais je trouve extrêmement intéressant que le juge ne s'arrête pas à ces a priori. Nous sommes tellement habitués à la transfusion qu'on ne se pose plus de question.
 
Comment comprendre l'opposition des Témoins de Jéhovah ?
Pour eux, verser le sang d'un être dans un autre, c'est toucher à un ordre essentiel… On a beaucoup perdu ce sens du sang comme sacré : le sang, c'est la vie, et la vie ne nous appartient pas. Ce n'est pas une vision naïve ou superficielle, on la trouve dans les grandes mythologies, au cœur de la tragédie antique et des drames shakespeariens. Mais pour la comprendre, il faut dépasser le rationnel.
 
Cela donne un autre arrière-plan aux manipulations de l'être humain que permet la science…
C'est l'intérêt et la puissance de l'art de déjouer les pensées toutes faites pour entrer dans des courants plus complexes et plus profonds de l'existence. Adam, le jeune leucémique, est un personnage absolument authentique, il n'est pas dévoré par les influences extérieures, sa vie est une expérience personnelle. Et il ressent une joie extrême à être écouté pour la première fois par une adulte d'intelligence supérieure qui prend au sérieux son point de vue. Entre eux, il y a une espèce de coup de foudre. Quand il l'appelle "my lady", ce n'est plus seulement le titre usité au tribunal, c'est l'ancien langage de la chevalerie. On est à la fois dans l'histoire et dans le mythe.
 
Vous avez beaucoup d'engagements sociaux, un côté très militant. Le droit ne vous intéresse pas qu'au cinéma…
La loi est un domaine qui m'a toujours passionnée. Et cela continue à travers mon fils du Rwanda (un ex-enfant soldat adopté en 2004, NDLR), qui est dans le droit humanitaire. Ma réflexion politique s'est développée en faisant mon métier d'actrice, en observant les évolutions de la loi et les idées des autres. La curiosité pour diverses manières de penser repousse les frontières de notre cerveau.
 
Votre réflexion politique est très axée sur le féminisme. Comment le concevez-vous ?
Il ne s'agit pas de transformer les femmes en "hommes allégés" ! Je pense que la question de fond, c'est le pouvoir. Je suis féministe depuis l'âge de 19 ans, et je constate que le patriarcat archaïque est toujours aussi pesant. Nous restons des primitifs, et cela nous conduit au désastre. On pourrait changer très vite, mais il faut une volonté. Parce que le changement est perçu comme une perte de pouvoir. Il faudrait comprendre que le pouvoir est quelque chose de puéril, et que c'est fini, le temps des enfantillages. Les rôles binaires nous emprisonnent et nous empêchent de faire place à la richesse de la vie émotionnelle. On veut que les choses soient simples : c'est impossible parce que les êtres humains sont compliqués. Ian McEwan rapproche l'histoire racontée dans le film du jugement de Salomon, qui balance entre la loi et la vie. Voilà : la balance est difficile.
Paru dans Le Figaro, 1er août 2018

Jésus, l'enquête

Publié dans Au delà
Jésus, l'enquête : une foi pour toutes
 
En salle ce mercredi, le film de l'Américain Jon Gunn, relate l'itinéraire d'un journaliste, Lee Strobel, qui se confronte à la révélation chrétienne. Un écho étonnant à L'Apparition de Xavier Giannoli.
 
Le journaliste est un héros récurrent du grand écran, en ce début d'année. Après Pentagon Papers de Spielberg, sur les rapports classiques de la presse et de la politique, le cinéma nous apporte, à quinze jours d'intervalle, deux figures de journalistes lancés dans des investigations plus originales sur des questions religieuses. Dans L'Apparition, de Xavier Giannoli, Vincent Lindon, reporter de guerre, est sollicité par le Vatican pour prêter ses compétences professionnelles à une commission d'enquête canonique sur une apparition de la Vierge.
Et voici cette semaine un film américain de Jon Gunn, Jésus, l'enquête, tiré de l'autobiographie de Lee Strobel, chroniqueur judiciaire au Chicago Tribune dans les années 1980. Personne ne demande à Strobel d'enquêter sur la Résurrection (ou non) de Jésus, mais il a un problème personnel à régler. Alors qu'il est foncièrement athée, sa femme, Leslie, est en train de se convertir au christianisme, et il veut à tout prix la ramener à la raison. Il s'explique très bien le phénomène dont elle est victime, selon lui : leur petite fille a été sauvée d'un étouffement par une infirmière croyante qui se trouvait là, et depuis, Leslie, bouleversée de reconnaissance, est sous son emprise et subit un véritable lavage de cerveau. Pour sauver leur couple, Lee Strobel emploie son talent de journaliste à démontrer que la foi chrétienne est une superstition sans fondement. Sur quoi repose-t-elle ? La résurrection de Jésus.

Intimité du mystère
Méthodiquement, le journaliste va se documenter sur cet événement invraisemblable auprès de divers spécialistes, théologiens et historiens, archéologue, psychanalyste, médecin, en posant des questions sur la véracité des récits évangéliques, la valeur des témoignages, la possibilité d'une hallucination collective, l'hypothèse que Jésus ne soit pas mort sur la croix… Et il arrive à des conclusions qui ébranlent ses certitudes.
On ne se prononcera pas sur le contenu intellectuel de cette enquête, qui dramatise à l'américaine des travaux d'érudits, avec des raccourcis parfois hâtifs. Le film ne peut représenter un véritable état de la recherche. Ni une démonstration imparable. L'investigation de Strobel sur la Résurrection s'inscrit dans son histoire sentimentale, familiale et professionnelle - on le voit travailler en même temps sur un fait divers criminel où il comprendra trop tard la vérité. Et son aveuglement lui enseigne l'humilité.
Jésus, l'enquête est le récit d'une conversion, et, comme toute conversion, c'est un chemin existentiel personnel. Mais ce chemin passe par la logique d'un métier qui veut des faits, cherche des témoignages, questionne et recoupe les sources. Cet esprit d'examen déblaie en quelque sorte le terrain, déconditionne des a priori pour accéder à l'expérience intime du mystère. Le doute et la confiance y prennent d'autres sonorités. "Même dans l'incrédulité, il y a une question de confiance, dit Ray, l'ami de Strobel, qui a opté librement pour l'athéisme. Croire ou ne pas croire, on est toujours dans l'acte de foi." Douter honnêtement, choisir librement, tout est là.
Paru dans Le Figaro, 27 février 2018

Jean Rochefort, le charme ...

Publié dans A tout un chacun
Jean Rochefort, le charme d'un acteur gentleman
 
Élégance, flegme et humour discrètement déjanté, c'étaient les marques de cet acteur cavalier, tout comme son invariable moustache et son nez mousquetaire. "Mon père disait toujours que j'étais lent et tardif !, racontait Jean Rochefort. Ce n'est pas faux : je me suis mis à l'équitation à 30 ans, j'ai attendu la quarantaine pour être vraiment connu au cinéma, et j'ai réalisé mon premier long-métrage à 80 balais ! »
Il y a cependant une chose que Jean Rochefort a découverte assez tôt : son envie de devenir comédien. Il en rêvait vaguement dans son adolescence nantaise : "Dans ma jeunesse, j'étais timide et assez solitaire. Le dimanche après-midi, j'allais voir Gary Cooper et je me disais : c'est là-bas qu'il faut habiter. Derrière l'écran… "
À 18 ans, il revient à Paris, où il était né en 1930, et un spectacle d'Olivier Hussenot déclenche le passage à l'acte. Jean Rochefort entre au Conservatoire où il aura pour condisciples Philippe Noiret, Jean-Pierre Marielle, Jean-Paul Belmondo, Annie Girardot. Recalé, il est repêché par la compagnie Grenier-Hussenot. Sa véritable formation se fait là, dans des petits rôles où il se jugeait lui-même maladroit et excessif pour dissimuler sa maladresse : "Il me fallait toujours des fausses barbes, sinon j'étais terrorisé."
 
Dans le cinéma par la petite porte
Le vedettariat, il n'y songeait pas plus que les copains, même si Belmondo réussit une percée imprévue : "Aucun de nous ne pensait à la célébrité. On voulait être sur une scène, pour le plaisir de jouer, c'est tout. Le statut d'acteur a beaucoup changé par rapport à notre jeunesse. À l'époque, nous étions socialement des romanichels." Et professionnellement, des artisans rompus à la variété des compositions : "J'appartiens à une génération qui a été formée bien plus pour aller vers les rôles que pour les tirer à soi. J'étais “possible” pour une quantité de rôles, mais pas le comédien irremplaçable d'un rôle."
L'aisance vient avec le métier, qui le conduit au TNP puis à la rencontre avec Delphine Seyrig. Ils joueront sept pièces du répertoire anglo-saxon d'avant-garde, notamment de Harold Pinter. "Personne ne l'a supportée aussi longtemps ! osait-il. J'en suis fier… Et je l'adore ! " Là, il a failli se faire cataloguer acteur cérébral. "Humour corrosif, spleen de bon aloi, distinction et canaillerie, hypocrisie", résumait-il comme on fait l'article.
 
Parallèlement, dès la fin des années 1950, il s'est glissé dans le cinéma par la petite porte, sans trop se faire remarquer dans des seconds rôles tantôt alimentaires tantôt amicaux, pour tourner avec les copains. "Longtemps, j'ai méprisé le cinéma, expliquait-il. Je me considérais comme un acteur de théâtre, qui acceptait parfois un film avec une indifférence complète pour le sujet."
Atavisme d'un rejeton de famille bourgeoise et cultivée, pour qui le théâtre faisait partie des arts nobles, contrairement au cinéma. Il a un jour rapporté ce mot de son père : "D'accord pour le théâtre, mais n'entrez pas au cinéma, cette friponnerie !" On voit aussi de qui il pouvait tenir son langage châtié, dont l'emphase rendait encore plus drôles ses vannes truculentes. Il n'y avait que lui pour s'avouer casanier en disant : "J'ai le tourisme mesquin."
 
Passionné d'équitation
Deux excellents réalisateurs ont façonné son talent comique : Yves Robert et Philippe de Broca. Avec Yves Robert, qu'il a côtoyé quand il faisait l'acteur au cabaret de la Rose Rouge, Rochefort tourne Le Grand Blond avec une chaussure noire et Le Retour du grand blond, dont la vedette est Pierre Richard,Salut l'artiste ! et Un éléphant ça trompe énormément, avec Claude Brasseur, Guy Bedos et Victor Lanoux, gros succès de l'année 1976. Une sorte de Mes chers amis à la française, qui raconte les tribulations d'une bande de copains avec les femmes.
Avec Philippe de Broca, il tourne notamment le délicieux Le Diable par la queue, en 1968, et dix ans plus tard, en tête d'affiche, Le Cavaleur, un titre qui lui sied autant que celui de cavalier. Patrice Leconte prendra la relève dans les années 1980 pour tirer de Jean Rochefort de savoureux accords de dérision mélancolique dans Tandem ou Le Mari de la coiffeuse. C'est dans les années 1970 qu'il a pris sa véritable stature à l'écran. Bertrand Tavernier lui offre alors ses premiers rôles importants, aux côtés de Philippe Noiret, dans L'Horloger de Saint-Paul puis dans Que la fête commence… qui lui vaudra le César du meilleur second rôle, celui de l'abbé Dubois.
Peu après, il remporte le César du meilleur acteur pour sa composition grave et hantée du capitaine dans Le Crabe-Tambour, de Pierre Schoendoerffer. À la même époque, en 1973 et 1974, Jean Rochefort s'essaie à la réalisation avec quelques courts-métrages, dont un consacré à Dalio. Il ne reprendra la caméra qu'en 2009 pour tourner, avec Delphine Gleize, Cavaliers seuls, consacré à son maître écuyer, Marc Bertran de Balanda.
 
Il s'est pris de passion pour l'équitation à 30 ans, sur un tournage, et, avec Bertran de Balanda, il a vite rattrapé le temps perdu : "Il vous apprenait à sauter les yeux bandés et les mains attachées." C'est à cette période qu'est né l'homme de cheval, adepte de l'équitation sportive, éleveur et dresseur installé près de Rambouillet. Il cherche alors une existence "calme, équilibrante", après la vie de noctambule parisien de ses débuts. "Le contact avec l'art équestre m'a fait progresser dans l'art dramatique. Je me souviens d'un professeur du conservatoire qui me disait : "Tenez votre cheval, Monsieur Rochefort !" Le cheval apprend à faire moins pour obtenir plus. Et il apporte une certaine onctuosité dans les rapports, il faut avoir “les mains douces”, créer un accord tactile. Cette tactilité m'importe de plus en plus avec l'âge. Sentir une présence tangible."
 
Flegme et humour
Dans Un éléphant ça trompe énormément, on a la version comique de Rochefort à cheval, jouant les débutants incapables de tenir en selle. Mais il aura une expérience équestre beaucoup plus amère à l'écran. Il devait interpréter Don Quichotte sous la direction de Terry Gilliam, lorsqu'il tomba gravement malade au début du tournage. Brusquement interrompu, le film ne reprit jamais. Outre le regret d'un rôle superbe dans une grande production internationale, Jean Rochefort gardait le remords d'avoir fait, bien involontairement, échouer cette œuvre. De ce fiasco Terry Gilliam tirera un documentaire, Lost in la Mancha, et ne renoncera jamais à son projet : L'Homme qui tua Don quichotte sortira en mai 2018 avec Jonathan Pryce et Adam Driver.
Jean Rochefort a, à ce moment-là, frôlé la mort, qui le hantait. Car, sous la maîtrise flegmatique et l'humour débridé, l'acteur était un angoissé chronique. "Quand j'étais jeune, il m'arrivait de penser à autre chose qu'à la mort environ cinq minutes par jour. Je suis un peu moins obsédé maintenant. Je pense que la mort est dans la salle d'attente mais que la vie a un peu de compassion. Elle patiente pour nous laisser ranger nos plumiers."
 
Avant que le rideau ne tombe définitivement après le dernier rappel, Rochefort jetait son regard bleu sur l'Homo sapiens, comme il aimait dire, avec un mélange de désenchantement distant et d'indulgence en quête de chaleur : "Il faut se méfier de l'homme, qui aggrave son cas de grand prédateur par son intelligence", disait-il en se remémorant d'horribles scènes de l'épuration vues à 14 ans. Mais, avec l'âge, il était devenu de plus en plus conscient qu'on a besoin des autres "pour survivre, pour transmettre, pour devenir soi-même". Après avoir pratiqué avec amour un métier "où il y a beaucoup de doutes, très peu de certitudes, qui est de l'ordre de l'impalpable", il avait décidé d'arrêter la vie d'acteur pour poursuivre dans la la réalisation. "Je vais écrire mes Fraises sauvages !" annonçait-il dans une interview au Figaro, lors de la sortie de Cavaliers seuls. Son intention n'était pas si sérieuse puisque huit ans plus tard on le retrouvait aux côtés de Sandrine Kiberlain dans Floride . Il fallait plutôt y voir la pirouette d'un acteur gentleman dont le panache n'a pas fini de nous chatouiller la mémoire.

Paru dans Le Figaro, 10 octobre 2017

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