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DREYFUS   Francois-Georges

DREYFUS Francois-Georges

Né le 13 septembre 1928
Marié - 3 enfants

Professeur d'université

Universitaire
Agrégé d'histoire
Docteur ès lettres
Professeur à l'Université de Paris-Sorbonne (depuis 1991).
Chaire d'Histoire et de géopolitique des mondes européens au XX°s.
Membre du Synode régional de l'Eglise luthérienne de Paris.

Lauréat de l’Académie française (1967) (1975)

Ouvrages
Les Forces religieuses dans la société française (1966)
Le Syndicalisme allemand contemporain (1968)
Le Temps des révolutions (1969)
Histoire des Allemagnes (1970)
Histoire es Gauches en France (1975)
Histoire générale de l’Europe (1980)
De Gaulle et le Gaullisme (1982)
Des évêques contre le pape (1985)
Les Allemands entre l’Est et l’Ouest (1987)
Histoire de la démocratie chrétienne en France (1988)
L’Allemagne contemporaine (1991)
L’Unité allemande (1993)
Histoire de la Résistance (1996)
Le IIIè Reich (1998)
1919 – 1939 : l'Engrenage (2000)
Histoire de Vichy (2002)
Une Histoire de la Russie (2005)

Distinctions
Officier de la Légion d'honneur
Chevalier de l’Ordre national du Mérite
Commandeur des Palmes académiques
Commandeur du Mérite de l'Ordre du Saint-Sépulcre
Officier de l’Ordre du Mérite de la République fédérale d’Allemagne
Officier de l’Ordre de la couronne de Belgique

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Afrique : Décolonisation et paupérisation

Publié dans De par le monde

On vient de fêter en grande pompe le cinquantenaire de l'indépendance des territoires de l'Afrique subsaharienne. Bilan de la décolonisation. C'était il y a cinquante ans : la plupart des territoires de l'Afrique subsaharienne devenaient indépendants. Dans le cas des territoires français d'Outre-mer pour des Etats membres de la communauté cela se fit pacifiquement et de manière plus qu'honorable pour l'Etat colonisateur. Que l'on fête cette indépendance ainsi acquise est tout à fait naturel. Cela a été célébré solennellement à Nice au cours de la rencontre Afrique-France et cela a conduit les médias à consacrer de nombreuses pages à un continent généralement ignoré. Cela nous a valu des discours dithyrambiques à la gloire de la coopération et à l'avenir brillant et glorieux de l'Afrique de demain. Ce que l'on n'a pas dit c'est qu'au fond la décolonisation a été pour l'Afrique une catastrophe économique et sociale. Il suffit pour s'en rendre compte de se reporter aux travaux de l'OCDE. On s'aperçoit que l'Africain aujourd'hui vit moins bien qu'il y a cinquante ans. C'est le cas dans des Etats comme la Côte d'Ivoire, la Guinée, la Tanzanie, le Tchad, la Zambie. Ne parlons pas de Madagascar, du Congo (ex Zaïre) ou du Zimbabwe dont la situation est catastrophique. Comment l'expliquer ?

Il y a d'abord l'inflation bureaucratique. Elle est caricaturale dans l'ancienne Afrique française. Pierre Messmer qui fut administrateur des colonies, de 1946 à son entrée au gouvernement en 1960, racontait volontiers qu'il devait être un surhomme : pour administrer le cercle dont il était responsable en 1950, il y avait, en 2000, cinq fois plus de personnel. Les nouveaux Etats ont copié l'ancienne métropole sans en avoir les moyens humains. Certains Etats, par ailleurs, adoptèrent le système marxiste dont les dégâts se firent sentir de la Guinée à Madagascar en passant par le Congo-Brazza ou l'Angola et le Mozambique. La prégnance des Soviétiques et de leurs satellites fut considérable et dramatique, comme le disait René Dumont en 1960, "l'Afrique est mal partie". De surcroît, l'indépendance a favorisé les conflits ethniques. En même temps, un certain nombre de régions étaient le lieu de combats liés à des oppositions religieuses, catholiques contre protestants à Madagascar, chrétiens contre musulmans un peu partout dans la zone sahélienne. Personne n'a parlé des millions de morts, victimes de luttes fratricides, victimes aussi de la disparition de l'aide médicale qu'apportait le colonisateur. N'oublions pas que l'Afrique compte les deux tiers au monde des malades du Sida et que renaît le paludisme qui avait été quasiment éradiqué entre 1950 et 1970.

On met toujours en cause la Françafrique. En réalité, un de ses plus grands torts a été, pour ne pas faire de peine aux bonnes âmes, d'éviter les grands investissements : routes, voies ferrées, aménagement de l'hydraulique, etc., qui ont été négligés au profit de moyennes entreprises aux visions à court terme. Aussi ce sont aujourd'hui les Chinois qui s'installent dans l'Afrique subsaharienne en la recolonisant. Ils se désintéressent totalement des régimes politiques mais investissent intelligemment et avec des moyens considérables dans les infrastructures et les mines. De même Coréens et Indiens achètent des milliers d'hectares de terres arables pour les mettre en valeur, ce que les Etats africains avides d'industrialisation avaient négligé. On assiste à un néo-colonialisme, techniquement efficace mais féroce pour la population. On le voit, l'échec du développement économique africain amène une recolonisation beaucoup plus dure que celle des Européens. Ajoutons que, quels que soient ses défauts, la Françafrique a limité les pertes humaines à la différence des Afriques "belgophone", anglophone, lusophone.
Reconnaissons enfin que, à bien des égards, l'Afrique a souffert d'absence de politique éducative sérieuse, aussi bien du côté francophone que dans les territoires anglophones. C'est seulement aujourd'hui que commence à naître une classe moyenne africaine mais demeure un grand problème : la génération qui suit demeurera t-elle en Afrique ? Or, il n'y a de vie démocratique et pacifique que lorsque les classes moyennes jouent un rôle déterminant.

Paru dans Politique Magazine, n° 87

Qu’est-ce à dire ? Honorer les valeurs républicaines, c’est évidemment honorer les républiques qui ont précédé la Cinquième. Se rend-on compte que cela signifie mettre à l’honneur les Première, Deuxième, Troisième et Quatrième Républiques ? Il n’est pas sûr que les défenseurs des valeurs républicaines aient songé à cela. La Première République, 1792-1799, c’est la Convention et le Directoire, c’est-à-dire, d’abord, un régime totalitaire et génocidaire, puis, avec le Directoire, un régime aux coups d’État successifs, où règnent désordre, corruption et impuissance. Bonaparte y mettra fin avec le Consulat. 

La Deuxième République est une République sans républicains.
Une République sans républicains, puisque les élections de 1848 donneront la majorité aux monarchistes et que le peuple français, au suffrage universel, élira président de la République Louis Napoléon Bonaparte. Certes ladite République dont la Constitution est rédigée "en présence de Dieu et au nom du peuple français", proclame pour principes "la liberté, la fraternité et l’égalité" ; mais elle a pour base "la famille, la propriété et l’ordre public", lesquels - soit dit en passant - ont largement inspiré la doctrine du régime de Vichy. De toute manière, les Français, au milieu du dix-neuvième siècle, sont si peu républicains que le régime est renversé par le coup d’État du 2 décembre 1851. Je ne pense donc pas que ce soit à la Deuxième République que songe la gauche aujourd’hui quand elle vante les "valeurs républicaines" - même si Victor Hugo l’a glorifiée, après coup ! Restent la Troisième et la Quatrième République. Sont-elles sources des "valeurs républicaines" ?
Examinons la question. 

La Troisième République, école laïque et ascenseur social républicain.
La Troisième République, dans la mémoire française, c’est l’Âge d’or. Est-ce si vrai ? On met à l’honneur de cette République d’avoir renforcé la liberté politique. C’est assez exact, mais il faut quand même nuancer. Accepterait-on aujourd’hui qu’un ministre mute dans un arrondissement voisin un instituteur qui le gêne ? C’est ce que fit Louis Barthou dans les Basses-Pyrénées. Surtout, sous la Troisième République, l’essor de l’anticléricalisme fait de l’intolérance un des éléments clés de la politique républicaine. Cet anticléricalisme conduit à la séparation de l’Église et de l’État, ce qui n’est pas aussi scandaleux qu’on le dit. La loi de 1905 libère l’Église. Gambetta, homme politique intelligent, était hostile à cette séparation, l’État concordataire intervenait dans la nomination des évêques – prêtant parfois une oreille attentive aux suggestions du Grand Orient de France ! Mais la laïcité républicaine n’est pas "laïque" ; elle est véritablement "laïciste". À titre de saine comparaison, voyez comment le canton de Genève, un des rares cantons suisses où les Églises sont séparées de l’État, gère les problèmes religieux. L’anticléricalisme laïciste français, soutenu d’ailleurs par les milieux réformés, entraînera une intolérance généralisée qui perdure dans certains milieux aujourd’hui. De cet anticléricalisme va naître, il est vrai, une politique scolaire de grande qualité. Jules Ferry, un des très grands ministres de la Troisième République, mit en place un régime éducatif qui durera jusqu’en 1962. L’école laïque, gratuite et obligatoire ne sera pas aussi laïciste qu’on a bien voulu le dire. C’est grâce à cette politique que va naître l’ascenseur social républicain, permettant aux fils d’ouvriers ou de paysans de sortir de leur condition et d’accéder aux plus hautes fonctions de l’État ou de l’économie. Il est vrai que le système n’était pas égalitariste, comme il l’est aujourd’hui. Les bourses étaient attribuées, à condition sociale égale, à ceux qui les méritaient, par leur travail et leurs résultats. C’était peut-être élitiste, mais c’était efficace.

La Troisième République, une république jacobine.
La Troisième République est le modèle d’une république jacobine : elle rejettera, de 1875 à 1940, toute politique de décentralisation que défendait, depuis 1850, la droite monarchiste ou libérale. Si l’on regarde les manuels d’histoire d’avant 1980, il est fait gloire à la Troisième République de sa politique coloniale. Il n’était point question alors de repentance. À l’actif de la Troisième République, l’intégration dans l’ensemble français de la Tunisie et du Maroc, de la plus grande partie de l’AOF, sauf le Sénégal, de la plus grande partie de l’AEF, sauf le Gabon, de Madagascar, du Cambodge, du Laos de l’Annam et du Tonkin, territoires pour lesquels la Chine reconnut notre souveraineté, par le traité de Tianjin, en 1885. Il est vrai, d’ailleurs, que la colonisation française, si elle fut généralement fort humaine, était fondée sur les principes définis par Jules Ferry. Pour lui, "les colonies sont le moyen de permettre l’accès à la civilisation de peuples étrangers à nos valeurs". Pour lui encore « les colonies sont le moyen de placement des capitaux le plus avantageux … La fondation d’une colonie, c’est la fondation d’un débouché ». Malheureusement, la colonisation française ne fut guère efficace. Les investissements furent limités, et les infrastructures (routes et voies ferrées) de médiocre qualité. Au reste, en 1914 comme en 1938, le total des voies ferrées construites en AOF et en AEF représente un kilométrage plus faible que celui du seul Nigeria.
Si la politique marocaine de Lyautey et de ses successeurs fut un grand succès, ce fut assez largement le cas en Indochine aussi et en Algérie. En Indochine, il faudrait souligner les efforts considérables faits (entre 1940 et 1945) par l’amiral Jean Decoux. En Algérie, le gouvernement de la République ne saura pas favoriser l’essor de l’agriculture et n’aura pas le courage de résister tant aux mollahs qu’aux colons, et n’instituera pas l’enseignement laïc et obligatoire que prévoyaient les lois Ferry. De surcroît l’anticléricalisme gouvernemental freina les efforts d’évangélisation des Pères Blancs, notamment en Kabylie.

La Troisième République, malthusianisme démographique et sous industrialisation.
Peut-être faut-il mettre tout cela sur le compte du malthusianisme démographique, économique et social et le considérer comme une "valeur républicaine" ? De 1870 à 1913, la population française passa de 39 à 41 millions d’âmes, quand le Reich allemand passait pour sa part de 39 à 62 millions. Le même constat peut être dressé pour la production industrielle : tandis que celle de l’Allemagne a quintuplé, la nôtre n’a fait que doubler. Rejetant la politique économique libérale de Napoléon III, les  gouvernements ont eu une attitude frileuse devant l’économie qui aboutira à la loi douanière de Méline, de 1892. La France préfère exporter son fer plutôt que de faire de l’acier, avec un résultat extraordinaire : en 1913, elle exporte quatre fois moins de produits industriels vers son allié russe que le Reich allemand ! 
La Grande Guerre entraînera un renouveau d’industrialisation en France. Essor de l’industrie de l’aviation, de l’automobile, de l’industrie chimique ; cet essor sera sans lendemain. Dès la fin des années 1920, l’industrie aéronautique française, la première en 1918, perd du terrain : en 1930, elle est dépassée par les industries allemande, italienne, anglo-saxonne et même japonaise. En 1938, la production industrielle française, malgré le retour de l’Alsace et de la Lorraine, est plus faible qu’en 1913. Il est vrai que durant cette période la France a mal géré ses énormes capitaux. C’est ainsi qu’elle refuse de s’intéresser au canal de Panama (inauguré en 1914). Tout cela s’explique par le goût du "petit" mis en avant par Gambetta (mort pourtant en 1882) et qui caractérise la pensée économique de la France républicaine. En 1940, aucune entreprise française n’est comparable à Krupp, à IG-Farben, à la General Electric, à Dupont-De-Nemours ou à Ford. Il est significatif qu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale, aucun fabricant de téléphone n’est français : tous sont filiales de Siemens, Eriksson ou ATT. La France est un pays sous industrialisé, et c’est en 1940 la raison de sa défaite ; car il lui a été impossible de mettre en place, entre 1935 et 1940, une industrie d’armement digne de ce nom, les nationalisations de 1936 n’ayant, bien sûr, rien réglé. Au reste, le 31 décembre 1939, la France possède 12 kilomètres d’autoroute, quand, de 1933 à 1939, le Reich en a construit près de 2 000 !

En cette France sous industrialisée, on peut penser que l’agriculture est de qualité. Au recensement de 1936, 53 % des Français vivent dans des communes de moins de 2 000 habitants ; les paysans sont le premier groupe professionnel – soit 39 % de la population active. Mais comme le souligne dans les années 1930 le syndicaliste agricole Jacques Le Roy Ladurie, le monde agricole est marginalisé par rapport au monde urbain. Sans doute parce qu’ils sont jugés "réactionnaires", les milieux ruraux sont dédaignés par la République. La meilleure preuve en est l’absence de tout enseignement rural professionnel public. Certes, il existe, à côté de l’Institut agronomique ("l’Agro"), quatre écoles supérieures d’agriculture, mais l’État n’a créé aucun collège agricole au profit des fils d’exploitants. Le monde catholique seul s’intéresse à ces problèmes. Conséquence ? Les résultats obtenus par l’agriculture française sont médiocres ; les rendements sont faibles. En 1870, le rendement moyen en blé à l’hectare est le même (12 quintaux) en France et dans le Zollverein. En 1914, les rendements français et allemand sont respectivement de 14 et 17 quintaux. En 1939, pour la période 1935-1939, ils sont de 19 pour le Reich et de 15 pour la France. Il en va de même pour nos vaches laitières dont le rendement est de 30 % inférieur à ce qu’il est en Allemagne, aux Pays-Bas et au Danemark. Au Danemark, on sent l’influence des communautés religieuses qui derrière le pasteur Grundtvik insistait sur une formation agricole concomitante de la formation religieuse. En France, l’Église catholique persécutée par la République ne put jamais atteindre à telle influence. Pourtant, seule, elle met en place un début d’enseignement agricole et crée trois écoles supérieures d’agriculture de grande qualité.

Le désastre de quarante, une illustration des fausses valeurs de la République.
Il est vrai que le système républicain se fonde sur un fonctionnement aberrant des institutions. Pourtant les textes constitutionnels de 1875 donnent à la France une des meilleures constitutions qu’elle ait eues : un président de la République qui a la plénitude du pouvoir exécutif, nomme et révoque les ministres et ne connaît pas de "président du Conseil". Les Chambres siègent quelques mois par an et, pour éviter la démagogie, un quart des sénateurs est inamovible. Ce beau système ne fonctionnera jamais, en sorte que de 1870 à 1914, la France aura soixante gouvernements, puis quarante-deux, de 1920 à 1940. Nous sommes loin d’un régime parlementaire à l’anglaise. Il est vrai que le scrutin à deux tours est aussi pernicieux que la représentation proportionnelle, avec les mêmes effets.
On le voit, il est difficile de dégager des "valeurs républicaines" à partir de l’évolution de la Troisième République. Il y eut, certes, de grands principes, sitôt foulés au pied que proclamés, ou tout simplement oubliés par les "vedettes" républicaines, à quelques rares exceptions près. Cette instabilité ministérielle entraîne l’absence de toute politique extérieure solide. Le "grand ministère" Gambetta (73 jours, du 14 novembre 1881 au 26 janvier 1882) en est la meilleure preuve : il échoue sur la mise en place d’un condominium franco-anglais sur l’Égypte en raison de l’opposition des Chambres. Naturellement, le président de la République aurait pu jouer un rôle, mais Jules Grévy était hostile à Gambetta ; il laissa faire le Parlement ! Le désastre de 1940 est l’illustration tragique de toutes les fausses valeurs de la République. Les politiques (les politiciens ?) des années 1930 sont presque tous "antifascistes", mais peu d’entre eux comprennent que pour lutter contre le Troisième Reich, il faut réarmer, se trouver des alliés solides. Au nom des grands principes, on refuse l’alliance, préparée par Pierre Laval, contre le régime hitlérien avec l’Italie de Mussolini, alors demandeur. On est profondément attaché à l’alliance anglaise, puisque l’Angleterre est une grande démocratie ; mais on oublie complètement que depuis le 11 novembre 1918, à 11 heures 01, l’Entente Cordiale a fait place à la mésentente cordiale. De 1918 à mars 1939, personne n’a compris que l’Angleterre était notre adversaire en Europe. Chaque fois qu’elle aurait pu nous soutenir, elle s’est opposée à nous, ayant trop peur d’une hypothétique prépondérance française en Europe centrale. Elle interdit toute réaction à la remilitarisation du Reich, en 1935, à la réoccupation de la Rhénanie, à l’Anschluss de 1938 et se refuse à soutenir la Tchécoslovaquie au moment de Munich. À Paris, les efforts d’autonomie militaire de certains politiques sont d’ailleurs rejetés par un Parlement essentiellement pacifiste. Jusqu’en 1937, le budget de la défense française est largement inférieur à ses besoins. La Chambre refuse, en 1934 et 1935, la mise en place de divisions blindées, car elle attache une importance excessive à la Ligne Maginot. Pour comprendre cet état d’esprit et la situation qui s’ensuit, suffit de relire le compte-rendu des Débats à la Chambre des Députés, de 1935. Reproche y est fait, à juste titre, des négligences et des erreurs de l’État Major général, mais quand, en 1938, le général Gamelin réclame la création de quatre divisions cuirassées d’active, le président (du Conseil) Daladier n’accepte que la formation de divisions de réserve qui ne seront mises en oeuvre qu’en cas de déclaration de guerre. En mai 1940, ces divisions étaient en cours de formation, elles ne pourront tenir le rôle que l’on attendait d’elles. Autre question, mais de même essence, la non militarisation de l’Afrique du Nord, si intelligemment combattue par Georges Mendel, ministre des Colonies en 1938-1940. Pas un mot n’en est dit lorsque l’on débat de l’armistice, en 1940… En définitive la Troisième République par son action ne saurait avoir été source de ce que l’on appelle aujourd’hui les "valeurs républicaines".

On le voit dans les événements européens, mais c’est particulièrement sensible en matière sociale. Dès 1870, les milieux catholiques ont eu conscience des difficultés du prolétariat. Ils sont alors les seuls à avoir une pensée sociale, mais leurs propositions de loi sont systématiquement refusées par une Chambre anticléricale. La Troisième République, ce sont "les couches moyennes au pouvoir" (Gambetta). Or, elles ont des visions socio-économiques étriquées, sont très largement adeptes de ce que Jean Touchard appelait "le goût du petit" ; leurs visions socio-économiques sont étriquées et elles ne nourrissent guère de considération pour leur personnel. Peu à peu, syndicats et partis socialistes se marxisent et voient la solution de leurs problèmes dans la lutte des classes, fondement de la charte d’Amiens de 1906. À l’époque même où, en Allemagne, dans les pays scandinaves, se développe un mouvement socialiste "révisionniste", se constitue en France un socialisme marxiste et internationaliste, au point que, lorsque le germaniste Charles Andler informe Jaurès de la montée du nationalisme dans la gauche allemande, il est exclu de la SFIO (1912) ! 

Ainsi la Troisième République sera-t-elle le dernier État de l’Europe occidentale à se doter d’une vraie politique de protection sociale. On a souvent dit que la Troisième République a été un âge d’or ; tout au plus peut-on dire qu’elle a été un régime trop aimé ! Au reste, il suffit de regarder le Code pénal de 1938 pour se rendre compte qu’il y a une distance profonde entre les valeurs de la Troisième République et ce que l’on appelle aujourd’hui les "valeurs républicaines". Des textes terribles sont promulgués par Daladier, en 1938, qui prévoient la mise en place de véritables camps de  concentration pour les étrangers en situation irrégulière. Citons pour mémoire les camps des Milles, de Rivesaltes ou de Gurs. La loi du 10 août 1932 "protégeant la main d’oeuvre nationale" est préparée par Édouard Herriot et Albert Sarraut sur la proposition de… la CGT. Tous les textes depuis la loi de 1893 spécifient que tout étranger en situation irrégulière doit être immédiatement reconduit à la frontière. La mendicité est interdite, et la situation des femmes fait d’elles des citoyennes de seconde zone.
On comprend en conséquence qu’après le désastre de 1940, les Chambres réunies à Vichy, se sentant responsables, aient appelé à une profonde transformation de la vie politique française. La Troisième République laisse donc la place au régime de Vichy, régime décrié, mais où commence un renouveau de certaines valeurs mises en avant en 1848 et développées dans les années 1930 par ceux que l’on a appelé les "Non-conformistes des années Trente" ; et c’est à Uriage, sous la direction de Pierre Dunoyer de Segonzac que se mettra en place une pensée politique dont personne n’ose rappeler qu’elle inspirera autant Vichy que la Résistance, et donnera ses marques au mouvement gaulliste.

Choquons-nous, en soulignant les liens existant entre Révolution Nationale et valeurs de la Quatrième République ?
Pourtant, la Quatrième République se construit sur la pensée de la Résistance fondée, comme la Révolution Nationale, sur les idées développées par Plan, de Philippe Lamour, Esprit, d'Emmanuel Mounier, ou Ordre Nouveau, qui rassemble Arnaud Dandieu, Alexandre Marc, Robert Aron, Daniel-Rops, Jean Jardin et Denis de Rougemont, pour ne citer que les plus fameux. Certes, il y a le poids des communistes et la volonté des socialistes de ne leur faire aucune peine, mais l’influence de la pensée résistante est essentielle. Si la première constitution de la Quatrième République est marxiste (ce qui explique son rejet en avril 1946), la Constitution adoptée en novembre suivant avait des qualités que l’on ne peut oublier. Malheureusement, elle ne sera jamais appliquée à la lettre, détournée qu’elle fut dès le départ par le comportement du président Ramadier qui instituera une double investiture, non prévue par les textes. Si le président de la République est condamné à inaugurer les chrysanthèmes, des pouvoirs considérables sont conférés au président du Conseil ! Or, ces pouvoirs font peur aux premiers présidents du Conseil – des socialistes qui refusent d’en user. Très significative de cette peur, la manière dont sera appliqué le Titre VIII de la Constitution sur l’Union française. Ce Titre prévoit des "territoires associés", à côté des DOM et des TOM, et les ministres qui en ont la charge, sont souvent socialistes ou MRP. Il ne leur viendra pas à l’idée de proposer immédiatement (dès 1947) au Maroc, à la Tunisie, aux États indochinois le statut d’État associé. Il faudra trois ans pour qu’on y songe, il sera trop tard. Les gauches demandent aujourd’hui à la France de faire repentance de sa politique coloniale. Doit-on rappeler que de janvier 1946 à la fin 1948, les ministres de l’Outre-mer sont tous socialistes ? Le seul Marius Moutet en occupe le ministère dans les gouvernements Félix Gouin (du 26 janvier au 24 juin 1946), Georges Bidault (du 24 juin au 16 décembre 1946), Léon Blum (du 16 décembre 1946 au 22 janvier 1947) et Paul Ramadier (du 22 janvier au 22 octobre 1947). La guerre d’Indochine a débuté, Léon Blum étant président du  gouvernement provisoire de la République. De même faudra-t-il attendre la loi Defferre (largement préparée par Pierre Messmer), de 1956, pour qu’une grande autonomie soit accordée aux territoires d’outre-mer. Au reste, la guerre d’Algérie, jusqu’en 1958, est gérée par la gauche, de Pierre Mendès-France à Guy Mollet, en passant par François Mitterrand. Les grandes proclamations de la gauche actuelle ne change malheureusement rien à ces faits !

La Quatrième République une vraie réussite économique due aux technocrates.
La Quatrième République a connu, à bien des égards, une vraie réussite économique. C’est l’aspect positif  de l’instabilité ministérielle qui avait le gros avantage de laisser à des technocrates de haute qualité le soin de reconstruire la France et de l’industrialiser. À ma connaissance, il n’y eut jamais de débat à l’Assemblée nationale sur la politique nucléaire de notre pays. Or, elle débuta dès la fin des années 1940 ! La Quatrième République conserve encore un sens certain de la Nation, qui conduira, par exemple, au rejet de la CED. Et il convient de se souvenir que PCF et RPF n’avaient pas ensemble la majorité absolue et que ce sont radicaux et droite modérée à qui le pays doit cet échec ! En fait, tout au long de ces années, le sentiment national est maintenu, même à gauche, par une bonne partie de la classe politique. Il ne s’agit pas de faire l’éloge de la Quatrième dont les défauts sont patents, mais de rappeler que quelques actions peuvent être portées à son crédit, du fait, c’est vrai d’une administration de qualité et non de ministres qui - la plupart du temps - ne "règnent" que six mois. En ce temps, les valeurs de travail, d’effort sont à l’ordre du jour, comme le sens de la hiérarchie. Au crédit aussi de la Quatrième République, il faut placer la politique familiale : il n’est pas inintéressant de se rappeler qu’en 1970, il y a moins de 35 000 divorces chaque année, quand nous en sommes aujourd’hui à 150 000. Les valeurs familiales, au sens traditionnel du terme, sont une caractéristique de la Quatrième République, comme elles l’étaient d’ailleurs sous la Troisième qui punissait l’avortement avec la sévérité qu’on a dite. La Quatrième République, hélas ! C’est l’époque aussi où, sous l’influence du plan Langevin-Wallon, commence la déliquescence du système éducatif français qui, d’ailleurs, s’avère incapable de faire face à l’explosion scolaire… Travail, famille, patrie des valeurs républicaines ?
Achevons.
Si lamentables à bien des égards ont été ces régimes, ils avaient maintenu des valeurs qui ne sont pas les "valeurs républicaines" d’aujourd’hui. Travail, Famille, Patrie, ces trois termes caractérisent au fond assez bien ce que l’on peut appeler "valeurs républicaines", quoi qu’en pensent la gauche et nombre des intellectuels d’aujourd’hui. Il est vrai, comme le disait le général De Gaulle, que les principes dits de Vichy ne sont que "le prolongement normal de la devise républicaine". C’est bien ce que pensaient les monarchistes qui, en 1848, rédigèrent la constitution de la Deuxième République. Au juste, les vraies valeurs nationales "modernes", républicaines ou non, se fondent sur la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, approuvée en août 1789 par S. M. le roi Louis XVI.

Paru dans la Revue universelle, Printemps 2010

1917, l’année des occasions perdues

Publié dans Devant l'histoire

C’est la question que l’on peut se poser à la lecture du titre de l’ouvrage que je viens de publier, 1917, l’année des occasions perdues. Cette année 1917 est une année capitale, non en raison des batailles qui s’y déroulent, mais par l’impact des événements non militaires qui s’y développent. 1917, en effet, ce sont les deux Révolutions russes, l’entrée en guerre des États-Unis, l’apparition d’un foyer national juif en Palestine, l’essor de l’anti-occidentalisme de la pensée allemande et la naissance de ce qu’on a appelé la "Révolution conservatrice" ; 1917, enfin, c’est l’année des tentatives de paix qui avorteront par suite de l’inexpérience et la maladresse de leurs auteurs, l’empereur Charles Ier d’Autriche et le pape Benoît XV. Ce double échec va entraîner la prolongation de la guerre et son quota de morts supplémentaires. Il est vrai que l’anticléricalisme de la France et de l’Italie, l’antipapisme de l’Américain Wilson, le poids de la Franc-Maçonnerie seront des éléments non négligeables de l’échec de ces tentatives de paix. On comprend dès lors pourquoi 1917 est l’année des occasions perdues.
La tentative de Charles Ier a échoué en raison de l’inexpérience du jeune successeur de François-Joseph qui a accédé au trône le 21 novembre 1916. Charles n’a pas su garder secrètes ses relations avec le gouvernement français, relations dans lesquelles ses beaux-frères, les princes de Bourbon-Parme jouaient un rôle essentiel. Il ne s’est pas méfié de la prégnance allemande soutenue par une partie de son entourage. Il est vrai que, du côté français, de telles démarches impliquaient la mise à l’écart de l’Italie, ce à quoi la plupart des milieux de notre pays se refusaient, quelles que fussent les difficultés, militaires et diplomatiques, que l’Italie en guerre créaient à l’Entente (1). Quant à la tentative de paix du pape Benoît XV, préparée par Mgr Pacelli, alors nonce à Munich, et lancée à un moment où le Reichstag allemand se prononce pour "une paix sans annexion", elle va se heurter à l’opposition du président américain Wilson qui se refuse tant à discuter avec le régime impérial allemand qu’à voir un pape arbitrer les relations internationales. Woodrow Wilson qui entre en guerre en tant qu’ "associé" de l’Entente veut affirmer l’accès des États-Unis au concert international, détruire l’équilibre européen, pour lui substituer un ordre international affaibli que les États-Unis pourront contrôler. En août 1917, il y a quatre mois que les États-Unis sont en guerre, il n’y a pas un soldat américain sur le front : que le Pape pût paraître comme l’arbitre des relations internationales, voilà ce que l’antipapiste Wilson ne pouvait accepter.

Naturellement, 1917, ce sont les deux révolutions russes, celle qui emporte le Tsar, en mars, apparaît à l’Ouest de l’Europe - naturellement peu porté à croire les informations fournies par leurs diplomates - comme un renforcement de l’Entente. Ce n’est pas le cas, au contraire ; le peuple russe souhaite deux choses : la paix qui évitera la disparition de plusieurs millions d’hommes, et le partage des terres. Face à ces revendications, le gouvernement provisoire du prince Lvov, puis de Kerenski est, faute d’expérience et de jugement, incapable de mettre en place une politique novatrice. Divisé entre les habituelles tendances de la gauche, il est incapable de résister au populisme qu’apporte un Lénine rentré en Russie par la grâce de l’État major allemand. C’est lui qui mène à la paix tant attendue par le peuple russe. Il paraît évident que si l’arbitrage de Benoît XV avait réussi, le léninisme ne l’aurait pas emporté et son influence délétère ne se serait pas répandue dans le monde. Il est intéressant de souligner l’influence du léninisme sur la pensée allemande. Souvent antioccidentale (avec Sombart (2), elle subit la marque de Lénine et sait concilier socialisme et nationalisme. C’est le cas, en particulier, chez Thomas Mann (1875-1955), dans Considérations d’un apolitique (1918) ou chez Oswald Spengler (3), notamment dans Prussianité et Socialisme (1919), qui vont conduire à l’apparition du mouvement "Révolution conservatrice" (Die Konzervative Revolution), une des matrices du National-socialisme hitlérien (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, Parti ouvrier allemand national-socialiste).

1917, c’est aussi l’année où se prépare la disparition de deux grands empires multiethniques. L’Autriche-Hongrie, seul État à même de freiner le pangermanisme en Europe centrale, est condamnée à disparaître par la volonté du Grand Orient de France agissant sous l’influence d’intellectuels maçons tchèques, tels Thomas Masaryk (1850-1937) et Édouard Benes (1884-1948). Ils poussent à la création d’une État tchécoslovaque dont les peuples, quand ils seront vraiment libres de le faire, demanderont la disparition (4). Le second empire est l’Empire ottoman (5) où s’opposent Turcs et Arabes auxquels la déclaration Balfour (6) apportera un troisième élément constitué d’un "Foyer national juif" - ce malgré l’opposition catégorique des communautés israélites française et britannique. Ce foyer répond à un double objectif : faciliter l’exercice du pouvoir britannique au Moyen-Orient et rassurer les Juifs des États-Unis dont la majeure partie vient de la Russie qu’ils ont fuie, à cause des pogroms.

Ce qui marque le plus cette année 1917, c’est l’absence de toute sagesse politique dans les milieux aux affaires de presque tous les États. Il n’est pas inintéressant de constater qu’en 1917 le Reich a trois chanceliers et la France quatre présidents du Conseil. Pour des raisons politiciennes, le Parlement français siège en permanence et les chefs de gouvernement comme les ministres soumis à d’incessantes interpellations n’osent pas réagir fermement. La chute du gouvernement Briand, le 17 mars, à la suite d’un incident entre le général Lyautey, ministre de la Guerre, et la Chambre, en est la meilleure démonstration. Le gouvernement français a été incapable d’organiser de saines relations avec le chef d’État major de l’armée. On arrive à se débarrasser de Joffre, mais on fait appel, pour lui succéder, à celui que Joffre a désigné, Nivelle. Celui-ci lance, le 16 avril, l’offensive du Chemin des Dames qui est un échec dramatique causant en quelques jours plusieurs dizaines de milliers de morts. C’est alors, le 15 mai, que pour lui succéder, on fait appel à l’officier que soutenait Briand, le général Pétain. En quelques semaines, Pétain rétablit l’ordre dans une armée qui, profondément marquée par l’échec sanglant du Chemin des Dames, s’est laissée entraîner dans des mutineries. Commandant en chef, le général Pétain, proche du soldat en raison de sa situation d’avant-guerre (il commandait le 33e RI d'Arras), fait confiance aux combattants et apporte des améliorations sensibles à leurs conditions de vie. Sa stratégie, plus modeste que celle de ses prédécesseurs, porte ses fruits. Il rétablit le moral des armées, leur permettant de résister aux assauts de 1918. C’est de ce moment que date la popularité de Pétain considéré dans tous les milieux comme un général républicain. Cela explique l’importance de son rôle tant dans l’entre-deux-guerres que durant la période 1940-1944 (7).

1917, on le voit, est une année clef de la Première guerre mondiale. Outre la prolongation des combats qui entraînera la mort d’un million supplémentaire de combattants, c’est en 1917 que se précise le déclin politique, diplomatique et économique de l’Europe, ainsi que sa balkanisation. 1917 est à l’origine des mouvements autoritaires, puis totalitaires des années 1920-1930, comme de l’engrenage qui conduira à la Seconde guerre mondiale. 


(1) France, Angleterre, Russie ont signé la Triple Entente en août 1907 ; elle fait pendant à la Triple Alliance, Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie. L’Italie neutre au début de la guerre se joint à l’Entente en avril 1915.
(2) Werner Sombart (1863-1941), économiste et sociologue allemand, chef de "la Jeune école historique" - Die Jüngere Historische Schule - à laquelle on peut rattacher notamment Max Weber (1864-1920).
(3) Oswald Spengler (1880-1936) philosophe. Son œuvre majeure, Le Déclin de l'Occident, rédigée avant 1914, ne fut publiée qu'en 1918.
(4) La Tchécoslovaquie, née le 28 octobre 1918 de la défaite des empires centraux, a été dissoute après la réunification de l'Allemagne. Tchèques et Slovaques échouent sur la constitution d’un État commun début 1992. Les élections de juin 1992 voient la victoire des formations politiques séparatistes. La séparation s'opère à l'amiable. La République tchèque et la République slovaque naissent officiellement le 1er janvier 1993.
(5) Entré en guerre contre les pays de l'Entente le 1er novembre 1914, en tant qu'allié de l'Allemagne.
(6) La Déclaration Balfour, lettre ouverte adressée à lord L. W. Rothschild le 2 novembre 1917 par A. J. Balfour, ministre du Foreign Office, dans laquelle le Royaume-Uni se déclare en faveur de l'établissement d'un foyer national juif en Palestine.
(7) On a tendance aujourd’hui à faire du maréchal Pétain l’âme d’un complot contre la République. Si c’était le cas, on comprend mal pourquoi il entre au gouvernement Doumergue, au lendemain du 6 février 1934, pourquoi Daladier l’appelle (en vain) à être son vice-président du Conseil en septembre 1939. C’est Paul Reynaud qui réussit à le convaincre de l’assister en mai 1940. Au surplus, quand il est nommé ambassadeur de France auprès de Franco, le 2 mars 1939, L’Humanité et Le Populaire

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