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DUGOIS Marc

DUGOIS Marc

Né en juin 1944





Avocat


Diplômé d'HEC 
Avocat spécialisé dans le redressement d'entreprises en difficultés 
Conseiller au cabinet de Jean Louis Borloo
S'est retiré du barreau le 31 décembre 2004 pour être consultant.

 

 

Ouvrages
Voter utile est inutile, Petit manuel de sagesse pour un monde en crise (2006)
L'inéluctable révolution (2012)


Sites
http://www.ecosophie.com/
http://www.surlasociete.com/

URL du site internet:

Confusion richesse et production

Publié dans A tout un chacun
La confusion entre richesse et production
 
Cette confusion est une difficulté majeure de notre temps et le fait que cette confusion soit si mal perçue est une énigme car elle impacte tous les autres problèmes. Personne ne semble avoir vraiment envie de l’analyser. Nous savons tous pourtant qu’une production n’est pas forcément richesse, qu’une inondation est une production d’eau qui n’est pas richesse, pas plus que la grêle qui produit ses grêlons. Une production n’est plus richesse dès qu’elle est surproduction et elle n’est pas richesse si elle n’est pas désirée.
 
Une production se constate alors qu’une richesse s’évalue, une production est objective alors qu’une richesse est subjective. Le crottin est une production du cheval mais il n’est richesse que pour le jardinier. Ce qui fait le lien entre la production et la richesse c’est la monnaie. Comme cela n’est malheureusement pas écrit dans les livres d’économie, le premier rôle de la monnaie est de distinguer les richesses parmi les productions, rôle dont découlent les multiples rôles secondaires de la monnaie très justement décrits dans les livres d’économie.
 
Pour bien comprendre cette distinction il faut d’abord prendre conscience que la monnaie est une énergie. Elle permet de se déplacer, de se nourrir, de s’habiller, de se loger, de se chauffer. C’est une énergie apparemment créée par le groupe qui utilise cette monnaie mais aucune énergie ne s’invente ou ne s’imprime toute seule. L’énergie de la monnaie lui vient forcément d’une autre énergie mais de laquelle ?
Dans les énergies il y a celles que l’homme constate et qu’il sait plus ou moins bien maîtriser et gérer comme les énergies solaire, éolienne, gravitationnelle, géothermique, sismique, animale ou végétale. Il y a celles que l’homme a su développer comme les énergies chimique, électrique ou atomique. Mais aucune de ces énergies n’est stockée dans un billet de banque. La seule énergie qui peut se retrouver stockée dans une monnaie est l’énergie humaine, le travail, énergie que nous retrouvons inconsciemment dans nos portefeuilles comme j’ai pu le développer dans mon article sur
la monnaie. Mais ce n’est pas notre travail personnel qui s’y retrouve mais le travail passé de toute la communauté.
Tout l’art des dirigeants est de chiffrer ce travail passé et d’appréhender la quantité de monnaie à mettre en circulation, la quantité d’ "énergie travail" stockée dans la monnaie n’étant pas négociable car on ne refait pas le passé. Pas assez de monnaie et le travail humain ne se stocke plus, trop de monnaie et le travail humain passé est dévalué par la dévaluation de la monnaie.
 
La vie dans un groupe est une série continue de coups de mains que se donnent les uns les autres, c’est un échange permanent que certains appellent le don et le contre-don et d’autres, le don de soi et l’accueil de l’autre. La monnaie arrive lorsque le groupe est trop important pour que l’échange d’efforts puisse se vérifier autrement que par la simultanéité des deux efforts. La monnaie ne fait que remplacer celui des deux efforts qui n’est pas simultané.
Le rôle de la monnaie est donc essentiel pour réguler l’économie. Elle remplit dans la société le rôle des parents dans la famille qui doivent savoir dire "non". La tentation est grande en effet de se croire au pays de Cocagne et de vouloir obtenir tout ce que l’on désire.
 
Si l’on était démagogue et cynique on oublierait que la monnaie n’existe que par le travail déjà reconnu et on en fabriquerait par la dette. Cela permettrait de transformer en richesses des productions qui n’en sont pas. Cela enclencherait une spirale car des petits malins s’intéresseraient plus aux désirs qu’aux besoins. Ils inventeraient de nouvelles productions que l’on reconnaîtrait comme richesses par la monnaie créée par la dette. La recherche et l’innovation s’engouffreraient vers tout ce qui pourrait plaire. Comme l’argent serait facile, on achèterait pour produire des machines voire des robots. Le travail ayant quitté la monnaie, il quitterait la production. On ne s’intéresserait plus qu’aux désirs que l’on alimenterait par la publicité payée par la dette. Plus personne ne se demanderait "qui paye ?" puisque la dette aurait remplacé le travail. On en arriverait à une société où la dette transformerait en richesses toutes les productions des machines et où les hommes pourraient se distraire par la dette, leurs deux seules obligations étant de consommer et de voter. Mais comme la dette monterait et deviendrait embarrassante il y aurait unanimité pour affronter le problème et vouloir "faire des réformes" c’est-à-dire faire payer au peuple l’incurie de ceux qu’il aurait bêtement élus.

Paru sur www.surlasociete.com

Si on s'intéressait à l'emploi ?

Publié dans A tout un chacun
Et si l'on s'intéressait à l'emploi ?
 
Le problème est difficile car nous vivons au-dessus de nos moyens grâce à deux esclavages, l’un dans l’espace déguisé en libre échange et l’autre dans le temps que nous appelons l’emprunt ou la dette. Nous avons une journée contre l’esclavage qui nous rassure mais nous ne vivons dans une opulence factice que grâce aux deux esclavages qui nous ont donné les avantages acquis et la protection sociale auxquels nous tenons tant. Comme aucun des deux esclavages n’est assumé, l’esclavage dans le temps fait monter la dette et l’esclavage dans l’espace creuse le déficit du commerce extérieur.
Au lieu d’analyser les raisons profondes de la montée de la dette comme de celle du déficit commercial, nous rêvons à l’inversion de leurs courbes par deux rêves très médiatisés : la création future de richesses pour rembourser les dettes et la compétitivité pour mieux vendre. Nous oublions que la richesse n’étant qu’un regard, elle ne peut pas être créée et que par ailleurs, pour être heureux, c’est sur l’axe de la coopération et non de la compétition qu’il faut avancer. Bien sûr, comme on ne touche pas aux causes et comme un rêve n’a jamais changé la réalité, les effets restent. La dette continue de monter et le déficit du commerce extérieur continue de se creuser. La parenthèse actuelle de diminution du déficit ne vient que de l’effondrement des prix du pétrole et n’est malheureusement en aucun cas une inversion de tendance.
Comment s’étonner alors que pour payer deux fois ce que nous consommons, une fois pour payer les esclavagistes dans le temps, les milliardaires de la finance, et une fois pour payer les esclavagistes dans l’espace, les milliardaires asiatiques, nous nous sommes vite aperçus qu’il fallait investir dans des usines délocalisées ou dans des machines sur notre territoire car les machines, elles, n’ont ni avantages acquis ni protection sociale. Les deux, bien évidemment, font monter le chômage. Une baisse de la consommation s’ensuit donc et les politiques peuvent enfin se croire utile en s’écharpant pour savoir s’il faut relancer l’économie par la consommation ou par l’investissement, par la demande ou par l’offre.
Et si on se réveillait ?
 
Le chômage montera avec la dette et le déficit tant que les Français accepteront de vivre au-dessus de leurs moyens grâce aux deux esclavages comme nous le faisons depuis 50 ans.
Il y a plusieurs moyens d’arrêter cette triple et sinistre ascension.
Le premier moyen est un leurre après lequel courent nos dirigeants comme leur opposition. Il s’agit de faire semblant et de faire croire comme le font admirablement les médias que la croissance arrive et qu’elle apportera l’emploi tant attendu. Faut-il encore répéter que la croissance n’est que l’augmentation des dépenses et non la manne divine à laquelle ils font semblant de croire. Ce premier moyen a et aura l’inefficacité que l’on connait puisque personne ne se demande jamais qui paye la croissance. Certains voudraient même faire croire que ce serait elle qui se paierait elle-même.
Le second moyen, efficace, radical et immédiat, c’est la guerre qui arrête d’un coup les emprunts comme les transports. Elle met les peuples en face d’eux-mêmes et les contraint à l’humilité, au courage et au discernement. Elle s’installe d’elle-même sous n’importe quel prétexte quand elle devient indispensable pour pallier la difficulté des peuples à se remettre en question et le manque d’humilité, de courage et de discernement de leurs dirigeants. La guerre a rempli sa tâche deux fois au XXème siècle et à chaque fois, en mourant, la guerre a ouvert une fenêtre au bon sens que nous avons unanimement saisie puis très vite lâchée pour nous complaire à nouveau dans nos égoïsmes et nos querelles.
Le troisième moyen est évidemment le plus délicat mais le seul à être efficace hors la violence. Il commence par se fonder sur le bon sens que les lucarnes post guerrières de 1945 à 1948 nous avaient permis d’entrevoir et qu’unanimement nous avions accueilli pour prôner la coopération et non la concurrence et la compétition, le respect de l’autre et non sa simple apparence en voulant lui imposer notre vision du beau, du bien et du vrai, fondement d’une civilisation mais pas de l’humanité entière. "Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà" et "Quel est cette vertu qu’un trajet de rivière fait crime" disait déjà Montaigne.
 
Sur un plan extérieur c’est la Charte de La Havane qui refusait l’esclavage dans l’espace et qui imposait d’un commun accord à tous l’équilibre de la balance des paiements pour qu’aucun pays ne paye pour les autres. L’application actuelle de son esprit, refusant d’importer plus que ce que nous exportons, est la seule façon réaliste, hors la guerre, de redonner du travail aux Français qui devront fabriquer les dizaines de milliards d’euros du déficit commercial actuel. Mais ce n’est pas pour autant la panacée.
Son application navrera les milliardaires asiatiques mais les milliardaires financiers, les tenants de l’esclavage dans le temps, chercheront par tous moyens à nous y faire renoncer comme ils nous ont formatés à oublier l’OIC pour ne penser qu’OMC qui prône la compétition. Ils nous diront que les prix vont exploser et que nous vivrons collectivement et matériellement beaucoup moins bien et ils auront raison puisque l’un des deux esclavages sera clos et que nous devrons travailler nous-mêmes.
Se posera alors un problème beaucoup plus difficile à résoudre. La dette ne payant plus la consommation et le travail l’ayant à nouveau remplacée, les Français devront en tirer deux conséquences. Il nous faudra d’abord être créatifs pour fabriquer à nouveau tout ce que nous nous interdirons d’importer et que nous ne savons plus produire; la créativité de notre peuple y pourvoira. Mais il nous faudra aussi faire des choix pour savoir à quoi renoncer dans tout ce qui structure le faux Eldorado dans lequel on nous a fait croire que nous pouvions vivre. Les milliardaires de la finance avec leurs médias et leurs communicants, aidés par certains politiques et certains intellectuels, feront tout pour que nous continuions à rêver.
La question sera alors de savoir si nous préférerons continuer à bien vivre en étant par lâcheté les complices objectifs de la guerre qui s’installera sous le premier prétexte venu. Ne laissons pas la guerre faucher nos enfants parce que nous aurions préféré regarder ailleurs.
www.surlasociete.com

Concrètement

Publié dans A tout un chacun
Concrètement

"Concrètement" est le mantra de tout bon journaliste lors d’une interview d’un politique ou d’un économiste. "Oui mais concrètement que proposez-vous ? ", "Oui mais concrètement qu’est-ce que cela veut dire ?", "Concrètement que faudrait-il faire ?".
Les médias veulent du concret comme les politiques veulent de l’efficacité.
Ils se retrouvent pour se contenter de l’apparence en ne se jugeant qu’à l’aune de l’audimat pour les uns, des sondages pour les autres. L’impression, le sentiment, l’affect du peuple est ce qu’ils travaillent et ce qui les fait vivre. Tout est dans la réaction immédiate qui est supposée plaire. Il faut plaire et donc faire croire.
L’image de l’arbre a déjà été prise ici mais elle revient sans cesse à l’esprit. Les voir tous s’agiter avec leurs pulvérisateurs de peinture verte et de brillance artificielle pour faire croire que les feuilles sont vertes et l’arbre en bonne santé, est dérisoire devant la réalité des faits. Les meilleurs renoncent même à espérer comme Michel Onfray qui dit "Le bateau coule, restez élégant. Mourez debout…" ou comme Charles Sannat dont je vous conseille la lecture sur www.insolentiae.com et qui écrit "Préparez-vous, il est déjà trop tard". Personne n’analyse réellement la maladie de l’arbre à partir de ses racines malades qui donne son tronc gâté et ses branches malsaines voire pourries.
 
Concrètement trois racines sont malades dans notre société :
La première racine malade est la notion de richesse qui n’est plus simplement ce que le groupe juge beau et bon mais un avoir qui fait confondre la production et la richesse comme si toute production était forcément belle et bonne.
La seconde racine malade est la monnaie qui reste chez beaucoup le substitut du troc alors qu’elle n’est que l’étalon de la richesse, unanimement reconnu comme tel par le groupe parce qu’elle est stockage d’énergie humaine vécue comme belle et bonne par le groupe qui l’a émise.
La troisième racine malade est notre facilité à confondre problème et solution. Les normes sont-elles un problème ou une solution ? L’immigration est-elle un problème ou une solution ? La mécanisation est-elle un problème ou une solution ? La dette est-elle un problème ou une solution ? L’Europe est-elle un problème ou une solution ? La croissance est-elle un problème ou une solution ?
 
Concrètement ces trois racines malades alimentent conjointement et pourrissent ensemble un tronc complètement gâté qui remplace systématiquement le travail par la machine ou par la dette au plus grand plaisir des populations à qui l’on fait croire que le système est possible. Les populations au pluriel car la population autochtone n’est pas la seule éblouie et l’ensemble de la Terre regarde avec envie ce pays de Cocagne où il n’est pas nécessaire de travailler pour manger, être logé et être soigné. Personne ne se pose plus la question "Qui paye ?" puisque les machines et la dette cachent la réalité et montent inexorablement toutes les deux vers des sommets toujours dépassés
 
Concrètement la branche économique est évidemment la plus touchée par la sève qui n’est que du venin. Les entreprises fabriquent des productions avec les machines et la dette et l’on dépense beaucoup d’argent en publicité et en commerciaux pour faire croire que la production est belle et bonne et qu’il faut être un imbécile pour ne pas en avoir envie, pour ne pas voir cette beauté et cette utilité, pour ne pas voir une richesse dans cette production. La population est de moins en moins utile à la fabrication des prétendues richesses et on peut lui donner des week-ends, des vacances, des RTT, des 35 heures, des arrêts-maladie que ni les machines ni la dette ne demandent. On a même inventé un temps sans rougir le ministère du temps libre qui ne nous a même pas fait pleurer. Mais on a besoin de la population pour consommer et on se sert à nouveau de la dette pour que les productions soient toutes reconnues comme richesses en étant achetées grâce à l’emprunt. Ainsi va l’immobilier des particuliers et la mécanisation des entreprises. Mais les banques qui ont prêté de l’argent qu’elles n’avaient pas, veulent récupérer leur argent "pour détruire cette fausse monnaie" comme elles disent. Or personne ne peut rembourser puisque les Etats, les entreprises et les ménages sont tous surendettés. Le rêve de la création de richesses futures se heurte à la réalité de la montée du chacun pour soi où les particuliers imitent par la fraude les entreprises et les Etats qui veulent les ponctionner par la ruse. Mario Draghi a beau tenter de sauver les banques par son "no limit" à la planche à billet, chacun sait que le système va exploser et que les peuples devront payer la note.
 
Concrètement la branche éducation n’est pas mieux lotie car le seul travail qui y est admis est celui de la mémoire. Tout le reste doit être fait par les machines et par la dette avec entre autres la nouvelle coqueluche qu’est la numérisation. Non filtrée par l’expérience qui ne s’apprend pas dans les livres, la connaissance triée par le ministère donne des jeunes gens merveilleusement diplômés et totalement inaptes à être utiles. Les classes pilotes qui regroupaient les meilleurs élèves et les meilleurs professeurs pour faire l’ensemble du programme le matin et faire l’expérience de la vie l’après-midi, ont été supprimées pour élitisme. Et si on ne laissait que le matin à l’éducation nationale en la faisant récupérer son vrai nom d’instruction publique à l’école et à l’université pour donner l’après-midi au grand air à l’armée qui pourrait confronter les adolescents à des réalités simples ?
 
Je ne parle pas de la branche politique où des fonctionnaires qui n’ont jamais été confrontés à la vie, ne pensent concrètement qu’à plaire à l’immédiateté de l’affect du peuple en compliquant tout au lieu de tout apurer.
Concrètement ne serait-il pas plus judicieux de commencer par soigner les racines malades ? Mais là on leur en demande peut-être un peu trop.
www.surlasociete.com, 31 janvier 2016

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