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DUGOIS Marc

DUGOIS Marc

Né en juin 1944





Avocat


Diplômé d'HEC 
Avocat spécialisé dans le redressement d'entreprises en difficultés 
Conseiller au cabinet de Jean Louis Borloo
S'est retiré du barreau le 31 décembre 2004 pour être consultant.

 

 

Ouvrages
Voter utile est inutile, Petit manuel de sagesse pour un monde en crise (2006)
L'inéluctable révolution (2012)


Sites
http://www.ecosophie.com/
http://www.surlasociete.com/

URL du site internet:

Vœux 2016

Publié dans A tout un chacun
Vœux 2016
 
Depuis que nous avons oublié que le vœu est une promesse faite aux dieux, les vœux sont devenus de simples souhaits de bonheur, de richesse et de santé dont les seules originalités à interpréter restent l’ordre dans lequel le votant ordonne ou élude ces trois souhaits. Ces "Je pense à vous, pensez à moi !" ne sont-ils pas bien souvent que l’expression d’une douleur dans la constatation que les groupes se dissolvent ou, au moins, s’affadissent par absence de vrais desseins communs.
Les politiques ajoutent dans leur vœux des mots choisis, formant un message caché, travaillé et subliminal qui doit formater celui qui le reçoit. Mais plus personne ne semble savoir où nous allons si ce n’est vers un prétendu nouveau monde qu’il va falloir construire, on ne sait pas comment. Cette succession multicolore de "Bravo ! Merci ! En avant !" cache mal le vide de la pensée d’une classe dirigeante complètement perdue et maintenant affolée donc potentiellement dangereuse.
 
Est-il si difficile de reconnaître que si la mondialisation de la communication est un fait indiscutable par le téléphone, la télévision et internet, la mondialisation de la pensée comme celle de l’action n’existent pas ? La mondialisation devient une agression dès que nous parlons de valeurs universelles. Nos valeurs universelles ne le sont que dans notre univers et pas plus loin.
Est-il si difficile de comprendre qu’imposer notre pensée, bien fragile actuellement, à l’ensemble de l’humanité sous prétexte que la mondialisation serait un fait et que notre morale devrait donc être universelle, ne peut qu’entraîner des réactions violentes ? Nous avons éliminé Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi par notre morale à chemise ouverte blanche et nous récoltons Daech. Nous savions pourtant que "Qui sème le vent récolte la tempête".
Est-il si difficile d’observer qu’une action mondialisée ne pourrait être que commerciale pour tenter, toujours davantage, de faire payer aux autres la fragilité incroyable de notre système ? La classe dirigeante, 'sédimentarisée' dans ses erreurs qu’elle reproduit dans ses universités et maintenant dans ses grandes écoles, combat sans argument et uniquement par le mépris un soi-disant "repli sur soi" et une pseudo "volonté d’autarcie" qui n’est que respect des autres. Vouloir appliquer la Charte de La Havane unanimement signée en 1948 par l’OIC dans le cadre de l’ONU et s’obliger à avoir une balance commerciale équilibrée, c’est d’abord abandonner l’idée vaniteuse de faire payer aux autres nos propres erreurs, ce qui nous a toujours amené, dans les faits, à payer les erreurs des autres en plus des nôtres et à être systématiquement les arroseurs arrosés. C’est ensuite et surtout, la seule façon de redonner du travail aux Français en s’obligeant à fabriquer en France les 70 milliards d’euros de déficit commercial.
Certes cela montrerait aux Français que le pays de Cocagne n’existe pas, qu’il faut payer plus cher ou accepter l’esclavage quand il est suffisamment loin pour ne pas le voir. Il faudrait aussi après avoir donné du travail à chacun par l’application de la Charte de La Havane, revoir simultanément les avantages acquis et les dettes pour repartir sur des bases saines.
 
Mais tout cela ne peut se faire que dans la loyauté et il faut d’abord la retrouver dans notre pays. Il fut un temps où la loyauté était liée au travail, où une parole engageait et était aussi forte qu’un écrit car le risque était de se faire exclure du groupe. Le bannissement était alors pire que la mort. Le groupe se constituait à partir d’un but commun et ne supportait pas la déloyauté. Le but commun était un dessein commun, une foi commune en quelque chose, une confiance dans son vrai sens car le groupe était aussi important que l’individu et même plus important que l’individu si l’individu ne partageait pas ou plus, le but du groupe. Mais aujourd’hui nos dirigeants ont cru les faux prophètes qui fondaient tout sur des mots vides de sens, les valeurs de la république, le marché et la création de richesses futures. Ils se sont empêtrés dans des problèmes inextricables. Comme la création de richesses futures est un mythe puisqu’on ne crée pas un regard, c’est la dette qui fait encore tenir un moment le système. Mais la dette doit être remboursée et personne ne le peut. Ni l’Etat, ni les entreprises, ni les particuliers. Chacun essaie pour survivre de faire payer les autres. Il n’y a plus d’harmonie entre l’Etat, les entreprises et les particuliers. La déloyauté et la ruse se sont installées partout et l’on paye très cher la publicité pour tenter de faire croire le contraire, ce qui ne trompe personne.
Le groupe n’est plus fondé sur la raison, il est fondé sur l’émotion et un groupe fondé sur l’émotion donne le lynchage, le pogrom, Nicolas Sarkozy ou François Hollande. Il sait surtout qu’il n’a pas d’avenir, qu’il n’existe plus. Il se replie alors sur l’individualisme et le bannissement devient l’espoir de la jeunesse. Bannissement à Londres, en Syrie ou dans la mort selon les cas.
 
Je forme un vœu pour 2016, c’est que nous arrêtions de chercher des solutions impossibles mais que nous posions enfin le problème correctement. La force de notre peuple a toujours été de trouver des solutions aux problèmes bien posés. Sa faiblesse a toujours été de laisser la guerre bien poser les problèmes.

www.surlasociete.com, 4 janvier 2015

Regard individuel, collectif

Publié dans A tout un chacun
Regard individuel et regard collectif  (économie)
 
Tout s’écroule sauf la certitude de nos dirigeants droits dans leurs bottes d’apparat. Ils sont tellement pe
u sûrs d’eux-mêmes qu’ils ont besoin de se cramponner aux faux intellectuels façon Attali, Minc ou BHL qu’ils ont toujours écoutés, droite et gauche confondues, et qui les ont toujours conduits dans le mur. Ils sont incapables d’envisager qu’ils se trompent depuis toujours, que leurs analyses sont fausses et que les cycles économiques sont des leurres. A force d’acheter l’affect du peuple, ils se sont convaincus qu’ils étaient réellement appréciés pour leur supériorité naturelle.
De l’autre côté une partie du peuple croit au complot en refusant l’idée que le désastre ne soit pas voulu dans le but d’en enrichir certains. Certes il y a manigance dans l’organisation de la débandade, mais il y a surtout une incompréhension généralisée de ce qui se passe et de la raison du désastre. Il suffit de parler en privé à des politiques pour constater combien ils sont perdus et combien ils ont peur d’affronter la réalité car comme le dit Daniel Cohn-Bendit "le discours de la vérité ne peut pas avoir la majorité". Or les politiques craignent la vérité, ils veulent la majorité.
 
Toute notre société est structurée autour de l’idée que nous créons annuellement des richesses et que nous devons nous les partager au moins mal. Notre économie, notre éducation et notre politique sont fondées sur cette certitude et notre énergie n’est bandée que sur l’augmentation de la production de richesses, la fameuse croissance, et sur l’ajustement de sa répartition. Voilà notre dessein actuel qui est accessoirement d’un matérialisme affligeant.
Or il n’y a pas de création de richesses en économie contrairement au formatage martelé si agréable à entendre.
Une richesse n’étant qu’un regard il faut différencier le regard individuel du regard collectif. Il y a bien évidemment des regards individuels qui voient leurs créations comme des richesses. L’enfant qui fait avec son couteau un sifflet à partir d’une branche de frêne ou le peintre du dimanche qui se fait plaisir en maniant son pinceau, se créent évidemment des richesses à leurs propres yeux, richesses qui deviendront d’ailleurs souvent avec le temps embarras puis débarras. Mais nous ne faisons pas de l’économie en constatant cela. L’échange des regards individuels, c’est-à-dire le troc, n’a jamais existé que dans les cours d’écoles au grand dam des parents.
 
L’économie étudie, ou devrait étudier, les échanges entre les regards individuels et le regard collectif. Le regard collectif c’est la monnaie car, à l’intérieur du groupe qui a cette monnaie, chacun la regarde comme une richesse et le regard que portent tous les individus sur la monnaie est le même. Il n’y a donc qu’un seul regard collectif et la monnaie est une richesse reconnue par tous dans le groupe.
L’économie est censée étudier comment les individus qui portent un regard individuel de richesse sur ce qu’ils fabriquent par leur travail, vont pouvoir vérifier que ce qu’ils ont fabriqué est réellement reconnu comme richesse par le groupe et n’est pas considéré par le groupe comme inintéressant voire nocif.
La seule façon de faire cette vérification ponctuelle est de constater qu’un client vient s’appauvrir en monnaie pour s’enrichir de ce qui n’était quelques instants auparavant qu’un regard individuel de richesse non encore reconnu. Dès que le client s’est appauvri par son achat d’une certaine quantité de monnaie, cette quantité devient le chiffrage du regard collectif que le groupe porte à ce qui a été créé. C’est par son propre appauvrissement que le client confère à la production de l’entreprise l’estampille richesse.
On ne peut donc pas dire qu’une entreprise crée forcément des richesses. Elle crée soit des richesses soit des inutilités soit des déchets qui n’intéressent personne. C’est en échangeant son argent contre la production de l’entreprise que le client transforme cette production en richesse parce que le regard collectif de l’argent a rencontré le regard individuel du producteur. C’est l’abandon par le client de son argent qui crée la richesse et non l’entreprise qui n’avait créé qu’une richesse potentielle et aléatoire.
Ce qu’il faut étudier ce n’est pas le bien ou le service qui a été proposé mais d’une part l’origine de l’argent qui a transformé ce bien ou ce service en richesse reconnue par le regard collectif et d’autre part les motivations qui ont poussé le client à s’appauvrir en monnaie.
Et c’est là où le bât blesse durement.
Dans une société normale c’est par le travail passé qu’un individu se trouve en possession de monnaie et il la dépense avec parcimonie car il sait les efforts qui ont été nécessaires pour l’obtenir. Mais dans notre société qui n’a réellement comme seul but que de justifier la surproduction que la mécanisation de tout a entrainée, ce frein salutaire a été saboté pour que la machine tourne. Il faut sauver la machine et tous ceux qui la servent. Ils sont faciles à reconnaitre : ce sont tous ceux qui gagnent beaucoup d’argent. Ce sont les mondes de la publicité (donc du sport et des médias), de la banque, de la politique et des dirigeants de grandes entreprises.
Et ça marche !
 
La machine tourne, tout le monde s’endette pour acheter, l’endettement mondial est sidéral comme l’endettement des particuliers, des entreprises et des Etats. L’Europe n’est pas encore endettée ? La Banque Centrale Européenne rachète aux banques par le "quantitative easing" des créances titrisées sur Etats qui ne pourront être honorées que par de nouveaux emprunts. Ce sont les subprimes en beaucoup plus gros mais mieux imaginées car totalement fondées sur la création de richesses futures auxquelles tout le monde fait semblant de croire.
La guerre a commencé pour savoir qui, des Etats, des entreprises ou des particuliers, va être contraint de sauver le système bancaire mondial que personne ne peut rembourser sans s’endetter à nouveau ou sans faire payer les autres. Le système bancaire mondial est déjà en décomposition avancée mais assez bien dissimulée pour faire encore provisoirement bonne figure.
Peut-être faut-il rapidement prendre conscience que la richesse n’est qu’un regard, individuel ou collectif !

Concurrence ou coopération ?

Publié dans A tout un chacun
Concurrence ou coopération ?
 
Concourir c’est courir ensemble comme coopérer c’est agir ensemble. Ces deux beaux mots se sont progressivement éloignés car si coopérer n’a comme seule interprétation négative qu’un but condamnable, concourir véhicule aussi la possibilité de faire chuter le concurrent.
Or les économistes, formatés et perdus, ne savent plus à quel saint se vouer. Ils refusent obstinément de regarder la réalité en face et ont convaincu les Politiques de continuer à attendre la croissance en s’invectivant mutuellement pour ne pas savoir la faire venir. On ne peut que respecter le malheur des économistes car, comme pour les communistes, il est difficile de leur demander l’effort presque surhumain d’accepter de s’être trompé pendant toute leur vie.
 
La croissance n’arrivant évidemment pas puisqu’elle n’est qu’augmentation des dépenses alors que chacun dit vouloir les réduire, toute notre économie est rentrée d’un seul pas dans la voie suicidaire de la concurrence sous toutes ses formes. Pas une entreprise qui ne cherche de nouvelles parts de marchés, c’est-à-dire à en enlever aux autres. Il faut être compétitif, acheter au moins cher n’importe où, payer le moins possible les salariés et vendre le plus vite possible à grand frais de publicité
La concurrence  a un immense intérêt aux yeux de nos élites actuelles : elle permet de ne pas voir que c’est le but de la course qui est insensé et de dépenser toute notre énergie à ce que ce soit les autres qui meurent les premiers. Au lieu d’accepter que le PIB n’a jamais créé aucune richesse avec toutes les remises en question que cela entraînerait, nos élites se sont convaincues elles même que la compétitivité résoudrait les problèmes au moins le temps pour elles d’atteindre leurs retraites.
 
En réalité il faut revenir au bon sens et c’est souvent dans l’unanimité qu’on le trouve. Et cette unanimité c’est souvent à la suite d’effroyables difficultés qu’elle se forme au moins provisoirement. Ce fut le cas à la fin de la deuxième guerre mondiale où la coopération a été choisie par deux fois à l’unanimité mais pendant si peu de temps !
En interne cela a été le programme du Conseil National de la Résistance (CNR) signé par tous ses membres, des gaullistes aux communistes en passant par les socialistes, les chrétiens démocrates et les radicaux. Il a malheureusement été vite abandonné au profit des petites querelles d’appareils et de places à prendre.
En externe cela a été l’Organisation Internationale du Commerce (OIC) créée unanimement par la charte de La Havane sous l’égide de l’ONU après avoir travaillé de novembre 1947 à mars 1948. L’OIC fondé sur la coopération entre les nations prônait des échanges équilibrés entre nations pour renoncer à faire payer les autres. Moins de 50 ans après en 1995 on créait à Genève l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) fondée sur la concurrence et sur la liberté du renard dans le poulailler. L’OMC, fleuron du capitalisme est fondamentalement opposé à l’OIC dont on a veillé à ce qu’elle soit gommée des esprits comme la charte de La Havane. Le GATT qui avait été créé en attente de la ratification de la charte de La Havane a servi avec ses différents rounds de passerelle entre la coopération de l’OIC et la concurrence de l’OMC dont nous récoltons les fruits amers.
 
Tout changera le jour où l’on reviendra à la coopération en abandonnant concurrence, compétitivité et autre stratégie du croc-en-jambe. Comment va-t-il falloir le dire ?

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