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FADDA Denis

FADDA Denis

Né le 24 novembre 1943
Marié - 3 enfants
 
 
Haut fonctionnaire international
     (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture)
Ancien Président de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer
 
Docteur d'Etat en Droit
Diplômé de 3ème cycle en Histoire
D.E.S de Droit public
D.E.S de Science politique
Maîtrise ès Lettres
Diplômé de l'Institut des Hautes Etudes Internationales (IHEI)
     et de l'Institut libre d'étude des relations internationales (ILERI)
Ancien élève de l'Institut des Hautes Etudes de l'Amérique Latine
     et de l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), dit Langues O'

Professeur des universités associé  
     enseignant dans différentes universités étrangères
Administrateur de l'Université Senghor d'Alexandrie

Membre de la Société française pour le droit International
Secrétaire général de l'Institut des Sciences Juridiques du Développement (1971-1979)
Membre de la Commission nationale française pour l'Unesco (1978-1980)
Administrateur et Secrétaire général de l'Office Information Culture et Immigration (I.C.E.I.) et de l'Agence nationale pour le développement des relations interculturelles (A.D.R.I.) (1976-1983)
Fondateur du Forum Méditerranéen de la Culture
Président international de La Renaissance Française
Membre de l'Académie des Arts, Lettres et Sciences de Languedoc
Président de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer
 
Distinctions
Chevalier de la Légion d'Honneur
Officier de l'Ordre national du Mérite
Médaille de la FAO
Médaille d'or de La Renaissance Française

URL du site internet:

Boualem SANSAL - 2084

Publié dans A tout un chacun
Boualem SANSAL - 2084, La fin du monde
 
Au départ, il y a la maladie, le sanatorium et la montagne. Un banal trépied qui devient pour le pauvre hère Ati un tremplin inattendu et stupéfiant. A la faveur de l'épreuve que constitue cette maladie, Ati devient réellement vivant, c'est à dire éveillé, dessillé, "converti". Un étrange mot venu de loin prend forme : "Li...ber...té". Ce cri intérieur surgit alors que Ati est soumis, comme tous, à la loi implacable de l'Abistan, un immense Empire sans frontières et sans passé.
Une guerre terrible a opposé les croyants aux "mécréants" et a finalement donné le pouvoir aux fidèles du dieu Yölah et à son délégué Abi. La vie est organisée autour du culte d'Abi dans une théocratie omnipotente :"Yölah est grand et Abi est son délégué !".
 
2084 est, en effet, le roman d'une conversion qui prend l'aspect d'une subversion dans un monde où il est obligatoire de croire ou tout au moins de faire comme si on croyait : "Il eut la révélation de la réalité profonde du conditionnement qui faisait de lui et de chacun, une machine bornée et fière de l'être, un croyant heureux de sa cécité".
Un être humain - on ne sait pourquoi - sort de la masse de ses congénères et prend cruellement conscience de son aliénation. Il faut dire que la soumission des Abistanais au Système n'est pas mesurable : elle est absolue. A tel point que le roman relève plus de la description que de la narration. Il est plus écrit à l'imparfait, temps de la répétition, qu'au passé simple, temps de l'action. Les dialogues sont rares. Les hommes vivent dans un éternel présent qui ne veut connaître ni le passé –  gommé par le Système – ni l'avenir. 
 
Ce roman satirique conjugue différentes grandes traditions littéraires :
     celle du roman picaresque où le héros, homme simple, connaît une succession de mésaventures narrées sur le mode tragi-comique et se heurte à la puissance de ceux qui "tirent les ficelles" dans un théâtre dont il ne perçoit que les ombres : "Je ne suis rien, je suis Ati, un pauvre diable, qui a un mal de chien à vivre dans ce monde trop parfait pour lui".
     celle du roman initiatique où le héros part dans une quête périlleuse, aiguillonné par le désir d'accéder à la connaissance ; Ati et son ami Kao acquièrent peu à peu la conviction que la Vérité  proclamée par Abi peut être mise en doute. Ils veulent simplement savoir mais "une fois lancée, la machine du doute ne s'arrête pas".
     celle du roman philosophique, dans le sillage de Voltaire, Kafka et Borges, les grands maîtres de ce genre où fiction et pensée sont intimement liés. Ce roman foisonnant, dérangeant, étourdissant par la complexité des intrigues et l'horreur des situations, contraint le lecteur à réfléchir, à se poser les questions essentielles : comment la religion peut-elle prendre tout pouvoir sur les hommes ? Comment fonctionne concrètement un système d'asservissement de la multitude au bénéfice d'une oligarchie secrète ? Quels sont le rôle et le pouvoir du langage dans un totalitarisme ?
 
Comme dans toute fable, l'interprétation est ouverte. Le lecteur pense évidemment au péril de l'islamisme, ce que Boualem Sansal confirme toujours lorsqu'il prend la parole. L'avertissement qui figure au début de l'ouvrage ne dupe personne : "C'est une œuvre de pure invention, le monde de Bigaye que je décris dans ce livre n'existe pas et n'a aucune raison d'exister à l' avenir [...] Dormez tranquilles, bonnes gens, tout est parfaitement faux et le reste est sous contrôle."  Vers la fin du roman, l'auteur évoque, dans un retour en arrière saisissant, la cécité du monde qui, avant la victoire des croyants en l'an 2084, refusait d'écouter les "alerteurs" alors qu' "on (voyait) naître l'arme absolue qu'il n'est besoin ni d'acheter ni de fabriquer, l'embrasement de peuples entiers chargés d'une violence d'épouvante." 
 
Si la référence du roman est évidemment l'uchronie imaginée par Orwell dans 1984, la source se situe dans la pensée de Camus et notamment dans son cycle consacré à la révolte. C'est l'esprit de révolte qui manque aux Abistanais, anesthésiés par la terreur, le lavage de cerveaux et l'ignorance. "Le grand malheur de l'Abistan était le Gkabul : il offrait à l'humanité la soumission à l'ignorance sanctifiée comme une réponse à la violence intrinsèque du vide, et, poussant la servitude jusqu'à la négation de soi, l'autodestruction pure et simple, il lui refusait la révolte comme moyen de s'inventer un monde à sa mesure, qui à tout le moins viendrait la préserver de la folie ambiante. La religion, c'est vraiment le remède qui tue". On trouve là les deux concepts camusiens par excellence que sont la nécessité de la révolte et la quête de la mesure. "Si la fin justifie les moyens, a dit Camus, alors qui justifiera la fin ?". Dans l'Empire de l'Abistan, Abi justifie la fin. La boucle est bouclée : c'est "la fin du monde", sous-titre de 2084.
        
Boualem Sansal nous donne une œuvre qui marquera notre temps, un très grand roman qui joue pleinement le rôle dévolu à la littérature selon Kafka : "La littérature est une hache pour briser la mer gelée qui est en nous.". Pari tenu.
Boualem SANSAL - 2084 - La fin du monde, Paris, Gallimard, 2015, 273 p.                                                
 

Le temps des choix est venu

Publié dans Du côté des élites
Le temps des choix est venu
 
Du Pakistan au Nigéria en passant par le Yémen et la Somalie, le terrorisme ne cesse de gagner en puissance ; que faisons-nous vraiment pour s'opposer à lui ?
 
Nous prétendons lutter contre lui par des bombardements aériens alors même que nous en connaissons l'inefficacité ainsi que les dommages qu'ils causent aux populations civiles.
Nous nous opposons à toute coopération avec Bachar el Assad alors que celui-ci dispose encore d'une armée (pour combien de temps?) qui lutte contre l'E.I. et de services de renseignements dont nous avons besoin. Mais nous traitons avec l'Iran son meilleur allié.
Nous faisons partie d'une coalition anti-E.I. aux côtés de l'Iran mais aussi aux côtés du Qatar dont la sincérité dans la lutte n'est pas acquise.
Nous refusons de coopérer avec la Russie quand ce pays pourrait être dans cette lutte notre allié le plus sûr.
Pourtant il y a extrême urgence à agir de façon efficace.
 
Les Chrétiens d'Orient hurlent leur détresse. Comme toutes les minorités non sunnites, ils risquent l'extermination.
Palmyre et bien d'autres sites – parties intégrantes de notre patrimoine culturel – vont être complètement détruits.
Chaque jour des hommes, des femmes et des enfants entrent en Europe par diverses voies terrestres. Chaque jour des embarcations chargées d'hommes, de femmes et d'enfants arrivent sur les côtes italiennes ou grecques. Tous sont conduits par des gens sans aucun scrupule et traités de façon ignoble. Des armadas sont déployées pour en secourir mais combien n'atteignent jamais leur destination !
Songe-t-on vraiment à aller à la racine du mal ?
Les passeurs sont connus. Souvent même ils ont pignon sur rue ; ils agissent pratiquement dans l'impunité.
Nous laissons venir ces populations dans des conditions inhumaines au nom des droits de l'homme... Secourir des êtres humains en détresse c'est bien, c'est de toute façon une obligation, mais leur éviter d'avoir à quitter leur terre doit constituer la priorité. Tout faire pour que ces êtres soient mis en condition de pouvoir rester là où ils ont leurs racines et les leurs c'est agir humainement.
Agir pour qu'ils ne soient pas condamnés à l'exil, là est notre devoir.
 
Regardons la situation en face.
Va-t-on encore laisser l'E.I. continuer son avancée ? Va-t-on laisser  les massacres se poursuivre ? Va-t-on plus longtemps condamner des populations entières à fuir leur pays ?
Quelle terrible responsabilité devant l'Histoire !
Souvenons-nous ! C'est parce que nous n'avons pas pris nos responsabilités en 1938 que nous avons eu la guerre et ses horreurs.
Le temps des véritables décisions est arrivé et donc le temps des choix
Est-il plus important de lutter contre Bachar el Assad ou contre l'Etat islamique ? Est-il plus important de vaincre en Ukraine ou au Proche-Orient ? Poser ces questions c'est déjà y répondre.
Alors, attachons-nous à constituer au plus vite contre l'E.I. la plus large coalition possible comprenant des troupes au sol ; une coalition qui compte d'abord les Etats de la région et bien sûr la Syrie et la Russie.
Ce que nous ne faisons pas aujourd'hui nous devrons, de toute façon, le faire demain, mais alors ce sera sans doute trop tard.
Avec de la clairvoyance et du courage les catastrophes qui s'annoncent pourront peut-être être évitées.  

L'Ecosse

Publié dans Avec l'Europe
Les enseignements de l'Ecosse

45 % des Ecossais ont souhaité quitter la Grande Bretagne et le Royaume Uni.
Comment s'en étonner ?
L'Ecosse est une très vieille nation avec une identité forte et qui, de plus, a déjà connu l'indépendance.
Mais si l'on comprend ce désir d'indépendance des Ecossais, on ne peut, pour autant, souhaiter l'affaiblissement du Royaume Uni, comme on ne peut souhaiter l'affaiblissement de la Grande Espagne. Pour cela, une fois l'émancipation acquise, la constitution d'une forme de confédération qui aurait garanti l'indépendance de l'Ecosse sans trop atteindre la puissance britannique se serait imposée. En toute hypothèse, l'Ecosse s'achemine vers une très large autonomie puisque c'est la promesse de la lui accorder – signée par les trois grands partis britanniques - qui a empêché le "yes" d'être majoritaire.
 
La question écossaise, en tout cas, est porteuse d'enseignements. Elle montre bien combien est encore forte en Europe l'idée de Nation.
Après la chute du communisme, l'U.R.S.S.  a éclaté ; à côté de la Russie, quatorze Etats sont nés ; pour sa part, la Tchécoslovaquie a donné naissance à la République tchèque et à la Slovaquie. La Yougoslavie a engendré ou fait renaître cinq Etats à côté de la Serbie ; la Serbie que la volonté d'une partie de la communauté internationale a imprudemment amputé du Kosovo, le cœur de l'Histoire de ce pays.
En Ukraine, la minorité russophone se bat pour faire admettre sa différence.
 
Ce qui vient de se passer en Ecosse ne fait que montrer, une fois de plus, ce qu'à Bruxelles on ne veut pas voir, que les peuples tiennent à conserver leur identité et qu'il n'est pas possible de chercher à leur imposer un fédéralisme européen, teinté de mondialisme, qu'ils ne veulent pas.
Si les peuples d'Europe sont unis par leur culture gréco-latine et judéo-chrétienne, ils sont aussi fiers de leurs identités et jaloux de leurs nations ; ils sont bien loin de vouloir les perdre au profit de régions économiques qui ne leur parlent pas.    
 

 

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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