Magistro Beta

Switch to desktop Register Login

FADDA Denis

FADDA Denis

Né le 24 novembre 1943
Marié - 3 enfants
 
 
Haut fonctionnaire international
     (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture)
Ancien Président de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer
 
Docteur d'Etat en Droit
Diplômé de 3ème cycle en Histoire
D.E.S de Droit public
D.E.S de Science politique
Maîtrise ès Lettres
Diplômé de l'Institut des Hautes Etudes Internationales (IHEI)
     et de l'Institut libre d'étude des relations internationales (ILERI)
Ancien élève de l'Institut des Hautes Etudes de l'Amérique Latine
     et de l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), dit Langues O'

Professeur des universités associé  
     enseignant dans différentes universités étrangères
Administrateur de l'Université Senghor d'Alexandrie

Membre de la Société française pour le droit International
Secrétaire général de l'Institut des Sciences Juridiques du Développement (1971-1979)
Membre de la Commission nationale française pour l'Unesco (1978-1980)
Administrateur et Secrétaire général de l'Office Information Culture et Immigration (I.C.E.I.) et de l'Agence nationale pour le développement des relations interculturelles (A.D.R.I.) (1976-1983)
Fondateur du Forum Méditerranéen de la Culture
Président international de La Renaissance Française
Membre de l'Académie des Arts, Lettres et Sciences de Languedoc
Président de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer
 
Distinctions
Chevalier de la Légion d'Honneur
Officier de l'Ordre national du Mérite
Médaille de la FAO
Médaille d'or de La Renaissance Française

URL du site internet:


Le chef de l'Etat se rend en Algérie, en visite d'Etat, comme l'avaient fait, avant lui, le Président Chirac en 2003 et le Président Sarkozy en 2007. Le Président de la République veut normaliser les relations entre l'Algérie et la France. On ne peut que s'en réjouir. Les deux pays sont si intimement liés que l'histoire de leurs relations ne ressemble à aucune autre ; comme nous l'avons souvent dit, la relation entre la France et l'Algérie ne relève pas seulement des Affaires étrangères, elle relève aussi des affaires intérieures. Les deux pays ont l'obligation de s'entendre.
S'il ne s'agissait que des peuples, la question serait réglée depuis longtemps ; le peuple de France n'a aucune difficulté à s'entendre avec le peuple d'Algérie et vice versa.
Malheureusement, il n'en va pas tout à fait de même entre les gouvernements des deux pays où le calcul et les combines de politique intérieure, des deux côtés, prévalent. Rien ne peut jamais se faire spontanément, tout doit toujours attendre le moment favorable à l'échange.
Quand sortira-t-on de ce cercle vicieux ? Quand cesseront donc les atermoiements ? Quand laissera-t-on enfin les peuples se rencontrer ?
Rien, en fait, ne sera possible sans l'expression claire de la vérité. Il ne s'agit pas seulement de dire que l'on va "tenir un langage de vérité", il s'agit de la dire, et de la dire vraiment. Ce n'est que lorsque cette vérité sera vraiment dite qu'il sera possible d'espérer.

Pour préparer sa visite d'Etat, le Président de la République a "accompli des gestes" susceptibles de satisfaire les autorités algériennes, mais que ne demande pas la population, infiniment désireuse de "tourner la page". Prise de position à propos des événements du 17 octobre 1961, vote, suscité par l'Elysée, de la loi faisant du 19 mars une journée nationale du souvenir.
Que recevra-t-il en échange ? Obtiendra-t-il une garantie de protection et de respect des cimetières chrétiens et juifs d'Algérie régulièrement profanés et dévastés ? Obtiendra-t-il que les Français nés en Algérie puissent disposer enfin de leurs archives d'Etat civil ? Obtiendra-t-il que ceux-ci -y compris, évidemment, les Harkis - puissent librement circuler entre la France et l'Algérie, et ce sans avoir à requérir un visa ? Obtiendra-t-il, surtout, des informations sur les Disparus ?
Les Disparus ! Le sujet tabou ! Des milliers de personnes ont disparu pendant la guerre d'Algérie - civils et militaires - pour leur immense majorité à partir du 19 mars et jusqu'au-delà de la proclamation de l'indépendance. De dizaines de milliers de Harkis on ne sait plus rien à partir du jour où ils ont été désarmés sur ordre du gouvernement français.
Le Gouvernement français pourra-t-il, un jour, dire clairement ce qui s'est passé ? Pourra-t-il un jour dire aux familles ce que sont devenus ceux dont ils n'ont plus jamais eu de nouvelles ? L'Etat aura-t-il le courage d'admettre sa propre responsabilité dans les drames survenus après le 19 mars 1962, dans l'abandon des populations qu'il avait le devoir de protéger.
La France est le seul pays du monde occidental à demeurer dans le silence absolu, voire dans le déni, sur ces questions.
De réelles bonnes relations d'Etat à Etat ne peuvent se construire seulement par le truchement de cadeaux respectifs et d'actes de repentance qui n'ont aucun sens et qui, de surcroît, pourraient laisser supposer qu'il n'y eut de torts que d'un seul côté.
Les relations entre les Etats français et algérien ne pourront être normalisées que lorsqu'aura été fait, honnêtement, ce nécessaire travail de vérité, et ceci ne peut passer que par la constitution d'une commission mixte "Vérité et réconciliation" ; une commission qui, bien sûr, ne serait pas  constituée uniquement de représentants des Etats. Il est grand temps de donner aussi la parole à la société civile.

Le 19 mars encore !

Publié dans En France

Pourquoi le Parlement veut-il faire du 19 mars une "journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie" ?
Qui pourrait s'opposer, a priori, à une telle journée ? Qui pourrait refuser le souvenir et le recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de cette guerre et de ces combats ? Personne. Il serait donc facile sur un tel sujet de réussir une union nationale.
Oui, vraiment facile si d'aucuns ne s'acharnaient à vouloir que cette journée soit fixée au 19 mars et à aucune autre date ! Car, ne l'oublions pas, cette journée existe déjà et a été placée, sous la présidence Chirac, au 5 décembre.
Pourquoi donc s' "accrocher" à cette date du 19 mars au détriment de celle du 5 décembre et de toute autre ?
Pourquoi vouloir absolument imposer une date conflictuelle, quand l'année compte tant de jours ?
Pourquoi la majorité présidentielle veut-elle prendre le risque d'une nouvelle cassure entre les Français ?
Pourquoi veut-elle à ce point mépriser ceux qui ont tant souffert et les familles qui encore terriblement souffrent ?
Le 18 mars 1962 ont été signés les accords d'Evian qui prévoyaient que le 19 à midi il y aurait cessez-le feu sur l'ensemble du territoire algérien. Il n'en fut rien ; aussi pour des centaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants la date du 19 mars marque-t-elle le commencement de l'horreur.

En effet, si le 19 mars a représenté pour la grande majorité des combattants métropolitains la fin de leur engagement, elle a surtout représenté, pour la population d'Algérie, toutes confessions confondues, pour les supplétifs de l'Armée française et leurs familles, le début de la période la plus horrible qu'ils aient eue à connaître; elle est associée aux plus grandes souffrances, au souvenir des plus grands drames.

Dès le soir de ce jour qui était supposé être celui du cessez-le-feu, a commencé le massacre des Harkis désarmés sur ordre du gouvernement de Paris, abandonnés, empêchés de gagner la Métropole. En quelques mois, ils ont été probablement quelque cent cinquante mille à être tués dans des conditions affreuses ; très souvent les membres de leur famille l'ont été avec eux. Dans les semaines qui ont suivi cette date, les enlèvements et les assassinats de personnes de toutes confessions se sont multipliés, pour culminer le 5 juillet 1962 à Oran, en présence de l'Armée française. A ce jour, environ 3000 civils et quelque 500 militaires, la plupart soldats du contingent, sont encore portés disparus. Leurs enfants, leurs conjoints, ne connaîtront-ils jamais le sort qui leur a été réservé ? Certains d'entre eux les attendent toujours.
Les souffrances qu'ont connues ceux qui ont perdu la vie, comme celles  vécues par ceux qui ont réussi à ne pas la perdre, au cours de mois d'horreur, ne peuvent être méprisées, et encore moins niées.

Le 19 mars 1962 est la date d'un cessez-le-feu proclamé, non d'un cessez-le-feu effectif. C'est le triste anniversaire de l'abandon et de la trahison.

Ceux pour qui cette date renvoie au bon souvenir de "la quille" doivent avoir la décence de respecter ceux qui ont souffert et souffrent encore.
Le sort des Disparus civils et militaires - nous l'avons dit - n'est toujours pas connu. Quand verra-t-on notre pays agir comme l'a fait l'Argentine, par exemple ? Quand connaîtrons-nous la vérité sur le massacre des Harkis, les drames du 26 mars et du 5 juillet ? Bien des Etats ont osé créer une "commission Vérité et Réconciliation".
Plutôt que de diviser, il serait bien plus sage que notre parlement envisage la mise en place d'une telle commission. Cela honorerait notre pays.

L'exode des Français ...

Publié dans Devant l'histoire
L'exode des Français d'Algérie : il y a 50 ans !
Discours d'ouverture de la journée de commémoration tenue à Marseille le 30 juin



"Je ressens toujours le même mal, la même douleur, là, au plus profond de moi, je suis amputée de ma terre. C'est une douleur vive et obstinée qui ne cessera jamais, car on ne peut séparer la terre du cœur". C'est Marie Cardinal, écrivain d'Algérie, qui a écrit ces lignes.

Ce qu'a exprimé Marie Cardinal, c'est ce que ressentent tous les Français d'Algérie. Une amputation. Un abandon de cette terre si accueillante qui était aussi une mère, une mère aimée par-dessus tout. Je crois que peu de terres ont suscité autant de passion que la terre d'Algérie. Que de belles pages dans notre littérature ! Que de déclarations d'amour !
Les Français d'Algérie ont l'impression de l'avoir trahie cette terre si chère. Pourtant non, ils ne l'ont ni trahie ni abandonnée. C'est elle qui, bien malgré elle, les a quittés.
Cela a laissé une blessure qui ne se refermera jamais.
Et nous sommes ici aujourd'hui pour nous souvenir, nous souvenir de cette séparation, de cet exode ; nous souvenir de ce qui a été vécu il y a 50 ans. Nous sommes ici aussi pour rendre hommage à tous ceux qui sont restés là-bas, ceux qui ont disparu et dont on ne saura jamais plus rien, ceux qui sont morts dans les dernières semaines de la présence française et après, souvent dans des conditions abominables, mais aussi pour rendre hommage à tous les autres, ceux des générations précédentes qui reposent sur ce sol dont ils ont contribué à faire un pays.

Il y a 50 ans. Souvenons-nous !
En vertu de ce qu'on a appelé les accords d'Evian, - des accords qui n'en étaient pas - les combats et attentats auraient dû prendre fin le 19 mars 1962 à midi. Il n'en fut rien. Bien au contraire, c'est après cette date qu'ont été connues les heures les plus sombres, les tragédies les plus atroces.
C'est à partir de cette date que commençait le massacre des harkis et de leurs familles, massacre que d'aucuns n'ont pas hésité à qualifier de génocide. C'est le 26 mars qu'éclatait la fusillade de la rue d'Isly, pendant que le quartier de Bab El Oued était bombardé. En avril, les enlèvements de civils commençaient à prendre une considérable ampleur et c'est ce même mois que l'exode débutait.
Les horribles massacres du 5 juillet à Oran, les disparitions, éteignaient les dernières lueurs d'espoir. En trois mois, près d'un million de personnes ont quitté l'Algérie ; après cette date, les départs se sont évidemment encore accélérés.

Il y a 50 ans, souvenons-nous !
Les quais du port d'Oran, ceux de Bône, de Philippeville et d'Alger ; les aéroports d'Oran-La Sénia, de Bône-Les Salines, de Constantine-Telergma, d'Alger-Maison Blanche. Souvenons-nous les heures et les jours d'attente dans des conditions épouvantables.
Les navires de la Compagnie de Navigation Mixte, de la Compagnie générale transatlantique ou de la S.G.T.M. qui quittaient les ports étaient surchargés. Les passagers étaient infiniment plus nombreux qu'ils n'auraient dû l'être, mais bien plus nombreux encore étaient ceux qui n'avaient pu monter à bord. Les regards douloureux des passagers se fixaient sur eux, puis sur la ville lumineuse qu'ils avaient tant aimée. Alors l'effroi les envahissait.
A l'arrivée, tous n'étaient pas accueillis, une valise à la main, de jeunes enfants en pleurs dans les bras, des vieillards éperdus qu'il fallait prendre en charge, ils devaient faire face. Quelquefois, les conteneurs ou les cadres, très artisanaux, qui avaient emporté le maigre déménagement de ceux - bien rares - qui avaient pu obtenir d'en partager un, s'écrasaient malencontreusement sur les quais des ports, la voiture qu'ils avaient miraculeusement sauvée tombait à la mer. Là aussi, il fallait faire face.
Il a fallu subir tout cela dans la souffrance de la terre arrachée, dans l'angoisse de la terre - pour beaucoup - inconnue, dans l'appréhension de l'avenir. Dans la tristesse des amitiés perdues et des familles dispersées, dans la douleur de la séparation de populations qui ne demandaient qu'à vivre ensemble.

La folie des hommes, l'incapacité du gouvernement de Paris à faire à chacun sa place, les a chassés de leur terre, de l'unique terre sur laquelle ils voulaient vivre, celle sur laquelle leurs parents ont vécu, celle sur laquelle les leurs ont été enterrés. Ils savent qu'ils ne pourront plus y retourner. Ils ont fermé le livre. Vies détruites, et vies qui commencent... ailleurs.
Ceux que l'on a appelé de façon discutable les Rapatriés, ont dû trouver leur place dans une société souvent hostile, qui est allée parfois jusqu'à nier qu'ils aient dû quitter leur terre. Selon un ministre, ils venaient en vacances...
Les Harkis étaient bien peu nombreux à avoir pu prendre un bateau car ils n'avaient pas eu le droit de "partir en vacances", la raison d'Etat les avait voués au massacre. Pour ceux qui purent embarquer, ce furent les camps.
Heureusement, il y a eu des Justes : notamment le Général François Meyer, le Commandant Rabah Khelif, le R.P. Michel de Laparre, Clara Lanzi auxquels il faut rendre hommage. Ils étaient là !
Dans une métropole qu'ils connaissaient peu ou pas du tout, les Rapatriés, toutes confessions confondues, ont "retroussé les manches" ; ils ont créé, ils ont bâti. Ils ont largement contribué à la prospérité de la France de ces années-là. Justice doit leur être rendue.

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

Top Desktop version