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GAVE Charles

GAVE Charles

Né le 14 septembre 1943
4 enfants


Economiste et financier

Président Fondateur de l'Institut des Libertés (www.institutdeslibertes.org)


Diplômé de l'université de Toulouse (DECSS d'économie)
     et de l’université de Binghamton (MBA),

Président Fondateur de Gavekal research (www.gavekal.com) et de Gavekal securities (Hong Kong)
Membre du conseil d'administration de SCOR
Co-fondateur de Cursitor-Eaton Asset Management (Londres) (1986)
Créateur de l'entreprise Cegogest (recherche économique) (1973)
 
Ouvrages
Charles Gave s'est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire :
Des Lions menés par des ânes (Editions Robert Laffont) (2003)
     où il dénonçait l'Euro et ses fonctionnements monétaires.
     Ouvrage préfacé par Milton Friedman
Un libéral nommé Jésus, Bourin, 2005
C'est une révolte ? Non, Sire, c'est une révolution. L'intelligence prend le pouvoir, Bourin, 2006
Libéral, mais non coupable, Bourin Éditeur, 2009
'Etat est mort, vive l'état - Editions François Bourin 2009
     Dernier ouvrage qui prévoyait la chute de la Grèce et de l'Espagne. 

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Françaises, français : ...

Publié dans Du côté des élites
Françaises, français : cette année c’était très bien, les choses vont beaucoup mieux que l’an prochain
 
Vœux de COLUCHE au pays.
 
Je ne sais pas si c’est parce que je deviens vieux, mais j’ai vraiment l’impression que tout ce dont s’occupe l’état dans notre merveilleux pays fout le camp à toute allure.
Est-ce à cause de la paupérisation de l’état que craignait tant ce pauvre ROCARD il y a quelques décennies ? Voilà une thèse intéressante, mais qui n’est pas supportée par les chiffres. Depuis les années Rocard, le poids de l’Etat Français est monté de près de 10 points en pourcentage du PIB et la pression fiscale est montée d’autant. Du coup, et comme chacun le sait, le poids de l’Etat dans l’économie française atteint près de 57 % du PIB ce qui fait de nous, le recordman parmi les pays de l’OCDE. Et comme ces dépenses ne réussissent pas à être couvertes par des rentrées, il nous faut emprunter le solde, habituellement appelé "déficit" par les mauvais esprits et la somme de ces déficits a un nom qui s’appelle "la dette" laquelle n’est, comme chacun sait, que de l’impôt différé. Nous laisserons bien entendu à nos enfants et à nos petits -enfants le soin de la payer.
Il me faut remarquer ici qu’enfants et petits-enfants n’auront en rien voté pour ces impôts qui vont leur tomber dessus. Voilà qui est profondément antidémocratique puisque la Démocratie a commencé avec le vote de l’impôt par le Parlement Britannique en 1689, pour pouvoir contrôler l’état. En empruntant l’Etat se libère de cette obligation de faire voter les impôts par ceux qui les paieront, ce qui est indigne.
La première des choses qu’il faudrait faire serait donc d’interdire à l’Etat français d’avoir des budgets en déséquilibre, en rendant l’émission de dette par l’Etat inconstitutionnelle, comme c’est le cas déjà dans certains pays.
La première conclusion de cet article est donc simple : la paupérisation de l’Etat tant redoutée par ce bon socialiste qu’était ROCARD a été évitée puisque notre Moloch a vu ses rations augmentées année après année et donc tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Nous allons partir donc du constat indiscutable que les ressources de l’état ont prodigieusement augmenté depuis monsieur ROCARD et tel Sherlock Holmes, nous allons essayer de déterminer qui a bénéficié de ce gigantesque accroissement parmi tous les groupes qui ont le droit de s’abreuvoir au puits sans fond du budget, comme l’aurait dit le maire de Champignac…
Vérifions secteur par secteur en commençant par les domaines régaliens qui justifient que l’état se soit vu confier le "monopole de la violence légitime" pour proteger les citoyens contre les dangers extérieurs ou intérieurs : Armée, Diplomatie, Police, Justice.
Armée. Les contacts que je peux avoir à l’intérieur de cette noble institution me disent que jamais la misère militaire n’a été plus grande. Avions, dont un sur six peut voler, total des troupes en état de combattre à un plus bas historique qui ne remplirait pas le Stade de France, hémorragie des talents, découragement, primauté donnée aux officiers "politiques", missions incompréhensibles… Qui plus est, l’un des premiers actes du Président nouvellement élu fut de virer le chef des armées et de baisser le budget des armées, ce qui a laissé des traces profondes…
Diplomatie. Au moment où le réveil des peuples devient de plus en plus visible, la diplomatie française n’a qu’un objectif, continuer la destruction de la Nation au profit d’une chimère, l’Etat Européen dont plus personne ne veut comme en témoigne les évènements en Hongrie, Pologne, Italie sans parler de la Grande-Bretagne, en tain de larguer à nouveau les amarres vers le grand large. Et on voit mal comment les coups de menton de notre cher Président sur l’Iran ou sur l’OTAN ajoute quoique ce soit au prestige de la France à l’étranger. Parler de foutre en l’air l’OTAN quand on fait tout pour détruire l’armée française relève d’une confusion mentale qui ne peut exister que chez les partisans de "l’en même temps"
Police : De l’avis général, la criminalité est en hausse partout, les attaques contre les biens et les personnes se multiplient, deux églises seraient attaquées chaque jour, des pans entiers du territoire sont devenues des zones de non-droit où les forces de l’ordre ne peuvent plus pénétrer. Par contre, l’usage d’une extrême violence par la Police contre des citoyens français manifestant contre la baisse de leurs niveaux de vie a été autorisé, voir encouragé, par le pouvoir en place et cette violence a entrainé de nombreux blessée graves et des condamnations multiples en justice…
Ce qui nous amène à la Justice, secteur sinistré s’il en fut, où semblent n’exister que deux groupes : ceux qui obéissent aux ordres du pouvoir et ceux qui défendent une idéologie qui soutient que les coupables sont innocents et les innocents coupables. Et du coup, si vous voulez faire rire dans un café, vous dites haut et fort "je fais confiance à la justice de mon pays" et vous voyez tout le monde s’écrouler de rire.
Le moins que l’on puisse dire est donc que la croissance ininterrompue de notre Etat n’a pas profité aux domaines régaliens. En effet, jamais le citoyen français n’a été aussi mal protégé ni aussi mal défendu et rarement notre prestige à l’étranger a-t-il été aussi bas.
Et donc j’en conclus que notre pognon n’est pas allé dans ces domaines.
 
Venons-en aux autres domaines dont l’état s’est cru autorisé à prendre le contrôle.
Commençons par la santé. Tous les jours je passe devant deux hôpitaux, qui sont en grève tous les deux, et j’imagine donc que cela doit être le cas un peu partout en France. Quand on va parler aux grévistes, ils expliquent que les urgences sont un vrai désastre et qu’il n’y a plus un rond dans les caisses. Et quand l’on se balade en province, c’est pour entendre dire qu’hôpitaux et maternités ferment un peu partout. L’extraordinaire conscience professionnelle des personnels empêche que cela se termine en drame, mais je crois pouvoir conclure que les hôpitaux n’ont pas été les grands bénéficiaires de tout cet argent que l’on nous a pris.
Venons-en à l’éducation. Dans ma jeunesse l’école Républicaine faisait la fierté justifiée de notre pays. En quarante ans, et selon un livre célèbre, elle est devenue une "fabrique de crétins" dans laquelle les tous meilleurs professeurs ont vu leur prestige et leur niveau de vie baisser sans discontinuer, et j’ai vu ce phénomène de prolétarisation du personnel enseignant se produire dans ma famille. En parallèle, et pour combler ce trou noir, j’ai vu apparaitre des dizaines d’écoles de "management" ou de "gestion", toutes fort chères et que les pauvres parents devaient payer à leur progéniture après avoir payé leurs impôts. Et donc ce n’est pas dans l’éducation qu’a été notre argent.
Passons à la Culture, qui parait -il nous coute fort cher, juste pour remarquer que pour la première fois depuis mille ans, il n’y a plus un seul grand intellectuel français, ni un grand peintre, ni un grand musicien, ni un grand dramaturge connu dans le monde entier et que cette disparition a commencé avec la prise de contrôle par la Gauche du Ministère de la Culture. Il est donc probable que la culture officielle ait reçu un peu de cet argent, mais pour le bien de notre pays, il eut mieux valu que le Ministère de la Culture n’ait jamais été créé. En ce qui concerne la Culture, remarquons aussi que ceux qui ont pris le contrôle des media n’ont qu’une ambition, être les seuls à parler dans le poste et surtout empêcher tous ceux qui ne seraient pas d’accord d’en approcher et que ce but est parfaitement atteint, avec l’aide de leurs copains dans le système judiciaire.
 
Venons-en à l’aménagement du territoire, grande responsabilité de l’état s’il en fut.
Là, le désastre est total.
Au centre de chaque zone urbaine, nous avons les bobos qui ont chassé les non-bobos grâce à une hausse des prix de l’immobilier insensée, en auréole autour des bobos, les travailleurs immigrés, qui travaillent pour les bobos et qui eux reçoivent de multiples subventions (tiens, j’ai trouvé peut-être une partie de là où allait notre argent) et tout là-bas, dans le fond, là où personne ne va jamais les gilets jaunes, les "anciens français" qui eux ne reçoivent pas grand-chose et paient beaucoup.
Dans la partie aménagement du territoire faisons passer l’agriculture qui est un véritable désastre puisque la France serait en train de devenir, pour la première fois de son histoire, importatrice nette de produits agricoles et finissons en disant que la paysannerie crève de faim et le tableau sera comblé. Quant aux transports en commun, ils sont parfaitement organisés pour que le bobo Parisien puisse aller voir sans perdre de temps ses copains bobo à Bordeaux, Bruxelles, Lyon ou Genève, mais les trains de banlieue qui permettraient à la France de la périphérie de venir travailler chez les bobos sont laissés à l’abandon, car après tout, les bobos détestent la concurrence qui pourrait faire baisser leurs salaires
 
Résumons-nous
Les domaines régaliens sont un désastre.
La santé, l’éducation, l’aménagement du territoire, la Culture, n’ont jamais aussi mal marché
Rien ne marche mieux qu’il y a dix ou vingt ans
Ce qui laisse entier mon problème de départ : certes, je constate que le poids de l’état s’est beaucoup accru dans les trente dernières années, certes, je vois que mes impôts augmentent années après années, mais je n’ai toujours pas la moindre idée de là ou sont allées toutes ces sommes astronomiques.
Et ayant commencé avec COLUCHE, je me vois obligé de passer à Jean YANN, qui posait fréquemment la seule question qui compte en politique "Mais passe notre pognon" question qui comme je ne cesse de l’écrire est la source même de la Démocratie et qui n’a rien, mais rien de populiste.
Et à cela hélas, il n’y a qu’une réponse : si l’argent ne va pas là il devrait aller, c’est qu’il va ailleurs et qu’il n’est pas perdu pour tout le monde.
 
De nombreuses études depuis plusieurs années ont montré une corrélation quasiment parfaite entre poids de l’état dans l’économie et corruption dans l’état. Et donc je dois conclure que règne en France une corruption inimaginable et qui prend sans doute trois formes
Corruption sur les systèmes sociaux. En France, il y aurait 110 millions de cartes vitales et 67 millions de citoyens.  Curieux… Dans cette catégorie, on doit sans doute mettre le tourisme médical qui explique peut-être en partie l’écroulement financiers des hôpitaux français. Dans le même sujet, on peut sans doute découvrir que les allocations chômage ou les arrêts maladies bénéficient peut-être d’une certaine indulgence ici ou là…
Corruption passive par des employés administratifs qui littéralement sont payés à ne rien foutre. Si je regarde ma note d’eau actuelle, aux environs de 2000 € par an, 800 #e sont consacrés à l’eau et 1200 € au paiement d’impôts de taxes et de mystérieuses charges appelées charges d’intercommunalité. Il y a vingt ans, ma note d’eau correspondait à ma consommation d’eau. Même chose pour ma consommation d’électricité ou de gaz. Aujourd’hui, je paye des d’impôts qui financent les faux emplois créés partout en France par la soi-disant décentralisation et ces faux emplois sont une forme particulièrement insidieuse de corruption et ils coutent le plus cher aux plus pauvres.
Et bien sûr, n’oublions pas la corruption active qui relie certaines zones de l’Etat à certaines parties de l’économie, reliées entre elles par le merveilleux capitalisme de connivence. Je ne peux m’empêcher de sourire quand je vois que la personne qui était chargée de contrôler les banques dans l’organisme créé à cet effet et qui venait de l’inspection des finances donner sa démission pour retourner l’inspection, avant sans doute d’être nommée à la tête de l’une de ces grandes banques qu’elle était chargée de contrôler avec un zèle dont je ne doute pas une seconde qu’il ait été à la fois admirable et désintéressé. Et je me demande en quoi le travail de madame ROYAL, ambassadrice auprès des Pôles (?) est utile au contribuable français ? Et que font exactement ces hautes autorités et autres conseillers stratégiques auprès du premier ministre ?
 
Bref, il n’y a qu’une seule explication à la misère qui se répand en France : La corruption qui a gangrené tout le système étatique et social et une bonne partie du système économique.
Et là, puisque j’ai déjà cité deux comiques, il me faut en citer un troisième, beaucoup moins drôle que les deux autres, je veux parler bien sûr de François HOLLANDE qui dans une fameuse interview avait dit "De toutes façons, ça ne coute rien puisque c’est l’état qui paye."
Comme le disent les Chinois, les poissons pourrissent toujours par la tête. Quand le chef de l’Etat explique que voler ou gaspiller n’ont aucune conséquence pour peu que la victime soit l’Etat il avoue sans aucune vergogne l’étendue du désastre. Pour beaucoup de français, à l’évidence, l’Etat est devenu un moyen de vivre aux dépens des autres sans travailler, comme le disait BASTIAT, ce qui veut dire que ces gens sont devenus des passagers clandestins dans leur propre pays. En économie, l’on a coutume de parler des problèmes que posent les passagers clandestins, par exemple dans les transports en commun. Quand les passagers clandestins deviennent trop nombreux, la faillite devient en effet inévitable. Le drame de la France est qu’il y a trop de passagers clandestins et que là où ils sont les plus nombreux c’est au sommet de l’état, ce qui empêche toute réforme.
Nous avons donc vraiment besoin et d’un audit des dépenses de l’état et du referendum d’initiative populaire, et le plus vite possible, autrement la destination finale est évidente. Car si l’Etat n’assure plus ses missions, alors la violence légale devient illégitime. Et là, nous aurons un problème, un vrai…

Paru sur institutdeslibertes.org, décembre 2019

L’Austerlitz de Boris Johnson

Publié dans Avec l'Europe
Les forces de la réaction mondialiste défaites en rase campagne, ou l’Austerlitz de Boris Johnson
 
Je dois l’avouer, j’ai un faible pour Boris JOHNSON (BOJO) et pour une raison très simple : il est tout ce que j’aime chez les Anglais. Le personnage est foutraque, désorganisé, extrêmement cultivé, intimement convaincu d’être absolument unique et totalement imprévisible, ce qui fait que tous ceux qui, eux, sont complètement prévisibles le méprise autant que ROMMEL méprisait MONTGOMERY ou NAPOLEON les "boutiquiers Anglais". Et chacun doit se souvenir ici de qui a gagné en fin de parcours…
Car, comme d’habitude, le désorganisé vient d‘infliger aux forces prévisibles de la réaction une défaite en rase campagne, tant celles-ci-ci ne s’attendaient pas à le voir apparaitre là où il est, un peu comme les troupes autrichiennes au matin de la bataille d’Austerlitz quand elles ont vu les troupes de NAPOLEON se pointer là où elles ne les attendaient pas.
Bien sûr, je peux me tromper tant cette histoire est compliquée et après tout je ne suis pas un juriste spécialiste du droit Anglais, et cela ne serait pas la première fois que cela m’arriverait, mais je veux expliquer quand même comment Boris a peut-être roulé dans la farine tous ses opposants, tant je trouverais l’histoire amusante si par hasard j’avais raison.
 
Commençons par un rappel.
En trois mois, BoJo (Boris JOHNSON) a obtenu plus de résultats que Madame MAY en trois ans.
D’abord, il a obtenu la réouverture de vraies négociations. Jusqu’à son arrivée, la thèse de JUNCKER et autres BARNIER était simple : les accords signés par Madame MAY étaient les meilleurs possibles et rien ne devait changer. En un rien de temps, il a fait sauter ce verrou.
Ensuite, il a fait disparaitre le cadre des négociations acceptée par Mrs. MAY, le fameux back stop. Grosso modo, la Grande-Bretagne avait accepté de rester dans l’union douanière, de continuer à payer sa quote-part au budget européen tout en n’ayant plus aucune participation à la prise de décisions par les autorités de Bruxelles et en restant sous le joug des cours européennes de justice. Il s’agissait d’une capitulation en bonne et due forme et en aucun cas d’un Brexit. Tout cela a été abandonné.
Dans le nouvel accord accepté par les Européens, l’île comprenant l’Angleterre, le pays de Galles et l’Ecosse sort définitivement de l’Union Européenne et retrouve sa totale souveraineté juridique, ce qui est essentiel. En plus de retrouver sa souveraineté juridique, la Grande-Bretagne sort complètement aussi de la zone douanière européenne et retrouve sa liberté de signer des accords commerciaux avec qui elle veut et quand elle veut. Nous avons donc affaire à un vrai  Brexit.
Pour L’Irlande du Nord, elle doit se conformer aux accords du vendredi Saint ayant mis fin à la guerre civile en Ulster or cet accord prévoit qu’il ne peut pas y avoir de contrôle des marchandises ou des personnes entre les deux Irlande… Une solution compliquée a été trouvée qui sauvegarde les intérêts de l’Ulster puisque le Parlement de l’Ireland du Nord pourra remettre en cause ces accords une fois tous les quatre ans si ce Parlement le souhaite.
En contrepartie, la Grande-Bretagne s’engage à payer les 39 milliards de sterling réclamés (sans aucune justification) par les européens, à ne pas se livrer à un dumping social, monétaire, écologique ou fiscal contre les autres pays européens et à organiser la sortie de la Grande-Bretagne de l’Europe au travers d‘un processus un peu plus lent que ce qui était prévu au départ.
- La conclusion est simple : l’accord de madame MAY n’avait rien à voir avec un Brexit.
- L’accord négocié par BOJO et accepté par les Européens est un Brexit en bonne et due forme et n’a strictement rien à voir avec ce qui avait été signé auparavant.
Reste à le faire passer devant le Parlement Britannique, où 75 % des parlementaires avaient voté contre le Brexit, ce qui n’est pas une mince affaire.
Et c’est là où cela devient amusant.
 
Les "remainers", c’est-à-dire ceux qui étaient contre le Brexit, pour empêcher BOJO de "jouer la montre" avait fait passer une loi qui précisait que si le Parlement refusait de voter en faveur du projet de BOJO, alors le premier ministre en place devait demander une prolongation d’au moins trois mois pour que les négociations puissent continuer et pour se faire devait envoyer une lettre à la Commission demandant une prolongation jusqu’au 31 Janvier 2020.
L’idée des partisans du maintien en Europe étant bien sûr que, de refus en refus, les électeurs se lasseraient peut-être et que le Brexit finirait par ne pas avoir lieu.
Le parlement ayant collé un amendement qui valait refus au projet de Brexit qui vient d’être présenté aux députés à Londres, BOJO a donc rédigé la lettre comme il s’y était engagé, mais a refusé de la signer et y a joint une autre lettre, signée celle-ci, demandant à ses partenaires du continent d’expliquer aux parlementaires britanniques qu’il n’y a plus rien à négocier et que c’était à prendre ou à laisser.
- Ce qui met les européens dans une situation difficile puisque dans la déclaration européenne des Droits de l’Homme, dont la Grande-Bretagne est signataire, il y a un article qui prévoit que si un chef de gouvernement est forcé de signer contre ses convictions un traité, alors ce traité est nul et non avenu. Ce qui est exactement le cas de la loi forçant BOJO à écrire sa lettre.
- Et ce qui met surtout les "remainers" dans une situation impossible. En effet, le seul choix qui leur reste est soit de voter pour le plan de BOJO, soit de refuser de voter pour ce plan et dans ce cas de figure, comme il est déjà trop tard pour changer de Premier Ministre ou pour dissoudre le Parlement, nous aurions une sortie de la Grande-Bretagne sans aucun accord  le 31 Octobre au soir.
Et donc le choix est simple : ou tous les traitres à la nation qui s’opposaient à la volonté populaire en utilisant artifice de procédure après artifice de procédure votent pour le Brexit de BOJO, ou bien alors, la Grande-Bretagne sort sans aucun accord.
Pour être clair, BOJO leur dit : "La maison est en feu, vous préférez sauter du dixième ou du vingtième étage ?"  En connaissant un certain nombre, je n’ai aucun mal à imaginer leur rage à l’idée de s’être fait piéger comme des rats par quelqu’un qu’ils méprisent, car ces gens-là méprisent tous ceux qui aiment leur pays qui par définition, ne peuvent être “que des imbéciles faciles à tromper”.
Tout cela est tellement bien ficelé que j’en suis à me demander si BOJO dont la majorité ne tenait que grâce aux dix députés "DUP" de l’Irlande du Nord n’aurait pas demandé par hasard à ces braves gens de voter contre son gouvernement lors du dernier vote pour que les termes du choix soient aussi clairs que possibles : ou mon accord, ou pas d’accord du tout, ce qui serait encore préférable. Car après tout, je suis bien persuadé que BOJO en son for intérieur ne verrait aucun mal à une sortie sans accord qui lui permettrait d’économiser 39 milliards de sterling, ce qui n’est pas rien. Et si une sortie brutale devait se produire, ce ne serait pas, hélas, de son fait mais bien à cause des "remainers" qui ont amené à la catastrophe d’une sortie sans accord en tombant dans les pièges qu’ils avaient creusé pour ce pauvre Boris…

Ce qui m’amène à mon souci principal souci habituel : Comment gagner de l’argent sans travailler ?
La réponse est simple.
Le temps est venu de surreprésenter la Grande-Bretagne dans les portefeuilles en vendant par exemple l’Allemagne, quoique je doute que beaucoup de lecteurs de l’IDL aient la moindre action allemande…Pour être bref, cela fait deux ans que la bourse dit de vendre l’Allemagne et d’acheter la Grande-Bretagne, le plus bas relatif ayant été atteint en Novembre 2017, mais il n’est pas trop tard puisque nous sommes encore à plus d’un écart type de la moyenne historique de la relation, la bourse britannique étant de 20 % sous-évaluée par rapport à la bourse allemande…
Et ce qui est vrai de l’Allemagne est vrai des autres pays de la zone Euro. Ayez votre cash en sterling et vos actions en sociétés domestiques Anglaises, mais continuez a éviter les banques et si vous le pouvez, le moment est venu d’acheter de l’immobilier à Londres.

Paru sur institutdeslibertes.org, 21 octobre 2019

Pourquoi les Français ...

Publié dans A tout un chacun
Pourquoi les Français sont tristes
 
(...) France, France réponds à ma triste querelle…
 
Et à chacun de mes retours j’ai fait la même constatation : les français devenaient de plus en plus tristes. Et cette lente disparition de la joie de vivre en ce pays béni des Dieux est quelque chose de nouveau, car la France, aux yeux du monde entier a toujours représenté le pays où il faisait bon vivre, ce que souligne le dicton allemand/yiddish "heureux comme Dieu en France". De l’avis général, la France avait toujours été le pays le plus gai d’Europe, ce qui, hélas, n’est plus le cas aujourd’hui.
La question est donc : mais qu’est qui nous est arrivé pour que nous soyons saisis, nous Français, par cette dépression nerveuse collective ?
Et c’est à cette question que je vais essayer de répondre dans la mesure de mes moyens.
(...) En tout cas, voilà mes explications sur ce qui m’apparait comme difficilement niable.
 
Les soi-disant élites et le système d’enseignement ont tout fait pour détruire dans notre pays ce que RENAN appelait "la volonté de vivre ensemble". Depuis la présidence de GISCARD, tous les dirigeants nous expliquent que nous sommes un pays vieux, petit, fatigué, chargé de crimes historiques et qu’il est urgent d’abandonner notre identité pour nous fondre dans une nouvelle réalité "l’Europe". Dans le fond "on" ne cesse de nous expliquer qu’il est totalement ringard d’être fier d’être français. Et du coup, les Français se sentent un peu dans la situation de celui ou celle qui aime beaucoup Dalida mais qui n’ose pas le dire en bonne compagnie tant cela le classerait socialement. Jamais dans notre histoire, si ce n’est peut-être à l’époque de l’évêque CAUCHON qui jugea Jeanne d’ARC il n’y a eu un tel effort de la part des élites pour détruire l’identité française.
Depuis 1974 (encore GISCARD), la France a connu une très forte immigration, et tout le monde sait qu’il est très difficile d’intégrer une population nouvelle, surtout si elle est de civilisation différente, s’il n’est pas fait un effort constant d’assimilation de ces populations à la culture locale. Nos élites, toujours elles, guidées par ce qu’il faut bien appeler la haine de leur propre pays, ont cependant tout fait au nom du multiculturalisme pour que ces nouveaux entrants ne s’assimilent jamais. Et du coup les français ne se sentent plus chez eux et voient pointer des risques de guerre civile.
 
Et pour mieux détruire les solidarités locales, condition essentielle pour que cette volonté de vivre ensemble perdure, nous sommes devenus une société complètement étatisée. Plus rien n’est décidé à l’échelle locale. Durant les 50 dernières années (encore et toujours GISCARD), la part de l’État dans le PIB est passée d’un peu plus de 30% à plus de 57 %, ce qui veut dire en termes simples que nous sommes devenus un pays socialiste. Et le socialisme et le communisme amènent toujours et partout à une insupportable tristesse accompagnée d’une totale laideur. Je me souviens de l’atmosphère qui régnait en Allemagne de l’Est, en Hongrie, en Russie, en Roumanie avant la chute du mur de Berlin et elle était d’une pesante tristesse. Et qui plus est, tout était laid, les nouveaux immeubles, l’art officiel, les habits des hommes et surtout des femmes, les vitrines des magasins, tout était hideux et puait la pauvreté. Vivre sans espoir d’amélioration et dans des lieux qui sont laids engendrent rarement une grande gaieté. Et il faut bien dire qu’une grande partie de la population française, chassée de ses terres d’origine, vit dans la laideur et sans espoir que son sort s’améliore et cela tout simplement parce qu’une partie gigantesque de notre économie vit sous un régime socialiste et ou communiste…
 
Ce qui m’amène à une autre question : pourquoi le socialisme et le communisme engendrent ils toujours pauvreté et laideur ? La réponse est toute simple : parce que les décisions y sont prises de façon collective, en général par des comités. Et comme le disait CHURCHILL : "un chameau est un cheval pur-sang dessiné par un comité". Et le chameau est un animal abominablement laid, qui n’est utile que si vous avez à traverser un désert, ce qui n’arrive pas tous les matins.
Mais la réalité est simple : Il n’est de bonheur que dans la prise de risque individuelle, qui sera suivi par la réussite ou par l’échec, cela n’a aucune importance. Car seul l’individu crée, il n’y a pas de création collective et il n’y en a jamais eu. En fait, le collectivisme lui empêche toute création et donc tout sentiment de bonheur puisque créer c’est être l’égal de Dieu. Les Français ne peuvent plus créer de beauté là où ils sont, le socialisme ambiant les en empêche. Et cela les rend malheureux.
 
Ce qui m’amène bien sûr à une autre constatation. S’ils ne peuvent plus créer, il faut leur offrir un autre sentiment de remplacement. Et ce sentiment c’est la recherche éperdue de l’égalité entre tous qui est une impossibilité puisque nous sommes tous différents. Et donc, le socialisme et le communisme reposent sur une force et une seule : l’envie. La société que prône les PIKETTY de ce monde est une société moralement immonde, car, de tous les péchés capitaux, "l’envie" est le seul qui ne connaisse pas de satisfaction objective. Pour les autres, il existe des satisfactions : le glouton peut bouffer à s’en faire exploser la sous ventrière, l’avare accumuler autant d’or qu’il le peut, le dissolu connaitre autant d’aventures qu’il trouve de volontaires, pour l’envieux, rien ne le satisfera, jamais, et son cri de guerre est "Ce n’est pas tout de réussir dans la vie, encore faudrait-il que mes amis échouent", car il trouve sa satisfaction dans l’échec des autres. Et même si celui que vous enviez connait les pires malheurs, vous ne vous en sentirez pas mieux pour autant…
Mais il y a plus.
Comme l’a montré le sociologue allemand Helmut SCHOECK dans son livre "L’envie, ou l’histoire du mal", une société fondée sur l’envie ne peut pas ne pas se désagréger car l’envie comme principe organisateur de la vie en commun empêche tout lien social de se créer, et du coup, tout le monde est malheureux…Car l’envie enchaine les gens et les empêche d’être libres et donc de créer. Et une société qui ne crée plus, meurt, toujours et partout.
 
Ce qui m’amène à une troisième constatation fort bien mise en lumière par SOLJENITSYNE.
"Dans une société, si les hommes sont égaux, ils ne sont pas libres et s’ils sont libres, ils ne sont pas égaux". Et donc, les pauvres français, sous la conduite de leurs élites ont changé leur cri de guerre de "de l’Audace, toujours de l’Audace" en "Celui qui est au-dessus de moi est haïssable et celui qui est en dessous méprisable".
En termes clairs, et pour reprendre les analyses de SCHOECK, les français sont tombés sous l’emprise du Mal, car l’envie a toujours été le péché du plus beau des archanges, Lucifer. Il était le plus beau, mais Dieu lui était supérieur et cela était insoutenable Et ce n’est pas par hasard si le Mal est au cœur de l’œuvre de René GIRARD qui mit à jour les deux phénomènes structurants par lesquels le Mal se propage, le mimétisme d’appropriation (je veux avoir ce que possède celui que j’admire) et la crise du bouc émissaire (où toute la société se ligue contre un seul homme pour le tuer ou l’exiler alors même qu’il est innocent et que tout le monde le sait). Mais cette exécution, toujours violente, permet à la société de retrouver temporairement une unité factice (Voir "la violence et le sacré" ou "J’ai vu tomber Satan comme l’éclair" du même auteur).
 
Quelque part, les Français sont malheureux parce que l’on a remplacé dans leur société le dixième commandement : Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni rien de ce qui est à ton prochain", par le cri de guerre du socialisme : "à l’origine de toute fortune, il y a un crime, et ce crime c’est l’exploitation de l’homme par l’homme". 
La sagesse millénaire du Peuple Juif nous dit : "Ne regarde pas ce que les autres ont dans leur assiette.". Le Marxisme nous dit lui : non seulement tu dois regarder ce que les autres ont dans leur assiette, mais tu dois créer un groupe, un parti, pour reprendre violemment si nécessaire ce que ton voisin en a trop dans son assiette.
Voilà qui est en contradiction directe avec les dix commandements qui définissent les règles pour qu’une société puisse fonctionner pour les remplacer par d’autres fondées sur l’envie et qui elles permettront bien sûr de mentir, de voler, de tuer, de spolier et tout cela avec les meilleures intentions du monde…
 
Ce que je veux dire est encore une fois très simple : Ce dixième commandement est unique, car aucune législation au monde n’a encore émis une loi qui condamne les mauvais désirs ou les projets néfastes, qu’une personne peut cultiver ou élaborer dans son cœur. Cet ordre condamne le désir d’intention, c’est à dire la préparation avant le passage à l’acte, en d’autres termes les projets conçus ou mis en place dans la pensée d’un individu pour s’approprier ce qui ne lui appartient pas. Et ce que nous dit le décalogue est que c’est moi et moi tout seul qui doit lutter contre ce sentiment ignoble et que mon bonheur sur cette terre est à ce prix. Et ce que nous dit le socialisme c’est tout le contraire : que ce sentiment dégradant entre tous est légitime.
L’envie fait perdre à chacun sa Liberté individuelle et son Libre Arbitre. Le but de ma vie n’est plus de me "connaitre moi-même", comme le voulait SOCRATE mais de me définir par rapport à un autre, que je ne serai jamais. Et cela ne peut engendrer que le malheur et la stérilité.
Et là, comme JF REVEL, j’en veux beaucoup aux intellectuels occidentaux.
 
Le XXème siècle a engendré deux idéologies épouvantables le nazisme et le marxisme.
Après la défaite du nazisme, nous avons procédé à une vraie décontamination intellectuelle de cette maladie mentale.
Pour le Marxisme, qui a fait au moins autant de morts, nous n’avons jamais connu l’équivalent du procès de Nuremberg et du coup, les esprits faux qui le professent continuent à empoisonner tous ceux qui les écoutent.
Mais leur objectif a changé et pour le comprendre, il faut revenir à l’essence du Marxisme : la liberté individuelle, le libre arbitre n’existe pas, ma pensée est créée par mon environnement social et par lui seul. Autrefois, si j’étais riche, je pensais comme un riche et donc ma pensée était irrecevable. Aujourd’hui ce n’est plus être riche qui compte mais être blanc. Si je suis blanc, je n’ai rien à dire. Car, si je suis un homme blanc et éduqué, je continuerai à défendre les institutions qui ont permis aux hommes blancs éduqués de dominer le monde, comme la liberté d’expression par exemple ou le refus du crime de blasphème. Et si je suis un homme noir qui pense que ces idées ne sont pas si mauvaises, alors je me ferai traiter "d’Oncle Tom" par tous ces gens dont l’âme est laide. Et si je suis une femme, on me dira que je trahis la cause de l’égalité entre homme et femme…
Dans tous les cas de figures, mes idées deviennent irrecevables et doivent être censurées pour me contraindre au silence.
Et donc les idées qui ont dirigé ma vie : acceptation de la contradiction, méthode scientifique, laïcité, égalité de l’homme et de la femme, interdiction de l’esclavage, responsabilité des élites devant le pays et que sais-je encore cessent de ce fait d’être des absolus qui nous ont permis de sortir de la misère et de la tyrannie pour devenir des idées contingentes qui ne sont après tout que celles développées par quelques vieux mâles blancs il y a bien longtemps.
Et comme une bonne part de ces idées a été développée en France à un moment ou à un autre de son Histoire, le peuple de France, sans très bien comprendre pourquoi sans doute se sent d’une tristesse infinie tant il a l’impression que dans le fond, la France, ce n’est rien de bien spécial.
Et les français meurent de désespoir parce qu’ils sont tombés sous l’influence du Mal.

Paru sur institutdeslibertes.org, 4 novembre 2019

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