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GAVE Charles

GAVE Charles

Né le 14 septembre 1943
4 enfants


Economiste et financier

Président Fondateur de l'Institut des Libertés (www.institutdeslibertes.org)


Diplômé de l'université de Toulouse (DECSS d'économie)
     et de l’université de Binghamton (MBA),

Président Fondateur de Gavekal research (www.gavekal.com) et de Gavekal securities (Hong Kong)
Membre du conseil d'administration de SCOR
Co-fondateur de Cursitor-Eaton Asset Management (Londres) (1986)
Créateur de l'entreprise Cegogest (recherche économique) (1973)
 
Ouvrages
Charles Gave s'est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire :
Des Lions menés par des ânes (Editions Robert Laffont) (2003)
     où il dénonçait l'Euro et ses fonctionnements monétaires.
     Ouvrage préfacé par Milton Friedman
Un libéral nommé Jésus, Bourin, 2005
C'est une révolte ? Non, Sire, c'est une révolution. L'intelligence prend le pouvoir, Bourin, 2006
Libéral, mais non coupable, Bourin Éditeur, 2009
'Etat est mort, vive l'état - Editions François Bourin 2009
     Dernier ouvrage qui prévoyait la chute de la Grèce et de l'Espagne. 

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Retour sur les élections...

Publié dans Du côté des élites
Jamais deux sans trois, retour sur les élections européennes
 
J’ai lu avec un manque d’intérêt considérable, (comme Jules Renard, j’ai presque envie de dire "d’un derrière distrait "), nombre d’articles sur le résultat des élections européennes. La quasi-totalité de ces papiers semblaient se donner un mal de chien pour ne pas voir l’éléphant dans le corridor. Et cet éléphant, c’était bien sur la complète disparition de ce qu’il était convenu d’appeler autrefois les partis de gouvernement c’est à dire les socialistes et les gaullistes.
Revenons en arrière de quelques décennies…
Ces deux formations et leurs satellites (communistes pour les socialistes, centristes pour les autres), tout additionné, faisaient 80 % des voix. Les premiers étaient censés défendre le prolétariat, les seconds la France éternelle… Aujourd’hui en additionnant les voix de tous ces partis, on arrive péniblement à 20 % et encore…
Ce qui est bien normal : depuis trente ans, la gauche a trahi le Peuple tandis que la droite a trahi la Nation et donc leurs électorats les ont logiquement abandonnés. Et pourquoi toutes deux ont-elles trahi leur électorat ? Pour servir une idée de l’Europe censée être supérieure et aux peuples et aux nations, idée qui est en train de s’écrouler. Ils n’ont que ce qu’ils méritent et c’est une des beautés de la Démocratie que de pouvoir se débarrasser des incapables, ce qui s’est confirmé lors de ces dernières élections.
Le lecteur va se dire à ce moment du raisonnement : "et donc tout va bien, des forces nouvelles sont en train de naitre et tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes"
Je n’en suis pas si sûr, en fait, je suis certain du contraire : rien de nouveau n’a émergé lors de ces élections.

Revenons à une analyse que j’ai souvent présentée par le passé et qui n’est guère originale : la France est un pays où la Démocratie a été capturée par une élite administrative autoproclamée. Ce groupe, n’a qu’un but, maintenir son contrôle sur le pays sans que des élections puissent remettre en cause leur pouvoir de "classe", pour parler comme un marxiste.
Notre démocratie est en fait un théâtre d’ombres où les électeurs avaient le choix entre Fabius et Rocard d’un côté et Giscard ou Chirac de l’autre, ce qui ne présentait guère de différences. En fait, il n’y avait aucune différence à l’intérieur de chaque parti et aucune différence non plus d’un parti à l’autre.  Quoi que l’on ait commandé, on avait toujours un big Mac. Car, si l’un des lecteurs voit la moindre différence entre Juppé et Fabius ou entre Giscard et Macron, ou entre Chirac et Rocard qu’il veuille bien m’écrire pour me libérer de mes erreurs. Et donc, la moitié de cette élite se disait de gauche, l’autre de droite et les élections ne changeaient jamais rien. Comme le disait Coluche, si les élections changeaient quelque chose, elles auraient été interdites depuis longtemps. 
Car cette classe sait mieux que quiconque que la Démocratie est chose difficile à contrôler tant les citoyens peuvent se montrer incompétents. Pour pouvoir rester au pouvoir, elle a donc suivi depuis des décennies le "projet" de Jean Monnet : Affaiblir la Nation et court-circuiter la Démocratie en transférant toutes les souverainetés à des technocrates non élus (c’est-à-dire à leur classe), pas au niveau national, ce qui aurait été trop visible, mais au niveau européen.  (Voir le dernier livre de Philippe de Villiers qui porte sur ce sujet).
Mais nos chères élites ont eu la peur de leur vie quand nous avons eu tour à tour les peuples en Grande-Bretagne votant pour le Brexit, et aux USA pour Trump. Panique à bord ! A donc été prise d’abord la décision de fusionner tous leurs partisans en un seul parti, détruisant de ce fait le mythe de l’opposition entre les deux partis des gouvernements, ce qui n’était guère difficile tant plus personne n’y croyait, à l’exception bien sur des journalistes payés pour maintenir cette croyance. Pour donner quelque crédibilité à ce tour de bonneteau, il leur fallait faire surgir un homme neuf, issu de leur caste, ce qui fût fait, Et c’est là où nous en sommes….

Mais dans la presse aux ordres, nul ne répond jamais à la question : pourquoi les anciens partis de gouvernement ont-ils échoué ? La réponse est bien sûre : parce qu’ils ont suivi une politique idiote.  Mais, si cette classe est restée au pouvoir (ce qui est le cas) et continue à suivre la même politique (ce qui est aussi le cas), il est à peu près certain que l’échec va être au rendez-vous à nouveau. Comme le disait Einstein, "la définition de la folie est de faire toujours la même chose en espérant à chaque fois un résultat diffèrent."
Et donc, il faut se poser la question : En quoi leur politique était idiote ? La réponse est simple : parce qu’ils méprisent les choix individuels qui n’existent que s’il y a des prix libres.
Dans un premier temps, ces grands esprits ont décidé de supprimer l’un des prix les plus importants, le taux de change, en créant l’Euro, pour que nous devenions tous des allemands. Ce qui a détruit les industrie française et Italiennes au bénéfice de l’Allemagne.
De 1975 à 2000, France et Allemagne ont le même taux de croissance de leurs productions industrielles. Comme la France est moins efficace que l’Allemagne, le DM double par rapport au Franc pendant cette période, ce qui permet de protéger les entreprises françaises contre les imbécillités des politiques, en laissant le taux de change s’ajuster.
Arrive l’Euro. L’Allemagne, qui ne souffre plus de la concurrence française voit sa production augmenter de 30 % tandis que la nôtre baisse de 5.1% … Les entrepreneurs n’étant plus protégés par le taux de change, leur rentabilité s’écroule et avec elle, la production industrielle. Mais comme la production industrielle s’est écroulée, il faut la remplacer par quelque chose qui ne souffrira pas de la concurrence allemande, c’est-à-dire les dépenses étatiques. Ce qui est fait.
De 1989 à 2000, production industrielle et dépenses étatiques montent de pair.
Depuis 2000, c’est à dire le début de l’Euro, la production industrielle française s’est écroulée tandis que les dépenses gouvernementales s’envolaient. Et comment ces dépenses ont-elles été financées ? Par une émission de dettes sans précédent en France pendant une période de paix, la dette brute passant de 70 % du PIB à 110 % aujourd’hui.
Mais si la France payait des taux de marché sur cette dette (environ 3 %) et comme cette dette est détenue à 70 % à l’étranger, cela voudrait dire qu’il nous faudrait payer une "rançon" d’environ 2 % du PIB chaque année. Et comme le PIB ne croit que de 1.5 %, cela impliquerait une baisse constante du pouvoir d’achat de chaque français d’environ 0.5 % à 1 % par an.
Qu’à cela ne tienne, la BCE arrive au secours et décide d’acheter des obligations des états membres, (dont la France) et de coller les taux d’intérêts à zéro. Du coup, servir les nouvelles dettes ne coute plus rien. Ce qui veut dire que la charge de financer le déficit retombe sur les épargnants et retraités français. D’où les gilets jaunes.
Mais cela veut dire surtout qu’il n’y a plus de prix de marché ni pour le taux de change ni pour les taux d’intérêts et que donc notre système de prix est complétement et irrémédiablement faussé.
Nous sommes de retour en Union Soviétique. La création destructrice ne peut plus avoir lieu. Et donc l’économie de la zone Euro va se casser la figure, ce que semble confirmer les indicateurs économiques avancés de l’OCDE. Et la situation apparait bien pire en Italie.
Monsieur Macron va se retrouver devant une récession européenne accompagnée sans aucun doute par une nouvelle crise de l’Euro (CF l’étude récente du FMI à ce sujet). Cette nouvelle crise va amener à une totale perte de légitimité de ceux qui ont soutenu ce projet débile depuis le début.
Et nul n’a plus soutenu ce projet contre nature en le qualifiant de "progressiste" que monsieur Macron. Dans les faits, le projet que porte monsieur Macron est à l’évidence de gouverner et contre le Peuple et contre la Nation, ce qui n’a jamais gêné les bourgeois. Mais, dès que ces bourgeois vont se rendre compte qu’ils perdent de l’argent avec monsieur Macron, ils vont tous quitter le navire, en même temps.
Et donc le prochain écroulement de la fusion des anciens partis de gouvernement qui porte le nom de LREM, et qui reste le seul porteur du désastreux projet européen en France, c’est à dire le parti du Président, est inévitable, et à mon avis, cela se passera avant les élections de 2022, surtout si les Italiens décident que la plaisanterie a assez duré.
Se maintenir au pouvoir quand on sert les intérêts de l’étranger et que l’on on est à la fois incompétent et illégitime a toujours été difficile dans notre pays.
Paru sur www.institutdeslibertes.org, 17 juin 2019

Pour qui vraiment voter ?

Publié dans Avec l'Europe
Pour qui allez-vous vraiment voter lors des Elections Européennes ?
 
Dans moins d’un mois, les élections européennes vont avoir lieu, et comme toujours en France, les media essayent de vous faire croire qu’il s’agit d’une élection comme une autre, où vont s’opposer une fois encore Madame Le Pen et le Président Macron, les Républicains jouant leur rôle habituel de cocu enfermé dans le placard et qui loupe les moments intéressants à chaque élection.
Bien entendu, il s’agit-là d’une foutaise totale.
Les Français vont voter à la proportionnelle pour des députes dont la plupart feront partie ensuite de groupes au Parlement Européen. Et je peux avoir envie de voter pour le groupe de monsieur Salvini ou monsieur Orban en tant que citoyen français puisqu’il s’agit d’une élection européenne et que ces hommes se sont alliés dans ces groupes à des partis politiques français. Ce qui me force à voter pour cet allié, si j’aime bien monsieur Salvini… Dans ce cas de figure, je ne vote pas pour le Rassemblement National, mais pour le groupe auquel appartiennent et le RN et la Ligue du Nord.
 
Dans le papier de cette semaine, je veux donc d’abord rappeler à quel groupe vont se rattacher les différentes listes qui vont se présenter aux suffrages des français pour ensuite préciser très brièvement quels sont les pouvoirs dudit Parlement et en quoi ces élections sont importantes.
Commençons par les groupes représentés au Parlement sortant, par ordre d’importance.
 
En italiques, mon commentaire sur ce que j’en pense, au cas où cela intéresserait le lecteur.
 
Le premier en nombre est le parti populaire européen ou PPE
qui compte 217 élus soit 29 % des députés.
Les principaux partis nationaux représentés sont l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU), avec 29 membres auxquels il faut rajouter 5 membres de la CSU, la Plate-forme civique (PO) polonaise avec 18 membres, le Parti populaire (PP) espagnol avec 17 membres, les Républicains (LR) français avec 16 membres et le Fidesz-Union civique hongroise (Fidesz-MPSz) avec 11 membres. Il est bien entendu présidé par un allemand. Voilà un groupe qui va perdre nombre d’élus tant on ne voit pas très bien pourquoi les Hongrois devraient y rester et tant il est certain que CDU, CSU, Républicains et le PP espagnol vont perdre de nombreux sièges.
Si vous votez pour la liste Républicaine menée par Bellamy, c’est pour ce groupe que vous voterez. Or les députés PPE ont toujours soutenu avec enthousiasme tous les transferts de souveraineté de chaque pays vers les institutions européennes. Ils ont aussi voté en faveur de toutes les lois portant sur les changements sociétaux touchant à la famille, la filiation, l’immigration etc… Le dernier exemple en date de ces trahisons ayant été le Traité de Marrakech, approuvé par 17 des 18 députés européens dits Républicains (Seule Nadine Morano votant contre). Dans le fond, monsieur Bellamy sert de faux nez pour maintenir l’électorat "Versaillais" chez les Républicains et dès qu’il sera élu, on lui dira de laisser travailler les grandes personnes et il fera ce que lui diront les allemands.
 
Vient ensuite l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen (S&D) : le centre gauche
Les Sociaux-Démocrates.
Deuxième force politique au Parlement européen avec 187 sièges (25% des eurodéputés), le groupe S&D compte lui aussi des députés européens issus des vingt-huit Etats membres. Également présidé par un allemand. Les cinq formations politiques qui y sont les plus représentées sont les suivantes : le Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD) avec 27 membres, le Parti démocrate (PD) italien avec 26 membres, le Parti travailliste britannique (Labour) avec 20 membres, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) avec 13 membres, le Parti social-démocrate (PSD) roumain et le Parti socialiste français (PS) avec 10 membres chacun.
Le S&D va sans doute connaitre un véritable effondrement du nombre de ses députés tant les partis socialistes nationaux se sont ratatinés partout. J’imagine que peu de lecteurs de l’IDL s’intéressent à monsieur Glucksman, et donc mes commentaires seront limités au fait qu’il ne faut pas tirer sur une ambulance.  
 
Conservateurs et réformistes européens (CRE) : la droite eurosceptique
Avec 75 membres siégeant au Parlement européen (10% des eurodéputés), le CRE est le troisième groupe le plus important de l’hémicycle. Il regroupe un ensemble d’eurodéputés provenant de partis européens d’orientation eurosceptique du point de vue politique et libérale d’un point de vue économique. Co-présidé par le Britannique Syed Kamall (Parti conservateur) depuis juillet 2014 et le Polonais Ryszard Legutko (PiS) depuis juillet 2017, ses membres sont originaires de 19 pays de l’UE. Les principaux partis représentés y sont les suivants : le Parti conservateur britannique (Tories) avec 18 membres, le parti polonais Droit et justice (PiS) avec 14 membres, l’Alliance néoflamande (N-Va) belge (4 membres) et le Parti populaire danois (DF, 3 membres). Aucun parti français n’y siège.
Le poids des Conservateurs britanniques va s’effondrer, peut-être remplacés par des bataves ou des Polonais. Certainement mon groupe préféré avec monsieur Hannan, brillantissime. A ma connaissance, ces idées n’intéressent personne en France. 
 
Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE) : Les Fédéralistes
L’ADLE regroupe 68 eurodéputés (9% de l’ensemble) issus de 21 Etats membres de l’UE. Depuis juillet 2009, l’ADLE est présidée par l’ex-Premier ministre belge Guy Verhofstadt C’est là que siège le Modem. Et c’est là que siègeront les élus "En Marche"
Les fanatiques de la construction européenne, présidé par un ex premier ministre Belge.
Les deux parties de la Belgique sont incapables de se mettre d’accord sur quoi que ce soit, et Mr. Verhofstadt veut exporter ce désastre au reste de l’Europe. Comprenne qui pourra…
Le groupe de ceux qui pensent que notre Président a tout compris, que Madame Loiseau a du charisme et que monsieur Barnier a servi son pays avec beaucoup de compétence.
 
Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL) : Les anciens cocos
Tous, ou presque, soutiens enthousiastes de Cuba, du Venezuela. C’est la que siège notre France insoumise. Se disent de gauche mais sont plutôt…ailleurs, surtout dans leurs têtes. En général, ils ont un rapport très difficile à la réalité.
 
Verts/Alliance libre européenne (Verts/ALE) : Le groupe des pastèques
Verts à l’extérieur, rouges à l’intérieur.  Les garçons de plage et les diplômés en sociologie qui sont contre le progrès technique. Pas ma tasse de thé.
 
Europe de la liberté et de la démocratie directe (ELDD) :  Les souverainistes presque fréquentables… 
L’ELDD compte 41 membres (5% des eurodéputés) issus de la droite populiste de 7 Etats membres. Le groupe est présidés par Nigel Farage (indépendant, ex-UKIP) depuis janvier 2017. Les principales formations politiques de l’ELDD sont le Mouvement 5 Etoiles (M5S) (Italie, 12 membres), le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP, 3 membres), Debout la France (DLF, 2 membres) et Les Patriotes (LP, 2 membres). Le Royaume-Uni y compte par ailleurs 10 eurodéputés auparavant membres de UKIP, qui l’ont quitté après la démission de son ancien président Nigel Farage fin 2018.
Je ne sais pas trop quoi dire sur ce groupe qui n’existait que grâce à Farage. Pourrait bénéficier d’une hausse des élus chez cinq étoiles. Le parti des patriotes ne devrait pas avoir d’élu quant à monsieur Dupont-Aignan qui ne représente guère que lui-même, il est loin d’être certain qu’il aura des élus. Logiquement ce groupe devrait disparaitre et ses membres rejoindre l’ENL ou le CRE.
 
Europe des Nations et des Libertés (ENL) : les Méchants, dont le nombre devrait s’accroitre énormément. 
Il s’agit du plus petit groupe du Parlement européen avec 37 membres (5% des députés européens) originaires de 8 pays de l’UE. Co-présidé par le Néerlandais Marcel de Graaf (PVV) depuis juin 2015, rejoint par le Français Nicolas Bay (RN) en septembre 2017 en remplacement de Marine Le Pen (devenue députée française), ce groupe devrait surfer sur la vague populiste. Les principaux partis politiques qui y siègent sont le Rassemblement national (RN) (France, 14 membres), la Ligue du Nord (LN) (Italie, 6 membres), le Parti pour la liberté (PVV) (Pays-Bas, 4 membres), le Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ, 4 membres) et le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) avec 3 membres qui ont rejoint l’ENL en janvier 2019.
C’est ce groupe dont le nombre devrait exploser et qui pourrait changer une fois pour toutes les rapports de puissance entre le Parlement et la Commission surtout s’il s’allie avec le CRE.
 
Non-inscrits (NI)
Au nombre de 22 (3% de l’hémicycle européen) originaires de 9 Etats membres, ces eurodéputés n’appartiennent à aucun groupe au Parlement européen (un groupe politique doit comprendre au moins 25 députés élus dans au moins sept pays.
Rien à dire. 
 
Résumons-nous
- Les chrétiens-démocrates, les fromages blancs, comme les appelait de Gaulle vont perdre beaucoup.
- La gauche sociale-démocrate va s’effondrer.
- Les fanatiques européens de l’ex premier ministre Belge n’ont pas le vent en poupe.
 
Or la somme de ces trois groupes assurait une majorité au Parlement pour la technostructure Bruxelloise puisque ces braves gens ne votaient pour ainsi dire jamais contre ce qui était proposé, le risque étant trop grand pour chaque député de ne plus être sélectionné pour la mandature suivante. Hélas, cette fois-ci seront élus ceux qui se sont opposés à la Commission, et non plus les béni oui-oui.  Les élus dociles vont être battus, voilà un mauvais signe pour la technostructure.
Et donc, les élections qui sont toutes proches sont extraordinairement importantes car nous allons avoir en fait l’un ou l’autre de ces trois résultats.
- Les trois groupes qui dominent l’Europe depuis ses débuts gardent la majorité. Si cela se produit, nous aurons une intense poussée des milieux trans-nationaux pour imposer le fédéralisme maintenant et sans possibilité de retour. Ce qui me fait penser à la phrase de Dante sur les portes de l’enfer "abandonnez tout espoir, vous qui entrez ici". Je repars pour Londres.
- Le parlement est scindé en trois, fromages blancs, gauchistes, populistes et tout se bloque. Plutôt sympathique comme résultat, mais rien n’est acquis.
- Les "populistes" sont majoritaires et là, la situation devient intéressante, puisque le Parlement devra élire le successeur de monsieur Juncker, qui pour une fois ne sera pas désigné par la Commission. Au dernier vote, il n’y avait qu’un seul candidat, Mr. Juncker, ce qui ressemblait beaucoup à l’élection du Président du Soviet Supreme.  Imaginons que le Parlement élise monsieur Farage, ce serait à mourir de rire…
Ou mieux encore que le Parlement décide qu’il est temps d’organiser au niveau Europeen un referendum sur l’immigration. On voit mal monsieur Macron refuser…
Le Parlement pourrait aussi retirer à la Commission le privilège de fixer l’ordre du jour du Parlement ainsi que le quasi-monopole de la rédaction des directives et la Commission se retrouverait au chômage technique, c’est-à-dire que nous aurions atteint le but désiré, faire sortir Bruxelles de l’Europe, pour se retrouver entre nous en dehors de la présence de ces sinistres technocrates qui veulent nous empêcher d’être différents.
 
Dans le fond, la seule chose à faire en Europe est le BRUXIT : Il ne faut pas sortir de l’Europe, il ne faut pas détruire l’Europe, il faut simplement sortir Bruxelles et la technocratie de l’Europe, et c’est tout. Virer les technocrates et se retrouver entre citoyens, voilà le but.
Et donc, chaque citoyen qui votera pour les Républicains votera pour ceux qui trahissent la Démocratie et la Nation depuis toujours, tandis que s’il vote pour LAREM, il votera pour ceux qui veulent à la fois trahir la Démocratie, la Nation et le Peuple.
 
Une étude récente vient en effet de montrer que ceux qui méprisent le plus la Démocratie sont les centristes, tandis que ceux qui la défendent sont les gens d’extrême droite ou d’extrême gauche. En tout cas, c’est ce que montre les élections en France depuis longtemps puisque le but du "centre" depuis toujours a été de s’allier avec la droite de la gauche pour empêcher la droite d’être représentée.
Puisque la gauche de gouvernement n’existe plus en France, ce serait une bonne chose pour la Démocratie si le centre n’allait pas voter cette fois ci. On se retrouverait entre gens intelligents.

Paru sur institutdeslibertes.org, 6 mai 2019

J’Accuse …

Publié dans Du côté des élites
J’Accuse ….
 
Tout le monde se souvient de l’article dans l’Aurore où Zola prenait la défense de capitaine Dreyfus. L’idée centrale de l’article était que la Justice était supérieure à tout et que rien ne pouvait justifier qu’un homme soit déshonoré, avili, et maintenu en prison alors qu’il était innocent.
Eh bien, je soutiens qu’aujourd’hui nous avons des milliers de Dreyfus un peu partout dans le monde, dont la vie et la carrière furent brisées comme le furent celle du capitaine Dreyfus, que les coupables sont des journalistes, et que cela se passe sans qu’il y ait eu le moindre procès. Et les victimes ne peuvent même pas faire appel.
Pour mieux expliquer ce que je veux dire, revenons en arrière.
 
La civilisation Judéo-Chrétienne a ceci d’admirable que la frontière entre le mal et le bien passe à l’intérieur de chacun d’entre nous et non pas en dehors.
Cela nous est expliqué dès les premières lignes de la Bible : après avoir mangé la pomme de la connaissance, Adam et Eve se virent nus, c’est-à-dire fragiles et mortels. Mais en comprenant ce qui pouvait leur faire du mal à eux, ils comprirent instantanément aussi comment faire du mal aux autres. De la prise de conscience que nous sommes mortels et vulnérables est donc née l’idée que nous pouvons tuer les autres ou leur faire du mal.  Et c’est à cet exact moment que le serpent, le Malin, entre dans l’histoire du monde, à l’instant même où nous sommes devenus conscients de notre propre vulnérabilité. Cette idée, que je trouve très forte, n’est pas de moi mais de Jordan Peterson. Et elle implique que chacun d’entre nous peut être en même temps ou à tour de rôle un salaud ou un saint, un héros ou un couard…
 
Et le Christ de nous dire "ne jugez pas si vous ne voulez pas être jugé", ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas condamner, mais qu’en aucun cas il ne faut juger que l’autre est mauvais dans son essence. Un homme peut être coupable, et donc soumis au châtiment, mais jamais il ne peut être totalement mauvais. Le péché est haïssable, le pécheur jamais.
C’est ce qu’avait compris de Gaulle quand le Père Bruckberger vint lui demander la grâce de Joseph Darnand, immense héros de la guerre de quatorze et chef de la milice. Il répondit à Bruck, après avoir refusé de commuer la peine, "Dites-lui en tout cas que je suis obligé de le faire fusiller par raison d’État, mais que de soldat à soldat, je lui garde toute mon estime." Darnand était condamné, mais pas jugé, le jugement n’appartient qu’à Dieu.
Sur cette base, où des condamnations ont lieu mais où personne ne prononce un jugement sur l’essence de chaque individu, on peut construire une société véritablement humaine car le pardon, le repentir et la miséricorde y sont possibles.
 
Mais la dérive de nos sociétés aujourd’hui amène exactement à l’inverse : les crimes ne sont plus condamnés tandis que des jugements condamnant des individus sont portés au motif que ces personnes seraient fondamentalement mauvaises, tout simplement parce qu’elles ne sont pas d’accord avec ceux qui s’autorisent à juger leurs contemporains. Et ceux qui ostracisent leurs contemporains sont presque toujours des journalistes, qui se sont arrogés le pouvoir divin de juger de l’essence de chaque individu sans même que la faute ait été prouvée.
Et donc, aujourd’hui, des milliers d’hommes et de femmes ont été déshonorés, mais non condamnés, ce qui est bien pire que ce qui est arrivé à Dreyfus car, dans le monde dans lequel nous vivons, il n’y a ni appel, ni pardon, ni miséricorde, ni même nécessité de prouver le crime : l’homme qui a perdu son honneur ne peut le récupérer.
 
J’ACCUSE donc la classe médiatique d’avoir créée un monde inhumain et donc totalitaire en se transformant de fournisseur d’informations en ayatollahs. Dans ma jeunesse, le journaliste dans une première partie du journal ou de son article vous présentait les faits tels qu’ils avaient pu être établis, et dans une deuxième partie vous donnait son interprétation de ces faits et c’était très bien ainsi. Et donc la première étape était la collecte de l’information, la deuxième la mise en place du raisonnement du journaliste, sous tendu par les faits, que le lecteur pouvait consulter librement et la troisième, qui ne concernait que le lecteur, la formation d’une opinion que chacun pouvait effectuer librement.
Aujourd’hui, des procureurs que personne ne contrôle passent des jugements sans appel sans même que tous les faits aient été connus, et ces jugements sont toujours fondés sur l’argument d’autorité qui cherche à nous faire croire que le journaliste sait mieux que nous et que donc nous devons y souscrire.
Le résultat final est, qu’en tant que lecteur, je n’ai plus accès aux faits et donc je n’ai plus la possibilité de me former mon opinion librement. Je dois hurler avec les loups. On est passé en cinquante ans du trois étoiles au McDonald et l’on m’explique qu’il s’agit d’un progrès.
Et cette chute est le résultat de la déchristianisation de nos sociétés. Car, comme nous le savons tous, depuis un siècle, notre monde s’est déchristianisé à toute allure, et il s’est passé ce que Chesterton avait prévu lorsqu’il écrivait "Quand les hommes ne croiront plus en Dieu, cela ne voudra pas dire qu’ils ne croient plus en rien, cela voudra dire qu’ils croiront n’importe quoi"
Nous y sommes et les journalistes qui ne croient plus ni à Dieu ni à Diable se sont mis à croire n’importe quoi et en particulier qu’eux ils étaient bons et que leur tâche était de lutter contre le mal.
Ce qui revient à dire que la ligne entre le bien et le mal ne passe plus à l’intérieur de chacun d’entre eux (puisqu’ils sont bons) et que leur seul et unique devoir est de débusquer les défenseurs du Mal. Nous sommes passés d’un monde objectif à un autre, fondé sur la subjectivité de ceux qui ont le droit de s’exprimer. Nous sommes passés de la Démocratie à la théocratie ou les prêtres nous informent de ce que nous devons penser. En fait, nous sommes retombés dans le manichéisme le plus pur, d’un côté les bons, de l’autre les mauvais et c’est toujours à ce moment que commence le totalitarisme puisque les mauvais doivent être détruits.
Et donc, dès que des informations extraordinairement partielles, partiales ou incomplètes semblent justifier leurs préjugés, ces nouveaux chiens de garde attaquent en meute, non pas pour essayer de comprendre ce que celui qu’il faut bien appeler une victime a pu vouloir dire, mais pour le détruire.
 
Et pour détruire celui qui pense mal, ils utilisent deux armes, toutes les deux létales dans le monde des idées :
- Ils tournent en ridicule le peuple, qui pense rarement comme eux, en les traitant de "beauf" incultes et grossiers. C’est le traitement qu’ils font subir aux gilets jaunes en France, qui correspond aussi à l’appellation de "déplorables" dont madame Clinton avait affublé les électeurs de Trump et au nom "little englander", donné en Grande-Bretagne au partisan du Brexit.
- Pour les plus dangereux de ceux qui ne partagent pas leurs idées car ils savent s’exprimer par eux-mêmes et qui auraient émergé grâce à leurs propres talents, ils pratiquent l’excommunication, sans retour en grâce possible. Ces pauvres individus, accusés de racisme, de fascisme, d’islamophobie ou de tout autre péché mortel n’ont comme solution que de se suicider intellectuellement et de cesser de produire quoi que ce soit car ils ne seront plus jamais invités à aucun débat, leur carrière universitaire sera brisée et leurs livres ne bénéficieront jamais de la moindre recension.
 
Tourner en ridicule le Peuple, excommunier les opposants à la pensée unique en se servant du monopole sur les media officiels qu’ils se sont créés avec l’aide des puissances d’argent, tels sont les deux outils que ces "journalistes" utilisent pour assécher les maigres oasis qui essaient de continuer à exister ici ou là et pour survivre dans le désert intellectuel dans lequel nous vivons.
J’ACCUSE donc les journalistes payés par les media officiels d’être devenu le bras séculier de la pensée unique, à qui l’on livre les criminels pour qu’ils soient condamnés et exécutés sur la place publique. Ils sont devenus le sous-officier qui a brisé l’épée de Dreyfus et arraché ses galons.
Mais ce n’est pas tout : J’ACCUSE aussi certains journalistes d’avoir pris pour exemple le Colonel Henry qui fabriqua les fausses pièces à conviction qui accablèrent le pauvre capitaine Dreyfus. Car beaucoup d’entre eux, non contents de déshonorer ceux qui ne peuvent répondre, vont jusqu’à fabriquer de fausses "preuves" ou à utiliser des "preuves" dont ils savent qu’elles sont fausses ou incomplètes.
Et pour ajouter à leurs crimes, J’ACCUSE enfin bon nombre de journalistes d’être des Esterhazy qui tout en connaissant le vrai coupable, hurlent à la mort pour faire condamner un innocent.
Que le lecteur me permette de donner deux exemples de ces pratiques abominables, l’un immense, l’autre minuscule et qui tous deux viennent de se produire.
 
Depuis près de trois ans, la classe journalistique dans son immense majorité nous a certifié que le Président des Etats-Unis était arrivé au pouvoir avec l’aide de monsieur Poutine.
Et tout l’arsenal qui avait servi à faire condamner Dreyfus y est passé.
- Fabrication de fausses preuves et utilisation de ces fausses preuves pour faire espionner le Président et son entourage.
- Fuites "anonymes" vers des media complices, appuyées sur ces fausses preuves, tendant toutes à prouver la culpabilité du Président.
- Campagnes de presses reprenant des éléments dont tous les journalistes savaient qu’ils étaient faux, en partant du principe que la fin justifie les moyens et que, comme le Président était une ordure, mentir et tricher étaient non seulement permis mais recommandable, ce qui est une monstruosité. Car chaque homme est responsable des moyens qu’il a utilisé sans considération aucune des fins qu’il poursuivait, et dire ou recommander le contraire, c’est encore une fois la voie ouverte au totalitarisme.
- Protection des vrais coupables, c’est-à-dire les équipes de madame Clinton et madame Clinton elle-même, à qui rien ne fut jamais reproché…
- Utilisation de la justice pour essayer de forcer certains proches du Président qui avaient commis quelques peccadilles à charger le Président en contrepartie d’un allègement de leur peine.
 
Tous les composants de l’affaire Dreyfus sont là, et l’on retrouve les mêmes personnages sous des noms différents, Esterhazy (Steele, l’espion britannique), le Colonel Henry (Comey, le patron du FBI), le général Picquart (le ministre de la Justice Barr) etc… mais le combat est à front renversé : cette fois ci, les salauds sont tous à gauche et les honnêtes gens à droite. Mais qu’est que la gauche aujourd’hui puisqu’elle hait le peuple ?
L’opinion publique a plutôt soutenu Trump comme elle avait soutenu Dreyfus tandis que quelques media (Fox, Breitbart) reprirent le rôle de Zola et de l’Aurore et défendirent le Président, mais la majorité de la presse "institutionnelle", y compris la presse française, a endossé sans état d’âme le rôle qu’avait choisi l’Action Française de Charles Maurras.
Mais nous savons maintenant, grâce au rapport Mueller et au nouveau ministre de la Justice monsieur Barr, que le Président est innocent et que les foudres de la Loi vont tomber -enfin- et sur les vrais coupables et sur ceux dans les media qui ont été complices de la première tentative de coup d’état dans l’histoire des USA. La vérité l’emportera toujours sur le mensonge disait Jean-Paul II
 
Venons-en au minuscule exemple.
Un transsexuel est attaqué à Paris et la presse se déchaine immédiatement contre l’homophobie de la population française et cela sans même connaitre les coupables. Je suis moi-même très affecté puisque mon jeune frère était homosexuel et qu’il est mort du sida au début des années 90, ce qui acheva de tuer ma mère après perdu mon père aussi d’une longue maladie. Voilà qui réveilla chez moi des souvenirs très douloureux.
Les coupables sont trouvés, et ils sont musulmans.
En une journée, l’information sort de tous les journaux, tant tous nos héros du bien ont peur de pratiquer le fameux amalgame. Et pourtant, dans ce cas-là, ils devraient défendre les homosexuels, car il y a 17 pays au monde qui pratiquent la peine de mort pour homosexualité et ils sont tous musulmans. Les musulmans qui ont attaqué la victime n’ont fait que ce que le Coran leur enjoint de faire. Dénoncer l’homophobie présente partout dans le Coran devrait être un devoir sacré pour tous les défenseurs du bien. Hélas, défendre les homosexuels ne rapporte rien, mais dire du mal du Coran ou du prophète peut couter cher comme l’a montré l’exemple de Charlie Hebdo.  Certes, "Nous sommes tous Charlie", mais pas au point de les accompagner au cimetière. Et donc, non seulement beaucoup de ces journalistes ont menti en accusant sans preuve aucune la population française mais dès qu’ils ont su la vérité, ils ont couru se cacher… On songe aux Allemands qui pendant la guerre n’ont jamais vu passer les trains…  Ils sont comme les chacals, agressifs en groupe, mais lâches individuellement.
 
Que faire ? va me dire le lecteur… La solution est toute simple et existe en Grande-Bretagne. Les journalistes peuvent tout dire, tout écrire mais si ce qu’ils ont dit ou écrit est faux et diffamatoires, alors les tribunaux condamnent et le journaliste et son media sont littéralement ruinés par les dommages et intérêts payés à la victime. Cela n’empêche en rien la liberté de la presse, qui est sacrée, mais cela empêche assez efficacement les journalistes de détruire des vies et des carrières sans aucune preuve et sans que ces forfaits aient le moindre effet sur eux.
Voilà une réforme qui, pour une fois, serait utile.
Paru sur institutdeslibertes.org, 15 avril 2019

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