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GAVE Charles

GAVE Charles

Né le 14 septembre 1943
4 enfants


Economiste et financier

Président Fondateur de l'Institut des Libertés (www.institutdeslibertes.org)


Diplômé de l'université de Toulouse (DECSS d'économie)
     et de l’université de Binghamton (MBA),

Président Fondateur de Gavekal research (www.gavekal.com) et de Gavekal securities (Hong Kong)
Membre du conseil d'administration de SCOR
Co-fondateur de Cursitor-Eaton Asset Management (Londres) (1986)
Créateur de l'entreprise Cegogest (recherche économique) (1973)
 
Ouvrages
Charles Gave s'est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire :
Des Lions menés par des ânes (Editions Robert Laffont) (2003)
     où il dénonçait l'Euro et ses fonctionnements monétaires.
     Ouvrage préfacé par Milton Friedman
Un libéral nommé Jésus, Bourin, 2005
C'est une révolte ? Non, Sire, c'est une révolution. L'intelligence prend le pouvoir, Bourin, 2006
Libéral, mais non coupable, Bourin Éditeur, 2009
'Etat est mort, vive l'état - Editions François Bourin 2009
     Dernier ouvrage qui prévoyait la chute de la Grèce et de l'Espagne. 

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Vers un monde de ruptures

Publié dans De par le monde
Vers un monde de ruptures
 
Je suis bien embêté et le responsable est monsieur Trump.
Je m’explique.
Theodore Roosevelt, le Président US qui me rappelle le plus Donald Trump avait coutume de dire que la diplomatie était chose facile : il fallait parler doucement et se balader avec une grosse massue. Monsieur Trump, quant à lui parle très fort et distribue des coups de massue à droite et à gauche avec beaucoup d’abandon. A l’évidence, il veut foutre en l’air le cauchemar globaliste de Georges Soros et chacun peut voir qu’il y prend un grand plaisir.
Nous sommes en effet en train de changer de monde : jusqu’à monsieur Trump, nous vivions sur la croyance que les USA était une sorte de gentil "Hégémon" dont le rôle principal était de maintenir leur prééminence "diplomatique et culturelle" en acceptant de passer et de respecter des accords de coopération économique qui pouvaient parfois leur être défavorables mais le mythe restait que ce qui était bon pour la globalisation était bon "in fine" pour les USA.Avec le nouveau Président, tout cela est fini. Ses slogans "America first" ou "Make America great again" l’annoncent crûment. Le but de la nouvelle administration est de transformer l’ordre mondial pour qu’à nouveau, il soit d’abord favorable à l’économie américaine et donc aux entreprises quiproduisent aux USA, car il n’a guère de sympathie pour les "multinationales". Et il a décidé à l’évidence de se servir de toutes les armes dont les USA disposent, à l’exception peut-être des forces armées, ce qui est déjà un gros progrès sur ses prédécesseurs. Que le lecteur en juge en gardant en mémoire que le Président Trump a un but et un seul : faire monter la rentabilité des entreprises produisant sur le sol américain.
 
Par exemple :
- Le fameux Traité de Paris (qui n’en était pas un puisqu’il n’avait pas été entériné par le Sénat des Etats-Unis) imposait des obligations gigantesques aux Etats-Unis mais aucune à la Chine et à l’Inde, il en sort. Monsieur Erdogan met en prison un pasteur américain et ne veut pas le libérer ? Fort bien, la Turquie n’aura plus accès au dollar et du coup s’effondre économiquement. Le Président Obama avait signé un accord complètement idiot avec l’Iran ? Il l’annule et fait savoir que tous ceux qui commerceront avec ce pays ne commerceront plus avec les USA, et l’Europe de se coucher, en glapissant beaucoup cependant. Le principe est toujours le même : ou vous obéissez, ou le marché américain et l’accès au dollar vous sont fermés. Si quelqu’un a besoin de l’aide de USA, il doit donc venir la casquette à la main faire allégeance publique au suzerain et son cas sera-peut-être examiné avec bienveillance.
 
- Dans cet esprit, l’accès au dollar est rendu de plus en plus en plus difficile et des garanties juridiques doivent être donnée par tous ceux qui se servent du dollar telles qu’une acceptation totale de la prééminence du droit américain sur tout autre droit dès que le dollar est utilisé. Ainsi, les accords de paiement internationaux qui passent tous par Swift (le système de paiement international de droit belge) est forcé de suivre les diktats de Washington puisqu’une grosse partie des paiements ont lieu en dollar. Et donc, ou vous obéissez, ou vous ne faites plus de commerce international, voilà qui est simple.
 
- La protection militaire que les USA offraient à titre gratuit à nombre de pays, en particulier en Europe va soit cesser, soit devenir payante. Pour la protection de l’Europe, monsieur Trump aurait demandé à la chancelière allemande environ $ 300 milliards par an de "tribut" … elle aurait répondu que l’on ne discutait pas d’argent entre amis, ce à quoi le Président US aurait rétorqué qu’elle n’était pas son amie… Ambiance …
 
- Depuis des lustres, les USA vivent au-dessus de leurs moyens grâce au fameux privilège impérial qui leur permettait de payer leurs importations en donnant des billets verts plutôt qu’en donnant des marchandises, ce qui permettait à toute une série de pays du type de l’Allemagne de rester mercantilistes, en vivant en dessous de leurs moyens. Ce qui contribuait à la désindustrialisation des Etats-Unis. Trump leur fait savoir que s’ils ont besoin d’une demande pour acheter leurs produits, ils n’ont qu’à la créer eux-mêmes et qu’à partir de maintenant la demande américaine sera servie par des sociétés produisant aux USA, et voilà tout. Ce qui veut dire que les pays mercantilistes du style de l’Allemagne sont mal partis et vont devoir faire face à une forte baisse de la rentabilité de leurs sociétés, sauf bien entendu s’ils bâtissent à toute allure des usines aux USA.
 
Comme le lecteur peut s’en rendre compte, tout cela n’a rien à voir avec la "globalisation heureuse" de ce cher Attali. Le "parrain" est de retour et impose sa loi, sans considération aucune pour les états d’âme de ses vassaux. On est passé de tout ce qui est bon pour la globalisation est bon pour les Etats-Unis à : les USA vont mettre en œuvre ce qui est bon pour les USA et tant pis pour le reste du monde. Voilà qui a le mérite d’être clair.vJe ne dis pas : "c’est bien ou c’est mal". Je dis simplement "telle est la nouvelle réalité". Inutile de dire que les hommes de Davos sont ivres de rage… Mais du coup, cela rappelle à tout un nombre de pays qu’il existe une réalité essentielle en sciences politiques qui s’appelle la "souveraineté". (C’est la notion que le Président Macron déteste entre toutes. Ceux qui la soutiennent, d’après lui, sont atteints de "la lèpre" et "veulent la guerre".  Pauvre homme qui a l’évidence est totalement dépassé).
 
"Les Nations n’ont pas d’amis, elles n’ont que des intérêts" disait de Gaulle. Et du coup, un certain nombre de dirigeants qui ont cru aux promesses des Oints du Seigneur se retrouvent sans armée, sans indépendance financière, monétaire ou économique, ayant vendu leur droit d’aînesse pour un plat de lentilles.
Et donc le monde va se scinder en trois parties dont les formes se dessinent déjà
1 - L’Hégémon et ses vassaux.
2 - Les pays qui ont préservé une certaine souveraineté et qui vont s’organiser entre eux, Chine, Russie, Asie du Nord et du Sud Est.
3 - L’Europe de l’euro qui n’a plus ni armée ni indépendance économique et financière ni même une volonté d’exister et qui ne peut pas répondre au nouveau défi, empêtrée qu’elle est dans l’euro (Je m’explique plus bas).
 
Commençons par les USA :
je n’ai pas le moindre doute que si les Républicains l’emportent aux élections de Novembre, alors le durcissement américain augmentera de façon très forte et très violente.
 
Venons-en à l’Asie.
Pour moi, il est évident que la Chine a vu le coup arriver et s’est préparée en conséquence. Ce que va faire la Chine est assez simple : elle va laisser fluctuer sa monnaie vis-à-vis du dollar tout en la faisant monter vis-à-vis des autres monnaies asiatiques. Le but de cette manœuvre est tout simple : elle dit aux pays d’Asie : "ça va devenir difficile de vendre aux USA, et donc venez vendre chez moi".
En même temps elle va dire à l’Australie (charbon) à la Russie et à l’Iran (pétrole) : cessez de vendre vos matières premières en dollars, qui peuvent être bloqués par les Etats-Unis à tout moment si vous leur déplaisez et vendez-les-moi en Yuan, la monnaie chinoise. Et si du coup vous avez trop de Yuan, je vous les change contre de l’or par l’intermédiaire des marchés de Hong-Kong que j’ai organisé pour cela. Et d’ailleurs, si vous avez besoin de prêts pour développer vos infrastructures, il vous suffira de demander et on s’occupera de tout. Déjà, les monnaies asiatiques suivent comme leurs ombres la monnaie chinoise, et ce depuis 2009, et le marché obligataire chinois a été ouvert aux étrangers, ce qui permettra d’investir les excédents d’épargne de ces pays tout en se constituant des réserves de change dans la monnaie du pays dominant dans leur zone.
 
Passons à l’Europe.
Logiquement, c’est le moment ou les allemands devraient massivement re-évaluer leur monnaie (ils ont des excédents de leur commerce extérieur équivalents à 9 % de leur PIB ce qui est insensé). Ce faisant, ils rendraient à nouveau compétitifs les appareils industriels français, italiens, belges ou espagnols tout en favorisant leurs propres consommateurs, ce qui permettrait à ces pays de redevenir indépendants et souverains vis-à-vis des USA et donc de contrer monsieur Trump. Bien entendu, rien de tout cela ne peut se produire puisque nous avons l’euro et donc l’Allemagne ne peut réévaluer.
Mais alors, peut-être l’euro dans son ensemble devrait-il dévaluer pour sauver les économies du Sud ? Impossible, puisque cela serait une vraie déclaration de guerre de la part de l’Allemagne aux USA, que les entreprises allemandes sont dépendantes de Swift et que l’armée allemande n’existe plus. La bonne nouvelle est qu’un certain de pays en Europe ne sont pas dans l’euro et ont gardé leur souveraineté monétaire, je veux parler de la Grande- Bretagne, de la Suisse et de la Suède. Ces pays se sont déjà autorisés à dévaluer leurs monnaies, préservant ainsi leur compétitivité industrielle, ce qui ne fera qu’accélérer la chute des pays du Sud et l’effondrement de leurs économies, puisqu'en plus d’être non compétitives vis-à-vis de l’Allemagne et des pays asiatiques, ces pays vont se retrouver non compétitifs également contre la Suède, la Suisse et la Grande-Bretagne. …
Et encore bravo aux concepteurs de l’euro.
 
Terminons avec les perspectives financières qui ne seront que le résultat de ces mouvements qui semblent inarrêtables, sauf si le Président US souffrait d’une défaite importante lors des élections de Novembre de la part des mondialistes, ce que je crois peu probable.
Voici les grandes lignes autour desquelles pourraient s’organiser un portefeuille
 
- Les risques de rupture en Europe sont en train de s’aggraver de façon évidentes (Cf. Turquie et Italie), ce qui veut dire qu’il ne faut avoir aucune obligation dans la zone euro qui sera le centre du maelstrom. Cette part obligataire doit être remplacée par du cash en dollars, en Yen, en livre sterling et en couronne suédoise. Elle devrait représenter environ 1/3 du portefeuille, ce qui fournira le capital nécessaire lorsqu’il faudra racheter en Europe après ou pendant la crise.
Cinquante pour cent des positions devraient être en Asie, une moitié en obligations du gouvernement Chinois et l’autre moitié dans un indice représentant les actions en Asie et cet indice devra comprendre le Japon.
Le reste sera en cash en dollar ou en obligations très courtes du gouvernement US.
 
Il s’agit-là d’un portefeuille extraordinairement défensif, sans doute aucun le plus défensif que j’ai recommandé depuis le début de ces chroniques.
 
Pour conclure : pour être parfaitement honnête, les actions du Président Trump m’ont surprises par leur violence et il me semble évident qu’il est déterminé à rétablir un ordre mondial qui soit beaucoup moins favorable à Wall-Street et beaucoup plus favorable aux petites gens aux USA. Si les élections lui sont favorables en novembre, les pressions vont s’accentuer Cela ne peut pas ne pas engendre une casse considérable et le coup est parti.
Aux abris donc… Trump veut se payer les hommes de Davos et ça va faire mal.

Paru sur institutdeslibertes.org, 3 septembre 2018

Le grand retour ...

Publié dans Avec l'Europe
Le grand retour du peuple et de la nation souveraine
 
Revenons en arrière.
Le mur de Berlin vient de tomber et deux thèses s’affrontent assez rapidement.
Celle de la "fin de l’Histoire", portée par Francis Fukuyama et celle du "choc des civilisations", soutenue par Samuel Huttington.
Le premier avançait que le futur appartenait à la démocratie occidentale et au système de marché libre et que l’Histoire au sens Hégélien du terme était finie. Cette idée fut reprise par tous les Trissotins français du type de notre trio infernal, Minc, Attali et BHL, qui d’ailleurs la soutiennent toujours contre vents et marée.
Le deuxième, Huttington montrait que l’opposition entre l’Union Soviétique et les USA s’était produite à l’intérieur de la même civilisation - la nôtre - et que les conflits du futur allaient opposer non pas des pays ou des systèmes à l’intérieur de la même civilisation mais des civilisations entre elles, et en particulier que nous allions tout droit vers un conflit entre la civilisation musulmane et les autres civilisations-dont la nôtre.
Dans un autre livre, publié peu avant sa mort, "Qui sommes-nous ?", il analysait notre civilisation et précisait que nos sociétés étaient en train de se scinder entre ceux qui étaient bien partout (ceux que j’ai appelé les hommes des bateaux) et ceux qui étaient bien chez eux (les hommes des arbres), et que ce conflit portait en germe de graves dislocations. Et donc notre civilisation, alors même qu’elle était agressée par une autre civilisation était elle-même profondément divisée entre un peuple - toujours local - et des élites-internationalistes ou globalistes, que le sort des peuples laissaient totalement indifférents.
Inutile de préciser que bien entendu c’était Huttington qui avait raison et que Fukuyama avait tort, ce que ce dernier a d’ailleurs reconnu, à la différence de nos Trissotin.
 
Il n’en reste pas moins que ceux qui ont été au pouvoir depuis 1990 jusqu’au Brexit ont été dans la quasi-totalité de nos démocraties les partisans de la première thèse et qu’ils ont emmené à marche forcée nos systèmes politiques nationaux vers des systèmes de moins en moins favorables aux locaux et de plus en plus aux internationaux.
Et ce mouvement impliquait bien sûr d’empêcher le peuple de se défendre et donc de remettre en cause un concept essentiel à chaque pays, celui de la Souveraineté Nationale.
Or ce mouvement de détricotage des nations est en train d’échouer partout, comme il avait échoué en URSS, et pour les mêmes raisons.
Pour comprendre les raisons de cet échec, il nous va falloir rappeler à nouveau ce qu’est une nation et ensuite ce qu’est la souveraineté.
 
La nation, dans sa définition française et comme le disait Renan, est avant tout "une volonté de vivre ensemble et de partager une légende historique commune. Est Français, celui qui veut l’être…  ‘’ Je n’ai pas une goutte de sang français, disait Romain Garry, mais la France coule dans mon sang".
La Souveraineté (dérivée de "souverain", du latin médiéval superus, de super, "dessus", fin XII e siècle) désigne la supériorité du pouvoir sur une zone géographique ou sur un groupe de peuples vivant en communauté. Dans une démocratie, elle est détenue par le peuple, qui de ce fait est le Souverain (comme le disent les Suisses). Mais bien sûr, par pour les gens de Bruxelles.
 
Et donc une nation souveraine est constituée d’un peuple voulant vivre ensemble et exerçant son pouvoir sur une zone géographique (ou un groupe de peuples) par l’intermédiaire d’une élite élue pour le représenter, au mieux des intérêts du peuple et non pas au mieux des intérêts des élites.
Hélas, la réalité depuis 1990 a été que cette élite a accepté sur le territoire national des millions de gens qui n’ont pas du tout envie d’être français, tout en abandonnant toute prétention à exercer le pouvoir souverain qui leur avait été confié sur le territoire national puisqu’ils ont abandonné d’abord la monnaie, puis le contrôle des lois avant que de supprimer les frontières, ces cicatrices de l’histoire, perdus qu’ils étaient dans leur rêve internationaliste.
Et cela ne s’est pas passé qu’en France mais dans presque toutes les démocraties, à l’exception de la Suisse et de la Norvège peut-être.
Et du coup, nos internationalistes sont en train d’assister à la révolte des peuples qui entendent bien récupérer leur souveraineté, en virant les élites. C’est ce que ces élites appellent le "populisme" alors que ce n’est que l’exercice de son pouvoir par le Souverain.
Et il s’agit là d’un mouvement très puissant et qui ne fait que commencer.
Ce tsunami, car il s’agit d’un tsunami, ne fait que commencer et va avoir des conséquences économiques et financières extraordinairement importantes dont il me faut parler maintenant.
 
Conséquences financières.
Commençons par l’Europe puisque c’est là que l’effort de destruction de la nation a été le plus ancien et le plus constant.  On doit la construction européenne d’aujourd’hui à Jean Monnet qui haïssait à la fois la nation (cause de toutes les guerres) et la démocratie (source de faiblesse politique), ce qui en soi était à la fois idiot et faux historiquement puisqu’après tout, il n’y a jamais eu de guerre entre deux démocraties.
Et donc les disciples de Jean Monnet, tous hauts fonctionnaires, tous non élus (Belges,Hollandais Allemands mais surtout Français,) ont créé au travers du temps deux étages d’abandons de souveraineté.
Dans un premier temps, chacun des pays de la communauté a abandonné des pans entiers de sa souveraineté à des institutions européennes non démocratiques, banque centrale, cour de justice, commission, cour des droits de l’homme et que sais-je encore.
Et puis, une fois ces pouvoirs arrachés à chaque nation, on les transféra encore plus haut à des organisations "mondiales" du style ONU.,WTO, OMS ou vers des traités visant à "sauver la planète" (accords de Paris) qui empêchent les entreprises européennes ou américaines de faire concurrence à leurs consœurs Indiennes ou Chinoises autorisées à polluer autant qu’elles le désirent.
Premières et seules victimes, les peuples, les locaux.
Seuls gagnants, les hommes de Davos et le capitalisme de connivence.
La révolution des peuples en Europe va donc devoir détruire non pas un niveau mais deux d’organisations internationales superfétatoires.
Pour faire bref, pour sauver les peuples européens de la misère et de l’esclavage auxquels ils sont promis, il faut sortir Bruxelles de l’Europe (appelons cela le Bruxit), c’est-à-dire détruire l’appareil politique supra national érigé à Bruxelles depuis 1990 et qui n’a aucune légitimité démocratique, faire disparaitre le monstre financier qu’est l’Euro et renvoyer à leurs chères études les Barnier de ce monde.
L’ayant détruit, il faudra sortir ensuite des organisations mondiales, ce qui n’ira pas sans mal…
"Vaste programme, monsieur, vaste programme" comme l’avait dit le Général à un homme qui lui avait dit "Mort aux cons, mon général"
Si nous n’y arrivons pas, il est tout à fait certain que dans la guerre des civilisations si bien entrevue par Huttington, nous allons être les perdants tant il est vrai que si peu de gens sont prêts aujourd’hui à mourir pour la France, personne et je dis bien personne n’est prêt à mourir pour l’Europe de Juncker.
Il ne faut pas que le lecteur se désespère, les peuples se réveillent : déjà nous avons eu le Brexit, suivi de la renaissance de l’empire Austro-Hongrois, les élections italiennes, avec l’Italie qui apparait à la veille de basculer en dehors de l’Euro, retrouvant de ce fait sa liberté et sa prospérité en récupérant sa souveraineté monétaire.
Rien n’est perdu, mais rien n’est gagné non plus.
Pour les placements, il ne faut encore une fois rien avoir qui dépende des états européens (obligations, banques compagnies d’assurance etc…) et n’avoir des actions que dans le secteur capitaliste du style Air Liquide ou l’Oréal.
 
Venons-en aux USA
Monsieur Trump a décidé très clairement d’être le Président des Américains et non pas des hommes de Davos (ils lui en veulent d’ailleurs beaucoup, ce qui semble le laisser totalement indiffèrent) et nous venons de le voir une fois encore lors de la réunion du G7 où il a envoyé paître notre cher Président ainsi que la chancelière allemande. Un G7 sans les Américains comme le voudrait monsieur a un nom et c’est la Commission Européenne à laquelle j’aimerais rappeler la phrase de Bismarck : "La diplomatie sans les armes, c’est la musique sans les instruments".
Il faudrait que quelqu’un rappelle à monsieur Lemaire et à madame Merkel que la défense militaire de l’Europe est assurée par les USA et par eux seuls. Notons au passage que le Président US a demandé la réintégration de la Russie dans le G7, ce qui semble indiquer que le procureur Muller n’a pas grand-chose dans son dossier d’accusation contre le Président Trump et que les élections à venir en Novembre 2018 vont être bien difficiles pour les démocrates.
Acheter des obligations Russes, si vous le pouvez et aussi vite que vous le pouvez.
Conservez vos dollars et vos positions aux USA.
Achetez une résidence secondaire à Miami ou à Sébastopol.
 
Reste l’Asie
Les pays en Asie sont en train d’acquérir leur souveraineté financière, après cinquante ans de servage sous le joug du dollar (voir mes articles précédents sur le sujet), ce qui veut dire que leur croissance va rester très forte mais surtout que cette croissance ne sera pas interrompue par des crises financières chaque fois que le dollar monte.
On le voit très bien en ce moment où la Turquie, l’Argentine, le Brésil, l’Afrique du Sud etc… sont en train de se casser la figure alors que les pays d’Asie restent peu ou prou impavides.
Bourrez-vous d’Asie, obligations et actions tant il est vrai que ce qui baisse le moins dans une crise est ce qui montera le plus dans la reprise.
Et je n’ai aucune inquiétude à recommander l’Asie vis-à-vis de l’Europe.
Depuis le début de l’Euro, les bourses asiatiques ex Japon ont progressé dividendes et taux de changes pris en compte de 433 % alors que l’Europe est montée de 188 %
La vitesse de croisière de l’Asie est donc d’environ 7 % par an en performance annuelle moyenne, soit un doublement de votre capital tous les 10 ans.
La vitesse de l’Europe est un très poussif doublement tous les vingt ans soit 3,5 % par an.
Il faut être un peu demeuré pour préférer 3,5 % à 7 %, alors même que le risque géopolitique en Europe est immense et très faible en Asie.
Pourquoi cette différence de performance ?
C’est tout simple : nos gouvernements ne cessent de limiter non seulement nos seulement la vitesse sur les routes mais aussi nos capacités d’actions dans tous les domaines. Et donc la rentabilité du capital investi est beaucoup plus faible dans la zone Euro que partout ailleurs.
Et certains des lecteurs trouvent peut-être tout cela très bien.
Pas moi, quand il s’agit de gérer mon épargne.
Paru sur institutdeslibertes.org, 11 juin 2018

Du bonheur national brut

Publié dans A tout un chacun
Et si on parlait du bonheur national brut
 
Un peu comme l’Anglais est devenu la "lingua franca" du commerce international, l’économie est devenue le point de passage obligé de tous ceux qui prétendent réfléchir sur la société moderne.  Voilà qui me laisse un peu perplexe. En réalité, quand la plupart des "autres" parlent d’économie, en fait ils parlent de choses infiniment barbantes du style PIB, chômage, taux de croissance qui au fond m’indiffèrent complètement.
Je vis donc dans une schizophrénie totale : je trouve les économistes rasoirs et je trouve l’étude de l’économie absolument passionnante… A l’évidence, je n’étudie pas la même chose que mes distingués collègues (Je ne sais pas pourquoi mais les économistes sont toujours distingués).
En fait, et compte tenu des longues études qui m’ont poursuivies de ma vingtième à ma vingt septième année, cela doit faire à peu près cinquante- ans que j’essaye de comprendre pourquoi je trouve l’étude de cette matière absolument passionnante.
Et je crois avoir compris. Et donc, je me suis dit (ma caractéristique première étant la fatuité) que peut-être les lecteurs trouveraient intéressants que je leur explique ce qu’est pour moi "l’économie".

Au cœur de "mon" économie, il y a une notion extraordinaire, la notion de valeur.
Ce mot peut avoir de multiples significations, l’on peut passer d’un homme de valeur à une valeur boursière, qui elle-même peut n’avoir aucune valeur… à l’évidence on ne parle pas de la même chose sous les trois acceptions mentionnées plus haut…
Tout en prêtant beaucoup d’intérêt aux autres notions tant les mots sont rarement le fruit du hasard, je ne vais retenir pour le document de cette semaine que la notion de "valeur" que l’on attribue à un objet ou à un service qui peut être acheté ou vendu, trahissant ainsi une fois de plus mon côté bassement mercantile. Et cette notion, comme l’ont montré les Autrichiens au XIXème siècle (et avant eux les Jésuites Espagnols au XVII ème) est purement "subjective".
La réalité est que chaque individu a au fond de lui-même une échelle de valeurs totalement unique, au moins aussi unique que peut l’être son ADN et être libre c’est pouvoir prendre ses décisions en fonction de sa propre échelle de valeur et non pas en fonction de celle du patron de la boite, du secrétaire de la cellule du parti ou du guide suprême.
En fait, nous nous baladons tous, toute notre vie avec une échelle de valeurs complètement unique (et qui d’ailleurs peut changer avec le temps) et au cours de ces pérégrinations nous rencontrons d’autres individus qui ont des valeurs similaires ou complètement différentes des nôtres.
Et de temps en temps, je tombe sur quelqu’un qui est prêt à acheter quelque chose dont je n’ai plus besoin alors que lui ne saurait s’en passer, ou l’inverse …Après forces discussions nous procédons à un "échange" et cet échange est matérialisé par un "prix". Et pendant la fraction de seconde où nous échangeons, la valeur (subjective) qui s’attachait à cet objet pour chacun d’entre nous est égal à un prix (objectif), ce qui est proprement miraculeux. Et pendant ce court instant, deux individus qui peuvent ne rien avoir en commun sont complètement d’accord, et qui plus est tous les deux sont certains qu’ils sont gagnants et en fait, ils le sont.

Résumons-nous.
Il y a un nombre infini de "valeurs subjectives" présentes dans le monde à chaque instant.
De temps un temps, un objet ou un service "change de main" et cela se fait autour d’un prix. Et quand ce prix apparait, et pour une milli- seconde, le prix et la valeur se confondent, mais en aucun cas il ne s’agit de la même chose. Dix minutes plus tard ou plus tôt, l’échange n’aurait pas pu avoir lieu, ou n’aurait pas eu lieu au même prix. Et ce miracle ne peut se produire bien sûr que si la transaction est librement consentie des deux côtés.
Etre libéral consiste donc à soutenir :
Que chacun a le droit de se constituer librement sa propre échelle de valeurs, et d’effectuer toutes les transactions légales qu’il souhaite en fonction de cette échelle de valeurs ;
Que le prix au moment de l’échange doit être fixé librement entre les deux parties,
Que la transaction soit libre et volontaire des deux côtés et tout cela encore une fois dans le respect des lois qui régissent la société.
Lorsque ces trois conditions sont réunies, alors la somme des "satisfactions" montera puisqu’il est établi que dans une transaction libre les deux parties sortent gagnantes.
Quiconque connait un peu l’histoire sait que ces trois libertés sont complètements inhérentes à la nature humaine et que toute croissance, toute avancée de la civilisation et toute hausse du niveau de vie n’ont jamais dépendu que de leur exercice et de rien d’autre.
Et le libéral affirmera donc et sans aucun risque d’être contredit que toutes les périodes où ces trois "libertés" ont existé ont aussi été des périodes de bonheur, et toutes celles où elles ne l’ont pas été des périodes de malheur, pour les petites gens en particulier.
A ces libertés s’opposent et s’opposeront toujours hélas les thuriféraires du collectivisme, de l’étatisme, les supporters de la tribu, les défenseurs de la pensée unique qui vont trouver toutes sortes de raisons pour empêcher les individus d’exercer leur libre arbitre, en bloquant les prix, en inventant une nouvelle monnaie qui ne correspond  à rien, en taxant comme des fous ceux qui font le meilleur usage de leurs talents, en se servant du monopole de la violence légitime pour mettre en prison, excommunier ou faire bruler ceux qui pensent différemment, bref nous retrouvons une fois encore nos oints du Seigneur, hommes de Davos et soutiens de morales collectives.

La lutte, éternelle et sans fin est donc toujours entre la liberté, reposant sur l’individu, et la contrainte reposant sur l’association de méchants.
Et mon boulot d’économiste est de compter les points entre les deux équipes et de tenir informé ceux qui me lisent des résultats du match.
Pourquoi ?
Parce que là où la liberté augmente, la valeur créée et partagée, qui n’a rien à voir avec la valeur ajoutée des comptables nationaux, augmente et que c’est donc vers là que doit aller le capital disponible de mes lecteurs pour participer à cet accroissement, et pour le renforcer. C’est pour cela que je leur recommande d’aller investir en Grande-Bretagne puisque la liberté individuelle vient d’y progresser de façon inattendue et considérable, les méchants ayant subi une défaite en rase campagne dont ils ont du mal à se remettre. Mais si la liberté diminue quelque part, alors il faut retirer son capital de cet endroit toutes affaires cessantes pour que cette expérience néfaste dure le moins longtemps possible.

Dans le fond, ce que je dis est simple : une transaction libre ajoute au bonheur national brut ou BNB, une transaction contrainte, empêchée, taxée, retardée ajoute au malheur national brut ou MNB, tout en ajoutant sans doute au PIB classique, compte tenu du grand nombre de contrôleurs embauchés pour empêcher chaque individu d’être libre. Dans le monde moderne, une hausse du PIB peut tout à fait correspondre à une forte baisse du BNB et a une forte hausse du MNB et c’est ce que l’on voit en France depuis Giscard au moins. Et l’expérience montre qu’il vaut mieux investir là où le bonheur national brut (BNB) augmente et désinvestir là où le malheur national brut (MNB) augmente.
Mon boulot d’économiste c’est donc d’estimer la variation au travers du temps et pour chaque pays de la différence (BNB-MNB) et d’investir en conséquence.
Et c’est pour ça que je trouve mon métier passionnant.
Paru sur institutdeslibertes.org, 21 mai 2018

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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