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GAZZO Yves

GAZZO Yves

Né le 17 décembre 1946
Marié – 5 enfants





Ambassadeur de l'Ordre souverain de Malte auprès de l'Union européenne
Avocat inscrit au barreau de Paris


Docteur d’État es sciences économiques, Montpellier
Docteur d'État ès Sciences économiques de Paris, Sorbonne I
Diplômé de lInstitut d’études politiques (IEP) de Paris.
Ancien élève "l'Institut national des Langues et Civilisations orientales" (Arabe littéraire)
Chargé de cours à l'Institut d'études politiques de Paris entre 1985 et 1994
     (3ème cycle sur le monde arabe)

à la Commission européenne 
Ambassadeur de l’Union européenne près le Saint-Siège, l’Ordre de Malte et les organismes des Nations Unies basés à Rome (depuis 2009)
Directeur de la représentation en France (depuis 2003)
Ambassadeur, chef de la délégation
     en Éthiopie et accrédité à Djibouti (2001-2002)
     aux Philippines (1999-2001)
     en Jordanie et accrédité au Yémen (1994-1998)
Chef adjoint à l’unité ajustement structurel à la Direction générale à Bruxelles (1990-1994)
Conseiller économique à la délégation au Mali (1988-1990).

Conseiller en relations internationales au bureau européen de la banque mondiale
     à Paris (1985-1988),
Economiste à la Banque mondiale à Washington (États-Unis) entre 1980 et 1984
Conseiller économique au centre d’investissement
     de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)
     à Rome (Italie) (1975 – 1979)
Conseiller économique au ministère du Plan du Niger (1973-1974)
Auditeur chez Arthur Andersen (1971-1972)

Membre titulaire de l'Académie des Sciences d'Outre-mer (Élu en 2006)
Membre du comité scientifique
     du Centre de développement des études juridiques (Cedej) au Caire depuis 2000
Membre du jury du Prix méditerranéen du livre

Ouvrages
L'Afrique du Nord d'hier à demain (1979) - Pétrole et développement, le cas libyen (1980) - La politique agricole des Etats-Unis (1984) - L'Endettement dans le monde Préface de Raymond Barre (1989) - Les Cicatrices du vent Préface de Michel Crozier (2008) - Sourire d'Harrar (2012) - Les chrétiens d orient en danger de mort (2014)

Nombreux articles et rapports, conférences et interviews (radios et télévisions françaises et étrangères)

Distinctions
Chevalier de la Légion d'honneur
Grand-Croix de l'Indépendance (Jordanie)
Grand-Croix de l’Ordre Chevaleresque Pie IX ( Saint-Siège)

Grand-Croix de l’Ordre pro Merito Melitensi de l’Ordre de Malte
Commandeur de l’Ordre de Sika Tuna Rang Lakan (Philippines)
Officier de l’Ordre National du 27 juin 1977 (République de Djibouti)
Chevalier de l'Ordre du Mérite (République de Pologne)

URL du site internet:

La politique extérieure de l'UE

Publié dans Avec l'Europe
La politique extérieure de l'UE :
une toile d'araignée de plus en plus grande mais qui n'attrape pas grand-chose.

 
L'aventure diplomatique et donc de sécurité extérieure par extension est relativement récente : c'est en effet en 1954 que les États-Unis ont reconnu le caractère de Mission Diplomatique au bureau de représentation ouvert par la CECA (communauté du charbon et de l'acier) dans la capitale à Washington D.C., elle-même ancêtre de la Communauté Européenne qui allait voir le jour trois ans plus tard.
Si les préoccupations de l'époque sont principalement intérieures pour les dirigeants des six pays membres fondateurs il n'en reste pas moins que l'association des pays non encore décolonisés se posait : après avoir mis en place un fonds d'une durée de vie de cinq ans, le FEDOM, une Agence Européenne de Coopération est créée en 1964 avec ses contrôleurs délégués qui supervisent divers projets de développement destinés à aider les pays nouvellement indépendants ; de provisoire, l'aide de l'Europe s'inscrit dans la durée, une politique de coopération qui est officialisée par la convention de Lomé qui coïncide avec l'entrée du Royaume Uni dans la CEE en 1972 ; une entrée qui allait modifier bien des choses au plan interne mais qui ajoutait tout un pan de pays dépendant, principalement en Afrique mais aussi dans les Caraïbes, du Commonwealth.
Au cours des années 1975/79 ce furent les pays de l'Arc Méditerranéen et ceux d'Asie qui entrèrent dans des accords formels de coopération avec la CEE ; les contrôleurs délégués des années 60 étaient devenus entre temps des "délégués" et des Chefs de Délégation suite aux accords de siège qui commencent à voir le jour dès 1980 entre les pays tiers et la même CEE.
 
Avec le Traité de Maastricht de 1993 c'est la dimension politique avec la PESC (politique extérieure de sécurité commune ) qui s'invite officiellement dans la panoplie déjà chargée des Chefs de Délégation et des directions générales en charge des relations extérieures (les DG I et VIII qui fusionneront plus tard pour devenir la DG RELEX, les actions de développement et de coopération étant quant à elles du ressort de la DG DEVCO  tandis que ECHO se concentrait sur l'aide humanitaire d'urgence ; le Traité  d'Amsterdam de 1998 apporte un "nom " à cette ébauche de politique extérieure en voie de communautarisation puisque le poste de Haut Représentant est créé ; c'est M. Solana qui en est le premier attributaire, mais il est directement relié au Conseil Européen.
C'est enfin le Traité de Lisbonne, copie brouillonne du projet de Constitution, rejeté par référendum en France et aux Pays-Bas, qui apporte un peu plus de consistance à l'architecture des relations extérieures de ce qu'il convient désormais d'appeler Union Européenne  (UE) ; cette dernière bénéficie désormais de la personnalité juridique ; elle est dotée d'une présidence stable du conseil (M. Tusk qui a remplacé M. Van Rompuy) et un service extérieur unifié est mis en place sous l'autorité d'un Haut Représentant qui est à présent également Vice-Président de la Commission Européenne.
Au plan de la PESC et de la PESD (défense) des améliorations sont notables, également comme pour l'extension des missions dites de Petrsberg au désarmement, à la stabilisation post conflits …etc. ; une structure de coopération renforcée est mise en place (cette formule permet à des Etats Membres de l'UE de participer ensemble à des programmes d'armement, de mise à disposition de forces …etc. et aussi la création d'une "Agence Européenne de l'Armement. On notera également, actualité oblige, la mise en place d'une "clause de défense mutuelle" et d'une "clause de solidarité", celles-ci demandées récemment par le président Hollande.
Les interventions de l'UE sur les théâtres extérieurs se sont multipliées au fil des années et sur des théâtres d'opération variés dans les Balkans (EUFOR en Bosnie , EUPM police en Bosnie , EULEX au Kosovo) en Géorgie  (EUMM) au Moyen-Orient  (EUPOL, police dans les territoires palestiniens). et EUBAM pour les contrôles frontières, EUJUST lex, en Asie EUPOL Afghanistan)en Afrique 5EUNAVFOR au large des côtes Somaliennes, EU SSR Guinée Bissau EUFORThad /RCA  EUPOL RD CONGO ceci sans compter la dizaine d'opérations clôturées. La mise en place du mécanisme de financement ATHENA en 2004 a permis de financer ces opérations extérieures à partir d'une clé de répartition des charges définie à l'avance.(15,57% pour la France)
 
L'Europe et sa projection à l'extérieur, quasi inexistante il y 60 ans a réussi l'exploit de devenir une institution "cossue " et reconnue en quelques décennies ; elle s'inscrit dans le cadre d'une diplomatie qui a évolué dans son concept depuis le Traité de Westphalie (1668) pour s'insérer dans un concept plus moderne de la diplomatie (Plischke,1972) et telle que je l'ai décrite il y a une quinzaine d'années (1).
Les citoyens plébiscitent régulièrement par le biais des euro-baromètres effectués tous les six mois, le besoin d'une défense commune et pourtant le même citoyen et les politiques, parfois de façon insidieuse, ne cessent de répéter que ça ne marche pas. L'Europe serait absente, trop frileuse à l'extérieur et ce, malgré un agrandissement indiscutable de la toile. Pourquoi ce ressenti ?

Ma perception des choses, après près de 25 ans passés au sein des relations extérieures des Institutions Européennes, est la suivante :
Il y a tout d'abord un écart béant entre les préférences exprimées par les citoyens européens dans les euro-baromètres et le budget européen de l'autre (les uns plébiscitent l'éducation et la recherche, la protection extérieure et la protection économique  tandis que le budget finance les fonds régionaux et de cohésion, l'agriculture … etc.).
Les actions menées par l'UE sont très mal "vendues" aux citoyens, c'est bien connu, sachant que ce sont les États Membres qui communiquent sur l'Europe, d'où la tendance à minimiser ce que fait l'Europe et à se l'approprier quand ça marche au plan national ...
Les États Membres gardent la haute main sur les nominations des décideurs européens : c'est ainsi que les britanniques ont fait pression afin que le premier Haut Représentant de l'UE pour les Affaires Extérieures fut britannique : l'inaction de la très pâle Cathy Ashton aurait été au-delà des espérances du gouvernement britannique selon ce que me confia un jour un diplomate anglais (et avec l'accord de N Sarkozy qui entendait garder les mains libres pour la politique extérieure de la France) ; n'oublions pas que le service unifié d'action extérieure a pu voir le jour à condition qu'un tiers des ambassadeurs de l'UE soit dorénavant des diplomates nationaux détachés (un autre tiers venant du Conseil et le dernier tiers de la Commission ); on retrouve là, les intérêts nationaux et corporatistes (dans la même veine, un bon nombre d'officiers français soutient l'OTAN plutôt que l'UE compte tenu du nombre plus important de postes offerts par l'Organisation Transatlantique et aussi de promotion plus rapide, ceci au détriment de l'UE ).
Enfin si l'un des succès majeurs de l'UE a été de construire un ensemble de paix avec des délégations volontaires de souveraineté par ses États Membres, ces derniers ne partagent pas pour autant les mêmes objectifs et ne défendent pas toujours les mêmes intérêts extérieurs.
 
Mon ancien maître, F. Perroux remarquait dans son ouvrage (l'Europe sans rivages) que "l'Europe est une bataille des nations et le rapport des forces nationales en Europe est le nerf de cette bataille" (p282. Le risque aujourd'hui est de revenir à un nationalisme sans vision et le même F. Perroux de nous rappeler "qu'il est probablement plus facile de faire des barbares nationalistes que de faire des nationaux civilisés " (p 291). C'est pourquoi il serait suicidaire de rejeter l'Europe, sachant que cette dernière a besoin d'un véritable "lifting" y compris par l'application du concept des 3 cercles évoqué par un autre de mes maitres, R. Barre, concept repris par J. Delors.
 
(1) the European Diplomacy in the making, Philipine Journal of Diplomacy, volume IV, décembre 2001.

L’Orient et l’ordre de Malte

Publié dans Devant l'histoire

... une longue histoire et un engagement indéfectible pour défendre les Lieux Saints et pour prodiguer des soins aux malades.

L’histoire, l’origine de l’Ordre Souverain Militaire et Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte (OSM) sont intimement liées à la Chrétienté dont les racines sont en Orient, à Jérusalem depuis plus de 2000 ans.
C’est un peu plus de 1000 ans plus tard, répondant à une demande pressante des commerçants amalfitains, que l’Ordre des Hospitaliers vit le jour pour défendre l’accès aux Lieux Saints et avec mission première de prodiguer des soins aux malades.
Certes, et nécessité aidant, l’Ordre n’hésita pas à manier l’épée pour défendre ses membres, ses possessions et les Chrétiens comme nous le verrons. Mais il convient d’insister sur la vocation première des Hospitaliers : soigner les malades. L’expression "nos seigneurs les malades" est toujours d’actualité au sein de l’Ordre dont les statuts précisent que "quand un malade viendra, qu’il soit porté au lit et là, comme s’il était le Seigneur reçu, donnez ce que la maison peut fournir de mieux".
Ce qui est remarquable, c’est que, malgré les péripéties de l’Histoire qui n’ont pas épargné l’Ordre, celui-ci reste fidèle à son engagement premier, aujourd’hui par le biais de son action humanitaire sur les cinq continents, partie intégrante de sa diplomatie humaniste.

Historique
     
Une conjonction d’éléments contribue à la création de l’Ordre des Hospitaliers
Depuis l’avènement de la Chrétienté, la Ville Sainte des Juifs est devenue également celle des Chrétiens. La coutume du pèlerinage se pratiqua, dès lors, de façon timide pour s’accélérer avec la fin des persécutions des Romains. Mieux, avec la conversion de l’Empereur Constantin, le 4e siècle enregistrera une augmentation des pèlerins en provenance de tout l’Empire, puis arriva le troisième monothéisme, l’Islam, et la prise de Jérusalem en 736 par Omar.
Malgré cet avatar, les pèlerins purent continuer à se rendre en Terre Sainte pendant les trois siècles suivants moyennant l’acquittement d’une taxe et nonobstant les risques auxquels ils étaient exposés au cours de ce long voyage d’Europe en Terre Sainte.
Les Sarasins (nom d’une tribu arabe utilisé pour désigner Arabes et Musulmans) voyaient plutôt d’un bon œil ces pèlerinages qui contribuaient à augmenter leurs ressources financières. Charlemagne avait même tissé des liens de respect mutuel avec le calife abasside Haroun El Rachid – ce dernier aurait eu l’intention de céder la Palestine à l’empereur franc – protégeait les Chrétiens et les commerçants de la ville d’Amalfi ne pouvaient que se réjouir de ce commerce dont ils étaient aussi les bénéficiaires.
Cette situation allait cependant se dégrader progressivement avec les changements intervenus dans le monde musulman : Ce furent tout d’abord les Fatimides d’Egypte, d’abord conciliants à l’égard des Chrétiens qui le devinrent beaucoup moins à l’avènement du 3e calife, Hakem ; il fut un despote cruel avec les Chrétiens avec, comme point culminant, la démolition de l’Eglise du Saint-Sépulcre.
Ensuite les Turcs sedjoukites, qui avaient renversé les Fatimides, massacrèrent Sarasins et Chrétiens.

A la tête de Jérusalem, les nouveaux maires n’exigeaient pas moins d’une pièce d’or à tout pèlerin chrétien désireux de se rendre à Jérusalem, somme considérable à l’époque que la plupart des pèlerins ne pouvaient acquitter. Ce fut ce facteur qui déclencha les croisades, une première lancée par le pape Urbain appel pour délivrer les Lieux Saints.
Mais il bénéficia de plusieurs facteurs favorables sans compter l’enthousiasme des commerçants génois et vénitiens désireux de s’ouvrir de nouveaux débouchés commerciaux.
Il y avait aussi l’ambition politique de certains chevaliers désireux de se tailler, à défaut d’un empire, des domaines assez vastes où ils pourraient prospérer dignement.
Il y avait, par-dessus tout, des changements qui avaient affecté profondément la société occidentale : changements économiques tout d’abord. En effet, la fin de ce 11e siècle contraste avec le début : les grandes invasions sont terminées, la production agricole augmente et des progrès techniques sont remarqués dans plusieurs domaines, agricole, militaire, etc.
C’est aussi l’émergence de la chevalerie, la guerre devient une affaire de spécialistes.
De son côté, l’Eglise, aiguillée par la réforme grégorienne, tente avec succès de donner une forme religieuse à la chevalerie.
C’est dans ce contexte favorable que le Pape Urbain II réussit à créer une ferveur collective pour défendre les Lieux Saints, conciliant le concept de guerre juste avec le désir de tout Chrétien de se purifier de ses péchés en allant en Terre Sainte, sachant que s’il venait à mourir, il serait plus près du Christ au moment du jugement dernier.
Et il y avait urgence à intervenir car les marchands amalfitains - qui avaient obtenu une concession dans la partie chrétienne de Jérusalem du calife fatimide d’Egypte Al Mustansir Billal pour établir une église et une auberge, mais également un monastère et deux hospices, (la gestion de l’un d’entre eux étant confiée à Gérard, un laïc) – étaient sous pression des maîtres musulmans de la Ville.
Concernant Gérard, il résidait à Jérusalem et s’était affranchi des "Moines Noirs" (certaines sources évoquent les Bénédictins). Il eut la vie sauve lors du siège de Jérusalem car, après avoir été torturé, il en fut chassé. Hors les murs, ses renseignements sur la Ville furent utiles aux assiégeants. Une fois la Ville conquise par les Croisés, Gérard, probablement originaire de Martigues, eut tout loisir d’organiser, d’agrandir son hospice, de transformer l’hôpital et de faire construire une église consacrée à Saint-Jean-Le-Baptiste (d’où le nom de l’Ordre).
En s’adjoignant des honnêtes gens, religieux, Gérard et les membres de cette nouvelle congrégation prirent l’habit séculier sur lequel ressortait une croix blanche.
C’était le début de l’aventure de l’Ordre des Hospitaliers avant qu’il ne se mue en OSM.

      L’Ordre des Hospitaliers à ses débuts : un "tout médical" vigilant et qui prépare les mutations à venir
Après la prise de Jérusalem, les activités de l’hospice connurent un essor important grâce à l’affluence de pèlerins et à la présence des chevaliers.

      "Moine médecin"
Certains d’entre eux, soucieux du salut de leur âme, décidèrent de quitter les armes et de se dévouer au service des malades.
L’ordre de Gérard de Martigues enregistra un afflux de dons et la Bulle de 1113 du Pape Pascal II consacra l’Ordre. La Bulle approuvait la création de l’Ordre et surtout le plaçait sous l’autorité directe du Saint Siège. De surcroit, l’exemption du paiement de la dîme sur les terres de l’Ordre et sur celles acquises était accordée, la propriété des dits biens reconnue ainsi que le droit d’élire directement le successeur de Gérard.

      "Une Eglise dans l’Eglise"
Aux yeux de certains, Rome imposa cependant un quatrième vœu, l’hospitalité, en sus de ceux de la tradition monastique (pauvreté, obéissance, chasteté).
Pour compléter cette description succincte de l’Ordre, on précisera que les pointes de la Croix sont là pour rappeler les 8 Béatitudes (consentement spirituel, mener une vie simple, vivre en humilité, pleurer ses fautes, aimer la justice, être miséricordieux, être honnête et sincère de cœur et de pensée, endurer les persécutions pour la justice) tandis que les 4 bras de la Croix rappellent aux chevaliers la modération, la prudence, la justice et le courage.
Cependant, l’insécurité ambiante qui pesait non seulement sur les pèlerins, mais sur les possessions croissantes de l’Ordre, incitèrent l’Ordre, à la demande de son Grand Maître Beaudoin 1er en 1120 à élargir le cadre initial de "moine médecin" à celui de "moine médecin soldat".
Cette mutation ne se fit pas sans heurts, les religieux ne pouvant combattre.
La constitution de 3 classes au sein des Hospitaliers - les soldats, les prêtres et les frères servants - permit d’accommoder tout le monde.
Cette période de réorientation des activités de l’ordre coïncida avec la création de l’Ordre des Templiers (les pauvres chevaliers du Christ fondés en 1118 par Hugues Paynes) qui affichait deux fonctions a priori incompatibles, moine et chevalier ; ce mariage fut rendu possible grâce à la thèse de l’Abbé de Clairvaux selon laquelle il y avait une exception dans l’action de tuer un ennemi du Christ : si, pendant le combat, le cœur du chevalier n’est pas pris par la haine, on tue le mal et non l’homme.

Du côté des Hospitaliers, leur glissement vers la légitime défense fut consacré par une Bulle du 11 août 1259 du Pape Alexandre IV, par laquelle les Hospitaliers étaient invités à porter un habit différent pendant la bataille (rouge avec une croix blanche) de l’habit traditionnel (noir avec une croix blanche). Les Hospitaliers avaient eu cependant loisir de commencer leurs opérations militaires dès qu’ils reçurent le castel Bath-Gibelin (près de Gazza) en 1137 du Roi de Jérusalem Foulques 1er.
Dès lors, l’Ordre utilisa la bannière rouge à croix blanche approuvée en 1130 par le Pape Innocent II. Elle flottera sur terre et sur mer et sera le premier pavillon national.
D’autres possessions vinrent s’ajouter au fil des ans : Margat en 1140 au nord de Tripoli, les deux forteresses défendant la trouée d’Homs dont le fameux krak des Chevaliers, et complétées par la cession en 1142 par Raymond II de Tripoli aux Hospitaliers de tous les territoires perdus à charge pour eux de les reconquérir.

Les Hospitaliers avaient eu loisir également de diversifier leurs possessions : installés aussi bien en zone rurale que dans les grands centres urbains, ils disposaient d’abbayes, de monastères, mais aussi de fours, de moulins, de boutiques et ce en sus des 4 plus grandes forteresses des Etats latins d’Orient (Bath-Gibelin, Belvoir, Margat, Krak). Dans ce réseau qui se densifie, qui s’étoffe, les Hospitaliers vont couvrir la Terre Sainte d’hôpitaux et d’édifices sacrés, en droite ligne avec leur mission ; ceci est confirmé par une bulle du Pape Innocent III de 1207 dans laquelle il autorise les Hospitaliers à construire des églises et des cimetières dans les lieux laissés déserts par les Sarazins. Ceci explique pourquoi la volonté politique de l’Ordre de constituer un domaine homogène et compact connut des fortunes diverses en fonction des succès ou des revers dans leur lutte avec les Sarazins. Ils connurent deux périodes favorables avec des pics en 1187, puis autour de 1260.
A cette époque, les Hospitaliers disposaient de 45 000 hectares de terres arables dont 30 000 dans le Royaume de Jérusalem. Forts de cette implantation vaste et diversifiée, les Hospitaliers vont se voir confier la défense de villes entières.

Malheureusement, traitrises, intrigues entre Hospitaliers, Templiers et Chevaliers teutoniques allaient mener progressivement le Royaume latin d’Orient, la Principauté d’Antioche, les comtés de Tripoli et d’Edesse à leur perte avec déjà la prise de Jérusalem en octobre 1187 par Salah El Din (Saladin). Ce dernier lança sa campagne contre les Francs à cause de brigandages du Prince d’Antioche, Gérard de Chatillon qui avait caressé un temps le rêve de prendre Médine, puis La Mecque (cet épisode ainsi que la tuerie sans merci qui suivit la prise de Jérusalem en 1099 sont restés gravés durablement dans la mémoire des Musulmans). Salah El Din déclara les Hospitaliers et les Templiers ennemis jurés de l’Islam.
Certes les Francs reprirent Acre en 1191 lors de la 3e croisade, caressant même l’espoir de reprendre Jérusalem. Mais la Palestine latine, devenue un bateau ivre, était à la recherche de solutions, les tensions, les initiatives contradictoires ne facilitaient pas la tâche.
Ainsi une bulle du Pape Grégoire IX ordonnait l’excommunication de ceux qui inquièteraient les Hospitaliers au moment où en février 1229, Frédéric II concluait le traité de Jaffa avec le sultan Malik El Kamil. Par ce traité, les mosquées d’Omar, du Dôme et Al Aksa revenaient aux Musulmans et le Saint-Sépulcre restait aux Chrétiens. En punition de son initiative, Frédéric II fut excommunié, mais le traité ne fut jamais dénoncé.
D’où l’idée lancée par certains (London Times repris par Keza Grosschmid : Knights of Malta, Holy Land custodians, Duquesne Review Pittsburgh, Pennsylvanie, Automne 1956) que l’Ordre de Malte, en sa qualité de plus ancienne organisation internationale après le Saint Siège, devrait être chargé de la supervision des Lieux Saints. Cette idée fut reprise en 2003 dans la foulée de la guerre d’Irak : l’Ordre de Malte et le Président de la République française, tous deux héritiers des rois de France, tous deux successeurs légitimes du roi de Jérusalem devraient intervenir avec les Nations unies pour régler le conflit du Moyen-Orient.
Revenons à notre époque d’alors car tout s’accélère après la chute de Margat, Tripoli fut assiégée en 1289 et enfin Saint-Jean-D’Acre, aux prises à des dissensions internes entre ses dirigeants, tomba en mai 1291. Une partie des 35 000 habitants, des 14 000 combattants et de ses 800 chevaliers parvinrent à quitter la ville et pour certains d’entre eux à rejoindre Chypre, première escale d’un long périple en Méditerranée.

     L’éloignement de la Terre Sainte : L’évolution graduelle de l’Ordre vers une structure étatique
A Acre, les chevaliers survivants se rendirent à Chypre où le roi Henri de Lésignan installa dans leur nouveau quartier général à Limassol. L’Ordre est cependant malade lui-même où leur première initiative fut d’établir un hôpital. Il a perdu beaucoup d’hommes. Heureusement l’appel au secours du Grand Maître Jean de Villiers à la chevalerie d’Europe fut suivi d’effet.
Certes l’idée de reconquérir les Lieux Saints n’avait pas disparu, mais elle était irréaliste, y compris parce que certains souverains européens (Angleterre, Portugal) se refusaient à débloquer des fonds indispensables.
Ceci n’entama pas cependant la détermination de l’Ordre à poursuivre ses deux grands objectifs, la protection de l’accès aux Lieux Saints et les soins aux malades.
Concernant le premier, l’éloignement de la Terre Sainte allait amener les Hospitaliers à changer radicalement de stratégie : il était indispensable de disposer d’une marine pour, à la fois, protéger les pèlerins et combattre les Sarasins. Ce fut fait en utilisant les navires qui avaient ramené les chevaliers d’Acre et en en armant de nouveaux.
Ce fut le début de la guerre de course en Méditerranée qui s’acheva au 19e siècle (le pillage fut aboli pendant la Grande Guerre). Les prises réalisées sur les "corsaires infidèles" compensèrent la disparition des revenus des possessions perdues de Terre Sainte et s’ajoutèrent aux revenus des Hospitaliers en Occident.
Cependant, au fur et à mesure ou les Hospitaliers prenaient de l’importance, les relations avec le roi Henri allaient en se détériorant. Ce dernier ne pouvait supporter l’indépendance des Hospitaliers.
Le pape Clément V autorisa en 1306 les Hospitaliers à armer des navires sans l’accord du roi de Chypre. La confiance n’y était plus dans ces conditions. Le Grand Maître Foulques de Villaret décida de chercher une île plus grande. Il jeta son dévolu sur Rhodes. Cette île était utilisée par les navires turcs et arabes comme base de repos après avoir accompli leurs coups de main contre les navires chrétiens.

Après avoir débarqué et pris le château de Philermos en novembre 1307, les Hospitaliers entreprirent le siège de Rhodes qu’ils prirent le 15 août 1310 après un long siège fertile en rebondissements.
Le passage à Rhodes allait ouvrir un autre chapitre de l’histoire de l’Ordre. L’hôpital, l’hospice Sainte-Catherine furent construits, mais surtout les fondements d’un état, d’une république aristocratique, étaient jetés : pour la première fois, l’ordre était devenu un état, il battait monnaie, entretenait des relations diplomatiques et disposait d’un gouvernement. De surcroît, la dissolution de l’Ordre des Templiers en mai 1312 eut pour conséquence de céder leurs biens aux Hospitaliers (le roi de France les leur fit payer un prix élevé).
Leur séjour à Rhodes dura jusqu’en 1523. Défaits par les Turcs, ils continuèrent leur errance pendant quelques années avant de s’installer à Malte d’où ils furent délogés par Napoléon sans livrer bataille ou presque.
Depuis leur départ de Rhodes, le 1er janvier 1523, il s’écoulera sept ans avant que Charles-Quint, également vice-roi de Sicile, ne fasse don de l’île à l’Ordre moyennant la présentation, chaque année, d’un faucon chaperonné de soie et bagué aux armes impériales.
L’endroit n’était pas le plus propice à une installation agréable (c’est une terre sans arbre, ni eau et les défenses sont à construire). Cinq ans plus tard, François 1er, ennemi juré de Charles-Quint et des Habsbourg, signera les Capitations avec le Turcs Soliman. Les mêmes Turcs qui assiégèrent l’île en 1565 avec 40 000 hommes que le millier de chevaliers présents sur l’île parvinrent à contenir et finalement à leur faire lever le siège.
A partir de cette époque, l’Ordre allait reprendre des couleurs et s’activa en mer : 5 galères de la religion participèrent à la bataille de Lépante en 1571 et les galères armées pour la course furent de plus en plus nombreuses à sillonner la Méditerranée.
Le temps passa.
En France, la Révolution fit son œuvre et s’intéressa aux biens de l’Ordre sur le territoire français : ils furent saisis en septembre 1792. Cette mesure amputa l’Ordre d’une partie de ses revenus tandis qu’à l’inverse, les appétits du nouvel homme fort, Bonaparte, ne cessaient de grandir : il rêve de prendre l’Egypte et de contrôler toute la Méditerranée. Malte est sur sa route, il envoie un émissaire, fin 1797, effectuer un travail de sape auprès des chevaliers ; il y aura quelques escarmouches qui ne durèrent pas plus de deux jours. L’île conquise, Bonaparte y passa une semaine, du 12 au 18 juin 1798.
Encore une fois, l’Ordre fut contraint de déménager. Après plusieurs arrêts en Italie, Rome les accueillit, la capitale italienne étant aujourd’hui la capitale de l’OSM qui a conservé ses attributs de souveraineté.

Les soins aux malades : un sacerdoce qui transcende territoires et religions
Malgré les avatars de l’Histoire qui ont pu amener l’OSM et leurs membres à manier l’épée pour défendre les Lieux Saints et leur accès, et ce faisant leur foi, l’Ordre ne s’est jamais départi de sa mission principale sur cette terre, à savoir soigner les malades.
Ceci explique pourquoi leurs rapports avec les Chrétiens d’Orient n’a jamais constitué un enjeu en soi (si ce n’est à travers la foi commune, l’appartenance à la même grande famille), ni un frein à son entreprise.
Par contre, à l’instar des différences culturelles que l’on constate par exemple en Israël entre Ashkénazes et Sépharades, il a existé, il existe des sensibilités, des approches différentes entre les Francs et les Chrétiens d’Orient, eux-mêmes suivant des tendances variées, fruit des concours de circonstance, de choix opérés par telle ou telle obédience. Ceci mériterait de plus amples développements que nous n’aborderons pas dans cette présentation.

     La primauté des soins apportés aux malades
Lorsque les Francs prennent pied en Terre Sainte, ils y trouvent les deux hôpitaux, celui intra-muros des commerçants amalfitains, plutôt hôtel/hospice qu’hôpital à proprement parler, et l’annexe gérée par Gérard.
La charge de ces hôpitaux augmente rapidement car il faut soigner les blessés ainsi que les pèlerins qui arrivent en grand nombre à présent. A cette époque, l’état de la médecine en Europe est rudimentaire. On soigne plus que l’on ne guérit. Le recours à la prière y est fréquent, y compris l’invitation à effectuer un pèlerinage en Terre Sainte, face à l’impuissance de la médecine.
Par contre, en Terre Sainte, la médecine arabe qui a puisé dans celle plus ancienne des Grecs, est plus avancée. L’ophtalmologie et la pharmacologie sont privilégiées (deux spécialités qui feront plus tard la renommée de la Sacrée Infirmerie à Malte, les médecins sont déjà spécialisés, des analyses variées sont pratiquées sur les patients.
Ces techniques nouvelles vont être appliquées par les Hospitaliers, mais à grande échelle. Dans le vaste hôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem, les chroniqueurs de l’époque rapportent que les patients sont soignés et guéris à grand frais et que l’on dénombre entre 1 000 et 2 000 lits dans cet hôpital.

La force des Hospitaliers sera de savoir utiliser les connaissances des Grecs anciens et des Arabes en y ajoutant leur sens de l’organisation. Avec le chapitre de Rhodes, l’OSM va adopter de nouvelles techniques : les lits deviennent individuels, des rideaux séparent les patients, la vaisselle est en argent (facteur antiseptique) préférée aux écuelles en terre cuite poreuse.
Tous les membres de l’OSM se doivent de participer aux soins, chevaliers et le Grand Maître lui-même (le Grand Maître Roger de Pins mourut de la peste en 1365 pour avoir soigné trop de malades). Dans les hôpitaux de l’OSM, les malades de toutes origines sont admis, y compris "les excommuniés et les interdits", la seule différence étant pour les Chrétiens de se confesser et de rédiger un testament.
L’OSM a ainsi contribué à l’élaboration d’un véritable service de santé militaire. On prendra l’exemple du rapatriement des blessés et des captifs racheté par le Grand Maître Philibert de Naillac suite à la défaite de Nicopolis de 1396 : le Grand Maître utilisera deux galères de l’OSM pour rapatrier ces blessés et captifs libérés. Plus près de nous, Henri Dunant, l’avènement de la Croix Rouge procède d’une veine similaire à celle de l’OSM.
Toujours de nos jours, les activités des Hospitaliers de l’OSM ont pu être sauvegardées a minima en France bien que dépossédé de ses biens par la Révolution (on compta en France jusqu’à 611 commanderies), avec notamment une aile de l’hôpital Saint-Louis qui est à sa charge.
En dehors de l’hexagone, il existe par contre plusieurs établissements hospitaliers gérés par l’OSM comme celui de Rome ou encore l’hôpital de Bethlehem, preuve tangible du lien maintenu par l’OSM avec l’Orient.

     Les Chrétiens d’Orient et l’OSM : une foi, des cultures différentes
A partir du 5e siècle, il est possible de répartir les Chrétiens d’Orient en trois confessions distinctes :

– Les Nestoriens sont tolérés par les Abassides parce que considérés entre autre, comme hostiles à Byzance. Les Nestoriens connaitront cependant une scission en 1553 avec la création d’une Eglise chaldéenne unie à Rome.
- Les Melkites ou Grecs orthodoxes qui s’opposeront aux Croisés et connaitront eux aussi une scission en leur sein avec les Grecs catholiques.
– Enfin les Jacobites ou Syriens orthodoxes : ils sont de la même famille ecclésiale que les Arméniens, les Coptes, les Ethiopiens et les Malankaras en Inde. Malgré les différences théologiques, ces trois confessions ont en commun la langue arabe, tout comme les Maronites qui faute d’avoir pu unifier les Chalcédoniens avec les non-Chalcédoniens constitueront leur propre Patriarcat relié à Rome en 1182. Les Maronites apporteront leur soutien aux Croisés, un soutien que les Musulmans leur feront payer cher au XIVe siècle.
C’est dans ce contexte – le Général de Gaulle fustigeait à l’époque le diplomate ottoman ou occidental allant dans l’Orient compliqué avec des idées simples (Y. Gazzo "The Middle East between hot peace and cold war" version originale 7 avril 1998) – qu’il convient de placer la rencontre entre l’Orient et l’Occident à l’époque de la première croisade, et ce contexte n’est pas que favorable.
Déjà, avant que Jérusalem ne soit prise par les Croisés, ces derniers ont laissé des traces sur leur passage : débordements en Rhénanie, en Hongrie et dans l’Empire byzantin. Postés sur la rive asiatique du Bosphore, ils y subirent deux défaites qu’ils imputeront aux Byzantins : la méfiance vis-à-vis des Grecs "hérétiques" ne fait qu’augmenter.
Un peu plus loin, dans la région de Taurus peuplée d’Arméniens et de Syriens jacobites qui détestent les Grecs (Melkites), l’arrivée des Francs est plutôt perçue comme une aubaine. C’est tout près que fut fondé, à Edesse en 1098, le premier état latin avant la prise d’Antioche, puis celle de Jérusalem.
De leur côté, les Byzantins affichent à la fois de la condescendance, de la méfiance, voire du mépris envers les occidentaux. Fidèle au Christianisme primitif, l’Eglise byzantine est hostile à l’emploi des armes par les religieux (le Canon de Saint-Basile prive de communion pendant trois ans ceux qui ont commis un crime à la guerre).
Enfin les Byzantins et les Arabes chrétiens sont habitués depuis des lustres à négocier, à commercer, voire à pactiser avec les chefs religieux musulmans. Il y a par conséquent un fossé entre ces "Ashkénazes" et "Sépharades" chrétiens. Et c’est là justement que les Hospitaliers vont jouer leur rôle de pont entre les deux grands groupes.
Ceci en n’opérant pas, tout d’abord, une discrimination entre les patients. En apportant des progrès techniques incontestables comme la pratique de la médecine à grande échelle, ceci profite à tous.

Sur un autre plan, l’Ordre administre des zones de plus en plus vastes. La paix et la prospérité qui y règnent sont meilleures qu’en Europe ; en témoigne aussi une cohabitation extraordinaire d’ethnies et de religions : on trouve des paysans musulmans et des nomades arabes, des Araméens, des Juifs et des Samaritains, des Grecs syriens, mais aussi des Normands, des Italiens, des Francs, des Bretons, des Ecossais, des Bohémiens, des Bulgares, des Anglais, des Géorgiens, etc. Bien souvent, les paysans du cru n’étaient pas mécontents d’être passés de la tyrannie turque ou égyptienne à l’administration des Francs. Malgré ces succès indéniables, la pérennité de ce système importé n’était pas assurée, ceci en grande partie faute à la transplantation d’un système féodal inadapté aux conditions locales. De surcroît, les bases de ce système transplanté étaient fragiles : état sui generis, il ne bénéficiait de l’appui d’une grande puissance et ses ressources propres dépendaient principalement des recettes tirées des pèlerinages.
Dans ces conditions, le greffe ne pouvait pas prendre. Les orientaux au sens large (Chrétiens, Juifs) avaient plus de points communs avec les Musulmans qu’avec cette civilisation occidentale, médiévale, manquant de maturité, de sophistication à leurs yeux. Les Hospitaliers et les autres ordres (Templiers, Chevaliers teutoniques) ne purent qu’en faire l’amer constat, ce qui n’empêcha pas l’OSM de continuer à suivre sa vocation première au gré des escales de l’Histoire.

Conclusion
Au terme de ce rappel de notre histoire à travers celle des Hospitaliers, l’OSM est resté jusqu’à aujourd’hui fidèle à sa vocation première, soigner les malades, et par extension "les malades de la faim", victimes de catastrophes naturelles (tremblement de terre en Haïti, en Italie plus récemment), l’OSM est sorti du cadre méditerranéen pour couvrir les cinq continents de son aide humanitaire, au service d’une diplomatie mise en place il y a plus de sept siècles et qui a une ambition humaniste.

A titre d’exemple, le séminaire tenu en mars 2012 à Bruxelles, organisé conjointement par l’OSM et la Commission européenne sur le thème de la protection de l’accès aux Lieux Saints, illustre cette volonté de permettre aux différentes religions, y compris aux Chrétiens d’Orient, de pratiquer leur religion dans leur milieu naturel et historique. Il sera suivi d’un séminaire à Chypre le mois prochain (22 et 23 novembre), séminaire organisé conjointement par l’OMS et l’UNESCO.

Intervention en séance de l'Académie des Sciences d'Outre-mer

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