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GEFFROY  Christophe

GEFFROY Christophe

Né le 14 janvier 1959
Marié -   enfants




Directeur fondateur de la revue La Nef, mensuel catholique (1990)


Ecole Centrale de Nantes
Institut de Sciences-Politiques (Paris)
 
Cadre dans l'industrie automobile

  Ouvrages
Enquête sur la messe traditionnelle (avec Philippe Maxence) (1998) - Au fil des mois (2000) - Jean-Paul II, les clés du pontificat (avec Yves Chiron et Luc Perrin) (2005) -

Nombreuses collaborations
une vingtaine de livres et hors-séries

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Un accord absurde !

Publié dans Avec l'Europe
Un accord absurde !
 
Après les attentats de Paris du 13 novembre, c’est Bruxelles qui a vécu l’horreur de la terreur islamiste le 22 mars dernier. Ce drame a éclipsé l’accord hallucinant passé entre l’Union européenne (UE) et la Turquie quelques jours plus tôt, le 18 mars. Hallucinant car à l’heure où l’Europe tangue sous la violence criminelle et aveugle des islamistes, c’est à la Turquie, dirigée par un "islamiste modéré", ainsi que le nomment pudiquement nos médias, qu’elle abandonne bien légèrement une part importante du contrôle de ses frontières, alors même que ce pays est depuis longtemps un "maillon faible" face au terrorisme islamiste ! Si Madame Merkel est ravie de cet accord, le premier ministre turc, M. Davutoglu, l’est plus encore. Et il a raison, car, ainsi que l’écrivait Renaud Girard dans Le Figaro du 22 mars, c’est "un marché de dupes" qui révèle, s’il en était encore besoin, combien l’UE est devenue une structure ubuesque dirigée par des hommes étrangers à l’histoire et aux intérêts fondamentaux des peuples et des nations qui la composent.
 
Que stipule cet accord, en effet ?
L’aide de l’UE à la Turquie pour accueillir les migrants est portée à 6 milliards d’euros et cette dernière a obtenu pour ses 80 millions d’habitants (musulmans) l’ouverture sans conditions de l’espace Schengen, ainsi qu’une relance des discussions d’adhésion à l’UE. En échange, la Turquie accepte de reprendre chez elle tous les migrants partis de ses côtes qui ont débarqué illégalement en Grèce, les Européens s’engageant à donner un droit d’installation sur leur territoire à autant de demandeurs d’asile présents dans les camps turcs. Autrement dit, l’accord ne cherche même pas à limiter le flux des migrants – l’appel d’air n’a donc aucune raison de s’arrêter –, seulement à rendre leur itinéraire encore plus compliqué selon un mécanisme qui ne pouvait être inventé que par des technocrates déracinés et déconnectés du réel qui ne nous ont pas expliqué qui aura la responsabilité de ramener en Turquie les migrants clandestins… Et comble d’ironie et de déshonneur, nos eurocrates droits-de-l’hommiste ont réussi le tour de force de renvoyer des exilés dans un pays, la Turquie, qui ne reconnaît pas le statut de réfugiés aux demandeurs d’asile originaires du Proche-Orient !
 
Mais le plus scandaleux est que cet accord n’évoque pas l’effroyable exploitation des migrants, véritable trafic d’êtres humains qui est organisé à partir des côtes turques et que le gouvernement d’Ankara laisse faire, alors qu’il pourrait facilement le stopper s’il en avait la volonté, ce qui aurait été plus simple que l’accord absurde conclu le 18 mars !
Autre aspect que personne ne souligne : ce sont les États-Unis qui sont à l’origine du chaos en Irak, nullement l’Europe, qui n’est pour rien également dans la guerre civile syrienne, et c’est pourtant elle qui, non seulement en subit les conséquences en termes de migrations, mais encore est la seule à payer pour aider la Turquie à faire face à ce vaste mouvement migratoire : ne serait-il pas juste d’inviter les États-Unis à prendre leur part du fardeau ?
 
Enfin, pourquoi les migrants, qui sont à plus de 95 % musulmans, cherchent-ils absolument à quitter la Turquie, grand pays frère qui a une économie assez prospère ? Pourquoi n’essaient-ils pas de rejoindre les richissimes monarchies pétrolières du Golfe qui sont loin d’être surpeuplées et dont la responsabilité est fortement engagée dans la déstabilisation de la Syrie ? Et pourquoi ces pays ne manifestent-ils aucune solidarité avec leurs coreligionnaires ? Ces questions n’effleurent visiblement pas nos dirigeants européens, faibles, lâches, sans vision politique et toujours prompts à l’auto-culpabilisation.
 
L’UE ne défend pas ses peuples
C’est là le drame : l’UE, engluée dans son idéologie multiculturaliste, est incapable de défendre les intérêts fondamentaux de ses membres. L’enracinement, l’identité des peuples, la souveraineté des nations sont des notions qu’elle ne comprend plus, qu’elle combat même, et l’immigration est l’un des moyens de ce combat en même temps qu’une façon – neutre, pense-t-elle, puisque tous les hommes, de quelque origine, seraient interchangeables – de compenser la chute démographique du vieux continent, qu’elle n’essaie même plus de redresser – pensez donc, cela obligerait à défendre la famille traditionnelle tant honnie ! Ce faisant, l’UE apparaît de plus en plus clairement comme une technocratie foncièrement et viscéralement anti-démocratique, l’avis des peuples étant méprisé et le véritable pouvoir semblant toujours plus lointain et anonyme, concentré en une caste sans légitimité politique.
La belle idée européenne est, depuis l’Acte unique de 1986, menacée par une folle union qui écrase les peuples et les nations. Si l’on veut sauver l’Europe, il est temps de la construire sur d’autres bases.

Editorial, La Nef, avril 2016

Ouvrir enfin les yeux ?

Publié dans Du côté des élites
Ouvrir enfin les yeux ?
 
Depuis les attentats du 13 novembre à Paris, on assiste à un déchaînement effrayant de la violence islamiste.
En France même de façon récurrente maintenant, mais aussi partout dans le monde. Il ne se passe pas de semaine sans son cortège de victimes de cette nouvelle forme de barbarie.
En Europe, ces drames devraient normalement soulever une question évidente : n’avons-nous pas fait fausse route en favorisant une société multiculturelle, sans chercher à maîtriser l’immigration et en abandonnant peu à peu notre modèle d’assimilation puis d’intégration ?

Cette question, visiblement, demeure encore largement taboue, quand on voit que les autorités et les médias allemands ont essayé de passer sous silence puis de minimiser les agressions sexuelles infligées, lors du nouvel an, à nombre de femmes à Cologne et dans d’autres villes d’outre-Rhin. Rien à voir avec le traitement de la photo du malheureux Aylan, mort sur une plage turque à la fin de l’été : là, sans coup férir, toute l’intelligentsia s’est élevée comme un seul homme pour appeler à un accueil inconditionnel des "réfugiés" et flétrir l’égoïsme de ceux qui osaient seulement poser une question, procédant ainsi à une culpabilisation massive des pays occidentaux !
Cette différence de traitement de l’information en dit long sur la façon dont nos élites demeurent prisonnières de l’idéologie multiculturaliste. Elles sont bien les seules, car elles n’en subissent guère les conséquences, quand le peuple modeste, exposé en première ligne, en souffre particulièrement : on retrouve ici les fameuses "fractures françaises" bien mises en lumière par Christophe Guilluy, entre une France urbaine qui profite de la mondialisation et de l’ouverture des frontières, et une "France périphérique" de plus en plus déclassée.

Ces élites n’envisagent l’homme que comme un sujet bénéficiant de droits, chaque être pouvant être substitué à un autre, quelles que soient ses origines. Le patronat allemand avait besoin de main-d’œuvre pour faire tourner ses industries – main-d’œuvre que la jeunesse locale ne suffit plus à assurer puisqu’il n’y a plus d’enfants au pays de la réussite économique ? Aussitôt Angela Merkel s’est empressée de répondre aux vœux du patronat en annonçant que son pays était prêt, en pleine crise migratoire, à recevoir 800 000 personnes ! Après Cologne, nos amis allemands commencent à réaliser que toutes les cultures ne sont pas interchangeables ou compatibles entre elles et qu’elles peuvent même donner lieu à de sévères frictions.
Cela paraît élémentaire et pourtant comment oublier que l’on nous a chantés pendant des lustres – et cela continue – les bienfaits de l’immigration et du multiculturalisme – ceux qui émettaient des réserves étant immédiatement rejetés dans la catégorie infamante des "racistes" ? La réalité est que l’immigration est quasiment toujours la conséquence d’un drame humain et que la charité comme la compassion exigeraient de faire en sorte qu’elle puisse être évitée. Ne l’oublions pas, l’immigration extra-européenne répondait certes à l’origine aux besoins du patronat, mais aussi à l’idéologie culpabilisatrice de la haine de soi et du salut par l’Autre, forcément meilleur. Dans ce dessein, il y avait donc une volonté délibérée de détruire les identités nationales et tout enracinement jugé porteur de dangers "fascistes", relisez L’idéologie française (1981) de Bernard-Henri Lévy si vous en doutez !

Ce qui se passe en France et en Europe avec la présence de fortes minorités musulmanes issues de l’immigration, qui ne cherchent en rien à s’intégrer et encore moins à s’assimiler, va-t-il enfin ouvrir les yeux de ceux qui s’aveuglent depuis trop longtemps et qui nous ont conduits là où nous sommes ?
C’est un retournement complet qui est absolument nécessaire. Alain Finkielkraut a raison, nous devons être "intransigeants sur ce que nous sommes", ce qui suppose déjà de savoir ce que nous sommes et d’en avoir une légitime fierté, éloignée de tout orgueil. C’est en retrouvant notre héritage culturel – qui inclut le christianisme – et en nous appuyant sur lui que nous pourrons à nouveau envisager une véritable politique d’abord d’intégration puis d’assimilation pour ceux qui le souhaitent, nécessité vitale si nous voulons perdurer en tant que nation.

Paru sur www.lanef.net

Vous avez dit "Guerre" ?

Publié dans En France
Vous avez dit "Guerre" ?
 
Les massacres islamistes à Paris le 13 novembre ont monopolisé la scène médiatique si longtemps – même et surtout quand les radios et télévisions n’avaient plus aucune information nouvelle à transmettre, on aurait dit qu’il fallait néanmoins "occuper" l’antenne même pour ne rien dire ! – que l’on peut se demander s’il y a encore quoi que ce soit à ajouter. Beaucoup de choses pertinentes ont été lues ou entendues, mais noyées au milieu d’un embrouillamini de commentaires et témoignages indigents, si bien qu’il n’est peut-être pas inutile de rappeler quelques points essentiels au risque de n’être pas très original.

Une évidence semble désormais assez largement partagée : nous sommes en guerre !
Le 7 janvier n’avait pas suffi pour le faire comprendre, il a fallu un massacre supplémentaire pour que le Président lui-même en prenne conscience. Certes, il ne s’agit pas d’une guerre classique, armée contre armée, mais d’une guerre asymétrique contre un ennemi protéiforme et insaisissable qui est bien décidé à nous détruire. Si nous sommes en guerre, il faut en tirer les conséquences, à commencer par nommer l’ennemi (cela n’empêche pas de prier pour lui), qui n’est pas "le terrorisme" dû à quelques individus dérangés du cerveau, mais l’islamisme issu de courants musulmans reconnus qui ont pignon sur rue : salafisme, wahhabisme, Frères musulmans… Et ces islamistes ne sont pas les enfants des injustices sociales ou autres explications pseudo-marxistes d’un autre âge, ils trouvent dans l’islam radical une cause à leur mesure, ils sont rationnels, organisés et nous vouent une haine viscérale qui nous oblige à nous défendre en les éliminant !
Bien évidemment, il ne faut pas stigmatiser l’ensemble des musulmans – on aimerait toutefois un peu plus de réactions et de solidarité de leur part ! –, la majorité souffre de ces crimes abjects, mais il ne faut cependant pas se voiler la face : tous les terroristes sont des musulmans et c’est bien en tant que musulmans qu’ils nous attaquent et veulent notre mort, notre anéantissement !

Or, la peur de l’islamophobie empêche de bien comprendre cette réalité et bloque toute réflexion, tout vrai débat sur ce qu’est l’islam – de même que l’on raillait ceux qui craignaient que des terroristes se cachassent parmi les "réfugiés", cela faisait tache dans le tableau, hélas ! ce fut bien le cas. Affirmer sans cesse que "cela n’a rien à voir avec l’islam", comme on nous l’a sans cesse répété dans le passé, ou "refuser, comme l’affirme le communiqué du groupe “Concorde et Solidarité” de Lyon, les amalgames qui pourraient être faits entre terrorisme et religion musulmane", empêche les musulmans de se remettre en cause et de réfléchir sur une nouvelle et nécessaire interprétation du Coran aujourd’hui quasiment interdite. Les musulmans seuls peuvent réformer l’islam et on ne les aide pas en niant le réel : l’islamisme est bien une partie minoritaire de l’islam, même s’il n’en est évidemment pas le tout (et à voir certaines réactions, on ne peut ignorer la popularité des islamistes dans une partie du monde musulman). C’est aussi la seule façon d’aider les musulmans courageux qui acceptent de voir le mal et réfléchissent à la façon d’évacuer cette violence insupportable, présente aussi bien dans certains versets du Coran que dans la vie de Mahomet, le "bel exemple" pour tout musulman.

Face à la menace islamiste, la réaction des Français a été digne. On ne peut que se réjouir de la volonté unanimement affichée de ne pas céder à la peur et plus encore d’affirmer fièrement nos valeurs et nos modes de vie face à la barbarie de nos ennemis. Mais n’est-ce pas là que le bât blesse ? Quel est le mode de vie que nous voulons défendre ? Celui consumériste, matérialiste, hédoniste qui mène droit au nihilisme et qui n’a rien à offrir d’exaltant et d’alternatif aux futurs djihadistes de nos territoires ? Et quelles sont ces valeurs que nous plaçons si haut ? Faire des guerres injustes et absurdes derrière les États-Unis (Irak, Libye…), ignorer la pauvreté croissante, détruire toute morale en promouvant l’avortement, l’euthanasie, le "mariage" gay, la GPA-PMA, les manipulations génétiques… ? Il y a comme une incohérence chez certains chrétiens à prétendre préserver notre mode de vie quand c’est justement ce que les papes nous exhortent à remettre en cause ? La liberté et la défense de la dignité de la personne humaine, oui, ce sont là de nobles causes, mais c’est précisément ce que nous bafouons par la transgression de l’humain et la chape de plomb insupportable d’une pensée unique, alors même que le pouvoir est confisqué par l’oligarchie de l’argent !…
Si au moins ces horribles massacres pouvaient contribuer à faire bouger les lignes et permettre enfin un rapprochement international sur la Syrie entre les États-Unis, la Russie et la France. Combien de morts encore pour comprendre que Bachar El-Assad ne nous menace pas et que son alliance est nécessaire pour abattre Daech ? La France, dont la diplomatie n’a jamais été aussi inconsistante, sera-t-elle la dernière à le comprendre ?

Editorial paru sur www.lanef.net, décembre 2015

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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