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GROSJEAN Herve

GROSJEAN Herve

Né le 27 janvier 1978



Curé de la paroisse de Saint-Cyr l'Ecole


Secrétaire Général de la Commission "Ethique et Politique" du Diocèse de Versailles
     Dans ce cadre, il a fondé entre autres les Universités d'Eté "Acteurs d'Avenir" ( www.acteursdavenir.net )
     pour promouvoir la formation spirituelle et éthique des décideurs de demain.

Ordonné prêtre en 2004
Prêtre du Diocèse de Versailles


Anime avec deux confrères le Padreblog.fr

Ouvrages
Aimer en Vérité (2014) - Catholiques, engageons-nous ! (2016) - 

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5 octobre : être là

Publié dans A tout un chacun
La "Manif pour Tous" organise ce 5 octobre – à Bordeaux et à Paris – deux grandes manifestations. Faut-il y aller ? Pourquoi ? Que dit l’Eglise ?
Rappelez-vous : devant l’ampleur de la dernière manifestation, le gouvernement assurait qu’il renonçait à proposer la PMA (procréation médicalement assistée) pour les couples de même sexe. Il finissait même par abandonner son projet de "loi famille" très controversé. C’était une reculade et une belle victoire pour ceux qui avaient manifesté.
 
Des raisons sérieuses
La reculade du gouvernement a laissé beaucoup d’amertume chez ceux qui espéraient aller encore plus loin. Car beaucoup n’ont pas renoncé aux nouvelles transgressions de la PMA et de la GPA (gestation pour autrui). Les pressions sur le gouvernement continuent. Nous devons manifester notre vigilance face à ceux qui misent sur notre lassitude et jouent avec le temps.
 
Il existe également un autre sujet d’inquiétude. Madame Taubira n’a jamais voulu renoncer à sa circulaire sur les enfants issus d’une GPA faite à l’étranger. C’est pourtant une véritable hypocrisie. Tout le monde assure être contre la GPA qui conduit des femmes à louer leur ventre. Chaque semaine, de nouveaux scandales éclatent et nous font découvrir de véritables "usines à bébés" où des femmes pauvres sont exploitées. Car la marchandisation du corps de la femme et de l’enfant touche évidemment en premier lieu les plus fragiles et les plus démunis.
 
Pourtant, la circulaire Taubira encourage les services de l’Etat à reconnaître sans difficulté les enfants issus de GPA quand ils sont ramenés en France et à leur accorder la nationalité française. Autrement dit, on ne veut pas de GPA chez nous, mais non seulement on ne fait rien pour décourager les couples qui sont tentés de partir à l’étranger pour y avoir recours, mais on leur facilite en plus la démarche en leur évitant tout désagrément au retour !
L’argument invoqué est de ne pas vouloir pénaliser l’enfant, en faisant de lui un "apatride". Cet enfant a pourtant une nationalité, celle du pays de sa naissance. Il n’est pas apatride. En régularisant sans difficulté ces situations sous prétextes qu’elles existent, on les banalise et on encourage tout un système.
Encourager ceux qui contournent sciemment la loi et qui vont commettre à l’étranger un acte que nous réprouvons en France, est une faute grave.
Cette faute jette un doute sur le refus réel de la GPA par le gouvernement et pose de multiples questions. Que fait-on pour lutter contre cette démarche ? Que fait-on pour dissuader les couples d’y avoir recours ? Que fait-on pour empêcher les laboratoires américains de venir faire leur publicité sur les mères porteuses dans les palaces parisiens ? Que fait-on pour interdire aux couples fortunés d’aller s’offrir une GPA dans les pays pauvres ? La marchandisation du corps de la femme est-elle plus admissible quand elle a lieu à l’étranger ? Ne doit-elle pas être combattue réellement, en pénalisant ceux qui ont recours à ce nouvel esclavage ? Car la GPA est une forme d’esclavage des temps modernes. Il est urgent de l’abolir à son tour, et pas seulement en France mais partout.
 
Des personnalités de gauche ont récemment lancé un appel au Président de la République afin qu’il sorte de cette hypocrisie.
C’est un sujet qui transcende les partis et les religions.
C’est une question de dignité humaine et de justice ; elle nous fait redescendre dans la rue.
 
Un autre sujet nous mobilise enfin. Après le retrait des "ABCD de l’égalité", voici qu’on nous annonce leur retour début novembre sous la forme d’une "Plan d’action pour l’égalité". S’il s’agissait d’expliquer aux élèves l’égale dignité de l’homme et de la femme, nous serions heureux de soutenir cette initiative. Mais les documents pédagogiques utilisés, parfois même dans le mensonge vis-à-vis des parents, révèlent l’idéologie qui se cache derrière. Il s’agit en fait de gommer toujours un peu plus l’identité sexuelle et donc l’altérité.
Tout cela ne serait que "construction culturelle ou déterminismes". Il faudrait donc "en libérer" les élèves. C’est la fameuse théorie du "Gender". Que l’école commence par apprendre aux enfants à lire et à compter ! Qu’elle instruise nos jeunes et qu’elle laisse aux parents le soin de les éduquer, dans le respect des convictions qu’ils souhaitent leur transmettre. On ne fera pas progresser le respect de chacun et la conscience de l’égale dignité de tous, en installant la confusion dans les esprits. Il s’agit au contraire de travailler à mettre en valeur l’identité, la beauté et la spécificité de la femme et de l’homme.
 
Utilité de la manifestation 
Bien sûr, la manifestation n’est pas la seule forme de mobilisation. Mais elle est utile et même nécessaire, en complément du dialogue, des démarches plus personnelles… et de la prière !
Car le dialogue n’est pas facile avec ceux qui sont sous l’influence d’une forte idéologie sur ces questions sociétales. Certains ministres et leur entourage sont parfois très durs. Ils ne comprennent pas, ne veulent rien entendre et caricaturent leurs opposants. D’autres s’en moquent ou n’ont pas tellement d’opinion, mais vont dans le sens des vents dominants. Ils ne veulent pas de nouveaux conflits. D’autres enfin se montrent plus ouverts, mais se sentent prisonniers de la solidarité gouvernementale.
Les uns et les autres, de façon différente, réagissent donc au rapport de force.
Il faut accepter d’y entrer, de façon pacifique, ferme et paisible pour rendre ensuite le dialogue possible et trouver ensemble des solutions. Le rapport de force n’exclut pas le dialogue. Mais il est nécessaire pour le rendre à nouveau indispensable et l’encourager. Ce qu’on dit là du gouvernement pourrait s’appliquer aux responsables de l’opposition. Ils travaillent à préparer une alternance. Il est précieux de leur faire entendre que celle-ci ne pourra se fonder que sur un engagement réel en faveur de la famille. La famille ne sera jamais un sujet secondaire…
Manifester, c’est à la fois être exigeant et encourageant.
 
Que dit l’Eglise ?
Pas plus sur ces questions de filiation que sur le mariage homosexuel, l’Eglise n’entend prendre la tête des cortèges. Ce n’est pas une question confessionnelle. Sur ce sujet comme tant d’autres, beaucoup d’hommes et de femmes de bonne volonté peuvent se retrouver, croyants ou non.
L’Eglise continuera donc d’encourager chacun à prendre conscience des défis éthiques posés à la société. Elle éclairera les consciences et interpellera les pouvoirs publics dès que la dignité de la personne humaine sera en jeu. Elle ne peut que se réjouir de voir se mobiliser de nombreux Français, dont de nombreux jeunes, sur le sujet de la famille. Elle rappelle à chaque baptisé son devoir d’agir au service du bien commun, de le défendre et de le promouvoir. Elle fait confiance à chacun pour discerner les moyens les plus opportuns et les plus utiles. Parfois même, elle aide à discerner parmi ces moyens car même si une cause est bonne, tous les procédés ne sont pas légitimes. En fait, l’Eglise sera toujours présente pour encourager et accompagner tous ceux qui se mettent d’une façon ou d’une autre au service des plus petits, des plus fragiles et de la dignité de toute personne humaine.
Paru sur http://www.padreblog.fr/ - 25 septembre 2014

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