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GUILHOU Xavier

GUILHOU Xavier

Né en 1954


 

 

Directeur du Cabinet XAG Conseil
Spécialisé dans la prévention des risques
, le pilotage des crises et l'intelligence stratégique ainsi que les questions de diplomatie humanitaire et d’assistance stratégique aux Etats.

Docteur es Lettres et Sciences humaines
DESS de l’IEP de Paris

Expérience triple :
* Sur le terrain des crises internationales ainsi qu’aux niveaux étatique et interallié.
(Ancien responsable de la DGSE dans les années 1980, engagé dans la montée en puissance des Opérations Spéciales (COS) dans la décennie 90)
* Dans le monde de l’entreprise pour avoir exercé des  fonctions exécutives et opérationnelles
(Directeur général de filiale au sein du Groupe Hachette, directeur du marketing de Spie-Batignolles, directeur de la sécurité corporate de Schneider Electric, directeur du think-tank d’EuroGroup.
* Au sein du monde universitaire et des grandes écoles
 
Capitaine de vaisseau de réserve
Ancien auditeur de l’Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale (IHEDN).

Ouvrages
Ruptures créatrices avec Patrick Lagadec -éditions d'organisation 2000
Un monde à repenser  (avec Eric de la maisonneuve - éditions économica 2001
La fin du risque zéro  (avec Patrick Lagadec) (2002)
Voyage au coeur d'une implosion, ce que l'Argentine nous apprend (avec Patrick Lagadec et Laura Bertone) (2003)
Quand ONG et PDG osent (avec Jean Marie Aoust, Gilbert Canameras et Claude Revel) (2004)
Quand la France réagira.... (2007)
 
Nombreux articles
Interventions régulières sur les chaines de radio pour décrypter l’actualité internationale
Site
http://www.xavierguilhou.com
 
Distinctions
Chevalier de l’Ordre National de la Légion d’Honneur
Officie de l'Ordre National du Mérite
Croix de la Valeur Militaire avec citation
Croix du Combattant Volontaire
Commandeur du Mérite de l'Ordre Souverain de Malte

URL du site internet:

Brexit, Trump…

Publié dans Du côté des élites
Brexit, Trump …
"Vous avez dit bizarre … ? Comme c’est étrange … !"
(1) 
 
Les électeurs ne votent pas comme le souhaiteraient nos édiles. Quel drame ! Dans les faits, jamais le décrochage des opinions vis-à-vis des élites n’a été aussi flagrant. Ce qui s’exprime de façon explicite suite au Brexit, voire excentrique pour les Etats-Unis avec l’élection fulgurante de Donald Trump, s’applique désormais pour les pays européens, et particulièrement pour la France, dans la perspective des prochaines consultations de 2017. La crise de confiance est profonde, beaucoup plus que nous ne pouvons l’admettre dans les cercles encore lucides. Elle n’est absolument pas surprenante sur le fond. Cette crise génère pour le moment séisme politique sur séisme politique, en déjouant "l’arrogance des avis éclairés des chroniqueurs et sondeurs, tout en révélant une colère froide des peuples vis-à-vis du système …". C’est la version désormais reprise après chaque verdict, avec le même aplomb, par ceux-là même qui avaient affirmés l’inverse la veille…. Il faut bien expliquer pourquoi les électeurs ne sont pas allés dans la direction que nos experts et communicants  avaient assénés sur les ondes.
Mais ne nous leurrons pas, ces quelques réveils forcément "populistes", pour ceux qui méprisent les peuples, comme pour ceux qui cherchent à masquer leurs échecs, cachent en réalité un profond désarroi au sein des populations. Les marges de manœuvre pour sortir des impasses sociétales dans lesquelles nous sommes enfermés sont en réalité très étroites. Les électeurs le savent. Certes, ils sanctionnent les errements politiques au travers de votes compulsifs, mais en réalité ils sont résignés et peu enclins à faire la révolution. Ils ne sont pas forcément atones. Il suffit d’aller sur les réseaux sociaux et de suivre la mobilisation des collectifs. Ils sont justes profondément désabusés face aux dévoiements de nos démocraties par tous ces jeux d’oligarques qui sévissent sous toutes les latitudes. Ils sont résignés car ils savent qu’ils sont piégés financièrement par le déclassement généré par la pression fiscale, et démocratiquement par la tyrannie du jeu des partis. L’évolution des courbes de l’abstentionnisme depuis 15 ans dans la plupart des pays occidentaux est une bonne illustration de ces niveaux de décrochage des opinions partout en Occident.
 
Il faut avouer que la plupart des rendez-vous électoraux sont devenus des affrontements médiocres de mercenaires sponsorisés par des circuits essentiellement financiers… C’est un peu partout l’argent contre l’argent… Il n’est plus question de projets collectifs et d’avenir, juste de taux de croissance tristounets et de courbes de chômage mortifères que l’on instrumentalise et réassure avec des planches à billet devenues folles… Les rares politiques qui osent ouvrir le questionnement sur ces sujets sont immédiatement ridiculisés et marginalisés par tous les lobbies et réseaux qui vivent impunément de ces spéculations sous toutes les latitudes. Où est la démocratie lorsque ce ne sont que des jeux minoritaires, avec en arrière-plan des machineries électorales perverses, qui prennent en otage, voire spolient nos pays ? Nous n’avons plus que le choix entre la peste et le choléra. De fait, compte-tenu de l’état de nos dettes abyssales et du niveau de 'fractalisation' de nos sociétés, les peuples ont pris conscience du fait que ceux qui dirigent nos économies et notre devenir ont depuis longtemps démissionné, en abandonnant sur le champ de bataille des pugilats médiatiques la défense de nos valeurs et de l’intérêt général. Ils ont d’abord vendu à l’opinion la mondialisation heureuse et ils récidivent en mettant sur l’étal l’identité toujours heureuse… La question fondamentale n’est ni dans l’avoir, ni dans l’identitaire mais dans l’âme incarnée par une signature collective derrière des dirigeants honnêtes, désintéressés et surtout compétents. Rares sont ceux qui ont le courage de s’engager sur ce niveau de posture. La plupart préfèrent nourrir la machine à faire du bruit, ce qui permet de maintenir les opinions dans un niveau d’abêtissement, voire de manipulation, guère égalé dans l’histoire moderne, excepté pendant les guerres où la propagande et la désinformation constituent une règle de gouvernance. Nous pourrions presque penser que nos dirigeants sont entrés en guerre contre leurs propres peuples… Une sorte de guerre civile où la défense des valeurs serait devenue la vraie ligne de front.
 
Nos peuples savent qu’aujourd’hui l’avenir, comme l’enfer, n’est pavé que de bonnes intentions avec encore plus de dettes pour monnayer la sempiternelle paix sociale, plus de déficit public pour alimenter des Léviathans devenus incontrôlables, plus de multiculturalisme pour négocier une pseudo paix civile, plus de déchristianisation pour se garantir du radicalisme religieux, plus de monétarisation pour soutenir des faux taux de croissance, plus de migrations des sous continents qui convoitent notre bien être pour compenser nos effondrements démographiques et surtout plus de sécurité pour obtenir enfin ce "risque zéro" qui nous obsède tant. Dans les faits toutes ces gesticulations, pour ne pas dire ces impostures stratégiques, ne font que générer de la division, voire de la haine, et accélérer la destruction du modèle qui nous sert de socle et de référentiel.
 
Dans ce contexte qu’importe que la France soit heureuse ou malheureuse, elle n’est plus ce qu’elle fut et elle ne sait plus où elle va ! Le spectacle absolument consternant offert par l’égo de nos dirigeants, qui se complaisent dans des joutes fratricides par médias interposés, ne contribue pas à résoudre les niveaux de défiance atteints au sein de notre semblant de démocratie, sur fond de monarchie républicaine. Vu le temps qu’ils passent sur les plateaux de télévision et sur Twitter pour "se raconter" nous pouvons honnêtement nous interroger sur le temps qu’ils consacrent réellement à leurs missions… Bien entendu la formulation de tels constats est forcément inacceptable au regard des conventions politico-médiatiques. Jamais l’encéphalogramme n’a été aussi plat sur les plans philosophiques, littéraires, artistiques et encore plus politiques alors que la situation exige plus que jamais d’être réaliste, imaginatif, audacieux et responsable. Mais il semble qu’il ne peut y avoir de place que pour des optimistes béats ou des pessimistes accrédités… Or la réalité est impitoyable !
 
Cette réalité, c’est celle d’une longue déconstruction de l’hégémonie oligarchique occidentale qui est entamée depuis plusieurs décennies, bien avant la chute du mur de Berlin ou le 11 septembre qui ne sont que des étapes. Nous feignons chaque fois d’être pris de court. Certes l’effet de surprise est constitutif des crises et il n’est pas interdit de se tromper. Il est plus difficile d’admettre la récidive et il est préférable de ne pas s’obstiner dans l’erreur. Le Brexit, l’élection de Trump, n’ont rien de surprenants sauf pour ceux qui ne voyagent pas, qui n’écoutent pas et qui "savent" mieux que ceux qui vivent dans les pays concernés. Demain, la sortie de l’Allemagne de l’Euro, après demain, l’implosion des pays du bassin méditerranéen et le retour d’un califat ottoman sont autant de scénarios inconcevables mais fortement probables. Allons-nous continuer à pleurnicher chaque fois qu’il y a selon la terminologie des clercs "une surprise stratégique" ou bien faire preuve de lucidité et "d’anticipation stratégique" ? Souvent le discours sur les effets de surprise dans les crises ne fait que révéler les niveaux d’enfermement de la pensée, les blocages idéologiques, l’obsolescence des filtres de raisonnement et la pauvreté des grammaires utilisées dans les évaluations des situations. Les deux fausses surprises que nous connaissons avec le Brexit et l’élection de Trump sont la caricature de ces dérives. Pourtant ces deux évènements, comme ceux qui vont suivre, s’inscrivent dans un temps long : celui des conséquences de la résignation face au nihilisme contemporain, de la démission en termes d’exercice de la puissance et de l’auto destruction de notre mode de civilisation.
 
Ne nous méprenons pas le Brexit n’est qu’un pis-aller pour sauver la perfide Albion du suicide européen. Trump ne sera ni Superman ni Batman pour sauver l’oncle Sam des maléfices du "système". S’il arrive à éviter aux Etats-Unis un effondrement financier ce sera déjà de l’ordre de l’exploit.La sortie à venir de l’Allemagne de l’Euro, voire un rapprochement stratégique avec la Russie, sont inhérents à la fin imminente des accords de Yalta et à cette nostalgie de la Sainte alliance que nous ne pouvons plus sous-estimer. Les scénarios inconcevables ne manquent pas. La situation n’exige ni la force du gladiateur ni l'âme du poète. Elle demande juste de la force d'âme pour réinsuffler cette espérance perdue et cette intuition stratégique qui nous font défaut face à un monde en profonde transformation. Les solutions ne sont pas uniquement dans les mirages des ruptures technologiques et dans les miroirs aux alouettes des économistes. Elles sont dans la robustesse de nos socles de valeurs, la résilience de nos modes de pensée et dans les fondements chrétiens de notre civilisation. Il faut choisir entre le suicide collectif et la renaissance de notre civilisation. Entre les deux il faut juste réapprendre à survivre avec les réalités d'un monde en déconstruction dans lequel la position de chaque acteur est de nouveau négociable. C'est pour cela que nous ne sommes qu'au tout début d'une certaine intensité sismique sur le plan géostratégique que nos experts qualifient mollement d’incertitudes.
 
Ce constat n’est pas évident à entendre et à admettre pour des sociétés opulentes, déconnectées des réalités du monde, dépressives et désenchantées, qui ont privilégié le principe de précaution à la prise de risque, l'angoisse au courage. Notre défi est maintenant de trouver les hommes et les femmes qui auront le courage de mettre les vraies questions à l'agenda et qui sauront incarner cette force d'âme indispensable avec droiture, abnégation et détermination. Les échéances électorales qui arrivent en Europe vont constituer à ce titre un formidable rendez-vous stratégique.  Soit ce sera celui courageux de la responsabilité et de la lucidité. Soit ce sera celui infantile de la poursuite des dénis, de la fuite en avant et de l'imposture. N'oublions pas, quels que soient les discours sur le réveil des peuples, que nous sommes toujours à un moment jugés par l'Histoire, et que les générations futures ne nous pardonneraient pas nos défauts de lucidité et notre lâcheté sous le prétexte que nous aurions été surpris.
 
(1) Cf. Louis Jouvet dans "Drôle de drame" "bizarre, bizarre, dites-moi j’ai dit bizarre… comme c’est étrange… moi j’ai dit bizarre… comme c’est bizarre…". Film de Marcel Carné – 1936

La chute du mur de Bruxelles

Publié dans Avec l'Europe
La chute du mur de Bruxelles
 
"Messieurs les Anglais, tirez les premiers !" 
A l'aube du 24 janvier, la première salve a mis à terre les premières lignes de l'article 50 du traité de l'UE, à la grande surprise des pays européens qui ne croyaient pas que le Royaume-Uni oserait, une fois de plus. C'est méconnaître les Britanniques dont la devise de leurs unités d'élite, les fameux SAS, est, ne l'oublions pas, "Qui ose gagne !". L'Union européenne vient juste de perdre l’adhésion de la 5ème place financière et de la 8ème puissance au monde (1) ainsi que 15 % de son budget, anecdote de l'Histoire.
En fait, nous commençons à assister avec le résultat cinglant de ce référendum à une nouvelle chute d'un mur, celui de Bruxelles !
 
Tous les chroniqueurs commentent les effets possibles, cherchent les causes, s’agitent autour du désarroi des politiciens de tous bords qui n’ont pour la plupart rien anticipé, persuadés que les Britanniques resteraient "raisonnables"… Bien entendu, tout est de la faute de David Cameron, de la trahison de ces vieux "égoïstes" qui ont voté contre ces pauvres jeunes "cosmopolites", de l’instrumentalisation de l’immigration par les partisans du "Leave" et bien entendu de ce monstre orwellien qu’est devenue la technocratie bruxelloise. Tous ces fautifs sont devenus en quelques heures les nouveaux boucs émissaires à sacrifier sur l’autel de l’Histoire afin d’exorciser cette "étrange défaite" (2) des élites européennes. Ces dernières se sont bunkerisées dans une vision uniquement économique du référendum alors que la question posée est existentielle et politique. Elles étaient tout simplement "hors sujet", une fois de plus. De fait, l’état de confusion qui transparait sur les ondes au lendemain de ce séisme démocratique révèle non seulement l’état de surprise de nos décideurs mais surtout l’absence sidérale de stratégie. Pour autant, quels que soient les constats que nous pouvons faire et les développements à venir, que signifie sur le fond ce Brexit?
 
De quoi s'agit-il ?
En fait il n’y a rien de vraiment surprenant (3). Nous ne sommes que dans la continuité de ce processus de déconstruction, auquel nous assistons passivement depuis 30 ans, de tous les protocoles qui ont permis à notre monde occidental de concentrer les facteurs de pouvoir et de puissance depuis plusieurs siècles (4). Les cadres mis en place au fur et à mesure de tous nos accidents historiques : traités de Vienne, de Versailles et de Yalta sont désormais tous en logique de défaisance tant en termes d'autorité et de légitimité que de crédibilité. Derrière la chute du mur de Berlin, les peuples de l’Europe de l’Est, fortement soutenus par l’Ostpolitik d’Helmut Khôl et la "guerre des étoiles" de Ronald Reagan, ont provoqué la fin du communisme et la désintégration de l’URSS. Avec la chute du mur de Bruxelles, qui ne fait que commencer, les peuples de l’Europe de l’Ouest, sous la pression de la crise financière et des flux migratoires provoquent la fin de l’ultralibéralisme et la désintégration de l’Union européenne. Nous assistons juste à la mort des deux protocoles, déclinaisons de ces deux grandes idéologies de masse du siècle dernier que sont le capitalisme et le communisme, incarnées par les deux grands empires que furent les Etats-Unis et l’Union soviétique, dont la toute-puissance s’est affirmée sur les cendres de nos guerres fratricides en Europe. De la même façon, nous assistons sur le Proche et Moyen-Orient à la fin des accords Sykes-Picot comme à ceux du pacte du Quincy, qui furent les avenants des traités de Versailles et de Yalta, avec en contrepartie le retour des empires centraux…
 
L’Union européenne, qui est née de cette stratégie d’indivision mise en place par les alliés derrière les accords de Yalta pour empêcher l’Allemagne de redevenir un empire central, ne pouvait pas survivre à la chute du mur et à la réunification. Ce n’était qu’une question de temps. Les circuits financiers ont cru avec la chute du communisme que leurs stratégies avaient vaincu le "mal" à coup de dollars, de dettes et de bulles spéculatives. Persuadés qu’il n’y avait pas d’autre modèle viable et durable que le seul libéralisme économique, ils ont provoqué par leur vanité et leur cupidité la désintégration du modèle démocratique européen en moins de deux décennies. Le Brexit n’est que la résultante de la désanctuarisation de l’Occident au travers de la mondialisation, de l’ouverture des frontières et de la montée des flux migratoires, ainsi que des excès provoqués par les dérégulations et la financiarisation de nos économies. La chute de Lehmann Brothers peut être considérée, au même titre que le fut le retrait de l’armée soviétique d’Afghanistan en 1988, comme le second signal annonciateur de la mort de ces stratégies périphériques qui ont contenu l’Europe, certes dans l’opulence pendant 70 ans, mais dans une impuissance dangereuse et insoutenable face aux nouvelles réalités mondiales.
 
Contrairement aux affirmations des politiques et des éditorialistes, les peuples ne sont pas idiots. Ils peuvent avoir des intuitions salvatrices. Ce n’est pas parce qu’ils ne votent pas comme le souhaiteraient les élites au pouvoir qu’ils ne doivent pas être entendus et respectés. Le risque de dénaturer, voire de neutraliser, le peu de démocratie qui demeure encore actuellement dans nos pays n’a jamais été aussi fort tant au sein des synarchies qui contrôlent les rouages de l’Union européenne que des collectifs ou partis populistes qui surfent sur l’instabilité des convulsions politiques et sociétales que nous commençons à connaître. Nous vivons juste le début de la fin du "plus jamais ça " et le retour de l’imperium allemand sur le continent européen. Pour les Anglais, cette domination qui s’exprime en grande partie au travers des réglementations et contrôles imposés par Bruxelles, est tout simplement insoutenable sur le plan existentiel et stratégique. C’est historique et génétique : le Royaume-Uni, qui a la nostalgie de l’Empire, ne peut admettre d’être le vassal de l’Allemagne, sous prétexte d’être européen. C’est bien pour cela qu’il n’a jamais souscrit à l’Euro. Angela Merkel et surtout Wolfgang Schäubleont parfaitement compris le message.
 
De fait, les Anglais préfèrent revenir aux bases du souverainisme et au vieux bilatéralisme plutôt que de se laisser enfermer dans un pseudo fédéralisme qui n’en n’est pas un. Ce n’est pas le choix des Français qui préfèrent une forme de subordination passive afin de pouvoir couvrir les chèques sans provision de leurs dirigeants qui partent toujours du principe, comme l’avait affirmé Clemenceau au moment des "réparations", que "l’Allemagne paiera ! ". Les Anglais n’ont jamais oublié que l’infantilisme politique des Français face à l’imaginaire dominant allemand a toujours mené l’Europe à la guerre. C’est pour éviter cela, pour travailler la résilience et faire émerger une nouvelle maturité politique de part et d’autre du Rhin,  que le traité de l’Elysée a été conçu par les membres fondateurs de l’Union européenne. Mais c’est parce que sur le fond la substance de cette relation franco-allemande s’est progressivement vidée de sa substance que le Brexit a pris cette dimension sismique, au grand étonnement des élites européennes qui vivent dans leurs bulles technocratiques et médiatiques. Ces dernières n’ont pas perçu le décrochage des opinions et les peurs séculaires des peuples qui n’ont rien oublié des convulsions fratricides de ce vieux continent et son potentiel en termes de répliques mortifères. Pourtant tout est là pour rappeler aux peuples la fragilité de leur état entre les commémorations permanentes et les bruits de bottes à seulement deux heures de nos capitales dans les Balkans, sur la Mer noire, sur les rivages de la Méditerranée ou sur la Baltique.
 
Quel jeu d’acteurs ?
Il est très plaisant d’observer les politiques déclamer avec beaucoup d’assurance "il nous faut une autre Europe " "il faut inventer une nouvelle Europe ", "il faut de nouvelles institutions à l’Europe",  comme si notre vieux continent était un sujet fini, homogène et stable. Tous ceux qui ont travaillé sur cet espace savent qu’il n’en n’est rien. Au contraire, c’est sûrement l’espace-temps le plus complexe à gérer sur le plan économique et le plus difficile à piloter sur le plan politique tant la diversité des cultures, des histoires, des peuples est dense et éclatée sur le terrain. De fait, les jeux d’acteurs ne peuvent être simplifiés en observant le seul fonctionnement de l’Union européenne qui ne reste qu’une vitrine virtuelle, les décisions se prenant ailleurs. Il suffit de fréquenter les couloirs de Bruxelles, notamment ceux de la Commission avec ses jeux de lobbies qui dominent en arrière-plan chaque négociation, pour comprendre la réalité et la complexité des niveaux d’affrontements intergouvernementaux et surtout l’importance des stratégies nationales, voire régionales, dans ce maelstrom de 27 nations, dont les intérêts particuliers sont de plus en plus supérieurs aux intérêts généraux. Il suffit de suivre les confrontations au cours de ces derniers mois sur l’immigration et sur la non gestion de l’espace Schengen tant sur les rives de la Manche, les rivages de la Méditerranée que sur les marches des pays du groupe de Višegrad, pour avoir une illustration souvent consternante de ces réalités… L’Allemagne n’est pas la dernière à montrer l’exemple sur ces sujets avec sa stratégie unilatérale et sans concessions qui va bien au-delà la question de l’encadrement des déficits budgétaires et les politiques d’austérité tant décriés notamment par les Français…
 
Dans ce jeu d’acteurs, le Royaume-Uni est maître de l’agenda et piège le vieux continent. Puisqu’il souhaite redevenir souverain, il n’a pas d’autres choix que de privilégier en premier lieu sa stabilité politique interne et de contenir les pulsions de séparatismes manifestées par l’Ecosse et l’Irlande du nord. L’UE attendra que les partis anglais aient d’abord redéfini leur mode de fonctionnement et que le pays puisse retrouver sa robustesse légendaire. Contrairement à ce que pensent les chroniqueurs, le Royaume-Uni est en position de force. L’Allemagne n’a pas d’autre choix que de patienter, la France n’a pas d’autre issue que de s’agiter, l’Italie n’a pas d’autre voie que de se préparer à une crise majeure. Ces trois pays fondateurs sont de plus contraints par leurs propres agendas électoraux avec des dirigeants qui sont en perte de crédibilité et de légitimité tant au sein de leurs majorités que vis-à-vis de leurs électeurs. Ils ne peuvent même pas bénéficier du support de leur principal allié qui est lui-même engagé dans une bataille électorale peu banale pour la fin 2016 avec le duel Trump / Clinton. Ces convergences d’agendas électoraux ne peuvent que faire le jeu des Anglais !
 
En marge de ces jeux de majors, les "petits pays" peuvent surprendre à l’instar de ce qui s’est passé lors de la chute du mur de Berlin. N’oublions pas qu’au-delà la dissolution de la RDA, il y a eu la décomposition de la Tchécoslovaquie en deux pays, la sortie très rapide de la Hongrie du PAVA, puis des pays baltes, ainsi que l’implosion de l’ex Yougoslavie, le tout en quelques mois… Beaucoup pensent que cet effet domino n’est pas possible au sein de l’UE, que la comparaison n’est pas transposable à l’onde de choc du Brexit et que finalement les conséquences seront mieux contenues et maîtrisées car l’Europe est beaucoup plus puissante économiquement que ne l’était l’URSS… Pourquoi pas, les Soviétiques raisonnaient de la même façon, ils étaient persuadés que l’Armée rouge était toute puissante et que personne ne pourrait la défier sur leur espace vital. Au moment de la chute du mur, les dirigeants se sont réunis pour tenter de montrer un front uni, mais ils sont restés atones, contemplant le jeu de domino qui se déroulait sous leurs yeux impuissants. De même, ils ont vu émerger des dirigeants qui étaient inconnus. Il serait peut-être intéressant et prudent de suivre ce que vont faire des pays comme les Pays-Bas, l’Espagne toujours ingouvernable avec un risque de 'fractalisation' régionale, et de façon peut-être inattendue, les pays du groupe de Visegrad ainsi que les pays de la Baltique qui ne partagent absolument pas les postures dominatrices des majors de cette crise. N’oublions pas par ailleurs que la Grèce reste en embuscade et qu’elle pourrait de nouveau relancer une sortie de l’Euro, voire de l’UE, du fait de l’intransigeance de ses créanciers, le passage des échéances de juin ayant été de nouveau très critique… 
 
Enfin, ne perdons pas de vue, au-delà les jeux internes au sein de l’UE, ce qui se joue sur la périphérie de l’Europe. Le Brexit ne peut que favoriser les postures d’affirmation des puissances centrales sur la Méditerranée orientale (Russie, Turquie, Iran), surtout avec le repositionnement américain, engagé par l’administration Obama, qui est en cours sur le Proche et Moyen orient (5). Il ne peut que donner également des idées aux Asiatiques (Chine, Japon, Corée) afin de récupérer au moindre coût nos actifs ou territoires stratégiques fragilisés par les divisions. Nous pouvons leur faire confiance pour savoir utiliser les fenêtres d’opportunité générées par notre absence de stratégie, nos indécisions et notre impuissance. Il suffit de suivre les réunions qui se succèdent à Bruxelles avec désormais les 28 moins un de l’UE pour se rappeler cette phrase de Sénèque résumant ainsi l’effondrement de l’empire romain : "Le Sénat se réunissait mais ne décidait plus". Les marchés ne s’y trompent pas avec l’équivalent de deux fois la valeur du PIB français détruit en 48h et l’intervention massive des banques centrales, d’autant que le Brexit rouvre le dossier d’une nouvelle crise bancaire mondiale avec en arrière-plan la question de l’état des dettes souveraines et des "shadow banking" (6) qui pourraient s’avérer beaucoup plus critique qu’en 2008… Mais nos dirigeants n’y croient pas, à l’instar des dirigeants communistes qui ont mis du temps à comprendre que l’URSS était morte avec la chute du mur de Berlin… Il a fallu 20 ans aux Russes pour l’admettre tant les croyances étaient ancrées dans leurs cerveaux… Il est possible qu’il faudra de nouveau l’espace d’une génération pour amortir les effets de nos propres croyances qui placent les vertus du couple croissance / dette au-dessus de tous les référentiels de vie.
 
Où sont les pièges ?
Le premier serait d’imaginer que les Anglais vont revenir sur leur décision, qu’ils rejoindront la rationalité des technocrates bruxellois et qu’ils feront plaisir à nos politiciens afin que ces derniers puissent brandir cette victoire à la Pyrrhus pour tenter de se faire réélire en 2017. Les Anglais ne sont pas aussi irrationnels qu’ils le laissent paraître au travers de leurs débats et postures extravagantes vis-à-vis des peuples de notre vieux continent. Tout choix commence par un renoncement. Il faut parfois savoir perdre pour mieux gagner. Désormais, pour retrouver un peu de souveraineté il y a un coût à payer. Jadis, il fallait passer par une guerre, aujourd’hui il faut juste savoir divorcer entre Etats au bon moment et avec un bon "disagio" (7). Nous pouvons faire confiance à la perfide Albion pour savoir gérer ses intérêts.  Elle l’a fait récemment à Hong Kong face à la Chine, elle devrait pouvoir le faire face à l’Allemagne.
 
Le second serait de sous-estimer les effets dominos, collatéraux et la rapidité des effets en chaîne produits par cette crise. Lors de la chute du mur de Berlin tout le monde a été surpris par la pression des peuples pour aller vers plus de liberté et pour fuir le communisme. Il se peut que le mouvement engagé par le Brexit réveille de nouveau une forte aspiration vers plus de liberté et pour un rejet massif de l’enfermement orwellien imposé par les marchés et les technostructures ultralibérales de Bruxelles. Les signaux faibles sont présents dans tous les pays européens et il suffit de très peu de choses pour que des vagues de fond se révèlent. Après, personne ne peut augurer de ce qu’elles pourront produire. Dans les années 90, elles ont été canalisées par un Helmut Kohl visionnaire au travers l’Ostpolitik et par la reconstruction qui avait été anticipée. Actuellement, personne ne peut affirmer qu’il y a réellement une vision et un pilotage de la crise, du moins pour le moment, les Allemands restant toujours très secrets et prudents sur leurs stratégies moyen / long terme.
 
La troisième serait de surestimer la robustesse de nos sociétés face à cette implosion du système européen. Nos gouvernances sont faibles, très faibles. Nos systèmes bancaires sont très vulnérables malgré toutes les précautions prises pour ne pas réitérer les frayeurs de 2008. Des pans entiers de notre patrimoine économique, notamment en France du fait de notre perte de compétitivité, sont "ramassés" chaque semaine par des investisseurs étrangers. Par ailleurs, les pressions sécuritaires et migratoires au sein de nos sociétés sont de plus en plus vécues comme insupportables par les populations qui ont compris que leurs espaces–temps étaient désormais totalement désanctuarisés. Le Brexit, au-delà l’éclatement de l’Union européenne, pourrait très bien générer des convulsions internes au sein de nos pays, le Royaume-Uni n’étant pas exempt de ce type de pulsions avec les séparatismes écossais et notamment irlandais, qui a alimenté encore très récemment une guerre civile très meurtrière. L’Europe a déjà connu maintes fois ce type de scénario où avant de s’affronter entre pays, les effondrements sur les champs de conviction se sont d’abord traduits par des guerres civiles dramatiques. Tous nos traités, de Westphalie à Yalta, n’ont eu de cesse d’essayer d’apaiser nos divisions et pulsions fratricides (8). N’oublions pas que tous ces artifices juridiques sont très fragiles et que tous les demi-siècles ils ont été pulvérisés par les nationalismes et les totalitarismes de toute sorte chaque fois que la lâcheté l’a emporté sur la lucidité et le courage.
 
Qui peut faire quoi ?
Tout le monde a bien compris que derrière les résultats du Brexit sonnait le clairon annonçant la mort du "plus jamais ça". Angela Merkel l’a rappelé en premier dès l’annonce des résultats, consciente de la responsabilité qui pèse sur ses épaules. L’Anglais a certes ouvert la boîte de Pandore, mais qui pouvait le faire mieux que lui ? Il a dans ses gènes cette culture de l’audace et du risque qui le caractérise. Perdre ne lui fait pas peur, c’est juste une question de survie et de dignité… Le Français, malade de l’Europe, comme d’habitude va essayer de jouer toutes les combinaisons et alignements possibles, non pas pour tenter de sauver l’UE dont il se moque, mais pour sauver les élections présidentielles à venir… Il a tout à perdre et constitue indéniablement le maillon faible du dispositif. Sa seule tactique est de prendre tout le monde en otage en jouant médiatiquement la victime idéale afin d’éviter d’être le prochain sur la liste (9). Dans cette perspective, plutôt que discourir sur un éventuel "Frexit", il devrait surveiller de près Wolfgang Schäuble qui ne supporte plus notre incapacité à réformer le pays….
 
Quant à l’Allemagne, elle a de nouveau toutes les cartes en main, comme lors de la chute du mur. Aujourd’hui les dirigeants allemands sont face à une nouvelle échéance stratégique avec la mise en échec de cet ultralibéralisme qui a pris les commandes du fonctionnement de notre coexistence européenne. Sauront-ils et auront-ils le temps de mettre en œuvre une stratégie d’apaisement et de reconfiguration politique des institutions et du fonctionnement européen ou seront-ils ceux qui annonceront, comme Gorbatchev et Eltsine pour le communisme, l’acte de décès du rêve européen ?  
Angela Merkel finira peut-être paradoxalement comme son homologue russe avec un prix Nobel de la paix tout en ayant contribué à rouvrir la boîte de Pandore des convulsions fratricides européennes. Tout repose sur ses épaules, l’Europe étant désormais plus allemande qu’européenne. Dans ce contexte, les Anglais n’ont fait que remettre à l’ordre du jour les vieilles questions de souveraineté et de gouvernance posées depuis 1870 et qui n’ont jamais été véritablement réglées sur le fond. Telle est la morale du Brexit : il ne s’agit que d’un simple retour à la case départ pour tout le monde ! Les masques tombent, l’Histoire toujours tragique frappe de nouveau à nos portes.
 
(1) Le Royaume-Uni avec un PIB de 3 000 milliards en 2016 est classé à la 8ème position en termes de parité de pouvoir d’achat et à la 5ème position en termes de PIB nominal, soit un PIN par habitant de 47 200 $.
Cf.
http://www.lemoci.com/fiche-pays/royaume-uni
(2) Relire à cet effet "L’étrange défaite" de Marc Bloch
(3) Cf. Edito de Xavier Guilhou – septembre 2015 "L’Europe est morte… Vive l’Europe !"

http://www.xavierguilhou.com/Clients/Guilhou/site_xavier.nsf/Libs/PDF.img/$FILE/L-Europe-est-morte.pdf

(4) Cf. "Qu’est-ce qui nous arrive ? Peut-on encore choisir notre avenir ? "Réflexions à plusieurs mains avec et sous la direction de Mac Halévy. Editions Laurence Massaro juin 2016.
(5) Edito Xavier Guilhou : "Grèce, Ukraine, terrorisme, ils n’oseront pas" fév. 2015

http://www.xavierguilhou.com/Clients/Guilhou/site_xavier.nsf/Libs/PDF.img/$FILE/Ils%20n%20oseront%20pas.pdf

(6) La finance de l'ombre ou shadow banking, finance fantôme ou encore système bancaire parallèle, désigne l'ensemble des activités et des acteurs contribuant au financement non bancaire de l'économie.
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/08/25/20002-20150825ARTFIG00105-shadow-banking-tout-comprendre-sur-la-finance-de-l-ombre.php
(7) Disagio : terme d'origine italienne, utilisé dans le monde du trading, et désignant la différence pouvant exister entre la valeur nominale d'un bien, et sa valeur réelle.
(8) Cf. Henri Kissinger. "L’Ordre du monde",
(9) Cf. édito de Xavier Guilhou "Prises d’otage…ou archaïsmes suicidaires" juin 2016

http://www.xavierguilhou.com/Clients/Guilhou/site_xavier.nsf/Libs/PDF.img/$FILE/Prises-otages-ou-archaismes-suicidaires.pdf

... ou archaïsmes suicidaires ?

Publié dans De par le monde
Prises d’otages ... ou archaïsmes suicidaires ?
 
Ce qui est frappant lorsque l’on suit l’actualité, au-delà les commentaires souvent insignifiants sur les jeux d’acteurs politiques, c’est la relative convergence des diagnostics et des analyses sur l’état aussi bien de notre pays que du monde. Il en ressort implicitement une atmosphère malsaine, comme si un chapelet de catastrophes inéluctables nous guettait pour ne pas avoir su anticiper les évolutions de l’Histoire qui s’imposent depuis plusieurs décennies. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir énoncé ici et là, dans des milliers d’éditoriaux, de reportages, de colloques et de débats les trains de réformes indispensables et les transformations à mettre en œuvre à tous les niveaux (transition énergétique, changement de modèle sociétal, mutation de nos matrices économiques et éducatives, révolutions technologiques etc.). Certes, des changements majeurs ont lieu, et le monde se transforme à très grande vitesse, mais ils semblent encore imperceptibles ou insuffisamment audibles pour s’imposer face aux convulsions excentriques, parfois mortifères, de ceux qui savent qu’ils sont condamnés à disparaître mais qui saturent nos écrans. Ces derniers, de plus en plus marginaux, ont décidé clairement de prendre en otage nos sociétés, avec le support de médias en quête permanente d’audience et la complicité de politiciens, souvent cyniques, qui savent instrumentaliser ces archaïsmes, la plupart du temps suicidaires pour nos démocraties, uniquement pour des finalités électorales futiles et sans avenir.
 
Serait-ce finalement le prix à payer ?
Prenons quelques exemples qui nous concernent directement dans l’actualité récente : la France, avec ces démonstrations de violence de l’ultra gauche et de ses affidés trotskistes, lambertistes, zadistes, anarchistes, communistes dans les rues face à ce qui reste des vestiges de 68 au sein du pouvoir et de la vieille S.F.I.O incarnée par des "frondeurs" qui ne représentent qu’eux-mêmes sur les plateaux de télévision, est prise en otage par des minorités syndicales et politiques qui représentent à peine 15 % de la population. Ces groupuscules, très idéologiques, et ces minorités politiques très affaiblies en termes d’adhésion populaire, pratiquent le déni de réalité et bloquent ostensiblement tout changement. Nous sommes dès lors confrontés à des stratégies de "bluff" où les uns et les autres, souvent de façon convergente sur le fond, même s’ils donnent l’impression de l’inverse au travers des joutes médiatiques, jouent leurs va-tout face à la fin d’un temps. C’est celui des accords de 1946 pour les syndicats révolutionnaires. La CGT, notamment, sait très bien qu’une transformation du Code du travail signe définitivement son arrêt de mort. C’est celui aussi des fondements de la S.F.I.O et du marxisme léninisme. Ces derniers se dissolvent dans une société digitalisée et noétique qui ne raisonne plus en lutte des classes mais en réseaux intelligents avec d’autres formes de solidarités interactives. Pour préserver leurs acquis, ces dispositifs qui sont condamnés inexorablement à disparaître assez rapidement, sont prêts à entraîner la France dans la catastrophe, juste pour conserver leurs prés carrés en termes de pouvoir. Pendant ce temps, 80% des français sont engagés sur d’autres paradigmes de vie et aspirent à un autre modèle de société et de gouvernance pour appréhender le futur... Pour autant, quelques nostalgiques du "grand soir" se complaisent dans le drame national en espérant jouer enfin les partitions d’une insurrection générale qui leur permettrait de renouer avec les pages sordides de 1791.
 
Sur le plan européen, les institutions sont-elles aussi prises à la gorge par des jeux singuliers et particuliers qui ne peuvent que déboucher sur une implosion à terme de l’Union Européenne telle que nous la connaissons. Le Royaume-Uni avec le Brexit prend en otage à sa manière l’UE pour obtenir un statut particulier afin d’affirmer globalement son leadership financier et bancaire. Quel que soit le résultat du référendum sur le plan institutionnel, les conditions générales ne seront valables que pour l’Europe continentale et il n’y aura que des conditions particulières pour la "perfide Albion" et surtout pour la City. Dans cette perspective, il est préférable que les anglais sortent de l’Union si telle est leur vision de la solidarité européenne.
Il en est de même pour la Grèce, qui est strangulée par la Troïka avec l’instrumentalisation de sa dette, permettant ainsi à l’Allemagne et aux réseaux financiers américains d’obtenir par défaut de paiement une sorte de nantissement déguisé de tous ses actifs stratégiques (1), en particulier de ses potentiels gaziers en Méditerranée orientale [au même titre que pour Chypre qui est engagée actuellement dans un processus de réunification avec la Turquie (2)]. A un tel niveau de spoliation, il serait préférable pour la Grèce de quitter l’Euro et de sortir de l’UE. C’est bien ce qui inquiète le FMI et motive par ailleurs Vladimir Poutine pour venir en aide à son frère orthodoxe (3)
 
Que dire par ailleurs de la gestion des migrations avec la confrontation entre l’Allemagne et les pays de Visegrád qui n’ont plus la même façon d’appréhender les accords de Schengen ? Les uns sont derrière Angela Merkel pour répondre aux besoins en main d’œuvre de l’industrie allemande, les autres se regroupent derrière les nationalistes autrichiens, hongrois et polonais tétanisés par le syndrome du "siège de Vienne" par les Ottomans (4)... Fort de ces divisions historiques et de ce traumatisme démographique sur le Mittleuropa (5), Erdogan joue sur les peurs ancestrales pour alimenter quotidiennement un chantage sur nos marges orientales avec en embuscade des escouades de djhadistes confinées dans le district d’Alexandrette et des armées de frères musulmans prêts à profiter des flux de migrants ou des accords financiers signés en catimini avec l’Europe pour finaliser leur travail de conquête. Où se situe le rêve d’Europe ? Où est la stratégie ? Notre destin commun n’est-il pas pris en otage par des jeux particuliers entre lobbies financiers, énergétiques et industriels qui se traduisent par une défaisance de nos institutions, une vulnérabilisassions sans précédent de l’Euro et une fractalisation de nos territoires (cf. le référendum en Ecosse face au Brexit, en Catalogne et l’impossibilité de constituer un nouveau gouvernement en Espagne, les revendications sur le Haut Adige/Tyrol du sud par les populistes autrichiens, les divisions en Belgique entre Flamands
et Wallons etc.)
 
Ne serait-ce pas la même chose sur le plan géostratégique ?
Prenons par ailleurs sur le plan sécuritaire les gesticulations de l’OTAN (avec ses émules polonais et lithuaniens) qui cherche de son coté à instrumentaliser, comme pour l’Ukraine, un nouveau processus type Maïdan sur la zone Baltique - Biélorussie avec comme cible l’enclave russe de Kaliningrad et l’ile de Gotland (6). Est-ce que cela correspond véritablement à un impératif de sécurité majeur pour l’Europe ou est-ce de nouveau un prétexte pour verrouiller à la fois les questions énergétiques (cf. gazoduc North Stream) et les questions de sécurité européenne en nous créant un nouveau niveau de crispation avec la Russie afin de nourrir les fournisseurs nord-américains de LNG ainsi que le complexe militaro industriel américain? Il suffit de suivre les réseaux qui œuvrent pour l’installation du bouclier antimissiles sur ce nouveau glacis de plus en plus militarisé qui va de la Baltique à la Mer Noire (7). Il suffit d’observer ces médias qui mobilisent subrepticement nos opinions sur la nécessité de remonter nos budgets de la Défense sur le plan européen à 3% de nos PIB, pour s’apercevoir que ce sont des minorités affairistes outre atlantiques qui prennent en otage nos stratégies européennes. Ils nous enjoignent sans ambages, et à coût de milliards de dollar, à nous aligner sur les théories de l’Alliance et à signer un traité de libre-échange, le TAFTA, dont les conditions unilatérales constitueraient une soumission inconditionnelle aux standards américains pour des pans entiers de nos économies. Ce sont les mêmes réseaux qui ont mis en échec la signature de l’accord de libre-échange entre l’UE et l’Union économique eurasiatique (8) proposé par Vladimir Poutine pour déboucher depuis trois ans sur le chaos ukrainien et les accords de Minsk qui ne font qu’engendrer tensions et vulnérabilités sur le flanc sud du continent européen. Cette posture de l’OTAN, qui est celle des vieilles doctrines de Mackinder (9) ou de Brezinski (10), est–elle celle qui convient pour notre futur ou ne serait-ce pas de nouveau une prise d’otage de notre vieille Europe sur des protocoles qui n’ont plus lieu d’être ? Ne serait-il pas temps d’inventer d’autres matrices sécuritaires face aux questions posées par la radicalisation islamique sur notre flanc sud, la montée de l’hégémonisme chinois sur nos confins orientaux, l’ouverture des routes maritimes sur le Pôle Nord, le doublement de la population sur le continent africain dans les prochaines décennies (11) ?
 
Parmi nos grands clients et partenaires financiers, l’Arabie saoudite, et son satellite wahhabite le Qatar, ne sont-ils pas dans la même configuration en termes de manipulation des marchés pétroliers et des radicalisations islamiques sur le Moyen Orient, l’Asie centrale et l’Afrique sahélienne ? De nouveau, la chute des cours qu’ils ont provoquée et entretenue depuis mi-
2014 n’a comme finalité que de mettre en difficulté des pays comme les USA avec leur stratégie d’autonomie énergétique autour des gaz de schiste, mais aussi la Russie en tant que nouveau leader mondial du centre géostratégique énergétique sur le nœud eurasien et syriaque, ainsi que l’Iran ennemi régional ancestral et redoutable concurrent. En aucun cas l’Arabie saoudite ne cherche à être le promoteur de cette transition énergétique absolument indispensable au regard des impératifs que nous devons assumer pour transformer nos matrices économiques et sociétales. Comme pour le Qatar, sa seule finalité est de nous contraindre à renouer avec les vieux arrangements historiques qui ont été discutés entre Roosevelt et la famille Saoud sur le Quincy, une semaine après les accords de Yalta (12). Ils veulent que nous les remettions au centre des vieux jeux issus de Yalta.

Comme nous sommes engagés depuis 20 ans sur de nouveaux équilibres géostratégiques et que Barack Obama a tiré un trait sur cette page d’histoire, Saoudiens et Qataris essayent de nous piéger depuis plusieurs années. Ils ont récupéré astucieusement les convulsions nées des "printemps arabes" sur la Lybie et la Syrie. Ils continuent actuellement sur le Yémen en instrumentalisant la guerre contre les Houthis ainsi qu’au Liban en exaspérant les tensions intercommunautaires. Nous ne pouvons pas les sous-estimer dans un futur immédiat, notamment dans la perspective d’une implosion de l’Algérie au moment de l’après Bouteflika, avec l’assistance de tous les réseaux affiliés à Daesh qui sont en embuscade sur la zone sahélienne à proximité des grands champs gaziers. Ils créent ici et là des poches de chaos qui fixent nos moyens militaires et génèrent la confusion sur le plan diplomatique. En arrière-plan, ils neutralisent nos dirigeants en achetant nos armes ou en contrôlant nos dettes souveraines. Enfin ils nous dispersent sur le plan des stratégies sécuritaires, notamment face aux menaces terroristes, en jouant leur arme préférée : la Taqiya (13) ! Ils sont prêts à déclencher des guerres civiles et tribales sur des zones stratégiques (Liban, Yémen) et à accentuer ces tragédies humaines que nous connaissons notamment au Moyen Orient et en Afrique afin de garder leur prééminence dans le jeu de pouvoir autour de la domination des stratégies de marché sur les énergies fossiles.

Nous savons tous qu’elles sont condamnées à brèves échéances avec l’accélération de la transition énergétique qui est en cours sur le plan mondial et qu’il est devenu très urgent de faire émerger autre chose, mais il faut être conscient que pour eux c’est la seule issue pour asseoir le plus vite possible leur suprématie en termes de prosélytisme au sein du monde arabo-musulman religieux afin d’imposer leur vision apocalyptique d’un islam premier et épuré selon les dogmes du Wahhabisme (14). De fait, ce pays se marginalise en croyant se remettre au centre du jeu mondial et peut nous entraîner dans de grandes convulsions régionales, voire mondiales, si nous ne sommes pas capables de contenir ses dérives et archaïsmes suicidaires. Le plus dur sera de le convaincre de rentrer dans le XXIème siècle et surtout de ne pas perdre la face en redevenant "normal"...
 
Ou finalement "Les chiens aboient et la caravane passe" !
Tout ceci révèle les convulsions d’un monde qui meurt avec des jeux d’acteurs qui agitent les peurs, enferment nos opinions dans des visions morbides du présent, voire apocalyptiques du futur. Ces cinétiques contribuent à maintenir au pouvoir des synarchies (France, Commission européenne, OTAN), des lobbies (Energie, complexes militaro-industriels, banques), des oligarchies (ONG, syndicats, médias, réseaux "d’experts" etc.), à neutraliser tout débat politique (cf. les taux d’abstention record atteints par nos démocraties) et toute évolution pour nos sociétés. Pour ne prendre que la France actuellement, nous sommes ballotés entre le surmoi permanent et exubérant des psychopathies "post-soixante-huitardes" et l’indécence des "faiseurs de fric" qui abusent, sous prétexte de néolibéralisme, les vides de gouvernance de ces dernières décennies.
 
Par rapport à ces délitements sociétaux et institutionnels, le monde continue sa marche de façon indifférente avec un repositionnement des leaderships. Ils se concrétisent de façon explicite par un repli protectionniste américain et la reconsidération de son jeu bipolaire avec la Chine, mais aussi par l’affirmation de l’autorité de la Russie sur son espace vital et son "étranger proche", notamment sur le pivot eurasien. Ils se traduisent bien entendu par la montée de l’hégémonisme chinois au niveau mondial, ainsi que par l’affirmation de l’Inde, de l’Iran et de l’Egypte comme nouvelles puissances centrales sur leurs aires d’influence respectives, notamment face à l’implosion du sunnisme et aux risques de confrontations régionales sur le Proche et Moyen Orient.
 
A ces mouvements de fond il faut ajouter ce qui est propre aux BRICS. Ces derniers, malmenés par la crise occidentale et par la machine de guerre monétaire américaine, cherchent à ouvrir le jeu. La plupart sont engagés dans la "dé-dollarisation" prônée par la Russie et la Chine depuis plusieurs années (15) en essayant de faire émerger de nouvelles institutions et des processus alternatifs pour sortir de la domination de la Banque mondiale et du FMI (16). Dans ce contexte où les centres de gravité géostratégiques se déplacent à très grande vitesse sur le Pacifique nord et après-demain sur l’Océan indien, les Etats-Unis sont confrontés à une clarification de leurs enjeux stratégiques face à un réel risque de récession, les substituts monétaristes de la FED n’ayant pas produit les résultats escomptés depuis dix ans. Pour l’Europe, qui se divise et s’installe dans une déflation chronique, qui se désigne comme cible du terrorisme islamique en jouant la victimisation permanente et qui devient le terminal des migrations arabo-africaines, tout prédispose à la prise d’otage permanente là où le reste du monde prend ses marques pour construire l’Histoire de demain.
 
Les discours permanents et moralisateurs que nous subissons actuellement sont devenus littéralement exaspérants. La manipulation des opinions et la propagande sont devenues les deux mamelles de la gouvernance actuelle. Comment faire pour faire disparaitre ces archaïsmes qui bloquent nos sociétés? Comment désamorcer ces tentatives de suicides collectifs par quelques psychopathes de la vie politique ou par ces lobbies qui nous gouvernent malgré nous ? Comment remettre nos sociétés au cœur des enjeux du futur et au centre des processus de décision ? Faut-il accepter de payer le prix comme on nous l’impose actuellement en nous faisant croire qu’avec un cout marginal nous pouvons passer en douceur ces transitions de société et de gouvernance, au risque de perdre en compétitivité et en attractivité pendant quelques temps, voire en identité ou en liberté, avec en contrepartie l’assurance d’un risque zéro et d’un évitement de tout principe d’escalade en termes de confrontations civiles ou militaires ? Ne sommes-nous pas en train de jouer de façon infantile à la roulette russe en pensant passer entre les balles alors que tout le chargeur est plein ?
 
Comment sortir de cette spirale archaïque et suicidaire ?
Il est clair que la question de la légitimité et de l’autorité du politique au sens noble du terme se pose. On ne peut éradiquer des archaïsmes que si une vision forte et durable leur est opposée tout en étant fondatrice de temps nouveaux.
Pour cela, il faut incarner la ligne d’horizon, un état d’esprit, un souffle, une force d’âme et un cheminement avec des personnalités qui soient conscientes de leur responsabilité et de leur mission dans le temps, pas uniquement pour une législature et la satisfaction de leurs actionnaires ou sponsors. Cela suppose un sens de l’abnégation, du don de soi et de l’intérêt général, ce qui n’est pas dans les mœurs et l’hubris actuels. Il nous faut, non pas un "grand soir" et une réplique de la "Terreur", mais un renouvellement brutal et total de la quasi-totalité de nos élites. Celles qui sont aux commandes sont beaucoup trop disqualifiées pour être en mesure de conduire une telle inversion des paradigmes pour nos sociétés qui dans la règle des 80/20 sont piégées par les minoritaires. Nous avons trop tardé et avons été trop indolents et irresponsables sur ce plan. De fait, la société de défiance a submergé le peu de confiance qui restait dans nos institutions et nos dirigeants. Là est la véritable catastrophe qui nous maintient actuellement en état de sidération tout en générant de l’impunité aux marginaux de tous ordres...
 
Par ailleurs, il faut baisser l’intensité de ces prses d’otage en faisant bouger les lignes, en allant sur d’autres méthodes de négociation et en trouvant des portes de sortie à ceux qui se sont enfermés dans ces archaïsmes suicidaires, notamment pour ceux qui souhaitent finalement évoluer. Il faut être conscient que tous n’accepter ont pas forcément de bouger et que nous aurons sûrement des processus de catharsis à assumer et à neutraliser, peut-être à minima par la loi, le plus souvent par la force, s’il n’y a pas d’autres issues. Mais si nous ne voulons pas aller à la tragédie il faudra faire preuve de lucidité, d’initiatives et d’audace. Avons-nous les dirigeants pour cela actuellement ? Telle est la question fondamentale à laquelle il faut répondre sans trop attendre. Nous sommes trop dans la logorrhée et la virtualité, pas assez dans la décision et l’action.
 
Les deux pièges que nous devons surmonter dans ce contexte sont : d’une part le déficit éducatif avec en corollaire l’abêtissement de nos sociétés, et d’autre part la dette avec en prime l’avilissement de nos populations vieillissantes et apeurées. Ils nous ancrent dans des peurs et angoisses collectives qui ne sont pas saines. Il est encore temps de nous ressaisir !
Nos deux enjeux majeurs sont de retrouver le sens des valeurs et de réhabiliter le sens de l’espérance. Il faut sortir du matérialisme et du cynisme actuels qui enferment les populations dans des illusions où l’instantanéité, la société du spectacle, le culte du corps, le jeunisme, la consommation à crédit et le bien-être sont devenues les seules références de la vie. Nos sociétés sont devenues, dans ces périodes de mutation, extrêmement vulnérables. De fait nous avons besoin d’être plus résilients, moins naïfs et plus robustes.
 
Nos deux impératifs sont désormais d’empêcher ces formes de suicides collectifs en neutralisant les convulsions actuelles et en ne faisant pas perdre la face à ceux qui sont dans des impasses idéologiques ou tactiques. En revanche, il faut sortir des confusions intellectuelles qui dominent les débats actuels. Les jusqu’au-boutistes ne doivent pas avoir le mot de la fin. Au XXème siècle ils ont tous généré des totalitarismes et des tragédies historiques qui sont irrecevables, sauf pour ceux qui acceptent d’être de nouveau lâches devant l’Histoire. Mais à cela il faut opposer sans cesse l’esprit de la Résistance ! Finalement, comme l’a écrit Mark Twain "Dans vingt ans vous serez plus déçus par les choses que vous n’aurez pas faites que par celles que vous aurez faites. Alors sortez des sentiers battus. Mettez les voiles. Explorez. Rêvez. Découvrez".
Sortons de ces prises d’otage pour offrir à nos enfants un autre monde qui, s’il n’est pas parfait, ne sera pas pour autant apocalyptique et mortifère comme celui qui nous est actuellement vendu en promotion par des imposteurs marginaux et forcément radicaux. Soyons enfin responsables et courageux. Plutôt que de subir tous ces archaïsmes et de gémir sans cesse face à ces prises d’otages, affranchissons-nous des dénis, osons dire enfin la réalité et transformons "sans peur et sans reproche" (17) notre pays qui mérite mieux que le délire actuel !
 
(1) Voir article : "Grèce les réserves de gaz permettraient de rembourser la dette"(selon la Deutsche Bank)
https://fr.sputniknews.com/economie/20121205196832438
(2) Voir analyse de Ana Pouvreau sur Diploweb, 21 mai 2016 : "Chypre : la réunification en perspective ?"
http://www.diploweb.com/Chypre-la-reunification-en.html
(3) 3 Voir analyse d’Alexandre Devecchio dans le Figaro du 3 avril 2016 :
http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/04/03/31001-20150403ARTFIG00399-et-si-les-grecs-preparaient-leursortie-de-l-euro-avec-l-aide-de-poutine.php
(4) Voir dans la revue Hérodote : le siège de Vienne par Mehmet IV fut levé en 1683 grâce au roi Polonais Jean III
Sobieski
https://www.herodote.net/12_septembre_1683-evenement-16830912.php
(5) Mitteleuropa : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mitteleuropa
(6) Cf. analyse de Camille Strub 15 mai 2016 "Gotland : l’équilibre dans la Baltique pourrait-il être inquiété par des aspirations russes ?": http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=1642
(7) Cf. analyse de Michael Lambert : http://www.atlantico.fr/decryptage/et-otan-perdait-guerre-prochaine-contrerussie-c-est-en-tous-cas-scenario-think-tank-americain-michael-lambert-2578750.html
(8) Union économique eurasiatique (UEEA) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_%C3%A9conomique_eurasiatique
(9) Cf. Mackinder : « le pivot géographique de l’histoire » : http://egea.overblog. com/pages/Mackinder_le_pivot_geographique_de_lhistoire_1904-481863.html
(10) Cf. Zbigniew Brzezinski : "Le grand échiquier"1997 Bayard
(11) Cf. Diploweb : Roland Pourtier 28 mai 2016 : Le défi africain "bombe démographique" ou "dividende Démographique" http://www.diploweb.com/Le-defi-africainbombe. html?utm_source=sendinblue&utm_campaign=NL101300516&utm_medium=email
(12) Cf. le pacte du Quincy : https://www.herodote.net/14_fevrier_1945-evenement-19450213.php
(13) CF. Laurent Annie : "La taqiya ou dissimulation" http://www.magistro.fr/index.php/template/lorem-ipsum/depar-le-monde/item/2451-la-taqiya-ou-dissimulation
(14) Cf. Mathieu Guidere : "l’Arabie saoudite n’est plus ce qu’elle était… "  Diploweb 5 juin 2015

http://www.diploweb.com/L-Arabie-saoudite-n-est-plus-ce-qu.html

(15) Cf. Forum de Bo’ao mars 2015 : https://fr.sputniknews.com/economie/201503301015386921
(16) Cf. Sommet des BRICS de 2014 : https://fr.sputniknews.com/economie/20140711201793659
(17 Devise associée au Chevalier Bayard qui signifie : "Qui ne craint rien et fait preuve d'une conduite Irréprochable"

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