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HUDE Henri

HUDE Henri

Né le 7 septembre 1954
Marié - 4 Enfants.


Philosophe

Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure (Ulm) (1974-79)
Agrégation en Philosophie (1977)
Doctorat in Philosophie (1990)
     Habilitation (1992) à diriger des recherches en philosophie.

Directeur du Pôle d’éthique au Centre de recherches des Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan (CREC).
Ancien professeur en classes préparatoires au Collège Stanislas (Paris)
Ancien professeur d’Université à Rome
(Professore stabile. Istituto Giovanni Paolo II di studi su matrimonio e famiglia, presso l’Universita del Laterano).
Ancien directeur général du Collège Stanislas (Paris) 
 
Membre du comité de rédaction de la revue Commentaire (depuis 1992)
Membre du conseil d’orientation de l'Institut Montaigne (2001-2009) 
Membre du conseil scientifique de la revue Oasis (Venise) (depuis 2004)
Membre du conseil d’administration de l’association des Amis de St-Cyr et Coëtquidan (depuis 2005)
 
Ouvrages
Bergson(2 volumes) (1ère édition, 1989 and 1990), Paris, Editions Universitaires
     Reedited Archives Karéline (2009)
Ethique et politique,Paris, Editions Universitaires (1992)    
Philosophie de la prospérité. Marché et solidaritéParis, Economica(1994), 
Croissance et liberté. Philosophie de la prospérité(1995) - 2nd Volume, Critérion, Paris 
Mon testament philosophique, en collaboration avec Jean GUITTON, Paris, Presses de la Renaissance (1997)
Entretiens posthumes avec Jean Guitton,Paris, Presses de la Renaissance.(2001)
Ethique des décideurs,Paris, Presses de la Renaissance (2004) 
     Préface par Henri de Castries, Prix Montyon 2005 de l’Académie française
     Traduit en italien chez Cantagalli, Siena, (2010)
     A paraître en américain à IPS Press, en 2011. 
Parole et silence (Prolégomènes. Les choix humains), Paris (2009)
Démocratie durable. Penser la guerre pour faire l’Europe, Editions Monceau, Paris (2010)
 
Autres publications (sélection)
- ‘Il rinnovamento socio-politico’, (“Socio-political Renewal”), in Veritatis Splendor, testo integrale con comentaria filosofico-teologico tematico, a cura di Ramon Lucas Lucas, Presentazione del cardinal J. Ratzinger, San Paolo-Milano, 1994, p.375-381.
- "Dieu me jugera", Revue Catholique Internationale Communio, X, 1, 1985, p.62-75.
- ‘Democracja aristokraticzna a demokracja republikanska’, in Znak, (traduit en polonais par Maria Tarnowska), 4, 455, Krakow, 1993, p.128-138.
- ‘Pour une philosophie de l’argent’, L’amitié Charles Péguy, Bulletin d’information et de recherche, ‘Péguy écrivain’, 18ème année, n° 72, octobre-décembre 1995.  
- ‘Nuit de la foi et doute philosophique’ au Colloque international, Lisieux, 30septembre 4 octobre 1996, pour le centenaire de la mort de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus ; publiée dans Une sainte pour le 3ème millénaire, Editions du Carmel, 1997, p.163-180.
- ‘Filosofia politica, mercado y solidariedad’, Congrès de l’Université Complutense de Madrid sur ‘Filosofia y solidariedad’ ; Revista Espanola de Pedagogia, n°205, Ano LIV, septiembre-diciembre 1996, p.395-407.  
- ‘La famille, fondement de la société’, in Anthropotès, 12/1, Istituto Giovanni Paolo di Studi su matrimonio e famiglia, Roma, juin 1996, p.21-50.
- ‘Paura di credere’, Nuntium, n°1, Rome, Laterano, mars 1997, p.88-95.
- Morale per una societa libera’, dans Nuntium, ‘Economia, diritti del unomo e cristianesimo’, Universita Lateranense, juin 1997. 
- ‘Economie, société et politique familiale’, Droit social, n°5, mai 1997, p.443-450.
- ‘En torno al respeto’, (“Around Respect”), in Humanitas, Santiago de Chile, Enero-marzo, 1997.
- ‘Présupposés philosophiques propres au biocentrisme ou à l’anthropocentrisme’, dans Anthropotès 13/1 (1997), Pontificio Istituto Givanni Paolo II per studi su matrimonio e familglia, pp. 69-90. 
- ‘La politique de l’investissement familial’, in Liberté politique, n°2, été 1997, p.139-149.
- “How to Defend Moral Values in a Free Society?”, Congrès international ‘Secolarismo e liberta religiosa’, Roma, 5-7 décembre 1995; published in dans Secolarismo e liberta religiosa. Secularism and Religious Liberty, Libreria editrice vaticana, Citta del Vaticano, 1998, p.78-85.
- ‘Jean Guitton’, in Heinrich M. SCHMIDINGER, Christliche Philosophie im katholischen Denken des 19. und 20. Jahrhunderts, Band 3, Moderne Strömungen in 20. Jahrhunderts, Verlag Styria, 1998, p.500-506.
- ‘101 thèses sur la liberté de l’éducation’, Liberté politique, n°5, été 1998, p.85-99.
- ‘Ci sara un bene comune nella nuova societa ?’ dans Etica e politica nella società del duemila, dir. Robert GAHL Jr., Armando Editore, 2001, p.65-77.
- ‘Idées sur la relation entre les fondations spirituelles de l’Europe et une conscience européenne de défense’, Colloque CIDAN, Strasbourg, Conseil de l’Europe, 16 octobre 2003.
- Article: ‘Ethique, défense et gestion’, (“Ethics, Defense and Management”) dans Revue de gestion des ressources humaines, n° 56, Avril-Juin 2005, p.63-82.
- ‘Trois définitions du terrorisme’, dans la revue Oasis, Venise, Année II, n° 3, Mars 2006, ‘Ennemis inconnus. Al-Qaïda et les autres : que savons-nous vraiment du nouveau terrorisme ?’, p.15-17.
- ‘La géopolitique actuelle et la nécessité de la philosophie’, dans Oasis, Année II, n° 4, septembre 2006, p.23-25. 
- ‘Integrazione politica e dialogo culturale’, au Congrès international ‘Cristianesimo, Ebraismo e Islam: Esperienze di Incontro’, Bergame, Italie, 28-29 octobre 2006, La nuova Europa. Rivista internazionale di cultura, n°1, Gennaio 2007, La casa di Matriona, R.C. Edizioni, Seriate, (Bergame), Italie.
- “Reshaping Ethical Training for Future French Commissioned Officers”, International colloquium on ‘Ethical education and Training in the Military’, Mai 2006, Institute of Applied Ethics, Hull University, UK; published in Paul ROBINSON, Nigel DE LEE & Donald CARRICK (editors), Ethics Education in the Military, Ashgate, UK, Feb. 2008, p.109-118.   
- "Intuition et invention chez Bergson", dans Annales bergsoniennes, tome 4, PUF, sous la direction de Frédéric WORMS, Actes du Colloque sur ‘L’évolution créatrice de Bergson. 1907-2007’, tenu au Collège de France le 23/24 novembre 2007.
- ‘Ethique et vieillissement’, (“Ethics and Ageing”) colloquium of the « Institut de géopolitique des populations » and of the « Institut de recherches sur la géostratégie économique internationale » (IRGEI), held at the Assemblée nationale, 8 mars 2007, published in Yves-Marie LAULAN, Vieillissement mondial et conséquences géopolitiques, L’Harmattan, 2007, p.173-188.
- “A Few Reflections On the Critical Importance of Ethical Training Today for an Efficient Leadership Training in the Military”, in Military Studies and Technology : The Proceedings of the 14th Hwarangdae International Symposium, 2007.11.1/2, Korea Military Academy, p.23-43.
- ‘Guizot et le centrisme’, du livre d’Aurelian CRAIUTU, Le Centre introuvable. La pensée politique des doctrinaires sous la Restauration, traduit de l’anglais, Plon, 2006, dans Commentaire, Volume XXX, n°119, Automne 2007, p.856-858.
- ‘Bien commun, décision et intérêt général’.Aux éditions Marcianum Press, Venise, dansIl bene comune. La domanda antropologica, 3, acura di G. Richi Alberti, 2008.
- ‘Policier et soldat. Ressemblances et différences’; English translation, ‘“Of the Police and the Military”, une étude pour le Chef d’état-major des Armées, le Général Jean-Louis Georgelin, dans le cadre des travaux sur le Livre Blanc sur la Défense, 2008.
- "Benedicto XVI y Barak Obama en el Cercano Oriente", Humanitas, n° 55, Juillet-Septembre 2009, Santiago de Chile.
- “A Few Reflections On the Second Meeting ISODOMA”, Colloquium, Shrivenham, UK, on “Military Ethics & Education. Who Needs What, Where and When?” December 2009.
- "Sur l’identité de la France. Réflexions philosophiques", dans Liberté politique, Printemps 2010.
- "Le militaire : héros, victime et judiciarisé", Inflexions, automne 2010.
 
 
*  "Paura di credere", Nuntium, n°1, Rome, Laterano, mars 1997, p.88-95
*  "Morale per una societa libera", dans Nuntium, ‘Economia, diritti del unomo e cristianesimo’, Universita Lateranense, juin 1997
*  "Economie, société et politique familiale", Droit social, n°5, mai 1997, p.443-450
*  "En torno al respeto", (“Around Respect”), in Humanitas, Santiago de Chile, Enero-marzo, 1997
*  "Présupposés philosophiques propres au biocentrisme ou à l’anthropocentrisme", dans Anthropotès 13/1 (1997), Pontificio Istituto Givanni Paolo II per studi su matrimonio e familglia, pp. 69-90
*  "La politique de l’investissement familial", in Liberté politique, n°2, été 1997, p.139-149
*  "How to Defend Moral Values in a Free Society ?", Congrès international Secolarismo e libertareligiosa, Roma, 5-7 décembre 1995; published in dans Secolarismo e liberta religiosa. Secularism and
          Religious Liberty, Libreria editrice vaticana, Citta del Vaticano, 1998, p.78-85
*  "Jean Guitton", in Heinrich M. SCHMIDINGER, Christliche Philosophie im katholischen Denken des 19. und 20. Jahrhunderts, Band 3, Moderne Strömungen in 20. Jahrhunderts,
          Verlag Styria, 1998, p.500-506
*  "101 thèses sur la liberté de l’éducation", Liberté politique,n°5, été 1998, p.85-99
*  "Ci sara un bene comune nella nuova societa ?" dans Etica e politica nella società del duemila, dir. Robert GAHL Jr., Armando Editore, 2001, p.65-77
*  "Idées sur la relation entre les fondations spirituelles de l’Europe et une conscience européenne de défense", Colloque CIDAN, Strasbourg, Conseil de l’Europe, 16 octobre 2003
*  "Ethique, défense et gestion", (“Ethics, Defense and Management”) dans Revue de gestion des ressources humaines, n° 56, Avril-Juin 2005, p.63-82
*  "‘Trois définitions du terrorisme", dans la revue Oasis, Venise, Année II, n° 3, Mars 2006  "Ennemis inconnus. Al-Qaïda et les autres : que savons-nous vraiment du nouveau terrorisme ?", p.15-17
*  "Integrazione politica e dialogo culturale", au Congrès international Cristianesimo, Ebraismo eIslam: Esperienze di Incontro, Bergame, Italie, 28-29 octobre 2006, La nuova Europa. Rivista internazionale
          di cultura, n°1, Gennaio 2007, La casa di Matriona, R.C. Edizioni, Seriate, (Bergame), Italie
*  "Reshaping Ethical Training for Future French Commissioned Officers", International colloquium on ‘Ethical education and Training in the Military’, Mai 2006, Institute of Applied Ethics, Hull University,

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Sur la question des migrants

Publié dans En France
Sur la question des migrants. Macron aux Bernardins
 
 
TEXTE DU PRESIDENT
Sur les migrants, on nous reproche parfois de ne pas accueillir avec assez de générosité ni de douceur, de laisser s’installer des cas préoccupants dans les centres de rétention ou de refouler les mineurs isolés. On nous accuse même de laisser prospérer des violences policières.
Mais à dire vrai, que sommes-nous en train de faire ? Nous tentons dans l’urgence de mettre un terme à des situations dont nous avons hérité et qui se développent à cause de l’absence de règles, de leur mauvaise application, ou de leur mauvaise qualité – et je pense ici aux délais de traitement administratif mais aussi aux conditions d’octroi des titres de réfugiés.
Notre travail, celui que conduit chaque jour le ministre d’Etat, est de sortir du flou juridique des gens qui s’y égarent et qui espèrent en vain, qui tentent de reconstruire quelque chose ici, puis sont expulsés, cependant que d’autres, qui pourraient faire leur vie chez nous, souffrent de conditions d’accueil dégradées dans des centres débordés.
 
C’est la conciliation du droit et de l’humanité que nous tentons. Le Pape a donné un nom à cet équilibre, il l’a appelé "prudence", faisant de cette vertu aristotélicienne celle du gouvernant, confronté bien sûr à la nécessité humaine d’accueillir mais également à celle politique et juridique d’héberger et d’intégrer. C’est le cap de cet humanisme réaliste que j’ai fixé. Il y aura toujours des situations difficiles. Il y aura parfois des situations inacceptables et il nous faudra à chaque fois ensemble tout faire pour les résoudre.
Mais je n’oublie pas non plus que nous portons aussi la responsabilité de territoires souvent difficiles où ces réfugiés arrivent. Nous savons que les afflux de populations nouvelles plongent la population locale dans l’incertitude, la poussent vers des options politiques extrêmes, déclenchent souvent un repli qui tient du réflexe de protection. Une forme d’angoisse quotidienne se fait jour qui crée comme une concurrence des misères.
 
Notre exigence est justement dans une tension éthique permanente de tenir ces principes, celui d’un humanisme qui est le nôtre et de ne rien renoncer en particulier pour protéger les réfugiés, c’est notre devoir moral et c’est inscrit dans notre Constitution ; nous engager clairement pour que l’ordre républicain soit maintenu et que cette protection des plus faibles ne signifie pas pour autant l’anomie et l’absence de discernement car il y a aussi des règles qu’il faudra faire valoir et pour que des places soient trouvées, comme c’était dit tout à l’heure, dans les centres d’hébergement, ou dans les situations les plus difficiles, il faut aussi accepter que prenant notre part de cette misère, nous ne pouvons pas la prendre tout entière sans distinction des situations et il nous faut aussi tenir la cohésion nationale du pays où parfois d’aucuns ne parlent plus de cette générosité que nous évoquons ce soir mais ne veulent voir que la part effrayante de l’autre, et nourrissent ce geste pour porter plus loin leur projet.
 
C’est bien parce que nous avons à tenir ces principes, parfois contradictoires, dans une tension constante, que j’ai voulu que nous portions cet humanisme réaliste et que je l’assume pleinement devant vous.
Là où nous avons besoin de votre sagesse c'est pour partout tenir ce discours d'humanisme réaliste, c'est pour conduire à l'engagement de celles et ceux qui pourront nous aider et c'est d'éviter les discours du pire, la montée des peurs qui continueront de se nourrir de cette part de nous car les flux massifs dont vous avez parlé que j'évoquais à l'instant ne se tariront pas d'ici demain, ils sont le fruit de grands déséquilibres du monde.
Et qu'il s'agisse des conflits politiques, qu'il s'agisse de la misère économique et sociale ou des défis climatiques, ils continueront à alimenter dans les années et les décennies qui viennent des grandes migrations auxquelles nous serons confrontés et il nous faudra continuer à tenir inlassablement ce cap, à constamment tenter de tenir nos principes au réel et je ne cèderai en la matière ni aux facilités des uns ni aux facilités des autres. Car ce serait manquer à ma mission
.

 
COMMENTAIRE
Un discours moral et juridique qui fait abstraction du problème politique international
Peu critiquable en ce qu’il dit, ce passage du discours l’est à cause de ce qu’il ne dit pas. D’une part, il en reste à un exposé de principes fort admissibles et consensuels, alors que le sujet est plutôt leur application – et on n'a pas vraiment l'impression que ce problème soit au nombre de ses principales préoccupations ; d’autre part, et surtout, il fait abstraction de nos responsabilités internationales. C’est ce second point que je voudrais développer.  
Nul ne peut soupçonner le président Macron de ne pas donner toute son importance à l’international, à la participation de la France au gouvernement du monde. Et il le fait bien mieux que ses prédécesseurs.
Il faut approuver aussi le président de ne pas être dans la réaction immédiate à l’urgence médiatique. Il a une vision de long terme. C’est assez rare pour ne pas être salué.
Mais il amalgame trop deux choses différentes : immigration et migrations.
L’immigration ne date pas d’hier, mais les migrants ne sont pas les émigrés. Beaucoup d’immigrés illégaux veulent, c’est vrai, se faire passer pour des réfugiés. Mais si tant de réfugiés affluent quand même en Europe, venus d’Afrique et du Proche-Orient, c’est parce que le président Sarkozy a plongé dans le chaos la Libye, donc le Sahel, et parce que nous participons à une politique qui a prolongé jusqu’à aujourd’hui la guerre en Syrie. Au moins la France, grâce au président Chirac, n’est-elle pas responsable du chaos en Irak.    
Le phénomène de l’immigration a des causes "politiques", "économiques" ou "climatiques" "durables" "dans les années et les décennies à venir". Mais il est trompeur de le confondre avec le phénomène des migrants, qui a pour cause beaucoup plus spécifique la politique hégémonique de l’Amérique avec ses guerres sans fin au Proche-Orient.    
Concernant l’islamisme, il est indubitable qu’il ne serait pas un problème d’une telle importance, si les Occidentaux n’avaient constamment soutenu le parrain du salafisme mondial, à savoir l’Arabie Saoudite. Que si leur invocation des motifs humanitaires en Syrie était authentique, les dirigeants se soucieraient autant des atrocités saoudiennes au Yémen, ou des conditions de vie épouvantables des émigrés pakistanais ou philippins dans les pays du Golfe. Que l’islamisme militaire est né en Afghanistan, monté par Washington et financé par Ryad contre la présence soviétique. Et qu’il n’a jamais été désarmé depuis.    
Ces migrants réfugiés font peur à une grande part de l’opinion parce qu’ils sont en grande majorité musulmans et réputés à tort ou à raison islamistes. Mais les islamistes ne seraient que peu de choses sans leurs patrons. De plus, au-delà des clichés, quelle est aujourd’hui la situation réelle de l’islam dans le monde ? Nous ne voulons entendre que des histoires qui nous conviennent, alors que la seule chose véritablement utile serait la vérité objective.
 
Un rapport de forces est un rapport de forces
Pour défendre ou excuser le président Macron, on répondra que son discours si abstrait est le seul que nos dirigeants puissent aujourd’hui tenir. A la politique impériale des USA, nous nous associons moins par atlantisme doctrinaire (car il est évident à peu près à tous que les USA ont perdu le sens de la mesure), mais faute de pouvoir nous en détacher sans dommages. A la puissance des USA s’ajoute la dépendance de notre économie à l’égard du pétrole et celle de notre budget à l’égard des capitaux des monarchies pétrolières, peut-être aussi la crainte de subversions qui pourraient être suscitées chez nous.
Un rapport de forces est un rapport de forces. Que peut-on faire d’autre, nous les Européens, sinon nous conduire en alliés complaisants, mais malgré tout encore libres, moyennant quoi avec nous on garderait les formes, nous conserverions de l’influence, des marges de manœuvre, et nous obtiendrions aussi une part du gâteau ?
Avant de juger trop vite des actions comme la participation de la France aux bombardements du 13 avril 2018, mesurer à la fois ce rapport de force et l’utilité de donner un gage à Washington avant la visite du président Macron aux USA, lui qui ne désespérait pas de convaincre son homologue américain.   
 
L’heure de vérité du président Macron
L’excuse précédente était assez valable jusqu’à la dénonciation du traité avec l’Iran par le président Trump. Mais cette action change vraiment la donne. Y a-t-il encore quelque chose comme un droit international, un respect de la parole donnée, des traités,  ou est-ce que la volonté capricieuse de l’hégémon doit désormais servir de loi ? Washington ne traite plus les Européens en alliés, mais en sujets. La question est de savoir si nous acceptons de devenir des sujets. Jeudi 17 mai, au sommet UE-Balkans à Sofia, la réponse était clairement non.  
Outre notre dignité, notre souveraineté, nos intérêts, il s’agit surtout de notre sécurité. Savoir si nous nous laisserons entraîner dans une politique qui ne conduit à rien d’autre qu’à la guerre mondiale, dans le cas où la Chine et la Russie ne se soumettraient pas et n’accepteraient pas d’être gouvernées à terme par des représentants en accord avec l’hégémon.
Comment résister sans subir de terribles sanctions, ni sans procéder de fait à un renversement des alliances, qui ne se justifie pas non plus ? Et faire des Européens les arbitres de la situation ? Cela demande des trésors de courage et de diplomatie.   
C’est donc aujourd’hui l’heure de vérité du président Macron. Comme l’écrit Aristote dans son Éthique à Nicomaque [1130 a 1] : "archê andra deixei", "le pouvoir révèlera l’homme".
Paru sur www.henrihude.fr, 20 mai 2018

Réflexions sur le résultat...

Publié dans A tout un chacun
Réflexions sur le résultat du premier tour des présidentielles
 
Au-delà des sujets d'insatisfaction, de bonnes raisons d’espérer
Nous allons probablement vers des jours sombres, mais "en même temps" nous avons de plus en plus le droit d’espérer. C’est un paradoxe. Voici les raisons d’espérer.
Je parle ainsi, car je crois dans l’avenir de la France. Ce n’est pas simple sentiment profond, c’est aussi raison. Cette élection, paradoxalement, nous fournit un argument pour y croire.   
Car si nous l’observons bien, nous voyons que cette France d’après-demain, celle qui connaîtra (par hypothèse) une véritable Renaissance, est déjà là, bien que seulement en pièces détachées : c’est triste qu’elle ne soit là qu’en pièces détachées, donc en pièces tout court, mais ce qui est heureux, c’est qu’on puisse exposer toutes ces "pièces détachées". Il suffit pour cela de dire un mot sur les quatre candidats, pris un par un. Et aussi de noter avant cela que les quatre représentants les plus évidents de la France morte (Hollande, Sarkozy, Juppé, Valls) ont été impitoyablement "dégagés" avant la compétition. Parlons des candidats.
 
Mélenchon d’abord
Seul de tous les candidats, Mélenchon a une forte culture, un langage classique et une élévation philosophique. En ces temps postmodernes, il a fait revivre – sous une forme malheureusement idéologique - la tradition oubliée de l’humanisme. Pas l’humanisme postmoderne sans foi ni loi, mais le grand humanisme moderne ("Patrie bien-aimée", "l’heure des caractères et de la conscience", etc.). C’est la référence à cette tradition qui lui donne son souffle et son autorité. Ainsi groupe-t-il derrière lui un cinquième et virtuellement un quart des Français. Il y a chez lui
une magnifique liberté dans sa façon de reprendre l’ascendant sur de certains roquets qui se croient tout-permis. Bien sûr, il lui manque la rationalité économique. Bien sûr, dans son attachement "aux acquis sociaux les plus élémentaires du pays", il ne fait pas montre d’un sens du progrès, qui lui ferait imaginer une solidarité sociale nouvelle plus en cohérence avec le monde tel qu’il est avec ses enjeux immenses et souvent magnifiques. Dans son rapport au vieux fond catholique de la France, il est partagé entre une certaine sympathie pour le pape prophète et une nette aversion pour les catholiques français, qu’il juge en majorité bourgeois et embourgeoisés, réactionnaires ou banalement "conservateurs libéraux".
 
Fillon ensuite
La France renaissante aura, comme Fillon en est un premier signe, une vision économique et une base catholique. Pas l’un sans l’autre, ni inversement – et pas que cela ! Néanmoins, Juppé a été écarté aux primaires, et ne pouvait pas revenir, car, comme François Hollande, il n’avait ni l’un, ni l’autre. Fillon a été détruit par les "affaires", justement parce que le fond catholique faisait essentiellement partie de son image. Mais son caractère eût-il été plus noble et désintéressé, il lui eût encore manqué quelque chose de "franciscain" – sa rationalité économique n’était pas portée par un véritable souffle humaniste, et sa catholicité était trop peu prophétique.  
 
Et Macron ?
La France renaissante aura comme Macron l’idée d’une sorte de centre, de recentrage, de réconciliation au-delà de divisions artificielles, ou d’un renouveau. Chez Macron, nous trouvons ces idées à l’état postiche : au mieux des bonnes intentions, au pire du marketing. Pourtant, il y a réellement là un élément de la renaissance. 
 
Et Marine Le Pen ?
La France renaissante sera, comme le disent et elle et Mélenchon, une nation libre, qui participera à l’édification d’un monde multipolaire, et d’une Europe indépendante, au-delà de l’impérialisme libéral. Ces thèmes leur sont communs, mais Le Pen représente surtout les prolétaires ; Mélenchon représente surtout ceux qui sont en passe de le devenir. Ces thèmes ont leur légitimité, si on sait les combiner avec les réformes fondamentales du pays et une vision humaniste des progrès du monde, si on sait les faire valoir en tenant compte des rapports de forces existants, et si on prend aussi en compte, au-delà de chaque intérêt national, le bien commun du genre humain.
 
La culture des candidats
On nous a dit qu’il y avait dans cette élection deux candidats classiques et deux candidats populistes. Ce qui me frappe davantage, c'est plutôt qu'il y a eu deux candidats à culture postmoderne, Marine Le Pen et Emmanuel Macron, et deux candidats à culture assez différente, Jean-Luc Mélenchon et François Fillon, représentant l’humanisme du passé ou le vieux fond catholique. Malgré leurs entourages respectifs saturés de postmodernes, et malgré certaines incohérences, eux-mêmes faisaient appel à deux traditions, encore vivantes, opprimées par le prêt-à-penser postmoderne.
Bien sûr, il y a dans l’entourage et l’électorat de Marine Le Pen une certaine proportion de réactionnaires et de traditionalistes, et même des catholiques tout court. Mais elle a, en fait, beaucoup plus en commun, spirituellement, avec Macron qu’avec Mélenchon ou Fillon, même si les intérêts et passions des deux finalistes divergent énormément. Pour Macron, "il n’y a pas de culture française". Ignorance crasse ou expression malheureuse. Pour Marine Le Pen, il y a au contraire des "valeurs et traditions de la civilisation française". Mais si on regarde comment elle les comprend, la différence avec Macron n’est pas si grande qu’il semble. Car pour Marine Le Pen, l’adoption de ces valeurs et traditions relève d’abord du patriotisme et de l’esprit de corps, fort peu d’une adhésion au vrai et au bien donnée par l’esprit avec sa raison et sa foi, avec liberté personnelle. Elle réduit la culture française à une "identité nationale", c’est-à-dire à un particularisme, qu’on oppose à un particularisme islamiste et à l’universalisme abstrait du monde mercantile - alors que la culture française, "éclairée" ou catholique, est aussi universelle que substantielle. Ce serait donc une étrange erreur que de voir en elle une défense et illustration de la culture catholique et de la pensée françaises.
C’est vrai que la France possède un style inimitable dans sa façon de s’approprier l’universel, et ce que ce style a de plus particulier, c’est peut-être de se répandre avec tant de facilité, comme notre langue précise, claire et ordonnée, ou comme ce style "gothique", dont le nom a si longtemps été celui de "style français". En un mot, Mélenchon et Fillon, chacun à leur façon, expriment assez bien la civilisation française. Marine Le Pen et Emmanuel Macron ressemblent davantage à des déracinés.
 
Cela dit, au-delà des mauvais côtés des candidats, au-delà des mauvaises raisons que des Français peuvent avoir eu de voter pour eux, il y avait objectivement de solides raisons de voter pour tel ou tel, car chacun d’eux donne une idée partielle (et parfois caricaturée) d’une possible renaissance nationale.
 
La France et l’humanisme
La France est un pays fondamentalement humaniste. La langue latine est l’incarnation de l’humanisme antique. La langue française surgit comme littérature au cours de la Renaissance, âge humaniste s’il en est. Cette langue se fixe au XVIIème siècle avec Descartes comme une expression idéale d’une nouvelle raison classique, en laquelle se renouvelle l’humanisme antique. Le catholicisme est depuis toujours la religion humaniste, puisque Dieu divinise l’Homme. La trace culturelle est si profonde et ineffaçable, qu’aucune rationalité économique ne peut jamais en France précéder le consensus autour d’une vision universaliste de la justice politique. Aucune rationalité économique, aucun gouvernement technique ne peut s’abstraire de ce trait fondamental de la culture nationale.
 
En faisant le portrait de ces quatre candidats, nous avons recensé les principaux éléments de la France de l’avenir. Comme on peut regretter que cette campagne ait été faussée et que les candidats n’aient pas pu débattre de la France ! Souhaitons, prions pour qu’ils s’améliorent et ne se renferment pas chacun sur sa part de vérité. Car ce qui manque encore à la France, hélas ! c’est l’esprit qui permettrait d’unir ces membres disjoints en un seul corps vivant et cohérent. C’est pourquoi, aussi longtemps que nous feront défaut ces créations culturelles, cette nouvelle synthèse humaniste, les vérités disjointes s’opposeront entre elles comme des extrémismes rivaux, et nous aurons à redouter d’aller vers des jours sombres. Mais les éléments sont là. Et à force de s’opposer, une synthèse finira par en sortir.
Le côté sombre du tableau, pas besoin de s’y attarder ce soir, car nous le connaissons tous.

www.henrihude.fr

Pour qui je vote et pourquoi

Publié dans A tout un chacun
Pour qui je vote et pourquoi
 
A moins de deux semaines du premier tour de la présidentielle, voici pour qui je vote et pourquoi.  
 
1° La situation internationale est préoccupante. Nul ne sait jusqu’où ira l’hubris américaine pour rétablir son leadership. Nul ne sait ce que nous réserve l’opportunisme du Président Trump. L’intérêt premier de notre nation est la paix. Ne pas se laisser entraîner dans des aventures militaires, en Ukraine, en Syrie, en Corée ou Dieu sait où. Fillon, Le Pen, Mélenchon sont les trois candidats de la paix. C’est moins le cas de Macron qui est plutôt le candidat du suivisme atlantiste. La paix est la question qu’on pose le moins. Pourtant c’est la plus importante.
 
2° Relativement à la situation nationale, il y un candidat conservateur, un candidat réformiste, et deux candidats révolutionnaires. Chacun d’eux (aux incertitudes près) est en passe de bénéficier du soutien d’un quart de l’électorat.
Le candidat conservateur est Macron. Il représente largement la continuité de la politique Hollande, avec un changement de visage. "Si nous voulons que tout reste pareil, il faut que nous changions tout."
Les candidats révolutionnaires, sont Le Pen et Mélenchon. Il est peu probable qu’ils aient le pouvoir de révolutionner le pays. Ces deux candidats sont en revanche bien capables de nous mettre dans l’anarchie et de donner une image désastreuse de notre pays. Leurs réformes reviendront toutes à charger la barque de la dépense publique tout en dégradant la compétitivité. S’il est possible de gagner une élection sur des thèmes qui divisent, il est plus difficile de gouverner sur cette base. Sauf à abolir les libertés, ce qui est le véritable risque de ce genre d’expérience indigne d’un grand peuple.
Le seul candidat réformiste est Fillon. Avec mesure et sur la durée, il veut rétablir la compétitivité du pays, équilibrer notre système social, moderniser la sphère publique, arrêter l’évolution délirante dans l’Education nationale. Ce sont les dossiers qui sont en attente depuis plus de trente ans et qu’il faut impérativement faire avancer. Ce programme est très travaillé et se veut le premier chapitre du redressement national. Une fois réformée, la France peut alors retrouver un rôle moteur en Europe.
 
La campagne électorale a été décevante. Elle est un pur exemple de superficialité et d’arrogance à la française. Chez les dirigeants politiques, chez les journalistes, chez les juges, et peut-être chez beaucoup d'entre nous, les Français. Et cela alors qu’il s’agit des intérêts vitaux de la nation. Dans notre histoire, avons-nous jamais été aussi proche d’avoir l’extrême gauche au pouvoir ? Avons-nous jamais été aussi proches d’avoir au pouvoir ce mélange instable de jacobins et de réactionnaires qu’est le FN ?
Notre pays a absolument besoin de paix et de réforme. Le futur président ne peut se proposer que des objectifs modestes, mais indispensables à toute ambition ultérieure. Il ne faut pas en attendre des merveilles, mais de bons et loyaux services permettant à la France de retrouver sa forme.
Fillon seul a longuement travaillé son programme. Il a fait preuve d’une résistance exceptionnelle.  
Pour ces motifs, je voterai Fillon.
www.henrihude.fr, 12 avril 2017

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