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HUDE Henri

HUDE Henri

Né le 7 septembre 1954
Marié - 4 Enfants.


Philosophe

Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure (Ulm) (1974-79)
Agrégation en Philosophie (1977)
Doctorat in Philosophie (1990)
     Habilitation (1992) à diriger des recherches en philosophie.

Directeur du Pôle d’éthique au Centre de recherches des Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan (CREC).
Ancien professeur en classes préparatoires au Collège Stanislas (Paris)
Ancien professeur d’Université à Rome
(Professore stabile. Istituto Giovanni Paolo II di studi su matrimonio e famiglia, presso l’Universita del Laterano).
Ancien directeur général du Collège Stanislas (Paris) 
 
Membre du comité de rédaction de la revue Commentaire (depuis 1992)
Membre du conseil d’orientation de l'Institut Montaigne (2001-2009) 
Membre du conseil scientifique de la revue Oasis (Venise) (depuis 2004)
Membre du conseil d’administration de l’association des Amis de St-Cyr et Coëtquidan (depuis 2005)
 
Ouvrages
Bergson(2 volumes) (1ère édition, 1989 and 1990), Paris, Editions Universitaires
     Reedited Archives Karéline (2009)
Ethique et politique,Paris, Editions Universitaires (1992)    
Philosophie de la prospérité. Marché et solidaritéParis, Economica(1994), 
Croissance et liberté. Philosophie de la prospérité(1995) - 2nd Volume, Critérion, Paris 
Mon testament philosophique, en collaboration avec Jean GUITTON, Paris, Presses de la Renaissance (1997)
Entretiens posthumes avec Jean Guitton,Paris, Presses de la Renaissance.(2001)
Ethique des décideurs,Paris, Presses de la Renaissance (2004) 
     Préface par Henri de Castries, Prix Montyon 2005 de l’Académie française
     Traduit en italien chez Cantagalli, Siena, (2010)
     A paraître en américain à IPS Press, en 2011. 
Parole et silence (Prolégomènes. Les choix humains), Paris (2009)
Démocratie durable. Penser la guerre pour faire l’Europe, Editions Monceau, Paris (2010)
 
Autres publications (sélection)
- ‘Il rinnovamento socio-politico’, (“Socio-political Renewal”), in Veritatis Splendor, testo integrale con comentaria filosofico-teologico tematico, a cura di Ramon Lucas Lucas, Presentazione del cardinal J. Ratzinger, San Paolo-Milano, 1994, p.375-381.
- "Dieu me jugera", Revue Catholique Internationale Communio, X, 1, 1985, p.62-75.
- ‘Democracja aristokraticzna a demokracja republikanska’, in Znak, (traduit en polonais par Maria Tarnowska), 4, 455, Krakow, 1993, p.128-138.
- ‘Pour une philosophie de l’argent’, L’amitié Charles Péguy, Bulletin d’information et de recherche, ‘Péguy écrivain’, 18ème année, n° 72, octobre-décembre 1995.  
- ‘Nuit de la foi et doute philosophique’ au Colloque international, Lisieux, 30septembre 4 octobre 1996, pour le centenaire de la mort de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus ; publiée dans Une sainte pour le 3ème millénaire, Editions du Carmel, 1997, p.163-180.
- ‘Filosofia politica, mercado y solidariedad’, Congrès de l’Université Complutense de Madrid sur ‘Filosofia y solidariedad’ ; Revista Espanola de Pedagogia, n°205, Ano LIV, septiembre-diciembre 1996, p.395-407.  
- ‘La famille, fondement de la société’, in Anthropotès, 12/1, Istituto Giovanni Paolo di Studi su matrimonio e famiglia, Roma, juin 1996, p.21-50.
- ‘Paura di credere’, Nuntium, n°1, Rome, Laterano, mars 1997, p.88-95.
- Morale per una societa libera’, dans Nuntium, ‘Economia, diritti del unomo e cristianesimo’, Universita Lateranense, juin 1997. 
- ‘Economie, société et politique familiale’, Droit social, n°5, mai 1997, p.443-450.
- ‘En torno al respeto’, (“Around Respect”), in Humanitas, Santiago de Chile, Enero-marzo, 1997.
- ‘Présupposés philosophiques propres au biocentrisme ou à l’anthropocentrisme’, dans Anthropotès 13/1 (1997), Pontificio Istituto Givanni Paolo II per studi su matrimonio e familglia, pp. 69-90. 
- ‘La politique de l’investissement familial’, in Liberté politique, n°2, été 1997, p.139-149.
- “How to Defend Moral Values in a Free Society?”, Congrès international ‘Secolarismo e liberta religiosa’, Roma, 5-7 décembre 1995; published in dans Secolarismo e liberta religiosa. Secularism and Religious Liberty, Libreria editrice vaticana, Citta del Vaticano, 1998, p.78-85.
- ‘Jean Guitton’, in Heinrich M. SCHMIDINGER, Christliche Philosophie im katholischen Denken des 19. und 20. Jahrhunderts, Band 3, Moderne Strömungen in 20. Jahrhunderts, Verlag Styria, 1998, p.500-506.
- ‘101 thèses sur la liberté de l’éducation’, Liberté politique, n°5, été 1998, p.85-99.
- ‘Ci sara un bene comune nella nuova societa ?’ dans Etica e politica nella società del duemila, dir. Robert GAHL Jr., Armando Editore, 2001, p.65-77.
- ‘Idées sur la relation entre les fondations spirituelles de l’Europe et une conscience européenne de défense’, Colloque CIDAN, Strasbourg, Conseil de l’Europe, 16 octobre 2003.
- Article: ‘Ethique, défense et gestion’, (“Ethics, Defense and Management”) dans Revue de gestion des ressources humaines, n° 56, Avril-Juin 2005, p.63-82.
- ‘Trois définitions du terrorisme’, dans la revue Oasis, Venise, Année II, n° 3, Mars 2006, ‘Ennemis inconnus. Al-Qaïda et les autres : que savons-nous vraiment du nouveau terrorisme ?’, p.15-17.
- ‘La géopolitique actuelle et la nécessité de la philosophie’, dans Oasis, Année II, n° 4, septembre 2006, p.23-25. 
- ‘Integrazione politica e dialogo culturale’, au Congrès international ‘Cristianesimo, Ebraismo e Islam: Esperienze di Incontro’, Bergame, Italie, 28-29 octobre 2006, La nuova Europa. Rivista internazionale di cultura, n°1, Gennaio 2007, La casa di Matriona, R.C. Edizioni, Seriate, (Bergame), Italie.
- “Reshaping Ethical Training for Future French Commissioned Officers”, International colloquium on ‘Ethical education and Training in the Military’, Mai 2006, Institute of Applied Ethics, Hull University, UK; published in Paul ROBINSON, Nigel DE LEE & Donald CARRICK (editors), Ethics Education in the Military, Ashgate, UK, Feb. 2008, p.109-118.   
- "Intuition et invention chez Bergson", dans Annales bergsoniennes, tome 4, PUF, sous la direction de Frédéric WORMS, Actes du Colloque sur ‘L’évolution créatrice de Bergson. 1907-2007’, tenu au Collège de France le 23/24 novembre 2007.
- ‘Ethique et vieillissement’, (“Ethics and Ageing”) colloquium of the « Institut de géopolitique des populations » and of the « Institut de recherches sur la géostratégie économique internationale » (IRGEI), held at the Assemblée nationale, 8 mars 2007, published in Yves-Marie LAULAN, Vieillissement mondial et conséquences géopolitiques, L’Harmattan, 2007, p.173-188.
- “A Few Reflections On the Critical Importance of Ethical Training Today for an Efficient Leadership Training in the Military”, in Military Studies and Technology : The Proceedings of the 14th Hwarangdae International Symposium, 2007.11.1/2, Korea Military Academy, p.23-43.
- ‘Guizot et le centrisme’, du livre d’Aurelian CRAIUTU, Le Centre introuvable. La pensée politique des doctrinaires sous la Restauration, traduit de l’anglais, Plon, 2006, dans Commentaire, Volume XXX, n°119, Automne 2007, p.856-858.
- ‘Bien commun, décision et intérêt général’.Aux éditions Marcianum Press, Venise, dansIl bene comune. La domanda antropologica, 3, acura di G. Richi Alberti, 2008.
- ‘Policier et soldat. Ressemblances et différences’; English translation, ‘“Of the Police and the Military”, une étude pour le Chef d’état-major des Armées, le Général Jean-Louis Georgelin, dans le cadre des travaux sur le Livre Blanc sur la Défense, 2008.
- "Benedicto XVI y Barak Obama en el Cercano Oriente", Humanitas, n° 55, Juillet-Septembre 2009, Santiago de Chile.
- “A Few Reflections On the Second Meeting ISODOMA”, Colloquium, Shrivenham, UK, on “Military Ethics & Education. Who Needs What, Where and When?” December 2009.
- "Sur l’identité de la France. Réflexions philosophiques", dans Liberté politique, Printemps 2010.
- "Le militaire : héros, victime et judiciarisé", Inflexions, automne 2010.
 
 
*  "Paura di credere", Nuntium, n°1, Rome, Laterano, mars 1997, p.88-95
*  "Morale per una societa libera", dans Nuntium, ‘Economia, diritti del unomo e cristianesimo’, Universita Lateranense, juin 1997
*  "Economie, société et politique familiale", Droit social, n°5, mai 1997, p.443-450
*  "En torno al respeto", (“Around Respect”), in Humanitas, Santiago de Chile, Enero-marzo, 1997
*  "Présupposés philosophiques propres au biocentrisme ou à l’anthropocentrisme", dans Anthropotès 13/1 (1997), Pontificio Istituto Givanni Paolo II per studi su matrimonio e familglia, pp. 69-90
*  "La politique de l’investissement familial", in Liberté politique, n°2, été 1997, p.139-149
*  "How to Defend Moral Values in a Free Society ?", Congrès international Secolarismo e libertareligiosa, Roma, 5-7 décembre 1995; published in dans Secolarismo e liberta religiosa. Secularism and
          Religious Liberty, Libreria editrice vaticana, Citta del Vaticano, 1998, p.78-85
*  "Jean Guitton", in Heinrich M. SCHMIDINGER, Christliche Philosophie im katholischen Denken des 19. und 20. Jahrhunderts, Band 3, Moderne Strömungen in 20. Jahrhunderts,
          Verlag Styria, 1998, p.500-506
*  "101 thèses sur la liberté de l’éducation", Liberté politique,n°5, été 1998, p.85-99
*  "Ci sara un bene comune nella nuova societa ?" dans Etica e politica nella società del duemila, dir. Robert GAHL Jr., Armando Editore, 2001, p.65-77
*  "Idées sur la relation entre les fondations spirituelles de l’Europe et une conscience européenne de défense", Colloque CIDAN, Strasbourg, Conseil de l’Europe, 16 octobre 2003
*  "Ethique, défense et gestion", (“Ethics, Defense and Management”) dans Revue de gestion des ressources humaines, n° 56, Avril-Juin 2005, p.63-82
*  "‘Trois définitions du terrorisme", dans la revue Oasis, Venise, Année II, n° 3, Mars 2006  "Ennemis inconnus. Al-Qaïda et les autres : que savons-nous vraiment du nouveau terrorisme ?", p.15-17
*  "Integrazione politica e dialogo culturale", au Congrès international Cristianesimo, Ebraismo eIslam: Esperienze di Incontro, Bergame, Italie, 28-29 octobre 2006, La nuova Europa. Rivista internazionale
          di cultura, n°1, Gennaio 2007, La casa di Matriona, R.C. Edizioni, Seriate, (Bergame), Italie
*  "Reshaping Ethical Training for Future French Commissioned Officers", International colloquium on ‘Ethical education and Training in the Military’, Mai 2006, Institute of Applied Ethics, Hull University,

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Sur "l'affaire Barbarin"

Publié dans A tout un chacun

Sur "l'affaire Barbarin"

Tout a été dit, ou presque, sur "l’affaire Barbarin", qui est sans doute loin d’être terminée. Ce papier se contente de rassembler les meilleures idées glanées de divers côtés et de les proposer ensemble à la méditation.
Ce dont nous pouvons être certains :
1 - Axiomes :
- Le mal est mal.
- Certains actes sont particulièrement répugnants et traumatisants.
- Tout malheur appelle la solidarité sincère.
- Quand il y a eu injustice, il faut punition et réparation.
2 - Pour l’Exécutif, c’est violer la Constitution que de faire pression, même indirectement, sur les juges. Sans leur indépendance et leur intégrité, la société régresse au lynchage et il n’y plus ni droits de l’Homme, ni sécurité pour les citoyens.
3 - Manipuler ou instrumentaliser la justice, la conscience et les victimes elles-mêmes est immoral. 

Questions à examiner.

1 - Pourquoi, dans notre monde relativiste et postmoderne, subsiste-t-il un tel tabou sur la pédophilie, alors que la tendance est à la libération sexuelle universelle ?
2 - Dans les années 70, Le Monde et Libération publiaient de nombreux textes ouvertement favorables à la libéralisation de la pédophilie. Certains signataires sont encore des icônes intouchables de la culture ou du monde politico-médiatique. Leurs anciens propos ne choquent personne dans les médias. Ils ne font l’objet d’aucun harassement médiatique. Pourquoi ces faits ne sont-ils pas apportés au débat ?  
3 - Pourquoi n’a-t-on pas un panorama complet des crimes pédophiles : nombre de condamnés, leur métier, leur région, combien de cas dans l’éducation nationale ? Dans les colonies de vacances laïques ?  Répartition en pourcentage selon les institutions, taux de corruption comparés des institutions, etc. Sans ordre de grandeur, sans comparaison, que valent nos appréciations ? Sans quantification, y a-t-il phénomène scientifique ? La police n’aurait-elle pas bien des choses à dire dans ce domaine ? Si on s’en tient à la présentation par les médias, la pédophilie semble être un quasi-monopole de l’Eglise, ce qui est probablement tout à fait faux, mais en l’absence de diffusion suffisante d’études sérieuses, que peut-on dire ? Propager des informations partielles (qui soulignent les fautes d’une partie sans informer sur les fautes des autres parties) est-ce une pratique journalistique morale et professionnellement sérieuse ? Quelle différence y a-t-il entre une mauvais journaliste et un bon propagandiste ?
Quand on a la curiosité de lire ce qui se publie en Angleterre sur le sujet de la pédophilie, on se demande parfois si dans ce pays, la haute société ne risquerait de sauter, si la raison d’Etat ne venait pas couvrir une montagne de turpitudes. Heureusement, il n’y a rien de tel en France. Qu’est-ce que cela nous dit sur les médias ?

Réflexions diverses
1 - Nous savons tous et je le redis après bien d’autres, que le cardinal Barbarin et la Ministre Vallaud-Belkacem ont eu à gérer des dossiers analogues. Monsieur Valls n’aurait-il pas dû lui demander, à elle aussi, de "prendre ses responsabilités", s’il avait eu dans sa conscience un poids et une mesure, et non pas deux ? Ma réponse est : non ! Car il y a l’indépendance de la justice. Si elle était mieux respectée, beaucoup à l’Education Nationale ne seraient-ils pas depuis longtemps en examen, voire en prison ? Valls le sait probablement. En tout cas, il devrait le savoir. Quand on sait ce que c’est que le monde, et quand on laisse faire tant de choses, et quand en même temps on vient harceler un parfait honnête homme, bon et fraternel, on se montre absolument veule et vil.
2 - Tous ces scandales n’auraient pas eu lieu si l’Eglise n’avait pas connu une aussi grave crise d’autorité. Être un bon chef, ce n’est pas seulement faire confiance et laisser faire. C’est aussi inspecter, surveiller et punir. A cet égard, on a été souvent et on reste beaucoup trop bon dans l’Eglise, c’est-à-dire pas du tout assez. Et puis il règne dans la culture et la société une complète anarchie intellectuelle et morale et tout le monde, y compris les meilleurs, sont affectés par ces absurdités. Dans ces conditions, c’est un métier impossible que d’être évêque, dans une Eglise où on n’obéit si peu et où l’évêque porte pourtant la responsabilité civile, voire pénale, d’un clergé qui n’en fait souvent qu’à sa tête. 
3 - Quand je n’ai pas devoir de juger, et quand je n’en ai pas les moyens (quand je ne connais pas les faits de la cause), je ne juge pas. Ne pas juger ne signifie pas se situer dans le "doute". Ne pas juger signifie au contraire avoir un préjugé favorable, autrement tout calomniateur a gagné.
Avoir conservé son pouvoir de juger, de nos jours, c’est compter pour rien beaucoup de ce qui se dit ou s’écrit dans les médias.

Ce dont je suis sûr, "scientifiquement"
1 - Se payer une peau de curé, c’est un classique de la gauche "social-traître". Les Français, sous gouvernement centre-gauche et gauche durant toute la IIIème République, de 1876 à 1936, ont dû attendre 1946, pour bénéficier des lois sociales dont avaient joui les Allemands dès 1880 sous un gouvernement autoritaire et conservateur. 
2 - Nous avons là un parfait exemple de diversion de l’opinion : plutôt que de subir la colère des citoyens sur son incapacité à réformer le pays et redonner un avenir économique aux Français, le Gouvernement va créer des campagnes pour occuper les esprits et donner aux journalistes des sujets de débats vains et interminables
3 - Dans nos démocraties, désormais, on achète la loi.
Aux Etats-Unis, c’est le Droit, c’est la décision de la cour suprême. Quel lobby le Gouvernement récompense-t-il ici ? Un lobby gourmand, à qui l’on a déjà offert, voici trois ans, la peau d’un grand rabbin ?
Paru sur www.henrihude.fr, 6 avril 2016

Pensées sur la Chine

Publié dans De par le monde
Pensées sur la Chine
 
J’ai été jury, voici peu, dans une soutenance où un étudiant asiatique présentait un travail de recherche sur le Parti communiste chinois. Cet excellent écrit fut pour moi l’occasion de renouveler des réflexions, dont je voudrais vous faire part. Je ne chercherai pas à les articuler en système. Prenez-les telles qu’elles sont, comme de simples "pensées". J'ai mis en plus petit ce qui vient plutôt de moi et en caractères ordinaires ce que m'a rappelé le thésard.
 
1.   Le PC chinois compte 83 millions de membres. Il est divisé en deux factions principales. Ces deux groupes sont la "ligue populiste", Hu Jintao à sa tête, et la "ligue des élites", qu’avait fondée Jiang Zemin. La première représente plutôt les campagnes et l’intérieur du pays ainsi qu’un principe d’égalité, la seconde est plus libérale et représente les côtes, plus riches et développées. Aucune des deux factions ne souhaite aujourd’hui l’élimination de l’autre, à la différence du temps passé, où les purges se succédaient dans le parti. Elles préfèrent alterner au pouvoir et se le partager. Par exemple, l’actuel chef de l’Etat, Xi Jinping, appartient à la ligue des élites, et le premier ministre, Li Keqiang, aux populistes. Mon étudiant écrit : "Chacun est le représentant d’un clan dans le PCC. Cette répartition du pouvoir peut être appelée le système de ‘1 parti, 2 clans’."
Chacun comprend que ce système de parti unique en deux factions solidaires pourrait aisément évoluer, au besoin, en système où les deux factions se constitueraient en deux partis solidaires, sans qu’il y ait rien de changé à la politique, sauf qu’ils s’écharperaient pour la forme et que les Chinois enfin appelés à voter démocratiquement pour l’une des deux factions, auraient l’impression d’avoir plus de choix qu’aujourd’hui. Toute ressemblance avec d’autres situations dans le monde serait purement fortuite.
 
2.   L’Occident a pensé que le passage au capitalisme à partir du président Deng s’accompagnerait d’une évolution des mentalités dans le sens d’une occidentalisation et du libéralisme. C’est relativement vrai pour ce qui est de l’occidentalisation du mode de vie. C’est faux pour ce qui est du libéralisme. Ce qui émerge au contraire de l’occidentalisation, c’est le nationalisme, qui est un trait caractéristique et quasi unanime de la Chine contemporaine.
Ceci était prévisible, puisque c’est ce qui s’est produit en Europe avec la modernisation dans les siècles derniers. C’est aussi ce qui s’est passé au Japon entre les deux guerres mondiales, où le nationalisme et le militarisme l’ont emporté sur le début de démocratie libérale, notamment quand la crise mondiale a stoppé la croissance japonaise. En Chine, les mentalités encore très terriennes et conservatrices d’un peuple solidaire et traditionnel, malgré la rudesse de la révolution communiste, ne vont pas se dissoudre dans l’individualisme libéral, sans passer durant au moins une génération et probablement deux par l’étape du nationalisme.
De plus, les peuples les plus libéraux sont aussi ceux qui ont les institutions les plus aristocratiques. La Chine, Etat plurimillénaire, gouverné depuis toujours par une élite de hauts fonctionnaires, conservera probablement sa structure étatique. Comme la France, sa vision nationale restera incarnée par une élite plus ou moins éclairée s’appuyant sur la puissance de l’Etat.
 
 
3.   Chacun a lu ou entendu dire que la démocratie était une condition nécessaire de la croissance économique, et qu’un régime autoritaire était un facteur de stagnation.
C’est évidement faux en ce qui concerne la Chine. En France, c’est la dictature de Napoléon III qui a effectué la grande modernisation économique du XIXème siècle. Douze mois de gouvernement par un homme à poigne, tel que le général de Gaulle, ont accompli en France les réformes qui ont permis l’une des périodes les plus prospères de notre histoire. Et aujourd’hui, quelles sont les perspectives de notre système démocratique ? Peut-on raisonnablement espérer autre chose que le statu quo mortel, avec comme unique alternative un populisme brouillon et jacobin ?
 
4.   Il y aurait 83 milliardaires dans l’Assemblée Nationale de la République Populaire de Chine. Tous membres du Parti communiste. Le Président Xi Jinping est le fils d’un Vice Premier Ministre de Mao Zedong. On nomme en Chine l’ensemble de ces héritiers le "groupe des princes".
Faut-il sourire ou essayer de comprendre ? Le communisme et Marx sont "de vieilles idoles, qu’on encense par habitude", comme disait Montesquieu. Mais, il en va de même en France pour tout un ensemble de grands principes républicains, qui ne représentent plus rien et dont les juristes se servent pour déduire pompeusement que nous vivons dans le système le plus juste possible. De l’égalité absolutisée, quand on a un peu d’audace, on commence par déduire le communisme. Puis, quand on s’est embourgeoisé et que l’on se plait dans l’inégalité et le confort, on préfère en déduire le mariage homosexuel. Les dirigeants veulent croire qu’ils continuent à croire en quelque chose en quoi ils ne croient plus. Ils n’y croient plus, mais ils tiennent à faire semblant de continuer à y croire, non parce qu’ils sont cyniques, mais parce qu’ils y tiennent, comme à un souvenir de jeunesse, ou au marxisme de leur jeunesse. Ne les croyez pas cyniques. Ecoutez Valls, par exemple, parler de la République et du socialisme : c’est clair qu’il a envie de continuer à croire qu’il y croit. Ce serait dommage de le détromper. 
 
5.   Le Parti communiste chinois a réussi à se maintenir au pouvoir, tout en préservant l’indépendance de son pays et en réalisant une énorme croissance économique et montée en puissance politique. Il s’efforce de mener une politique culturelle visant à contrer les effets démoralisants de l’enrichissement rapide et de l’occidentalisation bas de gamme, en particulier en réhabilitant Confucius et en luttant contre la corruption. L’athéisme d’Etat n’a plus guère de sens, même si l’esprit antireligieux reste en Chine pour les pouvoirs une façon de se dire que le marxisme n’est pas tout à fait une coquille vide.
L’athéisme : voilà un article progressiste qui ne mange pas de pain. Comme chez nous le mariage gay. Je ne suis pas certain que ce qui se passe en Chine soit de nature à surprendre un Français attentif et judicieux. La gauche française a toujours été comme ça. L’ouvrier français a attendu de Gaulle, 1945 et les démocrates-chrétiens, pour jouir des assurances sociales que Bismarck avait accordées à l’ouvrier allemand autour de 1885, et que lui ont constamment refusées soixante-dix ans de pouvoir républicain progressiste et radical-socialiste. "Ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent donc du curé". Ajoutons que les Chinois seraient peut-être un peu plus bienveillants avec le christianisme, si les missionnaires évangélistes n’étaient pas aussi souvent dans le monde des faux nez de la CIA.
 
6.   Quelle est la nature de la classe dirigeante chinoise ? Ce sont des hauts fonctionnaires, unis par le souvenir d’avoir adhéré jadis à une philosophie progressiste, et qui dominent l’économie de leur nation. Ils ont pris le modèle capitaliste de leurs rivaux Américains, moyennant quoi, ils sont restés au pouvoir.
Y a-t-il une si grande différence avec la classe de nos Enarques ? Culturelle, certes, parce que les dirigeants chinois sont pour la plupart de vrais esprits scientifiques et ingénieurs qu’on n’a pas nourris à la salade sauce Science-Po. Et ils ont bien plus de succès, car il y a encore de la croissance en Chine, et leur pays a développé une vision du monde et reste une puissance souveraine.
On rapporte que Bush Ier parlant à Deng des droits de l’Homme, celui-ci lui aurait répondu : "L’un des premiers droits de l’Homme est d’émigrer. Combien de dizaines de millions de Chinois êtes-vous prêt à accueillir aux Etats-Unis ?" Le Président américain, humaniste mais pragmatique, aurait changé de sujet. Si les Chinois avaient les Droits de l’Homme et la démocratie, cela permettrait une plus forte pénétration des intérêts américains dans la société chinoise, mais on ne pourrait pas empêcher que les Chinois ne se répandent démocratiquement au dehors, venant constituer de puissantes communautés dans les grandes nations occidentales. On protestera donc contre les violations des Droits de l’Homme en Chine, tout en priant le Ciel qu’il ne fasse surtout rien susceptible d’en arrêter la violation.  
On a l’impression que Washington ne sait sur quel pied danser, face à la Chine, ni trouver le ton juste et l’action cohérente – trop mou pour ce qu’il a de dur, trop dur pour ce qu’il a de mou. Il aimerait bien voir tomber le régime qui tient la Chine libre et puissante, et il fait la guerre à ce pays de toutes les manières indirectes possibles (voyez le dernier livre du géopoliticien très lu en Russie et en Chine William Engdahl, Target : China), parce que c’est conforme à une vieille habitude hégémonique dont il ne se défera jamais ; mais, en sens inverse, la révolution en Chine serait autant un cauchemar aux conséquences ingérables pour Washington.   
Je crois que si la France était ce qu’elle a à être, elle pourrait entrer avec la Chine dans un dialogue extrêmement constructif. La première condition serait qu’elle redevienne elle-même et cesse de se dissoudre dans un européisme de plus en plus inconsistant.

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Après les attentats islamistes...

Publié dans En France
Après les attentats islamistes du 13 novembre 2015 à Paris
 
Après les attentats sanglants qui ont massacré Paris le vendredi 13 novembre 2015, une fois hommage rendu aux malheureuses victimes, une fois prié pour notre pays, il convient de comprendre.
Replacer l’événement dans l’image d’ensemble du monde tel qu’il est.
 
Le terrorisme islamiste, auxiliaire de la politique impériale
Depuis la guerre russo-afghane des années 1980, Washington utilise l’extrémisme islamiste comme auxiliaire privilégié au service de sa politique impériale. L’Empire, en véritable pompier pyromane, suscite d’une part des crises islamistes au sein des nations qu’il souhaite déstabiliser, et d’autre part trouve dans ces mêmes crises la justification nécessaire pour ses multiples interventions. Il pousse l’islamisme, par l’intermédiaire d’alliés, quitte à le frapper, s’il va trop loin ou sort de son rôle.
Ce partenariat innommable s’est considérablement développé et métamorphosé depuis la fourniture de missiles sol-air aux Moudjahidines afghans. Il culmine aujourd’hui dans la suite de ce que les médias ont un temps appelé le "printemps arabe", qui a vu la montée en puissance des islamistes dans de si nombreux pays.
L’objectif de cette politique est celui de tout empire : diviser pour régner.
Comme l’empire britannique à son époque, les Etats-Unis cherchent à faire s’affronter les puissances industrielles continentales : Europe, Russie et Chine, tout en s’alliant à la plus faible et la plus dominée de ces puissances : l’Europe.
Dans ce cadre, le terrorisme islamiste permet de frapper les adversaires et de déstabiliser leurs alliés, de resserrer toujours plus les liens avec une Europe réticente par la menace de la subversion et l’exploitation de l’émotion, afin de l’engager toujours plus dans une politique destructrice pour elle.
  
Les fautes de la classe dirigeante française
Face à la politique islamiste de Washington, par inconscience, par habitude de pensée, ou par lâcheté, nos dirigeants n’ont pas pris la mesure de la situation, et n’ont pas défendu les intérêts vitaux de la nation.
Ils ont commis une longue liste de fautes :

1 - La politique étrangère de la France est favorable aux monarchies du Golfe qui, en plus de prôner un Islam rétrograde et extrémiste, financent ouvertement l’islamisme. L’objectif de cette politique est notamment de trouver des investisseurs dans la dette nationale. Mais mettre notre pays en état de dépendance financière envers ces nations est une faute. De plus, et ce n’est pas l’aspect le moins grave,  cette politique envers les monarchies du Golfe est indigne de la France. Elle est vécue comme une trahison par nos partenaires traditionnels laïcs en Méditerranée et par les chrétiens d’Orient. Elle scandalise la majorité des musulmans de notre pays et d’ailleurs qui rejettent l’islamisme.
2 - Notre classe dirigeante laisse des puissances ouvertement islamistes investir dans le "culturel" dans certaines de nos banlieues pauvres, développant ainsi un réservoir potentiel de chair à canon parmi les plus pauvres et les plus vulnérables des Français.
3 - Soucieuse de séduire un électorat musulman assimilé à tort à l’intolérance islamiste, notre classe dirigeante interdit tout ce qui fait la grandeur culturelle et spirituelle de la civilisation européenne : la religion chrétienne et la grande philosophie des Lumières. Elle remplace cette civilisation par des folies libertaires et postmodernes qui sont indignes de notre pays. Cette culture libertaire fait l’objet d’un rejet profond chez ceux qui ne sont pas soumis au conditionnement social et moralisateur de nos médias.
4 - Par idéologie et par hostilité idéologique à toute forme d’autorité, nos dirigeants ont abaissé - auprès des islamistes - l’autorité de l’Etat, en décrédibilisant les forces de l’ordre et la justice.
5 - En soutenant, par soumission au directives américaines, une guerre contre Assad qui n’est pas celle de la France, ils ont armé les terroristes, préparé leur retour en France et portent une part de la responsabilité des drames actuels et futurs.  
 
La France a besoin de corriger ces fautes
Notre pays doit casser toute influence des puissances islamistes sur notre territoire, et leur enlever tout levier d’influence sur nous, notamment en matière financière. Les pays qui soutiennent l’islamisme doivent être avertis qu’ils se placent objectivement en état de guerre avec la France. Nous devons cesser de financer et soutenir tout réseau islamiste, notamment en Syrie.
En matière de politique étrangère, nous devons nous poser à nouveau la question de nos alliances.
Dans cette guerre, notre société doit s’endurcir, dans son armée et dans ses forces de l’ordre. Cela demande de développer une politique de défense, et de penser le monde en termes de puissance, ce que ne fait plus notre classe dirigeante depuis trop longtemps.
Les agents des islamistes doivent savoir qu’ils ne pourront jamais se prévaloir de l’état de droit et en abuser pour détruire la France. Pour autant, il serait absurde de détruire les libertés constitutionnelles de tous les citoyens pour répondre à la menace terroriste, comme le fait en partie l’exécutif américain.
 
La France doit se réformer pour peser à nouveau dans la construction européenne
La légitimité première et irremplaçable d’un pouvoir politique, c’est la sécurité, bien avant tout le reste. Sous cet angle, l’Union européenne apparaît dépassée et inutile. Elle date d’une époque révolue où les pays européens vivaient un déclin tranquille, sous le patronage d’un empire américain alors plus puissant et moins cynique qu’aujourd’hui.
Retranchée dans son moralisme, quelle sera la réponse bruxelloises à la guerre islamiste ? Probablement une nouvelle couche de bureaucratie limitant encore plus la liberté des citoyens et la souveraineté des nations. Peut-être des absurdités comme l’entrée dans l’UE de la Turquie, pourtant l’un des principaux soutiens des milices islamistes en Syrie.
Les Français ont commencé à se désintéresser de l’Europe quand la France a commencé à décrocher économiquement de ses partenaires, et notamment de l’Allemagne. Ce décrochage est la conséquence d’une politique conservatrice et bureaucratique inadaptée à l’évolution du monde.
Pourtant, la France réformée peut retrouver une dynamique économique formidable qui lui redonnerait un rôle moteur en Europe. Alors, l’Europe pourrait devenir autre chose qu’une bureaucratie ou un moralisme budgétaire sans vision ni grandeur, à la hauteur des enjeux.
Mais sans rebond économique de la France, sans réforme de ses institutions et libération de sa créativité, il est illusoire de vouloir peser sur l’Allemagne. L’Europe restera donc un vassal impuissant de Washington, tenu par une menace islamiste qu’elle s’interdit de combattre, et dominé par une Allemagne névrosée.
 
Les évolutions du monde musulman
Les musulmans de France sont comme les musulmans d’Egypte, ou les musulmans de Tunisie. Dans leur immense majorité, ils ne veulent pas des islamistes, et ils s’en débarrassent toutes les fois que Washington ne parvient pas à les maintenir au pouvoir.
Car l’idée que l’islamisme est en progrès irrémédiable est fausse.
L’islamisme pèserait infiniment moins sans l’argent du Golfe et sans l’accord de Washington,
L’islamisme pèserait infiniment moins si notre pays était fidèle à sa culture et rejetait le nihilisme d’État, qui est un facteur de radicalisation majeur. Car c’est par attachement à cette culture universaliste, rationnelle et spirituelle, que de nombreux musulmans ont quitté leur pays pour devenir Français. Ils se sentent trahis, au moins autant que les catholiques, par notre classe dirigeante qui renie son histoire et sa culture. 
L’islamisme pèserait infiniment moins si notre pays, en adoptant les grandes réformes économiques dont tout le monde parle depuis trente ans, retrouvait l’esprit d’entreprise et la prospérité sans quoi aucune société libre ne perdure.
La barbarie islamiste est pour les musulmans, encore plus que pour les chrétiens ou les laïcs, un élément de remise en question, de progrès et de renouveau spirituel.
Le pape comprend ces sentiments et tente d’éviter une confrontation massive et artificielle entre religions, qui ne profitera qu’à l’Empire. Mais des forces mauvaises font clairement la politique du pire. 
 
Les prochaines étapes
Il est probable qu’il ne se passera rien. Certes, les conseillers en communication travailleront pour aider leurs clients politiques à profiter des événements tragiques. Certes, nos dirigeants trouveront des mots forts pour se scandaliser.
On débattra sans conséquence, il y aura des élections avec des vainqueurs et des perdants. On votera des mesures qui donneront à l’État jacobin des pouvoirs policiers sans limite sur n’importe quel citoyen, mais l’on se gardera bien de demander à la police de faire son métier avec les islamistes.
On déploiera une rhétorique de guerre contre l’État islamique. Mais nos services cesseront-ils seulement de soutenir les islamistes qui font la guerre à Bachar el Assad en coordination avec l’ISIS ? La guerre en Syrie, est une guerre entre les États-Unis et la Russie pour la domination au Moyen-Orient. Que les morts parisiens nous aident à concevoir notre politique étrangère avec moins de légèreté.
Pourtant nous voyons qu’une longue lutte commence contre l’islamisme en France. Cette même lutte déchire aujourd’hui le monde musulman, qui se polarise, déchiré entre une islamisation galopante et désespérée, et une sécularisation profonde. Nous ne pouvons plus espérer éviter cette confrontation, ni en sortir sans nous battre.
Dans cette lutte, la France doit passer une alliance militaire, mais aussi culturelle, avec les musulmans éclairés et laïcs, afin de combattre les islamistes. Soit exactement l’inverse de ce qu’elle a fait depuis si longtemps.
Cette lutte fait partie des terribles enjeux de notre pays dans les années à venir, avec la réforme de l’État jacobin, la reconstruction du système social et la libération des forces créatives.
Rien n’évoluera à court terme. Pourtant le monde change. Plus la France attend avant de se réformer, plus la transition sera tragique. Les morts de vendredi nous montrent que les erreurs politiques se paient dans le sang.

Paru sur www.henrihude.fr

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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