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HUDE Henri

HUDE Henri

Né le 7 septembre 1954
Marié - 4 Enfants.


Philosophe

Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure (Ulm) (1974-79)
Agrégation en Philosophie (1977)
Doctorat in Philosophie (1990)
     Habilitation (1992) à diriger des recherches en philosophie.

Directeur du Pôle d’éthique au Centre de recherches des Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan (CREC).
Ancien professeur en classes préparatoires au Collège Stanislas (Paris)
Ancien professeur d’Université à Rome
(Professore stabile. Istituto Giovanni Paolo II di studi su matrimonio e famiglia, presso l’Universita del Laterano).
Ancien directeur général du Collège Stanislas (Paris) 
 
Membre du comité de rédaction de la revue Commentaire (depuis 1992)
Membre du conseil d’orientation de l'Institut Montaigne (2001-2009) 
Membre du conseil scientifique de la revue Oasis (Venise) (depuis 2004)
Membre du conseil d’administration de l’association des Amis de St-Cyr et Coëtquidan (depuis 2005)
 
Ouvrages
Bergson(2 volumes) (1ère édition, 1989 and 1990), Paris, Editions Universitaires
     Reedited Archives Karéline (2009)
Ethique et politique,Paris, Editions Universitaires (1992)    
Philosophie de la prospérité. Marché et solidaritéParis, Economica(1994), 
Croissance et liberté. Philosophie de la prospérité(1995) - 2nd Volume, Critérion, Paris 
Mon testament philosophique, en collaboration avec Jean GUITTON, Paris, Presses de la Renaissance (1997)
Entretiens posthumes avec Jean Guitton,Paris, Presses de la Renaissance.(2001)
Ethique des décideurs,Paris, Presses de la Renaissance (2004) 
     Préface par Henri de Castries, Prix Montyon 2005 de l’Académie française
     Traduit en italien chez Cantagalli, Siena, (2010)
     A paraître en américain à IPS Press, en 2011. 
Parole et silence (Prolégomènes. Les choix humains), Paris (2009)
Démocratie durable. Penser la guerre pour faire l’Europe, Editions Monceau, Paris (2010)
 
Autres publications (sélection)
- ‘Il rinnovamento socio-politico’, (“Socio-political Renewal”), in Veritatis Splendor, testo integrale con comentaria filosofico-teologico tematico, a cura di Ramon Lucas Lucas, Presentazione del cardinal J. Ratzinger, San Paolo-Milano, 1994, p.375-381.
- "Dieu me jugera", Revue Catholique Internationale Communio, X, 1, 1985, p.62-75.
- ‘Democracja aristokraticzna a demokracja republikanska’, in Znak, (traduit en polonais par Maria Tarnowska), 4, 455, Krakow, 1993, p.128-138.
- ‘Pour une philosophie de l’argent’, L’amitié Charles Péguy, Bulletin d’information et de recherche, ‘Péguy écrivain’, 18ème année, n° 72, octobre-décembre 1995.  
- ‘Nuit de la foi et doute philosophique’ au Colloque international, Lisieux, 30septembre 4 octobre 1996, pour le centenaire de la mort de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus ; publiée dans Une sainte pour le 3ème millénaire, Editions du Carmel, 1997, p.163-180.
- ‘Filosofia politica, mercado y solidariedad’, Congrès de l’Université Complutense de Madrid sur ‘Filosofia y solidariedad’ ; Revista Espanola de Pedagogia, n°205, Ano LIV, septiembre-diciembre 1996, p.395-407.  
- ‘La famille, fondement de la société’, in Anthropotès, 12/1, Istituto Giovanni Paolo di Studi su matrimonio e famiglia, Roma, juin 1996, p.21-50.
- ‘Paura di credere’, Nuntium, n°1, Rome, Laterano, mars 1997, p.88-95.
- Morale per una societa libera’, dans Nuntium, ‘Economia, diritti del unomo e cristianesimo’, Universita Lateranense, juin 1997. 
- ‘Economie, société et politique familiale’, Droit social, n°5, mai 1997, p.443-450.
- ‘En torno al respeto’, (“Around Respect”), in Humanitas, Santiago de Chile, Enero-marzo, 1997.
- ‘Présupposés philosophiques propres au biocentrisme ou à l’anthropocentrisme’, dans Anthropotès 13/1 (1997), Pontificio Istituto Givanni Paolo II per studi su matrimonio e familglia, pp. 69-90. 
- ‘La politique de l’investissement familial’, in Liberté politique, n°2, été 1997, p.139-149.
- “How to Defend Moral Values in a Free Society?”, Congrès international ‘Secolarismo e liberta religiosa’, Roma, 5-7 décembre 1995; published in dans Secolarismo e liberta religiosa. Secularism and Religious Liberty, Libreria editrice vaticana, Citta del Vaticano, 1998, p.78-85.
- ‘Jean Guitton’, in Heinrich M. SCHMIDINGER, Christliche Philosophie im katholischen Denken des 19. und 20. Jahrhunderts, Band 3, Moderne Strömungen in 20. Jahrhunderts, Verlag Styria, 1998, p.500-506.
- ‘101 thèses sur la liberté de l’éducation’, Liberté politique, n°5, été 1998, p.85-99.
- ‘Ci sara un bene comune nella nuova societa ?’ dans Etica e politica nella società del duemila, dir. Robert GAHL Jr., Armando Editore, 2001, p.65-77.
- ‘Idées sur la relation entre les fondations spirituelles de l’Europe et une conscience européenne de défense’, Colloque CIDAN, Strasbourg, Conseil de l’Europe, 16 octobre 2003.
- Article: ‘Ethique, défense et gestion’, (“Ethics, Defense and Management”) dans Revue de gestion des ressources humaines, n° 56, Avril-Juin 2005, p.63-82.
- ‘Trois définitions du terrorisme’, dans la revue Oasis, Venise, Année II, n° 3, Mars 2006, ‘Ennemis inconnus. Al-Qaïda et les autres : que savons-nous vraiment du nouveau terrorisme ?’, p.15-17.
- ‘La géopolitique actuelle et la nécessité de la philosophie’, dans Oasis, Année II, n° 4, septembre 2006, p.23-25. 
- ‘Integrazione politica e dialogo culturale’, au Congrès international ‘Cristianesimo, Ebraismo e Islam: Esperienze di Incontro’, Bergame, Italie, 28-29 octobre 2006, La nuova Europa. Rivista internazionale di cultura, n°1, Gennaio 2007, La casa di Matriona, R.C. Edizioni, Seriate, (Bergame), Italie.
- “Reshaping Ethical Training for Future French Commissioned Officers”, International colloquium on ‘Ethical education and Training in the Military’, Mai 2006, Institute of Applied Ethics, Hull University, UK; published in Paul ROBINSON, Nigel DE LEE & Donald CARRICK (editors), Ethics Education in the Military, Ashgate, UK, Feb. 2008, p.109-118.   
- "Intuition et invention chez Bergson", dans Annales bergsoniennes, tome 4, PUF, sous la direction de Frédéric WORMS, Actes du Colloque sur ‘L’évolution créatrice de Bergson. 1907-2007’, tenu au Collège de France le 23/24 novembre 2007.
- ‘Ethique et vieillissement’, (“Ethics and Ageing”) colloquium of the « Institut de géopolitique des populations » and of the « Institut de recherches sur la géostratégie économique internationale » (IRGEI), held at the Assemblée nationale, 8 mars 2007, published in Yves-Marie LAULAN, Vieillissement mondial et conséquences géopolitiques, L’Harmattan, 2007, p.173-188.
- “A Few Reflections On the Critical Importance of Ethical Training Today for an Efficient Leadership Training in the Military”, in Military Studies and Technology : The Proceedings of the 14th Hwarangdae International Symposium, 2007.11.1/2, Korea Military Academy, p.23-43.
- ‘Guizot et le centrisme’, du livre d’Aurelian CRAIUTU, Le Centre introuvable. La pensée politique des doctrinaires sous la Restauration, traduit de l’anglais, Plon, 2006, dans Commentaire, Volume XXX, n°119, Automne 2007, p.856-858.
- ‘Bien commun, décision et intérêt général’.Aux éditions Marcianum Press, Venise, dansIl bene comune. La domanda antropologica, 3, acura di G. Richi Alberti, 2008.
- ‘Policier et soldat. Ressemblances et différences’; English translation, ‘“Of the Police and the Military”, une étude pour le Chef d’état-major des Armées, le Général Jean-Louis Georgelin, dans le cadre des travaux sur le Livre Blanc sur la Défense, 2008.
- "Benedicto XVI y Barak Obama en el Cercano Oriente", Humanitas, n° 55, Juillet-Septembre 2009, Santiago de Chile.
- “A Few Reflections On the Second Meeting ISODOMA”, Colloquium, Shrivenham, UK, on “Military Ethics & Education. Who Needs What, Where and When?” December 2009.
- "Sur l’identité de la France. Réflexions philosophiques", dans Liberté politique, Printemps 2010.
- "Le militaire : héros, victime et judiciarisé", Inflexions, automne 2010.
 
 
*  "Paura di credere", Nuntium, n°1, Rome, Laterano, mars 1997, p.88-95
*  "Morale per una societa libera", dans Nuntium, ‘Economia, diritti del unomo e cristianesimo’, Universita Lateranense, juin 1997
*  "Economie, société et politique familiale", Droit social, n°5, mai 1997, p.443-450
*  "En torno al respeto", (“Around Respect”), in Humanitas, Santiago de Chile, Enero-marzo, 1997
*  "Présupposés philosophiques propres au biocentrisme ou à l’anthropocentrisme", dans Anthropotès 13/1 (1997), Pontificio Istituto Givanni Paolo II per studi su matrimonio e familglia, pp. 69-90
*  "La politique de l’investissement familial", in Liberté politique, n°2, été 1997, p.139-149
*  "How to Defend Moral Values in a Free Society ?", Congrès international Secolarismo e libertareligiosa, Roma, 5-7 décembre 1995; published in dans Secolarismo e liberta religiosa. Secularism and
          Religious Liberty, Libreria editrice vaticana, Citta del Vaticano, 1998, p.78-85
*  "Jean Guitton", in Heinrich M. SCHMIDINGER, Christliche Philosophie im katholischen Denken des 19. und 20. Jahrhunderts, Band 3, Moderne Strömungen in 20. Jahrhunderts,
          Verlag Styria, 1998, p.500-506
*  "101 thèses sur la liberté de l’éducation", Liberté politique,n°5, été 1998, p.85-99
*  "Ci sara un bene comune nella nuova societa ?" dans Etica e politica nella società del duemila, dir. Robert GAHL Jr., Armando Editore, 2001, p.65-77
*  "Idées sur la relation entre les fondations spirituelles de l’Europe et une conscience européenne de défense", Colloque CIDAN, Strasbourg, Conseil de l’Europe, 16 octobre 2003
*  "Ethique, défense et gestion", (“Ethics, Defense and Management”) dans Revue de gestion des ressources humaines, n° 56, Avril-Juin 2005, p.63-82
*  "‘Trois définitions du terrorisme", dans la revue Oasis, Venise, Année II, n° 3, Mars 2006  "Ennemis inconnus. Al-Qaïda et les autres : que savons-nous vraiment du nouveau terrorisme ?", p.15-17
*  "Integrazione politica e dialogo culturale", au Congrès international Cristianesimo, Ebraismo eIslam: Esperienze di Incontro, Bergame, Italie, 28-29 octobre 2006, La nuova Europa. Rivista internazionale
          di cultura, n°1, Gennaio 2007, La casa di Matriona, R.C. Edizioni, Seriate, (Bergame), Italie
*  "Reshaping Ethical Training for Future French Commissioned Officers", International colloquium on ‘Ethical education and Training in the Military’, Mai 2006, Institute of Applied Ethics, Hull University,

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Après les élections de mars 2015

Publié dans En France
Après les élections de mars 2015
 
 
Voici quelques commentaires sur les élections départementales, d’un point de vue que je qualifie de classique – c’est-à-dire éclairé par des concepts universels bien formés.
  
Le concept de justice, clé de l’analyse politique
Je suppose connue la structure ternaire de la justice. Ce point fondamental pour toute action politique est explicité dans un article sur la structure ternaire de la justice. Ces trois dimensions de la justice sont : la justice de liberté, la justice d’autorité, la justice de solidarité.
 
L’intelligence de cette structure ternaire permet seule de produire des analyses rationnelles et scientifiques, et non pas simplement empiriques. Elle permet de caractériser les acteurs nationaux ou les nations, en donnant à chaque fois la proportion entre ces trois dimensions, qui est propre à tel ou tel acteur. Tout acteur raisonnable admet ces trois dimensions, mais avec des différences dans l’ordre de priorité entre les dimensions.
 
Par exemple, traditionnellement, nos partis de gouvernement représentent : à droite, l’autorité de l’Etat, la liberté individuelle en économie et un certain conservatisme culturel ; à gauche la solidarité sociale, la liberté individuelle dans les domaines non-économiques, et l’autorité comprise comme celle de la République, fruit d’un pacte social entre libertés individuelles.
Néanmoins, les deux partis traditionnels de gouvernement représentaient quand même chacun certaines conditions ou certains aspects de la justice solidaire : la droite en adoptant un modèle de croissance économique nationale conditionnant un développement social ; la gauche en insistant davantage sur ce dernier élément et en soutenant les droits des salariés.
 
Autre exemple, le Royaume Uni a principalement une culture de justice libérale ; l’Allemagne traditionnellement une culture de justice autoritaire ; et la France avait une culture de justice solidaire.  
La structure de la justice peut-elle nous aider à comprendre la situation politique de la France, après les élections de mars 2015 ? Oui. En nous permettant de poser les bonnes questions, celles qui conduisent aux réponses utiles.
La première question concerne les partis de gouvernement, UMP et PS.  
 
Quelle dimension de la justice représentent et expriment les deux grands partis de gouvernement ?
Le parti socialiste et l’UMP sont avant tout en 2015 deux partis libéraux, bien que tous deux soient tenus en grande partie par la haute fonction publique d’État. C’est la particularité de la situation française. D’une part, nos partis de gouvernement appliquent docilement certaines règles d’une politique économique de libéralisme financier mondial voulue par Washington dans son intérêt. Cette soumission est l’acte fondamental de leur politique. Mais d’autre part, ils ne tirent pas les conséquences de ces règles libérales et continuent à alourdir le système jacobin. Faire entrer le pays dans la compétition mondiale sans en tirer les conséquences sur notre système fiscal, administratif et social, c’est l’incohérence fondamentale de cette politique.
 
Ainsi ces deux partis n’expriment plus véritablement l’autorité de l’État, ni la justice d’autorité, ayant trop abandonné à des organisations internationales les prérogatives essentielles de la souveraineté sans lesquelles la démocratie n’est qu’un mot. Pourtant, cet État trop faible pour imposer sa souveraineté à l’extérieur, est à l’intérieur trop lourd et écrase par ses coûts et ses contraintes notre économie productive.
 
Ils n’expriment pas non plus une justice de solidarité.
Car leur politique de statu quo et de conservation des privilèges détruit à terme le droit au travail, ce qui ne manquera pas d’aboutir à un niveau extrême d’inégalité, quand l’État ne sera plus capable de compenser par de la dépense publique la chute de l’économie productive. Elle est particulièrement inique envers la jeunesse, surchargée de dettes, privée d’investissements, en grande partie vouée au chômage ou à l’émigration forcée, et sur qui pèse malgré tout le financement des acquis sociaux des générations précédentes. C’est particulièrement choquant dans le cas du parti socialiste, dont cette politique trahit absolument les idéaux historiques.  
 
Et pourtant, ces partis libéraux n’expriment pas vraiment une justice de liberté.
En effet, aucun des deux partis qui exposent la France à une concurrence mondiale très forte, n’a eu le courage d’adapter la France à cette concurrence, comme l’a tenté le chancelier Schröder en Allemagne. Au contraire, le Politiquement Correct déclare cultiver la fonction publique, les services publics et la solidarité. L’UMP le critique, mais ne fait rien de substantiellement différent, quand elle est au pouvoir. Tous deux, incapables d’imaginer autre chose que des usines à gaz technocratiques, empêchent d’exister les entrepreneurs qui pourraient créer les entreprises et les emplois dont la France a besoin. La France est ainsi exposée à une concurrence mondiale très vive, tout en restant chaussée des souliers de plomb du jacobinisme étatiste et socialisant.
 
Un égalitarisme de compensation surtaxe les petits patrons dans ce qui s’apparente à une sorte de révocation de l’Édit de Nantes fiscale, poussant à l’exil les entrepreneurs. L’État contracte des dettes sociales au moment même où il détruit l’industrie qui pourrait les financer. Il assure sa liquidité par l’emprunt, lui-même souscrit de plus en plus par les seules banques centrales. L’endettement monte indéfiniment.
Quelle est donc la stratégie de justice dont peuvent se prévaloir les partis de gouvernement ?

www.henrihude.fr, 30 mars 2015

Résistance à la soumission

Publié dans Avec l'Europe
Résistance à la soumission
 
La reconstitution du califat, dont l’avenir nous dira si elle fut éphémère ou durable, tend à replacer l’Europe dans une position qui fut longtemps la sienne : l’Europe se définit, en effet, historiquement et stratégiquement, comme la part occidentale de l’Eurasie qui a résisté à la conquête islamiste, ou s'est libérée (Espagne, Balkans, Ukraine).
 
L’histoire nous enseigne que Boko Haram, par exemple, n’est pas une nouveauté, mais un acteur bien connu et qui, avant la colonisation européenne, opérait substantiellement de la même manière que nous le voyons faire aujourd’hui. De même le pouvoir de l’État islamique n’a rien de très surprenant pour ceux qui savent quels furent le pouvoir des Almohades, en Afrique Occidentale, ou celui de Turcs Seldjoukides, au Proche-Orient. 
 
L’islamisme se présente à nous comme ce qu’il fut plusieurs fois dans l’Histoire : une entreprise de conquête armée par une théocratie féroce, ne laissant le choix qu’entre deux options : la soumission à un écrasement sans limite ou la résistance armée à outrance.
La résistance s’impose avec évidence à tout pouvoir européen désireux de conserver une légitimité.
 
La résistance s’impose, indépendamment de la réponse à une importante question : celle de savoir ce que va devenir l’islam dans son ensemble. Va-t-il, dans l’avenir, en totalité ou par fragments : basculer dans l’islamisme ? Tomber dans une sorte d’athéisme libéral ? Se réformer dans un sens moderne, ce qui reviendrait pour lui à intégrer dans sa constitution une dose d’humanisme et de spiritualité le rapprochant du christianisme (notamment en acceptant la distinction du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel : "Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.") ?
Il faut donc résister avec autant de souplesse que d’énergie, laissant la porte ouverte sans naïveté à des évolutions positives, si elles doivent se produire.
 
Pour que la résistance soit forte, cohérente et victorieuse, nous devons réaliser que le premier danger est en nous. Il faut sortir de notre amnésie et rénover l’humanisme occidental en en redécouvrant les racines et l’unité. Sortir de la sédation profonde, (mais non définitive!), dans laquelle voudrait nous plonger le recruteur en chef de l’islamisme : un certain Occident amnésique, qui se hait lui-même en trahissant les racines de son humanisme.

La force de l’islamisme se trouve d’abord :
Dans la dégradation intellectuelle et morale de l’humanisme occidental postmoderne,
Dans la destruction par celui-ci de la liberté de pensée via l’imposition d’un nihilisme d’État,
Dans
l’iniquité absolue d’une économie financière, réduisant des nations entière en esclavage pour dettes, et privant la jeunesse de tout avenir économique,
Dans la perte de légitimité de classes politiques devenues de véritables oligarchies vivant sur le pays, et gérant la destruction des droits démocratiques et de l’avenir économique de leur peuple.
www.henrihude.fr

Jason Bourne ?

Publié dans A tout un chacun
Que fera Jason Bourne ?
 
Beaucoup ont vu au cinéma la trilogie avec Matt Damon, ou lu les bandes dessinées XIII. Le héros s’appelle Jason Bourne.
C’est un amnésique, retrouvé sur une plage, blessé à la tête, porteur d’un étrange tatouage. Jason est en quête de son identité historique réelle. En attendant, il a l’identité d’un amnésique, qui ne sait pas qui il est. Jason, insatisfait de sa situation, cherche à retrouver son identité historique. Ce faisant, il se heurte à de puissants intérêts (sans comprendre qui ils sont, ni pourquoi ils font ce qu’ils font). Et ces puissants intérêts cherchent à l’enfermer dans l’amnésie, ou même à le manipuler pour falsifier son identité.
 
Je vous propose une modification du scénario et un nouveau film.
Les ennemis de Jason ne veulent plus faire disparaître Jason, car ce n’est plus dans leur intérêt (par hypothèse), mais ils veulent le convaincre de se satisfaire de sa situation d’amnésie. Il faut qu’il adopte une identité d’amnésique. Il faut qu’il devienne raisonnable, se soumette, renonce à sa curiosité, découvre combien elle est dangereuse et malsaine.
"De quoi te mêles-tu, Jason ? Tu as pour identité nouvelle et définitive d’être un amnésique. Cette identité-là vaut bien toutes les autres. Quelle magnifique liberté ! Plus de passé derrière toi pour t’alourdir. Plus de racines pour t’attacher. Ne t’inquiète pas, nous avons moyen de te nourrir chaque jour de vent. Fais-nous confiance et tu n’auras plus que de l’avenir à écrire à partir de rien. N’as-tu pas envie de préférer ça ? 
 
"En plus, réfléchis. C’est pour ton bien. C’est pour la justice. Nous avons décidé de censurer ton identité historique et de t’imposer cette identité amnésique. Car, sans dévoiler toute ton histoire, que tu n’as plus le droit de connaître, car ce serait pour toi un crime capital, sache néanmoins que nous sommes infiniment plus justes que toi et tous tes pareils. Nous avons donc avec raison décidé de te révéler seulement ceci : dans le temps où tu connaissais ton identité, tu as été un monstre, Jason, un démon. Et tous ceux qui avaient une identité sur terre étaient comme toi.
"Tu dois nous croire sur parole, car qui peut écrire ton histoire, sinon nous seuls qui la savons, et qui avons décidé de l’effacer de ton esprit pour ton bien ? Ainsi donc, nous avons décidé de supprimer vos identités. Vous êtes tous devenus amnésiques. Et depuis, vous vivez en paix.
"Nous vous donnons, à vous tous, et pour toujours, une identité d’amnésique, la même pour tous. C’est elle qui vous rend bons. Une seule et même identité vide pour tous. Ainsi règnera la paix, la tolérance. Ainsi sera respecté le droit à la différence."
 
Comme Bourne hochait la tête, incrédule, ils ajoutèrent :
"Réfléchis, Jason. En acceptant de rester amnésique, tu gagnes le gros lot. Demande-toi seulement ce qu’est cette identité amnésique.
"Bien sûr, tu es amnésique, mais sans avoir perdu tes autres moyens intellectuels. Cet état se prolongera indéfiniment. A la fin, cette amnésie sera pour toi une seconde culture. Cette culture sera ta seconde et seule nature. Et cette nature sera ce que tu voudras.
"Auras-tu perdu toute identité ? En un sens oui, mais en un autre sens, tu auras acquis une identité nouvelle et bien supérieure, infiniment plus agréable et libre – une nouvelle vie.
"Réfléchis : quand tu as oublié ta religion, quelle est ta religion ? Quand tu as oublié quel est ton sexe, quel est ton sexe ? Quand tu as oublié ton statut social, quel est ton statut social ? Quand tu ne sais plus si tu es marié ou célibataire, quelle est ton attitude relativement au mariage et au célibat ? Tu commences à comprendre ?
 
"Jason, sois heureux et fier. Réalise que tu vas t’installer à tout moment dans l’entre-deux, non pas nulle part, mais partout, dans un nouveau lieu universel, supérieur à tous les autres.
"La seule condition est de ne pas questionner. Tu ne sais plus et ne sauras jamais quelle est ta 'conception du bien', et surtout, tu ne dois jamais espérer connaitre, ni chercher, la vérité au sujet du bien (car ce seul effort te rendrait très vite la mémoire). Aussi cette réflexion t’est-elle interdite, parce que nous sommes meilleurs que toi et que cette recherche est injuste.
"Tu vas donc considérer à jamais toute idée du bien et toute idée de l’homme comme arbitraire. Tu vas t’installer indéfiniment dans cet état d’esprit. Ton amnésie durable est à ce prix.
"En quoi pourrait-on prétendre que tu aurais désormais moins d’identité qu’un autre ? Tu as toutes les identités, tu as acquis enfin une identité universelle, libre car négative, libre car transgressive, libre car plurielle et contradictoire, libre car autocréée. Libre, car elle élimine toutes les autres. Tolérante, car elle les aura bientôt éliminées."
 
L'histoire de Jason ne vous en rappelle-t-elle pas une autre ?
Que ferait Jason Bourne ?
Que feraient les pays d’Europe ?
Que ferait la France ?
Quels seront les entrepreneurs d’un avenir sans amnésie ? 

http://www.henrihude.fr

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