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HUDE Henri

HUDE Henri

Né le 7 septembre 1954
Marié - 4 Enfants.


Philosophe

Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure (Ulm) (1974-79)
Agrégation en Philosophie (1977)
Doctorat in Philosophie (1990)
     Habilitation (1992) à diriger des recherches en philosophie.

Directeur du Pôle d’éthique au Centre de recherches des Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan (CREC).
Ancien professeur en classes préparatoires au Collège Stanislas (Paris)
Ancien professeur d’Université à Rome
(Professore stabile. Istituto Giovanni Paolo II di studi su matrimonio e famiglia, presso l’Universita del Laterano).
Ancien directeur général du Collège Stanislas (Paris) 
 
Membre du comité de rédaction de la revue Commentaire (depuis 1992)
Membre du conseil d’orientation de l'Institut Montaigne (2001-2009) 
Membre du conseil scientifique de la revue Oasis (Venise) (depuis 2004)
Membre du conseil d’administration de l’association des Amis de St-Cyr et Coëtquidan (depuis 2005)
 
Ouvrages
Bergson(2 volumes) (1ère édition, 1989 and 1990), Paris, Editions Universitaires
     Reedited Archives Karéline (2009)
Ethique et politique,Paris, Editions Universitaires (1992)    
Philosophie de la prospérité. Marché et solidaritéParis, Economica(1994), 
Croissance et liberté. Philosophie de la prospérité(1995) - 2nd Volume, Critérion, Paris 
Mon testament philosophique, en collaboration avec Jean GUITTON, Paris, Presses de la Renaissance (1997)
Entretiens posthumes avec Jean Guitton,Paris, Presses de la Renaissance.(2001)
Ethique des décideurs,Paris, Presses de la Renaissance (2004) 
     Préface par Henri de Castries, Prix Montyon 2005 de l’Académie française
     Traduit en italien chez Cantagalli, Siena, (2010)
     A paraître en américain à IPS Press, en 2011. 
Parole et silence (Prolégomènes. Les choix humains), Paris (2009)
Démocratie durable. Penser la guerre pour faire l’Europe, Editions Monceau, Paris (2010)
 
Autres publications (sélection)
- ‘Il rinnovamento socio-politico’, (“Socio-political Renewal”), in Veritatis Splendor, testo integrale con comentaria filosofico-teologico tematico, a cura di Ramon Lucas Lucas, Presentazione del cardinal J. Ratzinger, San Paolo-Milano, 1994, p.375-381.
- "Dieu me jugera", Revue Catholique Internationale Communio, X, 1, 1985, p.62-75.
- ‘Democracja aristokraticzna a demokracja republikanska’, in Znak, (traduit en polonais par Maria Tarnowska), 4, 455, Krakow, 1993, p.128-138.
- ‘Pour une philosophie de l’argent’, L’amitié Charles Péguy, Bulletin d’information et de recherche, ‘Péguy écrivain’, 18ème année, n° 72, octobre-décembre 1995.  
- ‘Nuit de la foi et doute philosophique’ au Colloque international, Lisieux, 30septembre 4 octobre 1996, pour le centenaire de la mort de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus ; publiée dans Une sainte pour le 3ème millénaire, Editions du Carmel, 1997, p.163-180.
- ‘Filosofia politica, mercado y solidariedad’, Congrès de l’Université Complutense de Madrid sur ‘Filosofia y solidariedad’ ; Revista Espanola de Pedagogia, n°205, Ano LIV, septiembre-diciembre 1996, p.395-407.  
- ‘La famille, fondement de la société’, in Anthropotès, 12/1, Istituto Giovanni Paolo di Studi su matrimonio e famiglia, Roma, juin 1996, p.21-50.
- ‘Paura di credere’, Nuntium, n°1, Rome, Laterano, mars 1997, p.88-95.
- Morale per una societa libera’, dans Nuntium, ‘Economia, diritti del unomo e cristianesimo’, Universita Lateranense, juin 1997. 
- ‘Economie, société et politique familiale’, Droit social, n°5, mai 1997, p.443-450.
- ‘En torno al respeto’, (“Around Respect”), in Humanitas, Santiago de Chile, Enero-marzo, 1997.
- ‘Présupposés philosophiques propres au biocentrisme ou à l’anthropocentrisme’, dans Anthropotès 13/1 (1997), Pontificio Istituto Givanni Paolo II per studi su matrimonio e familglia, pp. 69-90. 
- ‘La politique de l’investissement familial’, in Liberté politique, n°2, été 1997, p.139-149.
- “How to Defend Moral Values in a Free Society?”, Congrès international ‘Secolarismo e liberta religiosa’, Roma, 5-7 décembre 1995; published in dans Secolarismo e liberta religiosa. Secularism and Religious Liberty, Libreria editrice vaticana, Citta del Vaticano, 1998, p.78-85.
- ‘Jean Guitton’, in Heinrich M. SCHMIDINGER, Christliche Philosophie im katholischen Denken des 19. und 20. Jahrhunderts, Band 3, Moderne Strömungen in 20. Jahrhunderts, Verlag Styria, 1998, p.500-506.
- ‘101 thèses sur la liberté de l’éducation’, Liberté politique, n°5, été 1998, p.85-99.
- ‘Ci sara un bene comune nella nuova societa ?’ dans Etica e politica nella società del duemila, dir. Robert GAHL Jr., Armando Editore, 2001, p.65-77.
- ‘Idées sur la relation entre les fondations spirituelles de l’Europe et une conscience européenne de défense’, Colloque CIDAN, Strasbourg, Conseil de l’Europe, 16 octobre 2003.
- Article: ‘Ethique, défense et gestion’, (“Ethics, Defense and Management”) dans Revue de gestion des ressources humaines, n° 56, Avril-Juin 2005, p.63-82.
- ‘Trois définitions du terrorisme’, dans la revue Oasis, Venise, Année II, n° 3, Mars 2006, ‘Ennemis inconnus. Al-Qaïda et les autres : que savons-nous vraiment du nouveau terrorisme ?’, p.15-17.
- ‘La géopolitique actuelle et la nécessité de la philosophie’, dans Oasis, Année II, n° 4, septembre 2006, p.23-25. 
- ‘Integrazione politica e dialogo culturale’, au Congrès international ‘Cristianesimo, Ebraismo e Islam: Esperienze di Incontro’, Bergame, Italie, 28-29 octobre 2006, La nuova Europa. Rivista internazionale di cultura, n°1, Gennaio 2007, La casa di Matriona, R.C. Edizioni, Seriate, (Bergame), Italie.
- “Reshaping Ethical Training for Future French Commissioned Officers”, International colloquium on ‘Ethical education and Training in the Military’, Mai 2006, Institute of Applied Ethics, Hull University, UK; published in Paul ROBINSON, Nigel DE LEE & Donald CARRICK (editors), Ethics Education in the Military, Ashgate, UK, Feb. 2008, p.109-118.   
- "Intuition et invention chez Bergson", dans Annales bergsoniennes, tome 4, PUF, sous la direction de Frédéric WORMS, Actes du Colloque sur ‘L’évolution créatrice de Bergson. 1907-2007’, tenu au Collège de France le 23/24 novembre 2007.
- ‘Ethique et vieillissement’, (“Ethics and Ageing”) colloquium of the « Institut de géopolitique des populations » and of the « Institut de recherches sur la géostratégie économique internationale » (IRGEI), held at the Assemblée nationale, 8 mars 2007, published in Yves-Marie LAULAN, Vieillissement mondial et conséquences géopolitiques, L’Harmattan, 2007, p.173-188.
- “A Few Reflections On the Critical Importance of Ethical Training Today for an Efficient Leadership Training in the Military”, in Military Studies and Technology : The Proceedings of the 14th Hwarangdae International Symposium, 2007.11.1/2, Korea Military Academy, p.23-43.
- ‘Guizot et le centrisme’, du livre d’Aurelian CRAIUTU, Le Centre introuvable. La pensée politique des doctrinaires sous la Restauration, traduit de l’anglais, Plon, 2006, dans Commentaire, Volume XXX, n°119, Automne 2007, p.856-858.
- ‘Bien commun, décision et intérêt général’.Aux éditions Marcianum Press, Venise, dansIl bene comune. La domanda antropologica, 3, acura di G. Richi Alberti, 2008.
- ‘Policier et soldat. Ressemblances et différences’; English translation, ‘“Of the Police and the Military”, une étude pour le Chef d’état-major des Armées, le Général Jean-Louis Georgelin, dans le cadre des travaux sur le Livre Blanc sur la Défense, 2008.
- "Benedicto XVI y Barak Obama en el Cercano Oriente", Humanitas, n° 55, Juillet-Septembre 2009, Santiago de Chile.
- “A Few Reflections On the Second Meeting ISODOMA”, Colloquium, Shrivenham, UK, on “Military Ethics & Education. Who Needs What, Where and When?” December 2009.
- "Sur l’identité de la France. Réflexions philosophiques", dans Liberté politique, Printemps 2010.
- "Le militaire : héros, victime et judiciarisé", Inflexions, automne 2010.
 
 
*  "Paura di credere", Nuntium, n°1, Rome, Laterano, mars 1997, p.88-95
*  "Morale per una societa libera", dans Nuntium, ‘Economia, diritti del unomo e cristianesimo’, Universita Lateranense, juin 1997
*  "Economie, société et politique familiale", Droit social, n°5, mai 1997, p.443-450
*  "En torno al respeto", (“Around Respect”), in Humanitas, Santiago de Chile, Enero-marzo, 1997
*  "Présupposés philosophiques propres au biocentrisme ou à l’anthropocentrisme", dans Anthropotès 13/1 (1997), Pontificio Istituto Givanni Paolo II per studi su matrimonio e familglia, pp. 69-90
*  "La politique de l’investissement familial", in Liberté politique, n°2, été 1997, p.139-149
*  "How to Defend Moral Values in a Free Society ?", Congrès international Secolarismo e libertareligiosa, Roma, 5-7 décembre 1995; published in dans Secolarismo e liberta religiosa. Secularism and
          Religious Liberty, Libreria editrice vaticana, Citta del Vaticano, 1998, p.78-85
*  "Jean Guitton", in Heinrich M. SCHMIDINGER, Christliche Philosophie im katholischen Denken des 19. und 20. Jahrhunderts, Band 3, Moderne Strömungen in 20. Jahrhunderts,
          Verlag Styria, 1998, p.500-506
*  "101 thèses sur la liberté de l’éducation", Liberté politique,n°5, été 1998, p.85-99
*  "Ci sara un bene comune nella nuova societa ?" dans Etica e politica nella società del duemila, dir. Robert GAHL Jr., Armando Editore, 2001, p.65-77
*  "Idées sur la relation entre les fondations spirituelles de l’Europe et une conscience européenne de défense", Colloque CIDAN, Strasbourg, Conseil de l’Europe, 16 octobre 2003
*  "Ethique, défense et gestion", (“Ethics, Defense and Management”) dans Revue de gestion des ressources humaines, n° 56, Avril-Juin 2005, p.63-82
*  "‘Trois définitions du terrorisme", dans la revue Oasis, Venise, Année II, n° 3, Mars 2006  "Ennemis inconnus. Al-Qaïda et les autres : que savons-nous vraiment du nouveau terrorisme ?", p.15-17
*  "Integrazione politica e dialogo culturale", au Congrès international Cristianesimo, Ebraismo eIslam: Esperienze di Incontro, Bergame, Italie, 28-29 octobre 2006, La nuova Europa. Rivista internazionale
          di cultura, n°1, Gennaio 2007, La casa di Matriona, R.C. Edizioni, Seriate, (Bergame), Italie
*  "Reshaping Ethical Training for Future French Commissioned Officers", International colloquium on ‘Ethical education and Training in the Military’, Mai 2006, Institute of Applied Ethics, Hull University,

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Violence religieuse 3

Publié dans A tout un chacun
Remarques sur la violence religieuse (3)
 
Justice, force et violence  
Il ne faut pas confondre la force avec la violence.
Le recours à la force n’est pas injuste en soi. Il est au contraire indispensable pour mettre fin à la violence et faire régner la paix en imposant une loi juste. Il suffit, pour s’en convaincre, d’observer quels débordements, pillages et violences se produisent aussitôt, partout où disparaît la force publique.
Un monothéisme peut être la culture commune d’une société usant de force juste, ou abusant injustement de la force, qui devient violence. Mais cela peut être aussi le cas de n’importe quel système culturel adopté en commun dans une société.
Dire que le monothéisme serait intrinsèquement violent, ce n’est donc pas dire seulement que la société qu’il lie use de force (juste) – car cela, on peut le dire de toutes les cultures. C’est dire aussi et surtout qu’il en use presque toujours injustement et que, sous ce régime culturel, la force est automatiquement une violence. Mais cela revient à dire que le monothéisme ne peut user de force juste parce qu’il est intrinsèquement injuste, et donc faux. Car s’il était vrai, comment pourrait-il être intrinsèquement injuste ?  
Affirmer cette injustice intrinsèque suppose évidemment l’admission d’un critère de justice, qui ne saurait être qu’universel, pour qu’on puisse espérer juger et ne pas s’en tenir à l’accusation arbitraire et au rapport de forces. Un tel critère de justice est toujours solidaire d’une idée du Bien et d’une métaphysique.
 
Ainsi donc, chacun comprend qu’un polythéiste puisse penser que le polythéisme est vrai, donc structurellement plus juste, fort et plus civilisateur, et que par conséquent le monothéisme est faux, injuste et donc tendanciellement violent. Mais on voit très mal en quoi le polythéiste serait en cela plus tolérant que le monothéiste qui penserait l’inverse. Quant à l’esprit "éclairé" qui se croit au-delà de ces oppositions et accusations, il se fait probablement des illusions sur son propre compte, comme nous l’avons noté dans la seconde partie de cet exposé.  
 
La tolérance ou Les tolérances ?
En effet, comme Platon l’a compris le premier, Dieu, (philosophiquement), c’est le Bien, ou l’Idée du Bien ; et s’il y en a plusieurs, c’est qu’il y a plusieurs dieux. Qu’il y ait plusieurs opinions sur Dieu ou les dieux, c’est un fait évident, à prendre en compte. Mais qu’il y ait plusieurs Biens absolus en soi, cela n’est pas un fait, c’est une opinion, ou une thèse, ou un dogme religieux, qui s’appelle polythéisme.
Par conséquent, prétendre qu’il faut respecter toutes les opinions comme si chaque individu était un dieu ou avait son dieu à lui qui serait forcément réel et existant, ce n’est pas être tolérant, mais avoir une conception polythéiste de la tolérance et de la dignité. Le prétendre, ce n’est pas la même chose que respecter des consciences qui peuvent être erronées ou non, mais de bonne foi, ou en recherche de la vérité, etc. C’est au contraire avoir une interprétation exclusivement polythéiste de la tolérance, qui exclut, avec les autres interprétations de la tolérance, les religions non polythéistes dans le cadre desquelles existent ces autres interprétations. Et ceci vaut à la fois pour le polythéisme religieux et pour ses sécularisations philosophiques, par exemple, l’individualisme arbitraire.
 
Il y a donc DES tolérances, comme il y a DES philosophies et DES religions. Ce n’est donc pas être "tolérant", mais se moquer du monde, que de parler de LA tolérance comme l’attribut exclusif de MA philosophie, ou de MA religion, alors que le problème est précisément celui d’une certaine paix, si possible, dans le pluralisme DES tolérances, inséparable du pluralisme DES philosophies ou DES religions. En un mot, imposer MA tolérance, c’est toujours imposer MA religion (polythéiste), en faisant semblant de ne rien imposer à personne. La vraie question est donc celle de NOTRE tolérance, à déterminer en commun sans trahisons des nos consciences, à partir de MA tolérance et de Ta tolérance et de SA tolérance. Sinon TA République n’est que ta petite République à TOI, dont tu nous exclus. Elle n’est pas chose publique, mais chose privée, ta chose. C’est cette exclusion que tu l’appelles tolérance, cette privatisation que tu nommes  République. Alors, de qui te moques-tu ?
 
Dire cela n’est pas nier absurdement le fait que des sectateurs d’une religion, ou d’idéologies, puissent faire la guerre et massacrer pour convertir les gens, les rendre rationnels, ou glorifier Dieu, etc. C’est chercher raisonnablement à ne pas remplacer des violences patentes par des oppressions rusées.  
 
La justice procédurale, une ruse polythéiste ?  
Par exemple, dans la Théorie de la justice de Rawls, le principe même qui permet, dit-il, d’instaurer la procédure conduisant à des lois soi-disant équitable (justice as fairness) est polythéiste. Cette procédure ne permet qu’une justice équitable entre polythéistes, ce qui, en effet, n’est pas trop difficile. Elle ne résout pas le problème d’ensemble qu’il aurait fallu aborder, et qui ne se trouve résolu en réalité que par la violence occulte d’une ruse – tant qu’elle n’est pas éventée. Le non-polythéiste est manipulé, efficacement réduit au silence, mais le procédé est inique.
Qu’il faille à une société libre une culture politique qui ne se confonde pas avec telle ou telle culture religieuse ou métaphysique, cela veut aussi dire que cette culture politique ne doit pas conduire à démanteler certaines des cultures qu’elle a pour fonction de faire vivre en commun. Pour que cette culture politique soit commune et non partisane, et ne se transforme pas en idéologie substantielle, intolérante dans la pratique, elle doit comporter un concept de la tolérance qui soit NOTRE concept à tous, commun à tous sans trahison, sinon LA tolérance n’est que le nom d’une persécution en douceur.
 
Pour une "justice" polythéiste, seul le polythéisme (ou le panthéisme) qui est juste, et vrai, peut user de "force" sans être "violent". Quel sera le statut du monothéisme sous cette domination culturelle ? Evidemment un statut subordonné. Si seule la vérité peut être tolérante, il suffit d’imposer sa conception du monde et des dieux pour imposer sa conception de LA tolérance et donc pouvoir se dire tolérant au milieu des autres qui sont réputés ne pas l’être. Trop facile.
 
Peut-on édifier une culture politique neutre ?
Certainement pas, si par "neutre", on entend "polythéiste". Le problème théologico-politique est donc beaucoup plus ardu qu’on ne le pense communément en Occident, où l’on s’imagine qu’il suffit de quelques grands mots et de quelles belles formules pour nous faire entrer dans un univers de paix.
 
Si l’on veut sérieusement la paix, et je précise, autre chose que la paix du cimetière des religions (non polythéistes), la question théologico-politique doit être repensée de fond en comble, en partant du principe suivant : on ne sort jamais, ni de la métaphysique, ni de la religion, mais on ne fait jamais que passer d’une métaphysique à une autre, et d’une religion à une autre. De sorte que l’athéisme n’est qu’un état passager, et de fausse conscience, où l’on a conscience de la religion qu’on n’a plus, sans avoir conscience de celle qu’on va avoir, et qu’on a déjà (cf.
Prolégomènes. Les choix humains). Quant à la fin de la métaphysique, ce n’est jamais que la conscience de la fin d’unemétaphysique, jointe à l’inconscience du début d’une autre métaphysique (les « nouveaux dieux », comme disait Nietzsche).
 
Violence, politique et vérité 
Le thème de la "violence de la vérité" est lié à celui de la "violence de la religion". Il est aussi superficiel, ou aussi rusé.
Car la vérité, c’est la vérité, voilà tout, et son rapport à la politique est un terrible problème pour tout le monde, Lumières comprises et postmodernes compris. Les postmodernes, autant (et peut-être même plus) que les autres, mais plus inconsciemment, prétendent au monopole de la vérité, constituent des communautés fermées, pratiquent un prosélytisme ardent (de type indirect), imposent un ordre moral, une orthodoxie paradoxale, usent de culpabilisation et de marginalisation politiques, etc.
La passion pour l’Absolu peut, en effet, se vivre comme passion pour le relatif absolutisé. Le Monde est alors l’Absolu. Pas d’Être, mais la surface de l’Apparence devient elle-même l’infinie profondeur de l’Être. Si je n’existe pas comme personne, le Tout est éternel et je le suis aussi, en me dissolvant en lui, ou en adhérant totalement aux apparences. Pas de Loi, ni de limite, tout est violence, mais cette violence pure et joyeuse engendre sa limite, comme l’espérait Camus, et l’imposera impérieusement. Pas de vie future, mais parce que le présent est éternel, il est déjà la vie future, la Terre est le Ciel (ou le sera l’an prochain…).
 
Les exhortations à la tolérance adressées aux monothéismes auront alors le sens précis d’une injonction à se taire, dans une société dont la seule culture commune sera de s’enclore dans les apparences et de ne plus avoir souci de "la mort, sel même de la vie". On peut comprendre le sens de cette culture impérieuse, même si on ne la partage pas, mais on y cherche en vain ce qui pourrait justifier qu’on la qualifie de pluraliste.
http://www.henrihude.fr/

Violence religieuse 2

Publié dans A tout un chacun
Remarques sur la violence religieuse (2)
 
Franchement, je n’ai jamais admis qu’on puisse parler de "violence monothéiste", au motif qu’un seul Dieu exclurait les autres dieux, et que la croyance en Lui exclurait la croyance dans ces autres dieux. Je ferai donc à ce sujet cinq remarques.

Première remarque : exclusion mutuelle du monothéisme et du polythéisme
Le polythéisme et le monothéisme sont des systèmes de pensée contradictoires l’un de l’autre. Ils s’excluent mutuellement, non en vertu de la méchanceté humaine, mais en vertu de la nécessité logique.
Car, en raison du seul principe de non-contradiction, si le monothéisme exclut le polythéisme, le polythéisme exclut aussi le monothéisme.
Si "Dieu" se mettait à faire partie du panthéon polythéiste, il ne serait qu’un "dieu" parmi d’autres, autrement dit, il ne serait plus Dieu et il n’y aurait plus de "Dieu", mais seulement des "dieux". Pour un polythéisme conséquent, seul Dieu est un faux dieu, puisque les vrais dieux sont plusieurs, et que Dieu prétend être unique.  
Donc, si l’on demande aux monothéistes croyant en Dieu d’être tolérants et d’admettre aussi "les dieux", pour ainsi dire à égalité, alors il faut en toute équité demander aussi aux polythéistes d’être tolérants et d’admettre "Dieu", avec son incomparable transcendance par rapport à tout, y compris les "dieux", si "dieux" il y a. Autrement dit, la "tolérance" dont on parle ici a pour effet que les monothéistes ont l’obligation de devenir polythéistes, et que les polythéistes ont l’obligation de devenir monothéistes. Je suppose qu’une fois que chacun s’est transformé en l’autre par tolérance, il ne reste plus à chacun, toujours par tolérance, à reprendre sa position initiale, et ainsi de suite.
A moins qu’il ne soit indispensable, pour être raisonnable, et donc tolérant, d’avoir en même temps deux religions strictement contradictoires. Mais comment sera-t-on raisonnable, si on commence par faire sauter le principe de non-contradiction, qui est le minimum de la raison ? Et que signifie tolérance s’il n’y a pas de raison ?

Deuxième remarque : sur l’équivalence logique entre le subjectivisme et le polythéisme
Certains concluront, des absurdités précédentes, que la tolérance oblige à aller plus loin et à ne croire ni au polythéisme, ni au monothéisme, à considérer que tout cela est aussi indifférent et facultatif que nos préférences de couleurs et de goûts. C’est supposer qu’il serait possible de n’être ni d’un côté, ni de l’autre, de cette frontière métaphysique. Ce qui ne va pas du tout de soi.
Supposons en effet que la condition, pour être tolérants, soit que ni "les dieux" ni "Dieu" n’existent ailleurs que dans nos opinions. Plus généralement, supposons que, pour être tolérants, nous devrons avoir éliminé l’idée d’une "réalité" objective, et celle de "vérités" qui consisteraient pour nos esprits à s’y conformer. Car alors il y aurait des gens qui auraient raison et d’autres qui auraient tort, affirmations de bon sens, mais que la culture dominante déclare contraires à l’égalité et à la liberté.
Nos opinions ne sont ainsi que des représentations subjectives qui ne représentent aucune réalité, des constructions sociales en dehors desquelles il n’y a absolument rien du tout. Mais, s’il n’y a pas de réalité pour normer nos opinions et y distinguer du vrai et du faux, l’idée de réalité n’a pas disparu pour autant, et ce sont nos opinions qui deviennent pour nous la seule réalité.
Sommes-nous au moins débarrassés alors du polythéisme et du monothéisme ? En aucune façon. Car le divin absolu est ce qui fait exister la réalité. Donc, dans cette nouvelle hypothèse, où nos égos fabriquent des opinions qui sont la seule réalité, loin qu’il n’y ait plus de divin nulle part, c’est nous-mêmes qui sommes devenus des dieux en imagination. Nous formons ensemble un Panthéon, dans le cadre d’un subjectivisme absolu qui est encore une métaphysique – et, précisément, une métaphysique polythéiste (peut-être une monadologie transcendantale, comme diraient les savants).

Troisième remarque : sur l’inégalité radicale inhérente au polythéisme
En outre, le face à face entre monothéisme et polythéisme ne se trouve même pas vraiment supprimé, dans l’hypothèse polythéiste. En effet, ce polythéisme n’existe vraiment qu’adossé au panthéisme. Si Tout est Un (panthéisme), chaque fragment du Tout sera divin, ce qui, pour le vulgaire, va se formuler en disant que chacun de ces fragments est un dieu (polythéisme). Et sans ce principe panthéiste, le polythéisme n’est qu’une fantaisie ridicule. Et cependant, les deux s'opposent entre eux. Car le panthéisme est la sagesse d’une élite de sages et d’initiés, cependant que le polythéisme est la croyance des idiots et des incultes. Dans ces conditions, comprenne qui peut comment le polythéisme pourrait bien être une doctrine égalitaire et libérale, démocratique en somme...

Quatrième remarque : sur l’exclusion mutuelle du théisme et du panthéisme 
En outre, il faut choisir, de toute façon, entre le panthéisme et le théisme, sans parler du choix ultérieur entre les divers panthéismes et les divers théismes. Les fichtéens ou les spinozistes, entre autres, protestent bien entendu contre le caractère prétendument scolaire et dogmatique de la distinction entre théisme et panthéisme. Mais cette "distinction superficielle" n’est rien d’autre que la distinction entre le monothéisme et ce qui n’est pas lui. Faire sauter cette distinction, c’est l’essence même du panthéisme. Maintenant, le panthéisme exclut autant le théisme, logiquement, que le théisme exclut le panthéisme, logiquement. J'ai expliqué cela dans Prolégomènes. Les choix humains.
En tout cela, il est absurde de voir une bellicosité morale ou politique, là où se trouve une simple contradiction logique. Comme si c’était de l’intolérance de croire qu’un nombre entier doit être ou pair ou impair, sans possible troisième option.

Cinquième remarque : sur l’inéluctabilité des choix humains
Il n’y a donc aucune conception humaine qui ne comporte l’exclusion logique de sa contradictoire. Et le monothéisme n'a en matière d'exclusion logique aucune espèce de privilège, ou de monopole. L’exclusion de la non-contradiction, supprimant la raison, ne laisse subsister que le rapport des forces (violentes ou manipulatrices) pour fixer les décisions : ce qui élimine ainsi l’idée du dialogue et celle de la tolérance – d’autant que l’idée de l’exclusion de la non-contradiction reste de toute façon contradictoire à celle de sa non exclusion, qui aura forcément ses partisans. 
Ainsi, la tolérance est-elle plus affaire de volonté, que d’intelligence et de doctrine. De l’exclusion logique à l’exclusion politique, il y a un pas, même si la seconde ne serait pas possible sans la première. Et c'est à chacun de savoir s'il franchit ce pas, quelle que soit sa doctrine de référence.
Mais que la tolérance et la coexistence soient parfois plus faciles ou parfois plus difficiles, l’histoire nous dit que les persécutions peuvent être polythéistes, ou panthéistes, ou monothéistes. Quant aux Lumières, loin d'être des postures tolérantes non religieuses, elles sont au contraire des religions séculières bien définies, souvent panthéistes, qui ont à leur actif les guerres d’idéologies et des totalitarismes, lesquels détiennent le record mondial en matière de persécution spirituelle. 
La tolérance est ainsi une affaire de modus vivendi, elle ne dépend pas de l’adoption d’un système miracle, qui aurait le privilège de n’être opposé à aucun autre.
La raison, qui permet le dialogue, est bâtie aussi autour du principe de non-contradiction, qui limite la portée du dialogue en même temps qu’il en fonde la valeur. Si l’on fait sauter ce principe, la tolérance et l’intolérance ne s’opposent plus, mais s'identifient. Croit-on que la tolérance va y gagner ?

http://www.henrihude.fr/

Sur la 'LMPT'

Publié dans En France
7 points forts sur LMPT

La manifestation des familles du 5 octobre 2014 a été, une fois de plus, un énorme succès. Au soir de cette journée, chacun se demande une fois de plus où va aller ce mouvement et à quoi il peut aboutir ? Sur la base des bonnes études d’opinion à notre disposition, et à la lumière d’une sagesse politique classique, nous sommes en mesure de répondre à ces questions.

1° Nous ne sommes pas en face d’un mouvement groupusculaire, ou catégoriel, mais d’un mouvement de masse. Le concept de base, pour l’analyse, est la tripartition en trois segments d’opinion : les "proches", les "indifférents" et les "éloignés". En chiffres ronds, 30% de proches, 30% d’indifférents, 40% d’éloignés, dont 30 de très éloignés. 15% de très proches, qui font un bloc d’environ dix millions de personnes, tous âges confondus. C'est le chiffre et c'est l'ordre de grandeur qu'il faut garder en tête.

2° Nous ne sommes pas en face d’une jacquerie passagère, mais d’un mouvement de résistance massif, luttant pour un intérêt profond et non négociable, déterminé, ancré dans la durée.
En effet, rapportée aux 15% de très motivés, une première manifestation d’un demi-million de personnes représente déjà une mobilisation de base de 5% de la masse, tous individus compris. Cela ferait, sur un sujet national quasi unanime, 3 millions de Français manifestants à Paris. Cela donne la mesure de la motivation. Il n’y a aucune vraisemblance qu’un tel mouvement aussi profond s’amortisse dans les années à venir. Au contraire, le rouleau compresseur libertaire continuant à tout écraser, la colère s’empare des citoyens. Les chiffres donnés par la police ne font qu’enrager les participants. 

3° Nous ne sommes pas en face d’un mouvement de protestation catégoriel, mais d’un mouvement national.
Celui-ci divise la totalité des partis, des classes sociales et des cultures.
Les hommes et les femmes se répartissent de la même façon entre proches, indifférents et éloignés.
Socio-culturellement, les plus éloignés sont les plus athées, les plus riches (cadres supérieurs) et les plus protégés (fonctionnaires). Est-ce cela, la Gauche ? Toutefois, il reste 40% des catholiques non pratiquants qui se sentent éloignés, et plus de 20% des sans-religion qui se sentent proches. Quant aux "autres religions", c’est-à-dire à plus de 80% l’islam, elles sympathisent à 40% (avec 34% d’indifférents et 26% d’éloignés).  
Les plus de 65 ans sont plus "proches", mais, en dessous, c’est la même division tripartite avec trois tiers (plus ou moins gros ou petits) de proches, éloignés ou indifférents. Et les plus jeunes, relativement plus proches.
Plus on vote à gauche, plus on est éloigné (FG 82, PS 65, EELV 58. UDI 37, UMP 29, FN 26). C’est là que s’applique le moins la loi d’égale tripartition. Mais la moitié des gens ne votant pas, ces chiffres sont moins significatifs. Surtout que les ouvriers, qui ne votent plus à gauche, sont le groupe le plus proche (41% + 30% d’indifférents). En outre, il y a aussi des proches à gauche (20%), des éloignés à droite (30%), et des indifférents partout.
En un mot, toutes les divisions habituelles sont recoupées par une nouvelle division longitudinale qui les traverse toutes.   

4° Nous sommes en face d’un mouvement massif, mais pas majoritaire.
Dans ces conditions, faute d’une stratégie d’alliances, toute politique isolationniste le condamne à l’échec. Mais, pour pouvoir négocier des alliances, ce mouvement devra savoir ce qu’il est et où il va. Sans doute va-t-il "objectivement" dans une certaine direction, que nous allons développer un peu plus loin (voir 5°). Mais son leadership, pour le moment, ne donne pas l’impression de reconnaître cette direction, ou de vouloir la déclarer. Il ne définit pas ce que serait pour lui la victoire, au-delà du retrait de quelques textes législatifs ou réglementaires. Ce sont des objectifs trop réduits pour une telle énergie. Par suite, le mouvement, bien qu'il développe de nombreux liens internationaux, n’a encore guère de stratégie au-delà de la protestation.
Dans de telles conditions, un mouvement ordinaire, privé de perspective et confronté à l’échec, se serait amorti. C’est d’ailleurs ce à quoi s’attendaient les observateurs. Le démenti de l’expérience prouve que nous sommes en présence d’une évolution très profonde et durable des esprits, qui a tous les caractères d’une mutation de première grandeur. Quelle est donc cette direction "objective" du mouvement ?  

5° Nous sommes en face d’un mouvement historique, qui n’est pas une arrière-garde passéiste, mais un dynamisme nouveau, voué à structurer la vie publique dans les décennies à venir.
Nous sommes en effet face à un mouvement qui s’inspire objectivement d’un puissant concept de nature. Philosophiquement, ce mouvement se définit comme une redécouverte par un peuple de la nature comme norme.
Cette redécouverte a d’abord eu lieu de manière plus superficielle dans les milieux écologistes, face aux dégâts causés à l’environnement. Elle s’est accomplie ensuite de façon bien plus profonde, en silence, et dans un nombre considérable d’esprits, face à la confusion pathogène causée en l’Homme et en la Société par la négation radicale de la nature et de sa normativité.
Ce dynamisme nouveau n’a pas encore conscience d’être ce qu’il est. Il s’interprète encore souvent lui-même en termes du passé. Mais, "objectivement", il se situe au-delà du rationalisme de gauche ou libéral, au-delà du traditionalisme conservateur et au-delà de l’irrationalisme d’extrême droite.
Cette nature-norme se situe à son niveau propre, qui a sa consistance propre. Sans l’exclure, elle ne fait pas immédiatement référence à Dieu Créateur comme norme théologale ultime. C’est une conception classique, qu’on trouve notamment chez les Romains, les Grecs et les Chinois. Cette idée d’une nature comme dynamisme orienté dont résulte une harmonie, inscrite dans une histoire, et faisant norme aussi pour la raison pratique, est adaptée au multiculturalisme contemporain (dont le relativisme a été la forme superficielle).
Cette idée force devra s’accorder chez nous avec la tradition de l’humanisme. Si cet accord trouve sa juste formule, il rendra un avenir humain à notre pays et à la civilisation.

6° Nous sommes en face d’un mouvement qui cherche sa place sur l’échiquier politique, n’ayant pas encore compris qu’il était voué à restructurer l’espace politique tout entier.
Modérés par tempérament, par éducation, par position sociale, les leaders du mouvement voudraient exister dans l’espace libéral classique. Ils préféreraient cela de beaucoup à d’autres tentatives plus radicales. Mais, l’énergie propre de leur mouvement contrarie leur modestie et leur prudence. C’est pourquoi ils peinent à trouver leur place dans le paysage, entre les partis existants.
Si ces derniers ne se résolvent pas à lui faire une place et même, peu à peu, à se laisser restructurer à partir de son dynamisme, nous verrons les gens décrocher peu à peu du système politique et le rejeter dans son ensemble. C’est alors que les événements pourraient prendre un tour assez différent.
Les partis libéraux avaient l’habitude de disposer d’un appui conservateur, allié dominé, qui se contentait de ralentir l’évolution libertaire, puis s’avouait vaincu et s’occupait à ralentir une autre nouveauté, et ainsi de suite. Mais, nous ne sommes plus ici en face d’un parti conservateur en repli continu. L’offensive pseudo-progressiste a atteint son point culminant en débouchant dans la ploutocratie mondiale antidémocratique et en multipliant les provocations. La défense en retraite a ainsi fait place à la contre-offensive. Il ne s’agit pas de reconduire la gauche libertaire sur ses bases de départ. Il s’agit de la jeter dans le passé, où l’Histoire la situe déjà.
En face de ce nouveau départ de l’Histoire, les libéraux sont forcés : ou bien de faire une concession inhabituelle et de prendre une vigoureuse décision, qui leur semble trop "conservatrice", ou bien de risquer la rupture définitive de toute alliance "conservatrice-libérale". Nul ne sait si la classe politique aura assez de flair pour virer de bord à temps.

7° Nous sommes en face d’un mouvement qui ne peut certainement pas l’emporter seul, mais qui doit certainement l’emporter, s’il est capable de passer des alliances avec tous ceux qui sont opprimés par la même logique inhumaine.
Ce qui est le plus surprenant, dans les études d’opinion, c’est le nombre considérable des "indifférents". Recherchons bien le sens de cette indifférence. La victoire historique appartiendra en effet au groupe qui aura su s'adjoindre ces "indifférents" et présenter des arguments propres à rapprocher de lui une partie de ses "éloignés".
Ces indifférents coïncident sans doute en partie avec les abstentionnistes. Or ces abstentionnistes se trouvent parmi ceux auxquels :
A/ est dénié l'avenir économique, et le droit au travail par la ploutocratie mondiale antidémocratique, dont les partis libéraux classiques, socialistes compris, qu’ils se l’avouent ou non, sont les agents.
B/ ceux qui en même temps ne se reconnaissent pas dans le FN.
Soit qu'ils soient étrangers, ou non Blancs ; soit qu'ils soient musulmans ; soit qu'ils restent attachés à un idéal humaniste et universaliste ou encore européen ; soit qu'ils ne voient pas de solution au problème économique apparemment insoluble de la mondialisation libérale ; soit enfin qu’à leur avis les candidats dirigeants quels qu'ils soient n'arriveront pas à diriger selon de nouvelles idées.
Il est probable que, si le mouvement est capable de rallier ces "indifférents", il aura aussi été capable de faire preuve d’une inventivité et d’une ouverture d’esprit telles que, du même coup, il saura rapprocher de lui certains "éloignés".
 
Si ce qui précède est exact, nous savons à quelles conditions le mouvement peut réussir à nouer des alliances, et donc à quelles conditions il peut réussir. Le détailler avec précision exigerait au moins un autre article.

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Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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