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HUREAUX  Roland

HUREAUX Roland

Né le 14 juin 1948
Marié  - 7 enfants
 

Essayiste

Ecole normale supérieure (Saint-Cloud)
Institut d'études politiques (IEP)
Ecole nationale d'administration (ENA)
Agrégé d’histoire
 
Sous-préfet
Diplomate
Conseiller technique
à la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale (DATAR)
Conseiller
     Cabinet du président de l’assemblée nationale (Philippe Séguin)
     Cabinet du Premier ministre (Edouard Balladur)
Professeur associé à l’Institut d’études politiques de Toulouse
Rapporteur à la Cour des Comptes. 
 
Ouvrages
Un avenir pour le monde rural (1993) - Pour en finir avec la droite (1998) - Les hauteurs béantes de l’Europe (1999) - Le temps des derniers hommes (2000) - Les nouveaux féodaux (2004) - Jésus et Marie-Madeleine (2005) - L’actualité du gaullisme (2007) - L’Antipolitique (2007) - La grande démolition (2012) - Gnose et gnostiques des origines à nos jours (2015)

Articles
Publiés dansCommentaire, Communio (Revue catholique internationale) , La Revue des deux mondes,   Liberté politique, Le Figaro, Le Monde, Libération, Marianne, … etc.
Membre du comité de rédaction de Commentaire.

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Crise de l’euro-libéralisme...

Publié dans En France
Les gilets jaunes ou la crise de l’euro-libéralisme social
 
Depuis au moins quinze ans, la politique économique de la France est déterminée par trois paramètres fondamentaux que la crise de Gilets jaunes a remis en cause.
Ces paramètres : d’abord l’euro auquel les gouvernements successifs ont choisi de s’accrocher coûte que coûte, quels que soient les inconvénients que certains y voient pour l’économie française. L’euro, on est dedans ou dehors, il n’y a pas d’entre-deux. Ce premier paramètre est donc déterminant.
En découle l’objectif de l’équilibre budgétaire, conforment aux engagements communs des membres de la zone, et même, si possible, d’excédents afin de commencer à résorber la dette. Un objectif que la France n’a jamais réussi à atteindre.
S’y ajoute un troisième paramètre, inavoué celui-là : le refus de toucher à l’Etat social particulièrement généreux qui caractérise notre pays. Cela est particulièrement vrai de la dernière période : 2012-2018. Macron était le conseiller économique puis le ministre des finances de Hollande ; il y a donc parfaite continuité intellectuelle entre les deux mandatures. Ceux qui attendaient de Macron un vrai libéralisme, conduisant à la réduction des prélèvements obligatoires oubliaient qu’il avait été élu d’abord avec les voix de gauche.
Mais si l’on remonte dans le temps, la configuration n’était pas sensiblement différente :  Chirac et Sarkozy avaient beau venir de la droite, leur tempérament ne les poussait pas particulièrement à la rigueur et donc à remette en cause les acquis sociaux, d’autant que sentant leur assise fragile, ils ne souhaitaient pas se confronter aux syndicats. Les deux lois Sarkozy sur les retraites eurent peu d’effets immédiats.
 
La hausse des impôts, variable d’ajustement
Maintien de l’euro, objectif d’équilibre budgétaire mais faible volonté de contrôler les dépenses publiques, la seule variable d’ajustement restait celle des impôts lesquels n’ont cessé en conséquence de s’alourdir, particulièrement depuis 2012. Au demeurant, de l’équilibre budgétaire recherché, la France ne s’est approchée que de manière imparfaite. Elle a obtenu par dérogation de ne l‘atteindre que de manière progressive, à partir d’un premier objectif de 3 % qui devait se réduire mais qui a été reconduit d’année en année.
Comme la hausse de la fiscalité ne pouvait peser ni sur les très grandes fortunes, trop mobiles, et que Macron a même fait bénéficier de la suppression de la part financière de l’ISF, ni sur le tiers du bas de l’échelle, smicards ou assistés, il ne restait qu’à écraser chaque année un peu plus les classes moyennes, au sens très large, en y incluant par exemple les petits retraités propriétaires de leur logement. Cela ne choquait ni la fibre socialisante du pouvoir actuel, de l’école Terra nova, plus indulgente aux "exclus", migrants compris, qu’aux travailleurs véritables, ni son libéralisme de type mondialiste peu sensible au sort des classes moyennes jugées trop enracinées. Un libéralisme très différent par exemple de celui de Margaret Thatcher qui s’appuyait, elle, sur les classes moyennes.

Ajoutons, pour compléter le tableau, la mollesse chronique de la croissance. Pour compenser l’avance de compétitivité que l’Allemagne s’était donnée, de manière d’ailleurs assez peu loyale, dès l’entrée dans l’euro (réformes Schröder), il aurait fallu une "dévaluation interne" à l’espagnole ou à la grecque par la baisse des salaires et des charges publiques. Même la droite n’en a jamais eu que la velléité : on sait combien le programme Fillon qui l’envisageait un peu lui a porté préjudice. Et rien ne dit qu’une telle stratégie qui aboutit à contracter la demande et l’activité et donc les recettes fiscales aurait réussi. Ni que le peuple français ait été prêt à l’accepter, comme le montrent les évènements actuels.
Le handicap de compétitivité que certains chiffrent à 25 % a donc perduré avec l’effet attendu : du côté allemand, croissance et excédents ; du côté français, déficit, même agricole, et désindustrialisation rapide. Macron président n’a pas fait mieux à cet égard que Macron ministre.
Dans ce contexte peu stimulant, les présidents successifs, Hollande surtout, ont annoncé régulièrement, jusqu‘au ridicule, le redémarrage de l’économie et la baisse du chômage. Aujourd’hui personne n’y croit. Et personne ne croit surtout que les réformes de Macron vont ramener la croissance ; nul ne pense donc que les sacrifices qu’il veut imposer au peuple français serviront à quelque chose.
La politique monétaire flexible de la BCE (quantitative easing) a un moment donné l’illusion que l’activité pouvait repartir. Mais elle n’a produit qu’une bulle, atténuée en France pour les raisons qui l’on a dites, et d’autant mieux dissipée que la BCE a cessé cette politique.
 
La coupe est pleine
Dans sa dimension économique, le mouvement des Gilets jaunes est l’aboutissement de cette conjoncture : une croissance molle, des dépenses publiques élevées, des impôts lourds pesant sur la classe moyenne et la classe moyenne inférieure ayant le sentiment d’être devenues la "vache à lait" du système. Même si les sacrifices exigés des Français n’ont pas été jusqu’ici aussi lourds que ceux qui ont été imposés à certains pays du Sud, pour beaucoup, la coupe est pleine.
C’est en vain que Macron a cru qu’avec une forte volonté, il réussirait là où ses prédécesseurs avaient échoué. L’équation telle que nous l’avons exposée, fondée sur une posture qui se veut à la fois européenne, libérale et sociale n’a pas de solution. La crise que la France traverse (avec d’autres pays d’Europe ) ne pourra se résoudre que par un changement de paradigme.

Envoyé par l'auteur, paru sur roland.hureaux.over-blog.com, décembre 2018

Comment Macron excite...

Publié dans Du côté des élites
Comment Macron excite le ressentiment des Français vis-à-vis des Allemands
 
Macron voudrait raviver le ressentiment des Français vis à vis des Allemands qu’il ne s’y prendrait pas autrement.
Au centième anniversaire de l’Armistice du 11 novembre 1918, frustrer les Français du souvenir de ce qui fut une de leurs plus grandes victoires, cela, dit-on, pour ne pas vexer Angela Merkel, ne peut que susciter une vive déception, spécialement dans les armées écartées de manière vexatoire de la célébration. C’est en même temps une injure fait à nos ancêtres qui se sont si bien battus dans les tranchées.
Rappelons que l’année 1918 fut celle d’une authentique victoire française. Contrairement à ce que l’on nous dit trop souvent, l’apport américain, important pour le moral, vint trop tard pour influencer militairement l’issue des combats. Les Anglais qui avaient fait d’immenses sacrifices dans les années antérieures étaient épuisés. Il y avait d’un côté toute l’armée française et de l’autre toute l’armée allemande, les divisions du front russe ayant été rapatriées sur le front ouest. Rien d’autre ou presque. Une épreuve historique unique, comme dans un champ clos. Et nous avons gagné. Grâce aux chars, grâce au courage de nos soldats, grâce à l’admirable coordination de nos grands chefs : Foch, Pétain, Mangin, Fayolle, Castelnau et tant d’autres.
   
Ce rappel était d’autant plus nécessaire que jamais comme aujourd’hui, les Français n’ont eu autant de complexes vis-à-vis des Allemands. Le souvenir de la défaite de 1940 est dans cesse ressassé alors que celui de la victoire de juillet 1918 (le mois décisif) est occulté.
Ces complexes sont entretenus par une oligarchie qui cultive plus que jamais le mépris de son peuple, lui trouvant un alibi dans la supposée bonne gouvernance des Allemands - surestimée généralement.  
Ils trouvent une de ses causes dans l’euro, lui-même produit de ce complexe, lequel, tel qu’il a été géré par les uns et par les autres, pèse comme un lourd handicap sur notre économie, nous empêchant de faire jeu égal avec notre voisin.
 
La paix, c’est l’équilibre
Nous sommes là très loin de l’amitié franco-allemande telle qu’elle avait été instaurée par le général de Gaulle et Adenauer et qui ne pouvait se concevoir que sur une base égalitaire. Le suivisme et l’assujettissement de la France que pratique Macron est aux antipodes. Rien ne sert de dénoncer Pétain, au point de refuser d’évoquer son rôle dans la première guerre mondiale, si c’est pour se mettre à la remorque de Berlin avec une servilité comparable à celle du régime de Vichy. Au moins nul ne doute que le vieux maréchal, dont beaucoup pensent qu’il s’égara sur une voie sans issue, aimait la France. On en est moins certain avec l’actuel chef de l’Etat.  
En tout temps et en tous lieux, la paix c’est l’équilibre. Il ne saurait y avoir de vrai partenariat franco-allemand sur une autre base. Notre supériorité miliaire a longtemps équilibré la supériorité économique allemande. Cet équilibre est depuis longtemps rompu. Macron avait, en ce 11 novembre 1918, l’occasion, au moins de manière symbolique, de le rétablir. Le rappel de ce qui s’est vraiment passé en 1918 aurait pu contribuer à exorciser nos complexes. Le président n’a trouvé au contraire là qu’une nouvelle occasion de les humilier.  
Quoique les Allemands n’y soient probablement pour rien, c’est à eux que les Français en voudront. Le projet caressé à l’Elysée de partager avec l’Allemagne la force de dissuasion française, laquelle, bien plus que le traité de Rome est le vrai garant de la paix en Europe, ne peut que les exaspérer un peu plus. Loin de rapprocher Français  et Allemands, le président n’aura fait qu’aigrir leurs rapports !

Envoyé par l'auteur, 11 novembre 2018

Attaques chimiques en Syrie

Publié dans De par le monde
Attaques chimiques en Syrie : des ficelles de plus en plus grosses
 
"Vous entendrez parler de guerres et de rumeurs de guerres" (Matthieu 24, 6). La guerre de Syrie semblait tirer à sa fin. Or des rumeurs de guerre inquiétantes en viennent encore.
Il y aurait bientôt une nouvelle attaque chimique de Bachar-el-Assad. La riposte est prête : le forfait n’est pas encore commis mais la punition se prépare déjà : le destroyer US The Sullivan armé de 56 missiles de croisière, est arrivé dans le Golfe persique, et le bombardier de l’US Air Force B-1 B avec 24 missiles de croisière Air-sol a été acheminé vers la base aérienne de al-Udeid au Qatar.
Et pour être sûr qu’il aura quelque chose à punir, huit chars contenant de la chlorite auraient été acheminés vers le village de Halluz, dans la province d’Idlib, le principal réduit djihadiste encore hors du contrôle du gouvernement syrien, où un groupe des militants spécialement entraînés par la compagnie militaire privée américaine Olive a été déployé afin de simuler le sauvetage de victimes d’une attaque chimique   
Cette opération, disent les Russes, a été planifiée par les services de renseignement britanniques pour justifier une frappe aérienne imminente visant l’infrastructure syrienne civile et militaire.
Certes la source principale est russe. Mais d’autres informations semblent la confirmer : Macron, qui est un maillon important de la machine de propagande occidentale a, dans son dernier discours devant les ambassadeurs réunis à Paris repris ses attaques contre Assad : son maintien au pouvoir serait, selon lui, une "erreur funeste". Mais de quoi se mêle-t-il donc ? Même au temps de la colonisation, que le même Macron dit avoir été un crime, la république ne décidait pas de qui devait être le roi du Maroc. Elle a essayé une fois, mal lui en a pris.
Macron avait semblé un moment devenir plus réaliste. Ce durcissement est significatif de quelque chose, probablement d’une nouvelle attaque contre à Syrie. La voix de son maître.
 
Quel intérêt auraient au demeurant les Russes de faire circuler ce genre de rumeur si elle n’était pas fondée ? Poutine a mis en garde les Etats-Unis contre la tentation de frapper une nouvelle fois la Syrie, mais s’il n’en était pas tenu compte "jusqu’où abusera-t-on de sa patience ?".
Près d’Idlib où l’attaque chimique est planifiée, pas par les Syriens mais par l’OTAN, une attaque analogue avait été imputée à l’armée syrienne à Khan Chekroun le 4 avril 2017. En représailles, les Etats-Unis avaient largué 49 missiles Tomahawk (dont chacun représente presque une bombe atomique) sur un aéroport syrien vide. Quelques mois plus tard, le général James Mathis, secrétaire d’Etat à la Défense de Trump devait avouer dans Newsweek (1), que le Pentagone n’avait aucune preuve de l’implication d’Assad dans une attaque chimique.

Nouvelle utilisation présumée de gaz le 7 avril 2018 dans le faubourg de la Douma près de Damas que pourtant Assad finissait de reprendre aux djihadistes. Même tollé. Cette fois 110 missiles ont été lancés par les Américains, les Anglais et les Français. Une mission de l’OIAC l’Organisation internationale nationale contre les armes chimiques est arrivée ensuite pour dire qui était responsable. Elle n’a pas vraiment conclu.

Errare humanum est :  pour tous ceux qui l’ont suscitée, la guerre de Syrie fut une erreur. Perseverare diabolicum ; c’est bien à une entreprise diabolique que nous avons affaire aujourd’hui. Il y a des deux côtés de l’Atlantique des hommes – et Macron n’est pas le moindre -, qui ne se résignent pas à avoir perdu la guerre de Syrie, à ce que le président Assad reste en place alors qu’ils n’ont cessé de répéter qu’il allait tomber. Qui aurait cru que pour tenter encore leur chance de renverser la situation, ils auraient recours une ficelle aussi usée ?
Quel serait donc l’intérêt d’Assad qui a pratiquement gagné la guerre d’utiliser ce genre d’armes que dès 1918 on trouvait peu efficace. Il faut dire que l’absurdité même de l’accusation alimente la propagande de l’OTAN : comment Assad peut-il être assez monstrueux pour se servir de gaz (contre des enfants – nous verrons que le principales victimes seront des enfants, le b a ba de la propagande de guerre ! ) alors que ça ne lui sert plus à rien ? Non seulement le crime est douteux, mais il n’y a pas de mobile.  
Comment pourrions-nous être assez stupides pour croire encore à ces balivernes ?
(1) Newsweek,  8 février 2018, article de Ian Wielkie

Envoyé par l'auteur, 9 octobre 2018, paru sur roland.hureaux.over-blog.com

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