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HUREAUX  Roland

HUREAUX Roland

Né le 14 juin 1948
Marié  -  enfants
 

Essayiste

Ecole normale supérieure (Saint-Cloud)
Institut d'études politiques (IEP)
Ecole nationale d'administration (ENA)
Agrégé d’histoire
 
Sous-préfet
Diplomate
Conseiller technique
à la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale (DATAR)
Conseiller
     Cabinet du président de l’assemblée nationale (Philippe Séguin)
     Cabinet du Premier ministre (Edouard Balladur)
Professeur associé à l’Institut d’études politiques de Toulouse
Rapporteur à la Cour des Comptes. 
 
Ouvrages
Un avenir pour le monde rural (1993) - Pour en finir avec la droite (1998) - Les hauteurs béantes de l’Europe (1999) - Le temps des derniers hommes (2000) - Les nouveaux féodaux (2004) - Jésus et Marie-Madeleine (2005) - L’actualité du gaullisme (2007) - L’Antipolitique (2007) - La grande démolition (2012) - Gnose et gnostiques des origines à nos jours (2015)

Articles
Publiés dansCommentaire, Communio (Revue catholique internationale) , La Revue des deux mondes,   Liberté politique, Le Figaro, Le Monde, Libération, Marianne, … etc.
Membre du comité de rédaction de Commentaire.

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Comment Macron excite...

Publié dans Du côté des élites
Comment Macron excite le ressentiment des Français vis-à-vis des Allemands
 
Macron voudrait raviver le ressentiment des Français vis à vis des Allemands qu’il ne s’y prendrait pas autrement.
Au centième anniversaire de l’Armistice du 11 novembre 1918, frustrer les Français du souvenir de ce qui fut une de leurs plus grandes victoires, cela, dit-on, pour ne pas vexer Angela Merkel, ne peut que susciter une vive déception, spécialement dans les armées écartées de manière vexatoire de la célébration. C’est en même temps une injure fait à nos ancêtres qui se sont si bien battus dans les tranchées.
Rappelons que l’année 1918 fut celle d’une authentique victoire française. Contrairement à ce que l’on nous dit trop souvent, l’apport américain, important pour le moral, vint trop tard pour influencer militairement l’issue des combats. Les Anglais qui avaient fait d’immenses sacrifices dans les années antérieures étaient épuisés. Il y avait d’un côté toute l’armée française et de l’autre toute l’armée allemande, les divisions du front russe ayant été rapatriées sur le front ouest. Rien d’autre ou presque. Une épreuve historique unique, comme dans un champ clos. Et nous avons gagné. Grâce aux chars, grâce au courage de nos soldats, grâce à l’admirable coordination de nos grands chefs : Foch, Pétain, Mangin, Fayolle, Castelnau et tant d’autres.
   
Ce rappel était d’autant plus nécessaire que jamais comme aujourd’hui, les Français n’ont eu autant de complexes vis-à-vis des Allemands. Le souvenir de la défaite de 1940 est dans cesse ressassé alors que celui de la victoire de juillet 1918 (le mois décisif) est occulté.
Ces complexes sont entretenus par une oligarchie qui cultive plus que jamais le mépris de son peuple, lui trouvant un alibi dans la supposée bonne gouvernance des Allemands - surestimée généralement.  
Ils trouvent une de ses causes dans l’euro, lui-même produit de ce complexe, lequel, tel qu’il a été géré par les uns et par les autres, pèse comme un lourd handicap sur notre économie, nous empêchant de faire jeu égal avec notre voisin.
 
La paix, c’est l’équilibre
Nous sommes là très loin de l’amitié franco-allemande telle qu’elle avait été instaurée par le général de Gaulle et Adenauer et qui ne pouvait se concevoir que sur une base égalitaire. Le suivisme et l’assujettissement de la France que pratique Macron est aux antipodes. Rien ne sert de dénoncer Pétain, au point de refuser d’évoquer son rôle dans la première guerre mondiale, si c’est pour se mettre à la remorque de Berlin avec une servilité comparable à celle du régime de Vichy. Au moins nul ne doute que le vieux maréchal, dont beaucoup pensent qu’il s’égara sur une voie sans issue, aimait la France. On en est moins certain avec l’actuel chef de l’Etat.  
En tout temps et en tous lieux, la paix c’est l’équilibre. Il ne saurait y avoir de vrai partenariat franco-allemand sur une autre base. Notre supériorité miliaire a longtemps équilibré la supériorité économique allemande. Cet équilibre est depuis longtemps rompu. Macron avait, en ce 11 novembre 1918, l’occasion, au moins de manière symbolique, de le rétablir. Le rappel de ce qui s’est vraiment passé en 1918 aurait pu contribuer à exorciser nos complexes. Le président n’a trouvé au contraire là qu’une nouvelle occasion de les humilier.  
Quoique les Allemands n’y soient probablement pour rien, c’est à eux que les Français en voudront. Le projet caressé à l’Elysée de partager avec l’Allemagne la force de dissuasion française, laquelle, bien plus que le traité de Rome est le vrai garant de la paix en Europe, ne peut que les exaspérer un peu plus. Loin de rapprocher Français  et Allemands, le président n’aura fait qu’aigrir leurs rapports !

Envoyé par l'auteur, 11 novembre 2018

Attaques chimiques en Syrie

Publié dans De par le monde
Attaques chimiques en Syrie : des ficelles de plus en plus grosses
 
"Vous entendrez parler de guerres et de rumeurs de guerres" (Matthieu 24, 6). La guerre de Syrie semblait tirer à sa fin. Or des rumeurs de guerre inquiétantes en viennent encore.
Il y aurait bientôt une nouvelle attaque chimique de Bachar-el-Assad. La riposte est prête : le forfait n’est pas encore commis mais la punition se prépare déjà : le destroyer US The Sullivan armé de 56 missiles de croisière, est arrivé dans le Golfe persique, et le bombardier de l’US Air Force B-1 B avec 24 missiles de croisière Air-sol a été acheminé vers la base aérienne de al-Udeid au Qatar.
Et pour être sûr qu’il aura quelque chose à punir, huit chars contenant de la chlorite auraient été acheminés vers le village de Halluz, dans la province d’Idlib, le principal réduit djihadiste encore hors du contrôle du gouvernement syrien, où un groupe des militants spécialement entraînés par la compagnie militaire privée américaine Olive a été déployé afin de simuler le sauvetage de victimes d’une attaque chimique   
Cette opération, disent les Russes, a été planifiée par les services de renseignement britanniques pour justifier une frappe aérienne imminente visant l’infrastructure syrienne civile et militaire.
Certes la source principale est russe. Mais d’autres informations semblent la confirmer : Macron, qui est un maillon important de la machine de propagande occidentale a, dans son dernier discours devant les ambassadeurs réunis à Paris repris ses attaques contre Assad : son maintien au pouvoir serait, selon lui, une "erreur funeste". Mais de quoi se mêle-t-il donc ? Même au temps de la colonisation, que le même Macron dit avoir été un crime, la république ne décidait pas de qui devait être le roi du Maroc. Elle a essayé une fois, mal lui en a pris.
Macron avait semblé un moment devenir plus réaliste. Ce durcissement est significatif de quelque chose, probablement d’une nouvelle attaque contre à Syrie. La voix de son maître.
 
Quel intérêt auraient au demeurant les Russes de faire circuler ce genre de rumeur si elle n’était pas fondée ? Poutine a mis en garde les Etats-Unis contre la tentation de frapper une nouvelle fois la Syrie, mais s’il n’en était pas tenu compte "jusqu’où abusera-t-on de sa patience ?".
Près d’Idlib où l’attaque chimique est planifiée, pas par les Syriens mais par l’OTAN, une attaque analogue avait été imputée à l’armée syrienne à Khan Chekroun le 4 avril 2017. En représailles, les Etats-Unis avaient largué 49 missiles Tomahawk (dont chacun représente presque une bombe atomique) sur un aéroport syrien vide. Quelques mois plus tard, le général James Mathis, secrétaire d’Etat à la Défense de Trump devait avouer dans Newsweek (1), que le Pentagone n’avait aucune preuve de l’implication d’Assad dans une attaque chimique.

Nouvelle utilisation présumée de gaz le 7 avril 2018 dans le faubourg de la Douma près de Damas que pourtant Assad finissait de reprendre aux djihadistes. Même tollé. Cette fois 110 missiles ont été lancés par les Américains, les Anglais et les Français. Une mission de l’OIAC l’Organisation internationale nationale contre les armes chimiques est arrivée ensuite pour dire qui était responsable. Elle n’a pas vraiment conclu.

Errare humanum est :  pour tous ceux qui l’ont suscitée, la guerre de Syrie fut une erreur. Perseverare diabolicum ; c’est bien à une entreprise diabolique que nous avons affaire aujourd’hui. Il y a des deux côtés de l’Atlantique des hommes – et Macron n’est pas le moindre -, qui ne se résignent pas à avoir perdu la guerre de Syrie, à ce que le président Assad reste en place alors qu’ils n’ont cessé de répéter qu’il allait tomber. Qui aurait cru que pour tenter encore leur chance de renverser la situation, ils auraient recours une ficelle aussi usée ?
Quel serait donc l’intérêt d’Assad qui a pratiquement gagné la guerre d’utiliser ce genre d’armes que dès 1918 on trouvait peu efficace. Il faut dire que l’absurdité même de l’accusation alimente la propagande de l’OTAN : comment Assad peut-il être assez monstrueux pour se servir de gaz (contre des enfants – nous verrons que le principales victimes seront des enfants, le b a ba de la propagande de guerre ! ) alors que ça ne lui sert plus à rien ? Non seulement le crime est douteux, mais il n’y a pas de mobile.  
Comment pourrions-nous être assez stupides pour croire encore à ces balivernes ?
(1) Newsweek,  8 février 2018, article de Ian Wielkie

Envoyé par l'auteur, 9 octobre 2018, paru sur roland.hureaux.over-blog.com

Benalla... et l’essentiel !

Publié dans En France
Affaire Benalla : n’oublions pas l’essentiel !
 
L’affaire Benalla n’est sûrement pas qu’une tempête dans un verre d’eau comme le prétend M. Macron : mais même si elle l’était, le fait qu’elle suffise à provoquer l’énorme tempête médiatique et politique que l’on sait, au point d‘arrêter tout travail législatif, révèle la fragilité du président. S’il n’avait été élu que depuis à peine un peu plus d’un an, on pourrait déjà parler d’une atmosphère de fin de règne !
L’affaire n’est pas si mince : qu’un des proches collaborateurs du président, ignorant des usages et manifestement incapable de maitriser ses instincts violents, soit nommé par le fait du prince lieutenant-colonel de gendarmerie à 26 ans est en soi un scandale majeur. Compte tenu des relations très équivoques de l’intéressé, il laisse supposer d’autres turpitudes qui pourraient être un jour connues du public. L’affaire Benalla n’aurait pas pris tant d’ampleur si, malgré l’euphorie qui a régné la première année du quinquennat, beaucoup n’étaient conscient de trop nombreuses dérives.
 
Des questions
L’affaire pose plusieurs questions : pourquoi les vidéos au point de départ de l’affaire qui étaient connues dès le 2 mai ne font-elles scandale que le 20 juillet ? Pourquoi les plus acharnés à le soulever sont-ils les organes de presse qui ont soutenu Macron avec le plus de détermination (Le Monde, groupe Drahi, groupe Pinault) ?
Risquons-nous à supposer que ceux qui avaient commandité son élection voulaient un président sérieux, à même de mener des reformes sérieuses (ou supposées telles). Les frasques de plus en plus voyantes leur font craindre aujourd’hui de couler sur un bateau ivre. La fête honteuse qui a eu le lieu à l’Elysée le 21 juin pourrait être la goutte qui a fait déborder le vase. La crédibilité du président français sur la scène internationale n’a pu qu’en pâtir.  
Le président a déclaré assumer seul la responsabilité de l’affaire. Il est donc responsable de l’irresponsabilité de ce jeune collaborateur qu’il a lui-même recruté et, passant outre à toutes les hiérarchies, promu.
Ce n’est certes pas la première fois que le pouvoir monte à la tête de ceux qui l’exercent. Il agit, c’est bien connu, comme un opium ou encore il donne une sorte de vertige de l’altitude qui fait perdre la tête à ceux qui ne sont pas préparés à vivre dans les sommets. Les réactions arrogantes et souvent maladroites du président qui visiblement gère mal l’affaire, laisse penser que le vertige ne touche pas seulement le garde du corps.
 
L’essentiel
Cette fragilité, comment l’expliquer sinon par les politiques menées depuis un an et qui la plupart tournent le dos aux intérêts fondamentaux du pays que l’affaire Benalla ne saurait nous faire perdre de vue ?  
- Le démantèlement accéléré de nos industries stratégiques et de défense (armement, construction navale, nucléaire, aéronautique, recherche pétrolière), soit la plupart des pépites construites par le génie français en soixante ans d’efforts, lesquelles sont en train de passer sous contrôle étranger, principalement américain ou allemand, dans la lignée de la scandaleuse affaire Alstom où la responsabilité personnelle de M. Macron se trouve directement engagée (1) ; la prochaine cible est Naval Group issu de la Direction des constructions navales ;
- L’absence de détermination à contrôler sérieusement l’immigration, avec le démantèlement des politiques familiales ;
- L’absence de tout effort pour réduire les dépenses publiques ;
- Une diplomatie illisible qui conduit à nous mettre à dos des partenaires historiques  Italie, Pologne et autres pays de l’Est européen), à tenter de prolonger la guerre de Syrie et à soutenir à la tête de l’Association des pays francophones la candidate que propose le président Kagame du Rwanda, un tyran ennemi de la France, responsable de millions de morts, soutien qui nous ridiculise aux yeux de l’Afrique autant qu’il nous déshonore ;
- Des restrictions croissantes à la liberté d’expression , comme la loi sur les fake-news que la Sénat a rejeté à une large majorité  ;
- L’affaiblissement des pouvoirs locaux par la baisse des dotations et la suppression sans compensation de la taxe d’habitation  ;
- Une réforme de la Constitution inutile qui tend à restreindre encore plus le poids du Parlement, haut symbole de la République ; 
- Le projet de légaliser la fécondation artificielle pour femmes seules, ce qui revient créer délibérément des orphelins de père, dans la perspective d’une marchandisation généralisée de la procréation.
 
Et maintenant ?
Que va-t-il advenir maintenant ? N’excluons rien : que Macron ait le souffle court pour tenir encore quatre ans est aujourd’hui patent : mais il est surtout à la merci de lui-même et d’un entourage à son image : quelle nouvelle frasque pourrait lui être fatale ? On se le demande.
Mais il peut aussi qu’il reste encore en place, le crédit affaibli, peu apte à faire des réformes. Faudra-t-il le regretter ?
Dans la mesure où la plupart de ses projets de réforme sont nocifs, une situation d’impuissance du pouvoir, regrettable en soi, serait cependant un moindre mal, en attendant qu’émergent des équipes dignes et vraiment compétentes à même de prendre enfin à bras le corps les vrais problèmes de la France.
(1) Voir à ce sujet l’excellent reportage de Public Sénat  

Envoyé par l'auteur, paru sur roland.hureaux.over-blog.com, 31 juillet 2018

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