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JOLY  Alain

JOLY Alain

Alain JOLY
Né le 13 août 1964
 
Pasteur luthérien
 
Etudes d’Histoire moderne et contemporaine - Paris XIII
Maîtrise d’Histoire
« Iconographie et chansons populaires d’actualité à l’époque napoléonienne »
Etudes de théologie protestante - Strasbourg
Maîtrise de Théologie
« L’Eglise luthérienne de Paris, ses rapports avec l’Etat entre 1815 et 1848 »
Diplôme d'études spécialisées (DESS) de Théologie
 
Vicaire à la paroisse Saint-Marc de Massy (1991-1992)
Ordination au saint ministère (1992)
Titulaire de la paroisse Saint-Marc de Massy (jusqu’en 2006)
Paroisse des Billettes - Paris 4ème (depuis 2006)
 

Directeur du Centre culturel luthérien de Paris (1996-2009)
Président du Consistoire sud de l’Eglise luthérienne (Paris, Lyon, Nice)
Président du Consistoire Centre Est, ancien Consistoire luthérien de Paris (2007-2009)
P
résident fondateur de l'Association œcuménique et franco-allemande Paris-Wittenberg
Vice-président chrétien de l'association interreligieuse Artisans de Paix (présidente : Mme Paula Kasparian)
Chargé de cours à la Faculté libre de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine

Chroniqueur et intervenant régulier à la Radio Fréquence protestante (depuis 1992)
Membre du Conseil d’administration de Fréquence protestante depuis 2007
Conférencier et intervenant régulier dans le cadre de monastères bénédictins français
- La Trappe de Soligny,
- Saint-Louis du Temple,
- Fleury à Saint-Benoît-sur-Loire,
- Solesmes
 
 
Médaille de la Défense nationale (Service militaire)
(Scientifique du Contingent aux Ecoles d’Officiers de Saint Cyr Coëtquidan)

URL du site internet:

Religion et politique à Madagascar

Publié dans De par le monde

Religion et politique à Madagascar

(...) (site endommagé en 2013)
la République de Madagascar, Marc Ravalomanana reçoit aujourd'hui l'investiture. Lorsqu'en décembre 2001, il s'était présenté pour la première fois devant les électeurs contre Didier Ratsiraka, il avait été fortement soutenu par les autorités chrétiennes du pays. Le Conseil des Eglises chrétiennes, où siègent ensemble l'archevêque de Antananarivo et les présidents des Eglises protestantes, réformée, luthérienne et anglicane, n'avaient pas ménagé sa peine pour orchestrer une campagne présidentielle, dans un genre finalement pas très éloigné des pratiques américaines - où il n'est pas rare de commencer une réunion politique par la prière ou l'invocation du nom de Dieu, ni non plus de voir et d'entendre évêques et pasteurs en habits ecclésiastiques exhorter les électeurs de la même façon qu'ils leurs prêchent, dans les églises, les homélies sur l'Evangile.

Chrétiens d'Europe latine, nous sommes souvent étonnés de cette proximité (voire confusion) du religieux et du politique. Alors qu'il est évident et nécessaire que les croyants sont citoyens et les Eglises doivent s'engager dans un rôle de vigilance éthique et sociale, la théologie protestante, (pour se limiter aux Eglises de la Réforme, qu'elles s'inspirent de Luther ou de Calvin), a clairement séparé les deux règnes, chacun, le spirituel et le temporel relevant, mais distinctement, du même règne de Dieu, dont ils sont les expressions à fonctions différentes.
Une distance s'impose aux Eglises si elles veulent rester crédibles quant à leur fonction, précisément, de vigilance spirituelle et morale. Aider au discernement et à la réflexion des fidèles, seuls responsables de leur choix politique, refuser l'intolérance, la tyrannie et les compromissions avec ce qui ne manifesterait pas la dignité de l'homme ou le respect de la création, affirmer la liberté de professer sa religion voire de lui consentir un rôle social, et même d'éducation à la citoyenneté, tout cela est bien du ressort des Eglises. Mais orienter le vote, plus encore soutenir un candidat, nous paraît peu conforme à l'exigence évangélique qui est aussi une liberté de parole pour les Eglises. Envisagerait-on, en France, que le Conseil des Eglises chrétiennes indique lequel des candidats à l'élection présidentielle s'imposerait seul au vote des chrétiens ?

En 2006, Marc Ravalomanana n'était pas fermement soutenu par les communautés religieuses, malgré qu'il soit vice-président de l'Eglise réformée, qu'il ait même participé au culte de la nouvelle secte fondée par Daoud, et qu'il ait réparti les présidences du Sénat et de l'Assemblée nationale et le poste de Premier Ministre avec un subtil dosage confessionnel (le Premier Ministre est catholique, le président du Sénat réformé et le président de l'Assemblée luthérien). Avec l'aide des Eglises, en 2002, le président avait difficilement obtenu 50 % des scrutins et l'élection fut contestée. Aujourd'hui, avec un appui plus discret, moins unanime et même non déclaré, puisque le Conseil des Eglises a rappelé qu'il n'avait "pas de candidat et ne soutenait personne", Ravalomanana a remporté l'élection au premier tour avec 54,8 % des voix.
Ni lui, ni les Eglises, n'ont intérêt à trop de connivences. Un rapport plus sain, plus distant, et, du coup, moins mondain, s'instaurerait donc heureusement à Madagascar. Il est alors temps pour les chrétiens malgaches, plutôt que de faire front commun dans une démarche politique, de travailler à un oecuménisme de terrain, de se rapprocher et de se réconcilier entre eux, pour être premièrement et visiblement une fraternité religieuse dont l'Evangile est la seule règle.

L'Eglise, pédagogue de la démocratie à Madagascar

(...) (sit endommagé en 2013)
aucune nouvelle aujourd'hui ! La presse internationale, et elle l'était déjà dès le début de la crise en janvier, est à court d'analyse, et commence visiblement à se lasser. S'il est vrai que les derniers évènements ont été mineurs au regard des violences passées (le fait, par exemple, sans conséquence et donc sans intérêt, que des partisans d'Andry Rajoelina aient manifesté, assis et silencieux, devant un ministère, durant 5 heures hier mercredi (19 février), ils sont précisément révélateurs de la grande confusion dans laquelle s'enlise maintenant le pays. Rumeurs et démentis circulent au sein du peuple malgache qui ne comprend pas toujours vers quoi tout cela le mène.
Le Président Marc Ravalomanana et son opposant Andry Rajoelina sont l'un et l'autre fragilisés, non pas tant par les destitutions qu'ils se sont déclarés mutuellement, ni par l'inquiétude perplexe des observateurs internationaux, corps diplomatique, Union africaine, Union européenne..., mais parce que la situation critique dont ils sont l'un et l'autre responsables a mis sur le devant de la scène leur force de caractère et leur détermination, mais aussi les limites des espoirs dont ils se faisaient et se font encore les champions adverses.
Leurs partisans se complaisent dans la dénonciation redondante des origines de leur fortune, des liens de leurs affaires avec celles de l'Etat ou de la Ville, de leurs modes de fonctionnement, et de tout un inventaire de dérives, d'erreurs et d'insultes au peuple malgache.
Répéter ces tares supposées ou réelles ne fait guère avancer les choses ! Le bras de fer est engagé au risque de la guerre civile, parce que chaque clan, sous couvert d'envisager des négociations, se conforte dans l'assurance de son influence et de son droit. Ce duel persistant débouchera sur une impasse de résignation, ou sur la victoire radicale, mais sûrement éphémère, de l'un des deux.

A l'heure actuelle, l'attentisme de l'Armée est éloquent, même s'il est question d'un groupe de cinq hauts gradés qui auraient la velléité d'arbitrer la crise : ils se font désirer, sans doute...
En porte-à-faux est l'attitude du Conseil des Eglises chrétiennes de Madagascar. On lui attribue une déclaration qui demande le départ du Président. L'Eglise protestante FJKM, dont Ravalomanana est le vice-président, ne veut évidemment pas être solidaire de cette déclaration partisane et décevante. De toutes façons, et quasiment sans surprise, elle a été démentie dès les heures suivantes de la nuit.
Nous avons confiance que, pour sortir de cette confusion et de la tragi-comédie où les acteurs du dénouement sont absents de leurs rôles-titres, le Conseil oecuménique de Madagascar, au vu du crédit qui lui reste encore, doit être le médiateur courageux et immédiat. Les chrétiens ont cette vocation, en contexte malgache, et ce temps favorable, d'être, sans concession, les pédagogues de la démocratie.

Chronique protestante sur Radio Notre-Dame

L'Eglise, ... à Madagascar

Publié dans De par le monde

L'Eglise, arbitre à Madagascar

(...) (site endommagé en 2013)
depuis le 24 janvier, émaillée d'épisodes tragiques dont le peuple est la première victime, ne se résume pas au conflit qui oppose deux hommes pour le pouvoir.
Marc Ravalomanana, président de la République, élu légitimement quoique avec difficulté, et son adversaire, qui prétend le destituer par la rue, le jeune maire de la capitale Antananarivo, Andry Rajoelina, ont beaucoup en commun. Ils sont l'un et l'autre ambitieux en affaires et en politique, et, jusqu'ici, les unes et l'autre leur ont réussi.
A l'échelle de leur pays, ils sont à la tête de véritables empires industriels et ils assoient leur popularité autant sur leurs actions politiques et sociales dans leurs responsabilités, l'Etat ou la Ville, que sur le rayonnement de leurs affaires, l'agro-alimentaire pour le Président, l'impression numérique et la publicité pour le Maire. Ils ont aussi derrière eux des intérêts à dimension internationale : Marc Ravalomanana trouve ses partenaires économiques aux Etats-Unis ou en Corée, tandis qu'Andry Rajoelina entretient des liens serrés avec la France et, dit-on, avec la famille du président Ratsiraka en exil en France.

Ce que l'ambassadeur des Etats-Unis à Madagascar a publiquement pointé du doigt le 6 février dernier, à savoir qu' "il ne faut pas mélanger affaires privées et affaires d'Etat", s'applique aux deux rivaux, sauf que le phénomène est peut-être plus flagrant en pratique chez le Président lorsque, par exemple, il fait établir une loi pour exonérer certains produits de sa firme Tiko, de TVA et taxes à l'importation.
Le malaise des Malgaches ne dépend pas seulement de ce bras de fer et des évènements  violents et parfois meurtriers de ces derniers jours. La tentative des partisans de Rajoelina d'installer des ministres de transition dans les bâtiments officiels, hier lundi, s'est soldée par des échauffourées dérisoires et pitoyables au regard du drame profond que vit Madagascar.
Les 5 et 6 février, l'Eglise catholique, puis le 11 février, le Conseil des Eglises chrétiennes de Madagascar, sont intervenus en médiateurs pour tenter de réconcilier les deux camps. Dans la grande île, les Eglises ont joué un rôle important et ambigu lors des deux dernières élections présidentielles, la première surtout, celle précisément qui a porté Ravalomanana au pouvoir. Lui-même est vice-président de l'Eglise protestante FJKM et certains postes clefs de l'Etat sont répartis en fonction d'appartenances religieuses.
Le Conseil oecuménique pourra-t-il aider au dialogue, sans devenir un arbitre de plus ? Saura-t-il, comme il semble en avoir la volonté, ne plus être un acteur politicien de la politique ? Sa médiation serait vouée à l'échec si elle se contentait de chercher une trêve ou l'acceptation des concessions. De notre point de vue, la responsabilité du Conseil des Eglises chrétiennes est de parvenir à faire avancer Madagascar en maturité démocratique et laïque, et, pour ses dirigeants, apprendre le renoncement à la gloire personnelle et le service du peuple. Les autorités chrétiennes peuvent contribuer non seulement à la résolution de la crise, mais bien plus encore à l'émergence du bonheur auquel a droit le peuple malgache. C'est ici une responsabilité considérable, nous la croyons fondée sur l'Evangile.
Chronique protestante sur Radio Notre-Dame

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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