Magistro Beta

Switch to desktop Register Login

KOCH de Basile

KOCH de Basile

Né le 22 novembre 1958
Marié à Frigide Barjot, deux enfants comme elle



Journaliste


Maîtrise de Droit
DEA de Science Politique
1/3 de licence d'Histoire

Expérience professionnelle
Négritude :
• Plume du Parti Républicain, de l'UDF, de Michel Poniatowski et du Club de l'Horloge (1977-1981)
• Chargé de mission auprès de Charles Pasqua (Sénat, ministère de l'Intérieur, Conseil général des Hauts-de-Seine) (1982-1992)
Journalisme :
• Le Quotidien de Paris, rubrique Idées (1990-1992)
Entrevue, interviews politiques (1992-1994)
Voici, chronique sur les nuits parisiennes (depuis 1996)
Valeurs actuelles, chronique sur la télévision (depuis 2006)
Causeur.fr, chroniques sur tout (depuis 2007)

Publications
Parodies de presse (avec le groupe Jalons) :
      Le Monstre, Laberration, Le Figagaro, Franche Démence, Coin de Rue-Images immondes, Voiri, Le Cafard Acharné, le
      Lougarou Magazine, Pourri Moche, L'Epique, Qui Choisir, Fientrevue.
• Livres récents
Manuel d'inculture générale (Flammarion, 2009)
Histoire universelle des religions (La Table Ronde, 2006)
Histoire universelle de la pensée (La Table Ronde, 2005
Histoire de France de Cro Magnon à Jacques Chirac (La Table Ronde, 2004)

Président à vie autoproclamé du Groupe d'Intervention Culturelle Jalons® (depuis 1985)
Coordinateur des Rencontres internationales des Intermittents de la Pensée (depuis 2005)

URL du site internet:

Oubliés du "printemps arabe"

Publié dans A tout un chacun

 

Lundi 21 novembre, Canal Plus diffusait un numéro de Spécial Investigation intitulé : "Chrétiens d’Orient : l’exil ou la mort ?"  Bien sûr je n’ai pas appris grand-chose, pas plus que vous amis lecteurs de Valeurs actuelles (à supposer que vous ayez la télé…) N’empêche : ce programme est une bonne action ! Hors lendemains d’attentats, nos médias audiovisuels ne s’intéressent guère à cette minorité-là.
C’est bien simple : la plupart des gens ici ne savent même pas qu’il y a des chrétiens là-bas ! Pourtant, ils représentaient 15 % de la population du Proche-Orient en 1900 – contre 6 % seulement de nos jours… Et l’islamisme radical n’explique pas tout, comme le souligne utilement l’enquête de Gwenaëlle Lenoir.
Voyez l’Égypte, qui est sous les feux de l’actualité. Les premières élections libres y seront-elles aussi les dernières ? En tout cas les démocrates du cru se méfient déjà de l’armée – que le documentaire soupçonne d’ailleurs d’avoir commandité elle-même les récents attentats contre les coptes.
Entre ces stratèges cyniques et les islamistes en col blanc, donnés une fois de plus gagnants, la démocratie, comme prise en sandwich, risque fort de finir avalée

Paru dans Valeurs actuelles, 1er décembre 2011

 

Laurent Terzieff ou les comédiens ont-ils une âme ?

Publié dans Au delà

 

Je n'y entends rien au théâtre. Bien sûr, à l'âge de quinze ans, j'ai moi-même joué un des douze rôles-titres dans la pièce de Reginald Rose Douze hommes en colère, à Franklin (1) ; même que j'y fus excellent, d'après mes parents. Mais là s'est arrêtée, assez brutalement, ma carrière dramatique.

En tant que spectateur, mon CV n'est guère plus brillant : à part quelques pièces qui me tenaient à cœur, de Molière, Anouilh ou Ionesco, je crois bien n'être jamais allé au théâtre spontanément et en payant.
Sans doute un problème avec le genre théâtral lui-même - aggravé encore par ses formes les plus modernes; je n'avais donc guère de chances de voir sur scène Laurent Terzieff, qui s'était fait l'ardent défenseur des auteurs contemporains. Il m'est même arrivé de le regretter amèrement, comme pour "son" Meurtre dans la Cathédrale.
Au cinéma en revanche, j'ai toujours eu l'impression d'avoir affaire à un acteur inspiré. Terzieff était comme une réponse vivante aux interrogations théologiques du Moyen Age (2), genre "Les comédiens ont-ils une âme ?"
Si cet homme-là est devenu acteur, c'est précisément par un élan de l'âme !, comme on le comprend à la lecture du livre que Marie-Noëlle Tranchant a concocté sur lui avec lui, et qui sort aujourd'hui sans lui (3). Loin d'une banale bio, le résultat de leur travail commun est une sorte d'IRM métaphysique : il s'agit, selon elle, de "retracer un itinéraire intérieur, artistique, humain, spirituel."
D'où la forme de l'ouvrage, tissé de fils tout sauf blancs : des entretiens récrits par sa complice, où Laurent Terzieff se raconte avec chaleur et simplicité ; des écrits personnels sur le théâtre et ses écrivains préférés, où il parle évidemment de lui-même.
Comme le dit Luchini dans sa préface, Laurent Terzieff a renoncé à une "carrière de star" pour se faire "artisan dévoué du théâtre". L'hommage est d'autant plus beau, venant de la seule vraie star de nos planches nationales. Mais il y a de nombreuses demeures dans la maison du Père et c'est heureux, n’est-ce pas ?  Si tout le monde avait la même vocation, c’est six milliards de moines qu’on aurait massacrés à Tibéhirine.
Pour Terzieff en tout cas, le théâtre fut le plus lucide et le plus exigeant des sacerdoces, et on peut juger maintenant que ses vœux étaient perpétuels. Même la métaphore n’est pas gratuite : l'art dramatique, dit-il, c’est "la communion entre le monde visible et l'invisible" – et d’ailleurs, "tout ce qui est artistique procède du religieux".
Non seulement Terzieff avait une âme (et l'a toujours), mais il était croyant - et il y a peu de risques qu'il ait changé d'avis. Plus précisément, un type comme lui était incapable de croire durablement au néant. Dans ses notes de lecture, on retrouve cette phrase violente de Simone Weil, qui résume à elle seule La Pesanteur et la Grâce (4) : "Tous les mouvements de l'âme sont régis par des lois analogues à celles de la pesanteur matérielle (5). La grâce seule fait exception."
Au point où on en est, filons donc jusqu'au bout la métaphore : ce bouquin lui aussi est une communion. L'effacement de Marie-Noëlle Tranchant devant son sujet prolonge la modestie de Terzieff face aux auteurs qu'il servait. Quand on comprend quelqu’un et qu’on l’aime, quoi de plus beau que de s’en faire l’interprète ?

(1) Collège d’origine catholique
(2) Qui sont aussi souvent les miennes
(3) Laurent Terzieff, Seul avec tous, Presses de la Renaissance
(4) Pour ceux qui ne l’auraient pas relu cette année
(5) "Même l’amour ?", diront les Première Année. Surtout l’amour  ! (cf. Caritas in Veritate)

 

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

Top Desktop version