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AMAR Pierre

AMAR Pierre

Né le 10 septembre 1973






Curé de la paroisse de Limay-Vexin - Diocèse de Versailles

Licencié en droit et en théologie
Chargé de communication d'une communauté religieuse, puis aumônier militaire
 

Auteur de spectacles pour les familles :
www.santosubito.fr
www.princedudesert.fr

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Europe : Dieu ou le chaos

Publié dans Au delà
Europe : Dieu ou le chaos
 
L’anniversaire des 75 ans du "Jour J" donne lieu à de grandes cérémonies, des reportages émouvants et des prises de parole solennelles. C’est l’occasion pour Padreblog de redonner la parole à un illustre visiteur, venu en 2004 en Normandie afin de représenter le Saint-Siège aux cérémonies du soixantième anniversaire du débarquement des alliés. Au cours de ce voyage, le cardinal Joseph Ratzinger délivrait en effet quatre textes puissants qui sont à la fois un apport significatif au devoir de mémoire et une puissante réflexion sur la paix.
Quelques mois après son voyage en France, le cardinal devenait pape sous le nom de Benoît XVI. Il n’avait échappé à personne qu’au moment où il visitait les plages normandes comme représentant du Vatican, il n’en était pas moins resté citoyen allemand. Son pays avait participé aux deux conflits mondiaux du 20ème siècle et lui-même avait été enrôlé de force par le régime nazi. Sa parole et sa pensée nous permettent de mieux comprendre comment la paix peut être désirée et réclamée par ceux-là mêmes qui ont contribué à la mettre en péril.
 
A la recherche de la paix
A partir d’une réflexion sur le concept de guerre juste (l’opération "Overlord" des alliés étant selon l’orateur un bon exemple de ce concept), le conférencier développe sa pensée sur ce qui selon lui peut mettre la paix en péril et ce qui peut aider à la construire. Il contient une accusation forte et sans ambiguïté : "Un criminel et ses compagnons de parti parvinrent à prendre le pouvoir en Allemagne". Or, le pouvoir d’Adolf Hitler – nom que Ratzinger ne cite jamais – était légal. Mais il utilisait le droit comme un instrument au service de buts criminels ; il fallait donc l’arrêter. Il y avait bien légalité mais aussi injustice. Or, la paix et le droit, la paix et la justice sont intimement liés. "Quand le droit est détruit, quand l’injustice prend le pouvoir, c’est toujours la paix qui est menacée et déjà, pour une part, brisée. La préoccupation pour la paix est en ce sens avant tout la préoccupation pour une forme du droit qui garantit la justice à l’individu et à la communauté dans son ensemble".
Après cette guerre, la paix a été possible car les vainqueurs n’ont pas souhaité de vengeance ou de punition. La plupart des politiciens de l’après-guerre (Churchill, Adenauer, Schuman, De Gasperri) avaient en effet une culture chrétienne qui leur suggérait une conception morale du droit, de la paix et de la réconciliation.
Mais l’Europe s’est également trouvé divisée en deux par le rideau de fer, division qui a affecté le monde entier. Là aussi, un parti a asservi, menti et aboli toute confiance mutuelle.
Puis, d’autres conflits ont éclaté, nous interrogeant sur notre devoir de rechercher la paix selon deux clés de lecture :
– une société peut se désagréger "du dedans" lorsque la capacité de vivre ensemble dans des communautés différentes est menacée. La force de cohésion du droit est affaiblie. Ce sont les exemples du Liberia, du Rwanda, de la Somalie ou de la Yougoslavie.
– une société peut se désagréger "du dehors" en étant victime du terrorisme, fléau qui frappe sans distinction.
"Que devons-nous faire, que pouvons-nous faire ?" s’interroge le cardinal. Face au terrorisme, une force proportionnée est exigée. Le pacifisme reviendrait à baisser les bras et consentir que l’illégalité prenne le pouvoir. La force du pardon est aussi essentielle : lui seul est capable de mettre un terme au cercle vicieux de la violence et à la logique du "œil pour œil". Notons que le futur pape Benoît XVI ne fait pas l’impasse sur l’affrontement entre les grandes démocraties et le terrorisme d’origine islamique, un face-à-face Occident/Islam. Selon lui, "sans la paix entre foi et raison, la paix est impossible (…) car les sources de la morale et du droit se tarissent". Quant à la raison détachée de Dieu (comme par exemple dans le cas du nazisme ou du communisme), elle permet l’avènement d’une force qui vise à faire de l’homme quelque chose et non plus quelqu’un, un objet et non une personne. La dignité humaine disparaît. Il n’y a plus de raison commune, de bien ou de mal. C’est Dieu ou le chaos.
Le devoir des chrétiens est donc "de faire en sorte que la raison agisse pleinement, non seulement dans le domaine de la technologie et du progrès matériel du monde, mais aussi et surtout pour que, selon ses moyens elle cherche la vérité, et reconnaisse ce qui est bien". En n’omettant pas de dire que Dieu lui-même est la source de toute vérité et qu’il est aussi amour. La conférence se termine par une réflexion sur la vraie laïcité. Le royaume de Dieu n’est pas un royaume terrestre mais on ne peut oublier Dieu. Ou alors, on ne pourra résister aux idéologies.
[Conférence dans la cathédrale de Caen, 5 juin 2004 ;
texte intégral ici].
 
(…)
 
La grâce de la réconciliation
Il s’agit du texte le plus émouvant. Le cardinal prend en effet la parole au cours d’une cérémonie qui a lieu au cimetière militaire de la Cambe. 21 222 soldats allemands y sont enterrés, tombés lors des combats de juin à août 1944 au cours de la bataille de Normandie. Le propos est d’une richesse et d’un intérêt indéniable : il s’agit de tombes allemandes, le peuple des envahisseurs et des vaincus. Que dire de ces hommes qui ont loyalement servi un régime sans justice et une idéologie meurtrière ? Que peut dire d’eux, soixante ans après, un autre Allemand, cardinal de la Sainte Eglise ?
Le cardinal Ratzinger commence par faire parler les morts : "Et vous… ? ". Le procédé est original et donne une réelle gravité au texte.
En évoquant l’Europe unie, au lendemain du plan Marshall, l’orateur peut alors parler "du processus de réconciliation réciproque et de solidarité qui a mûri peu à peu". Le thème reprend de façon plus succincte les propos de la conférence donnée à Caen le matin même. L’objectif du cardinal est de montrer que ce sont des idéaux chrétiens qui ont animé les "pères fondateurs" de l’Europe et que la paix durable qui a suivi le conflit mondial de 1939-1945 est due à cette référence évangélique. "Pour ces hommes, il était évident que les Dix Commandements constituent le point de référence fondamentale pour la justice, valable à toutes les époques". La conclusion est claire : "Le monde peut être humain à une seule condition : laisser Dieu entrer dans notre monde".
[Discours dans le cimetière allemand de La Cambe, 5 juin 2004 ;
texte intégral ici].
 
Pour aller plus loin :
L’Europe, ses fondements aujourd’hui et demain, Cardinal Joseph Ratzinger, Saint-Maurice, 2005, Editions Saint Augustin, 144 pages.
– Discours du pape François au Parlement européen, 25 novembre 2014.
Paru sur www.padreblog.fr, 5 juin 2019

Chrétiens, ...

Publié dans Au delà
Chrétiens : s’imposer ou se taire ?
 
Qui se souvient de ces célèbres slogans de mai 68 : "Je ne veux pas perdre ma vie à la gagner" ; "Soyez réalistes, demandez l’impossible" ? Hélas… cinquante ans après, nous ne voyons pas vraiment ce qu’on nous promettait : la plage sous les pavés, son sable fin et son soleil. Notre pays semble toujours plus s’enfoncer dans la grisaille et la sinistrose. Et si les chrétiens, ceux dont les valeurs ont irrigué la culture et l’histoire de ce pays, étaient les véritables porteurs d’espérance ? Les vrais contestataires d’une société qui confond réussir sa vie et réussir dans la vie ? On les accuse d’être du vieux monde ; mais ne sont-ils pas, depuis toujours, d’authentiques révolutionnaires, porteurs d’un idéal qui les dépasse ?
Bien sûr, notre espérance et notre désir d’éclairer ce pays par notre Foi sont mises à rude épreuve. Les chiffres sont même alarmants. En termes d’effectifs, les catholiques pratiquants ne représentent plus grand chose : à peine 5 % de la population. C’est-à-dire si peu que les sondeurs et les analystes peinent à les prendre en compte tellement ils passent sous le balayage radar des statistiques. Pourtant, il y a deux mille ans, douze hommes devaient partager le même constat, en pire. Comment Pierre, Jacques, Jean, André… les douze apôtres, sont-ils parvenus, en à peine deux cents ans (une paille !) à christianiser l’intégralité du monde connu ? Par une simple mais exigeante recette : espérer contre toute espérance, fuir les idoles, être prêts au martyre.
 
Espérer contre toute espérance
Le bateau va probablement couler ? Beaucoup attendent hélas que ce soit vraiment le cas. Après tout, nous ne sommes ni capitaine ni membres d’équipage ! Attendre que tout s’effondre… Cette politique a un nom : la politique du pire. Elle a souvent un scénario terrible : la guerre civile. Et toujours les mêmes victimes : les petits et les faibles. Faite de résignation, elle consiste à être spectateurs du monde, à vivre dans une sorte d’exil qui est une fuite et une désertion. Telle ne fut pas la démarche des douze apôtres. Le monde romain était païen ? Qu’à cela ne tienne : ils ont évangélisé l’empire. L’empire s’effondre ? Leurs disciples ont évangélisé les barbares.
Ce que nous apprend ce bref rappel historique, c’est que l’évangélisation n’est jamais acquise : au fil des siècles, tout est à faire et à refaire, sans se résigner. Comme Abraham jadis, les chrétiens espèrent contre toute espérance. Ils se savent attendus par le Seigneur ici, dans ce monde et dans cette époque. En bref, "ceux qui pensent que c’est impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui essaient".
Parfois, des chrétiens se fourvoient : ils attendent encore le Messie ou croient l’avoir reconnu en (faites votre choix) Nicolas, Marion, Jean-Luc, Emmanuel, Marine, François, Alain, … la liste n’est bien sûr pas exhaustive. Mais certains pensent naïvement que ces hommes ou ces femmes sont les personnalités providentielles dont la France a besoin.
Il faut enfin avertir les adeptes du "rebondissement", ceux qui croient qu’une fois que nous aurons "touché le fond" nous rebondirons. C’est une grosse erreur : car le fond du trou n’existe pas. On peut ne jamais finir de sombrer ou de dégringoler. La déchéance est une notion sans limites
La bonne nouvelle, c’est que l’inverse est vrai : le vrai, le bien, le beau sont infinis. Mais il faut pour cela des hommes et des femmes qui s’insurgent et qui résistent. Des contestataires ou, mieux, des attestataires. Des personnes qui rappellent sereinement, avec intelligence et créativité, par leur témoignage de vie bien plus que par leurs discours, que leur message est d’une éternelle nouveauté et une source incroyable de bonheur parce qu’il répond aux aspirations les plus intimes du coeur de l’homme.
 
Fuir les idoles
Paris, 13 septembre 2008, esplanade des Invalides : Benoît XVI s’adresse à la foule, au cours de ce qui est – pour le moment – le dernier voyage d’un pape en France. Le pape allemand commente un appel que saint Paul lance aux Corinthiens : "Fuyez le culte des idoles !" (1 Co 10, 14). Et il ajoute : "Frères et sœurs, cet appel à fuir les idoles reste pertinent aujourd’hui. Le monde contemporain ne s’est-il pas créé ses propres idoles ? N’a-t-il pas imité, peut-être à son insu, les païens de l’Antiquité, en détournant l’homme de sa fin véritable, du bonheur de vivre éternellement avec Dieu ? C’est là une question que tout homme, honnête avec lui-même, ne peut que se poser. Qu’est-ce qui est important dans ma vie ? Qu’est-ce que je mets à la première place ?".
Au cœur du 7ème arrondissement de Paris, celui où le prix du mètre carré est d’en moyenne 11 000 euros, le pape continue : "L’argent, la soif de l’avoir, du pouvoir et même du savoir n’ont-ils pas détourné l’homme de sa fin véritable, de sa propre vérité ? (…) Demandons donc à Dieu de nous aider à nous purifier de toutes nos idoles, pour accéder à la vérité de notre être, pour accéder à la vérité de son être infini !".
A la suite de ces propos, ne devons-nous pas effectuer un examen de conscience : les catholiques de France n’ont-ils pas trop mis leurs espoirs dans ce monde ? Les premiers chrétiens, eux, refusaient de sacrifier aux idoles, et même de faire semblant. La nouvelle évangélisation de ce troisième millénaire ne passe-t-elle pas d’abord par un véritable sursaut culturel, politique et spirituel contre la dictature du relativisme ? Par une appropriation du temps long, par une transmission de nos valeurs, par la contestation de cette triste horizontalité qui ne comble pas : sexe, argent, pouvoir ?
A force de courber la tête, soit à cause des persécutions soit à cause de nos propres péchés, nous sommes peut-être aussi devenus craintifs. Peut-être avons-nous à recevoir du témoignage de certaines paroisses outre-Atlantique qui ont tellement peu de complexes et de réticences. On y paie la dîme sans réserve, se donnant les moyens pour agir. On y assume aussi fièrement son identité chrétienne, en concentrant les efforts et en évitant la dispersion, on y accueille la vie avec générosité par de nombreux enfants et on en accepte les conséquences financières, on crée des écoles libres pour transmettre nos valeurs aux générations suivantes, … Dans ces communautés qui ne sont pas des ghettos, il fait bon s’y retrouver pour repartir ensuite dans le monde, toute initiative et tout charisme ne sont pas vécus comme un problème à gérer mais une grâce à recevoir.
La suite sur : https://www.padreblog.fr

Addendum : quelques lectures pour aller plus loin !
Martin Steffens, Rien que l’amour, repères pour le martyr qui vient, Salvator, 2016
Georges Bernanos, La liberté pour quoi faire ? Folio, 2017
Fabrice Hadjadj, L’aubaine d’être né en ce temps, Emmanuel, 2015
Abbé P-H. Grosjean, Catholiques : engageons-nous ! Artège, 2016
Adrien Candiard, Veilleur, où en est la nuit ? Le Cerf, 2016
Georges Bernanos, La France contre les robots, Le castor Astral, 2017
Charles Péguy, Notre jeunesse, FB éditions, 2015
Jean-Luc Marion, Brève apologie pour un moment catholique, Grasset, 2017
Alexandre Soljénitsyne, Le déclin du courage, Les belles lettres, 2014

Paru sur www.padreblog.fr, 26 janvier 2019

Vrais martyrs et barbares

Publié dans Au delà
Faux dilemme, vrais martyrs et authentiques barbares
 
La shahâda, vous connaissez ? C’est la profession de foi musulmane, l’un des piliers de l’Islam. Elle tient en quelques mots : "j’atteste qu’il n’y a de Dieu qu’Allah et je témoigne que Mohamed est son messager". La dire, c’est automatiquement devenir musulman. Quelques mots que des chrétiens coptes ont été récemment sommés de prononcer pendant un pèlerinage dans le Sinaï afin de garder la vie sauve, lors d’une embuscade tendue par Daesh. Pas un seul n’a cédé ; tous ont refusé et ont été abattus d’une balle dans la tête. Parmi ces nouveaux martyrs, de nombreux enfants, des familles entières, comme celle sur la photo plus bas (tous les quatre sont morts).
Sur les réseaux sociaux, les images, faites pour susciter l’effroi et la sidération, se succèdent sans discontinuer. Qui ne se souvient de celles des vingt et un coptes, tout d’orange vêtus, égorgés un à un sur une plage de Libye il y a déjà quelques années ? Qui n’a pas en mémoire les cris, les larmes et le sang provoqués par l’explosion de bombes dans deux églises du Caire, durant une messe des Rameaux ? A chaque fois, la lâcheté des barbares et le courage des victimes impressionnent.
 
La vie sauve pour un mot
Il aurait pourtant suffit de réagir comme saint Pierre au soir du Jeudi saint : "Jésus ? Je ne connais pas cet homme". Ou de proclamer la shahâda. Quelques mots, quelques secondes… qu’est-ce donc devant une vie ? Les premiers chrétiens ont connu ce terrible dilemme. "Brûlez quelques grains d’encens devant la statue de César"  leur disait-on. "Au pire, faites semblant, personne n’en saura rien. Et vous aurez la vie sauve !".
S’il suffit réellement d’un mot pour sauver la vie d’enfants, de ses propres enfants, n’est-il pas préférable de le prononcer, quitte à mentir ? Renier ses convictions les plus intimes pour la survie des siens, n’est-ce pas une forme de courage ? Ne pas le faire, n’est-ce pas, finalement, de l’obstination, du fanatisme, le même que celui qu’on reproche aux bourreaux ?
On est là au cœur même du sens du martyre : sans la foi, sans la vie éternelle, sans l’assurance de la fécondité de ce sacrifice à la suite du Christ, préférer mourir plutôt que renier est humainement incompréhensible. Seule la foi nous fait entrevoir qu’il y a un bien plus grand que cette vie sur terre, un bien éternel auquel cette vie sur terre nous prépare. Car une vie réussie n’est pas forcément une vie qui dure un peu plus longtemps, c’est une vie qui atteint le but, c’est un pèlerinage qui débouche sur la vraie terre promise, la cité céleste, la vie avec Dieu.
 
Martyrs et kamikazes
"Je ne crois qu’aux histoires dont les témoins se font égorger".Mal interprétée, cette affirmation de Pascal pourrait laisser croire que toute personne prête à donner sa vie pour une cause mérite du respect. Il fallait oser… mais France Info  l’a fait : tenter ce rapprochement invraisemblable entre les martyrs et les kamikazes islamistes. A propos du film Silence de Martin Scorsese, on peut en effet lire sous la plume d’un journaliste (voir le lien
ici) : "Les kamikazes islamistes d’aujourd’hui ressemblent fort, dans leur objectif, aux "bombes humaines" jésuites du XVIIème siècle, leur dénominateur commun étant la mort pour propager leur croyance".
Plus c’est gros, plus ça passe… Et c’est juste oublier qu’un kamikaze prend la vie des autres alors que le martyr offre la sienne. Le premier inflige une violence, le second la subit. L’un n’a qu’un objectif : tuer. L’autre est confronté à un choix ultime : mourir avec le Christ ou vivre sans lui. En somme, les kamikazes sont les instruments volontaires d’un totalitarisme inhumain. Les martyrs, eux, sont des victimes innocentes qui affirment leur suprême liberté : celle de croire.
Il faut affirmer avec force que, pour un chrétien, l’amour de la vérité ne consiste jamais à imposer celle-ci en faisant couler le sang des autres mais à donner sa vie, la sacrifier pour le Christ plutôt que de laisser violenter sa conscience. C’est ce que veut affirmer l’Eglise en revendiquant – toujours et partout – la liberté religieuse, c’est-à-dire le droit de changer de religion, librement et sans violence.
 
Que faire ?
Nous avons tenté de répondre à cette question
dans une vidéo
, au lendemain des attentats du Sinaï. Trois choses semblent essentielles.
D’abord, ne pas se taire. Parce qu’on s’habitue à tout, surtout au mal. Nous taire consisterait à tuer ces gens une seconde fois et d’être, d’une certaine façon, complices du sort terrible qu’ils subissent.
Les soutenir ensuite, durablement, par notre prière et nos dons. Des oeuvres existent, certaines depuis longtemps comme l’AED (Aide à l’Eglise en détresse). Nous ne pouvons pas en rester à un hashtag #jesuiscopte ou un simple "like" sur Facebook !
Rester fidèles, enfin. Car le martyre de nos frères d’Egypte, de Syrie, d’Irak, celui du père Hamel – à cent cinquante kilomètres de Paris – nous engage. Il doit réveiller nos âmes. Nous devons cela à tous ces témoins ! On ne peut pas non plus juger ceux qui auraient renié. Ils ont souvent existé dans l’histoire du christianisme. Et l’Eglise a bien sûr accordé son pardon à ceux qui avaient flanché devant la peur de la mort ou de la souffrance. Saint Pierre, en l’occurrence, en est le bon exemple !
Aurions-nous été fidèles à leur place ? Personne ne peut en être certain. Comment le savoir d’ailleurs… tout en l’espérant, avec la grâce de Dieu ! Mais nous pouvons déjà être fidèles maintenant dans ce que Dieu attend de nous, chacun dans ce que nous avons à vivre de plus ordinaire, parfois de plus répétitif. Une fidélité dans les petites choses d’aujourd’hui afin d’être fidèle, demain, dans les grandes. C’est ainsi qu’on apprend à être prêt.

Paru sur www.padreblog.fr, 7 juin 2017

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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