Magistro Beta

Switch to desktop Register Login

ASSAF Antoine

ASSAF Antoine

Né le



Ecrivain philosophe franco-libanais
     

Docteur ès Lettres de la Sorbonne

Professeur invité aux États-Unis, Pologne, Ukraine, Russie, Hongrie, Liban, Amérique Latine.    
Conférencier à l'Ecole Navale et l'Ecole de Guerre et à l'Université de Paris-Est
Conseiller Politique en France et au Liban

Ancien auditeur de l'Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (IHEDN)
Musicien organiste (à Notre Dame d'Auteuil 1980-1995) ancien membre tenor de l'Ensemble Bach de Paris.Dir. J.W.Websky.
Capitaine de Frégate de Réserve.

Collabore à plusieurs journaux français (le Figaro, La Revue des Deux Mondes) et internationaux ( Al Nahar)

Ouvrages
L’Etre et la Totalité (P.U.L.1986) - Terre Blanche,ou journal d’un otage du Liban (Fayard 2000) - Vie et Œuvre de Pierre Boutang .(Dossier H ed. Age d’Homme 2002) - L’Islam et le XXIe Siècle (ed. Renaissance Catholique 2004) - Le Mythe d’Europe entre Orient et Occident.(ed. Age d’Homme 2006) - Lettres à L’Amiral ou le Martyre des justes (ed. Age d’Homme 2008) - Le Roman du Guerrier (éd. Du Rocher) - Habemus Papas ( le Centurion) - L'Islam Radical (Editions Eyrolles) -

URL du site internet:

La France entre ...

Publié dans En France
La France entre la Russie de Poutine et l'Amérique de Trump
                  
Il fut un temps où la France impériale osait les alliances fortes et ouvertes avec les Tsars de Russie et ne craignait ni les jugements des nations européennes ni les cris des grandes puissances, car elle était la grande puissance que personne ne pouvait contester sauf quand cela dérangeait les intérêts de l'empire britannique.
C'est ainsi que lors de la guerre de Crimée en 1854 la France de Napoléon III a préféré se rapprocher du Royaume-Uni après des siècles de conflits, au lieu de s'allier avec l'armée du Tsar pour en finir avec "la Turquie, l'homme malade de l'Europe", selon la juste expression de Nicolas Ier adressée à l'ambassadeur d'Angleterre. Certes l'empereur des Français après le traité de Paris du 30 mars 1856 marque une victoire personnelle quatre ans après son accession au pouvoir.
La France impériale renforce son influence en orient sans pour autant résoudre l'épineuse "Question d'Orient" que le Tsar dans sa sagacité voulait conclure en obligeant les turcs à respecter les minorités chrétiennes sur son territoire et à leur donner la liberté et la sécurité nécessaire qui leur permettent d’échapper définitivement à la soumission lourde et humiliante de l'empire agonisant mais toujours aussi cruel.
Il a fallu attendre que les chrétiens d'Orient fussent massacrés en Syrie et au Liban pour que l'alliance entre la France de Napoléon III et la Sainte Russie soit ravivée avec "l'Expédition française" pour sauver ceux qui sont les gardiens naturels et victimaires de ce qui reste de libre de la Terres Sainte elle-même. Le tsar et l'empereur ont su alors imposer au Sultan des gouverneurs chrétiens pour un Liban chrétien et un Mont-Liban qui a commencé ainsi à réaliser un début d'autonomie et une sagesse de coexistence avec la communauté islamique qui l'entourait et cherchait à acquérir plus de puissance sous la longue occupation ottomane.
 
Aujourd'hui la France, en condamnant sévèrement l'engagement total et militaire de la Russie dans la guerre syrienne, passe à côté d'une alliance qui pourrait redorer sa présence dans cette région dont elle a tracé les frontières au début du XXème siècle avec les signatures des accords de Sykes-Picot. Car cette alliance lui permettra avant tout de ne pas être dupe d'un appui inutile qu'elle cherche à donner à son allié américain; car la grande puissance des États-Unis cherche toujours à sauvegarder une alliance objective avec les russes tout en condamnant les dommages collatéraux de la guerre syrienne ; Elle le cherchera encore plus et d'une façon plus directe et ouverte avec l'arrivée de Donald Trump au pouvoir.
Une alliance qui la ramènera à l'axe stratégique le plus profond et qui a été à la racine de la vieille "question d'orient", et qui se résume tout simplement dans la protection qu'il faut assurer aux minorités opprimées et aux chrétiens d'orient qui représente, dans cette région du monde plongée dans d'atroces épreuves, le savoir la culture et une possibilité d'une société où la foi et la raison peuvent cohabiter pour rendre la pratique de la religion humble, humaine et pacifique à la fois entre tous ceux qui croient en un Dieu unique. 
 
La France de nos jours n'est plus un empire et n'a plus d'empereur non plus , mais elle aurait pu au moins sauver la face par l'intelligence diplomatique et ne pas s'aventurer à mettre des conditions outrageantes à celui qui se présente comme le président de la Russie et qui au fond en est son tsar caché et non déclaré. Il l'est par la manière dont il impose le rôle presque éternel de la Russie sur la scène mondiale ; il l'est par la manière dont il félicite le président élu des Etats-Unis en l'appelant à aller jusqu'au bout du dialogue ouvert et sincère avec la Russie qu'il a annoncé lors de sa campagne électorale pour trouver une solution claire à un conflit qui a généré tant de faux printemps et de faux espoirs dans le monde.
Enfin il a osé trouver le temps libre -bien qu'ajourné- et nécessaire, il a l'audace aussi d'annoncer une visite dans la capitale de la "mode", du luxe, et de l'élégance, pour inaugurer une cathédrale flamboyante sous le soleil de la France !
Peu de présidents trouvent du temps libre pour de telles manifestations, archaïques pour tant d'autres, mais que voulez-vous, il y a un temps pour tout comme le dit si bien la vieille sagesse !    

... au Cardinal Schönborn

Publié dans Devant l'histoire
Lettre ouverte au Cardinal Schönborn 
 
Il fut un temps, Éminence, où l'on parlait de guerre sans trop se fatiguer pour distinguer le concept qui est inhérent à ce mal originel. L’on cherchait le point le plus radical et l'on déclarait au nom de Dieu des guerres terribles et l’on gagnait comme l’on perdait toujours sur le dos de Dieu. Ce fut le cas de tous les chefs de guerre comme Josué, Mahomet, les rois perses comme les rois de Byzance, et les grands califes de l’islam qui ne pouvaient pas imaginer être sur le champ de bataille sans que leurs épées fussent d'emblée plongées dans de l'eau bénite avant de verser le sang de son prochain.
Dans cet ordre de choses le renversement est subtil et presque diabolique, car il n'y pas de guerres saintes il n'y a que de guerres qu'on sanctifie ; Il n'y a pas de guerres justes il n'y a que de guerres qu'on justifie ; Il n'y pas de guerres légales il n'y a que des guerres qu'on légalise !
 
Quand les princes de notre église, comme vous Éminence, nous préviennent que nous perdons devant les ravages des guerres terroristes, déclarées saintes par manque de foi et par perte de nos racines chrétiennes c'est que nous sommes en train de perdre la seule guerre qui compte pour notre salut et c'est la guerre spirituelle. 
Cette guerre que le Christ lui-même a déclarée en défiant la Synagogue et l'édifice du Temple et ses marchands et en la rachetant sur la Croix glorieuse par l'acceptation d'une mort vaincue par la force de l'amour et la résurrection.
Nous pouvons certes en chrétiens assimilés à ce monde naviguer et même pactiser avec la forme de guerre qui nous adapte le plus à ce monde : celle où des "nations unies" décident de la légalité d'une force fondée sur la justice et votent pour son usage. Mais cela nous reste humain, trop humain et nous revenons toujours aux sources qui nous abreuvent, car l'eau du monde ne peut jamais nous rassasier.
Il nous faut toujours cette guerre totale et plus radicale de toutes les autres guerres, la guerre de l'esprit qui nous sauve par la parole de vérité qui sort de la seule bouche qui nous a révèle le verbe qui nous façonne et nous crée à chaque instant de notre existence 
 
Du centre historique et vibrant de Vienne vous avez célébré par la prière, les souvenirs des victoires terrestres, en alertant sur les pertes des batailles spirituelles. Comme si cette ville d'art et de génie qui a su accueillir en son sein la force de ses empereurs, les fantaisies meurtrières de ses impératrices, le délire psychanalytique sur le divan de ses Freud, et l'harmonie céleste de ses Mozart, revient aujourd'hui comme au temps du Pape Pie V pour tendre de nouveau à l'Occident le rosaire, porté par une fille de Galilée qui elle-même glorieusement et modestement a porté, en un jour toujours béni, le Fils de Dieu dans son ventre. Et voici que Vienne avec vous redevient l’écho des souffrances de l'orient et la décadence de l'occident dans une autre bataille de Lépante qui n'ose pas dire encore son nom !
Éminence vous êtes certes Prince de notre Église mais vous êtes aussi Comte de Bohême, comte de Schönborn et vous savez ce que c'est qu'un Château et ce que c'est qu'une fortification; vous savez aussi que votre noble ville Vienne fut construite avec la rançon en or pour la  libération d’un roi au "Cœur de Lion" de retour de Terre Sainte ; un roi qui au crépuscule de sa vie a compris que la seule guerre d’être menée c’est celle de la vérité dans l’histoire et que le reste est grande vanité.
 
Les princes de notre Église nous appellent et nous interpellent, mais cette fois pour mener la vraie guerre celle des profondeurs de l'esprit où l'on doit discerner pour notre salut et pour celui de l’ennemi, entre la religion d'un Dieu qui pousse ses prophètes à crucifier les autres et une religion celle d'un Dieu crucifié qui envoie son fils unique pour sauver le monde !
C'est le temps des vraies croisades Éminence, mais il y a un temps pour tout, comme le dit si bien la vieille sagesse !                           
 
 

Vrais et faux martyrs

Publié dans Au delà
Vrais et faux martyrs
 
Il fut un temps où l'on parlait de martyre que pour les grandes causes claires glorieuses et justes, et cela sous le soleil de Dieu. Aujourd'hui tout le monde parle de martyre même quand la cause est confuse et absente et cela bien facilement sous le regard neutre des hommes.
 
D'un sacrifice à un autre nous voyons surgir sous nos yeux différents martyrs qui nous sidèrent et nous choquent.
Il y a le martyre du soldat en mission. C'est le martyre du devoir car il prête serment pour sacrifier sa vie, pour défendre sa patrie et ses frontières et cela nous est compréhensible et même louable ; cela mérite honneur et louange, les soldats français en Afrique au Liban et dans le monde en sont les dignes témoins.
Il y a aussi le martyre des djihadistes. Des soldats au drapeau noir qui se déferlent sur les innocents et les massacrent au nom du Dieu si grand et si transcendant qu'il pousse ses guerriers à punir et à annihiler les infidèles. Devant ce "martyre" surgit l'étonnement et la question grave de celui qui se donne le droit absolu de décider du pur et de l'impur, du fidèle et de l'infidèle et érige le principe juridique et immuable d'une condamnation à mort et d'une exécution dont la législation ou la Charia reviennent aux lois tribales du désert au VIIème siècle.
  
Devant le premier des deux martyrs nous avons bâti un droit de guerre qui fait que le martyre du soldat en service relève d'une obéissance que la loi sacrée de la Défense rend légale et justifiable. Il est alors pertinent de parler de guerre juste ou de guerre légale. 
Mais le martyre des  djihadistes de Dach est une obstruction de l'idée même du sacrifice et martyre. Car c'est la haine et la vengeance qui prennent la place et préempte la justesse de la cause ; c’est la confusion des esprits conditionnés et des corps drogués des "assassins" qui poussent ses guerriers de l'ombre à cette mort totale de l'autre et de soi-même, tous les deux hais sous la loi secrète du néant qui habite et hante le cœur fragile des hommes.
Devant ces deux martyrs, le premier qui trouve une légitimité dans l'utilisation de la force qui défend l'ordre et la société des hommes et son bien commun et le second qui se réclame d'un commandement tellement absolu qu'aucun homme ne peut s'en prévaloir il fallait bien que le vrai Dieu suscitât le vrai martyre, pour que leur guerre qui porte le nom de "guerre sainte", cessât d'être la vraie guerre et que Lui Dieu en soit la cause et l'origine.
 
C'est par l'assassinat du Père Jacques Hamel que la terre de France fut ramenée au vrai sens du martyre. 
Par le sang versé après avoir consacré le pain et le vin, devenus corps et sang d'un Dieu crucifié que le vrai sacrifice s'achève pour racheter tous ceux qui prétendent au martyre avec leurs visions "voilées" du monde de notre vie fragile. 
En rejoignant le martyre de Saint Etienne et tous ceux prêtres d'orient qui sont morts innocents devant Dieu et devant les hommes, et ceci pas si loin de là où Jeanne la Pucelle fut brûlée, ce modeste prêtre d'une modeste paroisse accomplit l'acte suprême qui terrasse la violence de la guerre par la force intérieure du sacrifice aimant et son prochain ami et ennemi. Un sacrifice qui dépasse et anoblit celui du devoir du soldat et corrige, élève et lave par le sang versé le faux sacrifice du Djihadiste !
C'est pourquoi il a bien fallu que son dernier cri fût celui de pousser loin l'Esprit du Mal absolu qui divise le bourreau et la victime. Car les deux doivent être réconciliés, l'un par le sacrifice l'autre par le pardon pour que la tranquillité de l'ordre règnent enfin à l'intérieur du cœur des hommes où habite la vérité.
Par son martyre ultime, ce prêtre de France, comme ceux d'Irak de Syrie de Turquie et du Liban, révèle au monde entier et surtout aux "Vieux de la montagne" qui envoient leurs assassins pour semer la mort dans le foyer des innocents, de quelle manière paradoxale Dieu mène sa guerre dans le monde. 
Quand les djihadistes se réclament d'un Prophète qui envoie les siens pour tuer, "islamiser" le monde, les vrais martyrs sur un autel maculé du sang des innocents continuent par chanter un Dieu qui envoie son Fils mourir sur un morceau de bois et se sacrifier pour le salut de toute l'humanité.
Ce martyre méritait bien la Messe matinale d'un Pape et un jour qui sait sa béatification avec tous ceux qui sont tombés comme lui.
Car Il y a un temps pour la paix et un temps pour la guerre; et comme le dit la vielle Sagesse : il y a un temps pour tout !

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

Top Desktop version