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BELLAMY Francois-Xavier

BELLAMY Francois-Xavier

Né le 11 octobre 1985
Célibataire


Professeur de philosophie


Ecole Normale Supérieure (Ulm)
Maîtrise en éthique et en philosophie politique - Paris IV Sorbonne
Agrégé de philosophie
 
Chargé de mission pour les études au cabinet du Ministre de la Culture et de la Communication (2006-2007)
Conseiller technique au cabinet du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice (2008-2009)
 
Depuis 2008 : maire adjoint (sans étiquette) à Versailles, délégué à la Jeunesse et à l'Enseignement supérieur

Ouvrages
Les Déshérités ou l'urgence de transmettre (2014)

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Les jeunes et l'amour

Publié dans A tout un chacun
"Les jeunes rêvent à l’amour durable mais n’y croient pas"
 
Ce qui me frappe chez les jeunes Français, c’est qu’il s’agit d’une génération qui découvre la vie affective à travers la notion d’expérience. Pour aborder le sujet de l’amour, ils pensent qu’il faut faire son expérience. Ou mieux : des expériences. Physiques, si possible. Pour mes élèves, qui ont en moyenne 17-18 ans, si, à cet âge-là, ils n’ont pas déjà eu une ou plusieurs expériences affectives ou sexuelles, c’est qu’ils ont un problème.
A quoi ce phénomène est-il dû ?
 
C’est le fruit d’une pression collective "naturelle" : pour les choses de l’amour comme pour le reste, entre 13 et 18 ans, on éprouve le besoin de se prouver des choses à soi-même et au reste du groupe auquel on appartient pour montrer qu’on existe. Parallèlement, on voit très bien l’impact de ce que Michel Foucault a appelé "le caractère prescriptif de la statistique". Les statistiques ont une valeur normative : si elles établissent que la majorité des garçons de 16 ans ont déjà fait l’amour au moins une fois, tous les garçons de 16 ans pensent qu’ils doivent avoir fait l’amour au moins une fois pour être considéré comme "normaux".
Il y a un dernier élément qui entre en ligne de compte, c’est le vide laissé par le discours éducatif. La seule réponse que le système scolaire propose aux questions des jeunes sur l’amour, c’est le pack contraception qui permet aux mineurs d’aller chez les médecins ou les pharmaciens sans passer par leurs parents ! Le message envoyé est donc le suivant : il est NORMAL pour un adolescent d’utiliser ce pack, donc de faire l’amour - et par conséquent sans doute anormal de ne pas le faire.
 
Mais la génération à laquelle appartiennent mes élèves est une génération éminemment paradoxale. Car, tout en ayant inventé les fellations tarifées dans les toilettes des collèges, elle tient un discours théorique sur l’amour d’un incroyable traditionalisme où reviennent les notions de fidélité, de règles, d’amour vrai, etc. Dans mes cours de philo sont souvent abordées les questions du bonheur, de la relation avec l’autre, et toujours ressortent l’espoir et l’envie d’aimer et d’être aimé, et ce durablement. Mais aussi la certitude que ces espoirs sont vains. Pour résumer leur état d’esprit en une formule, il me paraît que les jeunes rêvent de vivre toute leur vie avec la même personne en fondant avec elle un foyer, une famille, tout en pensant que ce n’est pas possible !
C’est d’ailleurs exactement la conclusion des travaux du philosophe et sociologue Zygmunt Bauman, auteur de L’Amour liquide et de La Vie liquide, dans lequel il décrit la société occidentale comme celle de la dissolution de tous les liens solides. Selon lui, les jeunes qui ont grandi dans la "société liquide" aspirent, une fois adultes, à instaurer des liens solides… mais doutent fortement de pouvoir y parvenir !

Paru dans Le Figaro Magazine, 12 février 2016

Du choc des incultures

Publié dans En France
Du choc des incultures
 
Que retenez-vous de l'année 2015 ?
Qu'en retiendra-t-on ? Bien sûr, cette année aura été marquée et comme encadrée par la violence terroriste. Même si le conflit dure déjà de façon souterraine depuis longtemps, 2015 restera dans l'histoire la date de cette déclaration de guerre explicitement lancée par l'islamisme à la France. Cette guerre est singulière : elle n'a pas de but tactique. Les criminels qui ont frappé, en janvier comme en novembre, n'avaient rien à négocier, et n'espéraient rien obtenir. Leur seul but était de détruire, au nom d'une sorte de loi du talion approximative. Le terrorisme contemporain n'est pas un moyen au service d'un projet positif, fût-il celui du "califat", dont on a amplement répété qu'il avait tout à perdre dans cette attaque frontale contre le monde occidental. Cette guerre, c'est vrai, le terrorisme ne peut sans doute pas la "gagner" ; mais nous pouvons beaucoup y perdre.
 
On parle de retour de l'Histoire. Celle-ci est-elle nécessairement tragique ? La barbarie peut-elle nous faire redécouvrir notre civilisation ?
Une chose est sûre : c'est en écartant notre propre culture que nous avons ouvert une brèche pour la barbarie... Le terrorisme de 2015 présente deux autres nouveautés : contrairement aux attentats de 2001 aux Etats-Unis, il ne s'agit pas d'une agression commise par des étrangers contre la France, mais par des Français contre leur propre pays. Les jeunes qui nous ont frappés avaient passé des années sur les bancs de nos classes ; bien sûr, l'école ne peut pas tout, et il serait absurde d'ignorer les difficultés sociales, le contexte religieux ou les tensions internationales ; et pourtant, c'est une certitude, rien de tout cela n'aurait conduit à un tel degré de désagrégation, si notre école avait su parler à ces jeunes, et transmettre à chacun d'entre eux l'essentiel de la culture qui fonde notre pays, leur pays. Lorsqu'un jeune français bascule dans le terrorisme, la véritable "déchéance de nationalité", en réalité, a déjà eu lieu, et c'est toujours l'échec de l'école qui la signe...
 
C'est donc la rupture avec notre histoire commune qui rend l'histoire tragique, cette pauvreté culturelle dans laquelle surgit la violence. C'est là l'autre spécificité du phénomène auquel nous avons à faire face : le terrorisme, de tous bords, a longtemps été le fait de penseurs, d'intellectuels tellement possédés par leur idée qu'ils acceptaient de tuer et de mourir en son nom. Mais le terrorisme actuel n'est pas motivé par une réflexion profonde, par une exigence intellectuelle. Nous le voyons, les jeunes qui vont vers l'Etat islamique n'y sont pas conduits par une pratique religieuse ancienne et enracinée, par une connaissance étendue de l'Islam et de ses textes : ils y sont conduits par l'effondrement de la rationalité, et par le rejet d'un monde qu'ils perçoivent comme uniformément médiocre. Perdus dans une société qui n'offre plus d'idéal ni de grandes aspirations, ils s'en détachent peu à peu par la petite délinquance, l'échec scolaire ou professionnel... Dans notre univers horizontal, le terrorisme offre à ceux qui ne peuvent rêver d'une vie réussie l'opportunité confuse de réussir au moins leur mort, en la donnant à une cause qui les dépasse. Le terrorisme est en ce sens, pour reprendre le mot d'Emmanuel Todd, l'envers de ce "vide métaphysique abyssal" dans lequel se trouve plongée notre société. Cette année aura prouvé que, pour reprendre la formule que j'employais dans Les Déshérités, nous n'avons pas affaire au choc des cultures, mais au choc des incultures.
 
Il nous appartient maintenant de montrer que l'histoire n'est pas nécessairement tragique ; elle sera sans aucun doute marquée par d'autres épreuves et d'autres souffrances, mais elle doit nous conduire à renouer avec notre héritage, avec la fécondité de la culture qui a forgé l'identité singulière de notre pays et qui seule peut redonner un sens à notre vie commune, et au combat qui s'ouvre. Nous le devons à ceux qui ont été tués cette année, afin qu'au moins leur mort ait permis de réveiller notre société, de la sortir des facilités de la déconstruction, de la ramener à ses fondations.
 
L'année s'achève justement sur un débat autour de la déchéance de nationalité...
Il me semble que par quoi nous voudrions montrer notre force est en fait une preuve nouvelle de faiblesse. Nous avons vécu des années dans le réflexe qui consistait à produire une loi après chaque fait divers ; allons-nous maintenant réviser la constitution après chaque attentat ? On sait quelle efficacité a eu cette inflation normative dictée par la tyrannie de l'actualité... Le Premier ministre admet lui-même que cette mesure ne servira à rien ; et bien des spécialistes de l'antiterrorisme la jugent potentiellement contre-productive. On prétend nous l'imposer au nom du symbole qu'elle incarne, mais elle paraît désastreuse même au plan symbolique : la constitution et la nationalité sont les invariants qui constituent l'état de droit, et qui obligent chaque français à répondre de ses actes devant la loi. Toucher, en réaction à la menace, à ce qui nous constitue comme peuple, c'est prendre le risque de fragiliser le cadre démocratique lui-même, et d'adopter la logique que poursuivent les terroristes - cette logique totalitaire qu'Arendt décrivait précisément comme "l'instabilisation du cadre politique."
 
Vous préfacez le livre Ála jeunesse, une anthologie de textes consacrés à la jeunesse qui paraît prochainement aux éditions Librio. Aujourd'hui, des jeunes partent en Syrie gonfler les rangs de l'Etat islamique. Au Bataclan, des jeunes ont tiré sur d'autres jeunes. Comment l'expliquez-vous ?
Il est toujours difficile de parler de "la jeunesse" d'une manière trop générale ; ces derniers mois auront prouvé, hélas, que la jeunesse n'échappe pas aux fractures très profondes qui traversent la société française.
Disons que, d'une façon générale, cette société peine à offrir des perspectives aux générations qui viennent, à tous points de vue. L'école est en crise profonde ; le marché du travail est une forteresse imprenable, qui protège ceux qui ont un emploi en écartant impitoyablement ceux qui n'en ont pas encore ; la dette et la crise écologique nous conduisent vers la rétractation et la prudence plutôt que vers la création et l'enthousiasme. Bref, cette société laisse peu d'espace aux rêves ! Or la jeunesse vit de rêves, et de révoltes ; mais où les exprimer ? Même le monde politique en France semble totalement verrouillé, quand l'Espagne où l'Angleterre vivent de profonds renouvellements.
 
Le désespoir politique, c'est l'incapacité d'agir. Il est encore accru par la difficulté de trouver même des raisons d'agir. Au nom de quoi faut-il s'engager ? La rhétorique des "valeurs de la République" cache mal notre difficulté à dire ce qui fonde notre société, et ce qui mérite notre don. Qui est prêt à mourir pour notre nouveau cours de morale laïque ? Pierre Nora écrivait, à propos de la réforme des programmes scolaires, qu'elle était "l'expression d'une France fatigué́e d'être elle-même, d'un pays qui ne sait pas trop où il va et ne sait donc pas dire d'où il vient." Les récentes réformes de l'éducation nationale font en effet un pas de plus dans le vide, retirant encore un peu de temps aux enseignements fondamentaux pour développer des "compétences" utilitaires plutôt qu'une culture partagée.
Cette "crise identitaire que traverse la France, l'une des plus graves de son histoire", prive bien des jeunes d'une cause pour laquelle s'engager - et c'est peut-être cette cause, cet enthousiasme du don, que monstrueusement beaucoup trouvent à travers l'État islamique. Il est désormais urgent, non pas seulement de reconstruire un pays qui fasse une place aux plus jeunes pour s'enrichir de ce qu'ils ont à lui donner, mais qui accepte aussi de leur transmettre ce au nom de quoi ils pourront eux-mêmes se donner...
 
L'année 2015 a également été marquée par le débat sur les intellectuels. Pour certains politiques et journalistes, les "néo-réacs" auraient gagné la bataille des idées…
Cette polémique, confuse et mal posée, aura été, me semble-t-il, un nouveau symptôme des difficultés du débat public en France. En fait, toute une partie du monde intellectuel et médiatique, qui voudrait exercer une sorte de monopole dogmatique, préfère guetter les dérapages plutôt que de permettre le dialogue. Plutôt que de prendre en charge courageusement et lucidement la réalité, avec toute sa complexité et les nuances qu'elle impose, nous nous arrêtons bien souvent à l'anathème caricatural. Mais cela ne signifie rien... Qu'y a-t-il de commun entre Alain Finkielkraut, Michel Onfray, Eric Zemmour ? Les désigner par une même étiquette, les condamner pour un même motif, n'apporte rien à la réflexion, mais constitue au contraire un empêchement de penser.
 
On a néanmoins le sentiment que les lignes sont en train de bouger. Dans quel sens ?
La crise a toujours été l'occasion de revenir au réel, de retrouver un peu de consistance intellectuelle ; et c'est sans doute ainsi qu'il faut recevoir la situation présente. Pendant les périodes de prospérité, il est facile de se mentir, et c'est sans doute ce que nous avons fait pendant trop longtemps. La dette accumulée, les rigidités du marché du travail, la situation catastrophique de l'école, la ségrégation urbaine qui nous a tenus éloignés, sont autant de symptômes de ce mensonge dans lequel nous nous sommes trop longtemps enfermés. Bien sûr, après tant de dénis de réalité, le choc est brutal et douloureux ; mais il doit être l'occasion salutaire de retrouver le sens de la vérité, dans le débat public, dans la vie économique, dans notre rapport à la nature comme à la culture dont nous héritons, et finalement dans l'exercice de la responsabilité politique - qui appartient aux gouvernants, mais aussi à chaque citoyen.
Le mot crise vient du grec crisis, qui signifie décision : la crise est toujours la croisée des chemins. Si nous sommes dans une période de crise, dans un moment décisif de l'histoire, souhaitons à la France, comme résolution pour l'année qui vient, cette exigence de vérité qui seule décidera de notre avenir commun.

Paru sur Figarovox, 31 décembre 2015

Une caricature d’elle-même

Publié dans Du côté des élites
"Cette classe politique a donné une caricature d’elle-même."
 
Quels enseignements tirer de la campagne de l’entre-deux tours ?
Paradoxalement, toute l’explication du vote du 1er tour de ces élections régionales se trouve dans la semaine qui a suivi. Cette campagne d’entre-deux tours aura permis de mettre en évidence tout ce qui, dans la vie politique de notre pays, pousse les électeurs vers le Front national : les manœuvres d’appareil qui priment sur les projets de fond, les invectives qui remplacent le débat, la faiblesse des analyses et des propositions, et, par-dessus tout cela, l’ombre portée des stratégies individuelles qui déterminent le "positionnement" tactique des responsables politiques, tous obsédés par l’élection présidentielle… A travers ces vieux réflexes, en donnant une caricature d’elle-même, c’est toute la classe politique qui, pour reprendre l’expression consacrée, "fait le jeu du Front National" !
 
Les grands principes (République) et les hautes périodes de notre histoire (Résistance) ont été invoqués. Etait-ce légitime ?
Evoquer les grands principes, c’est bien ; se les appliquer, c’est mieux. Quand on invoque la Résistance pour ce second tour, on assimile des millions d’électeurs français à une force d’occupation : ce n’est assurément pas très républicain… C’est aussi parfaitement dérisoire, inopérant, sans doute contre-productif. Et il me semble enfin que c’est une instrumentalisation assez triste du sacrifice de ceux qui se sont engagés dans les rangs de la Résistance : ils ont donné leur vie pour que nous puissions voter ; si nous transformons le débat démocratique en conflit haineux, nous aurons trahi leur mémoire et rendu leur mort inutile… Les politiques qui, au lieu d’arguments et de propositions, choisissent ce genre de postures, portent une lourde responsabilité dans les crispations qui divisent la société.
 
Avant dimanche la France était un pays en guerre contre l’Etat Islamique et frappée par une terrible crise économique. Depuis c’est une foire d’empoigne politicienne…
Quelle tristesse en effet de voir que, là encore, ceux qui ne cessent de parler du "rassemblement" si nécessaire creusent en même temps les pires divisions… Quand Claude Bartolone, candidat en Île de France, décrit sa concurrente comme celle qui défend "la race blanche", il transforme le scrutin démocratique en conflit ethnique, et installe les divisions, la défiance, le communautarisme, qui nourrissent le terrorisme. Comment ose-t-il ensuite parler de République ? L’unité nationale, qu’il devrait incarner comme président de l’Assemblée, est sacrifiée à des tactiques de marketing électoral… En agissant ainsi, c’est la France qu’il fragilise, c’est la société qu’il défait. Heureusement, bien des Français sont plus raisonnables, plus responsables, plus réfléchis que certains de ceux qui prétendent les représenter.
 
Selon vous les médias et les réseaux sociaux jouent-ils un rôle dans cette dégradation ?
Un élément frappant qui ressort de ces élections régionales, c’est qu’on aura bien peu parlé… des régions ! Une fois de plus, dans ce scrutin intermédiaire, l’essentiel est oublié derrière le superficiel. Sans vouloir chercher les coupables de cette situation, reconnaissons que la responsabilité est partagée : les médias jouent un très grand rôle, me semble-t-il, dans l’impuissance où nous sommes à refonder un débat démocratique digne de ce nom. En concentrant toute l’attention sur les petites phrases plutôt que sur les projets de fond, en cristallisant les conflits de personnes plutôt que les divergences de vision, une information sans cesse accélérée contribue à priver la politique de toute consistance. Parmi les responsables politiques, certains choisissent de jouer ce jeu de rôles réducteur ; mais beaucoup d’autres, il faut le dire, vivent douloureusement le fait de voir leurs propositions les plus abouties totalement ignorées, et l’univers médiatique ne retenir finalement que des polémiques artificielles. Il ne suffit pas, cependant, de déplorer cet état de fait ; après tout, les médias produisent l’information, mais ils obéissent aussi pour une part aux attentes de l’opinion. Il faut donc aussi nous interroger sur notre responsabilité personnelle… Les électeurs sont-ils encore des lecteurs ? Prenons-nous assez de temps pour nous informer en profondeur ?
 
Devant ce constat négatif, peut-on envisager des pistes pour améliorer le débat public ?
Nous n’avons pas le choix : la démocratie ne repose pas sur des institutions seulement, ni même sur le fait de voter. Après tout, il y a des élections aussi en Corée du Nord… La démocratie suppose un authentique débat public, et elle consiste tout entière dans les conditions de ce dialogue libre et pluraliste. Quand ce dialogue perd toute substance, s’use, se crispe et se tend au point de devenir impossible, c’est la nature même de notre République qui est en question.
Notre démocratie est concrètement bien plus directement menacée, d’ailleurs, par l’épuisement des citoyens que par la violence des terroristes. Dans un pays marqué par une crise multiforme – crise économique, financière, écologique, éducative…, les Français ont besoin d’une véritable alternative. Incapable de se renouveler, la classe politique traditionnelle est incapable de l’incarner ; cette alternative, le changement qu’on leur a tellement promis, beaucoup d’électeurs pensent donc le trouver en votant Front National. C’est d’ailleurs une chance que ce parti joue le jeu des institutions : il canalise encore à l’intérieur du processus électoral l’aspiration à un changement radical… Si nos dirigeants actuels ont encore assez de lucidité pour dépasser leurs stratégies personnelles, il faut qu’ils prennent conscience du besoin absolu de renouvellement, sur tous les plans, qui est la condition urgente pour refonder notre vie publique, et ranimer la démocratie.

Entretien paru dans le Figaro du 12 décembre 2015. Propos recueillis par Vincent Tremolet de Villers - www.fxbellamy.fr/blog

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