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BELLAMY Francois-Xavier

BELLAMY Francois-Xavier

Né le 11 octobre 1985
Célibataire


Professeur de philosophie


Ecole Normale Supérieure (Ulm)
Maîtrise en éthique et en philosophie politique - Paris IV Sorbonne
Agrégé de philosophie
 
Chargé de mission pour les études au cabinet du Ministre de la Culture et de la Communication (2006-2007)
Conseiller technique au cabinet du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice (2008-2009)
 
Depuis 2008 : maire adjoint (sans étiquette) à Versailles, délégué à la Jeunesse et à l'Enseignement supérieur

Ouvrages
Les Déshérités ou l'urgence de transmettre (2014)

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Les Déshérités

Publié dans A tout un chacun
A la veille de la publication des Déshérités, c’est une grande joie de pouvoir vous présenter ici cet ouvrage.

Au nom de quoi éduquer ?
La responsabilité de l’adulte envers l’enfant a-t-elle une légitimité, un sens, une valeur ? Peut-elle avoir une fécondité ?
La réponse à ces questions ne va plus de soi ; nous l’avons tellement perdue de vue que nous avons tout simplement cessé de transmettre. La crise de l’éducation, la faillite de l’enseignement, la fragilisation profonde de la famille, sont autant de symptômes d’un même vide : nous ne savons plus quoi transmettre, et pourquoi.
 
C’est pour tenter de comprendre les causes initiales de cette crise, et pour apporter une réponse aux défis qu’elle nous lance, que je me suis lancé depuis plusieurs années dans un travail de recherche, qui aboutit aujourd’hui à la parution de cet ouvrage. Il se présente comme une enquête, sur les traces d’un séisme dont les conséquences sont multiples – de la déconstruction du genre à l’utopie numérique… Cinquante ans après Les Héritiers de Bourdieu, je voudrais simplement tenter de montrer combien est nécessaire l’héritage culturel, intellectuel, spirituel que nous avons tant déserté, et combien la jeune génération, si souvent abandonnée à elle-même, a besoin d’adultes qui acceptent de lui offrir ce qu’ils ont eux-mêmes reçu de meilleur.
 
Parce que rien n’est plus urgent que de rompre avec l’ingratitude de notre temps, je voudrais que cet ouvrage soit un humble acte de reconnaissance envers tous ceux qui, parents, enseignants, éducateurs, assument la belle et difficile mission de faire grandir les enfants qui leur sont confiés.
A la veille d’une rentrée scolaire particulière, alors que l’éducation se trouve une fois de plus abandonnée aux contingences d’une crise politicienne et à la désinvolture de nos gouvernants, alors que nos écoles sont sans cesse instrumentalisées au service de l’idéologie du moment, je serai vraiment heureux si ce modeste travail permet de remettre en lumière l’effort quotidien et silencieux de tous ceux qui préparent l’avenir en offrant à la génération qui vient l’héritage qui accomplit en chaque homme sa propre humanité.

http://www.fxbellamy.fr/blog/









La France : ... depuis la mer

Publié dans A tout un chacun
Cette date du 14 juillet fait immanquablement penser au défilé parisien ; mais l’attachement à la France résonne aussi dans le monde entier, et sur toutes les mers du globe. J’ai eu le grand privilège de partager aujourd’hui ce moment particulier avec l’équipage du BPC Mistral, qui accueille depuis plusieurs mois les élèves officiers de l’Ecole Navale, embarqués pour leur dernière année de formation dans le cadre de la Mission Jeanne d’Arc. Sollicité pour assurer dans ce cadre quelques conférences de philosophie, je les ai rejoints le temps de la dernière étape de leur traversée.

Depuis la mer, à la fois loin de la France et plus proche d’elle que jamais, je n’ai qu’une intuition à faire partager.
Ce dernier billet vient conclure une année qui, comme les précédentes, et plus qu’elles sans doute, a été rythmée par les incertitudes et les désillusions. Mais je puis faire partager l’expérience vécue encore ces derniers jours ; si le moindre doute devait naître, il suffirait de quelques regards pour le lever : oui, notre pays a encore de l’avenir – encore de l’énergie en réserve, du courage, et de l’espérance.

Il suffirait de croiser le regard de ces élèves officiers, prêts maintenant pour leur premier embarquement. Malgré l’individualisme qui nous mine, il reste encore assez de générosité chez des jeunes français pour mettre leur existence au service d’un héritage à protéger, et d’une histoire à prolonger. Cette générosité, je l’ai retrouvée sur ce bateau, au milieu de l’océan, comme nous la rencontrons chaque jour chez tant de jeunes qui, par leurs études, leur orientation, leurs engagements associatifs, témoignent de cette même capacité à se rendre responsables du trésor commun qu’ils reçoivent. Comment ne pas être émerveillés de voir ces jeunes qui, dans le monde consumériste qui leur est promis, acceptent encore la possibilité de risquer leur vie pour un bien qui les dépasse ?

Malgré le pessimisme ambiant, que l’actualité quotidienne conspire à renforcer, il reste aussi assez de volonté chez leurs aînés pour parier sur l’avenir et s’investir pour le préparer. A bord du Mistral s’opère la magnifique expérience de la transmission, à laquelle chacun contribue – du commandant à l’ancien matelot. Dans les tempêtes que traverse aujourd’hui notre Défense nationale, il faut avoir le cœur solide pour vouloir encore préparer la relève… C’est ce que fait cet équipage, investi sans compter pour transmettre ses compétences aux générations qui, demain, assureront à la France sa sécurité et son indépendance. Au service de cette formation – au service du monde qui vient, une équipe d’officiers remarquables s’investit, avec une vraie passion. Que dit-elle, cette passion, sinon la certitude que notre pays a encore un avenir ?

Comme cet équipage, notre société tout entière est embarquée dans un destin commun, que le fatalisme ni la résignation n’aideront à préparer. Et comme sur ce bateau, si nous voulons que vive la France, il faut prendre notre part pour transmettre aux générations qui viennent, qui ont parfois si peu reçu, ce par quoi elles pourront sauver cet avenir commun. C’est dans cet acte silencieux de don et de reconnaissance que se joue aujourd’hui l’essentiel.
http://www.fxbellamy.fr/blog/

Une réflexion sur le 'gender'

Publié dans A tout un chacun
Pour contribuer à ma façon à la désormais célèbre "journée de la jupe", je reproduis ici un texte publié en 2011 dans les colonnes du Monde. Je répondais alors à une tribune de Caroline de Haas, qui demandait que nous "devenions indifférents à la différence des sexes".
Trois ans plus tard, ce commencement de débat est devenu un sujet national. Les mois passés lui auront finalement donné sa pleine actualité… Je reprends donc aujourd’hui ce texte, moins marqué par l’anecdote et la polémique, en espérant humblement qu’il pourra contribuer à éclairer, plus efficacement qu’une réaction de court terme, l’enjeu fondamental des questions qui se présentent à nous aujourd’hui.

"Caroline de Haas nous offre, dans une tribune parue récemment dans le Monde, une longue et laborieuse argumentation destinée à écraser définitivement les derniers "sursauts réactionnaires" – entendez par là l’opinion des malheureux catholiques qui n’ont pas la chance de penser comme elle. Le sous-titre de cet écrit – "Existe-t-il des pseudo-essences féminine ou masculine ? " – annonce parfaitement l’ouverture intellectuelle de la discussion qu’il propose. Quand une question contient autant sa propre réponse, on croirait lire un petit catéchisme totalitaire. (…)
Cette tribune est réellement intéressante pour ce qu’elle révèle d’une confusion fondamentale qui pèse largement sur ces débats de genre. Caroline de Haas veut lutter pour l’égalité de l’homme et de la femme ; combat légitime s’il en est, nécessaire, urgent même, et auquel tout être humain qui n’est pas totalement aveugle ou barbare ne peut que s’associer. Considérer que l’un des deux sexes soit supérieur à l’autre (quel qu’il soit – et combien de fois je me suis senti, en tant qu’homme, ravalé au rang d’être inférieur, primaire, violent, obsédé et dominateur, par des féministes emportées par leur sainte colère !), c’est incontestablement à la fois une erreur objective et une faute morale grave.

Mais pourquoi faudrait-il, pour être sûr de l’établir définitivement, confondre cette égalité indéniable avec une identité plus que douteuse ? Pourquoi faudrait-il, pour assurer que la femme n’est pas inférieure à l’homme, s’évertuer à démontrer qu’elle n’est pas différente de lui ? Pourquoi fragiliser un combat aussi légitime, une démonstration aussi solide, en voulant le fonder sur un raisonnement aussi absurde ? Oui, l’homme n’est pas une femme, la femme n’est pas un homme. Alors que notre société prend conscience, enfin, de la nécessité de respecter vraiment la nature telle qu’elle est, de renoncer à la modeler selon les excès de son désir de toute-puissance, pourquoi ne pas respecter notre propre nature, telle qu’elle est, sans chercher à la nier ? On condamnerait à raison une entreprise qui, pour exploiter une nappe de pétrole, chercherait à cacher l’existence des différentes espèces qu’elle mettrait en danger ; de la même façon, poursuivre le projet politique de l’homoparentalité, par exemple, n’autorise personne à nier la réalité naturelle de la différence sexuelle. Oui, l’homme et la femme sont différents ; ne soyons pas indifférents à cette dualité essentielle de notre nature, sachons au contraire l’apprivoiser, l’aimer, comme nous apprenons à respecter et à admirer la nature telle qu’elle est.

Egalité ne veut pas dire nécessairement identité; pour tomber dans cette confusion élémentaire, Caroline de Haas fragilise son beau combat, et tombe souvent à côté de la plaque. Elle veut prouver que nous avons les mêmes cerveaux, également réceptifs à la culture ambiante ; personne n’en doute… Mais nous ne sommes pas que des cerveaux ! L’être humain est un corps, doté de sa part d’animalité, d’instinct, de sensibilité ; et ce corps est sexué. Cette réalité physique ne dépend pas de notre culture. Partageant une égale rationalité, comment ne pourrions-nous pas reconnaître que l’homme et la femme sont génétiquement, organiquement, charnellement différents ? Et de même que la biodiversité est reconnue comme un patrimoine à protéger, pourquoi ne pas regarder cette différence comme un trésor à protéger et à découvrir ?
Reconnaître l’évidence biologique, et l’expérience psychologique, de la différence des sexes, n’empêche pas d’affirmer leur égalité, bien au contraire. Méfions-nous : le combat du gender pour affirmer une identité illusoire pourrait bien constituer, par une ruse de l’histoire, la victoire paradoxale de la phallocratie, et apporter une réussite encore jamais atteinte aux forces d’aliénation de la femme. Lorsque le féminisme en vient à nier l’existence de la femme, on est en droit de se demander qui y gagne dans son long et légitime combat. Lorsque Caroline de Haas exige que la femme soit considérée comme identique à l’homme, elle renonce à construire un modèle d’individualité propre, autonome, et se laisse finalement aliéner par le modèle masculin, succombant à l’ancestrale prédominance qu’elle dénonce. La liberté de la femme ne consiste pas à ne pas pouvoir être elle-même !

Le féminisme du gender partage le projet du machisme le plus inégalitaire : fermer toute possibilité de dialogue. Je n’ai rien à échanger avec celui qui m’est identique, comme avec mon inférieur. Dans l’un et l’autre cas, rien à apprendre, rien à recevoir – rien à donner non plus. Mais de l’être qui est mon égal sans être identique à moi-même, de celui-là seulement, je désire la relation, car elle est la promesse d’une découverte et d’un enrichissement mutuel. Femmes, vous nous fascinez pour ce que vous êtes ; notre différence est le difficile trésor qu’il nous appartient d’apprivoiser ensemble. Pour y parvenir, reconnaître et vivre notre égalité est une nécessité concrète ; mais proclamer notre identité serait notre commun échec.
Femmes, ne vous laissez pas aliéner, ne devenez pas des hommes comme les autres !"
http://www.fxbellamy.fr/blog/

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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