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BELLAMY Francois-Xavier

BELLAMY Francois-Xavier

Né le 11 octobre 1985
Célibataire


Professeur de philosophie


Ecole Normale Supérieure (Ulm)
Maîtrise en éthique et en philosophie politique - Paris IV Sorbonne
Agrégé de philosophie
 
Chargé de mission pour les études au cabinet du Ministre de la Culture et de la Communication (2006-2007)
Conseiller technique au cabinet du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice (2008-2009)
 
Depuis 2008 : maire adjoint (sans étiquette) à Versailles, délégué à la Jeunesse et à l'Enseignement supérieur

Ouvrages
Les Déshérités ou l'urgence de transmettre (2014)

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Tout est à reconstruire

Publié dans A tout un chacun
Tout est à reconstruire. Tout commence
 
Cette élection présidentielle laissera à des millions de Français le sentiment amer d’un rendez-vous manqué ; et cet échec est lourd de conséquences. Alors que notre pays, pourtant riche d’un potentiel exceptionnel, traverse une crise qui touche aujourd’hui toutes les dimensions de notre vie collective, il était plus nécessaire que jamais d’aboutir à un choix clair, assumé, et rendu légitime par un vrai débat de fond. C’est ce cap cohérent qui a tant manqué à la France depuis cinq ans. Pouvions-nous nous offrir le luxe d’un nouveau choix grevé d’ambiguïtés ? C’est pourtant ce qui vient d’arriver. Emmanuel Macron va emporter cette élection présidentielle en ayant essayé jusqu’à un mois avant le vote de ne pas présenter de projet, remplaçant l’exigence démocratique de clarté et de transparence par une stratégie marketing qui disait tout et son contraire à toutes les clientèles possibles : la France est coupable de crimes contre l’humanité, mais en même temps ils ont eu des aspects positifs ; M. Saou est un islamiste radical, mais en même temps c’est quelqu’un de très bien ; il faut promouvoir la culture française, mais en même temps elle n’existe pas ; il faut plus de protection sociale, mais en même temps moins de charges… A quelques jours du premier tour, dans une triste comédie, les partisans de M. Macron scandaient ce "en même temps", devenu symbole des séductions contradictoires par lesquelles ils avaient été attirés, et que notre pays va maintenant payer au prix fort par la colère et la frustration qu’elles ne manqueront pas de susciter à l’inévitable épreuve du réel.
 
A rebours de ces calculs, la droite avait vécu une expérience forte de clarification politique, à travers une primaire dont le débat avait suscité une très large participation. Elle était prête à contribuer à cette élection présidentielle en proposant un projet approfondi, explicite, courageux, et légitimé par des millions de Français. On connaît la suite : il est apparu que François Fillon n’avait pas été fidèle à l’idée qui l’avait fait sortir vainqueur de cette primaire, et il s’en est suivi un emballement médiatique qui a dépassé de très loin le devoir d’information. Dans cette affaire, la première victime n’a pas été la droite, mais la France : il aurait fallu parler d’emploi, d’éducation, de famille, de culture, d’innovation, de fiscalité, de sécurité, de défense… et nous avons finalement débattu pendant deux mois de costumes et d’assistants parlementaires. Aujourd’hui, une campagne défectueuse accouche d’un choix par défaut. Un de plus. Un de trop.
 
Maintenant, la responsabilité qui pèse sur la droite est immense : délivrée des affaires qui pesaient sur son candidat, elle doit porter avec force son projet pour les élections législatives, dont l’enjeu sera décisif. Il faut rassembler une majorité de Français autour de ce projet, face à M. Macron, afin d’éviter que se réalisent les dérives graves sur lesquelles nous n’avons cessé, à raison, de lancer l’alerte tout au long de ces derniers mois. Ne pas reprendre le flambeau, ce serait de toute évidence laisser M. Macron installer le scénario dont il rêve, celui d’un duo pour dix ans avec Marine Le Pen dans le rôle de seule opposante. C’est tout le sens du rouleau compresseur moralisant par lequel ses soutiens exigent que tout responsable public fasse séance tenante allégeance à leur candidat, au motif qu’en dépendrait un second tour qu’ils ont pourtant déjà célébré comme un succès gagné d’avance… Cette stratégie d’intimidation est un scénario bien rôdé ; mais elle constitue un grand risque pour l’avenir de notre débat politique, alors que la peur qu’on nous mime ne se fonde sur aucun élément raisonnable.
 
Car cette élection nous livre un dernier enseignement. Mme Le Pen ne gagnera pas ce second tour : jamais, même à l’issue d’un premier tour aux régionales qui lui était bien plus favorable, elle n’a suscité autour d’elle une majorité ; et ce ne sont pas les contradictions tout aussi inquiétantes de ses lieutenants, qui lançaient lundi matin un appel pathétique aux soutiens de Nuit Debout, qui pourront la réunir. Le Front National apparaît donc pour ce qu’il est : une formidable machine à empêcher le renouveau, et à maintenir en fonction les tenants de la déconstruction. Mme Le Pen avait fait élire François Hollande en 2012, et elle s’apprête à rééditer l’exploit : il aura fallu tout son poids pour réussir aujourd’hui cette incroyable prouesse, que le premier président à avoir été assez impopulaire pour ne même pas oser se représenter soit pourtant remplacé par celui qu’il voit comme son "fils", son double et son héritier.
 
La situation est donc claire : au terme d’une campagne qui n’aurait hélas pas pu lui être plus propice, il est désormais certain que le Front National ne sera jamais qu’une impasse pour les électeurs qui se tournent vers lui. Il les condamne ainsi au désespoir politique. Si nous ne voulons pas que demain toutes les colères de la France ne finissent par déborder avec violence la voie de nos institutions, il nous faut reconstruire une proposition qui puisse parler à tous ceux que les transformations du monde laissent aujourd’hui au bord du chemin. Ce n’est pas l’injonction morale qui nous sortira de ce piège, c’est le travail politique, quand il fera l’humble effort de se remettre au service de tous, et notamment des plus fragiles parmi nous. Nous devons porter le projet d’une société qui saura d’autant mieux aborder les opportunités nouvelles qu’elle aura su reconstruire les permanences qui la fondent – la famille, l’école, une culture ancrée dans la fécondité d’un héritage, un modèle politique solide qui garantit nos libertés – toutes ces stabilités que la société liquide du progressisme naïf continuera de fragiliser, au détriment des plus vulnérables.
M. Macron est le candidat de ce qui marche sans savoir où, nous devons défendre ce qui demeure et qui nous relie – parce que cela seul peut donner à la France une raison de s’engager dans l’avenir avec confiance et liberté. Si nous n’y parvenons pas, notre débat politique sera durablement paralysé, incapable d’offrir un vrai choix démocratique, et la défiance qu’il suscite ne cessera de s’aggraver. Le travail qui nous attend est immense. Tout est à reconstruire. Tout commence.

www.fxbellamy.fr/blog, paru dans Le Figaro, 27 avril 2017

Macron ou la France...

Publié dans Du côté des élites
Macron ou la France qu’on oublie
 
L’éloge exalté du multiculturalisme par Emmanuel Macron et la caution apportée par François Bayrou à ses déclarations sur la culture sont très préoccupants, explique le professeur de philosophie*.
 
Le 26 février, François Bayrou déclarait au cours d’une émission : "Il y a une culture française, et j’en suis le défenseur." Le 2 avril, devant les caméras, volte-face : "La culture française n’existe pas." Il aura suffi d’un mois, et d’un ralliement, pour ce nouveau reniement : avec de tels "défenseurs", la France a de quoi s’inquiéter… Sur le fond, un tel déni de réalité laisse incrédule. Comment M. Bayrou, agrégé de lettres, peut-il choisir d’ignorer à ce point ce qui fait la France ? Un tel propos peut bien se donner une façade savante, il est pourtant démenti par les faits, et par tous ceux qui hors de France ne peuvent même pas comprendre un tel débat. Car le monde entier sait qu’il y a une culture française ; il n’y a que nous pour le nier !
Notre pays est toujours la première destination touristique au monde, et ce n’est pas grâce à Orly et au RER B. Si 83 millions de visiteurs étrangers sont venus l’an passé en France, en dépit de nos infrastructures vieillissantes, de l’insécurité et de la menace terroriste, c’est parce que la France est pour eux d’abord un patrimoine, une architecture, des œuvres d’art, un art de vivre - bref, une culture, qui vaut qu’on traverse la planète pour venir s’émerveiller. Il n’y a que M. Macron pour dire sans plaisanter : "L’art français, je ne l’ai jamais vu." Ingratitude des héritiers qui refusent leur propre héritage…
 
Ce cas d’aveuglement volontaire ne doit pas prêter à sourire : il est le symptôme d’un déni très profond, dont les conséquences sont graves, qui se font sentir depuis plusieurs décennies déjà. Rien de nouveau en effet dans cette dépression française ; et M. Macron ne fait que rajeunir la voix qui porte le même discours démoralisant, un discours tellement vieux au fond qu’il ne voit plus d’avenir pour la France que dans son euthanasie. N’être plus qu’un hub où l’on entre et sort de façon indifférente, jusqu’à ce multiculturalisme dont le discours de Marseille a constitué une sorte d’éloge halluciné, en ne définissant plus les Français que comme une juxtaposition de communautés définies par leurs origines extérieures.
C’est au nom de ce projet que M. Macron devait dire et répéter qu’il n’y a pas de culture française. Non pas parce que c’est vrai, mais parce qu’il le faut, au nom de l’accueil de l’autre, de la diversité sans différences, de la mondialisation heureuse - bref, au nom du progrès. Rien de nouveau finalement dans cet espoir apolitique d’une disparition des nations : En marche ! est l’aboutissement de la fascination postmoderne pour l’universelle mobilité d’un monde sans frontières, et c’est tout logiquement que M. Macron nous demande nos voix pour diriger un pays dont il dit qu’il n’existe pas.
 
Mais ce déni de soi, pavé de bonnes intentions, est fondé sur un contresens tragique. Pour s’ouvrir vers l’extérieur encore faut-il avoir une intériorité ; pour accueillir encore faut-il demeurer et pour partager avec l’autre avoir quelque chose à offrir. On ne peut que mettre en danger l’unité d’une société quand on en retire ce qui peut fonder le commun. Or la culture est le seul bien qui puisse être infiniment partagé sans que personne n’en soit lésé : et c’est cet héritage commun qu’une parole politique irresponsable condamne depuis trop longtemps.
Le déni dont M. Macron se fait aujourd’hui l’avocat est déjà responsable de la crise éducative profonde que nous traversons : des millions de jeunes grandissent dans notre pays, auxquels nous n’avons pas transmis la maîtrise d’une langue, d’une histoire, d’une pensée - d’une culture par laquelle leur vie pouvait s’enraciner, devenir féconde et s’élargir aux dimensions de la cité. Comment s’intégrer à un pays dont on dit qu’il n’a pas de culture et pas d’identité ? Comment se reconnaître dans une histoire dont on affirme qu’elle n’a rien produit, sinon des crimes contre l’humanité ?
 
La culture ne peut pas diviser, au contraire : ce n’est qu’en elle que nous pourrons puiser des raisons d’aimer la France, sans chauvinisme sectaire, mais pour partager largement son aventure singulière. Pourquoi sinon être français, et pourquoi le devenir, si la France n’existe pas ? Car la France est une culture. L’un des plus grands écrivains à l’avoir épousée, Milan Kundera, l’expliquait ainsi : "L’ambiance spirituelle de toute ma jeunesse tchèque fut marquée par une francophilie passionnée." Et si cette passion résiste encore, dans le monde entier, même aux erreurs et aux fautes de notre pays dans l’histoire, c’est parce que "l’amour de la France ne résidait jamais dans une admiration des hommes d’État français, jamais dans une identification à la politique française ; il résidait exclusivement dans la passion pour la culture de la France : pour sa pensée, sa littérature et son art". Kundera avertissait déjà : une mondialisation qui nie les cultures ne pourra qu’aboutir à l’effacement de la France, "et l’indifférence à la France deviendra francophobie".
Il est malheureux que des responsables politiques français n’entendent pas aujourd’hui cet avertissement. Pour l’avenir de notre pays, et du monde auquel notre héritage peut encore apporter des sources singulières de vie et d’inventivité, la culture française n’a pas droit au suicide. Voilà éclairé, par la tentation du déni, l’enjeu de cette élection. Toute culture est fragile, nous le savons, et celle que nous avons reçue l’est plus que jamais aujourd’hui - comme l’écrivait Kundera : "Une raison de plus d’aimer la France ; sans euphorie ; d’un amour angoissé, têtu, nostalgique."
 
* Ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé de philosophie et auteur de "Les Déshérités ou l’urgence de transmettre" (Plon, 2014).

Paru dans Le Figaro, 4 avril 2017

Macron ou la "post-vérité"

Publié dans Du côté des élites
Macron ou la passion de la "post-vérité"
 
Nos démocraties occidentales traversent une crise profonde, qui est d’abord une crise de confiance dans ce qui constitue leur outil essentiel, le langage. Le relativisme omniprésent nous ayant conduit à l’ère de la "post-vérité", la parole publique ne semble plus renvoyer à rien, et dénuée de toute consistance elle perd sa signification. Et dans la campagne que nous vivons pour l’élection présidentielle, Emmanuel Macron semble assumer et incarner cette inconsistance du langage.
 
Il y a quelques jours en Algérie, il déclarait que la colonisation avait été un "crime contre l’humanité". Soit un plan concerté pour exterminer par tous les moyens les populations vivant sur les territoires colonisés… Cela n’a aucun sens. Que l’histoire de la colonisation ait été marquée par des crimes, nul ne peut en douter. Mais qu’il faille mettre le projet colonisateur sur le même plan que la Shoah, qu’on puisse assimiler Jules Ferry à Hitler ou Lyautey à Eichmann, voilà qui constitue une double et inacceptable insulte. Insulte à tous ceux qui - Juifs d’Europe, Arméniens d’Anatolie, chrétiens en URSS, Tutsis au Rwanda… - sont morts broyés par une folie destructrice qui ne poursuivait aucun autre but que leur extermination : comment mépriser ce que leur souffrance eut d’unique, au point que pour la décrire le droit a formé cette expression de crime contre l’humanité, qu’on ne devrait employer qu’avec soin quand il nous faut dire le passé ?
 
Comment mépriser en même temps, dans la facilité du regard rétrospectif, les générations de Français qui, dans la confusion des intérêts nationaux et des illusions historiques, ont pour beaucoup cru aux bienfaits de la colonisation ? Bien sûr, nous savons aujourd’hui toutes les erreurs commises, toutes les blessures causées, et la violence coupable à laquelle une telle entreprise ne pouvait manquer de conduire. Mais nous pouvons reconnaître les égarements de ceux qui nous ont précédés sans pour autant les insulter. La colonisation n’était pas un projet de destruction - en fait, le grand paradoxe, c’est qu’elle constitue plutôt l’une de ces tragédies auxquelles a conduit cette foi aveugle dans le progrès dont le même Emmanuel Macron se revendique aujourd’hui… La gauche progressiste avait largement épousé l’idéologie coloniale. Nous pouvons aujourd’hui dire les conséquences tragiques de cette erreur historique, sans insulter ceux qui y crurent. Ceux qui ont laissé leurs noms sur nos monuments aux morts n’ont pas donné leur vie dans un crime contre l’humanité, et il est révoltant de voir aujourd’hui un candidat venir cracher sur leurs tombes par opportunisme électoral.
 
Car c’est bien là le fond du problème. Lorsque la parole ne renvoie plus au réel, lorsqu’on dit tout et son contraire, quand la vérité ne compte plus, c’est que seule importe l’efficacité - en termes de calcul politique, de voix rapportées, de cibles touchées. La démocratie se dissout dans le marketing, et ainsi on détruit un peuple aussi sûrement que par la censure. C’est là la faute grave dont Emmanuel Macron est en train de se rendre coupable. Car qui ne voit la ficelle grossière dans cette surenchère mémorielle délirante ? La cible, en l’occurrence, ce sont des millions de binationaux, héritiers de cette histoire douloureuse. Mais si la cible est touchée, la victime sera la France.
Connaissant certains quartiers qui s’embrasent aujourd’hui, je mesure l’ampleur de la tragédie que la parole d’Emmanuel Macron contribue à entretenir. Des générations de jeunes Français, nés en France et qui vont y construire leur vie, sont entretenues par nos dirigeants dans la haine de leur propre pays… Qui ne voit combien sont graves ces mots absurdes, irresponsables ? "Crime contre l’humanité" : l’erreur historique est aussi une faute morale, car ces mots deviennent le ferment de la violence, de la vengeance et de la division.
 
Ce calcul est d’autant plus médiocre et dangereux que, hélas, il dure depuis trop longtemps déjà… Comme beaucoup de Français, j’avais regardé avec intérêt le renouvellement qu’Emmanuel Macron semblait apporter à notre classe politique. Quelle désillusion aujourd’hui ! Cette stratégie électorale recycle la schizophrénie des élites qui depuis quarante ans tentent de sauver leur lien avec les jeunes issus de l’immigration, à coup d’histoire biaisée et de tribunes dans Libé, en leur expliquant qu’ils sont les victimes de leur propre pays - leur interdisant ainsi de s’y reconnaître et de s’y intégrer... Ce petit calcul irresponsable est précisément ce qui nous bouche le chemin d’un avenir commun, et ce qui provoque aujourd’hui la poussée de violence qui traverse nos banlieues, dans la coupable complaisance de dirigeants installés dans l’échec du mensonge victimaire. Quand il affirme qu’il n’y a pas de culture française, quand il insulte à l’étranger le pays qu’il prétend diriger, Emmanuel Macron montre qu’il n’est que la nouvelle voix de la vieille haine de soi qui a conduit la France au bord d’une division irréversible. Mais nous refuserons de le suivre en marche forcée vers le vide.
 
Le véritable renouveau consiste à reconquérir les mots, et à leur redonner leur sens. Si Emmanuel Macron a travaillé avec Paul Ricœur pour son dernier grand ouvrage, La mémoire, l’histoire, l’oubli, il devrait se souvenir de l’avertissement qu’il y lançait : "l’histoire manipulée" est toujours dangereuse pour l’avenir, car "la projection du futur est solidaire du regard sur les temps passés." Il n’y a pas de progrès sans passion de la vérité.

Paru dans Le Figaro, 17 février 2017

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