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BICHOT Jacques

BICHOT Jacques

Né le 5 septembre 1943
Marié – 4 enfants


Economiste
Professeur émérite à l'Université Lyon 3


Doctorat en mathématiques
Doctorat d’Etat en sciences économiques
 
Carrière universitaire en mathématiques puis en économie
Professeur émérite à l’université Jean Moulin (Lyon 3)
 
Membre du Conseil Economique et Social (1984-1999)
Responsabilités dans le mouvement familial (1980-2001)
 
Ouvrages (sélection)
Huit siècles de monétarisation (1984)
Économie de la protection sociale (1992)
Quelles retraites en l’an 2000 (1993)
La monnaie et les systèmes financiers (1997)
Retraites en péril (1999)
Les autoroutes du mal( avec Denis Lensel)(2001)
Quand les autruches prendront leur retraite (avec Alain Madelin) (2003)
Atout famille (avec Denis Lensel) (2007)
Urgence retraites, petit traité de réanimation (2008)
Retraites : le dictionnaire de la réforme (2010)
Les enjeux de 2012 ; abécédaire de la réforme (2012)
La mort de l’Etat providence ; vive les assurances sociales 2013)
Le Labyrinthe, compliquer pour régner (2015)

Distinctions
Chevalier de la légion d’honneur
Chevalier des palmes académiques

URL du site internet:

Libra

Publié dans A tout un chacun
Libra ne semble pas devoir être une pyramide de Ponzi
 
J’ai examiné la question posée par le projet Libra dans un article publié par Economie matin le 18 juin 2019 (Libra : questions impertinentes). Jean Peyrelevade, qui fut dix ans président du Crédit Lyonnais, vient de publier, dans Les Echos du 9 octobre, un article intitulé Libra ou la nouvelle pyramide de Ponzi. L’homme d’affaires est beaucoup plus sévère et péremptoire que l’économiste : pour lui, "John Law est en train de réapparaître. Son incarnation contemporaine s’appelle Marck Zuckerberg et la monnaie qu’il envisage de créer, le libra". Le fondateur de Facebook s’engagerait donc sur la voie des constructeurs de châteaux de cartes comme, pour remonter moins loin dans le passé, le financier américain Bernard Madoff.
Mes réticences à l’égard du Libra tiennent largement au fait que Facebook, à l’instar de tous les GAFA, se sert des données de ses utilisateurs comme d’une matière première permettant de réaliser des opérations juteuses, particulièrement de type publicitaire. Cela est devrait être interdit car il en résultera une nouvelle extension de la menace sur les libertés individuelles qu’est l’accumulation de données sur tout un chacun par un organisme tentaculaire. En revanche, abstraction faite de cette augmentation d’un mal qui gangrène hélas déjà très largement notre civilisation, si le projet se conforme à ce qui a été annoncé, les émissions de Libra n’auront lieu qu’en échange de monnaies ayant pignon sur rue, telles que le dollar, l’euro ou le renminbi. Si la banque de Zuckerberg se sert de ces dépôts pour réaliser des placements judicieux, sans promettre comme Ponzi et Madoff des rendements miraculeux, ce sera une institution bancaire assez classique, susceptible évidemment de faire de mauvaises affaires (l’ancien patron du Lyonnais est bien placé pour savoir que ce sont des choses qui arrivent), mais sans que l’on puisse a priori considérer que le pire, la faillite et la ruine des déposants, soit l’issue la plus probable.
Pour étayer sa prédiction pessimiste, Peyrelevade explique que les dépôts vont être utilisés "pour procéder à des placements rémunérateurs, c’est-à-dire plus risqués et surtout moins liquides que des monnaies à vue". Bien évidemment, puisque c’est ce que font depuis des lustres quasiment toutes les banques, y compris le Crédit Lyonnais. Henri Germain, son fondateur, puis ses dirigeants successifs, dont Peyrelevade, ont pratiqué cette "transformation" de dettes à vue en créances à terme : c’est le cœur, le principe de l’activité bancaire.
Bien entendu, il existe un risque, et on doit se poser la question de savoir si l’organisme émetteur du Libra adhérera à une institution telle que le fonds de garantie des dépôts qui, en France, protège les petits déposants. Et je partage avec Jean Peyrelevade un souci concernant la soumission de la banque Facebook à une régulation analogue à celle à laquelle les banques centrales "sérieuses" soumettent les banques dites "de second rang" sur la conduite desquelles elles ont mission de veiller. Là se situe le point crucial : il faut que la banque Facebook ait un statut ordinaire de banque de second rang, dut l’ego de son fondateur en être quelque peu affecté.

Envoyé par l'auteur, 10 octobre 2019

Retraite et pénibilité

Publié dans A tout un chacun
Retraite et pénibilité
 
Le docteur Gérard Maudrux, président de la CARMF, la Caisse de retraite des médecins français, vient de poser dans Contrepoints une excellente question : la pénibilité du travail doit-elle être rémunérée par l’intermédiaire de nos retraites par répartition ? Il répond négativement et pose également la question pour les risques encourus en exerçant certaines professions. Cela amène à s’intéresser au rôle de la capitalisation, mieux adaptée que la répartition pour la résolution de certains problèmes.
 
Quand il s’agit de retraites, le législateur, l’autorité réglementaire et les partenaires sociaux disent et font n’importe quoi.
Si un travail est "usant", il est normal que celui qui l’effectue reçoive des compensations. Toute la question est de savoir quelles formes doivent prendre lesdites compensations. La formule la plus simple est évidemment une majoration de la rémunération : chaque mois, le travail pénible donne lieu à une compensation immédiate, et donc à une "charge" inscrite au titre de ce mois dans le compte d’exploitation de l’entreprise ou de tout autre organisme employeur.
Cette façon de faire soulève néanmoins un problème, celui que Jean de la Fontaine expose joliment dans La cigale et la fourmi : "La cigale se trouva fort dépourvue quand l’hiver fut venu". Le travail pénible ou dangereux, bien rémunéré, peut avoir comme contrepartie un niveau de vie élevé durant la vie active, mais si celle-ci s’arrête plus tôt la pension est modeste car il n’est pas possible de gagner sur tous les tableaux à la fois. Il faudrait que le travailleur prenne lui-même l’initiative de consacrer une partie de sa forte rémunération à se préparer un complément de retraite en cotisant à un fonds de pension. La capitalisation est, à l’évidence, un complément indispensable pour les personnes qu’un travail pénible conduira probablement à prendre leur retraite à un âge précoce.
 
Reste à savoir si le législateur doit prendre des dispositions allant dans ce sens. Les ultra-libéraux diront que c’est à chacun de se débrouiller, de prendre ses responsabilités. Mais, quand on a trente ans, on n’est pas forcément conscient de la nécessité d’épargner en vue de ses vieux jours ; c’est ce qui a conduit autorités et partenaires sociaux à rendre l’assurance vieillesse obligatoire. La même logique peut justifier que le travail pénible obtienne comme rémunération spécifique, en sus du salaire, des bonus destinés à fournir une retraite par capitalisation durant la période séparant la sortie de la vie active de la perception de la pension issue de la répartition.
Au lieu de cela, les règles en vigueur et celles auxquelles songent nos dirigeants en préparant une réforme des retraites s’inspirent de l’adage : "je promets, à mes successeurs de tenir mes promesses". En effet, la pénibilité du travail fait rarement l’objet d’une rémunération spécifique, coût immédiat pour l’employeur ; à cette prise en compte immédiate du coût de la dangerosité et de la pénibilité, les démagogues qui tiennent le haut du pavé préfèrent des lois, règlements et conventions collectives qui repoussent la dépense à plus tard. Les droits sont accordés séance tenante, au fur et à mesure de l’exercice de l’activité professionnelle, mais le soin de prélever ce qui sera nécessaire est laissé aux successeurs.
Distribuer ainsi des droits pour l’avenir sans se préoccuper de prélever de quoi investir pour garantir que ces droits ne seront ni des chiffons de papier, ni des charges indues pour les futurs contribuables et cotisants, est hélas le comportement habituel de nos édiles. Certains de nos dirigeants et de nos "partenaires sociaux" se rendent compte que ce qu’ils font est contraire à la logique économique et à la justice, mais ils s’en fichent dès lors que leurs mandants, eux, ne s’aperçoivent pas qu’on leur fait avaler des couleuvres. D’autres, probablement majoritaires, n’ont pas la moindre idée de la réalité, à savoir que le seul moyen de préparer des revenus futurs consiste à investir une partie des revenus présents. 
 
Comment reporter du revenu d’aujourd’hui vers le futur en s’adaptant aux cas particuliers ?
Une des raisons pour lesquelles beaucoup d’hommes politiques nous font des promesses inconsidérées, souvent en réponse aux objurgations de syndicalistes – y compris patronaux – est l’absence de connaissances économiques basiques. Cette ignorance est particulièrement forte et dommageable en ce qui concerne le fonctionnement réel des systèmes de retraite.
Il n’est, en réalité, de retraites que par capitalisation, parce que la seule façon que nous ayons de reporter du revenu d’aujourd’hui vers le futur est l’investissement. Les retraites dites "par répartition" ne font pas exception à cette règle fondamentale : les 42 régimes qui fonctionnent actuellement "par répartition" dans notre pays, et le régime unique qui finira peut-être par les remplacer, ne peuvent remplir leur fonction qu’en raison de l’investissement réalisé année après année dans le capital humain.
Memento mori, "souviens-toi que tu mourras", disait-on aux généraux romains revenant à Rome sous les acclamations de la foule après avoir conquis un nouveau territoire. Peut-être serait-il bon de dire pareillement à chaque élu votant ou promulguant une loi retraite "souviens-toi que "sans enfants pas de retraites". Sans enfant et sans tout l’investissement, notamment en formation, que constitue le passage d’un ovule fécondé à un être humain capable d’occuper une fonction productive. Les cotisations vieillesse, et une part importante des cotisations maladie, constituent le dividende réclamé par la République à ceux et à celles dans lesquels ont investi les générations précédentes. Opposer la répartition et la capitalisation est une absurdité, une désinformation dramatique : la répartition est tout simplement la retraite qui mise sur la formation du capital humain.
 
Reste à effectuer une division du travail intelligente entre ces deux formes de retraite qui misent chacune sur une forme de capital : l’outil de travail pour l’une, le travailleur pour l’autre. La complémentarité des deux est évidente. La répartition convient à un régime unique couvrant l’ensemble des citoyens ; la capitalisation est particulièrement adaptée au traitement de situations spécifiques, comme la dangerosité ou la pénibilité, parce qu’elle peut recourir à une floppée de fonds de pension ayant chacun ses spécificités, fonds parmi lesquels chacun peut trouver chaussure à son pied.

Envoyé par l'auteur, 2 octobre 2019

Pour en finir avec la loi ...

Publié dans A tout un chacun
Pour en finir avec la loi "baguette magique" : le cas des retraites
 
Le Figaro du 2 septembre publie un article de Libres Echanges, la rubrique de Jean-Pierre Robin, dans lequel il écrit ceci : notre système de retraites est fondamentalement "contributif", et il le restera même si les modalités sont amenées à changer : la pension de chacun, 242,8 milliards d’euros au total en 2016, dépend de ses cotisations. Ce faisant, ce journaliste exprime une opinion extrêmement répandue : ce serait parce que nous cotisons au profit des retraités actuels que nous pouvons compter sur une pension quand nous serons devenus âgés. Or cette idée, pour légalement exacte qu’elle soit, est scientifiquement erronée, tout comme l’était la conviction de nos lointains ancêtres selon laquelle le soleil tournerait autour de la terre.
 
La législation actuelle des retraites est analogue à la représentation de l’univers qui semblait aller de soi avant les travaux de Copernic puis Galilée.
Les astronomes et géographes antérieurs à Copernic et Galilée parvenaient à faire bon nombre de prévisions exactes à l’aide de ce modèle géocentrique erroné. Ils parvenaient par exemple à déterminer par avance la date des éclipses et celle des grandes marées et leur cartographie stellaire permettait aux marins au long cours de se diriger. En revanche, la NASA n’aurait jamais pu faire marcher un homme sur la lune, et les différentes agences spatiales ne réussiraient pas à envoyer des fusées en orbite autour de planètes lointaines, si le modèle galiléen n’avait pas remplacé celui qui plaçait la terre au centre de l’univers. Les réalisations concrètes résultent des avancées de nos connaissances théoriques. La science progresse en bouleversant les modèles, les représentations que nous avons de la façon dont fonctionne ceci ou cela, depuis l’infiniment petit jusqu’à l’infiniment grand.
Les sciences économiques, et plus généralement les sciences humaines, ne dérogent pas à cette règle. Elles construisent des modèles du fonctionnement des sociétés humaines, et notamment de la formation des revenus, qui sont dans un premier temps comme le système géocentrique de Ptolémée au deuxième siècle de notre ère : utiles pour démarrer une aventure cognitive, mais inexactes, induisant des actions inadéquates, elles sont destinées de ce fait à être remplacées un jour par des conceptions rendant mieux compte des réalités.
 
Les coutumes cognitives, et notamment celles que les religions rendaient sacrées, ont souvent freiné le développement des sciences. Le remplacement du géocentrisme par une première théorie de la gravitation universelle a bouleversé la vision du monde utilisée par diverses religions, dont la religion chrétienne. La découverte des micro-organismes par Louis Pasteur, au XIXe siècle, a bouleversé la médecine, la chirurgie … et bien des pratiques : dès que l’on eut compris les principes de la contagion, microbienne puis virale, des principes d’hygiène, puis des médicaments, firent reculer fortement la mortalité. Il ne faut pas croire que notre XXIe siècle n’est pas soumis, comme ceux qui l’ont précédé, à des révisions importantes, et parfois déchirantes, parce qu’elles montrent l’inexactitude de certaines de nos représentations, de nos convictions, et le cas échéant le caractère inadéquat, ou même éminemment stupide et néfaste, de certaines de nos lois.
 
Les retraites par répartition s’appuient sur l’investissement dans le capital humain
Les hommes ont compris, il y a bien des siècles, que pour vivre décemment une fois leurs forces amoindries, compter sur leurs enfants était généralement la moins mauvaise solution. C’est pourquoi beaucoup de religions, et des philosophies très prégnantes, particulièrement le confucianisme, apportèrent leur appui au principe de prise en charge des parents âgés par leurs enfants. Un échange entre membres des générations successives se précisa : le devoir de s’occuper correctement de ses enfants fut rendu plus acceptable par l’instauration d’un devoir réciproque s’imposant aux enfants devenus actifs envers leurs parents devenus âgés. C’était simple et logique : les parents investissent dans leurs enfants puis, âgés, ils vivent des "dividendes" de cet investissement.
Dans les sociétés villageoises, le plus souvent assez stables, ce devoir réciproque, base de l’échange entre générations successives, fonctionna assez bien. La révolution industrielle et l’urbanisation changèrent la donne : les enfants devenus adultes partirent plus fréquemment, attirés par les villes et leurs manufactures. Le système de prise en charge des parents âgés par leurs propres enfants devint moins efficace. Certains hommes politiques comprirent que cela créait une opportunité : faire cotiser les actifs pour, longtemps après, leur verser sous forme de rente viagère de quoi vivre sans travailler. Ou du moins leur en faire la promesse. L’argent récolté devait être investi, de façon que les rentes viagères constituent en quelque sorte les dividendes tirés de cet investissement.
 
Le comportement des hommes politiques a tout gâché
Cette forme de retraite par capitalisation ne tint pas la distance. Il était trop tentant pour les hommes politiques de se servir des cotisations pour des objectifs à plus court terme que la constitution d’un patrimoine capable de produire des revenus substantiels, et cela pendant des décennies. Le passage de la capitalisation à la répartition se fit différemment selon les pays, mais le point d’arrivée fut presque partout le bouleversement de l’utilisation des cotisations : initialement versées, conformément à la loi, pour préparer les futures pensions en investissant, elles cessèrent de servir concrètement à cette préparation, et furent utilisées pour honorer les droits à pension échus.
Cette évolution a provoqué un recul majeur de la rationalité économique. Initialement, les cotisations devaient être utilisées pour investir, et les pensions devaient être payées avec les fruits de ces investissements : c’était parfaitement logique. Désormais, le pay-as-you-go (la répartition) ayant pris force de loi, il restait à préserver les apparences : affirmer, contre toute logique, que si le citoyen X fournissait à l’Etat (ou à un organisme public) des sommes destinées à payer ses engagements envers les retraités, il contribuait ce faisant à la préparation de sa propre retraite. La loi avait fait disparaître d’un coup de vote magique la règle de bon sens selon laquelle préparer l’avenir, c’est investir.
 
Ce recours à la loi baguette magique fut d’autant plus sot que, dans le même temps, les Etats se mirent à investir de manière très conséquente dans le capital humain, particulièrement en prélevant de l’argent pour organiser la formation des enfants et des jeunes. Quelle erreur magistrale fut le recours à l’impôt pour construire des écoles, des lycées, des universités, et salarier des instituteurs, des professeurs, et le personnel non enseignant nécessaire au fonctionnement de ces établissements !  En ayant le bon sens de financer l’enseignement public par des cotisations productrices de droits à pension, le législateur aurait créé un système de retraite rationnel et viable au lieu d’un système de Ponzi.
Bien entendu, ce législateur intelligent aurait aussi attribué des droits à pension future au prorata des contributions apportées à la mise au monde, à l’entretien et à l’éducation familiale des futurs cotisants. Nos lois n’en seraient pas à considérer comme non contributifs les quelques miettes de droits à pension accordées aux pères et mères de famille nombreuse.
La bêtise législative, en matière de retraites, est insondable, parce que nos hommes politiques ont pour la plupart conservé une idée antique, solennelle et fausse du rôle de l’Etat et du fonctionnement de l’économie. Ils ont en tête que l’Etat prélève pour redistribuer, que telle est sa prérogative et sa fonction. Pour une majorité d’entre eux, les retraites consistent à prendre aux actifs pour permettre aux personnes âgées de conserver à peu près le train de vie qu’ils avaient lorsqu’ils travaillaient. La manière de penser "sociale" a étouffé la manière de penser « économique. La redistribution a évincé l’échange.
 
L’occasion fournie par le formidable développement de l’instruction depuis le XIXe siècle a été ignorée par la classe politique, faute de culture économique. La montée en puissance de l’investissement dans le capital humain venait à point nommé pour développer une retraite basée sur l’accumulation de ce capital. Le privé ne pouvait pas intervenir ; seul l’Etat était en position de dire aux actifs : "je vais prélever des cotisations pour financer la formation du capital humain, et en échange vous obtiendrez des droits à pension, puisque je suis en position de rappeler à ceux qui prendront votre relève que, s’ils gagnent correctement leur vie, ils le doivent pour une grande part aux actions et aux dépenses de leurs aînés". L’Etat avait la capacité d’organiser de façon juste et intelligente les échanges entre générations successives, et il ne l’a pas fait. Hommes politiques et hauts fonctionnaires ont multiplié lois et règlements dans une perspective étroitement régalienne : prendre et redistribuer, au lieu d’organiser l’échange qui ne relève pas du secteur privé. Quel gâchis !
L’occasion se présentait, avec un jeune Président, porteur semblait-il d’un projet de réformer bien des choses, et notamment les retraites dites par répartition. La classe politique classique avait été renvoyée à ses foyers, le champ était libre pour faire vraiment du nouveau. Hélas Macron agit comme le dit le vieux dicton : "je vais faire du nouveau … du nouveau qui sera tout-à-fait semblable à l’ancien". Pauvre France !

Envoyé par l'auteur,7 septembre 2019

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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