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BINNENDIJK Bertrand

BINNENDIJK Bertrand

Né le 30 mars 1953
Marié - 7 enfants
 


Officier général
 

Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr Coëtquidan
Ecole supérieure de guerre (ESG)
Diplômé d’études approfondies en histoire militaire et relations internationales
Diplôme de droit canonique (Institut catholique de Paris)


Après avoir exercé des commandements dans différentes unités de l’Arme blindée Cavalerie, il s’est orienté vers les relations internationales, en occupant différents postes en état-major de haut niveau et à l’étranger.
 
Officier de liaison-instructeur auprès de l’Army command and staff College, en Grande-Bretagne (1994-1997)
Attaché de défense près l’ambassade de France à Tel Aviv, en Israël (2001-2004).
 
A dirigé la Division Maîtrise des armements, puis la division Monde de l’état-major des armées.
A ce titre, a participé aux négociations de contrôle des armements dans le monde et travaillé au développement de la coopération militaire avec les pays du Proche et Moyen-Orient, de l’Asie et de l’Amérique latine.
 
Après avoir quitté le service actif,
a passé un diplôme de droit canonique à la Faculté de droit canonique de l’Institut catholique de Paris et poursuit actuellement des études de théologie.
Dans ce cadre, a rédigé un mémoire intitulé "L’Eglise catholique au Maroc : l’Accord de 1983 entre le Roi Hassan II et le Pape Jean-Paul II".
 

Conférences sur la crise israélo-palestinienne
Enseignement de l’Islam à l’IRCOM d’Angers.
 
Distinctions
Officier de la Légion d'honneur
Officier dans l'Ordre national du Mérite

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Serment sur le coran

Publié dans Du côté des élites
Dépassez l’arbre pour voir la forêt ! Serment sur le coran
 
Rappel des faits : Récemment, des élèves saoudiens qui suivent leurs études à l’Ecole nationale supérieure des sciences appliquées de Bretagne (ENSTA-Bretagne), organisme placé sous la tutelle du ministère de la défense, ont prêté serment sur le coran, "comme ils l’auraient fait en Arabie saoudite", à l’occasion de leur cérémonie de passage au grade d’officier. Cette cérémonie a eu lieu en présence des autorités locales ainsi que des nombreuses familles venues de Ryad pour l’occasion.
 
De nombreuses personnes se sont indignées d’un serment prêté sur le coran, alors que la France est un pays laïc. Elles se sont également "étonnées" du fait que les femmes, qui étaient intégralement voilées, n’ont pas été inquiétées en dépit du fait que le voile intégral est officiellement interdit en France.
A cette indignation que l’on peut comprendre, je répondrai pourtant que le problème n'est pas dans cette cérémonie qui n'est qu'un épiphénomène.
En effet, les liens que nous avons noués avec l'Arabie saoudite et le Qatar sont tels qu'il aurait été diplomatiquement impossible de s'y opposer, car un refus aurait été assimilé par les Saoudiens à un geste inamical incompréhensible. Le monde oriental est extrêmement sensible aux symboles. Et monsieur Valls ne vient-il pas d’engranger pour dix milliards d’euros de promesses de commandes ?
Il existe un principe dit de réalité qui s'impose quand on vend des bateaux de guerre et autres équipements de haute technologie, surtout en temps de crise économique. A des clients comme ça, on déroule le tapis rouge, et s'il en manque un mètre, on y mettra nos propres manteaux!
 
La vraie question qui se pose est la suivante : est-il moralement légitime de nouer de tels liens avec des pays qui subventionnent directement ou à travers des fonds privés identifiés, les djihadistes qui sévissent en Syrie, en Iraq et ailleurs, et dont le seul but ultime est d'instaurer des régimes politico-religieux dont les minorités religieuses de toute sorte ne pourront que pâtir. Sans compter sur l'inévitable déstabilisation d’un Liban exsangue et des risques d'un conflit régional généralisé avec Israël qui n'acceptera jamais pareille menace à ses portes.
 
L'Arabie Saoudite et les autres monarchies du Golfe, passablement corrompues, veulent la peau de Bachar el Assad essentiellement parce qu'il n'est pas d’obédience sunnite et qu'il bénéficie du soutien actif de l'Iran chiite honni. Sur ce dernier point, il convient de préciser que la rivalité religieuse entre sunnisme et chiisme est en fait manipulée pour cacher des ambitions de leadership régional et masquer le refus de procéder aux indispensables réformes politiques internes.
A cet égard, il faut rappeler que c’est l’immobilisme social et politique des Etats arabo-musulmans qui est à l’origine des "printemps arabes". Ceux-ci n'ont jamais consisté en une aspiration à la démocratie, notion complètement étrangère à la civilisation musulmane. Ces prétendus printemps arabes ont été l’expression désespérée d’une aspiration à une bouffée d'oxygène pour une jeunesse désormais éduquée, mais sans travail et sans avenir autre que de passer des heures à tweeter sur internet ou à regarder d’antiques séries télévisées qui glorifiaient un supposé âge d’or d’un califat mythique qui inspire DAESH aujourd’hui.
Souvenons-nous que certain ministre des Affaires étrangères de la République française, déclarait récemment "qu'Al Nostra (qui n’est autre que Al Qaïda en Syrie) faisait du bon boulot" !!! Autant discerner un satisfecit rétrospectif à monsieur Ben Laden et à tous les crimes commis en son nom depuis le 11 septembre 2001 ! A quand la Légion d’honneur ?
Cette déclaration monstrueuse est passée quasi inaperçue. Elle traduit l'asservissement de la pensée politique française, de droite comme de gauche, aux seuls intérêts économiques et à son incapacité à comprendre les ressorts profonds de ce qui se passe actuellement au Moyen-Orient.
 
Assurément, nos intérêts économiques ne sont pas négligeables, et j'aurai garde de mépriser les milliers d'emplois ainsi préservés en France.
Mais tout ceci constitue une vision à très court terme. Les monarchies du Golfe manipulent les Occidentaux en voulant leur faire croire qu'ils sont les défenseurs d'un ordre rassurant sous le parapluie duquel on peut faire du business.
En fait, ils se servent de nous pour refuser les indispensables réformes internes qui permettraient à une jeunesse frustrée de respirer et de se sentir respectée. Ils nous bâillonnent avec leurs pétrodollars pour que nous ne leur parlions plus des sujets qui fâchent.
Pour se protéger, les pouvoirs en place ont diabolisé les Frères musulmans qui sont peut-être les seuls à vouloir améliorer vraiment les choses, même si l’expérience à montré qu’ils ne savaient pas comment s’y prendre. Le Président Obama ne s'y est pas trompé, qui a soutenu les Frères musulmans en Egypte et c'est la raison pour laquelle les monarchies du Golfe lui font la tête et ont soutenu le coup d'Etat militaire en Egypte qui était pour le moins pas vraiment démocratique! 
 
En soutenant l'Arabie Saoudite et le Qatar comme elle le fait actuellement, la France a vendu son âme sans voir qu'elle creusait sa tombe. En acceptant les investissements financiers massifs en provenance du Golfe dans notre économie, elle se place en situation de dépendance totale par rapport à ceux qui détiennent désormais les clés de notre économie.
Et elle trahit en outre ses engagements séculaires de protection des chrétiens d'Orient. 
Mais peut-il en être autrement quand on promeut un laïcisme haineux qui ne pense qu'à détruire notre héritage culturel et spirituel et que, finalement, on a renoncé à l'honneur ?
Vous connaissez la réponse.

Islamisme, salafisme, wahabisme, ...

Publié dans De par le monde
Islamisme, salafisme, wahabisme, Frères musulmans, djihadisme... Mais de quoi parle-t-on au juste ?
 
Tous ces noms sont utilisés sans réel souci de précision sémantique, y compris de la part de ceux qui devraient pourtant veiller à nommer les choses avec précision pour en comprendre la teneur réelle, donc leurs implications politiques : je veux parler des journalistes et des hommes politiques.
Voilà un vrai sujet "d’amalgame" qui est grave, car il obscurcit la vérité !
En effet, cette confusion savamment entretenue permet du coup une véritable manipulation politique comme nous allons le voir.
 
L’islamisme fait référence à un phénomène polymorphe et ne constitue pas une catégorie en soi. Ce terme était déjà utilisé dans les siècles passés, pour désigner simplement la religion musulmane, sans prétendre signifier une tendance idéologique quelconque au sein de l’islam. Nous ne nous y attarderons donc pas.
En revanche, il est très important, pour ne pas dire fondamental, de comprendre ce que revêtent exactement les termes de salafisme, islam politique et djihadisme que nous allons aborder successivement.
 
Le salafisme
Dans son principe, le salafisme désigne des mouvances de l’islam centrées sur un puritanisme religieux et social, mais qui se désintéressent du politique. Il tire son nom du mot salaf, qui, en arabe, désigne les Pieux ancêtres, les premiers compagnons de Mahomet, supposés évoquer un âge d’or de l’islam aujourd’hui révolu en raison d’un dévoiement de cette religion au fil du temps.
Historiquement, si cette référence aux premiers temps "non-corrompus" est une constante de l’islam dès le départ, elle a  fait l’objet de développement doctrinaux, d’abord avec Taqî ad-Dîn Ahmad Ibn Taymiyya, théologien rigoriste qui vivait à cheval sur les XIIIème et XIVème siècles, puis avec Abd el Wahhab au XVIIIème siècle. C’est ce dernier qui va donner naissance au wahhabisme, qui représente la version la plus aboutie du salafisme. Suite au Pacte passé en 1744 entre son fondateur et le chef tribal Ibn Séoud, ancêtre de la dynastie régnante aujourd’hui, le wahhabisme constitue l’islam officiel en Arabie saoudite et au Qatar. Cette mouvance est présente dans tous les pays arabes.
De quoi s’agit-il ?
Le Pacte de 1744 établit un partage des tâches : la gestion politique est dévolue à la famille régnante, en échange de quoi celle-ci doit imposer une norme sociale conforme à la doctrine (police des mœurs, interdiction de la mixité, etc.).
Le but poursuivi consiste à appliquer une orthodoxie sunnite la plus intransigeante, en islamisant la société par le bas, grâce à la prédication et la gestion des œuvres sociales, éducatives et sanitaires qui permettent de toucher directement la population.

Les caractéristiques principales de cette mouvance sont les suivantes :
Les salafistes acceptent l’autorité de l’Etat pourvu qu’ils aient le champ libre dans le domaine religieux ; ils sont violemment anti-chiites, profondément opposés aux pratiques "déviantes" telles que le culte des saints par exemple, et très hostiles au soufisme, jugé hérétique.
Ils tolèrent les juifs et les chrétiens, mais seulement comme dhimmis, c’est-à-dire comme citoyens de deuxième zone.
Si l’immense majorité de ces salafistes sont qualifiés de "quiétistes", parce qu’ils veulent pratiquer leur religion de manière apaisée, il existe cependant des groupes de pression qui cherchent soit à orienter le pouvoir politique qui n’en ferait pas assez, soit se montrent ouvertement critiques d’un régime jugé trop corrompu.
Mais, contrairement aux idées propagées, la mouvance salafiste ne prône en aucun cas le recours à la violence.
Pour résumer, on peut dire que le salafisme est à l’islam ce que le jansénisme fut au christianisme.
 
L’islam politique : les Frères musulmans (FM)
Dans son principe, pour les FM, l’islam doit être un vecteur pour parvenir au meilleur système de gouvernement possible, en conformité avec les préceptes des textes sacrés que sont le coran et la sunna (tradition du prophète Mahomet). Comme les salafistes, le FM cherchent donc à instaurer une société "la plus musulmane" possible. Cependant, il s’agit là d’une approche graduelle et progressive qui prend en compte les circonstances locales. Selon ce courant, l’action politique prime sur les questions religieuses.
Historiquement, la confrérie des FM fut fondée en 1928 par un instituteur égyptien du nom d’Hassan Al-Banna.
Le but poursuivi consiste à réformer les pouvoirs existants pour les rapprocher d’un "modèle islamique" aux contours laissés flous par son initiateur.
 
Les caractéristiques principales de cette mouvance sont les suivantes : il s’agit de participer au système en place, tel qu’il se présente, pour le réformer de l’intérieur, par le haut. La conquête du pouvoir se fait par les moyens légaux, excluant l’usage de la violence. Ce fut le cas avec l’arrivée au pouvoir du Président Morsi en Egypte, du parti Ennahda en Tunisie et du Parti pour la justice et le développement (PJD) actuellement au pouvoir au Maroc dans le cadre d’une coalition. Tous ces partis sont arrivés au pouvoir par des moyens légaux.
Les FM font donc preuve d’un grand pragmatisme politique.
Ils cherchent à instaurer un Etat à caractère civil, mais de référence islamique. Le but politique l’emporte sur l’orthodoxie sunnite. Ils se montrent beaucoup plus tolérants vis à vis du chiisme et du soufisme, et, d’une manière générale, ils composent avec la pluralité.
Les FM connaissent cependant de nombreux clivages internes, ainsi qu’une fracture générationnelle qui l’affaiblissent.
Les FM ne sont donc pas en soi les diables que l’on représente trop souvent. Ils ne promeuvent nullement attentats, meurtres, djihad ou autre usage de la violence.
D’où leur vient alors cette réputation ?
 
Elle leur vient essentiellement des monarchies du Golfe, Arabie saoudite en tête, immédiatement suivie par les Emirats arabes unis (EAU). Ces pays abhorrent les FM, car ces derniers n’hésitent pas à reprocher aux familles régnantes leur absence de légitimité, leur corruption et leurs compromissions religieuses et politiques. Les FM sont perçus comme des facteurs de déstabilisation des régimes en place pour lesquels il est beaucoup plus confortable de soutenir des salafistes qui n’aspirent pas à prendre votre place pourvu qu’on leur laisse le champ libre dans leur domaine de prédilection.
C’est ce qui explique que, dès le départ, l’Arabie saoudite s’est opposée avec force à l’arrivée au pouvoir des FM en Egypte, pourtant soutenus par les Etats-Unis. En effet, l’Egypte assure à l’AS sa profondeur stratégique et sa réserve de main d’œuvre tant civil que militaire. Il était donc difficilement acceptable qu’il y ait une différence de régime politique entre les deux Etats. D’où le soutien massif apporté par l’AS et les EAU au coup d’Etat militaire qui a chassé les FM d’un pouvoir qu’ils avaient pourtant acquis par un processus à peu près démocratique.
 
La famille djihadiste
Dans son principe, la famille djihadiste est composée de musulmans d’obédience salafiste qui ne croient pas à la réforme des pouvoirs existants et prônent leur renversement par la violence, en vue d’instaurer un Etat islamique totalement fantasmé. Ils ont été rejoints par des salafistes et des FM déçus et frustrés par leurs échecs.
Historiquement, cette mouvance s’origine dans les écrits de Sayyed Qotb (FM en rupture de ban). Cette source FM a progressivement évolué vers une approche salafiste, donc plus rigoriste, mais non quiétiste. Cette doctrine inspire les différents mouvements terroristes actuellement à l’œuvre (Al nostra, Al Qaïda, Daesh, etc.).
Leur but politico-religieux consiste à "instaurer la souveraineté de Dieu sur la terre", face d’abord à une société musulmane dévoyée, mais également face aux mécréants (avec en tête les Occidentaux, suppôts des monarchies corrompues du Golfe). Cette approche politico-religieuse s’inspire directement de la vision messianique d’un islam à portée universelle, telle qu’elle est véhiculée par le coran.
 
Les caractéristiques principales de cette mouvance sont les suivantes : opposition aux régimes arabes en place ; opposition aux FM, accusés d’avoir trahi l’idéal islamique ; opposition à l’Occident à compter des années 1990, accusé de soutenir des régimes corrompus, opposition au chiisme, en raison de son caractère schismatique par rapport à la "vraie foi".
Vision manichéenne d’un islam salvateur face à un monde "impie".
On distinguera deux tendances récentes qui différencient désormais Al Qaida de DAESH, en disant qu’Al Qaida est à DAESH ce que Trotski fut à Staline. Le premier promeut un islam "hors sol", à vocation universelle, tandis que le second privilégie d’abord la constitution d’un véritable Etat "incarné" dans un territoire, un peuple, et une structure étatique, avant de cherche à se répandre au-delà.
 
Conclusion
Une fois encore, les lignes qui précèdent peuvent revêtir un caractère un peu simplificateur. Les ramifications des différents courants terroristes sont innombrables. Leurs membres passent de l’un à l’autre au gré des circonstances et de leurs intérêts du moment.
Il faut surtout retenir que les mots employés doivent désigner des choses précises et exactes, au risque sinon de ne rien comprendre aux arrières pensées des acteurs, au premier rang desquels l’Arabie saoudite joue un rôle essentiel, souvent très ambigu.
Le Président Obama ne s’y est pas trompé, qui soutenait les FM en Egypte, car il avait cru percevoir là le moyen de stabiliser ce pays essentiel du Moyen-Orient. Mais c’était oublier l’incapacité totale des FM, totalement dénués de la moindre expérience politique, à affronter des difficultés inouïes pour remettre sur les rails un pays en pleine déliquescence. Incompétents, assurément, mais diaboliques, pas sûr.
En avril 2015, dans un discours sur les grandes orientations américaines pour les relations internationales, Barak Obama invite fermement les pays du Golfe à se réformer structurellement de l’intérieur pour apaiser les tensions internes qui menacent les régimes en place.
L’Arabie saoudite y a vu la rupture du Pacte du Quincy (sécurité contre pétrole) qui unissait les deux pays depuis 1945. Elle a alors décidé de développer, autant que faire se peut, une politique plus autonome, en s’affichant comme chef de file d’une coalition sunnite pour lutter d’une part, contre une supposée volonté hégémonique iranienne, et, d’autre part, contre un terrorisme dont elle a très imprudemment favorisé l’éclosion en son sein.
Mais c’est un autre sujet.

De l'Islam

Publié dans Au delà
Loin de moi l'idée de vouloir exciter à une quelconque haine envers les musulmans, haine qui serait contraire au commandement d'amour de son prochain, tel que nous l'a enseigné le Christ. Christ qui est mort et ressuscité pour tous les hommes, donc autant pour les musulmans que pour nous-même.
Mais cela ne doit pas nous empêcher d'essayer de comprendre, en vérité, ce qui se passe dans la tête de ceux qui assassinent au jour le jour chrétiens et musulmans. Cette quête suppose un refus de tout irénisme et un effort de connaissance approfondie de cette religion qui fait peur par méconnaissance coupable de notre part.
 
Depuis quelques temps, nous voyons (enfin) quelques musulmans protester contre ces abominations, et affirmer devant des caméras complaisantes que "l'islam, ce n'est pas ça, que jamais le coran n'a commandé de tuer des innocents et que l'islam a toujours été une religion de paix et de tolérance".
Comme on aurait aimé entendre ce discours prononcé le soir du 11 septembre par les milliers de musulmans qui exultaient de joie dans les rues de leurs capitales de voir leur "allié" américain touché au cœur ! On n'oubliera pas non plus les centaines de milliers de musulmans de toutes catégories hurlant leur haine du Pape Benoit XVI (et des chrétiens en général pour faire bon poids) qui avait eu la malencontreuse idée à Ratisbonne d'évoquer un débat remontant à plusieurs siècles où l'on évoquait dans le cadre d'une "disputatio" médiévale les effets négatifs de la violence, et les effets positifs de la raison. Mais passons.
 
Alors, ces musulmans modérés que l'on nous donne à entendre sont-ils sincères ? Ou bien sont-ils seulement inquiets quant au regard de plus en plus lourd que les Français de souche commencent à poser sur eux. Sans doute, les deux à la fois.
Il ne fait aucun doute que la grande majorité des 1,2 milliard de musulmans sont des braves gens qui s'efforcent de vivre leur foi honnêtement, sans chercher querelle à leur prochain. Je vous renvoie au film "Des hommes et des dieux", qui met bien en valeur cette approche pacifiée.
Mais il en reste une minorité (qui peut quand même atteindre le chiffre de 100 millions d'individus!) qui a une lecture beaucoup plus agressive du coran.
 
Et de là à proclamer que les "djihadistes, salafistes, daech et extrémistes en tous genres" ne sauraient être de vrais musulmans, là, je ne suis pas d'accord !
En effet, ces assassins puisent leurs convictions et leur folie meurtrière dans les sourates les plus agressives. Je livre la sourate VIII, 17 à votre méditation : "Ce n'est pas vous qui les avez tués ! C'est Dieu qui les a tués ! Ce n'est pas toi Prophète qui les as déstabilisés par ton geste ! C'est Dieu qui l'a fait ! Il voulait ainsi donner aux croyants cette belle marque de Sa sollicitude". Vous pourrez aussi vous référer aux sourates 48, 16 ; 9, 29 ; 4, 89 ; 2, 190 et 191 ; 8, 55 ; 8, 65 ; 8, 17 et 18 ; 3, 142 ; 33, 61 ; 9,5. Et ce florilège est loin d'être exhaustif ! Voyez par vous-mêmes. Autrement dit, ces assassins se considèrent comme autant musulmans que les autres, mais ils ne se réfèrent pas aux mêmes sourates.
 
Le problème du coran, c'est qu'on y trouve tout et son contraire, et cela au gré de la contingence de la révélation, selon les événements et les circonstances qui ont permis à Mahomet de répandre sa religion.
Vous pourriez alors légitimement vous demander pourquoi les musulmans ne procèdent pas à un toilettage de leur texte sacré ? Une mise en cohérence avec le respect dû à toute personne humaine ?
 
Pour plusieurs raisons : tout d'abord, il n'y a pas dans le sunnisme (90% du monde musulman) de magistère, comme dans l’Église catholique, autorisé à prendre une décision à vocation universelle.
Deuxièmement, et surtout, le coran est considéré par les musulmans comme "incréé", c'est-à-dire aussi divin que peut l'être Jésus, Verbe de Dieu, pour les catholiques. A ce titre, il est absolument intouchable, sous peine de blasphème puni de mort, même s'il contient des sourates "abrogeantes" et des sourates "abrogées", qui se contredisent parfaitement, mais qui gardent cependant toute leur valeur propre puisqu'elles sont d'origine divine et que Dieu "peut tout".
Dans ces conditions, il faut garder présent à l'esprit que les extrémistes considèrent leurs co-religionnaires "modérés" comme des traîtres à la cause d'Allah ! D'ailleurs, les premières victimes des terroristes musulmans sont d'abord les musulmans eux-mêmes, dont le nombre de victimes dépassent largement celui des chrétiens !
 
En conclusion, je reprends ce que je disais au début sur l'absolue nécessité de nous former pour comprendre comment fonctionne cette religion et ne pas tomber dans un irénisme dont nos petits-enfants nous demanderons des comptes. C'est à ce prix, et à ce prix seulement, qu'un dialogue inter-religieux pourra prendre place, dans un respect mutuel qui ne se ment pas à lui-même.

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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