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COFFINIER Anne

COFFINIER Anne

Née en 1974
Mariée - 3enfants
 
Diplomate
Directrice générale de la Fondation pour l’école

Ecole Normale Supérieure (ENS) (Ulm)
Ecole Nationale d’Administration (ENA)
 
Fondatrice de l'association Créer son école (2004) dont elle est toujours la présidente
Co-fondatrice de la Fondation pour l'école (2008) dont elle a été la présidente et dont elle est depuis fin 2010 la directrice générale
 
www.liberte-scolaire.com
www.creer-son-ecole.com
www.ilfm-formation.com
www.fondationpourlecole.org

URL du site internet:

Et si la pénurie budgétaire sauvait l'école ?

Publié dans En France

Noël approche, et l’on se sent envahi par la joie. Pourtant, les caisses de l’État sont vides et, comme on disait à l’époque de Napoléon III, la "fête impériale est finie". C’est le grand retour de l’État centré sur ses missions régaliennes, et… l’éducation n’en fait pas partie. La Constitution oblige bien l’État à garantir l’égal accès de chaque enfant à l’instruction et à organiser un enseignement public gratuit et laïc en chaque point du territoire. Mais elle ne lui impose aucunement de tout organiser lui-même, de manière uniforme et centralisée. Sans compter que les études économiques montrent que l’efficacité de l’école n’est pas liée aux moyens que la puissance publique y consacre, mais, plutôt, au niveau d’autonomie des établissements, à la culture du résultat qui y prévaut et à la considération dont jouit le métier de professeur dans la société.
Alors, si nous voulons offrir une école de qualité à nos enfants, nous devons organiser différemment l’offre scolaire. Une simple politique de "rationalisation budgétaire" est souvent source d’injustices. Par exemple, quand l’État fait fermer d’autorité les petites écoles de village au nom des "conomies d’échelle". Où est l’égalité entre Français lorsqu’on exige qu’un enfant de la campagne parcoure 50 km aller-retour pour s’instruire ? L’État doit concentrer sa dépense sur l’essentiel, à savoir les professeurs, les maîtres d’école. Il est temps qu’il les libère de ces cohortes d’inspecteurs idéologues, de ces circulaires ministérielles paternalistes, de ces normes de sécurité étouffantes... Offrons aux professeurs et aux élèves une véritable école, avec un directeur qui assume ses responsabilités en assurant la discipline et la cohésion et des professeurs libres et responsables de leur enseignement. Une école qui mette la transmission du savoir au-dessus de tout.
Les écoles indépendantes montrent justement la voie. Il est possible de transformer les écoles publiques en écoles indépendantes, en leur accordant l’autonomie. Et il est aisé pour l’État de démocratiser l’accès aux écoles indépendantes, si convoitées, en allouant à chaque élève une somme forfaitaire couvrant les frais de scolarité. Ce serait une belle façon de sortir par le haut de cette crise !

Paru dans Les Chroniques de la Fondation - Editorial - Décembre 2011

Mettons-nous enfin à l’école de Condorcet !

Publié dans En France

Il est temps de passer au crible de la critique cette malheureuse expression. Eh quoi ! les écoles publiques sont-elles les seules à appartenir à notre République française, les écoles privées en étant exclues ? Professeurs, élèves et parents de l’école libre ne seraient-ils pas des citoyens à part entière ? Serait-elle subitement abolie, la décision du Conseil constitutionnel de 1977 faisant de la liberté d’enseignement "l’un des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République, réaffirmés par le Préambule de la Constitution de 1946, et auxquels la Constitution de 1958 a conféré valeur constitutionnelle" ?

Non, tout cela ne tient pas. Nous pouvons légitimement nous enorgueillir de ce que la République française offre à ses citoyens un libre choix (plus théorique que financier, hélas !) entre des écoles publiques et des écoles réellement libres.
D’ailleurs, il est hasardeux de prétendre qualifier d’ "école de la République" notre école publique actuelle. Croyons-nous vraiment que ses pères fondateurs s’y reconnaîtraient ? Déjà, un Condorcet se serait scandalisé de la transformation en 1932 de l’antique ministère de l’Instruction publique en ministère de l’Education nationale, lui qui affirmait avec force que "l’éducation publique doit se borner à l’instruction" (Premier mémoire sur l’instruction publique, 1791, chapitre V). Et puis – et c’est un argument massif ! – Condorcet est hostile au monopole de l’école publique. Selon lui, si elle n’est pas concurrencée de l’extérieur, l’école publique ne peut que dégénérer ; la bonne qualité du service public d’instruction est garantie par l’existence distincte d’un réseau privé. L’existence d’un aiguillon extérieur est donc d’utilité publique. Dans son système, "tout citoyen pouvant former librement des établissements d’instruction, il en résulte pour les écoles nationales l’invincible nécessité de se tenir au moins au niveau de ces institutions privées" (Discours devant la Convention nationale, 20 décembre 1792). Rappelons que c’est justement la mission statutaire de notre Fondation que de jouer ce salutaire rôle d’aiguillon pour l’école publique ou liée par contrat à l’Etat.

Desserrer l’étau idéologique, juridique et financier qui étouffe l’école privée contribue, paradoxalement, à sauver notre école publique. Puisse l’Etat encourager davantage la société civile, par des mesures fiscales appropriées, à créer et financer des écoles libres.
Chroniques de la Fondation, septembre 2011

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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