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COFFINIER Anne

COFFINIER Anne

Née en 1974
Mariée - 3enfants
 
Diplomate
Directrice générale de la Fondation pour l’école

Ecole Normale Supérieure (ENS) (Ulm)
Ecole Nationale d’Administration (ENA)
 
Fondatrice de l'association Créer son école (2004) dont elle est toujours la présidente
Co-fondatrice de la Fondation pour l'école (2008) dont elle a été la présidente et dont elle est depuis fin 2010 la directrice générale
 
www.liberte-scolaire.com
www.creer-son-ecole.com
www.ilfm-formation.com
www.fondationpourlecole.org

URL du site internet:

Écoles musulmanes

Publié dans En France
Écoles musulmanes : pourquoi le "sous contrat" n'est pas la solution
 
Suite aux attentats de janvier, le gouvernement a déclaré qu'il inciterait les établissements musulmans à passer sous contrat. L'idée est d'éviter que des fondamentalistes y promeuvent des idées contraires à la loi et incitent à la violence. Mais passer sous contrat des établissements musulmans implique de leur apporter des financements publics importants, facilitant leur multiplication. Et le passage sous contrat ne résoudra en rien les problèmes que le gouvernement veut résoudre.
En matière de recrutement des professeurs, le problème n'est pas leur niveau académique mais leurs convictions idéologiques, qui ne peuvent être vérifiées par des concours. Des professeurs ayant le statut d'agents publics payés par l'État peuvent très bien être des fanatiques.
La politique d'admission des élèves des établissements sous-contrat ne les empêchera pas de devenir des ghettos communautaristes. La loi leur fait obligation d'admettre sans discrimination des élèves de toutes religions, mais, en pratique, seules les écoles catholiques jouent le jeu de bon cœur. Les inspections des écoles sous contrat sont encore moins fréquentes que dans le public (une heure tous les 7 ans en moyenne). Elles visent à évaluer l'enseignant et son respect des directives pédagogiques. Mais le contrôle du cahier- journal retraçant les cours dispensés ne permet ni de savoir si le programme affiché est respecté dans les faits ni de connaître le contenu précis des cours pour vérifier qu'il n'incite pas à la haine. Un examen des cahiers d'élèves serait plus instructif mais encore faut-il qu'ils soient tous accessibles durant les rares inspections.
Ce qui n'est pas inspecté, c'est ce qu'il faudrait pouvoir contrôler pour limiter les risques. Les cours de religion ou de civilisation islamique ne sont pas inspectés, car ils correspondent au "caractère propre" de ces établissements. Il est en outre difficile de savoir ce que les professeurs apprennent en réalité à leurs élèves car les inspecteurs ignorent, dans leur écrasante majorité, l'arabe voire l'islam.
 
Dans les établissements hors-contrat, les modalités de contrôle sont mieux adaptées à ce que l'État veut faire. Au lieu de se limiter aux pratiques pédagogiques, elles visent à vérifier que l'école prise comme un tout donne un enseignement respectant le socle commun de connaissances fixé par la loi, ce qui est plus pertinent.
L'article L. 442-2 du Code de l'Éducation prévoit de plus que "L'inspecteur d'académie peut prescrire chaque année un contrôle des classes hors contrat". Si les écoles musulmanes ne sont pas inspectées autant que la loi le permet, c'est parce que les Services de l'Éducation nationale n'en ont jusqu'à présent pas fait une priorité. Il ne tient qu'à eux de le faire.
De plus ces inspecteurs devraient s'adjoindre systématiquement des spécialistes de l'islam radical. La loi pourrait leur confier une mission de détection des enseignements et comportements faisant l'apologie du terrorisme et du combat armé, distillant toute forme de haine envers des personnes d'autres confessions ou sans religion, la civilisation occidentale ou les institutions républicaines, ou niant l'égale dignité de l'homme et de la femme ou la liberté de changer de religion…
Le hors-contrat offre un autre avantage qui n'existe pas pour les autres établissements: un éventail de sanctions rigoureuses en cas de manquement, allant jusqu'au pénal ou à la fermeture de l'école.
 
Enfin si le gouvernement accorde une priorité au passage sous contrat d'écoles musulmanes, cela ne pourra se faire qu'au détriment des écoles existantes.
En effet, l'État maintient depuis vingt ans à 20% le nombre total des élèves scolarisés dans le privé sous contrat. Cette politique a eu une base légale en 1985; il s'agissait de pacifier les esprits au lendemain des manifestations de 1984. Aujourd'hui cette pratique est dépourvue de fondement juridique. Elle conduit à une pénurie organisée dans l'enseignement sous contrat. D'où les longues files d'attente de parents voulant y inscrire leurs enfants. Les sondages montrent plus de 40% des familles choisiraient le privé si elles pouvaient, soit plus du double du quota toléré par l'État.
Faut-il en déduire qu'il faut risquer de poser des problèmes d'ordre public pour obtenir des financements publics ?
Si le gouvernement est conséquent, il doit remettre en cause ce plafond. Ce quota de 20% est injuste car il réserve à une minorité l'accès aux écoles privées, pourtant fondamental pour l'égalité des chances. Si les citoyens sont mûrs pour voter sur des sujets politiques complexes, ils sont bien capables de choisir l'école de leurs enfants !
Le cœur d'une réforme efficace et juste de notre système éducatif est donc la suppression de la carte scolaire et du quota de 20%, et le financement de toutes les écoles au prorata des demandes d'inscription formulées par les parents. Non la multiplication d'écoles musulmanes sous contrat aux dépens des autres, sans impact réel sur leur orientation idéologique éventuelle.

Paru sur Figarovox, 20 mars 2015

L'école libre

Publié dans En France
Interview donnée à Breizh Info
Nous avions évoqué récemment le travail pour une autre éducation de La fondation pour l’école, organisme qui vient en aide aux écoles hors contrat qui se développent partout en France et qui permettent aux parents de choisir la scolarité qu’ils veulent pour leurs enfants, contrairement à la scolarité "subie" au sein de l’Education Nationale.
Nous avons interrogé Anne Coffinier, sa présidente, qui a bien voulu répondre à nos questions (…)
 
Breizh-info.com : 
Pouvez-vous vous présenter, ainsi que la Fondation pour l’école ?

Ancienne élève de l’ENA et de la rue d’Ulm, diplomate de métier, mère de 4 enfants, je me suis assez vite passionnée pour les questions éducatives.
J’ai découvert les écoles indépendantes à travers mes séjours à l’étranger et la scolarisation de mes enfants. J’ai trouvé que c’était dommage qu’elles soient si peu connues en France alors qu’à l’évidence elles constitueraient une solution pour nombre de familles. Je me suis intéressée de près aux exemples étrangers de financement public du libre choix de l’école parce que je voudrais que l’accès aux écoles indépendantes soit possible pour toutes les bourses.
 
Depuis sa création, la Fondation pour l’école a vu passer de nombreux ministres de l’Education Nationale.
Pour quel résultat aujourd’hui
?
Malheureusement médiocre.
Certains ministres ont eu de bonnes idées mais ils ont toujours été limités dans leurs actions par les syndicats de l’Education, le corps de inspecteurs d’académie et par l’inertie propre à une structure technocratique centralisée aussi gigantesque et idéologisée que l’Education nationale.  
Je crois plutôt à la subsidiarité.
Les décisions se prennent mieux au plus près du territoire, localement, qu’à Paris, dans des ministères.
 
Cette déliquescence de l’Education Nationale n’est-elle pas une aubaine pour les écoles dites "hors contrat" ?
L’Education nationale scolarise 80% des petits Français.
La faillite de l’Education nationale est donc un drame majeur pour notre pays, un douloureux gaspillage humain dont nul ne pourrait se réjouir. Il est évident que face à l’incapacité de l’Education nationale à poser les bons diagnostics et à se réformer, de plus en plus de professeurs et de parents cherchent une planche de salut hors de l’école publique. Heureusement qu’il y a des écoles libres, et heureusement qu’il est possible d’en créer de nouvelles ! Cela permet de sauver de l’échec scolaire nombre d’enfants et de développer des solutions éducatives innovantes qui seront précieuses pour inspirer les décideurs politiques le jour où ils auront la volonté politique de réformer l’Education nationale.
 
Que vous inspire l’arrivée de la controversée (l’ayatollah selon valeurs actuelles) Najat Vallaud Belkacem à la place de Vincent Peillon ? 
Rien, si ce n’est qu’elle incarne à elle seule la nouvelle mission que se donne l’Education nationale à elle-même à savoir non plus transmettre des connaissances et une aptitude à raisonner mais de former la conscience morale et politique des enfants.
Je dois dire que je ne suis pas en accord avec ce glissement de priorité.
Je suis plutôt de l’avis de Jules Ferry qui disait que le champ d’intervention de l’école s’arrêtait là où la conscience de ne serait-ce qu’un seul père de famille risquait d’être froissée. Je suppose qu’il doit se retourner dans sa tombe.
 
Les écoles hors contrat sont encore jugées par beaucoup ou bien chères, ou bien à connotation religieuse ; est-ce le cas ?
C’est totalement faux. Ces personnes ont une image en retard de 30 ans de ces écoles indépendantes.
Aujourd’hui 3 écoles sur 5 sont non confessionnelles.
Par ailleurs, en mettant de côté les écoles bilingues et les "boites à bac" qui représentent une petite frange de ces écoles, elles ne sont pas tellement plus chères que les écoles sous contrat de grandes villes, tout en présentant des avantages pédagogiques bien plus intéressants : suivi individualisé des enfants, liberté des méthodes pédagogiques, liberté du recrutement et de la formation des professeurs, liberté de l’organisation du temps scolaire. De manière générale, il faut compter 160 euros par mois et par élève pour le primaire et 270 euros pour le secondaire (sur 10 mois).
Ne perdons pas de vue que notre système scolaire privé est particulièrement peu cher par rapport à ce qui se fait ailleurs dans le Monde. Les écoles indépendantes françaises par exemple coûtent 10 fois moins cher que leurs consœurs britanniques ! En France, choisir une école indépendante demande de l’audace, une liberté par rapport aux bienséances sociales… En Grande-Bretagne, au contraire, choisir une des "public schools" c’est faire le choix d’appartenir aux élites sociales du pays. Certaines écoles indépendantes sont fondées sur une confession religieuse. Cela ne me pose aucun problème personnellement. Je considère cela parfaitement légitime dès lors que c’est le choix des parents et que l’ordre public est respecté.
 
Le maillage territorial de ces écoles semble encore un peu faible, dans une société où l’essence est toujours plus chère.
Des parents d’élèves sans formation de professeurs peuvent-ils monter une école hors contrat ?
Quelle est la procédure à suivre ?
Le rôle de la fondation pour l’école ?

 Le maillage est quand même de plus en plus dense. Considérez par exemple que rien que pour cette année, 51 établissements de plus ont ouvert en France.  Néanmoins, de plus en plus de personnes portent un projet de création d’école en plus des écoles indépendantes déjà existantes. Ce type de projet rencontre aujourd’hui un véritable engouement alors que c’est pourtant très exigeant. L’association Créer son école (
www.creer-son-ecole.com) est là pour accompagner et conseiller gratuitement les créateurs d’école.
La Fondation pour l’école subventionne les meilleurs projets (
www.fondationpourlecole.org).
Les professeurs de ces écoles peuvent se former dans notre Institut Libre de Formation des Maîtres (ilfm,
www.ilfm-formation.com).
Les écoles indépendantes s’organisent de plus en plus. Il y a des réseaux régionaux, des fondations spécialisées pour tel ou tel type d’école. C’est un milieu très dynamique et inventif.
 
Comment récolter les fonds pour ouvrir une école hors contrat ? Doivent-elles à terme devenir la norme, et remplacer l’école unique ?
Les écoles indépendantes développées sous statut associatif ont le droit d’émettre des reçus fiscaux qui permettent de défiscaliser 60 % du don au titre de l’impôt sur les sociétés ou 66 % au titre de l’impôt sur le revenu. SI le projet est solide et l’équipe éducative convaincante, les écoles indépendantes parviennent généralement à trouver les fonds nécessaires auprès de particuliers de la région. Des journées portes ouvertes permettent aux personnes de se rendre compte par elle-même de la qualité du travail accompli.
Cela dit, notre fondation milite pour un financement public du libre choix scolaire. Il nous semble que c’est vraiment une question de justice. Sans financement public, l’accès aux écoles indépendantes est réservé aux plus aisés. La liberté d’éducation reste le privilège des plus nantis. Ce n’est pas juste. C’est pour cela que nous interpellons sans cesse l’Etat sur la nécessité qu’il a de financer le libre choix de l’école. Ainsi, le choix serait rendu aux citoyens qui pourraient eux-mêmes déterminer l’école dans laquelle leur enfant serait scolarisée.
 
Etes-vous inquiètes pour les générations futures ?
Il faut se battre pour la justice sociale, l’accès de tous à une école de qualité librement choisie. Courageusement, jour après jour. C’est ainsi qu’on pourra construire une école digne de l’homme.
Interview publiée sur Breizh InfoNous avions évoqué récemment le travail pour une autre éducation de La fondation pour l’école, organisme qui vient en aide aux écoles hors contrat qui se développent partout en France et qui permettent aux parents de choisir la scolarité qu’ils veulent pour leurs enfants, contrairement à la scolarité "subie" au sein de l’Education Nationale.
Nous avons interrogé Anne Coffinier, sa présidente, qui a bien voulu répondre à nos questions (…)
 
Breizh-info.com : Pouvez-vous vous présenter, ainsi que la Fondation pour l’école ?
Ancienne élève de l’ENA et de la rue d’Ulm, diplomate de métier, mère de 4 enfants, je me suis assez vite passionnée pour les questions éducatives.
J’ai découvert les écoles indépendantes à travers mes séjours à l’étranger et la scolarisation de mes enfants. J’ai trouvé que c’était dommage qu’elles soient si peu connues en France alors qu’à l’évidence elles constitueraient une solution pour nombre de familles. Je me suis intéressée de près aux exemples étrangers de financement public du libre choix de l’école parce que je voudrais que l’accès aux écoles indépendantes soit possible pour toutes les bourses.
 
Depuis sa création, la Fondation pour l’école a vu passer de nombreux ministres de l’Education Nationale. Pour quel résultat aujourd’hui ?
Malheureusement médiocre.
Certains ministres ont eu de bonnes idées mais ils ont toujours été limités dans leurs actions par les syndicats de l’Education, le corps de inspecteurs d’académie et par l’inertie propre à une structure technocratique centralisée aussi gigantesque et idéologisée que l’Education nationale.  
Je crois plutôt à la subsidiarité.
Les décisions se prennent mieux au plus près du territoire, localement, qu’à Paris, dans des ministères.
 
Cette déliquescence de l’Education Nationale n’est-elle pas une aubaine pour les écoles dites "hors contrat" ?
L’Education nationale scolarise 80% des petits Français.
La faillite de l’Education nationale est donc un drame majeur pour notre pays, un douloureux gaspillage humain dont nul ne pourrait se réjouir. Il est évident que face à l’incapacité de l’Education nationale à poser les bons diagnostics et à se réformer,  de plus en plus de professeurs et de parents cherchent une planche de salut hors de l’école publique. Heureusement qu’il y a des écoles libres, et heureusement qu’il est possible d’en créer de nouvelles ! Cela permet de sauver de l’échec scolaire nombre d’enfants et de développer des solutions éducatives innovantes qui seront précieuses pour inspirer les décideurs politiques le jour où ils auront la volonté politique de réformer l’Education nationale.
 
Que vous inspire l’arrivée de la controversée (l’ayatollah selon valeurs actuelles) Najat Vallaud Belkacem à la place de Vincent Peillon ? 
Rien, si ce n’est qu’elle incarne à elle seule la nouvelle mission que se donne l’Education nationale à elle-même à savoir non plus transmettre des connaissances et une aptitude à raisonner mais de former la conscience morale et politique des enfants.
Je dois dire que je ne suis pas en accord avec ce glissement de priorité.
Je suis plutôt de l’avis de Jules Ferry qui disait que le champ d’intervention de l’école s’arrêtait là où la conscience de ne serait-ce qu’un seul père de famille risquait d’être froissée. Je suppose qu’il doit se retourner dans sa tombe.
 
Les écoles hors contrat sont encore jugées par beaucoup ou bien chères, ou bien à connotation religieuse ; est-ce le cas ?
C’est totalement faux. Ces personnes ont une image en retard de 30 ans de ces écoles indépendantes.
Aujourd’hui 3 écoles sur 5 sont non confessionnelles.
Par ailleurs, en mettant de côté les écoles bilingues et les "boites à bac" qui représentent une petite frange de ces écoles, elles ne sont pas tellement plus chères que les écoles sous contrat de grandes villes, tout en présentant des avantages pédagogiques bien plus intéressants : suivi individualisé des enfants, liberté des méthodes pédagogiques, liberté du recrutement et de la formation des professeurs, liberté de l’organisation du temps scolaire. De manière générale, il faut compter 160 euros par mois et par élève pour le primaire et 270 euros pour le secondaire (sur 10 mois).
Ne perdons pas de vue que notre système scolaire privé est particulièrement peu cher par rapport à ce qui se fait ailleurs dans le Monde. Les écoles indépendantes françaises par exemple coûtent 10 fois moins cher que leurs consœurs britanniques ! En France, choisir une école indépendante demande de l’audace, une liberté par rapport aux bienséances sociales… En Grande-Bretagne, au contraire, choisir une des "public schools" c’est faire le choix d’appartenir aux élites sociales du pays. Certaines écoles indépendantes sont fondées sur une confession religieuse. Cela ne me pose aucun problème personnellement. Je considère cela parfaitement légitime dès lors que c’est le choix des parents et que l’ordre public est respecté.
 
Le maillage territorial de ces écoles semble encore un peu faible, dans une société où l’essence est toujours plus chère. Des parents d’élèves sans formation de professeurs peuvent-ils monter une école hors contrat ? Quelle est la procédure à suivre ? Le rôle de la fondation pour l’école ?
 Le maillage est quand même de plus en plus dense. Considérez par exemple que rien que pour cette année, 51 établissements de plus ont ouvert en France.  Néanmoins, de plus en plus de personnes portent un projet de création d’école en plus des écoles indépendantes déjà existantes. Ce type de projet rencontre aujourd’hui un véritable engouement alors que c’est pourtant très exigeant. L’association Créer son école (
www.creer-son-ecole.com) est là pour accompagner et conseiller gratuitement les créateurs d’école.
La Fondation pour l’école subventionne les meilleurs projets (
www.fondationpourlecole.org).
Les professeurs de ces écoles peuvent se former dans notre Institut Libre de Formation des Maîtres (ilfm,
www.ilfm-formation.com
).
Les écoles indépendantes s’organisent de plus en plus. Il y a des réseaux régionaux, des fondations spécialisées pour tel ou tel type d’école. C’est un milieu très dynamique et inventif.
 
Comment récolter les fonds pour ouvrir une école hors contrat ?
Doivent-elles à terme devenir la norme, et remplacer l’école unique ?

Les écoles indépendantes développées sous statut associatif ont le droit d’émettre des reçus fiscaux qui permettent de défiscaliser 60 % du don au titre de l’impôt sur les sociétés ou 66 % au titre de l’impôt sur le revenu. Si le projet est solide et l’équipe éducative convaincante, les écoles indépendantes parviennent généralement à trouver les fonds nécessaires auprès de particuliers de la région. Des journées portes ouvertes permettent aux personnes de se rendre compte par elle-même de la qualité du travail accompli.
Cela dit, notre fondation milite pour un financement public du libre choix scolaire. Il nous semble que c’est vraiment une question de justice. Sans financement public, l’accès aux écoles indépendantes est réservé aux plus aisés. La liberté d’éducation reste le privilège des plus nantis. Ce n’est pas juste. C’est pour cela que nous interpellons sans cesse l’Etat sur la nécessité qu’il a de financer le libre choix de l’école. Ainsi, le choix serait rendu aux citoyens qui pourraient eux-mêmes déterminer l’école dans laquelle leur enfant serait scolarisée.
 
Etes-vous inquiètes pour les générations futures ?
Il faut se battre pour la justice sociale, l’accès de tous à une école de qualité librement choisie. Courageusement, jour après jour. C’est ainsi qu’on pourra construire une école digne de l’homme.

Interview publiée sur Breizh Info

Interdiction du ...

Publié dans A tout un chacun
Interdiction du redoublement, nouvelle restriction de la liberté pédagogique
 
Par un décret, paru au J.O du 20 novembre, le Ministre de l’Education nationale a mis un terme au redoublement.
Associée à la suppression des notes, à l’interdiction (hormis en langue) d’enseigner par groupes de niveaux homogènes, cette décision revient à casser le thermomètre pour pouvoir déclarer le malade de l’Education nationale guéri. Elle conduit tout droit à un nivellement par le bas. A noter aussi que dans sa magnanimité, Najat Vallaud Belkacem n’oublie pas l’enseignement privé sous contrat qui se verra lui aussi interdire de faire redoubler les élèves qui en auraient besoin.
Cette décision ministérielle constitue une ingérence caractérisée dans la liberté pédagogique des professeurs en général et de l’enseignement privé sous contrat en particulier.
 
Le décret ne prévoit que deux cas possibles autorisés pour le redoublement : en cas de période de "rupture importante  des apprentissages" liée, par exemple à une maladie, ou bien pour les élèves des classes de troisième et de seconde "lorsque la décision d’orientation définitive n’obtient pas l’assentiment des représentants légaux de l’élève ou de l’élève majeur". Dans tous les cas, la décision de redoublement appartient à la famille et à l’élève ; les enseignants n’ont plus leur mot à dire.
 
Comment comprendre une telle décision ministérielle ?
Les opposants au redoublement pensent que ce dernier est ineffectif et souvent stigmatisant pour l’élève. C’est en effet souvent le cas. Pour autant, le non redoublement n’a jamais prouvé sa supériorité sur le redoublement. Les pays qui ne pratiquent pas ou peu le redoublement recourent à l’enseignement en groupes de niveaux homogènes, la spécialisation précoce des élèves dans les matières où ils sont bons, la différentiation précoce des filières  – à l’opposé du mythe du collège unique, et l’accompagnement des élèves faibles dès l’apparition des toutes premières difficultés…. Autant de dispositifs qui n’existent pas en France.
En supprimant le redoublement, toutes choses égales par ailleurs, le Ministre doit donc s’attendre à voir exploser le nombre d’enfants en difficulté et de professeurs incapables de faire cours face à des enfants de niveaux et de motivations trop hétérogènes.

Le blog de la liberté scolaire, 28 novembre 2014

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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