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COFFINIER Anne

COFFINIER Anne

Née en 1974
Mariée - 3enfants
 
Diplomate
Directrice générale de la Fondation pour l’école

Ecole Normale Supérieure (ENS) (Ulm)
Ecole Nationale d’Administration (ENA)
 
Fondatrice de l'association Créer son école (2004) dont elle est toujours la présidente
Co-fondatrice de la Fondation pour l'école (2008) dont elle a été la présidente et dont elle est depuis fin 2010 la directrice générale
 
www.liberte-scolaire.com
www.creer-son-ecole.com
www.ilfm-formation.com
www.fondationpourlecole.org

URL du site internet:

La liberté pédagogique en laisse

Publié dans En France
Les professeurs du public comme du privé sont très attachés à la liberté pédagogique, i.e. la possibilité de choisir par eux-mêmes méthodes et contenus d’enseignement. Les parents d’élèves sont souvent moins allants pour avoir été parfois confrontés aux initiatives pédagogiques malheureuses de professeurs en mal d’originalité. Le fait d’imposer des programmes contraignants présente à leurs yeux le mérite d’empêcher par exemple certains professeurs de français de passer l’année sur une œuvre littéraire mineure, mal traduite ou déprimante, ou aux enseignants d’histoire de se limiter à la seconde guerre mondiale.

Les dirigeants de l’Éducation nationale ont une relation plus qu’ambiguë à la question. Si la liberté pédagogique est reconnue de longue date dans l’enseignement supérieur, il a fallu attendre François Fillon pour qu’elle soit consacrée par la loi pour l’enseignement primaire et secondaire. Hélas, sous quelle forme mutilée ! L’article 48 de la loi du 25 avril 2005 insère dans le Code de l’éducation l’article L.912-1-1 qui dispose ceci :

"La liberté pédagogique de l’enseignant s’exerce dans le respect des programmes et instructions du ministre chargé de l’Éducation nationale et dans le cadre du projet d’école ou d’établissement avec le conseil et sous le contrôle des membres du corps d’inspection. Le conseil pédagogique prévu à l’article L.421-5 ne peut porter atteinte à cette liberté."
Faut-il que l’État fasse peuconfiance à ses enseignants pour les contrôler à ce point ! Et lesyndicat SUD éducation (http://www.sudeducation.org/Conseilpedagogique.html) de noter fort justement qu’ "en tant que cadre A de la fonction publique, chaque enseignant devrait être considéré comme concepteur et non comme simple exécutant, il ne devrait s’exercer aucune pression sur sa liberté pédagogique : organisation des contrôles ou examens blancs, progression, critères d’évaluation des élèves"… Le métier de professeurs’apparente par nature à une profession libéralecar l’acte mêmed’enseigner requiert la liberté de penser et d’adapter sesméthodes, ses contenus et ses ambitions aux besoins réels desélèves.

À rebours, l’Éducation nationale prend les professeurs pour des agents d’exécution. C’est ainsi que le gouvernement précédent a pu instaurer sans tiquer, dans le cadre du concours de recrutement à la fonction de professeur des écoles, cette improbable épreuve : "Agir en fonctionnaire de l’État et de façon éthique et responsable" !
La seule fois où les caciques de l’Éducation nationale ont professé bruyamment leur attachement à la liberté pédagogique, avec une parfaite mauvaise foi, ce fut pour s’opposer à la circulaire du 3 janvier 2006 du ministre Robien interdisant la méthode de lecture globale. Bon nombre d’inspecteurs généraux entrèrent en fronde face à leur ministre au nom de la liberté pédagogique, celle-là même qu’ils avaient foulée aux pieds durant trente ans pour contraindre les instituteurs à utiliser la méthode à départ global et les mathématiques modernes.
Il n’en reste pas moins que la liberté pédagogique, comme toute liberté, a besoin d’être encadrée. Elle va de pair avec une obligation de prudence et de formation tout au long de la vie.
Mais sa contrepartie principale doit en être surtout la responsabilité: les professeurs doivent accepter de rendre publiquement des comptes sur le niveau et les progrès académiques de leurs élèves. C’est à l’évidence une révolution par rapport à la mentalité actuelle.

L’évaluation des résultats est un tabou puissant à l’Éducation nationale. Ainsi, à peine arrivé rue de Grenelle, le ministre Peillon supprima-t-il les évaluations nationales de CE1 et CM2 que son prédécesseur avait laborieusement introduites. Pourtant on ne voit pas ce que les bons professeurs auraient à craindre de l’évaluation de leurs élèves.
Et quant aux mauvais, est-il légitime que personne ne soit capable d’en délivrer les enfants, comme c’est le cas aujourd’hui ? Les professeurs eux-mêmes sont aujourd’hui soigneusement laissés dans l’ignorance de l’efficacité de leurs pratiques professionnelles comparée à celle de leurs collègues. Est-ce normal ?

Actuellement, les seuls contrôles pédagogiques portent sur les professeurs, plus précisément sur la conformité de leurs pratiques à une certaine doctrine pédagogique officielle ; ils sont diligentés par les inspecteurs de la Direction académique. Ces inspections sont dépourvues de légitimité puisqu’elles portent sur les moyens pédagogiques mis en œuvre et jamais sur les résultats qui en découlent. Tant qu’elles n’auront pas pour but de corréler la carrière du professeur aux progrès réalisés par ses élèves, elles seront essentiellement nuisibles et déresponsabilisantes, voire infantilisantes. Qu’il est étrange de voir tant de professeurs trembler à l’idée d’éventuelles inspections alors qu’elles interviennent en moyenne tous les 5 ans dans le public et tous les 7 ans dans le privé ! La perspective seule suffit mystérieusement à faire rentrer dans le rang des professeurs par ailleurs souvent assez libertaires dans leurs idées. Pourquoi ne pas les supprimer ? La Finlande, modèle éducatif admiré de tous, s’en passe très bien. Les professeurs échangent sur leurs bonnes pratiques et se forment entre pairs.

Le pacte de confiance entre État, famille et école, qui a volé en éclats ces dernières années, ne pourra être restauré que si l’on reconstruit résolument notre système scolaire sur la confiance et la transparence.

Il conviendra de faire confiance a priori  aux parents pour choisir ce qu’il y a de mieux pour leurs enfants. En cas d’investissement insuffisant ou d’incapacité des parents, les professeurs pourront – comme ils l’ont toujours fait – exercer un rôle de conseil actif auprès d’eux pour les aider à trouver les solutions éducatives les plus adaptées aux aptitudes, ambitions et projets de leurs enfants. De même, les professeurs devront jouir de la confiance a priori de l’État et des parents pour choisir les meilleures méthodes et les meilleurs savoirs et œuvres à étudier. L’État veillera à ce que des tests nationaux soient organisés en début et fin d’année dans toutes les classes et leurs résultats dûment publiés par professeur et par école. C’est le meilleur moyen d’éclairer les professeurs sur l’efficacité réelle de leurs pratiques pédagogiques et de permettre l’identification des meilleurs professionnels auxquels la formation des jeunes enseignants et les directions d’établissement devront tout naturellement être confiées. Les professeurs devraient aussi à notre sens présenter publiquement la progression qu’ils comptent adopter, les manuels, les textes, les méthodes sur lesquels ils s’appuieront… Sur cette base, les familles choisiront les écoles en toute connaissance de cause, ce qui permettra accessoirement aux fils de professeurs de cesser d’être les grands privilégiés du système éducatif actuel ! Bref, cela induira au passage un indubitable progrès de la justice et de l’égalité des chances.
http://www.liberte-scolaire.com/

Chère Madame, cher ...

Publié dans A tout un chacun
Chère Madame, cher Monsieur,

Permettez-moi d’attirer votre attention sur une réalité importante.
Il s’agit du rôle nouveau que sont amenées à jouer les écoles indépendantes dans la conjoncture actuelle. Un rôle décisif qui, je crois, mérite vraiment votre soutien.
Les écoles indépendantes attiraient jusqu’à présent les familles et les professeurs par le caractère rigoureux et structurant de leurs méthodes et programmes d’enseignement. Nombre de parents s’y retrouvaient aussi parce qu’elles accordent une attention particulière à leur enfant, sans chercher à le faire entrer à toute force dans un moule unique. Mais aujourd’hui, il y a une raison supplémentaire et encore plus fondamentale qui conduit de très nombreuses personnes d’origines de plus en plus diverses à se tourner vers elles. C’est qu’elles respectent parfaitement la primauté des parents en matière éducative et ne cherchent pas à éloigner les enfants de leur culture familiale. Bref, ces écoles n'usurpent ni la place des parents, ni celle de Dieu.
Et c'est fondamental. Je m’explique.

Les écoles indépendantes sont explicitement au service des familles : elles ne cherchent pas à éduquer les enfants contre leurs parents mais avec eux. Sur le plan de l’instruction, le savoir a son autorité par lui-même mais sur le plan éducatif, c’est bien des parents que l’école tire son autorité. C’est clair dans les écoles indépendantes, mais ce ne l’est vraiment plus assez dans les écoles placées sous la férule de l’Éducation nationale.
Autre point capital : les écoles indépendantes ne font pas de politique ; elles se contentent d’instruire les enfants, dans le respect de la morale commune. L’État au contraire se propose – et c’est inouï ! – d’accomplir une révolution culturelle et religieuse dans la société à travers le formatage de la conscience des enfants (en profitant de ce que leur jeunesse les rend malléables). Voici ce qu’écrit le ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon, dans son livre Une religion pour la République :
"La laïcité française, son ancrage premier dans l’école, est l’effet d’un mouvement entamé en 1789, celui de la recherche permanente, incessante, obstinée de la religion qui pourra réaliser la Révolution comme promesse politique, morale, sociale, spirituelle. Il faut pour cela une religion universelle : ce sera la laïcité. Il lui faut aussi son temple ou son église : ce sera l’école. Enfin, il lui faut son nouveau clergé : ce seront les hussards noirs de la République." (p. 48) "Toute l’opération consiste bien, avec la foi laïque, à changer la nature même de la religion, de Dieu, du Christ, et à terrasser définitivement l’Église". (p. 277)

Cette conception de l’école publique viole les libertés fondamentales que sont la liberté d’enseignement, de conscience, de religion, d’opinion… Elle s’oppose même à la conception classique de la laïcité comprise comme une séparation des Églises et de l’État, une neutralité sur les questions religieuses et un respect scrupuleux de la liberté de conscience. Cette politique a brisé le pacte de confiance existant entre l'État, l'école et la famille. C’est sans doute pour cela qu’à l’heure où je vous parle on ne compte pas moins de 120 projets d’école en cours de création en France, soit trois fois plus qu’à la même époque l’an dernier.
Bien sûr les écoles indépendantes n’apporteront pas la réponse à tous les problèmes de la société, qui, pour la plupart, appellent une solution de type politique ; mais elles représentent une réponse concrète, pragmatique et responsable de la société civile au défi éducatif que l’État lance aux familles. Elles répondent avec force et cohérence à la question de savoir si c’est à l’État ou à nous de choisir ce qui est bon pour nos enfants.
Peut-être vos enfants et petits-enfants ne sont-ils pas directement concernés aujourd’hui par les problèmes éducatifs actuels, parce qu’ils n’ont que de bons professeurs conscients de leurs responsabilités, mais êtes-vous certains qu’ils n’auront jamais besoin d’alternative à l’école dans laquelle ils se trouvent ? Et puis les autres enfants, ceux qui ont des professeurs plus passionnés par la rééducation des consciences que par leur instruction, que deviendront-ils ?
Tous doivent pouvoir accéder à des écoles libres parce qu’elles apparaissent aujourd’hui comme le lieu de respect de la liberté de conscience, de préservation de l’enfant dans son innocence et son droit à être un enfant. Elles se concentrent sur l’instruction : lire, écrire, compter, calculer… Elles ne coopèrent pas à l’hypersexualisation précoce de l’enfance. Elles restent concentrées sur leur noble tâche qui est tout simplement d’apprendre à l'enfant à faire usage de sa raison, véritable antidote contre les manipulations à venir.

Accomplissant plus que jamais une œuvre d’intérêt général, elles ont besoin de votre soutien financier pour s’ouvrir partout où les familles en ressentent la nécessité. Oui, ensemble, défendons la liberté scolaire pour tous comme la prunelle de nos yeux !

En 1984, nombreux furent les Français qui défilèrent pour protéger l’école libre, alors même qu’ils n’y scolarisaient pas eux-mêmes leurs enfants. Parce qu’ils estimaient important de garder un recours, une alternative face au monopole étatique.
En 2014, trente ans après, il nous faut de nouveau nous battre avec détermination pour la liberté scolaire.
Je compte sur vous.
Avec l'assurance de notre entier dévouement,
Bien à vous,

Anne Coffinier
Directeur général de la Fondation pour l’école

NB 1 : Les écoles indépendantes sont l’expression de la vitalité et du réveil de la société civile face à la volonté de l’État de façonner les consciences et les mœurs, au mépris des libertés des citoyens. C'est maintenant qu'il nous faut nous engager pour défendre l'intérêt des enfants.
NB 2 : Vous recevrez un reçu fiscal dans la semaine, vous permettant de déduire votre don de vos impôts (impôt sur le revenu ou, si vous y êtes assujetti, impôt sur les sociétés ou ISF).

http://www.fondationpourlecole.org/index.php?option=com_content&task=view&id=15&Itemid=53

Pour en savoir plus sur la Fondation pour l'école consultez notre site internet : http://www.fondationpourlecole.org
Fondation pour l'école, reconnue d'utilité publique
25, rue Sainte-Isaure 75018 Paris
Tél : 01 42 62 76 94 - Courriel : contact@fondationpourl'ecole.org

M. Peillon, ...

Publié dans A tout un chacun
M. Peillon, l'école n'est ni l'annexe de la maison, ni celle de l'Etat

L'affaire du gender a le mérite de nous faire réfléchir sur le partage des responsabilités éducatives entre l'Etat, l'école et la famille. L'école - dont la mission fondamentale est d'instruire- a son autonomie par rapport à la famille comme à l'Etat : elle apporte une ouverture et un enrichissement par rapport à la cellule de base qu'est la famille. Sur un plan politique, elle initie le futur adulte à la vie de la cité. L'enfant y apprend à servir son école, cette première communauté après sa famille. En Grande-Bretagne, cette logique est très perceptible : l'enfant porte l'uniforme de l'école et assume des responsabilités croissantes au sein de la communauté scolaire. Il y apprend à connaître et honorer les anciens de son école et les grands noms de son pays. La volonté de contribuer positivement à la vie de la communauté (to be an effective contributor to the community) s'acquiert naturellement à l'école, parce qu'on y apprend sous un jour positif l'histoire culturelle, sportive, militaire, religieuse… de son pays. Le patriotisme britannique ou américain fait bien sourire le Français davantage enclin à la critique mais il facilite indubitablement la cohésion nationale et le désir des citoyens d'apporter leur pierre à l'aventure nationale. "Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays" : cette formule de J F. Kennedy résume bien cet état d'esprit.

Mais cette fonction extra-académique de l'institution scolaire doit demeurer très accessoire au regard de la mission de transmission des connaissances ; elle ne peut être remplie qu'en harmonie avec la famille, qui est le premier et principal responsable de l'enfant. A défaut, l'enfant est déchiré de façon schizophrène entre deux tendances contradictoires, ce qui est très déstructurant. Pour que règne la confiance, il importe que l'école reconnaisse le primat éducatif de la famille, et qu'elle les informe en toute transparence de ses buts, moyens et résultats. C'est précisément là que le bât blesse en France. Les droits des parents sont réduits à la portion congrue. Depuis la circulaire de juillet 2013, l'Education nationale se dispense d'informer les parents des sorties scolaires dès lors qu'elles ont lieu sur le temps scolaire normal ; de même, rien n'est prévu pour informer des interventions extérieures, alors même que la liste des institutions agrées est tout sauf consensuelle: SOS racisme (émanation directe du parti socialiste), SOS homophobie, Mouvement du planning familial…. Depuis 2000, les jeunes filles peuvent recevoir la pilule du lendemain à l'école ou être orientée par l'infirmière scolaire vers un centre d'avortement extérieur à l'insu total des parents. On aura beau jeu ensuite de déplorer la perte d'autorité des parents et les accuser d'être démissionnaires.

Lorsqu'il assigne à l'école publique la fonction d' "arracher l'élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel", le ministre Peillon ne craint pas de s'opposer frontalement aux familles, alors même qu'on se situe sur le terrain de la vie privée, de la conscience et de l'intimité. C'est même un devoir pour l'école que d'émanciper les enfants de l'emprise présumée réactionnaire et obscurantiste des parents. Comment s'étonner alors que les enfants deviennent si souvent étrangers à la culture de leur propre famille ?
En agissant ainsi l'Etat s'auto-investit d'une mission illégitime. Qu'il procède à coup de lois n'y change rien. Si l'enfant n'appartient pas à ses parents, comme l'a dit justement la sénatrice PS Rossignol, il est clair qu'il appartient encore moins à l'Etat. Cette évidence est un pilier du droit reconnu par tous, comme le rappelle l'article 26-3 de la Déclaration universelle des droits de l'homme : "Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants."
Seuls les totalitarismes - et Sparte ! - ont considéré que l'enfant appartenait à l'Etat, à la suite de Robespierre et de Danton qui dénonçaient l'effet rétrécissant de la famille sur le décor mental de l'enfant. Il est donc troublant de constater que le ministre Peillon met en place une politique éducative délibérément totalitaire.
Mais par sa violence inouïe, ce projet doctrinaire a tiré de sa torpeur cette majorité de parents qui pensait par principe pouvoir faire confiance à l'école publique. Le pacte de confiance entre l'Etat, la famille et l'école a été rompu. Il ne pourra être restauré que dans le cadre d'un modèle éducatif substantiellement différent où l'Etat garantirait activement les droits et libertés des parents en matière éducative, à commencer par leur droit à pouvoir choisir librement l'école de leur enfant, sans discrimination financière pour le cas où ils opteraient pour une école libre.
Le Figaro.fr – Figarovox - février 2014

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