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Oublié son "caractère propre", l’école catholique recherche son propre caractère

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Bercé longtemps par l’illusion de pouvoir garder son caractère propre, sans doute n’est-il pas exagéré de dire qu’aujourd’hui l’enseignement catholique l’a perdu. Inexorable dérapage : pas d’enseignement catholique sans professeurs catholiques. Vous me direz : mais il y en a. C’est vrai, mais, pour de mystérieuses raisons, ils se cachent dans la masse des indifférents. Comme si leur foi (mais est-elle éclairée ?) était une maladie honteuse. On a tellement seriné qu’elle était une affaire privée qu’on a trouvé normal d’en priver les élèves.
On a donc aujourd’hui le tableau d’une école réputée libre, mais liée au système par un contrat de plus en plus contraignant. Toutefois, ce système est encore capable, pour le moment, de prêter plus d’attention aux élèves. C’est à cette attention que se résume souvent, désormais, son "caractère propre".
Pourrait-on en rester là et faire de ces établissements des promoteurs du PPCD (1) de la pensée unique ? Triste réduction de l’ambition d’être à la hauteur de la destinée humaine. C’est pourtant cette ambition qui a inspiré l’Eglise, à travers les siècles, dans la création d’écoles. En répandant la lumière de la foi, c’est l’humanité, l’humanité dans l’homme qu’elle entendait servir. Ainsi a-t-elle construit ce qu’on peut encore oser appeler la civilisation occidentale. Par elle, nous sommes riches de l’héritage de Jérusalem, d’Athènes et de Rome.

C’est hélas trop oublié au bénéfice d’une "culture" post-moderne, une culture "hors sol" à l’image de certains produits de l’horticulture. Ces considérations ne manquent pas d’intérêt. Peuvent-elles encore être utiles ? Après le tournant et le tourment des "contrats", c’est sans doute trop tard. Ce serait pourtant une bonne base, une base indispensable pour qui voudrait réinventer, pour aujourd’hui, une ONG (2) d’un nouveau genre : une école catholique.
Pour une telle nouveauté, il faudrait tout d’abord rassembler une équipe motivée. Est-ce possible ? On peut le croire, à voir la générosité des jeunes diplômés. Ils s’engagent, pour un temps, au service des collectivités qui s’éveillent. Ils ne sont pas moins attendus par celles qui se réveillent. Dans le marasme de notre système éducatif, la formation de la jeunesse, à tous les niveaux, ne constitue-t-elle pas la première grande cause nationale ? Et l’on peut y joindre la nouvelle évangélisation, inséparable d’un renouvellement de la culture, après la profonde cassure de la sécularisation. Mais, pas d’erreur, une école catholique n’est pas une école comme les autres assortie d’une information religieuse, elle est une école à la recherche des implications religieuses de toutes les notions profanes. On ne peut découper l’homme en morceaux. Il n’est pas contradictoire de dire qu’une telle école soit ouverte à tous. Il suffit que tous sachent clairement ce qu’on y trouve avant de s’y inscrire.
À travers la diversité des sciences abordées, leur programme c’est l’épanouissement en chacun de toutes les chances que lui donne sa naissance. Elles affectent toutes les facettes de sa nature, de sa physiologie à sa spiritualité. Une telle formation globale ne peut procéder que de  “maîtres” encore plus attentifs à ce qu’ils sont qu’à ce qu’ils savent.

(1) PPCD : Plus Petit Commun Dénominateur
(2) ONG = Organisation Non Gouvernementale, pour célébrer la séparation de l’éducation et de l’état
HOUARD Hyacinthe Marie

Né le 20 octobre 1927
 

Séminaire Saint Sulpice à Paris
Institut Catholique de Paris
Sorbonne
 
Otage des forces d’occupation - Echappe à l’exécution (5 avril 1944) 
                           
Professeur puis censeur à l’Ecole Saint Charles de Saint-Brieuc (1955-1963)
Aumônier des étudiants à l’Université Catholique d’Angers         (UCO) (1963)
 
Organisation de l’accueil des étudiants de l’Université Notre-Dame (Indiana USA) (1964)
Fondation du Centre International d’Etudes Françaises (CIDEF) (plus de 1500 étudiants étrangers chaque année)
Nommé secrétaire général de l’UCO (1965)
Entreprend la construction de bâtiments (plus de 10 000 m2)
     qui sont inaugurés le 9 mai 1968 par M. Edmond Michelet, ministre de la Culture
Après la crise de 1968 et l’affaire dite des "équivalences", participe à la création des
     premiers instituts universitaires professionnalisés (1970)
Construction de la nouvelle bibliothèque de l’UCO (1979-1980)
Fondation avec l’aide de la Région des Pays de la Loire et du Département de
     Maine-et-Loire de l’Institut des Relations Publiques et de la Communication
     (IRCOM) (1983)
Fondation de l’Institut Albert-le-Grand (formation de Lettres et Sciences Politiques) (1993)
 
Ouvrages
 
Parcours d’un combattant, Presses de la Renaissance (2006)
Mots de Passe, Editions Carrick, Scouteuropresse (2007)
L’esprit de communication, Amis de l’Ircom (2008)
 
Distinctions
Chevalier de l’ordre national de la Légion d’honneur
Médaille du Département pour services rendus au Maine-et-Loire

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