Magistro Beta

Switch to desktop Register Login

Education : 5 principes pour agir

  • Écrit par 
  • Taille de police Réduire la taille de la police Réduire la taille de la police Augmenter la taille de police Augmenter la taille de police
  • Imprimer
  • E-mail
Évaluer cet élément
(4 Votes)
Education : 5 principes pour agir
 
Il est curieux de voir comme la question de l’éducation revient au premier plan depuis quelques temps. Livres sur les dégâts du pédagogisme, débats télévisés sur l’enseignement de l’histoire, dossiers spéciaux sur l’effondrement de notre système éducatif fleurissent comme marguerites au printemps.
Il y a là comme un réflexe de survie dont on a tout lieu de se réjouir.
Car au fond de quoi parle t-on ?
 
L’éducation est-elle cette "Science" dont l’emprunt à la psychologie, à la sociologie, à la biologie, à l’économie ou à la philosophie nous donne l’assurance toute mathématique de la formation d’une jeunesse parfaite ? Doit-elle forger des citoyens aux "valeurs républicaines" loin des inégalitaires déterminismes culturels ? Peut-elle s’affranchir de toute forme d’apprentissage en laissant aux seuls enfants la joie de découvrir par eux-mêmes un savoir trop souvent imposé à eux par leurs professeurs ?
Pour répondre à ces questions pourquoi ne pas revenir à quelques principes de bon sens ?
En voici 5 qui pour être simples n’en sont pas moins déterminants.
 
Le premier oblige à prendre en compte le sujet même de l’éducation qui est l’enfant ou le jeune adulte. Chacun le sait, l’éducation de masse ne peut pas fonctionner. L’égalité n’est pas éducative. Elle écrase tout au prétexte qu’il ne faut pas différencier. Or chacun d’entre nous est unique. Tous nous avons besoin de nous sentir connu, reconnu et aimé dans notre singularité. Et ça change tout ! Ce regard bienveillant qui souligne l’attention que l’on me porte, cette parole confiante qui m’encourage, cette attention qui me montre combien je compte pour mon "maître" sont autant de facteurs d’épanouissement et de progrès. Ils sont même la première clé éducative.
 
Cette singularité de la personne humaine nous conduit au deuxième principe : si chacun est unique, chacun a quelque chose d’unique à apporter à notre monde. C’est la force de la création qui fait de nous des créateurs. Regardez une chambre d’enfant : confiez-la tour à tour à l’un puis à l’autre et vous verrez la différence. De façon singulière, chacun va recréer l’atmosphère qui lui convient. Il faut encourager cette créativité qui est une puissance, un élan constitutif de notre personnalité. Chacun le sait, rien ne grandit davantage que la fierté de l’œuvre accomplie.
 
Le troisième principe est moins consensuel. Il nous amène sur le terrain de la responsabilité. Le sujet est glissant car il va franchement à contrecourant de nos sociétés post modernes où la responsabilité se dilue dans le collectif, qui lui-même s’abrite sous le parapluie du "principe de précaution". Pourtant, la responsabilité est au cœur de l’éducation. C’est elle qui va conduire l’enfant ou le jeune adulte à faire un choix libre. Libre mais responsable. Libre parce que responsable ! Et cet exercice de la liberté est essentiel. Comment imaginer préparer un jeune adulte à s’engager dans un métier sans l’avoir confronté à l’exercice de sa responsabilité ? C’est un long apprentissage qui peut commencer par de petites choses et que l’on n'a jamais fini d’approfondir.
 
Lié à cet apprentissage, la subsidiarité. Elle suppose qu’aucune société, aucun groupe ne doit se substituer à l’initiative et à la responsabilité des personnes et des communautés intermédiaires au niveau où elles peuvent agir. D’elle dépendra la conscience que chacun a de son rôle et de ce qui lui revient. Elle demandera à l’éducateur de ne pas faire à la place de son élève et à l’élève de ne pas toujours demander au "maitre" de faire à sa place ! Le rôle d’un élève, quel qu’il soit est de se former. Il doit être acteur de sa formation. C’est sa responsabilité, comme c’est la responsabilité de son formateur de créer les conditions pour que cet apprentissage puisse se faire dans les meilleures conditions.
 
Le dernier principe relève du lien d’interdépendance entre les personnes, lien qui se manifeste à tous les niveaux. C’est la solidarité. Elle nous conduit à éprouver chaque jour nos différences mais aussi nos propres vulnérabilités et celles des autres. D’où la nécessité de développer chez l’élève des attitudes et des comportements qui permettent de travailler ensemble au bien commun, c’est à dire au bien de tous et de chacun "parce que tous, nous sommes vraiment responsables de tous"
 
Personnalité, créativité, responsabilité, subsidiarité et solidarité.
Cinq mots clés.
Cinq petites lumières qui peuvent éclairer la route toujours difficile des éducateurs.
Cinq principes qui ont fait leur preuve.
COLLIGNON Pierre

Né le 7 avril 1961
Marié – 6 enfants
 


Directeur général de l’Ircom

Licence de Droit
Institut d’études politiques Paris (AP)
ICG
 
Expériences
Journaliste pigiste
Responsable de la communication de la Ville de Saumur
Rédacteur en chef du Magazine « Vivre à Nantes »
Directeur des études de l’Ircom
 
Secrétaire général de l’Association internationale pour l’enseignement social chrétien (AIESC)

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

Top Desktop version