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La vérité sort de la bouche...

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La vérité sort de la bouche des Anglais !
 
Il faut que je résiste à la tentation d'écrire sans cesse sur la politique. Sur François Hollande, sur Emmanuel Macron, sur l'excitante primaire LR qui, pour l'intérêt qu'elle suscite, est d'ores et déjà réussie avec la joute télévisuelle finale du 17 novembre. Le trio de tête est peut-être dans un mouchoir de poche et je persiste : la gauche n'a vraiment aucune leçon à donner à la droite et au centre.
Mon péché mignon est d'être si passionné par la chose publique, la vie démocratique et les personnalités plausibles pour y prendre la main que je me sens saisi d'une impatience dérangeante. Je voudrais déjà être, le 20 au soir, à l'écoute des résultats et dans le débat organisé par Sud Radio.
 
Heureusement, pour me protéger de ce penchant, il y a un poète anglais, Michael Edwards, qui non seulement a choisi d'écrire en français mais porte sur la langue française un regard à la fois admiratif et lucide.
"La langue française est une vision du monde" (Le Figaro).
En effet. Une rationalité capable d'élans, une finesse qui ne déteste pas la rectitude, une langue faite pour les maximes ou l'infiniment complexe pour le coeur et pour l'esprit, La Rochefoucauld et Marcel Proust, l'outil rêvé pour un génie de la clarté comme Voltaire ou Anatole France ou le splendide hermétisme d'un Mallarmé, une richesse de langage pour énoncer les décrets du pouvoir - quelques formules décisives et brillantes de Napoléon ou de Gaulle - ou les troubles de l'âme, par exemple avec Benjamin Constant. Une vision du monde grâce à ce lien fort entre la langue porteuse d'universel et la France se croyant encore phare du monde à cause de 1789 et de sa culture.
Michael Edwards sort du compliment au demeurant pertinent quand il énonce que "ce qui menace le français, ce ne sont ni les anglicismes ni la créativité mais la façon déficiente dont les Français le parlent et l'écrivent".
Comme il a raison !
 
Tous coupables, tous responsables. Le débraillé politique, médiatique, culturel, sportif, de la langue, la facilité avec laquelle on trouve toujours de bons motifs pour justifier ses imperfections, sa maîtrise médiocre, la démagogie qui fait croire que le négligé et le grossier sont de la spontanéité et le relâché du jeunisme - tout, aujourd'hui et depuis longtemps, concourt à la dégradation de notre langage, de notre style, de notre oralité, donc de ce que nous sommes.
Il ne suffit pas d'avoir un Secrétaire d'Etat acharné à défendre la francophonie, le pouvoir de la France pour ce qui concerne la sauvegarde de cet attribut aussi important que tous les autres, il ne suffit pas d'un André Vallini exemplaire au soutien de cette belle cause qui sera forcément en délitement, en perdition si la communauté nationale, dans toutes les instances où la parole publique s'exprime, dans les lieux où il convient de faire honneur à la langue, ne s'approprie pas ce combat.
Si chacun, modeste ou non, cultivé ou non, n'estime pas de son devoir de parler et d'écrire le mieux possible.
J'entends bien qu'il y a sans doute des défis plus plausibles et plus urgents à relever mais il n'empêche que la France devrait accueillir, avec reconnaissance, cette vérité même si elle sort de la bouche d'un Anglais !

Paru sur www.philippebilger.com, 18 novembre 2016
BILGER Philippe

Né le 31 août 1943
Marié - 6 enfants


Magistrat honoraire

Ancien avocat général près la cour de Paris
Conseiller spécial (of counsel) au cabinet D’Alverny Demont & Associés (depuis le 3 octobre 2011)

Président de l'Institut de la parole

Préparation à l'Ecole Normale Supérieure
Licencié en Lettres classiques
Licencié en Droit
Diplômé de l’Ecole nationale de la Magistrature (ENM)
 
Auditeur de justice au Tribunal de Grande Instance de Strasbourg (1970)
Juge d'instruction au TGIde Lille (1972)
Substitut du Procureur de la République près le TGI de Bobigny (1975)
Affectation à la 4ème section du Parquet de Paris (Presse et Libertés publiques) (1984)
Premier substitut Paris (1986) 
Ministère public à la 17ème Chambre Correctionnelle (1984 à 1989)
     Affaires Le Pen c/Libération, Le Pen c/Le Canard Enchaîné, Duverger c/Actuel, tract en faveur du
     Maréchal Pétain dans Le Monde, affaire Laurent Wetzel /Marcel Paul, etc.
Chef de la 11ème section du Parquet de Paris (droit bancaire) (1989 – 1990)
Substitut général près la cour d'appel de Paris (1990) 
     Chambre d'Accusation de Paris, de mars à septembre 1990
     Avocat général à la cour d'assises de Paris, de septembre 1990 à septembre 1992
     (affaires Chalier-Nucci, Mathurin-Paulin, Dobbertin, etc.)
 
Mise à disposition auprès du président du Sénat
     comme conseiller à la Justice et à la Culture (1992 – 1995)
 
Avocat général près la cour d'appel de Paris (1999)
Avocat général à la cour d'assises de Paris (depuis 1995)
     (Procès Didier - l'assassin de Bousquet - procès Naigeon, Fréminet, Bob Denard,  
     Aloïs Brunner, Magali Guillemot, François Besse, etc.
     Procès d’Emile Louis à Auxerre, procès de Maxime Brunerie à Paris (2004)
     Procès d'Hélène Castel et procès en appel d'Emile Louis (2006)
     Procès de Youssouf Fofana et du gang des barbares (victime : Ilan Halimi) (2009) 
 
 
Professeur associé à l’Université du Droit et de la Santé de Lille 2 (2001 – 2004)
Directeur d'une session annuelle de formation à l'ENM (2001 – 2004)
Présidence de la Commission arbitrale des journalistes
Chef de la délégation juridique de l'Union internationale de la Presse Francophone
Conférences sur le droit de la presse et la cour d’assises,
     à l'Ecole Nationale de la Magistrature,
     au Centre de Formation pour les Journalistes,
     à l’Institut Montaigne,
     pour la Presse Quotidienne Régionale,
     pour le groupe Hachette et le groupe Bayard, pour divers Barreaux.
Conférences régulières pour le groupe Audiens
Conférence à l'Institut de France (23 janvier 2006)
Grande Conférence du Figaro (20 février 2006)
 
Ouvrages
Nombreux articles consacrés au droit de la presse et à l'analyse de la jurisprudence
     dans Le Monde, Le Figaro, La Gazettedu palais, Legipresse (membre du comité
     de rédaction), Stratégies, L'Echo de la presse,
     ainsi que dans la Presse Quotidienne Régionale
 
- Le droit de la presse (PUF, collection "Que sais-je") (1990) (réactualisé en 2003)
- Le Besoin de justice avec Claude Grellier (Calmann-Lévy) (1991)
 -Plaidoyer pour une presse décriée (Filipacchi) (2001)
 -Un Avocat général s’est échappé (collaboration de Stéphane Durand-Souffland (Le Seuil) (2003) 
 -Le Guignol et le Magistrat avec Bruno Gaccio (Flammarion) (2004) 
 -Arrêt de mort roman (Editions du Félin) (2005)
 -Pour l'Honneur de la justice" (Flammarion) (2006)
- J’ai le droit de tout dire (Editions du Rocher) (2007)
- Et si on jugeait les juges ? avec Roland Agret (Editions Mordicus) (2009)
- 20 minutes pour la mort - Robert Brasillach : le procès expédié (Editions du Rocher) (2011)
- Le bal des complaisants – Le dernier réquisitoire d’un avocat général avec François Sionneau (Fayard) (2011)
 
Distinctions    
Chevalier de la Légion d'Honneur
Chevalier de l'Ordre national du Mérite

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