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Les Systèmes sont fatigués

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Les Systèmes sont fatigués                                         
 
La logorrhée politicienne et journalistique, répétitive et désordonnée, incontournable gagne-pain de l'appareil politico-médiatique nous sature. Toujours des plaintes. Toujours des critiques. Peu de propos constructifs. Tous ces bavards - masculins pour la plupart – devraient plutôt réfléchir à nos nombreux passés, tenter de concocter un avenir de long terme, non réduit au lendemain électoral qui ne chante pas du tout, prendre un peu d'un sirop typhon qui ventilerait tout ce fatras. Cette maladie du commentaire instantané  de tout et n'importe quoi est accablante.
 
Depuis environ 240 ans – 2 siècles et demi –  ce qui est fort court dans notre histoire globale, et assez long pour nos vies de fourmis toujours pressées, les Occidentaux ont imposé à la planète entière une vision de la gestion collective des sociétés qui se résume à 3 formulations simples reposant sur un unique critère : la participation de la population à son propre gouvernement, entre autres par le biais de l'élection d'assemblées capables de décisions et de contrôler l'exécutif. Belle promesse d'Eden social, issue à la fois de la pratique politique et des idées des Lumières…
Historiquement, la première formule est la monarchie parlementaire : on garde le principe dynastique de continuité avec un souverain régnant, mais on lui adjoint une ou deux assemblées d'élus (ou de désignés) qui le surveillent, et sur lesquelles il n'a que peu de pouvoirs. Système issu des âpres luttes sociales de la fin du 17ème siècle en Europe du Nord, bientôt copié et approprié par les Britanniques.
Actuellement, c'est le profil qui résiste le mieux, car quels que soient les bienfaits ou les déconvenues du pur jeu politique, le monarque représente l'idéal de continuité, la stabilité de la Nation qu'il incarne, quelquefois même auréolé d'une nuance religieuse. Même si les familles régnantes contemporaines ont perdu beaucoup de sang bleu, en unissant leurs rejetons dans la roture (résultat d'inévitables études dans les campus universitaires et non plus en vase clos), ces familles sont respectées, travaillent dur dans le social, entretenant avec soin le culte protecteur de la perpétuité familiale.
 
La seconde formule vient de groupes issus de la précédente configuration mais qui sont, soit définitivement dégoûtés de tout monarque héréditaire, soit qui n'en ont pas sous la main : c'est le modèle présidentiel  Nord-Américain, issu de la révolte coloniale : très procédurier, il accorde d'assez forts privilèges au Président, comme s'il était souverain, mais l'environne d'un prégnant système caméral et de fioritures judiciaires implacables. Promis à l'éphémère par un mandat court, (4 années) ce souverain provisoire ne peut prétendre à une trop longue continuité et peut, si on le juge trop mauvais, être destitué. Les Nord-Américains n'ont jamais remis en cause ce système qu'ils trouvent parfaitement adapté à leurs besoins, leurs ambitions et leur fédéralisme, car chacun peut s'y exprimer librement.
 
Enfin, le troisième et dernier modèle est celui de la pure discontinuité républicaine : elle s'assoit sur la certitude de l'unité nationale, la sagesse du peuple, et les bienfaits de l'élection qui régénère en permanence l'univers politique. Sa volatilité permet d'adapter cette formule à toutes sortes de peuples, de nations unies ou fédérées. C'est la notion de République (res publica : affaire collective) qui dessine le lien de continuité :  en principe elle ne s'embarrasse pas d'adhésion religieuse, mais ce n'est pas une règle absolue. L'essentiel réside dans la répudiation définitive d'une dynastie souveraine assortie  de l'idée de tolérance et de pluralité. Dans cet axe, le domaine français domine, avec ses turbulences, l'italien (adopté à regret), le germanique, ainsi que les Républiques de l'Europe de l'Est dans une version radicale et unanimiste. Pour canaliser un peu cette fougue électorale, il fut très tôt tenté de limiter la possibilité d'être électeur, et tous les sons de cloche  s'enrobent d'un système de partis, afin d'éviter les plus discordants, mais l'évitement n'est pas garanti.
 
Hors ces jeux, quasi incontournables, point de salut ; car ils sont considérés comme les seuls praticables pour un objectif de bien-être social. On tolère quelques anachronismes, comme la monarchie du Bouthan ou un peu de clanisme africain ou pacifique, mais ils sont eux aussi atteint par la fièvre électorale moderne et ne subsistent que dans une stratégie quasi touristique. (car ce qui est exotique est forcément touristique).
Certes, l'imagination politique est limitée : depuis Aristote il est définitivement démontré qu'on ne gouverne que tout seul, à quelques-uns ou tous ensemble. Et cela "bien ou mal". Cela nous donne 6 modèles, un point c'est tout.
En fait, cette analyse est fausse ; on pratique les 3 à la fois, ensemble et de conserve : un homme seul ne peut gouverner, il est assisté d'un entourage oligarchique et a l'obligation de recourir, s'il veut être crédible, à l'élection dite démocratique.
 
Sous les projecteurs actuels, la fatigue apparaît de manière implacable, embarrassante. Mais on n'a rien d'autre à mettre à la place. Les pratiques sont fatiguées, dénaturées, dévoyées ; les bienfaits de l'imagination sont en panne : aucun nouvel Eden politique n'est en vue, ce qui déprime le citoyen, et mène les préposés politiques au cafouillage.
On assiste, impuissant, à un processus d'auto destruction, sans qu'aucun véritable remède, hormis – peut-être – une révolte généralisée, forcément violente, encore plus dévastatrice que le cloaque politique dans lequel la planète est coincée, ne soit perceptible ;  ou un électrochoc inattendu, comme dans Mars Attack , de Tim Burton.
Il est toutefois possible de pointer les plus pesantes causes d'usure et de mal être, car elles signalent d'elles-mêmes les prémices des remèdes :
 
* La frénésie électorale : chaque Etat a désormais "son" système électoral, lequel s'exerce à tous les niveaux, locaux, nationaux, et parfois judiciaires. L'élection parlementaire, récurrente, détermine les orientations générales d'un gouvernement en principe issu de sa majorité ou des alliances qui y sont  négociées. Les chefs d'état, aux mandats de plus en plus courts, souvent contradictoires avec les majorités parlementaires, se retrouvent fragilisés, à moins qu'ils ne prennent la voie de l'autoritarisme passant outre les règles constitutionnelles ou les déformant à leur avantage. Ce capharnaüm national se répercute à l'échelon international, notamment en Europe : cette institution que l'on voudrait rassembleuse, tirée à hue et à dia par des élections nationales permanentes, se retrouve incapable (hors son aspect monétaire) d'exprimer une voix uniforme, de créer une véritable politique de rassemblement, ni un destin social cohérent. L'Europe des 28 (bientôt des 27) est devenue une boursouflure institutionnelle, terriblement coûteuse, incohérente, paralysée par des intérêts qui n'ont rien à voir avec le bonheur des sociétés ou la prospérité collective.
Par ailleurs la surabondance des élus plombe la prise de décisions qu'il s'agisse des états ou de la géante européenne : que voulez-vous décider avec plus de mille représentants, chaque groupe chantant un refrain différent ? Qu'il s'agisse des territoires ou des nations le "trop d'élus", - malgré cette idée au départ pleine d'idéal démocratique - est devenu une plaie.
Si l'on veut revenir à l'inquiétant "cas" français, l'instauration de primaires ( dont tout le monde se gargarise) dans le système politico-social français est une ânerie : son esprit initial consiste à mettre un verrou pour éliminer les indésirables de la course électorale ; mais ce verrou est mal ciblé, facilement contournable et surtout il enferme le vote des citoyens dans un "tri" préalable qui n'a rien à voir avec la liberté d'opinion. L'expérience actuelle est un désolant étalage d'incompétence, de petitesse et de fadeur, de discours faux et creux. Pire : ce combat de petits chefs met au jour et amplifie les désaccords, les contradictions de rivaux fragilisés par cette redoutable exhibition. L'union partisane interne est ensuite presque impossible ou carrément artificielle. La Primaire est la mise à mort du système de partis. L'élitisme d'une caste déjà très en dehors des réalités s'en trouve renforcé et contribue au maintien dans l'immobilisme. Est-ce bien prudent dans un pays comme la France, aussi saturé de politiciens ? Nul n'a de réponse, au-delà d'une grande fatigue électorale et d'un inavouable gâchis financier.
 
L'autre sottise – qui confine au rocambolesque - est le raccourcissement du mandat présidentiel à 5 ans : que peut-on faire et construire en France en 5 ans ? Rien. Tout simplement en raison de la lourdeur et de la complexité des règles dans lesquelles le pays s'est empêtré lui-même, de l'inertie administrative, de la lourdeur de toute procédure due à la surabondance des intervenants. La France est, de plus, en permanente campagne électorale, ce qui renforce l'immobilisme et dont elle n'avait vraiment pas besoin : car trop d'instabilité engendre le "sur place". Deux ans avant l'échéance de leur mandat, les présidents en poste sont déjà en campagne, leur première année étant consacrée à "apprendre le boulot" et apprivoiser le personnel de l'Elysée et les hauts fonctionnaires qui - eux – ne changent guère. Même si on a été très proche du pouvoir suprême, la fonction est très particulière ; de plus le nouvel élu hérite des engagements et de l'agenda de son prédécesseur… (pas facile d'échapper à une visite officielle prévue depuis 2 ans). La seconde année essaie de rattraper le temps perdu et de combler quelques promesses électorales ; en général il est trop tard ou le parlement a changé grâce au grand galop d'une élection nourrissant souvent l'opposition ; après on oublie tout, une grande fatigue s'installe en attendant une trêve qui n'arrive jamais.
 
* Trois "fractures" ne cessent de s'amplifier : celle des élites (ou élus) politiques avec les citoyens. Celle de de la rapidité des médias d'information avec les procédures politiques. Celle de l'univers administrativo-politique avec le pouvoir financier. Ce dernier gouffre semble devoir être "appréhendé" avec un nouveau type d'élu tel Donald Trump ou le président Xi qui sont tentés d'assimiler leur pays à une entreprise qui doit se débarrasser des stocks bloquants, et faire des bénéfices permettant le mieux être social toujours promis mais jamais atteint par l'ancien système. La démarche Brexit n'est pas loin de ce projet : mieux s'auto gérer en se débarrassant des gênantes limitations de l'Union Européenne.
Le reposant mystère de l'action politique a volé en éclats depuis 20 ans avec les réseaux d'information instantanée, une fouillant toujours plus profondément les procédés, conversations, paperasseries, déviations, cachotteries, faux pas, ratées et turpitudes des autorités en tous genres, des politiciens comme des institutions. C'est redoutable, effritant encore un peu plus l'image politique. Il n'y a plus aucune précaution hiérarchique, aucun respect ; on bombarde à tout va, avec une sorte de jouissance destructrice. Parfois cela devient surréaliste lorsque les leaders visés sont particulièrement fragiles ou fautifs. Le résultat est que "tout le monde ment", triche, dissimule, prend les chemins de traverse les plus inavouables vers le Graal : s'affranchir des règles des citoyens ordinaires. Par ailleurs, cette démarche qui voudrait ne trouver que de blanches colombes nimbées de vertus pour assumer le pouvoir suprême est infantile et illusoire ; le voyage politique n'est jamais innocent, et parfois boueux.
A cela s'ajoute de part et d'autre l'usage d'un vocabulaire galvaudé, confus, artificiel et pompeux dont on ne connaît même plus le sens : c'est quoi la nation ? Les fameuses "valeurs de la république" ? dont aucun leader n'a été fichu de donner ni une définition ni une liste claire. Devraient relire Tocqueville…
Du côté des journalistes, ce n'est pas mieux : souvent incultes, impolis, s'imaginent surpuissants en invitant des gens qu'ils ne laissent pas s'exprimer ; l'insolence, la morgue font partie désormais de la dévastation de l'univers politique dont les murs dorés ou en verroterie ne tiennent plus.
 
* De fait, les citoyens sont gouvernés par les médias, par (en France) une vingtaine de leaders informatifs ou désinformatifs ; et dans le monde, par quelques réseaux tentaculaires de dramatisation ou de lénification orchestrant pluie et beau temps planétaire. La surabondance des scoops sature les yeux et les oreilles. Il faudrait se souvenir du "trop d'informations tue l'information",  face à cette manie de privilégier les zizanies de petite ou grande envergure, faire la Une avec le nombre de morts, d'accidents, de désastres, de conflits. Au Moyen Age on terrorisait avec l'enfer, maintenant c'est avec l'actualité. Le meilleur moyen de gouvernement est "entretenir la peur". Nous sommes en plein dans ce procédé : peur immédiate de perdre le confort et l'abondance pour les riches, peur de ne plus espérer progresser pour les pauvres, et plus profondément peur d'anéantissements plus radicaux comme la guerre ou la montée des océans.
 
* Enfin, (mais la liste n'est pas close), sur le plan purement institutionnel, choque et désespèrele déséquilibre entre les délais politiques et la rapidité des outils informatifs : c'est sans doute une des plaies majeures du délitement des systèmes : de tous les systèmes, y compris des plus vastes et importants comme celui de l'ONU qui parle de se réformer depuis plus de 40 ans et ne fait toujours rien. Y compris de l'Europe qui s'est lestée d'institutions tellement pesantes et enchevêtrées qu'elle n'arrive plus à endiguer son propre marasme ; y compris de la France, pays de "l'interdit, de la précaution et de la taxe à tout va".
IL s'avère que les subtils mécanismes de la Constitution de Vème République - visant à éviter les désordres des républiques précédentes – ne sont sans doute plus adaptés aux nouvelles mœurs. Ce cadre tellement galvaudé et défiguré par de constantes modifications, est devenu opaque, n'est que rarement transmis aux jeunes générations dans les établissements scolaires.
S'y ajoute l'ignorance (vraie ou simulée?) de la prédominance de l'argent, finance et économie, sur tout le reste, y compris la politique. Le légendaire "mépris" des leaders français pour l'argent, au profit des idées et de la philosophie démocratique ne tient plus. Les vrais leaders sont les financiers, les banquiers, les intérêts économiques et commerciaux ; les politiques ne sont souvent que des paravents, zélés toutous qui doivent suivre le mouvement boursier et les tendances des marchés. Au-delà point de salut. Or cet univers-là garde avec soin ses secrets. L'argent sait se taire et bavarde peu dans les médias. Peu importe finalement la Dette - la fameuse - dont on nous a rebattu les oreilles, les déficits budgétaires, les gouffres des dépenses sociales, le catastrophique dénuement de l'Education et de la Justice, les deux mamelles de la Démocratie, la vraie.
 
Au reste, la bonne question est : a-t-on encore besoin des politiciens ?
Telle est la question posée par un éminent groupe de politologues canadiens : a-t-on encore besoin de ces supposés représentants cafouilleux qui, très souvent, ne représentent qu'eux-mêmes ? Ces personnages formatés dans les moules préétablis d'écoles élitistes ? Ces virtuoses des déclarations fumeuses et des discours sans but qui n'ont jamais rien dirigé ni risqué et qui imposent aux entrepreneurs, aux agriculteurs et aux citoyens ce qu'ils doivent faire ?
En s'appuyant sur les expériences récentes de la Belgique, de l'Italie, de l'Espagne, de la Thailande, de l'Australie, du Japon et quelques autres, il est démontré que ces pays ont bien "survécu", parfois fort longtemps, à l'absence de gouvernement et de majorité parlementaire, en ont même tiré quelques assainissements. Ils ont pratiqué une gouvernance flottante et non politique grâce à leur système administratif, le tissu économique et bancaire et la tranquille résignation des citoyens.
Il est intéressant de remarquer que les plus nombreux états de ce club des non gouvernés se sont appuyés sur une pratique présidentielle stable ou un monarque héréditaire, continuant chacun dans leur style, d'incarner l'unité nationale.
Juste au moment où un homme d'affaires habile mais corrompu, sorte de commis voyageur de la provocation, s'est offert comme ultime jouet la présidence des Etats Unis, avec l'intention annoncée de transformer son pays en un vaste supermarché du profit et de l'intolérance. Mais peut-être, aujourd'hui, est-il le plus brutalement clairvoyant, face aux idéalistes des Lumières. Le monde contemporain a perdu le goût des  idées pures  et du sacré. Le monde politique, dans sa globalité planétaire, devrait peut être tenté de "se redéfinir" afin de savoir "ce qu'il est et à quoi il sert" en dehors des conflits immédiats, des concours d'insultes et de coups bas que sont devenus les processus électoraux.
 
Les chasseurs de sinécures républicaines, mal armés d'un pouvoir illusoire, creusent un fossé d'une sidérale profondeur entre les nécessités d'évolution collective, et leur éventuelle mise en œuvre.
THIBAUT Francoise

Née à Paris

 
Essayiste, historienne
  

Professeur des Universités 
     (Paris II et XI, Besançon, Poitiers, Montréal, Varsovie, Beyrouth, NUS Singapour, Adélaïde, South Australia) (continument depuis 1990 pour des missions)
     (Droit international, procédures européennes et internationales, droit public français, science et sociologie politiques …
Professeur
     à l’Ecole Militaire Spéciale de Saint Cyr-Coëtquidan (1993-1997)
     à L’Ecole Supérieure de la Gendarmerie nationale (Melun) (pendant 14 ans)
 
Membre correspondant de l’Institut de France (Académie des Sciences Morales et Politiques)
Membre de l’Association française de droit constitutionnel(AFDC)
Ex Chargée de mission auprès  du Secrétariat d’Etat à l’enseignement supérieur
 
Chroniqueuse pour Canal Académie : plus de 100 émissions 
     Principalement consacrées à
     La Zone Pacifique, Asie du Sud Est, Japon, Singapour, Australie et Nouvelle Zélande
     L'histoire des découvertes, navigateurs et naturalistes (devenus académiciens)
     L'économie et socio-politique contemporaines
     Le 1er Empire français (avec Jean Tulard)
 
Ouvrages
Le virtuel et l’archaïque (1990)
Voies de passage et communications internationales (Ellipse) (1991)
Le cinéma de Louis Malle, une permanente transgression (Presses Univ. d’Aix–M.) (1994)
Métier militaire et enrôlement citoyen (PUF) (1998)
Le Japonais chante tous les matins (Publibook) (2005)
La Finlande, politique intérieure et neutralité active (LGDJ) (épuisé- non réédité)
 
Distinctions
Chevalier de la Légion d’honneur
Chevalier des Palmes académiques

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