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"Le scandale de la mort"

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"Le scandale de la mort"
 
Qui peut comprendre aujourd’hui ce que donner sa vie veut dire ?
Comment peut-on comprendre, à l‘heure du "blackfriday" et de l’individualisme galopant, que certains acceptent de perdre la vie en servant leur pays.
Et pourtant, ces jeunes existent et la mort de nos 13 officiers et sous-officiers est là pour nous le rappeler.     
Qu’avaient-ils de plus que les autres ? Pourquoi avaient-ils fait le choix d’exercer le métier des armes ?
Il y a l’aventure, certes !
Rares sont les métiers qui peuvent satisfaire aujourd’hui ce goût de l’action, du risque, de la découverte d’un inconnu qui est toujours une sorte de promesse.
Il y a aussi le goût de la fraternité, ce désir que nous avons tous de vivre dans une communauté où chacun est reconnu pour ce qu’il est, pour ce qu’il fait et où peut se vivre cette aventure humaine et professionnelle.
Il y a sûrement aussi cet appel au dépassement de soi, cette exigence qui est au fond de nous et qui nous pousse à nous affronter avec nous-même pour aller de l’avant, progresser, rendre le monde meilleur :"rien n’est sûr, rien n’est facile, rien n’est donné, rien n’est gratuit." comme le disait le commandant DENOIX de SAINT MARC : "Tout se conquiert, tout se mérite. Si rien n’est sacrifié, rien n’est obtenu".
Mais chez Romain, Nicolas, Benjamin, Clément, Alex et les autres il y a encore autre chose : il y a l’amour de leur pays, l’amour de la France et le désir profond de la servir à travers un engagement radical.       
Peut-on encore parler de cet amour sans passer pour un infâme patriote, franchouillard à l’esprit borné et rétrograde ?
Peut-on aimer son pays au point de lui sacrifier sa vie ?
Peut-on l’aimer dans les grandes choses comme dans les petites, dans les bonnes comme dans les moins bonnes ?     
Peut-on reconnaitre en lui ce qu’il y a de meilleur sans rien enlever de ce qu’il y a de moins bon ... et être prêt, malgré tout, à lui sacrifier ce que l’on a de plus précieux ?
C’est ça aussi le sens de l’engagement de nos soldats.
Ils ne servent pas la démocratie ou je ne sais quel autre concept... ils servent la France !
Chacun y met un peu de son histoire, de sa culture, de son expérience personnelle mais lorsque les trois couleurs se lèvent, lorsque la Marseillaise retentit, tous se retrouvent dans une même passion qui peut les conduire jusqu’au sacrifice suprême.   
Comme pour illustrer ce propos, je terminerai par cet extrait d’un poème écrit par le capitaine FRISON-ROCHE, 28 ans, appartenant au 5e régiment d’hélicoptères de combat de Pau et tué au Mali le 25 novembre dernier :
 
"Oh tendre France, douce gardienne de mon baptême,"
"Prenez ici ma vie, je Vous en fais le don,"
"Veillez sur ma famille et tous les gens que j’aime"
"Et rendez je vous prie mon sacrifice fécond"

Envoyé par l'auteur, 8 décembre 2019
COLLIGNON Pierre

Né le 7 avril 1961
Marié – 6 enfants
 


Directeur général de l’Ircom

Licence de Droit
Institut d’études politiques Paris (AP)
ICG
 
Expériences
Journaliste pigiste
Responsable de la communication de la Ville de Saumur
Rédacteur en chef du Magazine « Vivre à Nantes »
Directeur des études de l’Ircom
 
Secrétaire général de l’Association internationale pour l’enseignement social chrétien (AIESC)

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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