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A tout un chacun (643)

Entretien Le gouvernement envisage de refaire voter le Parlement au sujet du "statut du beau-parent". Vous craignez que cela n'ouvre la porte à "l'homoparentalité". Pouvez-vous nous dire pourquoi ? Ce projet permet d'associer sans nécessité le tiers à l'autorité parentale sous prétexte qu'il vit avec l'enfant et un de ses parents. La fonction parentale est ainsi réduite à un investissement affectif envers l'enfant. La définition du parent se trouve déconnectée de son fondement biologique qui est l'engendrement de l'enfant, réel ou symbolique dans le cas des enfants adoptés notamment. Il devient possible d'appeler parent toute personne qui s'investit auprès de l'enfant sans référence à l'altérité sexuelle des parents. Le projet, à plusieurs reprises, remplace dans le Code civil les mots "père et mère de l'enfant" par le mot "parents", en lui-même asexué. Le projet introduit ainsi dans le Code civil l'homoparentalité en privant la société française du débat auquel elle…
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Dans Le Dernier pour la route, premier film de Philippe Godeau, l'acteur joue le personnage réel du journaliste Hervé Chabalier, sauvé de l'alcool par une thérapie de groupe. L'air sombre, la mèche rebelle, François Cluzet interprète le grand reporter Hervé Chabalier, patron de l'agence Capa, au moment où il a décidé d'en finir avec l'alcool. Avec lui, on entre dans un luxueux centre de cure et dans¬ une communauté d'abord étrange à ses yeux, où la solitude est bannie autant que l'alcool. Les maîtres mots de l'aventure sont le courage et l'entraide. "Au-delà de l'alcool, c'est un film qui parle de nos blessures profondes, des coups durs qui nous font perdre nos repères et du besoin que nous avons des autres pour nous remettre dans la vie", dit François Cluzet. Quand Philippe Godeau lui a proposé le récit autobiographique de Chabalier, Le Dernier pour la route, l'acteur a commencé par…
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Un militant congolais fait du battage pour que l'album d'Hergé Tintin au Congo soit mis à l'index. Relayé par certaines associations, il semble avoir obtenu le retrait du titre de quelques bibliothèques, aux États-Unis et en Angleterre. Le motif de cet activisme intempestif, c'est évidemment l'imputation de "racisme". Cet album, paru au début des années trente, peint un Africain d'imagerie, en forçant sur le paternalisme. Hergé était belge, comme le Congo en ce temps-là ; il n'a pas exalté le colonialisme, ce qui du reste eût été son droit, mais on retrouve évidemment dans les dessins et le scénario les clichés de ce "rire Banania" dénoncé à juste titre par Senghor. À la même époque, Simenon, compatriote d'Hergé, très hostile au colonialisme, n'en silhouetta pas moins dans plusieurs romans un Africain caricatural - en gros, un grand enfant émotif et passif. Doit-on interdire ces romans à la vente ? Dans…
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"L'amour dans la vérité" : petite phrase qui a l'air de rien et qui, si l'on y réfléchit, résume au plus profond l'encyclique de Benoît XVI qui porte ce beau titre, Caritas in veritate. Car c'est bien d'amour dont notre monde a besoin, mais un amour ancré dans la vérité concrète des choses, contre tous les relativismes actuels une fois de plus épinglés par le pape. Ce texte est fondamentalement un message d'espérance contre toutes les peurs qui nous gouvernent, principalement la peur des hommes et de leur trop grand nombre, la peur de manquer ! Dieu, créateur de la terre, a donné aux hommes la mission et aussi les moyens de maîtriser le monde qui nous a été donné : personne n'est de trop et chacun y a sa place. Il n'y a aucune fatalité ou loi inexorable qui empêcherait de nourrir et faire cohabiter pacifiquement la population du…
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On se souvient du roman de Giono, Le Hussard sur le toit, racontant une épidémie de choléra. Et l'on tente d'imaginer (quelques excellents historiens l'ont fait, tel Jean Delumeau) l'état d'esprit des populations quand elles se trouvaient face à un péril de ce genre. La grande peste qui parcourait l'Europe du XIVe au XVIIIe siècle, par épisodes récurrents, emportait chaque fois dans les villes touchées entre 20 % et 40 % de la population. On peut - ou plutôt on ne peut pas - comprendre dans quel sentiment de précarité vivaient ces gens poursuivis par une peur affreuse et, certainement, contagieuse comme la maladie. Nous avons le sentiment que la grippe A (H1N1) engendre la même terreur qu'une épidémie de choléra ou de peste en ces âges anciens. Pourtant, il ne s'agit pas du même mal, loin de là. Les spécialistes sont formels : la grippe A ne tue personne, sinon ceux qui, hautement fragilisés par des…
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  Le cinéaste brésilien Walter Salles coproduit avec son compositeur favori, Gustavo Santaolalla, un superbe documentaire sur les vieux maîtres du tango à Buenos Aires. "Le tango est la seule chose que nous ne discutons pas avec l'Eu­rope !" disait Macedonio Fernandez. Depuis qu'il est né dans le monde des immigrants, ses longues vagues de tristesse et de désir, tour à tour caresse et mor­sure, agitent l'Argentine. "On y sent l'exil et la nostalgie, en même temps que la nécessité de se rebaptiser dans une nouvelle géographie", dit Walter Salles. Le cinéaste brésilien a coproduit avec le musicien argentin Gustavo Santa­olalla (compositeur de son film Carnets de voyage) le merveilleux Café de los maestros, réalisé par Miguel Kohan. Un bijou du documentaire musical, dans la ligne du Buena Vista Social Club de Wenders, réunissant les grands interprètes des années 1940 et 1950, âge d'or du tango. "Santaolalla poursuit sa recherche de…
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Ils ont surgi soudain à l'horizon social, voilà une vingtaine d'années. Depuis, ils se sont multipliés, diversifiés, organisés. Aujourd'hui, les coachs vous accompagnent partout, au travail ou dans votre vie personnelle, pour prendre une décision ou sortir d'une relation bloquée, pour travailler votre "look" ou votre expression, pour améliorer votre efficacité professionnelle, votre forme physique ou votre mental. Ils sont votre ombre ou votre double, ils tiennent du directeur de conscience et du punching-ball, du psy et de la nounou, du mentor et du partenaire de jeu. Le coaching est devenu un phénomène de société. Effet de mode ou signe des temps ? "Je pense qu'il faut distinguer le coaching, terme à la mode qu'on utilise pour tout et n'importe quoi, et travail du coach", dit Martine Volle, représentante permanente de la présidence d'ICF-France (International Coaching Federation), une des principales associations dans notre pays avec la Société française de coaching, la…
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  L'autre soir dans le métro, revenant fatigué de discours, je me suis aperçu que mon regard s'attachait distraitement à tout ce qui était écrit. Et où que je porte mon regard il y avait des écritures, ou des images qui disaient quelque chose. J'aurais voulu fermer les yeux, me retirer d'un monde qui sans cesse offre des fenêtres vers d'autres possibilités, que nous sommes comme obligés d'envisager ? Combien parfois on aimerait ne pas savoir lire, ne pas pouvoir comprendre ce qu'une image nous suggère si visiblement, se trouver enfin planté devant des formes qui ne disent rien ! Et je me suis dit que c'était un peu le sens de la vieille morale : savoir ne pas. Ne pas lire. Ne pas manger. Ne pas téléphoner. Ne pas voyager. Ne pas acheter. Mais n'est-ce pas ce qu'il y a de plus difficile, dans un monde où tout est ménagé pour nous…
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Il ne faut pas remettre en cause la bonification des retraites des mères de famille. Une fois de plus, la majoration de retraites des mères de famille (sous forme de bonification dans le calcul de la durée de cotisation) est dans le collimateur des pouvoirs publics. Il y a longtemps que les caisses de retraite, à court d'imagination dès lors qu'on leur demande de faire des économies, ont repéré le maillon faible d'un dispositif rigide. Est-il nécessaire de rappeler ce qu'aurait d'absurde une telle mesure sur le plan démographique ? Hélas oui, car l'analphabétisme en la matière atteint chez nous des sommets. Discussion récente d'un contribuable avec son agent des impôts, lequel tenait une famille nombreuse pour un signe extérieur de richesse, un luxe que personne n'était après tout, disait-il, obligé de s'offrir : le dit contribuable rétorquant que cela représentait aussi des sacrifices dont d'autres profiteraient grâce aux cotisations versées par ces enfants devenus adultes : "Je ne vois pas…
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