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Au delà (113)

et aujourd’hui encore dans certains cercles traditionnalistes, l’opposition entre la monarchie tirant sa légitimité d’"en haut" et la démocratie, la tirant d’ "en bas" : la première de droit divin, la seconde, non seulement de droit humain mais fondée sur une autoconstitution du pouvoir "du peuple, par le peuple", l’une exprimant le respect de Dieu, l’autre sa méconnaissance orgueilleuse, voire sacrilège. La persistance de cette vision, issue des théoriciens contre-révolutionnaires,comme Bonald et de Maistre, explique en partie la difficulté qu’eut la démocratie chrétienne à s’enraciner en France. Le problème se posa de manière moins aigue aux Etats-Unis où la démocratie vit le jour dans une ambiance marquée par la Bible, au Royaume-Uni où elle fit bon ménage avec une monarchie se réclamant toujours, au moins en théorie, du droit divin et, a fortiori, en Irlande et en Pologne où l’Eglise catholique fut clairement du côté de la démocratie contre des monarchies étrangères…
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prévisibles, ennuyeux, transparents. Ils font fuir les fidèles. Cette constatation d'une évidence, c'est Le Vatican lui-même qui la dresse, c'est-à-dire Benoît XVI. C'est donc une bonne nouvelle. Les prêches des prêtres catholiques sont devenus souvent "incolores, inodores et sans saveur, au point d'être désormais tout à fait insignifiants", vient de dénoncer le cardinal Gianfranco Ravasi, responsable de la culture au Vatican. Selon l'AFP, le cardinal italien a invité les prédicateurs à prendre en compte les nouveaux langages pour capter l'attention des fidèles et aussi à ne pas craindre "le scandale" que crée la parole de la Bible. "Nous devons retrouver cette dimension de la parole qui offense, qui inquète, qui juge", a-t-il affirmé. Il a aussi invité les prêtres à suivre "la révolution dans la communication". Il explique: "L'information télévisée et informatique demande à être incisif, de recourir à l'essentiel, à la couleur, à la narration".Cet aveu d'un conformisme écclésiastique est…
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nous a délivré une magistrale leçon qui fait suite aux précédents discours de Ratisbonne, de La Sapienza, des Bernardins, à l’université de Prague, au centre culturel de Belem (Portugal) et à Westminster Hall. Sa réflexion, sur la raison et la foi, tend à réintroduire la religion comme un "fondement" de la vie sociale, retournant l’hypothèse de Grotius : pourquoi ne pas supposer a priori l’existence de Dieu ? "Le monde de la raison et [celui] de la foi […] ont besoin l’un de l’autre", expliquait-il l’an dernier, c’est pourquoi "la religion n’est pas un problème que les législateurs doivent résoudre, mais elle est une contribution vitale au dialogue national" (1). J’expliquais ici le mois dernier combien nos démocraties avaient besoin de sens, d’un fondement moral qui ne soit pas fluctuant selon des majorités de circonstance, faute de quoi elles risquaient de sombrer dans le chaos. Avec Benoît XVI, je pense…
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ont toutes plus ou moins des minorités puissantes de "laïcistes" qui n’ont de cesse de combattre, non seulement l’influence de l’Église, mais également la place qu’elle occupe dans la Cité. Leur ambition de cantonner la religion dans la seule sphère individuelle et privée, de lui interdire d’occuper l’espace public ne peut se réaliser que sous la contrainte d’un régime tyrannique – comme c’est le cas sous le communisme –, car la religion a une dimension publique qui est dans son essence même. Les JMJ de Madrid l’ont abondamment manifesté et ont été une réponse magistrale aux laïcistes espagnols qui, n’osant pas attaquer le principe même de ce gigantesque rassemblement, ont essayé de dénoncer son coût pour la collectivité : l’échec a été patent ! Outre qu’ils n’ont réuni qu’un tout petit nombre d’opposants qui faisaient bien piètre figure face aux foules joyeuses des jeunes catholiques, leur argument s’est effondré par…
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Atteinte d’une sclérose en plaques et paralysée, Christine (Sylvie Testud) participe à un pèlerinage à Lourdes dans un groupe de l’Ordre de Malte. Non qu’elle soit croyante ; mais, dans sa situation, explique-t-elle, c’est la seule manière possible de voyager et de changer un peu d’horizon. La réalisatrice autrichienne Jessica Haussner part de l’état d’esprit de son personnage, une curiosité sceptique, un intérêt de pur dépaysement, pour considérer le monde étrange de Lourdes, capitale de la douleur et de l’espérance, où la grâce se fraie des chemins  imprévus au milieu du bazar humain.  Elle a choisi une approche documentaire, l’observation sobre et rigoureuse, sans parti pris, et maintient jusqu’au bout, avec une rare honnêteté intellectuelle, ce regard phénoménologique. Cela donne au film une esthétique neutre, une précision sèche, un peu ingrate, mais qui se révèle un instrument très juste pour scruter la réalité humaine complexe et ambivalente de Lourdes.On parle toujours…
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  ses Confessions d’une catho branchée. Soyez de bons intendants de la grâce de Dieu, et, le talent que vous avez reçu, mettez-le au service des autres, exhorte l’apôtre. Belle danseuse aux jambes longues, Virginie Télenne a toujours été douée pour le grand écart. A priori c’est une figure assez peu utile (maintenant que danseuse de french-cancan est un métier perdu pour faire bouillir la marmite). Cependant  Virginie Télenne, alias Frigide Barjot, la pratique avec virtuosité tout au long de ses Confessions d’une catho branchée (éditions Plon), pour l’édification de tous. L’équivalent stylistique du grand écart, quand on écrit, c’est l’alliance de mots, l’oxymore, figure de tension qui relie les extrêmes opposés. Pour elle, cela va, pointes tendues, "de Saint-Tropez au Saint-Esprit", "de JC (Jacques Chirac) à JC (Jésus-Christ)", du night-clubbing aux veillées de prière, des bulles de champagne à celles du Pape, de la branchitude parisienne à la Tradition…
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Le point de vue mystique et la compréhension du monde de valeurs Un monde des valeurs ne révèle vraiment son organisation et son sens, que s’il est observé au point de vue de sa suprême valeur. C’est LA Valeur qui est la clé DES valeurs. Et la suprême valeur, la Valeur avec majuscule, c’est toujours Dieu, c’est à dire l’Absolu au sens large. Evitons tout malentendu. Chacun sait qu’il y a beaucoup de gens qui ne croient pas en Dieu. Pour ces gens, évidemment, Dieu n’est pas la Valeur. Ce que je dis, c’est bien entendu autre chose. Je dis que "la suprême valeur, la Valeur avec majuscule, c’est toujours Dieu, c’est à dire l’Absolu au sens large " Ce n’est pas vrai seulement pour un monde chrétien, ou musulman. C’est vrai aussi pour le monde des valeurs dites modernes, ou postmodernes, et c’est même vrai pour le monde politiquement…
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L’Arbre de vie (The tree of life) de l’Américain Terrence Malick, a suscité des réactions contrastées : admiration enthousiaste des uns, ennui pour d’autres qui n’y ont vu que clichés superficiels et emphase. Mais quelle que soit son impression subjective, il est une chose qu’on ne peut enlever à Terrence Malick : c’est un cinéaste. Ce qui n’est pas plus courant que d’être un écrivain : beaucoup de gens font des livres sans être écrivains, des films sans être cinéastes. Tout ce que Malick pense et ressent s’exprime en termes de cinéma, en lumière et en mouvement, en durée, en cadrages, en échelle de plans. Son film est un long fondu enchaîné qui glisse de l’immense à l’intime, du temps long de la nature au temps court de l’homme, de la sensation fugitive aux lentes obsessions du souvenir, de la vie quotidienne au mystère de la faute et de la grâce. L’Arbre de…
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pour beaucoup de chrétiens un jour émouvant : un pape qui béatifie son prédécesseur est une chose rare. La rapidité de cette béatification – qui a cependant scrupuleusement respecté les contraintes de la procédure – en dit assez long sur la sainteté et la popularité de Jean-Paul II. Peu de personnalités, dans l’histoire contemporaine, ont eu un tel rayonnement : chez lui, la sainteté était comme une évidence et il n’a pas attendu d’être élu pape pour qu’elle se manifeste à tous ceux qui l’approchaient. Son élection n’a fait que la rendre visible à l’humanité entière. Comment, en effet, ne pas être frappé, quand on lit la vie de Karol Wojtyla, depuis sa naissance en 1920, suivie de la perte de tous ses êtres chers, sa mère lorsqu’il a 9 ans, son frère aîné – il a alors 12 ans –, puis son père, en 1941 – orphelin en pleine…
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