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Europe de la Défense – Défense de l’Europe

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le 2 novembre dernier, entre le Président français Nicolas SARKOZY et le premier ministre britannique David CAMERON relance une nouvelle fois le débat sur la dynamique européenne en matière de Défense.
Pour Frédéric PONS, journaliste, "cette démarche… enterre cette grande illusion européenne"
(Valeurs Actuelles du 4 novembre 2010)
Pour Bruno TERTRAIS, chercheur à la Fondation pour la Recherche Stratégique "ce que l’on fait aujourd’hui bénéficiera aussi à l’Europe de la Défense" (Le Point du 3 novembre 2010).

Je partage pour ma part cette seconde analyse. Les détracteurs confondent Europe de la Défense et Défense de l’Europe.
L’Europe de la Défense qui est un terme inapproprié, que seuls d’ailleurs les Français utilisent entretient la confusion en laissant croire que l’Union européenne entend se doter dès à présent d’un appareil militaire communautaire pour assurer la défense des 27 états membres. C’est l’objectif ultime en matière de Défense du traité établissant une constitution pour l’Europe qui ne sera jamais ratifié, mais pour l’heure revenons aux étapes qui ont jalonné la construction européenne.

La Politique Européenne de Sécurité Commune (PESC) a été instituée par le Traité de Maastricht le 7 février 1992 pour permettre à l’UE de jouer un rôle politique sur la scène internationale. Elle est en quelque sorte le volet diplomatique et de sécurité de l’action extérieure de l’Union. Pour sa mise en œuvre, suite au sommet franco-britannique de Saint-Malo en 1998, l’Europe s’est dotée, en 1999 au sommet de Cologne, d’une politique de Sécurité et de Défense (PESD) qui reste uniquement un outil de gestion de crises, mais de crises se déroulant hors d’Europe. Cette politique veut contribuer, conformément à la Chartre des Nations Unies, au maintien de la paix et à la sécurité internationale dans le cadre des missions dîtes de Petersberg, nom de la ville près de Bonn où ces missions ont été définies en 1992 pour tenir compte des différences substantielles dans les capacités militaires des états membres, mais aussi de la neutralité constitutionnelle de l’Autriche, de l’Islande et de la Finlande. Elles comprennent :
- Les missions humanitaires et d’évacuation
- Les missions de maintien de la Paix
- Les missions de forces de combat pour la gestion des crises.
Il ne s’agit donc pas, loin s’en faut, de défense de l’Europe ni de création d’une armée européenne. Et puis, il y a la réalité des faits ; n’ayant pas d’autonomie stratégique, l’Europe n’aurait pas aujourd’hui les moyens de cette ambition. Elle n’a pas de capacité de dissuasion stratégique collective, pas d’Etat-major de planification et de conduite ni opératif ni tactique, pas de structure de commandement permanente et pas non plus de réelles capacités de transport aérien ou maritime autonomes.

Ainsi pour leur sécurité collective, les pays européens continuent de faire confiance à l’OTAN. La PESD n’a d’ailleurs jamais eu vocation à se substituer à l’OTAN ni même à s’arroger quelconque de ses prérogatives. Les accords de Berlin signés le 17 décembre 2002 prévoient même que l’OTAN puisse mettre à disposition de l’UE des moyens militaires notamment logistiques et des capacités d’Etat-major. Que dit, par ailleurs le Traité de Lisbonne ? "La Politique de Sécurité et de Défense Commune, (nouvelle appellation de la PESD et le mot "commune" n’est pas anodin) de l’Union respecte les obligations découlant du Traité de l’Atlantique Nord pour les états membres qui considèrent que leur défense commune est réalisée dans le cadre de l’OTAN qui reste le fondement de la défense collective de ses membres et qu’elle est compatible avec la politique commune de sécurité et de défense arrêtée dans ce sens". On ne peut être plus clair.
Mais le traité de Lisbonne apporte une autre disposition dont l’appellation un peu absconse revêt pourtant une importance particulière, la Coopération Structurée Permanente. Cette disposition donne aux pays qui le souhaitent la capacité de se structurer ou de se rassembler en groupes restreints afin de constituer des "coopérations renforcées". Elle permet de contourner les obligations d’unanimité. Elle permet aussi aux états européens les plus soucieux d’organiser une défense mieux coordonnée, plus efficace, s’appuyant sur une base industrielle et technologique consolidée d’agir au lieu d’être obligés faute d’argent à réviser leurs ambitions à la baisse.

J’estime que c’est avec ces clés de lecture qu’il faut examiner le récent rapprochement franco-britannique.
En Europe, partout les crédits militaires sont en baisse notamment chez les "trois grands", Royaume-Uni, Allemagne et France. Alors, face à l’incapacité ou au manque de volonté des Européens à organiser une défense commune, face à la perte de légitimité de l’OTAN à travers la perte de légitimité des USA, face aux errements stratégiques de l’administration OBAMA, ce traité franco-britannique est "un vrai choix politique non dénué de réalisme" pour reprendre l’expression du journaliste Jean-Dominique MERCHET.
Il n’enterre pas l’objectif ultime de création d’une défense commune. Il prend acte du contexte stratégique et des difficultés économiques du moment. Il crée une dynamique nouvelle et il convient de s’en féliciter.

THONIER  Jean-Paul

Né le 25 mars 1952
Marié – 2 enfants

Officier, général de corps d'armée


Engagé volontaire au titre de l’Infanterie et des Troupes de Marine
l'Ecole Nationale des Sous-Officiers d'Active de Saint-Maixent - 45ème promotion
Ecole militaire Interarmes / Coêtquidan
Ecole Supérieure de Guerre (ESG)

Commandant du 2ème Régiment d'infanterie de marine au Mans (1994–1996)
Conseiller défense du président de la République Centrafricaine, à Bangui (1996)
Chef d'état-major de la 9ème Division d'infanterie de marine (1997)
Commandant des forces terrestres stationnées à Djibouti (1999–2001)
Chef de la section Afrique- Proche et Moyen- Orient à l’État-major des Armées (2001–2002)
Commandant de la 9ème brigade légère blindée de marine (2003–2005)
Adjoint du général gouverneur militaire de Paris, commandant la région terre Ile de France (2005–2007)
Général de Division (2006)
Adjoint au général commandant la Force d’Action Terrestre à Lille (depuis 2007)
 
 
Opérations :
Liban (DIODON 1983-1984)
République centrafricaine (BARRACUDA 1981- ALMANDIN 1996)
Golfe arabo-persique (DAGUET 1991)  
Djibouti (GODORIA 1991)
Ex Yougoslavie (FORPRONU  1992-1994-1995)
République Démocratique du Congo (ARTEMIS 2003)
Côte d’Ivoire (LICORNE 2004)
 
 
Distinctions
Commandeur de la Légion d'Honneur
Grand Officier de l'Ordre national du Mérite.
Croix de guerre des théâtres d'opérations extérieures (TOE) (1 citation)
Croix de la Valeur militaire (6 citations)          
Commandeur de l'ordre royal de l'étoile polaire (Suède)                              
Officier de l’Ordre du 27 Juin (Djibouti)
Officier de la reconnaissance centrafricaine.
Chevalier du Mérite centrafricain

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